
par le Dr. G. Albert
Membre de la Section du Var et de Haute Provence du C.A.F
Généralités
Du Cap Croisette à la Baie de Cassis, sur une longueur à vol d'oiseau de plus de 4 lieues, les massifs de calcaire de Marseilleveyre , des Escamponnets, du Mont Puget poussent dans la mer leurs falaises et leur promontoires à pic, véritables remparts dont les Caps Sormiou, Morgiou et la Presqu'ile de CastelVieil sont les bastions les plus avançés et l'Ile de Riou la sentinelle.
Point de plages, sauf au fin fond des calanques qui font brèche dans la muraille :
Sormiou large et verdoyante
Morgiou plus sauvage habitée seulement par quelques pêcheurs au delà de laquelle ç'est l'absolu désert
Sugitton, puis de simples échancrures de falaises jusqu'à En-Vau la fantastique
Port Pin moins escarpée
et la dernière , le long bras dissimulé dans les
pinèdes de Port Miou
Il est impossible de saisir les détails de cette terre
tourmentée sans la venir explorer à fond . Or les sentiers y sont rudes
souvent, plusieurs points du bord de mer sont inaccessibles au simple
piéton, mais que de belles escalades à tenter et quelle sauvagerie dans
le paysage ou la blancheur du roc éclate sur le vert des pins et le bleu
sombre du ciel et des flots
(extrait de l'annuaire de la section de Provence du C.A.F. 1902)
Tel est lyriquement décrit le Pays des Calanques au bord de la mer latine.
D'innombrables voies d'escalade y ont été découvertes -* nous en décrirons 337, où le rochassier trouvera toute la gamme des possibilités imaginables.
Avec cela peu de marche d'approche, une temperature toujours clémente, pas de menace imprévisible de mauvais temps dangereux, le spectre des bivouacs écarté.
C'est le royaume du calcaire blanc. "la Côte de Marbre".. le vrai paradis des grimpeurs.
* D'autres voies d'escalade furent ouvertes pendant les 3 années que dura la redaction de ce volume (1941-1942-1943) et dont nous reparlerons dans un autre ouvrage, sinon notre travail eût subi le sort de la tapisserie de Pénélope et n'aurait jamais pu être terminé.
La varappe y est généralement plus subtile que dans le granit. dans les passages épineux, on ne peut que rarement utiliser la tactile brutale de l'attaque en force. On est alors contraint de ruser avec la roche en travaillant sur le bout des doigts et en surveillant constament la solidité des prises.
De plus à l'inverse du granit ou de la protogine, les murailles de calcaire des Calanques sont très souvent fissurées dans tous les sens , et permettent de trouver , par l'emploi de pitons, la clé des problèmes , insolubles par des moyens naturels. D'où l'apparition de cette escalade artificielle qui devait connaitre si vite un essor déconcertant.
L'escalade dans les Calanques demande un entrainement tout différent de ce que l'on est accoutumé de pratiquer dans les Alpes, aussi la Côte de Marbre n'est plus seulement une région d'école où les grimpeurs locaux entretiennent leurs forces en vue des campagnes d'alpinisme d'été. Elle est devenu un centre d'escalade autonome qui mérite d'être plus connu et dont on a pu dire qu'il était le pays où s'effectuent de nos jours les escalades de rocher pur les plus difficiles de France (E. Frendo dans Alpinisme: Calanques 1942)
Nos descriptions seront réparties en 2 livres, un pour chaque massif et nous les grouperons le mieux possible en distinguant les divers quartiers où elles se situent.
Nous avons rattaché artificiellement au mont Puget l'aiguille de Sugitton parce qu'elle est le prolongement et la fin maritime du petit chainon secondaire des Collines des Escampons, et que ce dernier en dépend plus - géographiquement parlant - que de Marseilleveyre. Nous enclaverons par contre dans le livre de Marseilleveyre, l'ile de Riou sise à peu de distance du littoral (3.5km) entre les Goudes et Sormiou.
Et ceci nous donne la table de matière de cet ouvrage.

I Quartier de St
Michel D'Eau Douce
II
Quartier du Vallon des Aiguilles
III Quartier du Malvallon
IV Quartier de Podestat
- La Melette
V Quartier des
Baumettes
VI Quartier de Sormiou
VII Quartier de l'ile de Riou
Second Livre: Le Massif de Puget

I
Quartier de Morgiou Sugitton
II Quartier de la Tete
de Puget
III Quartier du Vallon
des Rampes
IV Quartier de la
Grande Candelle
V Quartier du
Devenson
VI Quartier de la
Calanque de l'Oule
VII Quartier d'En-Vau
Nous ne nous attarderons pas à
décrire les voies d'accès et les marches d'approche conduisant à ces
centres d'escalades.
Nous nous contenterons d'en indiquer sommairement le
site géographique renvoyant le lecteur pour de plus amples détails aux
diverses brochures de H. Imoucha.
UN PEU D'HISTOIRE DE L'ESCALADE DANS LA REGION DES CALANQUES
Nous rédigeons ces aperçus généraux en
regrettant de n'avoir pu réunir une documentation plus complète et plus
exacte sur les escalades d'autrefois.
Il eut été intéressant d'accompagner toutes nos descriptions d'un
historique précis de leurs première. Malheureusement ce ne fut possible
que pour les temps modernes, c'est à dire ces toutes dernières années.
Et cela nous vaudra le reproche d'avoir écrit surtout une apologie des
grimpeurs d'aujourd'hui .
A cette époque où le grimpeur qui ignorait l'usage des pitons, importés
à Marseilleveyre en 1935, ne pouvait compter que sur sa valeur physique
et son allant moral pour triompher d'obstacles inconnus, et l'on
conviendra que dans ces conditions il fallait du cran pour entreprendre
des parcours comme l'Arête de Marseille ou la Voie en "I" de la grande
Candelle. Aussi les "premières" furent-elles rares pendant longtemps .
Ouvrons à ce propos une parenthèse: ceci doit nous conduire à une plus
saine estimation de la beauté de certaines escalades, aujoud'hui
dédaignées et jugées " à vaches" par des jeunes grimpeurs qui ne les
abordent pas sans quelques pitons à la ceinture, pensant que c'est plus
prudent ainsi !
Et que dire des "Premières" antérieures à 1914, exécutées dans une
véritable atmosphère d'exploration. Evidemment la muraille en " Z " de
la Grande Candelle, ou la Cheminée Nord de l'aiguille de Sormiou
paraissent aujourd'hui très faciles parce qu'elles sont aujourd'hui
archi-connues dans leurs moindres détails, apprises par coeur pour ainsi
dire,et que n'importe qui sait par avance n'y rencontrer aucun gros
obstacles. Il n'en est pas moins vrai que leurs auteurs eurent un grand
mérite de les réussir puisque à cette époque ils opéraient " en solo" et
sans corde! .
Nous désirions vivement receuillir le plus de renseignements possible
sur les premières escalades antérieures à l'ère des "clous", mais nous
nous sommes heurté à toutes sortes de difficultés. :Les escaladeurs
d'avant 1914 ont presque tous abandonné la pratique du rocher et
beaucoup n'ont jamais publié leurs exploits. Les éléments de l'escalade
de cette époque nous sont parvenus par légende orale, la plupart du
temps incomplets ou inexacts.
Pour les itinéraires postérieurs à 1914, nous avons réuni une
documentation plus précises; mais là encore la déformation de la
tradition orale se fait jour : erreur de date, attribution discutable de
telle première à tel ou tel escaladeur, etc.. émaillent les récits qui
souvent se contredisent suivant leur origine .
Nous nous efforcerons, en conclusion, de résumer pour chaque itinéraire
les détails de sa découverte en nous étendant plus amplement sur ceux
qui firent date dans l'histoire de l'escalade dans la Région des
Calanques .
D'ores et déja indiquons brièvement que l'ère de l'escalade libre,
ouverte par le guide Gaspard et F.R. Mark, lors de la conquête du sommet
de la Grande Candelle, s'étend en pureté jusqu'en 1935 .
Elle passe par plusieurs phases:
Avant 1900: c'est l'exploration des
régions pratiquement inconnues, illustrée surtout par H.Abeille.
Après
1900, le Rocher Club et le Climber's Club s'emploient à élargir le champ
d'action découvert par les pionniers du XIXme siècle. Leurs principaux
membres sont : Orelli, Bourgogne pour l'un et Hermitte, Gras, V.Martin,
Angelvin etc.. pour l'autre.
Puis aux approches de 1914, l'équipe familliale des frères David-
d'abord Julien et plus tard Louis - prennent brillament la tête du
mouvement, et se signalent par de très beaux succès aidés par Guéry,
Andriny, etc..
Après la guerre de 14-18 le sport de l'escalade parait entrer en
sommeil, pour connaitre un renouveau triomphant vers 1926, et c'est
alors l'avènement des grandes conquêtes de l'escalade libre, dont la
plus spectaculaire fut celle de l'arête de Marseille à la Candelle en
1927. On note pour cette époque les noms de : J.Laurent, Wyss, Choberg,
Imoucha, C. Hancy, Dr. Poucel Junior, Studer, Leguen, Reboul, Prudhomme,
les Lyonnais Paillon père et fils, et des groupes anonymes " La Cordée "
, "Les Ecureuils " etc...
Puis en 1935 E. Frendo fait connaitre aux marseillais l'usage des pitons
au cours d'une démonstration légendaire au Candellon puis à la Lézarde
de St.Michel.
La technique de l'escalade artificielle est née dans les Calanques et va
heureusement combler les déficiences de l'escalade libre pure. De
nombreux adeptes s'adonnent avec passion au noble sport de la varappe;
beaucoup deviennent rapidement des maitres et forment la pléiade des as
qui vont en quelques années faire moultes premières retentissantes. Ce
sont : J. Save, J.Meunier, V. Rostand puis Barrin, R. Duchier, Ch.
Magol, Ramond, etc..
Grace à un harmonieux mariage de l'escalade libre et de l'escalade sur
pitons, ils font les conquêtes de la Face Nord du Rocher des Goudes, de
la Sirène d'EnVau, de l'Arête Victor Martin, de la Face Ouest du Rocher
des Goudes ,etc..
Puis la pratique de l'escalade acrobatique s'intensifie à partir de 1938
et R. Tanner, G. Rebuffat, G. Tramier etc., s'emploient à vaincre les
parois restées vierges, ils conquièrent: l'Arête Nord-Ouest du Rocher
des Goudes, La Face Nord des Lames. Enfin ces derniers temps on pousse à
fond l'apprentissage dee l'escalade artificielle, et dès lors les
murailles des Calanques ne connaissent plus de répit. Les prouesses les
plus invraisemblables s'accumulent à un rythme échevelé, toujours la
limite du possible parait atteinte et toujours elle s'éloigne.Les
nouvelles escalades se surclassent tour à tour en difficultés et rien ne
fait prévoir une accalmie dans la compétition acharnée à laquelle se
livrent maintenant les pratiquants de l'escalade de cirque, pour la
conquête du nec plus ultra.
Mais en même temps, l'escalade libre se perfectionne et s'affine; les
grimpeurs de plus en plus audacieux, dédaigneux de l'emploi des clous,
démontrent la possibilité de faire sans quincaillerie de nombreuses
escalades classiques où elle paraissait indispensable auparavant .
C'est le retour à l'escalade naturelle avec un progrès considérable.
Deux école s'affrontent dans les Calanques: celle des partisans de la
Directissime à tout prix, fut-elle continuellement sur pitons, et celle
des chercheurs d'escalade libre qui n'utilisent les clous qu'en toute
dernière ressource. Les deux se valent et nous laisserons le lecteur le
soin de choisir sa préférée.
Nous avons puisé de nombreux renseignements dans les bulletins et
annuaires de la Section de Provence du C.A.F.
Un très beau manuscrit de G. Rouard, actuellement propriété de la St.des
Excursionnistes marseillais nous a été fort utile pour l'historique des
escalades anciennes. De même qu'un rarisime exemplaire du guide
d'Escalade qui avait été ébauché par les membres de la Section du Var et
Haute Provence du C.A.F. nous a donné maintes précisions sur l'époque
inter-guerre.
Quant aux itinéraires modernes nous avions décidé de les parcourir tous
personnellement pour l'homogénité de nos descriptions, mais nous avons
dû y renoncer, submergé par leur nombre .. Nous en avons négligé très
peu et nous nous sommes inspiré pour eux des renseignements que nous ont
transmis les collaborateurs bénévoles, que nous remercions içi pour leur
aide précieuse : G.Tramier, G.Rebuffat, G.Livanos, G.Hancy, etc.. et en
général tous les grimpeurs locaux .
LE MATERIEL
La Corde
Comme nous l'avons déjà dit le matériel
exigé par l'escalade libre est assez restreint.
Pour les itinéraires décrits sous l'étiquette " escalade libre facile "
il suffira de prévoir une corde simple avec des intervalles moyens de 2O
à 25 mètres.
Pour l'escalade " libre difficile" il sera sûrement prudent de prévoir
le double encordement entre le leader et le second, l'expérience ayant
malheureusement prouvé qu'une chûte de quelques mètres sur une arête
vive ou sur un piton a entrainé neuf fois sur dix la rupture de la corde
simple ( accident mortel de Bonnet à la dalle Paillon de l'Arête de
Marseille et de Vincent tout récemment à l'Arête V.Martin) alors que
d'autres décrochages de grande amplitude qui auraient eu des
conséquences graves après la rupture de la corde si elle eut été simple,
ont été enrayée et minimisées par la résistance de second cable ( Tanner
au Pic de Bertagne, Terray au Gros surplomb de St.Michel) d'autre part
il ne faut pas oublier que celle-çi est à la merçi des chûtes de pierre
même minimes: l'auteur s'est trouvé plusieurs fois arrété par des
coupures complètes causées par l'écroulement de blocs de quelques kilos!
L'emploi de la double corde est la meilleure manière de parer à ces
incidents, selon le vieil adage : deux suretés valent mieux qu'une.
Enfin dans l'esclade "libre très difficile" le double encordement
s'impose d'autant plus que les pitons d'assurance sont souvent très
espacés et qu'une chûte libre de 4 mètres et plus amènera
immanquablement la rupture de la corde simple sur le mousqueton du
dernier piton d'assurance.
Ne lésinez pas sur le poids au mètre de votre "ficelle" qu'elle soit en
chanvre français ou italien plus résistant à la traction, ou en manille
plus résistant à l'usure: les bonnes dimensions sont comprises entre 11
et 13 mm de diamètre, et nos préférences personnelles vont au 13mm.Tant
pis pour les ennuis des kilogs suplémentaires sur l'échine, car ils
seront compensés par un excédent de sécurité en cas de décrochage. Quant
à la fabrication il est essentiel d'utiliser des cordes cablées,- à
longues fibres de premier choix- à 3 torons plus solides que celles à 4
torons, toujours pliée à angle vif au même endroit; dans un mousqueton
ou sur un anneau, ou sur une branche si l'on descend souvent en rappel,
traduit à la longue sa souffrance par une démolition de son cablage et
l'expulsion d'un de ses brins. Au contraire les 3 torons d'une bonne
corde pliés à angle aigus "portent"également et rien n'est modifié dans
leur structure par un long usage.
Les cordes tressées sont infiniment plus fragiles et il est préférable
de ne pas s'en servir, d'autant plus qu'à calibre égal,leur résistance à
la traction est inférieure d'au moins 2O% à celle des cordes cablées.
N'oubliez pas non plus qu'une corde s'use, aussi bonne soit-elle !
Le critérium d'une usure dangereuse est la disparition des saillants des
torons: les fibres externes ont été coupées à chacun de leur passage à
la périphérie et leurs débris ont bouché les intervalles entre ceux-çi.
Si l'on démonte les fragments d'une corde ainsi usée, on voit que l'on
n'a plus que quelques fibres longues intactes et que tout le reste n'est
plus qu'étoupe et poussières. A ce moment là, gare à la casse, car cette
corde qui neuve "tenait"peut-être 15OO Kgs ( en 12mm par exemple) n'en
supporte plus que 15O ou 2OO à ce stage de décrépitude! il faudra donc
savoir s'en débarrasser à temps.
Ainsi donc: en escalade libre, simple encordement pour les parcours
catalogués "facile"; double encordement de sécurité pour les itinéraires
" difficiles" et "très difficile" . A chaque description la longueur
optimum de l'intervalle sera indiquée, sauf pour les escalades très
faciles réalisables en "solo" sans grand risque .
Dans les itinéraires d'escalade artificielle la double corde est de
rigueur, la longueur d'intervalle étant indiquée également pour chaque
voie. Dans des cas speciaux où la commodité du coulissage l'exigera,
nous indiquerons égalements les conditions d'encordement les meilleurs
Les Pitons
Dans les Calanques les grimpeurs ont pris
la malencontreuse habitude d'enlever après leur passage les pitons posés
par le leader. Cette coutume, qui est l'une des tares les plus
insupportables de l'escalade en Provence a des inconvénients multiples:
la cordée se trouve retardée dans des proportions considérables, qui
vont multiplier par 2 ou 3 le temps normal d'un parcours.- le dernier de
l'équipe doit se livrer à un travail fastidieux et éreintant- et ce qui
est plus grave, dans les escalades très fréquentées, le "dépitonnage"
désagrège le rocher, démolit les fissures et rend la pose ultérieure de
nouveaux clous problématique. Certes le dépitonnage n'a pas été pratiqué
de tout temps par tous les grimpeurs et nous nous souvenons d'une époque
pas très lointaine où les itinéraires difficiles étaient surabondament
pourvus d'une quincaillerie distribuée avec prodigalité: cela les
facilitait d'ailleurs tellement que cela leur enlevait tout leur
caractère. Il y a quelques années la Lézarde de St.Michel parée d'une
douzaine de pitons se montait les doigts dans le nez et l'on se baladait
sous le " coeur" de la voie Barrin au Rocher des Goudes .
Puis le vandalisme allié à l'esprit de rapine poussèrent quelques
malotrus à se munir à peu de frais du matériel généreusement abandonné
dans les parois par des mécènes. En quelques mois toutes les murailles
furent proprement nettoyées et leurs pitons raflés. C'était tomber de
Charybde en Scylla, car dès lors tout le monde dépitonne à la montée et
l'aire des "tabassages" homériques fut ouverte au grand dam des roches
fragiles et des prises délicates .
Evidemment l'idéal serait que tous les itinéraires d'escaladee fussent
pourvus à demeure des pitons ABSOLUMENT indispensables; mais il faut
compter avec les moeurs de certains grimpeurs qui n'hésitent pas à
s'approprier le bien d'autrui abandonné à la collectivité et nul ne se
soucie plus de laisser en place un matériel couteux. Peut-être les
groupements constitués, tel le C.A.F. ou la Sté des Excursionnistes
Marseillais-, utilisant en cela une faible partie des cotisations de
leurs membres-, devraient-ils user de leur autorité et protéger le
matériel qu'ils feraient placer à leur compte dans les murailles ? Nous
posons cette question avec peu d'espoir de la voir résolue, néanmoins le
débat est ouvert. *NB
Nous n'indiquerons pas dans nos descriptions le nombre de " clous" à
emporter dans chaque itinéraire.
Il suffira de se rappeller qu'en " escalade libre " et la catégorie
"facile" se fait aisément sans eux, qu'ils sont facultatifs et peu
nombreux en "escalade libre difficile" et que tous les itinéraires "
très difficiles " n'en exigent qu'un nombre restreint, 6 à 8 étant la
plupart du temps un maximum. Et chacun aura toute liberté de corser la
dose à son grè suivant ses capacités .
Quant aux itinéraires d'escalade artificielle ils demandent suivant leur
classement une quantité plus ou moins grande de ces accessoires
encombrants. En moyenne les voies " peu difficiles" et "difficiles"
peuvent se faire avec une douzaine de pitons et avec un stock de 15 et
2O pitons il est possible d'entreprendre presque toutes les autres,
quitte à les replanter plusieurs fois, à part cependant les escalades
"extrèmement difficiles" qui n'ont pu être réalisées qu'avec un
outillage important et spécial: fiches en bois, grosses broches ou
pitons ultra court de quelques centimètres. Ce matériel, qui n'existait
pas dans le commerce récemment encore, est cependant indispensable à
l'exécution correcte de quelques parcours, très rares il est vrai .
Le grimpeur qui désire pratiquer à fond l'escalade artificielle des
Calanques devra donc se munir de ces pitons spéciaux.- F. Simond fils
aux Bossons en a déjà fait sur commande- ou si ses compétences en
metallurgie le lui permettent les fabriquer lui même. Ceci nous amène à
dire que la pratique de l'escalade artificielle est plus un métier qu'un
art et que si l'on "nait" bon grimpeur d'escalade libre, on devient bon
grimpeur d'escalade artificielle, par un long apprentissage qui ne peut
s'improviser, tout comme n'importe quelle profession manuelle;- la
perfection de l'outillage employé entrant autant en ligne de compte dans
le résultat final que la dextérité dans son utilisation .
Ce qui revient à dire que l'escalade artificielle, même très difficile
est à la portée de tout le monde qui veut s'en donner la peine, - ce qui
d'ailleurs a été surabondament démontré dans les calanques- alors que la
pratique courante de l'escalade libre très difficile n'est accessible
qu' à une élite, - le summum de l'art de la varappe étant atteint par
l'heureux sujet également compétent dans les deux parties.
* N.B.- Depuis la rédaction de ce chapitre, l'auteur a fait un
essai de mise en pratique de cette conception des pitons les plus
utiles, posés à demeure dans les itinéraires difficiles très fréquentés.
Il a choisi pour cela la Voie Barrin de la Face Nord du Rocher des
Goudes et l'Arête V. Martin au Roc de St. Michel et il y a placé plusieurs
pitons très fortement coincés dans les fissures et de plus scellés au
ciment, donc difficilement escamotables. Ce matériel offre toute
sécurité et a été disposé de telle façon qu'il ne puisse servir de
prises artificielles, mais seulement de point " d'assurance ".
Bien entendu cette initiative privée a suscité les commentaires les plus
divers dans les milieux officiels, dont il soulignait la carence en
cette matière .
Nos remarques sur le dépitonnage s'appliquent intensément aux parcours artificiels, où l'échelle des difficultés est surtout basée sur la pose des " clous"; après plusieurs vigoureuses séances d'extraction de ceux-çi, brisant les fissures ou écornant les saillies de la roche, certaines voies ne seront plus faisables dans un proche avenir. Il est vrai aussi que si tous les pitons étaient fixes et solides, une seule classe suffirait à englober toutes les escalades artificielles et que ce serait un jeu d'après midi de "faire" la Paroi Jaune ou la Voie du Mitan! La vérité doit donc se trouver à mi-chemin du pitonnage massif à demeure ou du dépitonnage intégral.
Mousquetons, Etriers etc..
Le corollaire de l'usage des " clous" est
l'emploi des mousquetons: indiquons brièvement que le nombre de
mousquetons emportés doit égaler, au moins le nombre de pitons à poser
dans une étape. Ce théorème n'est pas une lapalissade car il est fort
génant pour le leader à court de matériel de redescendre chercher les
mousquetons qui lui seront utile plus haut .
Inutile en escalade libre, les étriers ou anneaux de corde, munis ou non
de planchettes pour les pieds sensibles, sont très appréciés en escalade
artificielle où ils suppléent avantageusementà la traction directe, sans
parler du confort relatif qu'ils apportent aux grimpeurs, ils permettent
d'économiser la solidité des pitons en ne leur faisant supporter que le
poids du leader, alors que dans la " traction directe" on leur ajoute le
contrepoids du second qui tractionne et Dieu sait si certain clous, même
posés consciensieusement sont susceptibles et s'arrachent facilement
sans qu'il soit besoin de les solliciter longuement.
Le Jargon
Le texte de cet ouvrage parait souvent
chaotique, émaillé de mots bizarres ou d'expressions inhabituelles; la
faute en est au jargon des gimpeurs que nous emploierons à tout propos,
préférant toujours nous servir du " terme du métier" plutôt que de la
formule académique correspondante, quand il en exsiste une ? !.
Nous terminerons donc ces aperçus généraux par une rapide traduction en
langage courant, des principales expressions qui reviennent souvent sous
notre plume, à l'usage des lecteurs non encore initiès.
Une "première"
: escalade réussie pour la première fois.
Une "directissime" :
escalade faite suivant la ligne la plus directe pour joindre le sommet.
Une " combe " Petit
vallonement suspendu
Un " couloir " : Large et
longue faille dans une muraille généralement très pentue.Les rives d'un
couloir sont toujours désignées suivant le sens orographique, c'est à
dire en regardant vers le bas dans le sens de la descente; la rive
droite à droite, la rive gauche à gauche.
Une " cheminée " : Faille
étroite dans une muraille où l'on peut pénétrer.
Une "fissure " : faille très
étroite dans une muraille où l'on ne peut pas pénétrer.
Un " dièdre " : Faille en "
livre ouvert" généralement
peu profonde avec deux plans lisses. Il est "rectangle"
si l'angle décrit par les deux plans égale 9O°, "aigu"
s'il est plus petit, "obtus"
s'il est plus grand. Dans ce dernier cas nous dirons "
dièdre ouvert ".
Une "corniche " : Longue
bande de terrain plat, sensiblement horizontale dans le milieu de la
muraille.
Une " corniche en trottoir
": Corniche rocheuse spacieuse
Une "vire" :Corniche étroite
et irrégulière
Une " vire ascendante "
:Vire montante en pente plus ou moins raide.
" Pente négative" se dit
d'une muraille en surplomb dès que sa pente dépasse 9O°
"c,a,d, " la verticale
stricte; en deçà de O à 9O°, c'est une pente positive - normale.
" grimper en opposition" Il
n'ya pas de prises dans un couloir ou dans une cheminée; on s'élève par
adhérence en opposant la pression du dos contre une paroi et la pression
des bras et des jambes contre l'autre paroi .
" Ramonage ": Grimper en
opposition tout comme un ramoneur dans une cheminée .
" A la Dulfer " : du nom de
celui qui généralisa cette methode. On s'élève le long d'une fissure
lisse, trop étroite pour permettre des coincements ou des verrous des
mains ou des pieds, mais où les mains peuvent s'accrocher à l'un des
bords, la traction des bras obligeant les pieds à adhérer au rocher. Est
très pénible et demande une grande sûreté.
Abréviations "R1" 2 ou 3..etc.. Indiquent les " relais" où l'on s'arrêtera
entre les étapes d'une escalade .
ESSAI DE
CLASSEMENT DES DIFFICULTES
PROPRE AUX ESCALADES DE LA REGION DES CALANQUES
Avant d'aborder les descriptions des
escalades elles-même nous croyons utile d'indiquer dans ces notes
préliminaires les raisons qui nous ont fait adopter un mode de
classification inédit,d'USAGE PUREMENT LOCAL, en nous excusant par
avance de les développer un peu longuement peut-être.
Pour décrire commodément des itinéraires d'escalade et pour les
différencier, on avait essayé dans les calanques de les classer au petit
bonheur, d'après l'échelle de W.Welsenbach.
Les degrés de la gradation dolomitique conviennent bien aux murailles de
grandes dimensions des Dolomites, du Tyrol et des Alpes où la moindre
ascension se mesure par centaines de mètres et où certains itinéraires
difficiles dépassent le kilomètre. Il est probable que les
différenciations en ler, 2me,3me degré concernent des parcours
dissemblables par leur longueur ou par leur altitude plus que par leur
difficultés propres. Qant au fameux " sexto grado" il ne s'applique
parait-il qu'à certaines voies, non seulement très difficiles mais aussi
très longues au cours desquelles on ne compte plus les heures, mais les
jours et les bivouacs nocturnes.
Lorsque les escalades provencales commencèrent à se multiplier, les
grimpeurs tentèrent de les classer suivant la fameuse échelle des 6
degrès. De convention courante, l'Arête de la Cordée devint le type du
4°; le 5° fut attribué à la Lézarde et la Momie de Sormiou ou la Face
Nord du Rocher des Goudes de Barrin, représentèrent le 6°, ce qui à vrai
dire était un peu prétentieux!
Puis l'usage des pitons se généralisa et quelques audacieux se lancèrent
à la conquète des parois inaccessibles auparavant sans l'usage intensif
des moyens artificiels. Ce furent les " premières" de la Face Ouest du
Rocher des Goudes et l'Arête Nord-ouest du même, de la cheminée Bouisson
dans la face Sud de la Candelle etc,etc.. Et dans leur récit
d'ascension, les auteurs de ces premières se trouvèrent dans un grand
embarras quand il s'agit de leur trouver une place dans la
classification admise jusque là. Elles étaient plus difficiles que les
escalades antérieures dites du 6° mais malheureusement Walsenbach n'avait
pas prévu de 7° et son 6° correspondait au maximum possible!s
La difficulté fut tournée à la satisfaction de tous par la création du "
sixième supérieur " et l'on y entassa pas mal d'escalades à clous que
l'on ne savait où fourrer dès leur naissance . Malheureusement elles se
multiplièrent tant et si bien que dans certains quartiers de
Marseilleveyre notament, on comptait récemment beaucoup plus
d'orgeuilleuses " 6° supérieur" que de modestes 3° ou 4° ! Un esprit
ingénieux trouva le remède à cette situation paradoxale: Il suffisait de
faire descendre dans la catégorie inférieure toutes les voies d'escalade
précédement classées d'après l'étalon: -La Cordée 4°. Le sixième
devenait ainsi beaucoup moins encombré et offrait une large place aux
futures " premières extrèmement difficiles" qui ne souffriraient plus
dans cette classe la promiscuité des voies considérées auparavant comme
"pure 6°" mais en passe de devenir classiques et " à vaches " .
Finalement le triomphe de l'escalade moderne (!!) ce furent les
premières" de la Paroi Jaune et autres. Elles ne pouvaient décemment
être classées sur le même pied que la N.Ouest du Rocher des Goudes ou la
Super Lézarde! Il fut alors sérieusement question d'ouvrir la catégorie
du 7° ou même une série " Hors Rang". Pendant ce temp des grimpeurs à
l'esprit ingénieux revoyaient les escalades décrites par les auteurs de
leur première. A leur idée les 6° ne suffisaient pas pour cataloguer et
différencier nettement tous les parcours; ils essayèrent timidement
d'abord de subdiviser quelques unes des classes de Welsenbach, notamment
le 5° et 6°; puis l'on perfectionna le système et l'on entendit
courament parler de 5° inférieur, de 6° moyen, de 3° supérieur, etc;..il
n'y eut plus 6 degrès mais l8 !! Et que dire des discutions académiques
sur la differenciation entre le 1° et le 2°; combien de fois fut agitée
la question de savoir si le 1° devait se faire avec ou sans les mains!
Et que de disputes dans les clubs entre grimpeurs qui discutaient
gravement sur l'opportunité de classer telle voie dans le 3° supérieur
ou dans le 4° inférieur. Finalement il n'y eu plus que quelques rares
initiès qui purent apprécier les difficultés de l'escalade dans les
Calanques; mais leurs propos n'étaient plus accessibles à l'entendement
du commun des grimpeurs. Les descriptions relevaient plus du langage
chiffré que de la prose courante de vulgarisation, qu'il eut été
préférable d'employer.
Dans les Calanques, les escalades courantes se font dans des parois dont
la hauteur moyenne est de l'ordre des 1OO m. et souvent beaucoup moins.
La plus longue des voies connues à ce jour: La Grande Arête de Cassis à
la Candelle a 315 mètres de hauteur. Les itinéraires de 2OO m. et plus
ne se trouvent que dans les falaises du Devenson et ils dont rares en
1941. Quelques parois dépassent 1OOm. : La Muraille du Socle de la Grande
Candelle (175m.), la Face Sud de la Grande Candelle (155m.) La Falaise
du Canceou (155m.) la Face Nord du Cap de Sormiou (123 m.), les Tours de
Riou (1O3 m.), et quelques arêtes d'En Vau etc..
Et combien de faces redoutables,telles la Nord des Lames ou l'Ouest du
Rocher des Goudes se cantonnent au dessous de 6O mètres .
Les facteurs: longueur d'escalade, altitude et résistance du grimpeur,
considérable dans l'échelle de Welsenbach dans les Alpes ne peuvent étre
appliquées dans la région marseillaise, puisque les ascensions y sont
forcément courtes par manque de hauteur des murailles! D'autre part il
ya peu d'intéret chez nous de différencierle 1er degré facile du 2° peu
difficile. Enfin il est illogique de placer dans le même 6° l'escalade
de la N.O. de la Civetta des Dolomites de 12OOm. et celle de la Face
Nord du Rocher des Goudes de 85 m.- Enfin dans l'escalade alpine la
progression sur pitons est presque une anomalie et n'est guère employée
jusqu'à maintenant que pour forcer un passage, non seulement
infranchissable mais incontournable par ailleurs; et bien entendu cela
ne se produit que dans de rarissimes itinéraires de très hautes
difficultés .
Tout au contraire dans les Calanques cette méthode artificielle a été
employée à tout propos pour agrandir le champ d'action assez restreint
avant l'ère des clous. Il est bien évident cependant que l'on ne peut
comparer avec exactitude , l'escalade artificielle alpine et celle de la
région provencale, quoique en théorie et d'après l'échelle Welsenbach,
la Voie Cassin de la face Nord des Grandes Jorasses appartienne au même
6° d'un quelconque parcours marseillais.Tout au plus pourrait-on
chercher une similitude entre certains passages tels :le Pendule de
l'Arête Est du Crocodile et les surplombs de l'Arête Nord Ouest du
Rocher des Goudes; mais cette similitude est toute superficielle, l'un
se trouve à 3OOOm. et l'autre au bord de la mer. Que l'on songe aux
conditions toutes différentes dans lesquelles se trouvera le grimpeur
pour se livrer à la même gymnastique , du fait de l'altitude, du froid
et de la fatigue pour celui-là, tandis qu'il sera frais et dispos et à
25m. du plancher des vaches pour celui-çi.
Pour toutes ces raisons nous abandonnerons résolument les six degrès de
la classification Welsenbach qui convient si mal aux escalades des
Calanques et nous allons essayer de créer de toutes pièces une méthode
de classement originale.
Depuis la rédaction de ces lignes en 1941, elle a été adoptée par la
généralité des grimpeurs, elle est maintenant d'usage courant.
Et d'abord nous distinguons deux grands groupes schématiques ;
Escalade libre et Escalade artificielle
Le terme " escalade libre " s'entend de toute escalade exécutée sans
aucun point d'appui artificiel sur le rocher pouvant aider directement
le grimpeur dans sa progression.
En " escalade libre" les accessoires sont obligatoirement très réduits
et s'il est fait usage de quelques rares pitons dans certains passages
exposés, ce sera uniquement en vue de récupérer le leader et de limiter
sa chûte en cas de décrochage. Nous admettrons comme moyen normaux
d'escalade libre : une corde, quelques pitons et mousquetons et même un
marteau et, lorsque cela sera indispensable :la courte échelle sur les
épaules du suivant.
Si dans un itinéraire quelconque, facile ou non on est absolument obligé
ne serait-ce qu' un point, de recourir à la pose de un ou plusieurs
pitons-prises destinés à la mise en place d'un étrier ou à la traction
directe du premier de cordée par les suivants au moyen de la corde
d'attache, - cet itinéraire sera systématiquement considéré comme
appartenant à l'escalade artificielle ."
Cette expression barbare signifie que tous les moyens sont admis et
utilisables pour arriver au terme de l'escalade, sauf l'echelle et la
traction du leader par cable envoyé du sommet.
L'escalade artificielle se fait à l'aide de pitons multiformes, voire de
fiches en bois, et de nombreux mousquetons.
La " traction directe" sur double corde y est de pratique courante; on
emploi même quelque fois une 3ème corde pour certains passages épineux
et l'on cite une voie du Roc de St.Michel où l'on ne recula pas devant
les embarras du quadruple encordement; il va sans dire que la difficulté
propre à l'escalade se trouve aggravée dans des proportions
considérables par la complexité des manoeuvres dans ce dernier cas . -
De plus , lorsque les prises de pied manquent, il est d'usage en
escalade artificielle de se servir d'étriers pour y suppléer à un ou
plusieurs échellons. Le dernier progrès de la technique fut de les munir
de petites planchettes pour éviter la crispation douloureuse des pieds
dans les passages où les difficultés rencontrées obligent à des stations
prolongées. Nous ne parlerons que pour mémoire du forage des trous à la
chignole- avec emploi de pitons coniques spéciaux- pour passer les murs
lisses et sans défauts. Les essais de cette méthode ne furent pas
toujours concluants, car il faut un entrainement très poussé dans un
atelier de mécanique pour arriver à se servir correctement de cet outil
dans une paroi .
Si la répartitions des escalades de la classe "libre" se fera sans
anicroches d'après ces principes, il paraitra peut-être paradoxal de
dénoncer comme "artificiels" les itinéraires où seul un court passage
exige formellement la pose de un ou plusieurs "clous-prises" tels: la
Voie de la Momie de Sormiou ou la Voie Directe de la Sirène à En Vau- au
même titre que la Paroi Jaune de St.Michel où l'on ne touche
pratiquement pas le rocher.
Cependant on est bien forçé de convenir que sans ces pitons-prises si
peu nombreux soit-ils, on ne saurait réussir ces deux itinéraires. Et
cet exemple justifiera notre méthode de classement pour les cas
similaires, méthode crée avant tout, pour faciliter nos descriptions.
Ces deux grands groupes d'escalade seront à leur tour divisés en
plusieurs compartiments suivant l'échelle aproximative de leurs
difficultés.
I :
Pour l'escalade libre
A- Une première catégorie, dite facile, comprendra toutes les escalades
faciles courantes, sa limite maximum de difficultés correspondra à celle
du Couloir des Marseillais à En-Vau ou la Face Sud de la Pointe Callot.
Ce sont les plus nombreuses, nous en décrivons 113 : 47 dans le Massif
de Marseilleveyre et 66 dans le Massif du Mont Puget .
B- La deuxième catégorie dite " difficile " englobera des parcours plus
respectables où le grimpeur moyen rencontrera des obstacles sérieux,
mais peut passer sans utiliser les clous d'assurance,telles: L'Arête du
Vallon à l'Aiguille de Sugitton, l'Arête de la Cordée à St.Michel,
l'Arête de Marseille à la Grande Candelle, La Lézarde ect..cette
dernière étant considérée comme la limite supérieure de cette catégorie.
Ils sont encore nombreux: 81 dont 34 pour Marseilleveyre et 47 pour le
Mont Puget.
C- La troisième catégorie dite " très difficile " est réservée à
certaines voies peu nombreuses,- 25- en tout où le grimpeur moyen est
aux prises avec des difficultés sévères et soutenues. Il ne pourra lui
être fait grief de s'y servir de pitons d'assurance pour limiter la
chûte du leader en cas de décrochage dans les passages exposés. Mais le
terme " escalade libre" exclut la faculté d'utiliser ces pitons comme un
quelconque moyen de progression et d'en multiplier le nombre..
Le type de cette catégorie est à sa limite inférieure: l'Arête Victor Martin
longue avec plusieurs passages critiques, ou la Voie Barrin de la Face
Nord du Rocher des Goudes: longue et très soutenue, ou la Cheminée
Bouisson de la face Sud de la grande Candelle, longue et peu soutenue
mais coupée par un long passage extrèmement difficile, sans
pitons-prises s'entend; ou la Voie Palice de la Face nord de la grande
Candelle, courte mais comportant un passage limite . Nous en décrivons:
1O pour Marseilleveyre et 15 pour le mont Puget.
II : pour " l'Escalade artificielle "
Ce deuxième groupe a été divisé en quatre catégories.
A- Escalade artificielle peu difficile
nous ne pouvons dire facile car sans les pitons on ne passerait pas .
Nous y rangerons: Des itinéraires courts sur pitons faciles à poser: Ex/
La Voie H. Gilles dans la face Sud des lames. Des itinéraires mixtes
comportant de l'escalade libre facile ou même assez difficile coupée par
des passages artificiels faciles à agencer.Ex: La Voie de la face Sud de
l'Aiguille de la Melette. En tout 31 , 24 à Marseilleveyre, 7 à Puget.
B- Escalade artificielle difficile
Cette catégorie comprend : Soit de l'escalade artificielle courte, mais
pose de pitons très difficile.
Ex: Voie des Trois Surplombs de la face Sud du rocher des Goudes. Soit
de l'escalade mixte: un trajet " libre" long difficile ou très difficile
coupé par un ou plusieurs passages sur pitons ex: La voie du Gros
Surplomb de la Face Sud du Roc de S.Michel ou la Voie Occidentale de la
Face Nord du Rocher des Goudes, ou la Voie Duchier-Magol de la face
Ouest du Rocher des Goudes ( celle-çi à la limite supérieure de la
catégorie
Dans cette classe nous relevons : 59 itinéraires: 34 pour
Marseilleveyre, 25 pour le Mont Puget, tous très intéressants car ils
n'obligent pas à se munir d'une quincaillerie surabondante .
C- Escalade artificielle " très difficile "
Demande un entrainement préalable sérieux. Les difficultés rencontrées
au cours de la progression sur pitons sont considérables et très
soutenues, ou bien si la voie décrite dans cette classe comporte de l'
escalade libre, il existe par ailleurs des passages de clous compliqués
et exposés, généralement en pente négative, tels à l'Arête Nord Ouest du
Rocher des Goudes, la Voie de l'Os à St.Michel. - 23 parcours
appartiennent à cette catégorie- 15 dans le Massif de marseilleveyre et
8 au Mont Puget.
D- Enfin nous réservons une quatrième classe dite de l' "Escalade
artificielle extrèmement difficile " à certains itinéraires où furent
rencontré les difficultés jugées maxima, Ex: La Paroi Jaune de
St.Michel. - 5 en tout -.
La critique de cette classification est aisée et nous sommes bien
certains par avance qu'elle soulevera d'innombrables objections. Aussi
en l'établissant tant bien que mal, n'avons nous qu'un but, faciliter
nos descriptions. Loin de nous la prétention d'en faire un dogme
intangible et peu importe si la fantaisie de chacun lui fait subir des
métamorphoses imprévues. Le lecteur aura toute latitude de considérer
l'Arête Nord de Marseilleveyre comme un piège dangeureux,- ou la Momie
de Sormiou comme une escalade intégralement libre et à "vaches".
Il est évident que l'on pourra transformer à volonté une escalade "libre
très difficile " comme l'Arête V.Martin ou la Face Nord Rocher des
goudes "Voie Barrin" en escalade " artificielle peu difficile". Il
sufira au grimpeur d'y placer de nombreux pitons et de s'y faire tirer
sans vergogne par traction directe ou d'y installer de confortables
étriers. Par contre la réciproque sera plus compliquée et probablement
attendrons nous assez lomgtemps la venue du super-as qui passera le Toît
du Mitan en escalade libre.
Notre classement a été basé sur la modeste expérience du grimpeur moyen,
qui, s'il éprouve de grandes joies à parcourir les murailles des
Calanques, tient néanmoins suffisamment à la vie pour risquer de s'y
casser la gueule. Nos descriptions s'adresse surtout à lui . Elles
intéresseront moins le brillant "G.H.M." et le "Sexto-gradiste " des
Dolomites. Pour ceux-çi les ascensions de Marseilleveyre et de Puget ne
sont qu'un entrainement aux grandes escalades des Alpes. Habitués à la
limite du possible à haute altitude ils trouverons peut-être nos
difficultés bien surfaites et taxerons surement nos récits
d'exagérations marseillaises!
Nous espérons malgré tout que notre camarade " le grimpeur moyen",
tirera de ces pages des renseignements utiles à son sport favori .
Enfin nous attirons l'attention du lecteur sur le fait que de nombreuses
escalades n'ont pas été refaites, leurs descriptions reposent donc
uniquement sur les impressions de leur auteur lors des premières . Il
est tout à fait normal qu'elles contiennent des erreurs
d'interprétations des difficultés; car tout le monde sait que les
impressions tirées d'une première sont rarement exactes péchant soit par
exagération, soit mais c'est moins fréquent par sous-estimation. De plus
la forme tient un rôle énorme en escalade et malheureusement elle n'est
pas toujours d'une fidélité parfaite; la justesse de l'appréciation des
difficultés s'en ressent, lorsqu'elles ne sont pas revues en une
deuxième édition. Aussi le lecteur pratiquant corrigera-t-il de lui même
les erreurs que nous aurons pu commettre .
Toujours de la partie, deuxième de cordée et dépitoneuse attitrée, ma mère a tout de même monté plusieurs voies, et non des moindres, en tête.
Mon père en avait dressé la liste ci-dessous:
La Cordée
La Bougie
Le Bec de Sormiou par la Cheminée
Le "Z"
La Lézarde(24 Juin 1939)
La face Nord du Rocher des Goudes
La Grande Vire
Les Deux Anes (1947)
La Face Sud-ouest de la Pointe Callot (Juin 1939)
La Momie
La Sirène(21 Avril 1940)
L'arête de Marseille (17 Septembre1939)
La Saphir Co-leader de la première avec Georges Albert le 19 Octobre
1939
L'Arête Perçée de l'Eïssadon Co-leader avec
Georges Albert le 21 Mars 1942


En
second à la Grande Vire, Face Sud de St Michel d'Eau
Douce

Sommet de l'aiguille de Sormiou

Mme Tanner, Gaston Rebuffat, Robert Tanner, André Coudray, Gisele
Albert, Georges Albert
Novembre 1937

Georges Albert, Gisèle Albert, Joseph
Bouisson

Jean Meunier, André Coudray au socle de la
Candelle en 1943

Jean Meunier et l'équipement
du grimpeur des Calanques en 1937

Georges Albert sortant d'une
cheminée
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Gisele Albert |
Georges Albert |
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Albert-Guyot-Reymon-Bouisson-Gisele Albert |
Bouisson-Guyot-Gisele Albert-Meunier-Albert |

Clichés Noirs et Blancs du Dr.Albert
Clichés Couleurs de M. Albert

Le Massif de Marseilleveyre au
soleil couchant vu du sommet du Mont Puget - Photo-Télé Dr.Albert
Il étend au Sud de Marseille dont il
clôture la rade son chainon au profil régulier ; mais cet aspect
est trompeur, son relief tourmenté et torturé défie toute
tentative de description géographique de l'ensemble.
Le sommet principal ; Marseilleveyre (432m) est flanqué
à l'est
par le plateau
I Quartier de St
Michel D'Eau Douce
II
Quartier du Vallon des Aiguilles
III Quartier du Malvallon
IV Quartier de Podestat
- La Melette
V Quartier des
Baumettes
VI Quartier de Sormiou
VII Quartier de l'ile de Riou

1 - Le Rocher des Goudes
2 -
Les Lames
3 -
Face Ouest du Roc de St Michel
4 - Face Sud du Roc de St Michel
5 - Face Nord du Roc de St Michel
6 -
Aiguille Bébé
7 -
Tête de Miougranier
(Cime du Trou du Chat)
8 - Aiguille Henriette
9 -
Pointe Piazza
10 - Aiguille 32

Une dent
triangulaire qui domine de ses 258 mètres les cabanons de
Callelongue.
Sa Face Sud insignifiante contraste
violemment avec sa Face Ouest très raide, et surtout avec sa
Face Nord la plus grandiose.
La Face Sud est peu élevée: 25m à la Fenêtre, 35m à la Voie de l'Eboulement. De nombreuses petites escalades libres généralement façiles la sillonnent; on y trouve aussi des parcours d'escalade artificielle difficile. Aux deux extrémités les Arêtes Est et Sud-Ouest n'offrent aucune difficulté.
La Face Ouest atteint 55 mètres. Extrèmement raide et souvent en surplomb, elle est parcourue par plusieurs itinéraires d'escalade artificielle difficile et très difficile, très voisins les uns des autres. La "Première" de la Face Ouest en 1938 date dans l'hitoire de l'escalade provençale comme d'ailleurs celle de la Face Nord en 1936.
La Face Nord a 130 mètres de large sur 85 de haut; concave dans tous les sens, elle surplombe fortement dans sa partie ccidentale. Un seul itinéraire d'escalade libre, très difficile , celui de la première et plusieurs parcours d'escalade artificielle dont certains atteignent à l'extrême difficulté.
La Face Sud du Rocher des Goudes
Vue du Sentier de la Galinette -
Cliché: Dr. Albert

I - Arête Est
|
VII - Le Dièdre Rouge |
I - Arête Est
Première par D. Marx
en 1901 - Escalade libre facile
Eviter les premiers mètres de l'arête par une petite cheminée dans la Face Sud; suivre ensuite le taillant et tourner par la droite le dernier ressaut.
II - Le Tube
Première en 1925 -
Escalade libre façile.
Un peu à gauche de l'arête Est, gravir des gradins façiles, puis escalader une dalle lisse, soit en la contournant par sa base, soit par son bord droit. Remonter alors une cheminée étroite et profonde, dont on sort en son milieu. Terminer par un léger surplomb tout en haut.
III - La Dalle Studer
Première par
Ch. Studer - Escalade libre façile
Débuter par une dalle assez lisse, virer vers la droite sous un surplomb pour grimper sur la plateforme à la base du "Tube". Escalader à gauche une courte fissure, puis s'engager dans une dalle à belles prises.
IV - Le Dièdre Aigu
Première par
Tanner en 1939 - Escalade libre difficile
Monter droit dans une grande dalle , à l'aplomb du pin en se tenant plutôt sur la droite. Le dièdre aigu s'ouvre au dessus et surplombe franchement. Presque dépourvu de prises il se passe par un ramonage pénible; on en sort par la gauche dans des gradins faciles.
V - La Voie de la Fenêtre
Première
par Louis David en 1917 - Escalade libre facile
On remarque une petite ouverture ovale dans le haut de la muraille. A son aplomb parcourir une cheminée oblique en direction du pin poussé sur une plate forme, un peu à gauche gravir une fissure d'aragonite (prises à surveiller.. accident mortel en 1938). A la hauteur de la Fenêtre virer à gauche, puis y pénétrer en passant la jambe gauche la première . On est dans un puits qui mène au sommet par un ramonage facile.
VI - La Dalle Ortl
Première par
Ortl - escalade libre facile
Vers le milieu de la muraille monter sur une corniche ascendante très facile en direction de la Fenêtre; gravir un petit dièdre et virer à gauche dans une dalle que l'on escalade en oblique.
VII - Le Dièdre Rouge
Première par
Ch. Magol et M. Forestier 2 Octobre 1937
Escalade
artificielle peu difficile
Ce classement à première vue peu
favorable se justifie par la brieveté des réelles difficultés du
passage du surplomb. Le dièdre rouge se trouve dans la partie
supérieure de la Face Sud en son milieu.
Monter sur la corniche ascendante
de la Dalle Ortl; à gauche s'élever dans une fissure très raide
que l'on passe difficilement en escalade libre et qui se perd
dans une coulée d'aragonite rouge en dièdre concave. gravir le
surplomb par des pitons peu faciles à poser au dessus une
dalle facile, puis des gradins.
VIII - La Voie du C.A.F.
Première
par G. Pouillaude et H. Jean en 1922 - Escalade libre facile
De la terrasse où partent les itinéraires précédents exécuter vers l'ouest une longue traversée horizontale, puis remonter une large cheminée oblique peu inclinée. Revenant sur la droite on passe 2 ressauts successsifs et l'on s'engage sur une corniche légèrement ascendante qui aboutit à un renforcement d'aragonite. Finir par la dalle fissurée de gauche.
IX - La Voie des 3 Surplombs
Première par H. Joubard et Laurent le 8 décembre 1940
Sortie du 3ème surplomb par
Dr. Albert et Gisèle Albert le 15 décembre 1940 - Escalade
artificielle difficile
Elle comporte trois passages très
difficiles mais sa faible longueur lui vaut sa place dans la
2ème catégorie de l'escalade artificielle
X - La Voie de l'Eboulement
Première par le Dr. Albert, Gisèle Albert le 13 Octobre 1940
Escalade libre façile. Un court passage difficile au surplomb
Départ à l'aplomb de la croix
ouest; montée directe dans une série de dalles façiles vers un
toit oblique caractéristique. Contourner par la droite un gros
bloc détaché qui permet le franchissement façile du toit
Traverser un pin et atteindre une
plateforme; grimper sur une grosse écaille et se rétablir sur un
bloc coinçé surplombant l'entrée d'une fissure oblique. Dépasser
d'énormes blocs posés "l'éboulement"! et atteindre sans
difficulté le sommet près de la croix ouest.
XI - l'Arête Sud-Ouest
Escalade
libre facile.
Attaquer l'arête dès son origine en suivant une mince crête horizontale, au dessus de la corniche qui mène dans la face ouest. Lorsqu'elle se redresse monter dans un petit dièdre sur son bord gauche , virer à droite et après un ressaut arriver dans un éboulis issu du sommet.
XII - Variante de l'Arête Sud-Ouest
Escalade libre facile
Départ à droite de l'arête
proprement dite en direction d'un pin que l'on contourne; après
un ressaut , on arrive sous une fissure assez raide, au dessus
se trouve une plateforme inclinée . Vers la gauche de hautes
marches conduisent au sommet de l'itinéraire normal.
La descente s'effectue en rappel
posé sur un anneau scellé à 3m à l'est de la Voie de la Fenêtre
, avec relais possible sur la fin de cet itinéraire. On peut
aussi descendre facilement par l'arête Est, Sud-Ouest ou la Voie
du CAF.

|
I -
Voie Duchier-Magol |
II' -
Variante et Rectifications |
La Première est due à R. Duchier et Ch. Magol qui se relaient à tour de role, le 1 Mai 1938.
Les itinéraires suivants parcourent les trois cheminées de la Face Ouest et découpent la Voie Duchier -Magol en trois tronçons autonomes; ils solutionnnent les problèmes difficiles qui incitèrent les auteurs de la première à faire de nombreux détours.
I - Voie Duchier-Magol
Première par Duchier et Magol le 1 Mai 1938 - Escalade
Artificielle Difficile
Les 1ère, 4ème et 6ème étapes sont en
escalade libre - Encordement 20 mètres
"Dans cette face, en dehors des
difficultés techniques rencontrées, la non évidence de la voie
explique les tatonnements qui marquèrent sa recherche. Cette
escalade, à cause de sa longueur, de l'importance des surplombs,
de l'exposition de certains passages, doit être considérée comme
difficile à l'extrème." (Renseignements et appréciation de
R. Duchier en 1938).
Deux grandes cheminées sillonent
la Face Ouest. Cet itinéraire emprunte les extrémités inferieure
et supérieure de la Cheminée Nord et la partie moyenne de la
Cheminée Sud ou Grande Cheminée.
Départ dans l'axe de la Cheminée
Nord par une large fissure de 5 mètres dont on sort en prenant à
droite une corniche d'abord très étroite , puis large et
confortable. Relais 1
Quitter la corniche 2m avant son
étranglement sud et remonter la fissure en surplombqui oblique
légèrement vers la gauche dans une dalle noire où l'on trouve
quelques grosses prises , puis l'on monte droit vers une petite
cheminée où de rares aspérités permettent un rétablissement
difficile sur la Corniche Barrin. Passer un bombement délicat
après lequel on arrive sur la Corniche Barrin. Relais 2
On la suit vers la droite et l'on
penètre dans la Grande Cheminée où l'on escalade une zone
pourrie et redressée, mais très courte, à laquelle succède un
petit couloir peu incliné. A ce niveau on revient à gauche sur
une plateforme spacieuse. Relais 3
Continuant vers la gauche on
escalade une petite arête secondaire délitée et l'on rentre dans
une cheminée resserrée; par un ramonage facile on atteint
l'orifice inférieur qui lui fait suite et l'on installe le
relais à l'intérieur. Relais 4
Dans sa paroi Ouest s'ouvre un
trou très étroit qui communique avec une niche minuscule ouverte
à l'extérieur; il faut y passer les pieds les premiers et
descendre sur un étrier préalablement posé dans la niche. De là,
virer à l'horizontale sur des étriers et contourner vers le Nord
une dalle bombée (aérien) à laquelle fait suite une étroite vire
délitée. On atteint alors la Cheminée Nord en contournant un
gros bloc posé sur lequel on se rétablit. Relais 5
Virer dans le fond de la cheminée
que l'on gravit facilement en opposition, et on sort vers la
gauche par un petit éboulis.
I' - Variante de sortie de la Voie
Duchier-Magol
Première : Dr Albert, Gisèle Albert,
G. Livanos ,H. Gilles le 16 Février 1941
Escalade
artificielle difficile.
Du cinquième relais au lieu de rejoindre le fond de la cheminée Nord on escalade une zone délicate où l'on monte sur des blocs instables, la pente s'attenue et l'on atteint le sommet par des dalles faciles.
II - La Grande Cheminée
Première
Dr. Albert, Gisèle Albert le 22 Octobre 1940
Escalade
artificielle difficile -
Encordement : 25 mètres
Elle coupe la Face Ouest en son milieu; bien delimitée dans le haut de la paroi où elle oblique un peu à droite, elle est barrée par de petite grottes à sa partie moyenne et se perd vers le bas dans la grande dalle où elle finit en fissure étroite.
A quelques mètres à droite de la ligne générale d'escalade, s'elever dans une cheminée oblique assez raide puis facile; on arrive dans une anfractuosité. Virer à gauche à l'horizontale jusqu'à se trouver sous une grosse fissure à demi bouchée par de l'aragonite. franchir un léger surplomb, puis virer sur la gauche sur une mince lèvre de rocher; traverser alors une dalle pour atteindre une courte fissure verticale que l'on suit jusqu'à un gros bloc posé sur des gradins terreux. Monter ensuite facilement à la Corniche Barrin.Relais 1
L'escalade se poursuit dans la zone pourrie et redressée à laquelle succède un petit couloir peu incliné et l'on arrive face à une niche étroite. A gauche plateforme spacieuse au dessus de laquelle on aperçoit le trou de l'itinéraire Duchier-Magol. S'élever jusqu'au toit de la niche , passer un surplomb d'aragonite grise et atteindre par une fissure la première grotte. Relais2
Assez spacieuse elle communique par l'intérieur avec la deuxième grotte. Relais 3
De là il faut escalader à l'intérieur, jusqu'au sommet du porche et à l'aide d'un étrier sortir vers la droite (aérien) et rejoindre la fissure du fond de la cheminée qui est devenue oblique et l'on arrive sur un étroit replat dans la paroi de droite. Au dessus la fissure s'élargit et devient terreuse: les pitons y tiennent mal et doivent être doublés par des extra-courts dans la paroi de droite. Ce passage exposé surmonté, on finit dans les gradins faciles du sommet.
II' - Variante et Rectifications
Première
par Stricher, Tramier, Rolland le 29 Juin 1941
Escalade
artificielle difficile
Prendre le départ dans l'axe
exact de la cheminée en remontant la courte fissure surplombante
assez large d'abord, puis très mince après laquelle on se
rétablit sur la première corniche .Relais
A la limite d'une grande dalle
noire , escalader une fissure rectiligne qui oblique légèrement
vers la droite. On passe deux ressauts successifs et l'on
rejoint l'itinéraire Albert.
III -
La Cheminée Médiane
Première Dr. Albert, Gisèle
Albert le 16 Novembre 1940
Escalade artificielle très
difficile - Encordement
: 25 mètres
Les
difficultés que l'on y rencontre sont très soutenues et la
dernière étape est très exposée par suite de la mauvaise
qualité de la roche. En 1941, c'est le parcours le plus
difficile de la Face Ouest.
Départ à la verticale
du "trou de la voie Duchier-Magol; Par courte échelle on
s'éléve le plus haut possible vers une très mince fissure
demi-colmatée, où l'on poursuit sur pitons jusqu'à la
première corniche.-R1-
Continuer par la 2me étape
de l'itinéraire Duchier-Magol: quitter la corniche deux
mètres avant son étranglement sud et remonter une fissure en
surplomb qui oblique légèrement à gauche dans une dalle
noire où l'on trouve quelques grosses prises; puis l'on
monte droit vers une petite cheminée où de rares aspérités
permettent un rétablissementdifficile sur la corniche
Barraud. Passer un bombement délicat après lequel on arrive
sur la corniche Barrin.-R2-
Monter dans une
grande niche peu profonde au dessus du relais,puiis
escalader en opposition extrème le toit qui la surmonte; on
se rétablit alors difficilement dans un dièdre d'aragonite
rouge (exposé) que l'on remonte plus facilement. Après un
étranglement on pénètre dans une cheminée resserrée où l'on
fait un relais sous l'orifice inférieur du tube qui
lui fait suite. Ceci pour mettre les suivants à l'abri des
chutes de pierres pendant la progression du leader dans
l'étape au dessus.-R3-
S'élever dans la cheminée
jusqu'à l'orifice du tube et sortir vers la droite sur des
pitons posés dans une fissure parallèele. On franchit ainsi
une zone surplombante très exposée par suite de la fragilité
de la roche; puis on continu dans un passage très
pourri et fragmenté mais assez court, en suivant une fissure
à travers laquelle on aperçoit par moment l'intérieur du
tube ! Il faut prendre les plus grandes précautions pour y
poser les pitons, afin d'éviter les éboulements dangereux.
On se rétablit ensuite sur une très étroite corniche. Au
dessus la muraille surplombe et le rocher devient tellement
mauvais qu'il n'est plus possible de poursuivre l'escalade à
la stricte verticale. Virer franchement à gauche à
l'horizontale sur des prises de main heureusement solides
(aérien), puis escalader un saillant surplombant formé par
une agglomération de blocs brisés (extrêmement exposé).On
atteint alors un dièdre vertical dans lequel on s'élève
jusqu'à un rocher suspendu qui barre le passage; on le
contourne par la droite et l'on finit sur un éperon formé de
blocs empilés.Cette étape en escalade artificielle
extrêmement difficile fut jugée tellement exposée qu'elle
fut évitée lors d'un premier essai à la Médiane par Dr.
Albert, Gisèle Albert, H. Gilles, G. Livanos le l6 Février
1941 .
IV / La Cheminée Nord
Première
par:Dr.Albert, Gisèle Albert le 13 Janvier 1941
Escalade
" artificielle difficile " - La première et la dernière
étape en escalade libre
Encordement 20 mètres
Elle n'est bien marquée que
dans sa partie supérieure où elle s'évase en un profond
couloir, la première partie étant formée par deux fissures à
peu près parallelles coupées par plusieurs surplombs.
Quitter la corniche verte par une petite cheminée
très raide mais où l'on trouve de bonnes prises pour
se rétablir sur la première corniche .-R1-
Au
débouché de la cheminée initiale partent deux fissures très
rapprochées; choisir celle de droite la plus large. Franchir
plusieurs mètres en surplomb accentué et aborder une dalle
où l'on trouve quelques prises; mais la paroi s'incurve de
nouveau et il faut continuer sur des pitons pour atteindre
une fissure qui va s'élargissant et se termine au niveau de
la corniche Barraud, à peine large de quelques cms.Au dessus
une dalle lisse oblige à placer un " étrier" sur piton et à
s'y installer pour faire le 2me relais.-R2-
Gravir
la dalle en montant vers une niche en encorbellement, où
l'on pénétre le plus possible. En sortir pour s'engager dans
un dièdre fortement déversé dont l'escalade est d'abord
pénible et impressionante, puis devient moins ardue lorsque
la pente négative s'atténue. On atteint bientôt un très
étroit replat, dominé par un surplomb où une échancrure
laisse aperçevoir la deuxième partie de l'escalade beaucoup
plus aisée. Par un ramonage délicat on pénètre dans la
cheminée proprement dite qui s'élargit rapidement en
couloir. Toujours par ramonage, mais plus facilement, on
atteint un groupe de blocs posés dans la paroi de droite.-R3-
Reprendre l'escalade du fond de la cheminée sans difficultés
importantes jusqu'à l'éboulis de la sortie Duchier-Magol et
terminer par quelques mètres de fissure raide. La première
étape et une partie de la dernière sont communes avec
l'itinéraire Duchier- Magol .
Le Rocher des Goudes et son arête Nord-Ouest
Vus du Traçé Rouge du Vallon de
Callelongue - Photo télé Dr. Albert

| I - Itinéraire Tanner II - Itinéraire Albert III - Variante Stricher-Tramier A - Croix du Sommet B - Arête Sud-Ouest C - Face Ouest |
D - Face Nord E - Corniche Barrin F - Corniche Verte G - Corniche Broussailleuse H - Arête Est I - Les Lames J - Brêche Carrée |
Arête Nord Ouest
Elle délimite les deux
grandes faces, ouest et nord, du rocher des Goudes. Elle
comprend deux parties de caractéristiques nettement
différentes: du tracé Vert de Callelongue à la Grotte
Rolland), jusqu'à la corniche Verte, sa pente moyenne ne
dépasse pas 45°, mais deux ressauts surplombants
opposent de grosses difficultés au grimpeur qui veut suivre
le fil de l'arête; ils peuvent cependant être tournés, le
premier par le flanc nord, le deuxième par le flanc ouest;
le reste du parcours est sans histoire jusqu'à la corniche
verte. De celle-çi au sommet l'arête devient verticale et de
plus se trouve barrée par un gros surplomb à deux
étages, après lequel elle s'élargit considérablement.
La
" première" exécutée par Tanner eut lieu de la corniche
Verte au sommet en 1939. Tout comme celles des Faces Ouest
et Nord, elle occupe une place de premier ordre dans
l'histoire de l'escalade en Provence.
En 1941, Stricher,
Tramier et Rolland firent le bas en évitant les ressauts
surplombants. A la fin de la même année, le 2 Novembre 1941,
le Dr. Albert et Gisèle Albert suivirent le fil de l'arête
en son entier.
Escale artificielle "très
difficile"
Quatre passages extrèmement difficiles, les
2ème et 4ème etapes en escalade libre
facile; la derniere en escalade libre difficile.
Il est
utile de prévoir le triple encordement à 20 m. d'intervalle
pour la 6éme étape, et le double encordement à 20m.
pour la dernière.
Départ à proximité du tracé vert. On
remonte d'abord une dalle peu pentue, puis il faut passer un
premier surplomb recouvert de débris.On escalade ensuite une
dalle très inclinée et l'on s'engage ensuite dans un petit
dièdre noir.Parvenu sous un gros surplomb on vire unpeu à
droite pour prendre pied sur un étroit replat incliné.Passer
ensuite une dalle déversée en mauvais rocher ( exposé) .
-R1
Suivre sans aucune difficultéle
fil de l'arête jusqu'au deuxième ressaut.--R2
Attaquer celui-çi dans son flanc nord en passant un surplomb
très accentué, puis un dièdre surplombant où le calcaire est
noir et délité ( très exposé ). Contourner par en dessous et
vers la droite un bloc fragile saillant sur l'arète et se
rétablir difficilement sur une dalle peu inclinée recouverte
d'un pavage de blocs posés.
Escalader alors un petit mur
qui termine le 2ème ressaut. -R3
Les deux ressauts
extrèmement difficiles peuvent être évités par la variante
Streicher:
Départ à 10 m. du fil de l'arête, dans son
flanc nord où l'on escalade une faille oblique ; après avoir
dépassé une niche, on rejoint la crête par un passage de
mauvais rocher.Au pied du 2éme ressaut virer à droite et par
une traversée délicate, atteindre une fissure -cheminée en
mauvais état qui amène à la corniche Verte. Escalader le
taillant de l'arête extrèmement mince jusqu'à la première
corniche de la Face Ouest.-R4
L'itinéraire suivi
par Tanner oblique vers le Sud sur cette corniche : on
remonte dans la Face Ouest la première fissure oblique sous
un surplomb, puis un petit dièdre rouge très court; virer
alors à l'horizontale pour revenir sur le fil de l'arête et
monter sur un petit becquet où l'on fait un très mauvais
relais à la base d'un gros surplomb.
Il est plus élégant
, mais plus difficile de continuer sur le fil de l'arète au
dessus du 4éme relais. Grimper dans un dièdre vertical et
lisse,puis aborder une très mauvaise fissure formée par un
énorme bloc à demi -détaché, on progresse difficilement
jusqu'à une zone plus franche et moins inclinée dominée par
le becquet du 5ème relais .--R5
Attaquer le
gros surplomb par la droite, en suivant une fissure oblique
qui coupe ses ressauts successifs. Après avoir franchi un
premier encorbellement on se rétablit sur un replat
extrèmement étroit; une dalle concave lui fait suite, puis
un deuxième ressaut très accusé. Au dessus la fissure se
perd dans la paroi ; obliquer alors à gauche en exécutant
une vire difficile sur une corniche en arc de cercle à peine
dessinée mais très courte. On est revenu sur l'arête qui
s'est beaucoup élargie. Escalader une dalle verticale le
long d'une fissure et lorsque celle-çi disparait, virer à
gauche et par une traversée difficile et exposée, atteindre
une petite niche.-R6
Dans cette étape il est
commode d'utiliser le triple encordement à 15-17 mètres
d'intervalle pour faciliter le coulissage, il convient de
passer le gros surplomb sur une première corde, puis après
la vire convexe d'en tirer complètement " le mou" , et de
continuer sur les deux autres brins jusqu'au 6ème relais. Le
second de cordée sera assuré par la première corde
dans le gros surplomb et par les deux autres dans la dalle.
L'étape suivante, quoique très aérienne, ne comporte plus de
grosses difficultés et s'effectue en escalade libre. Sortir
de la niche par la droite en suivant une corniche ascendante
qui ramène sur le bord droit de l'arète. On s'engage ensuite
dans une fissure assez large, à son sommet obliquer à
droite, passer entre deux genévriers, et terminer par un
dièdre déversé , mais facile.
Escalades de la Face Nord
Face Nord du Rocher des Goudes
Vue du sentier du C.A.F. au
pied de l'Arete Sud de la Tete du Miougranier - Photo télé Dr. Albert

| I -
Voie Barrin I' - Variante Bouisson II - La Petite Orientale III / L' Orientale IV - La Super Barrin |
V -
La Directissime VI - La Voie du Toit du Mitan VII - La Voie Occidentale VIII - La Super Occidentale A - Variante Magol |
La "première" de la Face Nord
en 1936M par Barrin, Duchier, Lacaze, fit
sensation dans les milieus de grimpeurs marseillais, et eût
même les honneurs de la première page d'un journal local;
plusieurs essais dans cette paroi s'étaient terminés par des
échecs ou même par un décrochage en régle ,
sans suite grave heureusement pour la cordée
Meunier-Bouisson. Il semble que ceux-çi soient les premiers
à étre arrivés sur la Corniche Barrin, par un itinéraire
d'ailleurs différent de celui de la "première" .
L'aspect formidable de cette paroi, -par rapport aux
escalades pratiquées à cette époque-, encourageait peu les
candidats à en tenter l'assaut. En fait il n'y a pas de
parcours faciles dans la Face Nord, et le seul itinéraire
d'escalade libre qu'on y ait trouvé reste celui de la
première. S'il est fait avec un nombre restreint de clous
d'assurance, il peut étre considéré comme fort peu commode
et représente le type de ce que nous avons convenu
d'appeller " escalade libre très difficile ". Depuis Barrin
l'exploration de la Face Nord a été poussé fort loin,
puisqu'en 1941 on y comptait 7 voies nouvelles, dont deux
tout au moins, l'Orientale et la Voie du Toit du Mitan,
sont classées comme " escalades artificielles extrèmement
difficiles "; Une troisième, l'Occidentale" se distingue des
autres parce qu'elle se fait entièrement en escalade libre
et ne présente que trois courts passages d'escalade
artificielle. Les 4 autres relèvent de " l'escalade
artificielle pure avec quelques passages d'escalade libre.
La Face Nord est coupée dans sa longueur par trois
corniches parallèles bien distinctes. Tout en bas à une
dizaine de mètres de l'éboulis, la corniche Broussailleuse,
sur laquelle pousse une végétation dense d'arbustes et de
chênes verts; elle est interrompue à l'ouest par une coulée
d'aragonite jaune. La Corniche verte, à trente métres de
hauteur, délimite le socle du Rocher des Goudes: on la
parcours facilement, sauf à l'ouest de la paroi où elle est
coupée par une vire délicate, au niveau d'une grande
excavation en forme de grotte à ciel ouvert, au delà la
corniche communique sans difficulté avec la Face Ouest. 21
mètres au dessus c'est la Corniche Barrin, large et
confortable par endroit, très souvent fort étroite et même
totalement interrompue .
I - Voie Barrin
Première
par H. Barrin, R. Duchier, Lacage, le 23 Août 1936
Escalade libre très difficile - Encordement : 25 mètres
Les passages les plus difficiles sont l'arrivée sous la
Corniche Verte, le dièdre oblique au départ de celle-çi, la
montée sous le coeur, et la cheminée jaune; mais l'ensemble
est très soutenu.
L'histoire de cet itinéraire
comporte deux épisodes: Le 23 Aout 1936, après diverses
tentatives, Barrin démarre de la Corniche verte et arrive au
sommet.
Quinze jours plus tard, le 6 Septembre, en
compagnie cette fois de Duchier et René Jean il complète son
ascension en gravissant le socle ( I') qu'il avait négligé.
A la même époque, à une date imprécise, Magol et Naillet
escaladent aussi le socle et arrivent à la Corniche
verte sous l'épaule de l'Arète Est ( A) .
Par une
curieuse aberration, le parcours Barrin dans le socle
tomba par la suite dans l'oubli et les grimpeurs qui font la
Face Nord en entier empruntent actuellement
l'itinéraire Magol
.
Ces deux escalades se valent cependant en difficultés .
Parcours Barrin:
Débuter à la verticale de l'Arète Est par un dièdre ouvert
assez délicat qui livre accès à la Corniche
broussailleuse.- R.1
Virer alors à droite et
continuer en descendant un peu, un éperon dénudé, longer la
corniche vers l'ouest, traverser un fourré de chênes verts,
contourner une arête secondaire et à 30 m. de l'éperon
dénudé atteindre une plateforme inclinée, on peut également
prendre par là, par un trajet direct d'escalad artificielle
(I " ) ( J.Bouisson, Dr.Albert le 29 Mars 1942 ).
Grimper
facilement jusqu'à une deuxième plateforme.- R.2
Escalader alors un long dièdre oblique et étroit, de roche
grise; après un passage difficile l'escalade est aisée
jusqu'à un bombement délité, on le contourne par la droite
et l'on arrive à la Corniche Verte .- R.3
Le
parcours Magol débute par le même dièdre ouvert
jusqu'à la corniche Broussailleuse.-R.1'
Monter
ensuite en obliquant à gauche vers un éperon à la verticale
de l'épaule de l'arète Est. Grimper le long d'une mince
fissure sur son taillant, puis l'abandonner pour se rétablir
difficilement à gauche sur un balcon. A son extrémité Est
monter facilement à la Corniche Verte. -R.2'.
Revenir sur la droite, après une cinquantaine de mètres, le
grimpeur se trouve au pied d'un dièdre très ouvert incliné
vers la gauche; on l'escalade en se servant de prises de
mains dans la fissure du fond ( difficile mais sur) et l'on
se rétablit sur un replat. Monter ensuite dans des rochers
médiocres après lesquels on arrive sur une minuscule
plateforme de rocher pourri. -R.4
Un pas vers la
droite et l'on remonte un système de fissures verticales sur
des prises très espacées, jusqu'à un rocher surplombant en
forme de "coeur " sous lequel on vire à droite pour
atteindre un minuscule replat. Grace à de rares prises de
mains très hautes, gimper sur le "coeur" et s'élever dans
une dalle fissurée on arrive sur la corniche Barrin que l'on
suit vers la droite où elle s'élargit en trottoir.( le
rétablissement sur le coeur peut être grandement
facilité en montant dans un anneau de corde placé sur son
sommet) .-R5
Suivre la Corniche Barrin vers
l'ouest, jusqu'au pied d'une grande cheminée d'aragonite
jaune, où elle est coupée par une large entaille. Dès le
départ il faut attaquer un surplomb très prononcé à l'aide
d'une courte échelle, ou mais beaucoup plus difficile , en
ramonage du fond de la cheminée. Deux métres de verticale,
puis nouveau surplomb moins prononcé mais tout aussi
difficile parce que l'on trouve que des prises rondes pour
le passer. La cheminée s'élargit et se fait plus commode.
Sur son arête droite s'amorçe une étroite vire terreuse peu
engageante, on y trouve de suite une grosse écaille qui
déverse dans le vide
( passage impressionant et aérien mais
sûr)et l'on arrive sur un replat (gènevrier). Escalader
ensuite une arête fissurée légèrement oblique et très raide
de parcours délicat ( rocher fracturé) et se rétablir sur
une terrasse où pousse un chêne vert.- R.6
Vers
l'ouest, une dalle fissurée puis un éboulis amènent au
sommet.
Encordement minimum : 25 mètres pour la 5 ème
étape.
II
- La Petite Orientale
Première par Dr.Albert, Gisèle
Albert le 8 Septembre 1940
Escalade " artificielle peu
difficile " - Encordement 2O mètres
Cette voie n'atteint pas
directement le sommet par la Face Nord; elle se termine au
pied de l'Arête Est sous laquelle elle se développe en un
trajet rectiligne.
Départ à droite d'un éperon
descendu de l'arête Est, par une cheminée très ouverte dont
le parcours est rendu délicat par la rareté des prises.
Relais sur la corniche broussailleuse.-R.1
Quelques mètres vers la droite monter dans une excavation en
gueule de four; à son sommet s'élever sur une coulée
d'aragonite grise issue de deux niches jumelles. Passer par
celle de gauche et remonter une courte fissure très raide
pour arriver dans une petite grotte.-R2
Virer à
droite, depasser une excavationet monter sur la corniche
Verte.- R.3
S'élever dans une niche étroite; en
sortir vers la droite puis remonter une fissure un peu
surplombante jusqu'à un replat. Obliquant légérement à
droite on poursuit l'ascension dans une dalle raide en
direction d'une petite cheminée limitée à gauche par un gros
bloc à demi détaché. Au dessus on trouve un replat à
la base d'un couloir. R.4
On le remonte sans
difficulté jusqu'à la corniche Barrin. Au dessus on gravit
un dièdre délité par opposition entre ses parois et l'on
débouche sur une plateforme de l'arête Est que l'on suit
jusqu'au sommet.
III
- L' Orientale
Première par: G.Livanos ,Dr. Albert (
leader à tour de role) le 2O Juillet 1941
Escalade
"artificielle extrémement difficile" - encordement 25
mètres
C'est un des parcours les plus durs de la Face Nord, tant par la multiplicité des difficultés à surmonter que par l'exposition de l'escalade pendant les 40 derniers métres où les embuches les plus diverses sont accumulées sans interruptions. Son nom vient de sa situation dans la moitié orientale de la Face Nord.
Attaquer à gauche d'un
saillant de la base du socle par une fissure en "S" inversé
qui contourne un surplomb par sa droite.Gravir un petit
dièdre et atteindre la Corniche Broussailleuse.-R1
Un peu à gauche dépasser une arête secondaire et s'élever
dans une fissure rectiligne qui se redresse peu à peu, puis
s'ouvre en petite cheminée. Celle-çi franchie on arrivé sur
la corniche Verte.- R.2
A gauche de la voie
Barrin on gravit un dièdre incliné vers l'ouest, il faut
alors se rétablir sur un replat exigu. Contourner par la
gauche un surplomb pourri, puis revenant à droite, on
atteint une plateforme.- R3
Escalader alors une
dalle aux prises peu sures; au niveau d'une faille
horizontale virer un peu vers l'ouest et s'élever sur la
dalle du flan droit d'un dièdre oblique.On atteint une
deuxième faille horizontale: la Corniche Barrin totalement
interrompue en cet endroit. Relais sur étrier en cet endroit
.-R.4
Les difficultés rencontrées depuis le
troisième relais vont s'accroitrent jusqu'au relais suivant
non loin de l'arête Est. Quitter le relais par sa gauche et
s'élever difficilement le long d'une fissure très raide;
elle se perd bientôt dans une dalle qu'il faut gravir sur
des prises incertaines. Virer alors à gauche vers une
nouvelle fissure très pourrie.Après l'avoir remontée
on atteint la base d'un grand dièdre en surplomb, où l'on
s'engage en passant sous un énorme bloc suspendu (l'armoire
à glace) passage extrèmement exposé- On escalade
difficilement le dièdre qui est barré par un surplomb de
gros rochers brisés sur lequel on se rétablit.- R.5
Etape
extrèmement difficile ! Par des gradins faciles on arrive au
sommet non loin du haut de l'arête Est.
IV - La Super Barrin
Première
par Dr Albert, G. Livanos, le 10 Août 1941
Escalade
Artificielle Très Difficile - Encordement 25 m.
En
escalade artificielle très soutenue elle comporte un passage
d'escalade libre extrèmement dur après la Corniche Verte.
Elle a été baptisée ainsi
parce qu'elle rectifie l'itinéraire parcouru par Barrin lors
de la prmière de la Face Nord , suivant une ligne à peu près
verticale axée sur le coeur.
Le départ se situe à
quelques mètres à droite de celui de l'Orientale , au niveau
du saillant de la base du socle. On gravit une fissure
oblique qui surplombe après quelques mètres et par un pas
délicat vers la droite on arrive sur la corniche
broussailleuse. -R1
On poursuit en gravissant une
dalle convexe. Après une corniche on traverse par la gauche
un peu plus haut. On suit alors une fissure verticale
jusqu'à la Corniche Verte. -R2
Immédiatement à
droite du début de la Voie Barrin remonter une fissure qui
va en s'élargissant d'abord, puis se referme brusquement en
surplombant. Il faut alors se rétablir
difficilement sur une mauvaise corniche (très exposé). On
continue dans une vire ascendante qui finit au niveau du
replat délité où l'on rejoint la voie Barrin -R.3
" Un pas vers la droite et l'on remonte un système de
fissures verticales sur des prises très espacées jusqu'à un
rocher en forme de coeur sous lequel on vire à droite pour
atteindre un minuscule replat. Grace à de rares prises de
main très hautes, grimper sur le "coeur" et s'élever dans
une dalle fissurée; on arrive sur la Corniche Barrin."
Virer un peu à droite pour faire un relais confortable.-R4
On continue à la verticale du "coeur" par une grosse fissure
mal marquée; après avoir dépassé des blocs peu solides on
aborde une zône plus franche, passer alors un surplomb peu
accentué, coupé par une fissure double, auquel succède un
petit dièdre oblique. Parvenu dans une dalle moins inclinée,
on vire à gauche pour remonter une fissure assez facile
jusqu'à un replat herbeux.-R.5
Terminer par un
couloir facile qui arrive au sommet à proximité de
l'anneau de rappel scellé.
V - La Directissime
Première par G. Rebuffat et R. Tanner ( leader à tour de rôle) en 1939
Escalade Artificielle Difficile - Encordement 20 mètres
On y trouve de nombreux
passages d'escalade "libre très difficile",notament dans les
deux dernières étapes.
Elle escalade la Face Nord à la
verticale de la cheminée jaune de la voie Barrin. Son trajet
à peu près rectiligne lui valut son appellation à
consonnance dolomitique. C'est le deuxième itinéraire ouvert
dans la Face Nord.
Au départ prendre une fissure pourrie
d'abord surplombante puis en pente modérée aux abords dela
corniche Broussailleuse. -R.1
Continuer par une
longue fissure sur le flanc droit d'une arète secondaire qui
finit à l'entrée d'une niche d'aragonite.-R.2
Sortir par son toit et déboucher sur la Corniche Verte.-R.3
Grimper dans une petite grotte ogivale. En sortir par le
haut en "traction" sur un piton planté dans son
plafond;atteindre difficilement une mauvaise fissure et s'y
engager à l'aide d'un étrier. Celle-çi aboutit à une
minuscule corniche sur laquelle il faut se rétablir et
amorcer une vire délicate vers la droite pour installer un
relais médiocre.-R.4
A cet endroit il est
préférable d'inverser la cordée par suite du manque de place
sur la corniche. Le second continue au dessus de la grotte
par une dalle très lisse, mais présentant quelques trous
d'aragonite. Puis l'on s'engage dans une cheminée où l'on
surmonte par ramonage un bloc coincé surplombant. Escalader
alors la muraille d'une grande excavation. Relais sur sur la
Corniche Barrin.- R.5
Cette étape peut étre
simplifiée en ne s'arrêtant pas au 4ème relais et en montant
très légerement plus à gauche par une fissure délitée au
bout de laquelle on rejoint la cheminée. Passer les lO
mètres de cheminée difficile qu'emprunte la voie Barrin et
continuer dans son axe en franchissant un petit mur au
dessus duquel on se rétablit dans une niche étroite.
Immédiatement au dessus grimper dans une deuxième niche puis
obliquer à gauche sous un gros bloc saillant pour s'élever
dans une très courte cheminée en surplomb, en ramonant face
à l'est. De bonnes prises trèshautes facilitent un
rétablissement impressionnant sur une belle plateforme. .-R.6
Revenir à droite et après avoir contourné un bloc posé
branlant, on traverse la cheminée pour s'élever vers le
taillant d'un éperon très raide. Grimper alors droit et
terminer par l'escalade exposée d'une dalle arrondie aux
prises infimes et glissante; c'est le point crucial de cet
itinéraire.
Une variante de sortie fut
découverte par J.Stricher et G.Tramier qui ne trouvèrent pas
trace de Rebuffat à partir du 6ème relais et se trompèrent
de chemin.
Quitter la plateforme par la gauche en
grimpant dans une dalle verticale où saillent quelques
prises, puis virerà gauche sous un surplomb pour sortir tout
en haut de la cheminée terminale de la Super Barrin
VI - La
Voie du Toit du Mitan
Première par Dr. Albert,
G. Livanos le 13 Juillet 1941
Escalade Artificielle Extrèmement Difficile -
Encordement 20 mètres
Les difficultés rencontrées
sont ininterrompues, de plus , à partir de la Corniche
Verte, on est le plus souvent en deça de la verticale. Le
dernier passage dans le Toit du Mitan est extrèmement aérien
et exposé.
Diverses tentatives par le Dr. et Gisèle
Albert qui furent interrompues par des incidents , avaient
abouti auparavent au 6ème relais.
Le haut de la Face Nord est
dentelé par une série de surplomb plus ou moins prononçés,
et, vers son milieu, (mitan en patois) une saillie rocheuse
isolée s'avance sur le vide plus fortement que les autres
dominant toute la Face ; c'est le "Toit du Mitan".
Cette
voie d'escalade monte à sa vertical exacte, décrivant
cependant une sinuosité sous la Corniche Verte, au niveau
d'obstacles insurmontables malgré tous les moyens employés
en 1941
Départ dans une dalle
concave surmontée dans sa partie droite par un toit
oblique.Contourner par la gauche un léger surplomb et
remonter une courte fissure dans des rochers brisés.-R.1
Escalader une fissure assez
large puis remonter l'échine arrondie d'un pilier de roches
grisesoù les prises sont peu saillantes. On arrive sous une
zône de rochers pourris. A l'aide d'un étrier traverser à
l'horizontale vers la gauche pour se rétablir sur un petit
replat.-R.2
Virer un peu sur une corniche herbeuse puis
monter dans unedalle raide recouverte d'un plaquage de
débris. atteindre un tout petit bloc encastré derriere
lequel on place un piton et un étrier pour parvenir dans une
zône rocheuse plus solide. Revenir à droite sous un surplomb
et monter dans une échancrure qui livre accès à la Corniche
Verte.-R.3
Au dessus la paroi devient surplombante et
monte en dehors de la verticale jusqu'à la Coeniche Barrin.
Quitter la corniche Verte en suivant la branche droite
d'une fissure double "en "V " renversé qui fracture une
dalle surplombante de couleurrouge sombre. après un
mince replat remonter une courte fissure, puis undièdre
oblique dans lequel on fait un relais sur piton.-R.4
Escalader le haut du dièdre puis s'engager dans un surplomb
accentué.La pente négative s'atténue au niveau d'une strate
horizontale. On continue sur des pitons placés dans une
fissure colmatée par l'aragonite rouge (exposé) et l'on se
rétablit sur la Corniche Barrin.-R.5
Laissant à droite le
grand dièdre oblique de la Voie Occidentale on rmonte
quelques métres de fissure, puis on vire à gauche sur une
dalle ronde en direction d'un dièdre étroit. Après un
passage d'escalade librefacile on suit une fissure très
raide et l'on passe un bombement au dessus duquel s'ouvre
une niche exigue; on la dépasse pour faire un relais au
niveau d'une 2eme niche, sur piton.-R6
Continuant à la
verticale du relais on escalade une dalle une dalle fissurée
très pourrie et l'on arrive sous le " Toit du Mitan " que
l'on attaque en suivant une fissure verticale qui le
coupe en son milieu. La muraille s'infléchit fortement vers
l'extérieur et après un passage extrèmement surplombant dans
du mauvais rocher on se rétablit sur la dalle du sommet.
VII
- La Voie Occidentale
Première par Dr. Albert, Gisèle
Albert le 25 Août 1940
Escalade Artificielle Difficile - Encordement 30 mètres
min. pour la dernière étape
Le plus souvent en escalade
libre , on n'y rencontre que trois passages d'escalade
artificielle difficile : dans la 3me étape sous la Corniche
Verte,- la traversée d'une interruption de la Corniche
Barrin,- l'entrée dans le dièdre oblique du haut.
Cet
itinéraire s'inscrit dans la motié occidentale de la
Face Nord, d'où son nom. Le départ se situe à la base de la
grande coulée d'aragonite jaune qui s'est déversée par
l'orifice de l'excavation de la Corniche Verte.
Monter
jusqu'à une petite grotte; à son entrée escalader en
obliquant vers la gauche une courte dalle puis une fissure
délitée. Grimper dand les baragnes (broussailles) de la
Corniche broussailleuse.-R.1
Au niveau
d'une grosse écaille monter dans une trés courte fissure et
se rétablir sur une dalle assez inclinée. Continuer à
la verticale en utilisant de petites niches d'aragonite et
arriver sur une plateforme (chêne vert).-R2
Virer
vers l'ouest sur les rares aspérités d'une étroite corniche
sans prises pour les mains
( délicat); monter dans un
petit dièdre d'aragonite, et après quelques métres
d'escalade artificielle assez exposée, virer de nouveau vers
l'ouest sur un replat fuyant et grimper sur un bloc posé.-R.3
Gagner le fond de la grande excavation de la Corniche
Verte.-R.4
Escalader sa paroi de gauche (Est)
jusqu'à un surplomb formé par le haut d'une dalle concave;
on le franchit en utilisant l'opposition et l'on atteint de
bonnes prises très hautes; on contourne alors un saillant
rocheux derrière lequel se trouve une plateforme spacieuse.-R.5
Monter une large fissure dans une dalle noire légèrement
surplombante, le rocher peu solide demande des précautions
dans les derniers mètres sous la corniche Barrin.- R.6
Suivre la corniche Barrin vers l'est, puis elle s'amenuise
et s'interrompt totalement.-R.7
Placer un étrier
sur un piton posé le plus loin possible dans la fissure
horizontale qui succède à la corniche; après s'y être
installé, atteindre à 1 m.50 de là, le point où la fissure
colmatée se trouve dégagée et poser un 2eme " étrier" sur un
piton qui permet de remonter difficilement sur la corniche.-R.8
-
L'Etape en escalade " artificielle
difficile". On est parvenu au pied d'une fissure
au sommet de laquelle on aperçoit un grand dièdre oblique
qui échancre les surplombs du haut de la face Nord.
Escalader la fissure encombrée de rocailles brisées jusqu'à
un replat exigu; au dessus une dalle lisse exige la pose
d'un étrier pour permettre l'accès à la base du dièdre. On
s'y engage sur de petites prises très espacées mais sures.
Puis la pente s'atténue et l'escalade devient moins ardue.
On parvient sur un petit replat d'où un pas vers la
droite conduit dans une fissure issue d'une niche étroite.
Monter dans la niche et virer vers la droite le long d'une
faille horizontale. Après un bombement, monter droit sur un
éperon arrondi et le suivre jsuqu'au sommet.
VIII - La
Super Occidentale
Première par G. Rebuffat, G.
Livanos( leaders à tour de rôle) le 4 Mai 1941
Escalade Artificielle Très Difficile -
Encordement 25 mètres
La dernière étape se fait dans une
zone de surplomb ininterrompus.
Elle tire sa dénomination de
sa situation à l'extrémité occidentale de la Face Nord,
d'abord dans l'axe de la coulée d'aragonite jaune du socle,
puis s'infléchissant vers l'Arête Nord-Ouest, qu'elle côtoie
à quelques mètres ans le haut de la muraille.
On
commence l'escalade à la droite de la petite grotte ouverte
au pied de la coulée jaune. Franchir une série de plaques
puis s'élever dans la coulée d'aragonite, d'abord un peu
surplombante; vers la fin on oblique à gauche en passant un
ressaut et l'on atteint une niche confortable. - R1
Sortir à droite par une vire ascendante sous des rochers
cassés, puis s'élever directement par une cheminée pourrie
et broussailleuse qui mène à l'entrée de l'excavation
de la Corniche Verte. -R2
Dans son pilier de
droite et sans y pénétrer, s'élever par une dalle délitée,
très raide au départ puis moins inclinée, et gagner une
terrasse à son sommet. - R3
Un peu à droite
grimper dans une fissure très pourrie, qui après un petit
replat, surplombe fortement et mène à la Corniche Barrin,
très large à cet endroit. -R4
Au dessus la paroi
surplombe sans arrêt jusqu'au sommet. Un peu à droite du
relais on gravit une bonne fissure , puis au bout de six
mètres on revient vers la gauche. relais sur étriers au
niveau d'un replat exigu et mal marqué, utile pour le
coullissage des cordes dans la suite de l'escalade. - R5
On s'élève ensuite dans un dièdre oblique à droite suivi
d'une d'une cheminée-fissure constamment surplombante, et
coupée de plus par plusieurs ressauts. On termine l'escalade
par une cheminée dans des blocs brisés, qui débouche à
proximité du haut de l'Arête Nord-Ouest. (Très aérien)
Le chainon miniature des
"Lames" rattache le Rocher des Goudes au Roc de St-Michel
d'Eau Douce. Deux entailles profondes, la Grande Brèche à
l'Ouest et la Petite Brèche à l'Est, le découpent en trois
sommets distincts: La Lame Ouest, la Grande Lame au centre
et la Petite Lame.
Une troisième entaille , le Pas de la
Demi-Lune, où aboutit par une corniche un sentier jalonné en
pointillé jaune par la Société des Excursionnistes
Marseillais, sépare le Lames de l'Arête de la Cordée ,
contrefort du Roc St Michel.
Du sommet du Rocher des
Goudes, on découvre l'extraordinaire architecture de cette
arête horizontale aigue comme une lame de couteau.
L'épaisseur de la Lame Ouest ne doit pas depasser 3 mètres
et sa crête n'est qu'une mince dentelle de pierres parvenues
au dernier stade de l'effritement. La Grande Lame un peu
plus massive est couronnée par une terrasse de 4 à 5 mètrs
de large sur 3O m. de long. La Petite lame n'est qu'un
mamelon sans caractères.
La face Sud, comme celle du Rocher des
Goudes est
insignifiante et ne dépasse pas 25 m. de hauteur, par contre
elle est très raide et lisse et beaucoup moins abordable que
cette dernière; en 1941 on n'y connait pas de voies
d'escalade normalement passables sans pitons .
Leur Face Nord au contraire est plus élevée- 60 m. à
la Grande Lame- et surtout beaucoup plus impressionante par
sa verticalité. Tous les itinéraires qui la parcourent sont
très difficiles sauf à la Petite Lame .
La " première des Lames " realisée en 1926 fut la traversae
des trois sommets dans le sens: Pas de la demi-Lune- Rocher
des goudes .
Les Faces Nord et Sud ne furent gravies qu'en 1939 alors
que la pratique de l'escalade artificielle s'était répendue
dans les calanques.
Escalades de la Face Sud des Lames

| I -
Voie H. Gilles ( Face Sud
de la Grande Lame ) II - Fissure Sud-Ouest ( Face Sud de la Grande Lame) III - La Grande Brêche ( par la face Sud ) IV - Voie de la Grotte des 3 lucarnes (Face Sud de la Lame Ouest) V - Voie de la Fenêtre de la Lame Ouest |
A - Col
du Pas de la Demi Lune B - Petite Lame C - Petite Brêche D - Grande Lame E - Grande Brêche F - Lame Ouest |
I / Voie H. Gilles ( Face Sud
de la Grande Lame )
Première par : H. Gilles , Toto Guérin en hiver 1939
Escalade " artificielle peu difficile "
- Encordement 20 m.
Cet itinéraire fut celui de la " première " de la face Sud des Lames. Quelques mètres à gauche de la verticale du cairn du sommet et un peu à droite d'un pin, s'engager dans une fissure oblique rectiligne; passer uique legerement déversé qui finit sur une plateforme.- Relais - Terminer par un petit mur vertical de rocher brisé.
II /
Fissure Sud-Ouest
( Face Sud de la Grande Lame)
Première par : Dr.Albert ,
Gisèle Albert le 23 Janvier 1941
Escalade " artificielle peu difficile "
- Encordement : 2O m
Départ l0 mètres à l'ouest du pin qui se trouve sur la
corniche à la base de la Grande Lame
Débuter par un dièdre vertical très court. A sa sortie
prendre pied sur une dalle inclinée, puis remonter un
deuxième dièdre dont la base est légèrement déversée, au
dessus la pente s'atténue mais les prises sont peu sures; on
arrive sur une corniche (gros genévrier mort .) - Relais -
Continuer à la droite du relais par une fissure
surplombante, dépasser une niche exigue et se rétablir sur
un replat limité à droite par un gros bloc en équilibre (
exposé ) . Terminer par une courte dalle facile
III / La Grande Brêche (
par la face Sud )
Première par :
M.Samuel, G.Livanos Octobre 1940
Escalade " artificielle peu difficile "
- Encordement : 20 m
Escalader un dièdre oblique puis une fissure redressée qui s'ouvre bientôt en cheminée commode. De la brêche on monte assez facilement sur la lame Ouest et plus difficilement sur la Grande Lame.
IV /
Voie de la Grotte des 3 lucarnes
( Face Sud de la Lame Ouest )
Première par : Dr. Albert,
Gisèle Albert le 22 Décembre 1940
Escalade " artificielle peu difficile "
- Encordement: 2O M
Départ au niveau d'une baisse de la corniche qui sangle la
face Sud de la Lame Ouest au tiers de sa hauteur.
Gravir une dalle triangulaire assez facile puis une cheminée
étroite et redressée qui donne accès à une corniche. Virer à
l'horizontale et, deux mètres à gauche, s'élever dans un
dalle lisse à laquelle succède un petit dièdre. On pénètre
dans une grotte qui occupe toute l'épaisseur de la Lame qui
n'a pas 2 mètres de large! Deux lucarnes donnent sur la
face nord et la troisième sur la face Sud. - Relais -
Escalader le porche d'entrée et sortir en haut et à droite
par un rétablissement difficile et assez osé qui amène sur
la dalle du sommet .
V /
Voie de la Fenêtre
( Face Sud de la Lame Ouest )
Première par : Dr.Albert,
Gisèle Albert le 9
Mars 1941
Escalade " artificielle peu difficile "
- Encordement : 15 m.
Un peu à l'ouest de la Voie des 3 lucarnes remonter sans grande difficulté un dièdre légerement oblique. Parvenu dans un renfoncement prendre à gauche une fissure très raide mais courte dans du rocher pourri. On ontinue l'escalade entre deux gros blocs jusqu'à la fenêtre et par la dalle de son bord droit on atteint la crête .
Traversée des Lames
I / Sens classique : Est - Ouest
Première escalade des Lames par : Ph.Bernard , A.Nessi
en 1926
Escalade " libre facile "
- Encordement 15 m
Départ du Pas de la demi-Lune, on escalade l'Arête de la
Petite Lame extrèmement étroite et de rocher assez médiocre,
on rencontre peu de difficulté dans ce premier passage, puis
l'on descend très facilement à la Petite Brêche.
Remonter vers la Grande Lame par des gradins faciles, un
brusque ressaut vertical barre alors le passage; descendre
un peu vers la gauche et virer dansune cheminée très raide
que l'on escalade sur de très bonnes prises. Traverser
le plateau de la Grande Lame et descendre en rappel à la
grande Brêche. Remonter sur la Lama Ouest par une courte
vire aérienne dans la Face Nord et un dièdre très ouvert de
mauvais rocher. Traverser l'étroit plateau sommital qui se
resserre bientôt à l'extrème vers l'ouest où il est réduit à
une lame de rocher croulant. Par chevauchement dépasser le
toit de la Fenêtre puis descendre un peu dans la face Sud
vers un petit pin rabougri sur lequel on installe le rappel
final.
II / Sens Ouest- Est
Première par : G.Livanos,
Dr.Albert - le 5
novembre 1940
Escalade " artificielle peu difficile " -
Encordement : 15 m.
Le parcours de la crête des Lames dans ce sens comporte des passages beaucoup plus difficiles que l'itinéraire précédent. Attaquer la Lame Ouest par le taillant très redressé de son arête sous un gros surplomb. A hauteur de celui-çi virer dans la face Nord le long d'une faille oblique,puis escalader une dalle pourrie et revenir sur l'arête. On dépasse une plateforme et après une courte fissure on s'engage sur la crête sommitale dans sa partie pourrie et resserrée. Descendre à la Grande Brêche par la fissure et la petite vire dans la face Nord ( exposé pour le dernier de cordée) . Escalader une dalle très raide et délitée sur le taillant de l'arête de la Grande Lame, puis une fissure vers la gauche qui donne accès sur le plateau. Descendre à la petite Brêche par une cheminée raide sur le bord sud de l'arête et poursuivre jusqu'au Pas de la demi-Lune sans difficulté en suivant l'itinéraire classisue précédemment décrit .
Escalades de la Face Nord des Lames
Comme pour les faces Nord et
Ouest du Rocher des Goudes, la " première" de la face nord
des Lames ne fut réussie qu'après plusieurs tentatives et
pas mal de tatonnements. Son tracé extremement varié décrit
de nombreuses sinuosités dans la paroi dela Grande Lame et
comporte même une descente accentuée !!
Les obstacles rencontrés par les auteurs de la première ont
tous été surmontés quelques temps après au cours de
tentatives effectuées par d'autres grimpeurs. Il en est
resulté un découpage de la voie Tanner en trois trouçons
parallèles, comme ce fut le cas de la Voie Magol-Duchier à
la Face ouest du Rocher des Goudes. Néanmoins cet
itinéraire suivi dans son intégrité, conserve son
caractère de grande classe et par la diversités de ses
passages, s'écarte agréablement de la monotonie des
directissimes habituelles de l'escalade artificielle.
L'exploitation de la Face Nord des lames se poursuivit à une
cadence accélérée. Successivement ce furent les escalades de
la Lame Ouest, en escalade artificielle difficile et
soutenue ( on ne quitte guère le marteau! )puis celle de la
Petite brêche, - celle de la Grande brêche où l'on trouve
toute la gamme de l'escalade libre et un dur passage
d'escalade artificielle,ils autres relèvent presque
exclusivement de l'escalade artificielle, sauf celui de la
Petite Lame en escalade libre facile.
Face Nord des Lames
Vue du sentier du C.A.F. au
pied de l'Arête Sud de la Tete du Miougranier - Photo télé Dr. Albert

I /
Voie Tanner (Face Nord de la Grande
Lame )
Première par R. Tanner, Suzon
Dijon, G.Rebuffat le 21 Avril
1940
Escalade " artificielle difficile "
- Encordement 2O m.
La 1ere et la 4me étape en escalade libre; le passage le
plus difficile se trouve dans les surplombs de la 5èmè étape
A l'aplomb du cairn du sommet suivre une fissure assez
large où l'on passe " à la Dulfer " puis virer à gauche dans
une dalle inclinée en direction d'une cheminée tubulaire que
l'on remonte jusqu'à son orifice supérieur.- R1
Evitant la fissure qui émerge de la cheminée, remonter en
obliquant à gauche, une autre fissure qui conduit dans une
zone de rochers noirs. Revenant à droite à l'horizontale on
passe au dessus du relais précédent, puis on contourne un
petit éperon après lequel on descend dans un dièdre de 3 à 4
m. fortement en pente et au bas duquel on fait un relais sur
un mauvais replat .- R2 .
Cette étape peut se faire plus directement en quittant le
premier relais par la deoite: par un grand pas atteindre à
l'horizontale une dalle raide que l'on traverse, après un
bombement on arrive au 2me relais (Variante Albert)
Grimper malaisèment dans une courte fissure déversée; au
niveau d'une petite niche virer à droite et remonter une
fissure d'aragonite un peu surplombante d'abord, puis
verticale; on arrive sur une corniche étroite devant une
niche triangulaire.- R3 .
Virer vers l'ouest et monter sur un mince replat; par une
nouvelle vire on atteint une cheminée fissure que l'on
remonte par coincement, elle se termine par une corniche
fuyante au dessous de la ligne de surplombs noirs qui barre
la Face Nord dans toute sa longueur. - R4
C'est dans l'étape suivante que l'on va rencontrer les plus
grandes difficultés de cette voie:
Du relais partent deux fissures formant un " V " dont on
prend la branche droite terreuse et délitée. Après un
surplomb de rocher pourri il n'ya plus qu'une seule fissure
le long de laquelle on traverse un deuxième surplomb; on
arrive alors dans une niche peu profonde . - R5
Virer à droite et remonter un petit dièdre oblique que l'on
quitte bientôt par la droite pour grimper sur une
plateforme. On franchit un dernier ressaut et l'on arrive
sur le plateau sommital.
I ' -
Variante , rectification
Première par : G. Livanos,
Bimar le 22 Septembre 1940
Escalade " artificielle difficile "
- Encordement :20 m.
Cette variante due à Livanos-Bimar est une rectification de
la Voie Tanner, dont elle vise à rejoindre la partie
supérieure par un parcours rectiligne dans le bas de la face
et à en faire une voie directe, suivant la formule chère aux
amateurs de directissime. Le départ se situe à
l'aplomb du 4 me relais de la Voie Tanner: une fissure puis
un long dièdre y aboutissent.
L'escalade commence par une zône verticale, puis de moins en
moins inclinée; on traverse ensuite une dalle aux prises peu
sures et l'on arrive sur une dalle convexe.-Relais-
Virer un peu à gauche et s'engager dans un long dièdre
caractéristique. S'éleer d'abord par le fond, puis dans la
paroi gauche; après un nouveau crochet dans le fond du
dièdre on revient encore dans sa paroigauche et l'on atteint
difficilement un minuscule replat. Droit au dessus passer un
surplomb le long d'une mince fissure et se rétablir sur une
corniche étroite.On rejoint là la Voie Tanner par une vire à
gauche .
II /
Voie de la Face Nord de la Petite Lame
Première par : Ch.Magol ,
Daflon en Novembre 1939
Escalade " libre facile " - Encordement
2O m.
Quoique antérieure à la Voie Tanner, cette escalade n'est
pas connsidérée comme la " première " de la face Nord des
Lames, d'abord parceque son trajet est situé tout à
l'extrémité de la face et ensuite parceque son peu de
difficulté n'est pas dans le ton des autres parcours. En
réalité ces objections sont spécieuses, et la Voie
Magol-Daflon est bel et bien le premier itinéraire réussi
dans la face Nord des Lames.
Départ dans une fissure descendue du Pas de la Demi-lune,
pour rejoindre une corniche ascendante qui parcours en
écharpe la Petite Lame. - R1 .
Virer vers la droite par une marche de flanc et remonter la
corniche jusqu'à la base d'une cheminée très courte.- R2
Continuer sur la corniche en direction d'une grotte carrée,
à laquelle on accède en gravissant un mur d'aragonite grise.
- R3.
Sortir de la grotte par son coté Est; escalader des gradins
d'aragonite et monter droit dans une dalle raide jusqu'au
sommet .
Variante : Cette variante plus difficile consiste à
quitter le 2me relais en escaladant la cheminée et à monter
droit dans une fissure jusqu'à un replat; au dessus il faut
passer difficilement un ressaut d'aragonite sans prises pour
se rétablir sur une plateforme où l'on rejoint l'itinéraire
magol. ( Gisèle Albert 2 Octobre 1940 ).
Une autre variante évite le ressaut d'aragonite sous le 3 me
relais et par une descente délicate amène au bas de la
grotte carrée. ( Livanos, Septembre 1940) .
III /
Voie de la
Petite Brêche
Première par : Dr.Albert, Gisèle Albert, J.Bouisson
4 Octobre 1940
Escalade :"artificielle peu difficile " - Encordement
: 2O m.
La première étape en escalade artificielle, ensuite
une série de fissures en escalade libre.
A la verticale de la petite Brêche escalader une large
fissure qui aboutit à une corniche fuyante, puis oblique
vers la gauche dans une dalle qu'elle coupe en diagonale. A
partir de la corniche parfaitement lisse, oblige à la pose
de pitons et d'étriers pour acceder à une terrasse
spacieuse. Gravir ensuite une courtedalle fissurée jusqu'à
une niche.- Relais-
Quitter celui-çi par la droite en virant dans une dalle
raide, remonter une courte fissure jusqu'à un replat étroit
et terreux( genévrier ) puis atteindre une anfractuosité où
se trouve trois petites niches.Ramoner ensuite une petite
cheminée très lisse qui s'évase rapidement en entonnoir et
finir par une dalle sous la brêche .
Variante: Départ une dizaine de mètres à gauche de
l'itinéraire Albert: Escalader une dalle en obliquant vers
la droite, monter sur une corniche fuyante et délitée,
passer une plaque recouverte de débris et remonter un petit
dièdre qui finit sous la plateforme où l'on rejoint
l'itinéraire précédent. (Livanos, Rébuffat, Avril 1941 ;)
IV - La Cheminée
Oblique
Première par: Dr.Albert, Gisèle Albert
21 Mars l941
Escalade " Artificielle très difficile " -
Encordement : 3O mètres
La première étape est en escalade " artificielle facile, la
2ème en escalade " libre difficile " et la 3ème, très
longue: en escalade" artificielle très difficile" soutenue.
Située dans la partie
orientale de la grande Lame, elle s'élève au dessus de la
grotte tubulaire creusée dans la paroi à une quinzaine de
mètres du sol.Assez fortement oblique, elle est limitée à
droite par un éperon descendu du sommet et à gauche par une
grande dalle lisse; elle fait face à la corniche du Pas de
la Demi-lune. Dans la grotte tubulaire on croise
l'itinéraire Tanner qui bifurque immédiatement après vers la
droite dans la face. A l'aplomb de l'orifice inférieur
de celle-çi, passer des gradins faciles et remonter une
fissure mince qui coupe à la verticale une dalle bombée du
bas. Parvenu sur une corniche peu inclinée on gagne sans
difficultés le fond de la grotte.- R1.
Sortir par l'ouverture supérieure et attaquer un peu à
droite un ressaut vertical aux prises fragiles. Revenir à
gauche sur une vire fuyante, puis s'élever en opposition
entre deux saillants rocheux et grimper sur un petit replat
à droite, un rétablissement amène sur une plateforme
exigüe.- R2 .
La cheminée oblique s'élève au dessus de ce relais.Par
ramonage atteindre une marche de rochers cassés. Abandonner
le fond de la cheminée pour s'élever le long d'une fissure
qui monte en obliquant dans la muraille de gauche. Au niveau
d'une strate horizontale revenir à droite et monter droit
vers un surplomb de rocher fissuré qui barre la cheminée à
cet endroit; on le franchit sur des "étriers" et l'on entre
dans un petit dièdre où l'on retrouve la verticale. Escalader
de gros blocs fissurés et prendre pied dans une anfractuosité
à peine marquée. Utiliser alors l'opposition entre les
parois de la cheminée pour franchir le deuxième surplomb de
rochers brisés. Parvenu sous le troisième surplomb on quitte
la cheminée par la droite en se rétablissant sur un replat
de son arête ( aérien et exposé ).Gravir alors une courte
dalle puis une fissure terreuse qui échancre une corniche
spacieuse.- R3- (26 mètres depuis le R.2 ). Escalader
une courte fissure en surplomb pour déboucher sur le plateau
de la Grande lame à proximité du cairn du sommet .
V -
La Fissure Jaune
Première par: Dr.Albert ,
Gisèle Albert le 3O Août 1942
Escalade " artificielle très difficile "
- Encordement 25 m.
Cet itinéraire est entièrement en escalade artificielle et
ne présente pas un bien grand intérêt. Il fut tenté à
plusieurs reprises par divers grimpeurs et achevé finalement
dans le seul but de résoudre les difficultés techniques - si
l'on peut dire- qui avaient arrété, on ne sait d'ailleurs
pas pourquoi, les cordées précédentes. Cette réussite
illustre parfaitement l'aphorisme : " avec des pitons on
passe partout pourvu qu'il existe une fissure pour les poser
. "
L'escalade débute à quelques mètres à droite de la Voie
Tanner, et l'on grimpe dans une grosse fissure raide jusqu'à
un renfoncement - R1 .
Passer au dessus un surplomb prononcé puis s'arrêter sur un
mauvais replat très exigu où l'on rejoint la Voie Tanner
venue de la gauche . - R2
Escalader en s'y coinçant une courte fissure déversée; au
niveau d'une petite niche virer à droite et remonter une
fissure d'aragonite jaune verticale. On se rétablit dans une
niche triangulaire .- R3 .
La Voie Tanner file à droite mais on va poursuivre à la
verticale. On s'élève difficilement au sommet de la niche,
puis on grimpe dans un dièdre ouvert jusqu'à la corniche
fuyante sous les surplombs noirs. Installer à gauche un
relais inconfortable à coté d'un bloc saillant . - R4
On continue l'escalade par un premier passage en surplomb,
puis s'élever dans une grande dalle extrèmement raide où la
monotonie de la pose d'une série de pitons et étriers le
long de la fissure jaune est compensée par l'impression de
vide qui s'accroit peu à peu;on arrive enfin dans un
renfoncement et par une nouvelle fissure déversée on atteint
la corniche spacieuse tout à coté de l'émergence de la
Cheminée Oblique. - R5- On
termine par un petit dièdre sans difficulté .
VI
-
Voie de la Grande Brêche
Première par:
Dr.Albert, Gisèle Albert le 8
Octobre 1940
Escalade " artificielle
difficile " -
Encordement 25 mètres
La première étape en escalade artificielle peu difficile, la
2me en escalade libre avec des passages très difficiles, la
3ème en escalade artificielle très difficile.
De la Grande Brêche, entre la Grande Lame et la Lame Ouest descend une
fissure qui s'élargit d'abord en dièdre surplombant puis en
couloir oblique qui se referme à la base de la muraille.
Franchir les premiers mètres verticaux et lisses par
traction directe sur pitons. La fissure s'ouvre un peu en
petit dièdre et l'on escalade des blocs empilés qui forment
son arête gauche; on atteint alors l'extrémité de la
corniche broussailleuse venue de la Face Nord du Rocher des
Goudes; l'on poursuit dans la fissure devenue moins raide et
plus facile jusqu'à une niche à la base d'un grand couloir.-
R1 .
On y gravit une dalle concave très lisse et l'on contourne
par la gauche une zône verticale sans prises, puis l'on
reprend l'escalade sans difficultés, du couloir jusqu'à une
étroite corniche. On s'élève dans une courte dalle fissurée
coupée par un replat large de quelques cms. A ce niveau le
couloir s'est fortement retréci et ne forme plus qu'une
étroite cheminée, trop étroite pour y pénétrer. On a devant
soit une dalle lisse limitée à gauche par une énorme écaille
peu solide; franchir ce passage exposé en opposition entre
la cheminée et l'écaille et atteindre une corniche
confortable. - R2 .
Au dessus un dièdre de roche noire surplombe fortement
jusqu'à un toît en pan coupé; les prises y sont rares et
l'escalade rendue difficile par le devers de la muraille; à
l'aide de pitons peu sûrs on arrive au niveau d'un bloc en
stalactite pendu sous le toit; on le contourne par la gauche
en sortant du dièdre et l'on continue le long d'une fissure
oblique.
VII -
Voie dite de la Face Nord de la
Lame Ouest
Première par G. Livanos,
Bimar le 15 Août 194O
Escalade " Artificielle difficile" - Encordement: 25 m.
Les difficultés rencontrées sont soutenues et à peu près ininterrompues;
elles forment un ensemble très homogènes; les trois derniers relais sont
médiocres sur des replats exigüs.
Départ
quelques mètres à droite de l'itinéraire précédent sous un long toit
oblique. Grimper dans une dalle fisssurée, puis obliquer à gauche sous
un surplomb accentué ; derrière une grosse écaille plaquée à la paroi on
trouve une fissure qui coupe le toît oblique et que l'on remonte jusqu'à
la corniche broussailleuse. - R1
Continuer sur une vire fuyante, puis s'élever en opposition entre deux
saillants rocheux et grimper sur un petit replat à droite, un
rétablissement amène sur une plateforme exigue. -
R2
La cheminée oblique s'élève au dessus de ce relais. Par ramonage
atteindre une marche de rocher cassé.Abandonner le fond de la cheminée
pour s'élever le long d'une fissure qui monte en obliquant dans la
muraille gauche. Au niveau d'une strate horizontale, revenir à droite et
monter droit vers un surplomb de rocher fissuré qui barre la cheminée en
cet endroit; on le franchit sur des étriers et l'on entre dans un petit
dièdre où l'on retrouve la verticale. Escalader de gros blocs fissurés
et prendre pied dans une anfractuosité à peine marquée. Utiliser alors
l'opposition entre les parois de la cheminée pour franchir le deuxième
surplomb de rocher brisé. Parvenu sous un troisième surplomb, on quitte
la cheminée par la droite en se rétablissant sur un replat de son arête
(aérien et exposé). Gravir une courte dalle,puis une fissure terreuse
qui échancre une corniche spacieuse.-
R3 - (26 mètres depuis le R.2 ).
Escalader une courte fissure en surplomb pour déboucher sur le plateau
de la Grande Lame à proximité du cairn du sommet .
VIII - Voie des Baignoires ou de la
Fenêtre
Première par Dr. Albert, Gisèle Albert
le 9 Mars 1941
Escalade " artificielle très difficile " - Encordement 15
mètres
Plusieurs passages très difficiles contrastent avec le reste
de l'escalade de difficultés assez courantes.
Primitivement appellée voie
de la Fenêtre parce qu'elle arrive dans la fenêtre du haut de
la Lame Ouest, elle est plus connue sous le nom de voie des
Baignoires; au cours de la 2éme étape on traverse deux
conques creusées dans la paroi, qu'avec un peu d'imagination
on a comparé à des baignoires. Départ sur la droite du toit
oblique de l'itinéraire précédent. Remonter une fissure dont
les premiers mètres sont verticaux et dont la pente
s'atténue ensuite au niveau d'un chêne vert.-R1.
Attaquer alors une nouvelle fissure à demi-bouchée par
l'aragonite le long de laquelle on progresse sur des pitons
très espacés. Le parcours de sa partie supérieure, à
l'entrée de la premiere baignoire est délicat par suite de
la mauvaise qualité du rocher.- R2.
Sur la droite escalader une fissure oblique qui entaille des
roches noires et par une traversée à gauche sur une corniche
délitée on atteint la 2ème baignoire beaucoup plus petite
.Sur son bord remonter une courte fissure en surplomb très
accusé: il faut alors se rétablir péniblement sur
l'extrémité d'une minuscule plateforme en balcon (exposé) .-R3 .
Revenir un peu à droite par une traversée sur étriers pour
atteindre une fissure colmatée à son origine qui monte dans
une dalle en surplomb; la pose des premiers pitons y est
très pénible. Aux premiers mètres très difficiles succède
une zône plus commode, puis la fissure s'élargit et l'on
arrive sur un replat; exécuter alors une vire délicate vers
la droite pour rejoindre une corniche terreuse.- R4 .
Franchir un petit dièdre fissuré qui débouche sur une
plateforme; Au dessus passer un surplomb en remontant une
fissure terreuse qui finit sur une belle plateforme .-R5.
Escalader une cheminée barrée par un ressaut surplombant à
laquelle fait suite un dièdre extrèmement pourri et
fragmenté qui aboutit dans la fenêtre.- R6.
Terminer l'escalade par un pasage exposé dans des rochers
brisés en équilibre qui forment le toit de la fenêtre.

Ce ne sont pas les
Dolomites , mais le Rocher de St Michel d'Eau Douce sous la
neige pour la Noel de 1940 - Cliché
Dr. Albert
Cet énorme quadrilatère rocheux est campé entre les vallons
de la Mounine et de Miougranier; il cloture à l'Est le
Cirque de St.Michel d'Eau Douce.
Couronné par un vaste plateau herbeux ( Alt.321 m.) auquel
on accède très facilement, les mains dans les poches, par
son angle Nord-Est, il représenterait le type parfait de la
montagne à vaches de Samivel, si celles-çi figuraient dans
la faune de Marseilleveyre. Cependant à part le passage du
nord-est et la paroi Est depuis longtemps effondrée et en
voie de nivellement, le Roc de St.Michel est ceinturé par
des falaises de belle allure dont le développement total
atteint 800 mètres de longueur.
Elles furent le théatre de fort belles prouesses et sont
actuellement l'un des champs d'action les plus fréquentés
par les grimpeurs marseillais: en 1941 on y dénombrait 29
itinéraires d'escalade.
La Face Nord relativement peu élévée- 60 mètres en moyenne
est fort raide; elle est creusée à sa base par la Grotte de
St.Michel d'Eau Douce, au porche curieusement rectangulaire.
Sans nous attarder à des considérations de toponymie superflue
içi, indiquons qu'au tout au fond de cette grotte, dans une
salle où l'on accède par une courte descente facile dans un
boyau visqueux, on trouve de l'eau en toute saison, ainsi
d'ailleurs que dans la Grotte de l'Ermite, sa voisine de la
Face Ouest. Point n'est besoin de chercher ailleurs le
patronyme " St.Michel d'Eau Douce "
La première exploration de la Face Nord se fit à rebrousse
poil si l'on peut dire, par une descente en trois rappels
devenue classique. Quant à la première escalade, elle fut
réussie par Meunier,qui tentant l'assaut de l'arête
V. Martin, alors inviolée, dérailla dans la Face Nord et
arriva au sommet de celle-çi non loin de la verticale de la
grotte .
Entre les faces Nord et Ouest, un saillant très aigu dans sa
moitié inférieure: c'est l'arête V.Martin. Cet éperon
résista longtemps aux tentatives des grimpeurs et ne fut
vaincu qu'en 1937 par Ramond.
Au-delà, la muraille s'infléchit vers le Sud et acquiert
dans la face Ouest son plus bel aspect de grande paroi:
longue de 280 m. et haute de 75 à 80 m. elle domine
majestueusement le Vallon de Miougranier et fait face au
hameau des Goudes.
Immédiatement à droite de l'arête V. Martin s'ouvre la Grotte
de l'Ermite,- appellation donnée en souvenir du moine qui y
construisit au XVIme siècle un ermitage dont il ne reste
plus aujourd'hui que des fragments de maçonnerie - elle est
couverte par une formidable voûte en plein cintre; tout au
fond dans un réduit se trouve une source perenne.
Trois contrefort épaulent la Face Ouest, à distance égale
des autres: le contrefort central, parcouru par la Voie du
Pin est encadré au Nord par celui de la Lézarde, le plus
important, et au Sud par celui de la Voie Directe. Entre eux
deux zones redoutables de muraille le plus souvent
surplombantes : La Paroi Jaune et le mur de la Voie de l'Os.
La " première de la Face Ouest fut faite en 1928 par
Nevière; tout seul le long de la Lézarde; cet exploit fut
jugé tellement extraordinaire à l'époque qu'il rencontra une
incrédulité générale, d'autant plus qu'il fallu attendre
plusieurs années avant qu'il soit renouvellé par une cordée
conduite par Frendo; à notre connaissance cette escalade n'a
plus été refaite en solo .
On trouve dans cette face tous les types difficiles de
l'escalade libre et artificielle, mais pas d'itinéraires
faciles.
Au niveau du Pas de la Demi-Lune, la falaise fait un nouveau
coude vers l'Est formant encore un saillant aigu: l'Arête de
la Cordée; à cet endroit le chaînon du Rocher des Goudes et
des Lames se rattache au Roc de St.Michel par une étroite
arête horizontale. Conquise en 1928 par le groupe de
grimpeurs " La Cordée " elle fut la première escalade réussie
dans les murailles de St.Michel, précédant de 15 jours
l'ascension solitaire de Nevière à la Lézarde.
Dans l'ensemble facile - sauf au pas du becquet, plus
impressionnant que difficile, -l'Arête de la Cordée est
certainement l'itinéraire le plus fréquenté de St.Michel; il
est aussi celui d'où l'on jouit du plus beau panorama .
La Face Sud d'abord très élevée et verticale ( 80 m.)
s'abaisse graduellement vers le Vallon de la Mounine et
prend à son approche un caractère plus débonnaire; elle est
sillonnée par de grandes corniches en son milieu et sa
hauteur n'atteint plus que 4O mètres à l'arête de la Barre
de Fer qui la termine à l'Est. La proximité de la mer et
l'action conjugué du soleil et des vents humides du sud-est
y activent la décomposition du rocher; la végétation
s'accumule sur les nombreuses corniches et plateformes
sculptées par l'érosion et par çi par là ,les pins se
développent vigoureusement.
La première escalade de cette face est due à Leguen qui
parcouru en 1931 la Voie des Deux Anes, on y trouve des
itinéraires d'escalade généralement peu difficiles sauf dans
le secteur voisin de l'Arête de la Cordée où règne
l'escalade artificielle .
Escalades de la Face Nord
du Rocher de St Michel

La Face Nord du Roc de St Michel - La Grotte de
St Michel d'Eau Douce - Cliche Dr. Albert
|
I - Voie Meunier
II - L' X de Meunier |
III - Le Dièdre noir IV - Remontée des Trois rappels V - Descente des Trois Rappels |
I - Voie Meunier
Première par: J.Meunier, J.Bouisson, Guenin - en 1935-
Escalade "libre difficile " - Encordement 20 m.
En général très facile on y
trouve néanmoins deux passages fort difficiles au début de
la 2ème étape surtout, puis dans la 4 ème. Ce fut la
première escalade de la Face Nord de St.Michel.Cette voie
était improprement appellée " Arête V. Martin " avant que fut
réussi l'itinéraire Ramond sur cette arête .En réalité si
son origine en est voisin, elle ne l'effleure qu'au premier
relais, puis elle parcours en écharpe la Face Nord et sa
sortie se situe presqu'au dessus du porche de la grotte
St.Michel.
L'escalade débute à gauche du taillant de l'arête par une
cheminée étroite et raide au commencement puis s'évasant à sa
sortie sur la corniche où se trouve le bloc adossé à la
dalle V. Martin. - R1 .
Quelques mètres plus à gauche s'élève un dièdre vertical que
l'on gravit en opposition sur des prises infimes et dont on
sort par son bord gauche ( passsage très difficile sans
Piton),-c'est le clou de la Voie Meunier- puis on escalade
une dalle assez lisse en obliquant à gauche en direction
d'un chêne vert . - R2
On parcours ensuite une corniche ascendante facile qui
aboutit à une nouvelle corniche inclinée. - R3 -
Escalader à son extrémité Est une nouvelle dalle fissurée
lisse, puis une cheminée terreuse délitée on arrive sur une
corniche "en trottoir" - R4
Toujours en direction Est une fissure glissante barrée
par un bloc coincé termine l'escalade .
II - L' X de Meunier
Première par Dr.Albert, Gisèle Albert, Paul Albert le 20
Novembre 1941
Escalade " artificielle difficile " - Encordement 20 m.
A la première étape où se
trouve un passage d'escalade libre très difficile succède
une étape en escalade artificielle difficile; la 3ème étape
est en escalade libre facile , la 4ème en artificielle
courante; dans la dernière un passage artificiel court mais
très difficile.
Son appellation assez tirée par les cheveux, vient de ce que
cet itinéraire forme un "X" avec la voie Meunier
qu'elle coupe en son milieu. A mi-chemin entre l'Arête
V.Martin et la grotte de S.Michel, on remarque dans la
muraille une grande dalle carrée de couleur sombre: le
tableau noir . Immédiatement au dessous et un peu sur la
droite on remonte une grosse fissure courbe formée par un
bloc détaché, puis l'on s'engage dans une autre fissure
verticale où l'on progresse par verrouillement de la main
gauche; on en sort difficilement vers la droite pour
escalader une dalle où l'on trouve de bonnes prises. Relais
sur une plateforme.- R1 -
Escalader un petit dièdre qui surplombe sur le relais et
sortir par la droite; on grimpe alors dans une dalle sur des
pitons très espacés et l'on monte une nouvelle fissure
d'abord surplombante puis moins raide lorsqu'elle s'incurve
vers la gauche. Gravir ensuite par coincement une courte
cheminée très lisse et terminer l'étape par une fissure
facilement passable à la "dulfer" . - R2.
Grimper alors dans une dalle fissurée après laquelle on
coupe la voie Meunier dans une petite cheminée peu inclinée;
continuant tout droit on escalade un ressaut au dessus
duquel on arrive dans un recoin herbeux. R3
Continuer l'escalade sur pitons le long d'une fissure
bouchée par des coulées de calcaire noir; arrivé au niveau
d'une grosse écaille sur la gauche, traverser par une grande
emjambée puis escalader une très courte fissure vers une
corniche en"trottoir".- R4 .
Revenir à droite et après un pas délicat monter sur un gros
bloc à demi détaché; passer sur des pitons peu surs une
courte fissure oblique fortement surplombante ( difficile et
exposé ) puis ramoner la cheminée qui lui fait suite jusqu'au
sommet .
III - Le Dièdre noir
Première par: Dr.Albert, G.Livanos (leader à tour de rôle)
le 24 Août 1941
Escalade :"artificielle extrèmement difficile "-
Encordement: 25 m.- triple encordement à 15 metres
d'intervalle pour la 4ème étape.
Les 3 premières étapes en escalade "
artificielle très difficile" ;la 4ème étape en escalade
"artificielle extrèmement difficile et exposée" ; dans la
dernière étape les passages artificiels alternent avec
l'escalade libre de difficultés courantes.
A mi chemin entre l'arête V. Martin et la grotte se trouve un
très long dièdre noir coupant en oblique la partie moyenne
de la paroi; il prend naissance au dessus du "tableau noir"
et se termine sous un toît impressionnant, sur toute sa
longueur il surplombe sans discontinuité..
On commence l'escalade sous le tableau noir par une fissure
en "Y" dont on suit la branche gauche jusqu'à une faille
horizontale; par une courte traversée à gauche on atteint
une 2me.fissure un peu surplombante; on la suit alors dans
la dalle noire jusqu'au toît qui la surmonte. Virer vers la
gauche se retablir sur un replat de quelques centimètres
carrés.- R1 -
On pénètre dans le dièdre noir par une fissure-cheminée;il
faut poursuivre vers la gauche sur des pitons posés dans le
fond du dièdre dont les deux faces surplombes.On dépasse un
coude où la fissure se rapproche de la verticale (très
difficile) et l'on grimpe sur une écaille peu solide.-R2
-
Continuer l'escalade dans la paroi gauche où l'on trouve de
rares prises , puis l'on reprend l'ascencion au fond du
dièdre devenu plus profond et plus facile. A quelques mètres
sous le toit on atteint à gauche un renfoncement incliné où
il est préférable d'installer un relais pour faciliter le
coulissage des cordes dans l'étape suivante. - R3.
Il faut d'ailleurs utiliser le triple encordement à 15m.
d'intervalle pour pouvoir continuer sans trop
d'encombres.Passer le premier ressaut et parvenu sous le
toit sortir vers l'extérieur en opposition sur un piton posé
dans le fond.Il faut alors atteindre le bord droit du dièdre
en une enjambée impressionnante et très aérienne et le
remonter un peu pour effectuer vers la droite une traversée
extrèmement difficile et exposée sur des blocs branlants;
puis on escalade une courte dalle en direction d'un
genévrier sur une corniche .- R4
Si l'on n'a pas fait le 3ème relais dans le haut
du dièdre, les cordes coulisses très mal dans la traversée
et rende son passage dangeureux.
Les grosses difficultés sont terminées à ce relais.Revenant
à gauche par une traversée horizontale; on escalade une
belle dalle à petites prises, peu inclinée et très
sure.Lorsqu'elle se redresse on aperçoit à droite une
corniche ascendante très étroite formée par une diaclase
oblique; on la remonte pour terminer l'escalade dans un petit
couloir terreux.
IV - Remontée des Trois rappels
Première par: Dr.Albert, Gisèle Albert, G.Livanos le 5
Novembre 1940
Escalade " artificielle difficile " - Encordement 215 m.-
Dans la première étape:
alternance de passages artificiels et d'escalade libre; la
2èmè étape en escalade artificielle avec un passage
difficile vers le haut; dans la 3ème étape une belle fissure
à la "dulfer"; puis une dernière étape en escalade libre
facile ..
On suit à peu près la ligne de descente des Trois Rappels en
empruntant une série de fissures à leur gauche (Est)
Départ à une dizaine de mètres à l'Est de la Grotte dans une
fissure colmatée par l'aragonite noire, où l'eau suinte en
toute saison après la pluie. La première partie se monte "à
la Dulfer" puis la fissure s'évase au niveau d'une corniche
exigue.Au dessus elle se redresse et se divise en deux
branches entre lesquelles se circonscrit un dièdre vertical
que l'on passe en opposition; on rencontre alors une 2èmè
corniche, puis après une fissure facile une 3ème corniche. A
droite un anneau scellé du 3me rappel. - R1 .
Continuer l'escalade dans une fissure d'abord facile, puis
verticale et terreuse .Après quelques mètres elle s'incline
légèrement vers la gauche, puis se perd dans un bombement
délité. A ce niveau virer à gauche par un pas difficile vers
un replat convexe peu incliné, puis monter droit dans une
dalle raide teintée en noir par les eaux (difficile) après
laquelle on arrive sur une 4ème corniche. - R2 .
Aller à droite vers un groupe de 3 fissures en
éventail. Escalader celle de gauche en opposition " à la
Dulfer" ,on débouche sur une plateforme assez vaste: à
droite anneau scéllé du 2me rappel. - R3.
Au dessus on gravit des dalles faciles en suivant un éperon
de rocher pourri.
V - Descente des Trois Rappels
Première par une cordée conduite par P.Bernard vers 193O
Hauteur totale : 55 mètres - Une corde de 5O metres
Un court tracé noir descend des barres
inférieures du plateau de st.Michel et conduit au premier
rappel en haut de la face Nord. Très court- 12 mètres- il
est aussi très facile le long d'une pente modérée.
Sur une plateforme spacieuse on trouve l'anneau scéllé du
2éme rappel plus long et vertical:2Om.
On arrive sur une corniche que l'on suit vers l'ouest
pendant 5 à 6 mètres pour atteindre l'anneau du 3me rappel
lui aussi scellé dans la roche.Après un départ dans une
dalle verticale, on fait quelques mètres en fil d'araignée,
puis on atterit non loin de la grottr après 25 mètres de
descente.
Arête Victor
Martin ( N° II sur la photo de la Face Ouest )
Première par: Ramond, Roubaud le 2 Octobre 1937
Escalade " libre très difficile " - Encordement 2O M.
lère et 2ème étape faciles;
3ème et 4ème étapes: très difficile; 5ème étape difficile;
6ème étape très difficile. - les relais sont tous excellents
.
Elle limite au nord la Face Ouest du Roc St.Michel . Très
mince dans le bas, elle se perd dans le haut de la paroi où
elle se termine par des dalles bombées.
Le premier essai de cette arête, le 9 Juillet 19O5, se
termine tragiquement par la mort de V. Martin, qui décrocha
probablement dans la dalle de la 3ème étape; une grosse
broche en fer coincée dans une fissure reste le seul
témoignage de sa tentative car il était "en solo" ; elle fut
posée en effet quelque temps après par ses camarades du
Climber's Club: Guéry, Hermitte et Gras qui tentaient de
venger son échec tragique, mais ne purent aller plus loin,
malgré qu'ils aient pris la précaution, les premiers de se
faire lancer d'en haut une corde qui se trouva trop courte.
En 1928 le groupe "La Cordée" procéda à un troisième essai
qui aboutit encore à un échec, en contournant par la gauche
la dalle V. Martin jugée impraticable; ces grimpeurs firent
un crochet dans la Face Nord- repris plus tard par Meunier.-
et revinrent sur l'arête au pied de la grande dalle lisse
gravie par Rebuffat en1941, mais ils ne soupçonnèrent pas
l'existence du difficile passage qui contourne l'arête par
la droite au dessus de la grotte de l'Ermite, ou peut-être
l'ayant découvert, le jugèrent-ils trop hazardeux? Ils se
firent hisser par un cable lancé d'en haut et leur leader
arriva en haut tiré par les camarades. ( Ces renseignements
sont extraits d'une confèrence que P. Nevière fit à la Sté.
des Excursionnistes Marseillais en 1929 ) Bien entendu une
ascension faite dans ces conditions ne peut pas être
considérée comme la vraie première de l'Arête V.Martin
Face Ouest du Roc de St Michel
Vue du sommet du Rocher des
Goudes - Cliché Dr. Albert

|
I - La Lézarde |
VII
- La Voie du Pin |
I / La
Lézarde
Première par: P. Nevière " en solo" le 8 Mars 1928
Escalade " libre difficile" - Encordement 2O Mètres
Iere étape très facile; 2ème étape difficile; 3ème étape plus facile
mais moins sûre; 4ème étape difficile; 5ème étape peu difficile.
Nota : Première féminine par Gisèle Albert le 24 Juin 1939
A quelque
distance au sud de la grotte de l'Ermite, un premier contrefort rocheux
semble étayerl la muraille jusqu'à mi-hauteur; la grande Lézarde zèbre
la paroi au dessus de cet éperon. Cette escalade fut la première de la
Face Ouest de St.Michel.
Presque sur le taillant de l'éperon et dans son flanc sud, gravir une
cheminée facile.Quelques gradins et une cheminée oblique; relais sur une
corniche herbeuse.- R1
A l'extrémité sud de cette corniche on est au pied de la Lézarde. Dès le
début une étroite fissure oblique s'élevant de droite à gauche dans une
dalle verticale: son parcours quoique sûr est rendu difficile par
l'espacement et la petitesse des prises; on débouche sur un relais
terreux. - R2
Au dessus la fissure s'élargit et devient une cheminée assez raide: les
bonnes prises y sont rares et la solidité du rocher douteuse vers le
haut; on atteint un deuxième replat terreux.( Dans une
anfractuosité,boite en fer du carnet).
- R3
La lézarde prend alors l'aspect d'un dièdre encombré de terre et
d'arbustes, puiis lisse et vertical. En sortir par son arête gauche et
suivre une fissure oblique dont la pente s'atténue rapidement et devient
plus facile; traverser une dalle et arriver sur une belle corniche.-R4
Pour ceux que le ramonage des dièdres lisses embarrasse, il est
préférable de quitter le 3ème relais par la gauche et grimper droit dans
la dalle. Gravir ensuite une courte cheminée fortement surplombante et
se rétablir à l'aide d'un genévrier mort sur un éboulis. Cette dernière
étape peut aussi se faire en gravissant le petit dièdre sur la gauche.
La Lézarde est encadrée de chaque coté par deux itinéraires d'escalade
artificielle. L'Hyper Lézarde et la Super Lézarde, qui n'ont de commun
avec la voie de Nevière que la proximité de leur voisinage; leurs
appellations emphatiques paraissent donc dues à un excès d'imagination
de leurs auteurs .
III /
L'Hyper Lézarde
Première par:G. Livanos, H.Joubard, M.Forestier, A.Coudray le" 7
Septembre 1941
Escalade " artificielle difficile" - Encordement 25 mètres
Les trois
premières étapes en escalade artificielle difficile soutenue, les deux
dernières en escalade libre coupées de quelques passages artificiels .
Ce n'est pas une rectification de la Lézarde, ni une variante. Parti sur
le coté gauche du contrefort cet itinéraire converge vers la voie
Nevière, le croise dans le dièdre au dessus du 3ème relais et finit plus
au sud dans une combe rocheuse qui échancre largement le dernier étage
de la Face Ouest. Le préfixe
" Hyper" lui a sans doute été attribué pour mettre en vleur ses
difficultés plus grandes que celles de la Lézarde.
Départ dans l'angle sud de la terrasse inférieure de la Grotte de
l'Ermite, au voisinage du pointillé jaune.. On monte sur un petit gradin
facile, puis on escalade une courte fissure dont on sort à gauche sur un
replat incliné. Au dessus on s'élève le long d'une mince rainure qui se
creuse plus haut derrière un feuillet et mène à une plateforme. -
R1
Monter dans une fissure au dessus du relais et après 4 ou 5m. prendre
pied sur un replat pourri en faisant une courte traversée sur la droite.
Gravir alors un système de fissures très raides , puis surplombantes; on
se dresse ensuite sur une vire et l'on se rétablit à droite sur la
corniche herbeuuse de la Lézarde.
- R2 .
Quelques mètres à droite s'élever dans une dalle fissurée très raide, on
parvient à un recoin embroussaillé suivi d'un petit surplomb que l'on
passe sur la droite.Au dessus on s'engage dans une fissure terreuse qui
s'élargit et mène à une zône très pourrie. Un dernier surplomb de blocs
brisés se contourne par la droite et l'on arrive au 3ème relais de la
Voie Nevière.- R3
On gravit le dièdre lisse de cet itinéraire et à mi-hauteur on
l'abandonne par un pas à droite pour entrer dans un dièdre divergeant.
Au bout de 5 mètres on passe un ressaut, puis une zône facile mais
délitée conduit à une vaste corniche " en trottoir" .-
R4.
Franchir au dessus un petit mur surplombant et arriver par un couloir
peu incliné sur le plateau.
IV / La
Super Lézarde
Première par: Dr.Albert, Gisèle Albert le l8 Novembre 194O
Escalade : "Artificielle difficile " - Encordement 2O m.
La 1ère et
3ème étape:en escalade artificielle très difficile et soutenue; la 4 ème
en escalade libre courante; dans les 2èmè et 5 ème alternance des deux
types d'escalade.
A quelques mètres à droite du contrfort de la Lézarse, une cheminée
fissure rectiligne et surplombante borde la Paroi Jaune. A mi-hauteur de
la muraille elle s'incurve vers la droite et une arête arrondie lui fait
suite jusqu'au sommet. C'est une autre Lézarde plus rectiligne et plus
difficile.
Au départ sur une large corniche, deux fissures parallèles très raides.
Prendre celle de gauche et l'escalader pendant 1O mètres en traction
directe; par la suite on trouve quelques prises sur la droite et l'on
parvient sur la plateforme. - R1
La fissure s'est élargit en couloir. Traverser vers la gauche une petite
arête secondaire et monter dans le dièdre qu'elle délimite. Le couloir
se resserre et devient vertical, le rocher y est moins bon.On parvient
sous un surplomb que l'on passe par la droite sur des pitons peu solides
et l'on arrive dans une niche triangulaire où se trouve les restes d'un
énorme nid de rapaces. - R2
Sortir par le plafond et s'engager dans une cheminée d'aragonite peu
profonde et déversée. La pente est franchement négative jusqu'à un bloc
coincé et colmaté qui barre le passage; le contourner par la droite et
se rétablir sur son sommet. On poursuit l'escalade dans une zône un peu
moins surplombante et l'on arrive à hauteur d'un figuier qui a poussé
paradoxalement à l'envers sous un toît. En ce point - la fissure
rectiligne que l'on suivait depuis le bas se perd dans la Paroi Jaune .
On l'abandonne pour suivre à gauche une vire ascendante très raide et
même surplombante. On retrouve bientôt la verticale dans une petite
cheminée qui débouche dans le bas de la combe rocheuse; on passe des
blocs faciles et l'on atteint une plateforme. -
R3 .
Laisser à gauche la fissure facile qui monte au dessus du relais et
prendre une autre fissure vers la droite qui s'élève dans l'axe de la
cheminée du départ. Après avoir surmonté un court passage de dalle
raide, on poursuit l'escalade sans difficultés jusqu'à une belle
corniche qui délimite le haut de la combe. -
R4
Tois mètres à droite une large fissure coupée au milieu par une écaille
et aux trois-quarts par un genévrier, on évite la première partie en
grimpant dans la dalle qui surplombe légèrement le relais; le rocher y
est excellent; on vire au niveau de l'écaille pour rejoindre la fissure
que l'on suit jusqu'au sommet
V / Voie de la Paroi Jaune
Première par: G. Livanos , R. Tanner ( leader
à tour de rôle) le 23 Mai 1941
Escalade " artificielle extrèmement difficile" - Encordement :3O
mètres .
Il faut prévoir le triple encordement de
même intervalle pour la troisème étape. Tous les relais doivent être
faits sur " étriers " ou escarpolettes .C'est le type parfait de
l'escalade artificielle au cours de laquelle on ne rencontre aucun
passage de libre. Les difficultés y sont considérables et surtout très
soutenues.La Paroi Jaune est une immense dalle de 75 mètres de hauteur
sur 5O de largeur, dominée à son sommet par des surplombs menaçants; de
couleur ocre, elle est striée par des coulées noires en son milieu. Vue
d'en bas, elle surplombe régulièrement et continuellement, si bien
qu'une ligne verticale abaissée du sommet passe à plus de 5 mètres en
dehors de la base de la muraille.
Il faut l'éclairage à jour frisant du soleil de midi pour discerner un
peu de relief dans la partie supérieure, le reste est désespérement
lisse et plat .
Tenter de forcer une pareille muraille paraissait une gageure, car
malgré que la technique de l'escalade artificielle ait atteint en 1941
un haut degré de perfection, il était aisé de prévoir la somme de
difficultés qu'il faudrait y surmonter. Aussi n'est ce qu'après
plusieurs tentatives de longue durée que Livanos et Tanner parvinrent au
terme de ce magnifique itinéraire.
Le nombre de pitons qu'ils y employèrent - plus de 80 - témoigne
éloquemment de la valeur de leur exploit; il semble d'ailleurs qu'il ne
soit que très difficilrmrnt réalisable dans une seule séance et
seulement par des moyens exceptionnels: un groupe de deux cordées
opérant en tandem, l'une posant les pitons, l'autre les enlevant. Et
encore faut-il envisager dans ces conditionnns au moins 12 à 15 heures
d'escalade.
Après cette réussite, la Voie de la Paroi Jaune fut considérée comme
l'apothéose de l'escalade artificielle, d'autant plus que l'apreté de
l'ascension est corsée par l'impression de grand vide que le grimpeur
éprouve tout au long du parcour; il est rare en effet d'avoir du rocher
sous les pieds et sans relache il faut passer d'un étrier à l'autre en
plein ciel. Aujourd'hui encore en 1943, si l'on a réussi à vaincre dans
d'autres parcours des obstacles plus aigus, il n'en est pas moins vrai
que l'on na pas encore fait dans dans les Calanques d'autres voies aussi
soutenues
La caractéristique essentielle de la Paroi Jaune, nous l'avons déjà dit,
est la progression continuelle sur pitons. Ils sont généralement
difficile à poser mais plus particulièrement dans le milieu de la 2ème
étape qui est le gros morceau du parcours; la 3ème étape, au niveau du
cône,est également semée de passages scabreux.
La ligne d'escalade s'éleve dans la moitié droite ( Sud) de la Paroi.
Après avoir franchi le ressaut facile du bas et dépassé une banquette
herbeuse, on grimpe sans difficultés vers une courte cheminée déverséee
où l'on trouve de suite les premiers ennuis de "pitonnage" dans les
feuillets d'aragonite du fond. On atteint bientot un étroit replat sur
la gauche .- R1 .
On peut également arriver là, beaucoup plus facilement et en escalade
libre en grimpant plus à droite dqns une fissure raide et en faisant une
jolie vire le long d'une strate horizontale.
Sur la gauche du relais, on s'élève le long d'une étroite et courte
fissure et l'on monte sur un petit amas de roches brisées. La pente
devient négative et il faut poursuivre l'ascension dans une dalle
absolument lisse en progressant sur les pitons touus très espacés, posés
au hazard des rares défauts du rocher.On parcourt bientôt une zône où
l'escalade est particulièrement exposée car on doit employer des
jumelages de clous mal coincés dans des trous borgnes; puis on atteint
enfin une fissure terreuse où la sécurité devient meilleure, mais elle
se ferme un peu plus haut;et l'on continue sur la gauche le long d'une
nouvelle fissure parallèle formée par une grosse écaille presque
entierement détachée. Deux pitons y sont posés avec le minimum de
brutalité car on risque de faire écrouler ce bloc d'un tonnage
impressionant, continuant tout droit on gravit alors un petit dièdre
assez facile et l'on s'arrête à son sommet sur des étriers.-R2
Lors de la première, livanos et Tanner cherchant à rejoindre au plus tôt
unecheminée encaissée qui s'ouvre à quelques mètres sue la gauche de la
grosse écaille, exécutèrent sur celle-çi une délicate traversée et
allèrent se loger sur un minuscule replat marqué par quelques
broussailles où ils firent leur 2ème relais. Mais cela les obligeat à
faire peu après un 3ème relais sous le cône et à perdre un temps
précieux en manoeuvres diverses, de plie d'un relais et le gain de 2 à 3
heures sur l'horaire- . Quitter le 2 ème relais en traversant à
l'horizontale et sur la gauche une dalle bombée pour atteindre une
cheminée encaissée que l'on remonte jusqu'à hauteur d'une écaille encore
sur la gauche. Une courte vire sur de bonnes priss et l'on grimpe sur
son sommet. C'est là que Livanos et Tanner durent faire leur 3ème relais
dont nous avons parlé plus haut.Monter droit dans une dalle verticale et
attaquer le bombement où la pente négative s'accentue; c'est une zône de
rocher blanc, encadré de part et d'autre par des dalles noires qui a la
forme d'un cône inversé. La progression s'y trouve à nouveau genée par
des difficultés de pitonnage. Enfin on arrive dansune petite cheminée
d'aragonite rouge et peu après on atteint une strate horizontale. Virer
alors à gauche vers une série de marches sur lesquelles on fait le 3ème
relais.- R3
Il ne reste plus qu'à passer l'encorbellement du sommet . Revenir à
droite et reprendre la cheminée rouge qui se creuse mais en même temps
déverse fortement. Après quelques mètres assez aisés malgré que l'on
soit de plus en plus déporté dans l'espace, on franchit un dernier
surplomb très prononcé d'où l'on peut admirer en son entier, devant soi
et en dessous! toute la formidable muraille que l'on vient de gravir. Il
ne reste plus que l'escalade banale d'une petite cheminée verticale pour
déboucher sur le plateau de St.Michel .
VI / La Faucille
Première par: Dr.Albert, Gisèle Albert le 4 Décembre 1941 (leader à tour
de rôle )
Escalade " artificielle très difficile " - Encordement : 25 mètres
Première étape le plus souvent en
escalade libre avec deux courts passages artificiels; 2ème étape en
escalade "artificielle assez difficile; 3ème étape en escalade libre;
4ème étape très difficile en "escalade artificielle " ainsi que la 5me
plus facile; 6 èmè étape courte et peu difficile .
La Voie de la Faucille limite au Sud la Paroi jaune, qu'elle sépare du
contrefort central de la face Ouest; après un trajet à peu-près vertical
jusqu'à moitié de sa hauteur, elle s'infléchit d'abord vers la gauche,
puis s'incurve franchement vers la droite; tout en haut elle devient
horizontale le long de la dernière strate de la paroi et se termine dans
un dièdre fissuré; ce parcours sinueux rappelle, avec un peu de bonne
volonté, la silhouette d'une faucille.
Après avoir passé la murette du bas puis la banquette herbeuse, on
attaque dans le flanc nord du contrefort une courte dalle lisse de pente
modérée, puis à l'aide d'une courte échelle ou à défaut d'un étrier on
arrive sous le bord gauche d'une plaque accolée, que l'on gravit très
difficilement à "la Dulfer " (exposé); on continue en obliquant sur la
gauche vers un petit replat. Passer un court dièdre vertical qui
échancre une étroite corniche couverte de terre et de broussailles.
Virer à gauche et remonter une petite fissure oblique dans laquelle il
faut se hausser le plus possible pour atteindre sur la droite une prise
très haute dans une dalle bombée ; poser un piton à bout de bras et un
étrier qui permettra l'accès à un replat sur une vire de rocher
médiocre.- R1 -
Revenant une nouvelle fois à gauche par une traversée délicate on grimpe
le long d'une fissure très mince qui s'infléchit peu après vers la
droite; monter avec précaution sur un bloc détaché,puis continuer dans
la fissure devenue verticale et plus facile. Sous un toit à pan coupé,
virer vers la gauche par une grande enjambée et atteindre une niche
creusée sous un surplomb, où le leader s'encastre pour faire le 2me
relais. - R2 -
Pour éviter des manoeuvres de corde compliquées dans un espace aussi
restreint, le second prend alors la direction des opérations, double le
leader,et remonte une fissure surplombante difficile, après laquelle il
arrive sur une corniche fortement ascendante; un peu plus haut il
dépasse un genévrier et installe un relais médiocre à la base d'une
petite cheminée. -R3 -
On escalade d'abord par opposition facilement,puis vers le haut il faut
se méfier des prises fragiles avant de se rétablir sur une étroite
banquette. Au dessus la muraille se creuse dans un surplomb formidable,
mais sur la droite une fissure courbe et déversée l'évite en partie. les
premiers sont relativement faciles puis il faut passer une zône
heureusement courte où la solidité des pitons devient problématique;
vers le milieu de la fissure l'escalade reprend normalement jusqu'à une
nouvelle zône très difficile, trois mètres environ avant une niche que
l'on aperçoit sur la droite;la fissure déverse de plus en plus puis
s'interrompt totalement: il faut s'éléver le plus possible pour poser un
piton dans un trou que l'on devine derrière une prise; il ne rete plus
qu'à faire une courte vire sur la droite pour pénétrer dans une niche en
ogive.- R4 .-
( étape difficile et exposée )
Continuer pour une traversée horizontale délicate le long de la strate
supérieure de la Face Ouest, après laquelle on monte sur une bonne
corniche.- R5.
Terminer en escaladant une dalle bombée dans un renfoncement,puis une
très courte fissure.
VII / La Voie du Pin
Première par: R.Tanner, Suzon Dijon, G.Rebuffat, Ch.Magol , le 3
Mars 194O
Escalade " artificielle difficile " - Encordement 2O mètres -
On trouve dans cet itinéraire une
heureuse variété des sortes d'escalade peu courantes: plusieurs
traversées de dalles aériennes, des vires descendantes, un passage de
cheminée surplombante, etc...
L' escalade libre est représentée par la première étape très facile, la
2ème étape difficile,des fragments peu difficiles des 3èmè et 4ème
étapes, la 5ème très difficile et la 6ème étape difficile et très
aérienne.
L'escalade artificielle par : une traversée de dalle dans la 3ème étape,
un passage de surplomb dans la 4ème et la 7ème difficile. Les relais
sont généralement inconfortables.
Diverses tentatives de reconnaissance pendant l'hiver 1939-194O
aboutirent le 3 Mars 194O à la découverte de l'itinéraire. La Face Ouest
en son centre semble appuyée sur un soubassement de rocher arrondi.
Entre la Paroi Jaune à gauche et le mur de la Voie de l'Os à droite une
zône de bombement et de surplomb forme le contrefort central. Un gros
pin poussé dans un renfoncement d'ocre jaune, à une trentaine de mètres
du sol, a donné son nom à la voie d'escalade qui passe à son voisinage.
Du pointillé jaune du Pas de la Demi-Lune qui passe sur le soubassement
monter en direction d'une arête secondaire dont l'escalade facile amène
sur une corniche.- R1-
On la suit vers le sud jusqu'à un genevrier; attaquer alors une fissure
délicate en direction du pin et l'abandonner pour se rétablir vers la
droite sur une étroite corniche.- R2.
Monter dans un dièdre qui la cloture au sud et traverser toujours sur la
droite une dalle lisse au moyen d'un étrier posé sur son sommet; on
remonte alors une grosse fissure puis des dalles jusqu'à un pin malingre
- R3
Escalader une fissure légèrement oblique qui parcourt en direction
verticale une grande dalle triangulaire et atteindre une niche qui en
occupe le sommet après avoir freanchi un surplomb difficile.- R4 .
S'élever dans une cheminée surplombante qui domine le relais en
utilisant l'opposition, puis on la quitte en traversant à gauche sur une
vire extrèmement étroite et redescendant légèrement on arrive sur
une corniche exigue bordée de deux genèvriers.- R5 .
Traverser à l'horizontale vers la gauche sur une belle dalle sur des
prises en bénitier( extraordinairement aérien mais sûr ) puis
redescendre sur une corniche qui s'élargit peu après et se termine au
niveau d'un gros bloc posé.- R6
Descendre encore par une vire délicate pour arriver au pied d'une longue
fissure verticale; à droite une dalle rayée de calcique rouge s'avère
infranchissable à sa partie supérieure. S'élever difficulement dans la
fissure terreuse jusqu'à une zône surplombante; un étrier sur un piton
posé dans un défaut de la dalle à droite permet l'accès de la partie
supérieure de la fissure devenue plus commode. On dépasse une strate
horizontale et l'on termine par l'escalade d'un dièdre lisse pour
déboucher sur l'éboulis d'un petit cirque dans les barres inferieures du
plateau .
VIII / La Voie du Pin Directe
Première par: G.Livanos, H.Gilles le 9 Février
1941
Escalade " Artificielle difficile " - Encordement 2O Mètres -
L'escalade artificielle prédomine dans
cet itinéraire, à l'inverse de la Voie Tanner, dont il est plus une
rectification qu'un trajet autonome; il est certain d'ailleurs qu'au
point de vue esthétique il est moins beau, car il évite les plus beaux
moments d'escalade libre et y supplé par des passages" à clous" assez
courants.
A la verticale du pin monter dans une dalle facile, puis dans un dièdre
oblique peu incliné que l'on quitte en escaladant son arête nord jusqu'à
un genévrier. On s'élève alors dans la fissure délicate de la voie
normale et on l'abandonne pour se retablir sur une étroite corniche.-R1
.
Peu avant le dièdre qui la clôture au sud, on escalade une fissure très
ouverte, puis la dalle raide qui lui fait suite; au dessus de celle-çi
on oblique un peu à gauche et l'on atteint un replat contre la muraille
qui limite au nord la dalle triangulaire. -R2 -
On monte dans une anfractuosité,puis par une traversée horizontale à
droite on arrive sous un ressaut surplombant que l'on franchit
difficilement; on a rejoint là la voie normale; monter alors dans une
niche triangulaire.- R3
S'éléver alors dans la cheminée surplombante qui domine le relais en
utilisant l'opposition; on la quitte plus haut en traversant à gauche
sur une vire étroite, et redescendant légèrement on arrive sur une
corniche exigue bordée de 2 genévriers. - R4.
Monter alors dans une dalle fissurée d'abord très raide, puis moins
inclinée mais très pourrie, au dessus de laquelle on atteint une petite
grotte sur la dernière strate horizontale.- R5 -
Virer vers le nord et grimper sur une grosse écaille fortement déversée;
passer une fissure et remonter une courte dalle, puis on s'engage dans
une cheminée très ouverte aux parois lisses qui débouche sur l'extrémité
sud du petit cirque .
IX / La Voie de l'Os
Première par : Dr.Albert, Gisèle Albert le 2O Avril 1941
Escalade " Artificielle très difficile ". - Encordement : 25 mètres -
Les 1ère, 4ème et 5ème étapes sont en
escalade" libre difficile" par contre la 2ème étape est en escalade
"artificielle difficile" ainsi que la 3ème " très difficile". - Les
premier et 3 ème relais sont médiocres, le 2ème doit être fait sur
étrier.
A proprement parler dans cet itinéraire il ne fut rien rencontré qui
rappelle une pièce quelconque de squelette; il n'y fut pas trouvé non
plus d'ossuaire, en lui donnant cette appelation les premiers grimpeurs
voulurent seulement traduire par une métaphore les difficultés qu'ils
rencontrèrent au cours de la 3ème étape: lors de la première tentative
le leader jugea qu' à partir du 2ème relais il trouverait un os
extrèmement pénible à avaler et que selon toutes propabilités il lui
resterait au gosier. L'exactitude de cette supposition vérifiée lors des
trois essais ultérieurs, ne fut infirmé qu'à la 5ème tentative.
Il est probable que ce passage de l'Os se laissera désormais vaincre plus
facilement, maintenant que les emplacements des pitons essentiels sont
repérables par les traces laissées sur la roche .
A une vingtaine de mètres à la droite de la Voie du Pin on remarque une
longue cheminée, assez mal dessinée qui se perd dans des plaques de
roche noire à mi-hauteur de la paroi; elle est dominée à sa verticale
par une grande dalle bombée et tout en haut de la Face par une longue
niche creusée en demi cylindre..Au début se trouvent deux
cheminées-fissures parallèles que l'on rejoint en gravissant une dalle
raide limitée à gauche par une coulée d'aragonite en formation. Remonter
la fissure à gauche jusqu'à un étranglement; on en sort par la droite en
franchissant un petit surplomb de bon rocher et l'on pénètre dans la
fissure de droite où l'on trouve bientôt une niche peu profonde. -
R.1
Escalader des blocs instables, ramoner le bas d'une cheminée lisse, puis
virer un peu à droite sur une dalle raide aux prises arrondies. Revenir
à gauche dans l'axe de la cheminée qui se creuse légèrement en niche
terreuse. Au dessus un bloc surplombant doit être passé grace à des
prises très hautes sur sa partie supérieure et l'on se rétablit sur le
replat étroit qu'il forme. Après avoir escaladé une fissure lisse
limitée à gauche par un petit éperon, on parvient au niveau d'un
renfoncement , sous un toit qui ferme le haut de la cheminée. Il faut
installer là le 2ème relais sur étriers. R.2
Les difficultés rencontrées jusqu'à ce relais étaient d'ordre assez
courant; par contre dans l'étape suivante elles vont s'accumuler
jusqu'au 3ème relais.-
Contourner un saillant par la droite pour atteindre le bas d'un petit
dièdre oblique très raide et lisse, on le remonte en utilisant quelques
rares prises sur son arête droite et des pitons très espacés dans la
fissure bouchée du fond; arrivé sous un petit surplomb noir virer à
droite pour reprendre l'ascension verticale en direction d'une fissure
que l'on aperçoit quelques mètres au dessus. Ce passage dénué de
prises,- l'OS "- doit être surmonté à l'aide de pitons dont la pose est
très délicate. On atteint alors la fissure surplombante terreuse qui
précède un petit couloir, trop étroit pour y pénétrer; au dessus on
remonte une cheminée facile qui s'élargit rapidement en entonnoir.
Installer là le 3ème relais sur pitons. - R.3
Escalader la cheminée en opposition jusqu'à hauteur d'un petit replat en
balcon sur son arête gauche que l'on atteint par un pas et continuer
dans une dalle facile qui aboutit à une corniche .- R4
A gauche se trouve une grande excavation qui d'en bas parait avoir la
forme d'un demi cylindre: c'est une ancienne grotte creusée en puits
dont la paroi ouest s'est effondrée. Remonter le taillant de son arête
droite; à mi-hauteur virer à gauche, escalader une dalle lisse
surplombante qui domine la grotte et se rétablir dans les blocs posés du
sommet .
X / La Voie Directe
Première par:M.Samuel , G.Livanos, le ler
septembre 194O
Escalade " Artificielle difficile " - Encordement 25 mètres -
Cette voie s'exécute à peu près
entièrement en " escalade artificielle " à part un court passage
d'escalade " libre difficile " au début de la 2ème étape et la dernière
étape en escalade " libre facile ".
Ce fut la première voie à trajet à peu près directe ouverte dans la Face
Ouest de St.Michel; en effet les itinéraires qui la précède dans l'ordre
chronologique: La Lézarde, La Fissure de la Bonne Mère et la Voie du Pin
décrivent tous des sinuosités prononcées .
Il s'agit d'une fissure oblique à trajet rectiligne qui débute à une
trentaine de mètres de la Voie de l'OS, sur le saillant du troisième
contrefort de la Face Ouest.
On escalade d'abord une dalle fissurée très raide, puis une zone de
petits replats terreux; au dessus on s'élève dans une fissure verticale
et l'on débouche sur une grande corniche.-R1
Grimper dans un dièdre lisse et surplombant et se rétablir sur des blocs
instables au sommet d'un pilier; s'élever ensuite dans des plaques de
rochers détachés sous un gros genévrier; tourner l'arbuste par la droite
puis revenir à gauche dans une niche, en sortir à gauche sur une arête
secondaire et monter sur un replat. - R2 -
Gravir une étroite cheminée terreuse puis une fissure profonde fortement
déversée dont on sort encore par la gauche, et grimper droit dans une
dalle après laquelle on trouve un replat terreux . - R3 -
Monter une corniche ascendante puis une fissure verticale; on oblique
alors à gauche par une traversée de dalle aérienne; on franchit un court
dièdre délité, limité au nord par un bloc peu solide ( exposé) et
revenant un peu à droite, on s'élève dans une fissure étroite qui
surplombe un peu sur la fin. Relais sur une minuscule corniche.- R.4
Continuer par la gauche en escaladant des écailles de rocher solide et
gagner la base d'un dièdre incliné par lequel on atteint le sommet .
XI / Fissure de la Bonne Mère
Première par: R.Duchier, Ch.Magol, M.Forestier le 3 Octobre l937
Escalade " libre très difficile " - Encordement : 2O mètres-
Première et dernière étape faciles; 2me
étape difficile; 3 me étape difficile; 4 me étape très difficile, 5ème
étape difficile; 6ème étape très difficile; 7ème étape difficile.
Malgré l'inégalité des difficultés que l'on y rencontre cette voie
d'escalade, exécutée avec un nombre très réduit de pitons d'assurance,
mérite d'ètre classée dans la catégorie " très difficile" de l'escalade
libre, parce qu'elle oppose aux grimpeurs deux obstacles importantss :
la fissure qui termine la cheminée et le début de la traversée du haut.
Le premier exige un ramonage sévère suivi d'un rétablissement difficile;
le deuxième est un passage aérien où l'on ne trouve que de mauvaises
prises de main d'autant plus exposé que le relais suivant est peu sûr.
Contrairement aux apparences elle ne fut pas dédiée par les premiers
grimpeurs à la célèbre patronne des navigateurs marseillais, cette
appellation ne lui fut attribuée que longtemps après la première,-
Horresco referens- en souvenir de la triviale expression locale proférée
par le leader alors qu'il venait de se soustraire péniblement aux
embuches de la fissure terminale de la cheminée.
Dans le flanc nord de l'Arête de la Cordée- à l'extrémité sud de la Face
Ouest- on remarque une profonde cheminée qui parait suspendue; sa base
est formée par un surplomb accentué; sa partie supérieure s'aminçit puis
s'infléchit vers la gauche en corniche ascendante; elle se termine vers
le haut en mince fissure verticale.
Débuter par une vire ascendante vers la gauche, en escaladant une série
d'écailles, puis rejoindre à l'horizontale une corniche de rocher délité
et monter droit sur un replat exigu. - R1
Revenir vers la droite en exécutant une marche de flanc délicate à
l'aide de bonnes prises haut placées; après trois mètres monter droit
dans une dalle raide et atteindre une petite plateforme à la base de la
cheminée. Franchir un surplomb facile ( rocher excellent, grosses prises
rondes) et pénétrer dans une excavation dont on sort par la droite dans
une dalle peu inclinée. Revenant un peu à gauche on atteint une
plateforme spacieuse dans la cheminée.- R2 -
On s'y élève d'abord sans difficulté jusqu'à rencontrer une lame de
rocher qui emplit le conduit et ne laisse qu'un passage assez étroit à
gauche où le rocher devient moins bon. Par ramonage on parvient au
sommet de la lame dans une niche exigue.- R3-
Au dessus la cheminée se retrécit à l'extrème et les prises deviennent
rares et espacées: c'est la fissure de la Bonne Mère. Il faut s'y élever
par coincement du bras et du pied droit, adhérence du corps sur la paroi
gauche, et à la sortie se rétablirsur une plateforme lisse et sans
prises ( difficile et exposé ). On fait le relais un peu plus loin au
début de la corniche ascendante. R4-
Remonter celle- çi, d'abord peu inclinée et facile, puis de plus en plus
étroite et redressée; passer ensuite une dalle assez lisse et monter sur
un replat confortable.- R5.
Virer à l'horizontale vers la droite sur une corniche bientôt barrée par
une dalle bombée; continuer la traversée vers la droite sur une étroite
corniche convexe par une marche de flanc impressionnante; ce difficile
passage d'équilibre franchi, on descend dans une anfractuosité où l'on
fait un relais sur piton. On peut aussi effectuer cette traversée en
passant un peu plus bas sur des prises de pied minimes et espacées, mais
c'est aussi difficile . - R6 .
Continuer toujours vers la droite sur la corniche maintenant en légère
descente; lorsqu'elle s'interrompt, grimper sur un ressaut et prendre une
deuxième corniche spacieuse; au niveau d'un bombement descendre un peu (
aérien) pour rejoindre la partie supérieure de l'Arête de la Cordée -
R7 .
Terminer par une série de cheminées faciles sur le bord gauche de
l'arête .
XI ' / Sortie directe de la Fissure
de la Bonne Mère
Première par : J.Sticher, G.Tramier -Le 13 Janvier 1941
Escalade " artificielle peu difficile - Encordement 2O Mètres
Son tracé est plus élégant, mais elle diffère totalement de la sortie en traversée de Duchier, car elle se fait en escalade artificielle après un court passage d'escalade libre .Du 5ème relais monter droitdans une courte cheminée d'aragonite grise, dépasser une niche terreuse et s'élever sur pitons le long d'une fissure dans une dalle verticale. Après une strate horizontale, on franchit un léger surplomb au dessus duquel la fissure redevient verticale pendant quelques mètres puis la pente s'atténue mais le rocher devient mauvais et on arrive dans un éboulis croulant sur le plateau sommital.

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Arête
de la Cordée |
I / Arête de la Cordée
Première par le groupe " La Cordée " le 21 Février 1928
Escalade " libre difficile " -Encordement 20 Mètres.
Son parcours en génèral facile comporte
un seul passage difficile, ce qui lui vaut d'ailleurs son admission dans
la 2ème catégorie de " l'Escalade libre. Dans le compte rendu de la
première, le nom du leader ne fut pas publié à l'époque, sur le désir
formel dit-on des membres du groupe auquel il appartenait; cependant
il est notoire que ce fut P. Nivière qui dirigea les opérations.
Primitivement désignée sous le vocable " Arête de la Mer l'itinéraire
suivi par le groupe "La Cordée" fut débaptisée par la suite et acquit le
nom de ses explorateurs .
A quelques mètres à l'Est du Pas de la Demi-lune, par une cheminée
oblique dans son flanc sud, gagner le fil de l'arête, à cet endroit
horizontale et très étroite.On la chevauche pendant2O mètres jusqu'à une
vaste plateforme.- R1.
Escalader une courte cheminée oblique, puis deux ressauts successifs
assez raides, on arrive sur une dalle horizontale. - R2
Quitter l'arête pour effectuer dans la Face Sud une traversée légèrement
ascendante après avoir fait un "pas" et gagné une étroite vire.
Escalader ensuite une dalle fissurée et grimper dans une grosse fissure
très courte formée par une écaille décollée.- R3.
Une cheminée très ouverte et terreuse ramène sur l'arête au niveau d'une
confortable plateforme de 3m. sur 2m. - R4 .
Le départ de cette plateforme comporte un passage assez osé : il s'agit
après s'être placé à son extrème bord, d'atteindre à bout de bras un "
becquet" rocheux à la base d'une fissure oblique, où l'on s'engagge par
une grande enjambée au travers d'un couloir vertical; pour les grimpeurs
de petite taille il est préférable de descendre d'abord dans le couloir
et de le remonter par ramonage jusqu'au becquet. On poursuit dans la
cheminée oblique ( prises à surveiller) jusqu'à un replat exigu, puis
l'on revient à droite en traversant le bas d'une grande dalle sur des
prises en bénitiers.- R5
Gravir des gradins faciles, puis grimper sur le bord droit de la dalle
et la retraverser vers la gauche à son sommet ( délicat) .- R6 -
D'une corniche terreuse trois courtes cheminées faciles conduisent au
plateau.
II / Arête de la Cordée " directe "
Première par : Leguen et X en 1930 Escalade " libre très difficile "
Ce parcours suit le taillant de l'Arête
de la Cordée tout au long. Il est beaucoup plus difficile que la voie
normale car il aborde de front les deux obstacles qui obligèrent les
membres de la Cordée à faire des crochets importants pour les
contourner: les deux passages de dalle verticale, au dessous et au
dessus de la plateforme du becquet .
Suivre l'itinéraire précédent jusqu'à son 2ème relais . Continuer sur le
taillant en gravissant des ressauts facile, puis l'arête se redresse
brusquement à la verticale; escalader alors une dalle où les prises sont
rares et le rocher peu solide ( dans une fissure, gros clou en acier
laissé par les premiers escaladeurs), On arrive difficilement sur la
plateforme du Pas du Béquet.
On la quitte en se haussant par courte-échelle jusqu'aux premières
prises très hautes d'une dalle surplombante; virer un peu à droite sous
de grosses écailles et se rétablirsur l'arête dans des blocs brisés;
puis sans difficultés, on arrive au relais sur le bord droit de la
grande dalle.- On continue ensuite jusqu'au sommet par la voie normale.
Escalades de la face Sud du Roc de St Michel

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I / La Voie des deux Anes |
VII
/ La Voie Rostand |
D'aspect beaucoup plus engageant que les
Faces Nord et Ouest, La Face Sud a été aussi beaucoup plus exploitée par
les grimpeurs; en 1941 on y compte 13 itinéraires d'escalade.
De nombreuses voies d'escalade libre facile: la Voie Poucel, la Voie
Rostand, le Petit Couloir; le Grand Couloir, l'Arête de la Barre de fer;
toujours en escalade libre mais plus difficiles : La Grande Vire, Les
Deux Anes, la Voie des Deux Anes " directe" .
Les autres en escalade artificielle : la Fissure Rectiligne, la Voie
"G.G.A.", le Gros Surplomb, la Voie du Soleil et la Fissure du Toubib
présentent toutes des caractéristiques analogues: de courts passages
artificiels souvent difficiles et la plus grande partie du parcours en
escalade libre.
I / La Voie des deux Anes
Première par: Leguen, Imoucha - le 15 Mars 1931
Escalade " libre difficile " - Encordement : 25 mètres
Les deux premières étapes peu difficiles,
puis la troisième étape difficile et surtout exposée .
Les deux grimpeurs qui réussirent cette voie d'escalade en 1931, se
virent attribuer ce qualificatif de la part de certains pontifes qui
officiaient dans les clubs de montagne à cette époque:" il fallait être
deux ânes pour tenter pareille aventure" ! Ce fut la premiere ascension
de la Face Sud de St.Michel.
Dans sa moitié orientale, face à l'ouverture de la Grotte du Déserteur,
aborder une longue coulée d' aragonite rouge sur le flanc ouest d'un
pilier arrondi. L'escalade en est peu difficile mais exposée par suite
de la nature de la roche friable et délitée. Une vire horizontale, un
pas à droite et quelques rochers verticaux conduisent au premier
relais.- R1 -
Monter sur une grosse écaille détachée, puis escalader à la verticale
une dalle coupéee de petits replats et -R2 - sur une plateforme
terreuse .
Vire délicate vers la droite et reprise de l'escalade verticale par des
rochers brisés et peu sûrs. Relais assuré sur piton au pied d'un dièdre
rouge.- R3 -
Une traversée difficile vers la gauche et l'on aborde une étroite
fissure oblique et déversée dont le parcours est assez exposé. On se
rétablit sur l'écaille qui la termine; quelques mètres d'escalade
verticale, puis on vire vers l'est sur une longue plaque de rocher
solide avec d'excellentes prises de main; il n'y a plus qu'à grimper au
collet où finit l'escalade.
II / La Fissure Rectiligne
Première par: M.Samuel, G.Livanos en Septembre 194O
Escalade " Artificielle difficile " Encordement : 25 Mètres
La première et la dernière étape
entierement en escalade libre; dans les autres étapes on fait le plus
souvent de l'escalade " libre difficile " mais plusieurs passages sont
franchis sur pitons
Longue fissure rectiligne, comme son nom l'indique, dans le flanc droit
de l'Arête de la Cordée au sommet de laquelle elle aboutit.
Débuter par une prtite fissure sans prises de pied que l'on escalade "à
la Dulfer" et au sommet de laquelle on se rétablit sur un pin.- R1 -
Monter des rochers brisés puis la pente se redresse et il faut passer
unne dalle lisse dominée par' un bec rocheux sur lequel on se rétablit;
la fissure devient meilleure et l'on trouve quelques prises de pied dans
sa paroi droite. Arrivée sur une corniche . - R2-
Escalader un entassement de grosses écailles en équilibre qui amène dans
un dièdre assez large; s'élever dans une fissure très étroite d'abord
puis s'élargit en petite cheminée très glissante; on passe ensuite une
zône verticale où la fissure devient de plus en plus large, puis se
transforme en cheminée rectengulaire bientôt barrée par un surplomb;
relais assuré par pitons sur une marche où l'on trouve juste la place de
deux pieds. - R3
Sortir de la cheminée sur son arête gauche que l'on gravit par deux
mètres de bonne dalle et revenir dans la fissure immédiatement en
surplomb pour escalader des blocs encastrés bralants(exposé) audessus
desquels on atteint une dalle rugueuse. - R4 .
On pénètre alors dans une cheminée très large que l'on ramone jusqu'à la
plateforme sommitale de l'Arête de la Cordée. Terminer par une cheminée
très facile .
III / La Voie "G. G. A."
Première par: Dr.Albert, Gisèle Albert- le 11 Décembre 1941
Escalade " artificielle très difficile " - Encordement : 25 mètres
Les deux premières étapes en escalade
libre sont très faciles. La 3ème étape comprend d'abord un passage
artificiel très difficile- qui est la clè de cet itinéraire-, puis de
l'escalade libre facile; dans la 4ème étape après une corniche
ascendante facile, on retrouve l'escalade artificielle difficile, puis
l'escalade libre difficile et l'on termine par une 5ème étape
artificielle difficile. - G.G.A." sont les initiales des deux grimpeurs
qui firent la première.
Suivre le sentier des Corniches Rouges le long de la Face Sud; à 5O m.
du Pas de la Demi-Lune,il contourne un éperon sur lequel ont poussé
plusieurs gros pins. La Voie G.G.A. dans don flanc Estpar un passage de
dalle à petites prises qui amène sur une corniche légèrement
ascendantevers la gauche; relais au niveau d'un gros pin. - R1 -
Continuer vers la gauche pour atteindre le taillant de l'éperon que l'on
remonte par des gradins et des fissures terreuses jusqu'à son sommet au
dessus d'un pin .-R2 -
Revenir à droite par une courte traversée, puis descendre un peu vers le
bas d'une fissure double où se trouve le premier passage artificiel et
le plus difficile. Après 5 mètres d'escalade normale sur pitons, la
fissure se bouche et ne permet plus que la pose de clous espacés et peu
solides; peu après il faut passer par un surplomb à angle vif, puis on
grimpe sur une corniche ascendante embroussaillée; il faut s'arrêter sur
le premier replat dans une encoignure, car l'on ne trouvera plus
d'emplacement de relais pendant 25 mètres. - R3 -
Continuer l'escalade de la corniche ascendante qui est barrée à son
extrémité par un bouquet d'arbustes; Par une courte vire vers la gauche,
on grimpe sur une grosse écaille à proximité d'un petit pin, et l'on
reprend l'escalade artificielle le long d'une bonne fissure
verticale.Après un bombement légèremnt surplombant, elle s'infléchit
brusquement sur la droite et devient franchement mauvaise; on y
progresse sur des pitons mal vérouillés dans la terre qui l'emplit (
exposé) et l'on arrive à la base d'une cheminée verticale où il est très
difficile de pénètrer; on y poursuit difficilement l'ascension en
escalade libre et après un amoncellement de blocs empilés on atteint un
replat confortable derrière un énorme genévrier.- R4 -
Escalader alors une cheminée verticale d'abord délicate parce qu'exposée
aux chûtes de pierres,puis meilleure vers la fin où l'on trouve une
grosse fissure très sûre.
IV / La Grande Vire
Première par : J.Bouisson, V.Rostand ( leader à tour de rôle ) le 6
Octobre 1935
Escalade " libre difficile " - Encordement :2O mètres
Trois étapes asez difficiles: la première, la 6ème et la dernière, tout
le reste n'offre pas de difficultés.
C'est un long trajet en vire ascendante qui parcourt la Face Sud en
écharpe dans le sens Ouest- Est. Le début se trouve à environ 2O m. du
pilier de la Voie G.G.A. dans un renfoncement de la muraille.
Une étroite vire en pente modérée s'élève de gauche à droite, d'abord
facile elle présente un passage délicat avant d'arriver dans un
renfoncement où il est prudent d'assurer le premier sur piton. - R1 -
Se rétablir difficilement sur une petite corniche horizontale
embroussaillée; au niveau d'un pin monter droit, puis traverser une
dalle et s'engager dans une profonde cheminée.- R2 -
La remonter sur une dizaine de mètres et la quitter par son arête droite
pour accéder à une spacieuse corniche horizontale. - R3 -
A son extrémité Est, s'élever dans un autre cheminée raide dont la
sortie est obstruée par un amoncellement de blocs instables. Relais sur
la plateforme en pente.- R4 -
Monter en virant sur une écaille, redescendre légèrementet atteindre une
étroite corniche; relais sous un angle saillant de la muraille . - R5-
Suivre la corniche qui s'amenuise et traverser horizontalement une dalle
convexe( délicat, prises de pied rares ) à son extrémité monter droit
par une courte cheminée en direction d'un gros pin. - R6-
Reprendre en direction Est la cheminée dont la pente s'accentue; on
grimpe derrière une grosse écaille.- R7 -
Continuer par une nouvelle cheminée raide jusqu'à une étroite vire,
contourner vers la droite un bombement; escalader une mince fissure
verticale, une courte dalle,et des gradins faciles. Ou bien de la vire
étroite passer un surplomb difficile et terminer par une petite
cheminée.
V / La Voie du Gros Surplomb
Première par G.Livanos, Dr.Albert le 28 Novembre l94O
Escalade " artificielle difficile " - Encordement : 2O mètres.
C'est le
type parfait de l'escalade mixte : en général en escalade " Libre
difficile" avec une 3ème étape où l'on passe un dièdre surplombant
impressionant sur une série de pitons de pose relativement facile.
Cette escalade débute ausi par une vire ascendante verss la droite, puis
elle monte verticale dans l'axe du Gros Surplomb au dessous duquel elle
croise la grande Vire.
Monter sur une corniche ascendante facile dans sa première partie qui se
rdresse bientôt à hauteur de gros blocs mal équilibrés; on les contourne
par la droite et l'on revient aussitôt à gauche pour gravir une courte
cheminée verticale et faire le premier relais sur un pin.- R1 -
Monter droit et parcourir la première cheminée de la Grande Vire et la
continuer jusqu'à un dièdre déversé; l'itinéraire Bouisson a été à
droite quelques mètres avant. Gravir ce dièdre difficile en opposition,
puis sortir par la droite et atteindre un petit replat limité par un
pin. - R2 -
On est parvenu sous le gros surplomb, c'est un dièdre vertical à sa
partie médiane et fortement déversé à la fin où il surplombe dee plus de
2m.5O. Monter dans la dalle au fond du relais et atteindre la base du
dièdre dont le fond est occupé par une bonne fissure continue. Utilisant
d'abord des étriers, puis l'opposition entre les deux parois, on dépasse
un gros bloc décollé dans la muraille de droite,-le colis- et l'on
aborde la zône où la pente négative atteint son maximum. Au dessus de ce
passage impressionant on reprend la verticale et l'on arrive sur un
replat exigu. - R3 -
Quitter ce relais par la droite sur une corniche mal tracée; à son
extrémité monter droit dans une dalle excellente en direction d'un arbre
mort. - R4 -
( Nid d'abeilles génant à l'extrémité de la vire.)- Cette étape peut
aussi se faire par la gauche: on grimpe dans un petit dièdre assez
lisse, et l'on rejoint l'arbre mort par une traversée le long d'une
corniche de mauvais rocher.. Traverser en obliquant à droite une dalle
assez raide et lisse et remonter une cheminée évasée jusqu'à une
corniche confortable. - R5 -
S'élever difficilement dans un court dièdre à petites prises et terminer
par une fissure facile .
Continuant à longer la base de la Face Sud; on quitte le sentier des
Corniches Rouges au point où il descend dans le Vallon de la Mounine, on
passe une petite barre et l'on arrive sur une très grande terrasse
herbeuse. Quatre itinéraires d'escalade facile en partent: La Voie
Poucel, la Voie Rostand, le Petit et le Grand Couloir; la muraille s'est
fortement abaissée et n'atteint plus que 4O à 45 mètres de hauteur. ( Un
cinquième itinéraire dû à J.Meunier n'a pu être retrouvé, même avec le
concours de son auteur!!! .)
VI / La Voie Poucel
Première par : Dr.Poucel junior, Hancy en 1932
Escalade " libre facile " - Encordement 15 à 2O m.
Un court passage délicat sur une vire étroite, le reste facile. Comme la
Grande Vire à laquelle il est parallèle cet itinéraire monte en écharpe
dans la Face Sud d'Ouest en Est.
Départ à l'extrémité ouest de la grande terrasse herbeuse par l'escalade
facile d'une sorte de contrefort en pente douce .- R1-
Virer à gauche sur une corniche puis grimper dans une courte cheminée
très ouverte en direction d'un chêne vert . - R2 -
Monter en revenant vers la droite dans une dalle aux prises excellentes
pour rejoindre une grande sangle embroussaillée. On la suit sans aucune
difficulté jusqu'au point où elle s'aminçit à l'extrème en vire fuyante.
- R3
Après un court passage d'équilibre, grimper sur de gros blocs brisés.-
R4-
Continuer dans une large fissure assez raide et oblique qui émerge sur
la plateforme.- R5 -
Cette étape a été reprise par Rostand: Escalader
des gradins faciles et terminer par une bonne cheminée verticale.
VII / La Voie Rostand
Première par : V.Rostand , J.Meunier en 1937
Escalade " libre facile " - encordement: 2O mètres

Appelée Tête du Miougranier car elle
s'élève dans les pentes de la rive droite de ce vallon , mais plus
connue des grimpeurs sous le nom de la Pointe du trou du Chat, cette
cime altière et élancée vue du vallon de Callelongue , n'est en réalité
qu'un promontoire détaché du Béouveyre: on peut arriver de plein pied
sur son sommet en passant par le sentier du Col du Bouvier.
Elle fait face à la paroi Nord du Rocher des Goudes à laquelle elle
oppose son arête sud au profil aérien et de part et d'autre , deux
faces orientées au sud-est et au sud-ouest . Cette arête sud-est
est creusée à la base de son ressaut supérieur par un petit boyau - une
chattière - qui fait communiquer les deux faces, d'où la seconde
dénomination de Cime du trou du Chat.
La face sud-ouest , la plus abrupte , est entaillée vers son centre par
une grande excavation triangulaire ouverte par un formidable toit
horizontal de 5 à 6 mètres; à la fin de 1941 , c'était l'objet de la
convoitise de quelques grimpeurs candidats à l'escalade "à l'envers" ,
mais à cette époque aucune réalisation à leur projet n'avait été tentée.
Escalade réussie depuis, au printemps
1942 par G. Tramier , H. Joubard, H. Rollad et qui sera décrite dans un
autre ouvrage.
Cependant un itinéraire monte dans la face sud-ouest, haute de 60 mètres
entre l'arête Sud et la grande
excavation.
Les deux arêtes Sud et Ouest
offrent également deux beaux parcours diffiçiles. La face Sud-est est
moins haute et plus acceuillantes se gravit par un passage assez
facile dans un angle rentrant vers son milieu.
Deux aiguillettes de petite taille flanquent la Tête du Miougranier:
l'Aiguille Henriette ( Photo B) et à l'Est l'Aiguille Bébé ( Photo
A ) en face de la Grotte St Michel.
I - Arête
du Trou du Chat ( Photo A )
Première par :J.Save, Artru en 1935
Escalade " libre difficile " - Encordement 2O m.
Un passage très difficile à réussir sans piton dans la 5ème étape
s'oppose très nettement au reste de l'escalade de difficultés courantes
. Ce fut la première escalade réussie dans la Tête de Miougranier
Quitter le sentier du Club Alpin ( tracé
rouge des Goudes à Mazargues) et monter dans une grande dalle inclinée
située à droite du premier ressaut de l'arête. Quelques mètres
d'escalade facile amènent à un gros pin .- R1
S'engager dans un long dièdre très ouvert, puis par des fissures
ascendante s'élever dans la grande dalle, de son plan droit jusqu'à un
replat sur son bord gauche. - R2
Continuer dansle dièdre, passer un surplomb de rocher brisé ( délicat
) et gravir des blocs cassés
on débouche sur un éboulis .- R3
Laisser à gauche l'arête devenue horizontale et à hauteur d'une petite
brêche qui la coupe, escalades la paroi sud-ouest d'une arête secondaire
dans un très mauvais rocher. - R4
Eviter les premiers mètres imprticables en grimpant difficilement sur
une étroite vire ascendante, développée au dessus du Trou du Chat.
Contourner un surplomb accusé ( exposé) et par une vire délicte
traverser l'arête pour escalader une dalle pourrie dans son flan
sud-ouest; dépasser un ressaut et faire le relais sur une plateforme de
son taillant .- R5
Continuer sur l'arête qui se redresse peu à peu et devient verticale au
niveau d'un dièdre fragmenté; s'y engager avec précaution: le rocher est
instable. En sortir par la gauche à son sommet, traverser une étroite
plateforme et gravir une courte dalle . - R6. Terminer par des
ressauts sans difficultés .
II / ( photo "A " ) Voie Bouisson
Première par : J.Bouisson, J.Meunier, X en 1935
Escalade " libre facile " - Encordement 25 mètres
Une seule étape difficile:la première .
Vingt mètres de la Voie Save et dans le flan sud-ouest du premier
ressaut de l'arête rejoindre le bas d'une longue dalle rectiligne; elle
fait le pendant de façon curieuse à la dalle de la Voie du Trou du Chat.
Par une fissure oblique atteindre un pin mort ,puis s'élever dans le
long dièdre qui limite la dalle droite, en utilisant des prises rares et
petites. Relais sur un petit genévrier.-R1
Traversée horizontale à gauche et au niveau d'un gros bloc monter vers
un pin plaqué à la muraille et continuer dans du rocher moins bon et
terreux pour déboucher sur un éboulis.- R2
Une marche de flan vers la droite, la traversée de barres faciles et la
remontée d'un autre éboulis amènent au pied de la paroi sud-est de la
Tête de Miougranier, bien à droite de l'Arête du Trou du Chat. S'engager
dans une longue vire ascendante terminée à la base d'un couloir.- R3
Ramonage sans grosses difficultés de celui-çi jusqu'à un pin. - R4
Gravir une cheminée abrupte qui débouche sur le plateau de la Tête de
Miougranier.
III / (photo A et B) Arête Ouest de
la Tête de Miougranier
Première par : Dr.Albert, Gisèle Albert le 22 Septembre 194O
Escalade : " artificielle difficile " - Encordement 25 Mètres .
Alternance d'escalade libre avec de
courts passages artificiels dont un très difficile dans la traversée de
la première étape.
Monter une dalle facile jusqu'au taillant de l'arête et le contourner
par la droite pour arriver sous un dièdre très ouvert et légèremnt
déversé. Remonter la fissure du fond jusqu'à une étroite plateforme
terreuse sur laquelle on se rétablit. A gauche une dalle parfaitement
lisse et verticale de 3 mètres sépare l'arête qu'il s'agit d'atteindre.
Poser un piton dans les rochers brisés au dessus de la plateforme et se
laisser glisser en rappel oblique pour atteindre une encoche de quelques
centimètres carrés derriere laquelle on place un autre piton avec
étrier; de là, une grande enjambée amène sur l'arête par une vire
courbe. - R1
Escalader une dalle convexe à l'aide de petites prises en cupules
jusqu'à une zone raide de rochers brisés dont l'escalade est délicate.
Au dessus , un replat, quelques gradins, et une courte fissure conduise
à une écaille pourrie sur la gauche de l'arête. Faire un pas à droite
dans une anfractuosité terreuse,puis monter droit dans une dalle dont la
pente s'atténue progressivement. - R2
Contourner par la droite un surplomb de blocs en équilibre, se rétablir
sur une corniche étroite et monter dans une dalle aux prises rares
jusqu'à un genévrier mort. Au dessus des gradins sans difficultés
amènent au sommet.
IV / (photo B) Voie de la Face
Sud-ouest de la Tête de Miougranier
Première par: G.Livanos, M.Samuel, le 29 Décembre 194O
Escalade " artificielle peu difficile" - Encordement 25 mètres
Comme pour l'arête Ouest il s'agit d'un
parcours mixte où les passages à clous alternent avec l'escalade libre .
Le départ se situe vers le milieu de la Face Sud-ouest.
S'élever dans une petite grotte tubulaire puis un peu à gauche franchir
une fissure oblique jusqu'à des dalles faciles. Obliquant à droite on
rejoint une terrasse rectangulaire.- R1
Le rocher devient extrèmement pourri.Traverser à droite et prendre une
fissure oblique jusqu'à une niche, dont on sort par le toît pour se
rétablir dans une mauvaise cheminée que l'on remonte jusqu'à une
corniche terreuse.- R2
Au fond et à droite du relais monter une courte cheminée d'aragonite;
après un replat, le rocher devient de plus en plus pourri. Contourner un
gros bloc et grimper dans une 2ème cheminée; on débouche sur une
plateforme dominée par un ressaut raide. Virer à droite, scalader un
petit dièdre et revenir au dessus du ressaut. - R3
Franchir une dalle raide puis des rochers faciles sous le sommet de
l'Arête du Trou du Chat.
V / (photo B) Aiguille Henriette
Première par: Ch.Studer, Wyss en 1927
Escalade " libre difficile " - Encordement 15 m.
La première étape est facile, par contre l'arrivée sous le sommet est
difficile et exposée.
Cette fine aiguille se trouve au pied d'un promontoire rocheux important, à deux cents mètres environ à l'ouest de la Cime du Trou du Chat; sa face ouest est assez haute -4O m.- alors que sa face Sud ne doit pas dépasser 12 m. au dessus du collet. Elle s'escalade par une voie en écharpe d'abord sur son arête sud par un système de fissures faciles. Relais sur une corniche à hauteur du collet. Continuer par une dalle fissurée très raide et difficile dans sa face Est à proximité de son arête nord.
VI / (photo A ) Aiguille Bébé
La première de date inconnue se fit par la face Est. l'Aiguille Bébé est très mal individualisée; elle termine une barre rocheuse descendue de la Cime du Trou du Chat, environ 12O m. à l'Est de son arête Sud, exactement en face de la grotte de St.Michel. Elle est perforée à sa base par une ouverture cylindrique et à 25 m. de hauteur. Deux courtes voies y sont naturellement tracées: dans sa face Est et le long de l'arête Sud.
Voie de la Face Est
Escalade " libre facile " - Encordement 2O m.
( Cet itinéraire n'est pas visible sur la photo
" A " puisqu'il est sur l'autre face de l'aiguille.)
On grimpe dans une dalle fissurée raide et lisse où il existe encore dans les trous de gros clous de charpentier, probablement posés par les premiers grimpeurs; on rejoint une cheminée profonde, limitée par un pilier arrondi, dans laquelle on progresse par un ramonage assez difficile, et l'on atteint aussitôt après la crête extrêmement délité.
Voie de l'Arête Sud
Escalade " artificielle peu difficile "
Première par: Dr.Albert, Paul Albert le 3O Novembre 1941
Un court passage artificiel au début,
puis un passage libre difficile vers le haut.
Départ dans la dalle sur le bord de l'arête, traverser ensuite vers la
gauche sur des prises minimes, puis remonter une courte fissure; on
continue dans une très belle dalle et l'on contourne par la droite un
énorme bloc en porte-à-faux. Relais - Grimper dans une dalle extrêmement
raide et contourner par la gauche des blocs surplombants en équilibre
sur la crête .
Aiguille "32"
Première par : C.Hancy,X, en 1927
Escalade " libre difficile " - Encordement 2O m.
C'est une grande lame de rocher orientée
Est-Ouest, située à l'extrémité inférieure d'une longue crête rocheuse
descendue du sommet de Béouveyre vers l'ouest, exactement au Col Moutte,
tout en haut du vallon de Callelongue. Elle est de la même structure que
les aiguilles Bébé et Henriette. Une voie d'escalade parcours son arête
Ouest.
Départ au col en remontant l'arête où l'on aura d'abord gravit un
premier ressaut de très mauvais rocher. Un peu plus haut on escaladera un
2ème ressaut raide mais court et l'on arrivera dans une encoignure au
pied d'un 3ème rocher absolument vertical. On se hisse dans un petit
dièdre et par un pas on se dresse sur d'excellentes prises hautes dans
une dalle de rocher très franc. On débouche alors sur les gradins du
sommet. Le passage impressionant du 3ème ressaut peut s'éviter par une
traversée ascendante dans la face sud, beaucoup plus facile , mais aussi
beaucoup moins jolie car le rocher y est détestable. La descente se fera
par un rappel de 2O m.sur un piton posé près du cairn du sommet à
l'aplomb du collet .

Nous terminerons le tour du Quartier de
St.Michel par ce très modeste sommet de 224 m. campé sur la crête qui
sépare le haut vallon de Callelongue des vallonements de la côte Ouest
de Marseilleveyre. Il est bien visible de la route des Goudes au niveau
de la Calanque des Trous.
Pour l'atteindre, suivre le tracé rouge qui va de cette calanque à la
Madrague de Montredon en passant au Col Moutte dans Béouveyre. Après
avoir remonté le vallon de l'Agneau, le sentier passe au pied de la Face
Ouest de ce rocher où l'on distingue en lettres gigantesques peintes sur
la muraille le nom du célèbre inventeur de la carte postale. Cette paroi
de peu d'importance-35 M. de hauteur- est assez escarpée et seule intéresse
le grimpeur: les autres faces étant insignifiantes et très faciles .
Voie de la Face Ouest de la Pointe"
Piazza"
Première par : Dr.Albert, Gisèle Albert le 17 Décembre 1939
Escalade " libre difficile " - Encordement 15 m.
Commencer l'escalade dans le milieu de la
face par une cheminée étroite puis évasée et terminée par un toit au
niveau d'une fenêtre donnant jour sur un puits profond creusé dans le
rocher. Contourner l'arête droite de la cheminée et s'engager sur une
étroite vire pourrie qui s'élève un peu et aboutit à une corniche en
pente. - R1.
Revenir à gauche, traverser quelques mètres de dalle raide, puis monter
droit dans une fissure surplombante pour se rétablir sur une grosse
écaille posée sur une corniche exigue. Virer vers la droite sur des
prises infimes( exposé:rocher délité) et se rétablir difficilement sur
une plateforme d'aragonite grise.- R2 .
Gravir un étroit couloir encombré de blocs en équilibre instable; on
atteint la crête à son extrémité sud-ouest.
Variante :
Première par: G.Livanos, Dr.Albert le 26 Juillet1941
Escalade " artificielle peu difficile " - encordement 15 m.
Remonter la cheminée de la Voie Albert et
faire un premier relais dans l'ouverture du puits.-R1
Passer le difficile surplomb qui la couvre et virer vers la gauche en
direction d'une corniche terreuse. -R2
Monter sur une grosse écaille et grimper le long d'une fissure très
raide qui aboutit au sommet vers le milieu de la Face.
1 - Muraille de la Rive Droite du
Vallon des Aiguilles
2 - La Mitre
3 - Le Rat
4 - La Nonne et l'Evêque
5 - La Colonne
18 Itinéraires

La Rive droite
du Vallon des Aiguilles vue de la Roche
Percée
(Photo I) - Cliché:
Dr. Albert
| I - Arête
Nord de Marseilleveyre II - Voie de la Mitre III - Arête Ouest de la Mitre VIII - Le Couloir Choberg IX - l'Arête Manquée |
X - Le Mur du Jardin Suspendu X' Variante de départ du Mur du Jardin Suspendu XI - La Voie des Araignées XII La Voie de la Tour (la première étape est masquée par l'éperon nord de l'Aiguille du Rat) |
Nous quittons les versants méridionaux du Quartier de St.Michel et remontant le petit vallon de l'Aigle, affluent du Miougranier, nous franchissons au col des Chèvres la ligne de crête Marseilleveyre-Béouveyre. Devant nous descend vers le nord la pente raide du Vallon des Aiguilles, profonde coupure entre les falaises de Marseilleveyre à droite et les terrasses superposées de Béouveyre à gauche. Les quelques aiguilles, qui lui ont valu son nom, ne sont que de médiocres pitons, dont le plus élevé, le Rat, n'atteint pas 25 m à sa plus grande hauteur, et se trouvent éparpillées dans les éboulis de la rive gauche, sous les petites parois de Béouveyre.
Par contre la rive droite est formée par une belle muraille de 9O à 100 m. d'où se détache isolée la cime massive de la Mitre ( 320m.). Une douzaine d'itinéraires de tous genres y ont été découverts, dont l'ancêtre, l'Arête Nord de Marseilleveyre, date de 1912. A 50 m. de la paroi, dans l'éboulis issu du couloir Choberg, s'ouvre au ras du sol (+ des photos 1 et 2) l'étroite ouverture de l'Aven Gombault (-27 mètres ) La voie d'accès normale au Vallon des Aiguilles et la plus courte c'est le Boulevard de la Grotte Rolland, embranchement de la route de la Madrague de Montredon.
Escalades de la Rive Droite du Vallon des Aiguilles
I - L'Arête Nord de Marseilleveyre(
Photo N° 1)
Première par: Hermitte
et Gras en 1912- modification par Dr. Poucel junior, C.
Hancy en 1932 - Escalade "libre facile"
Très facile par le premier
itinéraire, elle présente plus de difficultés si l'on suit
le fil de l'arête en entier en direction du sommet de la
Mitre (variante Poucel) ce dernier parcours étant beaucoup
plus joli. Sur cette arête on trouve tout au
long la roche impeccable à grosses prises, très rares dans
le calcaire des calanques; c'est pour cela qu'elle est si
fréquentée par les caravanes de tout poil qui montent par là
pour éviter les éboulis fastidieux des sentiers jalonnés:
aussi des centaines de godillots férrés ont-ils usé et poli
le rocher devenu glissant par endroits. Encordement : 15 m.
Descendu du sommet de la Mitre, l'Arête Nord termine dans
sa partie basse la rive droite du vallon des Aiguilles
Remonter le thalweg du vallon, puis l'éboulis de la Grande
Face de la Mitre, et suivre vers la gauche un sentier qui
serpente en direction de l'arête. Débuter par des rochers en
escalier et un petit couloir embroussaillé dans son flanc
droit.-R.1
Franchir quelques marches , monter sur
un bloc détaché - (à gauche dans la face nord débouchéd'une
cheminée très raide gravie par E.Frendo en 1930 pour éviter
le bas de l'arête trop monotone) -, escalader alors une
dalle bombée assez lisse ( la Tortue).- R.2
Continuer sans difficultés jusqu'à l'entrée d'une vire
terreuse dans le flanc nord.-R3-
Au bout de cette
courte vire grimper dans une cheminée ouverte puis
escalader une série de gradins et de dalles fissurées.-R4-
L'Arête devient horizontale jusqu'à un collet .-R5-
L'itinéraire Hermitte file alors vers la gauche au flanc
d'un vallon suspendu; - nous y reviendrons plus loin, après
avoir décrit la variante Poucel qui suit le taillant de
l'arête tout au long-. Escalader une dalle lisse à prises
inconfortables jusqu'à un surplomb de rocher brisé que l'on
passe par la gauche .-R6-
Continuer par de petits
éperons et des dalles jusqu'à un replat horizontal. -R7-
On gagne de là sans difficulté la Cime de la Mitre et
l'on redescend vers son collet. Reprendre l'ascension par
une dalle lisse sur le flanc gauche de l'arête.-R8-
Terminer sur son taillant; l'on arrive sur les éboulis
supérieurs de Marseilleveyre.
L'itinéraire Hermitte
abandonne l'arête au 5ème relais, et suit une piste
horizontale en longant la muraille sur la gauche . Après
avoir contourné la base d'une arête secondaire bien
détachée, on s'élève au fond d'un couloir incliné. A
mi-hauteur virer à droite sur une corniche étroite et l'on
poursuit facilement sur la petite arête qui se perd dans les
éboulis Est de la Mitre .
Rejoindre son collet et
de là, évitant le dernier ressaut vertical de l'Arête Nord ,
on fait une nouvelle marche de flanc vers la gauche en
direction d'une cheminée d'aragonite rouge, où l'on escalade
d'abord une zone lisse, puis l'on ramone entre les parois du
fond et l'on débouche sur les éboulis supérieurs non loin du
Traçé Bleu des Crêtes.
L'itinéraire Hermitte a été
jalonné en noir , mais il ne subsiste actuellemenet que des
traces à demi effacées.
II - La Voie de la Mitre ( Photo N° 1)
Premiere par: G. Livanos, G. Rebuffat le 1er Mai 1941
Escalade "artificielle très difficile" - Encordement 25
mètres
Entièrement en escalade
artificielle ininterrompue, à part la première moitié de la
première étape; la 2ème étape est particulièrement difficile
et se termine par un relais sur planchette.
Comme nous
l'avons déjà dit, la Mitre est un ressaut de l'arête nord de
Marseilleveyre:à son sommet l'arête principale se divise en
deux grandes arêtes secondaires, d'abord divergentes puis
convergentes vers le bas, limitant entre elles une belle
paroi orientée nord-ouest face au boulevard.de la Grotte
Roland, d'où elle est très visible et détache nettement sa
silhouette comparable à l'ornement episcopal.
Démarrer
entre la grande excavation jaune et une petite grotte située
sur la droite de la muraille. Grimper sur une dalle bombée
d'abord compacte puis agrémentée de bonnes prises. Aubout de
quelques mètres prendre à droite une courte fissure et se
rétablir sur une vire qui file à droite vers le haut de la
petite grotte.S'élever au dessus dans une dalle lisse
dominée par des blocs brisés après lesquels on franchit une
fissure raide, puis sur la gauche une petite cheminée: on
atteint alors une plateforme carrée.-R.1
Monter
sur les blocs empilés, puis attaquer le plan droit
surplombant d'un grand dièdre noir; l'on franchit une
succession de surplombs et au bout d'une dizaine de mètres
on remonte une très courte fissure.Traverser alors à droite
pour atteindre une autre fissure sur le bord de laquelle on
s'élève jusqu'à des rochers brisés sous un surplomb;
installer là un relais sur "étriers". - R.2
Au
dessus et à gauche escalader un dièdre fissuré, puis à
gauche gagner un étroit replat herbeux.- R.3
Traverser encore à gauche et s'élever dans une nouvelle
fissure difficile qui s'améliore au bout de quelques métres;
elle mène à une corniche marquée par un pin. R.4
Par des dalles faciles on gagne le pied d'une dernière
fissure où l'on s'élève jusqu'à une vire herbeuse; sur la
gauche escalader une courte cheminée qui aboutit à une large
terrasse. R.5
De là des barres sans difficultés
mènent au sommet.

|
Rive
droite du Vallon des Aiguilles Vue prise de la Roche Perçée Photo II - Cliché Dr. Albert
|
III - L'Arête Ouest de la Mitre ( Photo N° 1 et 2)
Première par: Magol, Duchier, au
printemps 1941
Escalade
"libre difficile" - Encordement 25 mètres.
Cet itinéraire de date
récente est parallèlle à une autre voie plus ancienne due à
Meunier en 1935, décrite plus loin sous le nom de l'arête
Nord de la faille "O". Il en est très voisin et souvent se
confond avec lui: le départ se prend beaucoup plus bas et
les 3 premières étapes présentent peu d'intéret car à chaque
relais on arrive sur des terrassesd de plein pied avec
l'éboulis du couloir Choberg, et jusqu'au 3ème relais pn n'a
gravi que des soubassements.
Franchir dès le départ une
série de dalles raises et pourries qui menent à une première
corniche.- R.1
Au-dessus on gravit vers la gauche
une lame détachée au sommet de laquelle on se rétablit, puis
on escalade tout droit un petit ressaut surplombant et
l'on arrive par des rochers brisés sur une terrasse- R.2
Monter facilement sur le sommet d'un petit gendarme,
descendre dans son collet, puis escalader de l'autre coté
une dalle qui aboutit à une deuxième terrasse.-R.3
On aborde alors l'arête elle-même. Sur le bord Nord d'un
couloir facile on gravit un saillant délicat qui mène à une
bonne plateforme.-R.4-
Traverser légèrement à
droite et remonter un couloir dans le flanc gauche de
l'arête. Après un passage difficile on passe une zone plus
commode et l'on arrive dans un bosquet de chênes verts.-R.5-
Gravir une barre sans difficultés.-R.6-
Au dessus
suivre le taillant de l'arete pendant 25m; on atteint alors
un bloc détaché.-R.7-
Après l'avoir escaladé,
virer un peu à gauche, et remonter une fissure qui finit sur
une vaste terrasse herbeuse.-R.8-
Passer une barre
de rochers verticaux et terminer par des gradins faciles.
IV- L'Arête Nord de la Faille
"O" ( Photo N° 2)
Premiere par: J. Meunier,
Carrère, en Novembre 1935
Escalade "libre
difficile" - Encordement 25 mètres.
Quoiqu'il s'agisse en
réalité de l'Arête Ouest de la Mitre , cette voie sera
décrite sous ce nom plus exact géographiquement parlant
puisqu'elle suit tout au long la ligne de démarcation nord
de la Faille " O". Il n'en est pas moins vrai que
l'itinéraire précédent de Magol n'est qu'une rectification
de ce parcours plus vieux de 6 ans. La primeur de l'Arête
Ouest de la Mitre doit donc revenir en réalité à J.Meunier,
qui en 1935 parti du bas de la Faille "O"rejoignit cette
arête à mi-hauteur, après avoir parcouru un éperon
secondaire doffocile et délicat.
Prendre le départ au bas
de la Faille "O" et remonter le taillant assez raide d'un
éperon projeté au sud de l'arête ouest de la Mitre; après un
long parcours peu commode premier relais sur une plateforme
embroussaillée.-R1-
Franchir difficilement les
premiers mètres d'une fissure très raide qui s'incline peu
après et devient facile.-R2-
Traverser sur la
gauche un bosquet de chênes verts, puis escalader une
cheminée qui débouche sur une corniche.-R3-
Contourner le fil de l'arête et grimper dans son flanc droit
le long d'une fissure qui devient peu à peu mal commode car
le rocher est très fragmenté.-R4-
Continuer
toujours dans le flanc droit par une nouvelle fissure qui
s'en écarte sensiblement;on parvient sur une grande
terrasse.-R5-
Terminer par le même parcours que
l'itinéraire précédent.
V - La Faille "O" (
Photo N° 2)
Premiere par: Prudhomme, X, le 18
Octobre 1931
Escalade "libre difficile" -
Encordement 30 mètres.
Après une première étape
extrémement facile les difficultés apparaissent sous la
forme de cheminées lisses, et vont s'accentuant jusqu'au
quatrième relais. Encordement 30 mètres (pour la troisième
étape que l'on peut couper ,si l'on veut, par un mauvais
relais qu'il est préférable d'assurer sur piton).
Cette
voie actuellement peu connue est certainement la première
escalade parfaitement rectiligne réussie dans les
calanques; ce fut le type idéal, avant la lettre, de la
directissime.
Elle parcours une longue faille au fond
d'un profond couloir très ouvert de 7O mètres, qui entaille
de haut en bas la face ouest de la Mitre (h.90m.).
Quitter l'éboulis du couloir Choberg à hauteur de l'aven
Gombault et remonter sur la gauche un couloir broussailleux
très facile.-R1-
Continuer par des gradins en
direction d'une cheminée verticale resserrée que l'on
escalade sans trop de mal par ramonage. -R2- - sur
une corniche.
Gravir une large et raide fissure, d'abord
terreuse puis étroite et lisse, au dessus on remonte une
zone plus facile et l'on atteint une encoignure
embroussaillée.( relais éventuel sil'on ne dispose pas de 28
à 30 métres d"intervalle.) La fissure se redresse à nouveau
et il faut francchir un passage délicat sur des prises
douteuses; on pénètre dans un couloir.-R3-
Passer un petit mur vertical puis grimper sur de bonnes
prises dans le flanc gauche de la faille: il faut alors
franchir un dernier mais court passage de fissures très
raides où l'on progresse par adhérence; on débouche alors
sur une grande terrasse.-R4-
Terminer par une
série de fissures superposées qui amènent au sommet de la
Mitre dans l'axe de la Faille "O" .
VI - Voie Meunier
( Photo N° 2)
Premiere par: J. Meunier , V.
Rostand en 1935
Escalade "libre facile" -
Encordement 25mètres
Elle parcourt la partie
médiane de l'arête Sud de la Faille "O" décrite au paragraphe
suivant, Comme pour l'arête nord de cette faille, J.Meunier
emprumta unr voie détournée pour atteindre cette crête,
cherchant probablement avant tout le parcours d'escalade
libre le plus commode. Démarrer dans la faille "O" et monter
jusqu'à sa première cheminée verticale.-R1-
Par une facile
traversée ascendante sur la droite grimper sur une vaste
corniche.-R2-
Monter droit au collet
d'un prtit gendarme délabré.-R3-
Escalader le
fil de l'arête relativement peu inclinée mais délicate;
monter sur une grosse écaille,puis virer un peu à gauche et
s'élever dans une fissure sur son flanc nord; peu après
gravir quelques ressauts plus commodes.-R4-
Traverser alors à droite vers un couloir terreux que l'on
remonte jusqu'à un chêne vert au niveau duquel on débouche
sur un éboulis.-R5-
Continuer
facilement vers le sommet de la Mitre.
VII - Arête Sud de la
Faille "0" ( Photo N° 2)
Premiere par: M.
Samuel , G.Livanos le 18 juillet 1940
Escalade
"libre très difficile" - Encordement 25mètres
Cette voie, primitivement
exécutée en traction directe, s'est révélée à l'usage
passable en escalade libre.
En 1940 M.Samuel reprenant la
voie Munier, y rattacha un départ autonome, puis suivit le
fil de l'arête en son entier.Il fit donc une rectification
de l'itinéraire précédent. Le départ se situe à l'entrée du
couloir Choberg entre deux saillants de la muraille,
noiratres et surplombants, dans l'axe de l'arête elle-mème.
Monter sur la droite d'une coulée d'aragonite, virer un peu
à gauche et grimper vers un surplomb que l'on évite par la
gauche. Après un petit replat, quelques ressauts faciles
menent au premier relais.-R1-
Escalader alors une
large cheminée jusqu'à la corniche où l'on rejoint
l'itinéraire de Meunier.-R2-
On le suit jusqu'au
petit gendarme. -R3-
....puis sur le taillant de
l'arête.-R4-
Au lieu de virer à droite vers le
couloir, continuer sur le fil de l'arête en passant un
ressaut très raide par son flanc droit. Après quelques
mètres revenir à gauche et continuer sur le taillant où l'on
trouve une fissure qui conduit à une plateforme.-R5-
Terminer droit vers le sommet de la Mitre.
NOTA : Ces cinq derniers itinéraires présentent la particularité de communiquer très facilement entre eux à tous les étages; quoique difficiles ils ne sont donc pas de la classe des voies de la Face Ouest de St.Michel, par exemple, cataloguées dans la même catégorie de difficulté,car il est toujours possible d'y éviter un morceau déplaisant en virant dans le parcours voisin .
VIII - Le Couloir Choberg
( Photo N°1 & 2)
Première par: Ch Choberg en
1914
Escalade "libre facile" - Encordement
facultatif 15 mètres
C'est l'itinéraire le plus
facile du Vallon des Aiguilles. A part deux petites
cheminées aux extrémités, son parcours est absolument sans
histoire; un seul ennui possible en cours de route: les
chûtes de pierre. Débuter par un couloir pierreux encaissé
entre deux hautes murailles;
Escalader une cheminée
verticale dont le haut surplombe un peu mais où l'on trouve
toutes les prises rêvées, quoiqu'elles soient polies par les
souliers ferrés.
Traverser une combe couverte de
pierrailles et obliquant à droite grimper dans le couloir
qui peu après tourne brusquement à gauche. - Remonter une
longue pente jusqu'à un étranglement que l'on tourne par la
gauche. Revenant à droite on franchit une cheminée et l'on
atteint un éboulis en entonnoir,non loin de l'arrivée de
l'arête Nord de Marseilleveyre.
IX - L'Arête Manquée (
Photo N° 1)
Première par: G. Livanos , A. Coudray,
le 5 Octobre 1941
Escalade "artificielle
difficile" - Encordement30mètres
Les deux premières étapes et
la 4ème en escalade libre; la 3ème et la 5ème en escalade
artificielle difficile.
Elle fut "manquée" par Joubard et
Forestier, qui , lors d'un essai antérieur, s'arrêtèrent au
4ème relais et terminèrent par un retour en rappel à leur
point de départ; il est juste cependant de rappeler qu'ils
sont responsables de la découverte de cet itinéraire jusqu'à
son 4ème relais, et que Livanos n'eut plus qu'à mettre le
point final en trouvant la cheminée de sortie.
A droite
de l'entrée du couloir Choberg on attaque sur un
contrefort.Les premiers métres sont assez raides, puis l'on
monte dans des blocs empilés pour atteindre par la droite
une premiere terrasse.Grimper dessus dans une dalle très
lisse que l'on franchit en écharpe vers la droite. Toujours
à droite on contourne le bord de la dalle et par quelques
rochers pourris on gagne une deuxième terrasse.-R1-
Escalader une dalle délitée mais très facile qui communique
à gauche avec la combe du couloir Choberg.Ontraverse peu
après deux petits gendarmes et franchissant leur collet on
arrive au pied de l'arête proprement dite.-R2-
Après avoir passé un petit ressaut de 3 à 4m. très raide on
arrive sur un replat, puis un passage d'escalade aisée amène
àla partie difficile de l'arête Manquée.S'élever en traction
dans des dalles, d'abord tout droit, puis vers la droite.
Virer alors à gauche vers une large fissure très raide et
difficile, après un gros bloc coincé elle s'améliore, puis
on passe devant un replat de la paroi droite; grace à de
grosses prises peu solides on atteint une plateforme isolée
sur la gauche.-R3-
Suivre un éperon de
rochers pourri qui mène à un vaste collet herbeux de l'arête
principale.-R4-
A quelques mètres à gauche du
taillant remonter une large fissure; à mi hauteur on la
quitte pour s'élever à gauche dans une dalle peu engageante
et l'on se rétablit au dessus sur une vire. On gravit alors
une 2me dalle par sa gauche et l'on parvient sous un
étranglement fortement surplombant que l'on franchit pour se
rétablir dans les blocs brisés du sommet.
X - Le Mur du Jardin Suspendu
( Photo N°1 )
Première par: Dr Poucel Jr, C. Hancy,
le 11 Avril 1931
Escalade "libre facile" -
Encordement 25mètres
Le Jardin Suspendu se trouve dans la paroi rive droite de Vallon des Aiguilles, tout en haut de la muraille, à mi-chemin entre le Couloir Choberg et le Pas de la Cabre.
Cette appellation
manifestement flatteuse désigne quatre chênes verts et une
pelouse de quelques mètres carrés sur une corniche.Une
longue vire en écharpe y conduit, dont l'origine se trouve à
2Om. à droite du couloir Choberg.
Monter dans une dalle
facile virer un peu à gauche et s'élever droit dans une
courte cheminée d'aragonite grise ( prises fragiles ),
prendre à droite une larfe corniche ascendante pour arriver
dans une niche-R1-
Contourner un pilier et
continuer sur la corniche jusqu'à un chêne vert.-R2-
Traverser en montant de petites dalles pour atteindre un
deuxième chêne.-R3-
Escalader des rochers brisés
et reprendre la corniche en écharpe pour arriver sur un
étroit balcon. -R4-
On pénètre dans le Jardin
suspendu en se frayant un passage dans les ramures des
chênes verts et par une vire courbe on arrive sur la
pelouse.-R5-
Sans entrer dans le jardin et en
montant droit au dessus du 5me relais, puis en virant
difficilement à droite vers une cheminée lisse que l'on
ramone, on peut atteindre les pentes du sommet de
Marseilleveyre; cette variante est plus difficile que le
reste de l'itinéraire Poucel.
( X '' - Variante (Photo N°1 )
J.Meunier,X,X)
A l'extrémité sud de
la pelouse gravir une dalle puis une cheminée verticale où
se trouvent des blocs instables et par une corniche
ascendante facile arriver sur une plateforme. -R6-
A droite gros monolithe : la Tour. - Escalader une courte
dalle pour déboucher sur les pentes nord-ouest du sommet de
Marseilleveyre.
X' - Variante de départ du mur du Jardin suspendu.(photo N° I )
De nombreux grimpeurs voulant éviter la première étape de la voie normale, passaient par le couloir Choberg, qu'ils remontaient jusqu'au petit collet au niveau duquel il fait un coude brusque vers la droite. Franchissant ce collet ils faisaient une marche de flanc sur la corniche en écharpe de la voie Poucel.
XI - La Voie des Araignées (
Photo N°1 )
Première par: G. Livanos, Mme d'Albertas,
F.Vey, le 26 Septembre 1940
Escalade "artificielle
difficile" - Encordement 20mètres
La plus grande partie se fait en escalade libre , mais deux
cheminées-fissures difficiles dans les 4me et 6me étapes
doivent se passer sur des pitons
Elle coupe la voie du Mur du
Jardin Suspendu dans son premier tiers et débute dans une
dizaine de mètres à droite du départ de la voie
Poucel. - On gravit d'abord des rochers en gradins puis une
fissure oblique délicate qui finit sur une dalle inclinée.-R1-
Escalader un dièdre vertical au fond du relais en passant
sur son flanc gauche; contourner par la droite un saillant
et monter sur une plateforme -R2-
On croise la voie Poucel puis
l'on monte droit dans un couloir herbeux très facile.-R3-
Escalader une cheminée
déversée en s'aidant de très rares prises sur son flanc
gauche,passer un surplomb délicat et s'arréter dans une
anfractuosité.-R4-
Un peu à gauche remonter un couloir
herbeux très court, traverser encore à gauche des blocs
instables jusqu'au pied d'une fissure oblique.-R5-
On la remonte jusqu'à un minuscule replat sous un surplomb
accentué; un rétablissement difficile mène dans un petit
couloir en entonnoir dont l'entrée est extremement lisse.-R6-
Continuer dans son plan gauche et terminer par un pas à
droite qui ramène au dernier relais.
XII - La Voie de la Tour(
Photo N°1 )
Première par: G. Livanos, H. Joubard (leaders
à tour de role) le 21 Juin 1941
Escalade
"artificielle peu difficile" - Encordement 30mètres
La Tour du Vallon des
Aiguilles se trouve dans le haut de la muraille, au dessus
du Pas de la Cabre que franchit le tracé vert dans le haut
du vallon 'est un monolithe carré assez difficule à
distinguer d'en bas. Débuter dans un renfoncemeny de la
muraille sous le Jardin Suspendu par une courte fissure
déversée suivie d'une cheminée pleine de blocs instables.
Après quelques mètres on atteint un ressaut raide que l'on
franchit par la droite, puis on parvient sur une bonne
corniche ascendante.-R1-
On la suit en direction d'un couloir où le rocher est de
nouveau très mauvais,et dont on sort par la gauche pour
arriver sur une belle plateforme herbeuse.
-R2-
Juste au dessus du relais
s'élever dans une courte dalle puis on traverse vers la
gauche dans une deuxième dalle après laquelle on atteint un
replat. On peut également passer plus à gauche par une
fissure plus commode. -R3-
Gravir au dessus une fissure déversée et pourrie qui permet
d'entrer dans un grand dièdre de rocher blanc.Se rétablir au
sommet d'une grosse écaille et progresser ensuite dans le
fond du duèdre le long d'une large fissure assez facile:
elle finit sous un surplomb.On le contourne par la droite
sur pitons et l'on remonte un petit couloir facile descendu
du collet de la tour.-R4-
Virer à droite dans sa face nord; on
atteint le sommet par une dalle délitée.- De là on redescend
dans le collet puis on finit l'ascension en escaladant
quelques blocs dans la paroi d'en face .
Escalades de la Rive Gauche du
Vallon des Aiguilles
Alors que sa rive droite est
bordée par une haute muraille , la rive gauche du Valoon des
Aiguilles est formée par de petites parois superposées,
coupées de grandes corniches auxquelles on accède très
facilement par de nombreux passages sans escalade; ce sont
les assises de Béouveyre.
L'exéguité de ces murs n'a pas
attiré les grimpeurs et l'on ne peut guère y signaler qu'un
seul parcours, d'ailleurs très facile: la cheminée Sud de la
Baume de la Colonne.
De petites aiguilles se dressent
dans ses éboulis qui offrent des possibilités
d'escalades très courtes mqis le plus souvent difficiles; ce
sont: le Rat, la Nonne, l'Evêque et la Colonne.

| Rive
Gauche du Vallon des Aiguilles Vue prise du premier ressaut de l'Arête Nord de Marseilleveyre - Cliché Dr. Albert |
I - Le
Rat II - La Nonne III - L'Evêque IV- La Colonne V - Sortie de la Cheminée de la Baume de la Colonne (masquée par l'Eperon de la Colonne) VI - L'Arête face au Rat |
I - Le Rat
Première par: J.
Laurent ,X en 1929
Escalade "libre
difficile" - Encordement 25 mètres
L'Aiguille du Rat s'élève à
proximité du tracé vert, à l'issue de sa première montée
raide. L'escalade la plus courante se fait dans sa face Est:
le rocher y est très bon mais un pitonnage intensif quoique
superflu, a quelque peu massacré les prises.
Du collet
qui sépare le Rat de son contrefort Nord, remonter très
facilement une vire en écharpe jusqu'à une plateforme.
Grimper dans une dalle raide en cherchant sur la droite des
prises hautes. Après un replat longer une fissure sinueuse
qui aboutit à une plateforme puis à un petit éboulis sous le
ressaut somital.
Une deuxième voie part en contrebas du
collet dans la face Ouest et gravit en diagonale la face Sud
le long dièdre oblique.
II - La Nonne
Première par: Prudhomme, Arles,le 11 Juin
1933
Escalade" libre difficile" mais très courte -
Encordement 15m.
Ainsi que son voisin
l'Evêque, la Nonne est située au pied d'une muraille de
Béouveyre à la même altitude que le Rat à une centaine de
mètres vers l'Ouest.- Contrairement aux usages c'est
l'Evêque qui parait prosterné devant la Nonne.
Sous le
collet qui sépare la Nonne de la muraille de Béouveyre,
grimper facilement dans le flanc Est de l'Aiguille jusqu'à
une petite plateforme de son arête Nord. Escaladez alors une
dalle ouest où l'on atteint bientôt le sommet.
On peut
également escalader en ramonage une profonde cheminée
ouverte entre la Nonne et l'Evêque dans leur flanc Est
jusqu'à la brèche entre les deux aiguilles et suivre l'arête
Nord pour rejoindre l'itinéraire précédent.- Descente en
rappel sur un bloc du sommet.
III - L'Evêque
Première par:
Prudhomme, Arles le 11 Juin 1933
Escalade"libre
difficile"très courte -Encordement 15m.
Monter à la brèche entre les deux aiguilles par la cheminée de leur flanc Est, puis grimper dans un renfoncement et se hisser sur un bloc en surplomb, quelques mètres faciles conduisent ensuite au sommet. - Descente en rappel sur un pin (15m.)
IV - La Colonne
Première par:
J.Laurent, Mme Garrigues en 1929
Escalade "libre
difficile" - Encordement 15 m.
Après le Rat suivre le tracé
vert devenu horizontal jusqu'à un grand éboulis descendu de
Béouveyre; on le remonte par sa rive gauche pendant 50 m.
Gravir alors les rochers de cette rive en contournant
l'éperon qui soutient la Colonne, on arrive à une corniche.
Monter dans une fissure peu marquée dans sa face Nord Est en
direction du collet; là aussi les rares prises ont été
abimées par des coups de marteau intempestifs !!
Au
dessus escalader une bonne et courte fissure qui amène sur
l'étroite plateforme du sommet.
V- La Cheminée sud de la Baume de la Colonne
Continuer l'ascension de
l'éboulis précédent jusqu'à la Baume. La cheminée monte en
oblique
sur la gauche.
Elle est très facile, et ne
mérite pas une description détaillée.
VI - L' Arête face au Rat
Première par: Moyrand, X en fevrier 1941
Escalade "artificielle peu difficile" - Encordement 20m.
Ce segment d'arête descendu
de Béouveyre fait fa ce à l'arête sud du Rat. -
Débuter
dans le flanc droit par une difficile fissure
verticale puis obliquer à gauche, gravir une nouvelle
fissure et atteindre une corniche .Contourner facilement le
taillant et terminer dans le flanc gauche par un dièdre
incliné .
Escalades de la Face Nord de Marseilleveyre
Les cheminées de la Grotte Rolland
Première par: C. André en 1924
Nous joindrons au quartier du
Vallon des Aiguilles cette voie d'ascension directe au
sommet de Marseilleveyre par sa face Nord. Nous n'avons en
effet rien d'autre à décrire dans cette face où il doit
exister pourtant des parcours intéressants.
Suivre le
tracé noir et jaune qui passent au bas du Vallon des
Aiguilles et franchir la première crête, au de là de
laquelle s'ouvre, en contrebas du sentier , la Grotte
Rolland. Dans le thalweg du vallon un énorme bloc est tombé
à proximité du chemin. Quitter le tracé à cet endroit et
s'élever jusqu'à la paroi au pied d'une cheminée verticale;
on la gravit en montant dans son plan gauche. On arrive sur
les corniches nords de Marseilleveyre; traverser le sentier
et remonter une seconde cheminée d'abord surplombante et
étroite, puis s'élargissant plus haut en couloir aux parois
lisses. Remonter alors l'éboulis des terrasses supérieures
de Marseilleveyre et atteindre le sommet par une série de
grandes dalles superposées.
1 - La Pointe Callot
2 - Face Est de la Tête de la Mounine
3 - Paroi Triangulaire
4 - Arête Ouest du Cirque de la Mounine
5 - Muraille du Plan des Cailles
17 Itinéraires 7 photos
Les bonnes gens qui le
baptisèrent "Malvallon" étaient sans doute impressionnées par la
hauteur des murailles qui s'élèvent haut dans le ciel au dessus
de cette gorge extrèmement pittoresque; en réalité un excellent
sentier court le long de son thalweg qui parti du Plan des
Cailles dans la calanque de Marseilleveyre monte en direction du
Pas de la Selle après avoir bifurqué dans la branche nord du
vallon et de là file vers la Fontaine de Voyre et Mazargues . Ce
fut de tout temps le chemin le plus fréquenté par les pêcheurs
de ce village qui se rendaient à leur cabanon de Marseilleveyre,
son parcours est très facile et sans aléas. Seul l'aspect
rébarbatif des murailles de ses deux rives a pu influencer
l'sprit populaire et valoir au vallon de Marseilleveyre son
préfixe péjoratif de " Mal" .
Les plus belles parois et d'ailleurs les seules pratiquées des
grimpeurs, se trouvent en haut de la Rive Droite du Malvallon
dans les pentes Est et Sud de la Cime de Marseilleveyre; les
faces Ouest et Sud de la Tête de la Mounine ( 384 m.) et vers le
bas à proximité de la calanque, la Muraille du Plan des Cailles
.
Une ligne d'arêtes aujourd'hui presque nivellée descend du
sommet de Marseilleveyre vers le Sud-Est et présente un
ressaut brusque isolé : la Pointe Callot ( 325m. environ
).
Les autres rives du Malvallon et de ses branches médianes sud
sont formées par de nombreuses petites murailles de peu
d'ampleur et aucune n'a à notre connaissance été gravie.
Deux voies d'accès mènent au
quartier du Malvallon : Du boulevard de la Grotte Rolland par le
tracé noir jusqu'au bois de la Selle ; on suit alors le tracé
vert de la Calanque de Marseilleveyre qui franchit le Pas de la
Selle et par une piste à flanc de coteau on arrive à la Pointe
Callot.
De Callelongue on prend le tracé jaune de la Galinette, après
avoir longé la face Sud du Rocher de st.Michel on traverse
le vallon de la Mounine et l'on franchit le Col de la Galinette.
Le sentier suit alors la base de la Face Sud de la Tête de la
Mounine, puis sa face ouest et on contourne la Pointe Callot
avant d'arriver au Pas de la Selle.
LA POINTE CALLOT
Cette aiguille porte le nom de
ses premiers conquérants en 1902 .
Massive et peu élégante dans son ensemble, elle est supportée
par un énorme socle d'éboulis témoin de sa splendeur passée et
de sa décrépitude actuelle; seules ses faces ouest et sud-ouest
ont bel aspect.
Elle est orientée dans sa plus grande longueur dans le sens
Est-Ouest. Elle a quatre faces : Nord, Ouest,Sud-Est, et
trois arêtes : Est, Nord-ouest, et Sud-ouest. La Face Nord
présente peu d'intéret, car elle est non seulement peu élevée
mais aussi envahie par une végétation dense, de plus elle est
sillonnée par plusieurs corniches qui communiquent avec les
éboulis voisins.
On y compte plusieurs itinéraires d'escalade libre: deux
très faciles: la Voie des Arêtes et le couloir Nord,- une courte
cheminée un peu moins commode : la Reboulade, et un parcours
d'arête avec une vire délicate: l'Arête nord-Ouest.
La Face Sud-Ouest est fortement concave et de meilleure
apparence; elle n'offre que deux itinéraires: la Voie ditede la
Face Sud -Est, complétée par la Voie Droite ..
La Face Sud-Ouest est plus majestueuse elle atteint 70 m.de
hauteur; elle est parcourue par deux voies très difficiles, une
de'escalade libre, l'autre d'escalade artificielle.
Entre ces deux faces méridionales,l'itinéraire Clair assez
facile, anciennement appellé Voie de la Face Sud monte sur un
éperon mal individualisé.
La Face Ouest est très verticale et coupée en écharpe par une
diaclase d'aragonite : La Diagonale .
Quant aux arêtes deux seulement ont été escaladées: l'Arête Est
extremement facile et la petite N.Ouest qui rattache la
Pointe Callot aux pentes de Marseilleveyre. L'arête sud-ouest
attendaitencore sa conquête à la fin 1941 .
Escalades de la Face
Nord
I / La Voie des Arêtes
Premiere par : Callot père et fils
le 20 Mars 1902
Escalade " libre facilee " - Encordement (
facultatif) 10-15 m.
Au milieu de la Face Nord et à mi-hauteur, car sa base descend obliquement en pentee rapide, suivre vers l'est une belle corniche légèrement ascendante qui mène à l' arrrrête Est; on put aussi arriver là très facilement en suivant son taillant depuis son origine.Escalader une cheminée facile, traverser une terrasse dite du gendarme, sauter sur une cassure de 2m. de haut et tantôt sur l'arête,tantôt par de petites cheminées dans son flanc nord , on atteint le sommet .
II / La Reboulade
Première par : Reboul, en ?
Escalade " libre facile " -
Encordemnt l5 m.
A mi-chemin de la corniche qui mène à l'arête Est, une cheminée assez profonde mais courte permet de rejoindre directement la crête; on la franchit par un ramonage plus fatiguant que difficile et l'on débouche à quelques mètres à l'Ouest du saut du gendarme .
III / Le Couloir Nord
Première par: Callot Père et fils le 20
Mars 1902
Escalade " libre facile " - Encordement
facultatif 15 m.
Ce fut l'itinéraire de la " première de la Pointe Callot " Un peu à gauche de l'aplomb du sommet, grimper dans une dalle vers une écaille détachée, suivre des vires herbeuses sur la gauche pour rejoindre le couloir et le suivre jusqu'à une corniche qui ramène à l'Est vers les arêtes. Le couloir Nord est surtout utilisé pour la descente.
IV / L'Arête Nord-Ouest
Première par J.Save, Artru en 1934
Escalade " libre difficile "
Encordement 15 m.
Du Collet de la Pointe Callot,
suivre la ligne d'arête, passer l'arche de pierre et remonter
des rochers très faciles jusqu'à une plateforme où pousse des
arbustes- R.1 et 2 .
S'élever droit dans une dallle fissurée peu commode et se
rétablir sur une corniche extremement étroite. On la suit vers
la droite par une marche de flanc exposée ' aucune prises sures
pour les mains) et après avoir contourné un bloc on pénètre dans
un couloir barré par un chêne vert .- R3
Remonter ce couloir terreux et embroussaillé et
terminer par des gradins .
Escalades de la Face Sud-Est
I - Voie de la Face Sud-Est
Première par: V.Rostand, X le 13 Septembre 1936
Escalade " libre difficile "
- Encordement 20 m.
Cet itinéraire fort
incomplet décrit un " S " parfait dans la partie moyenne de la
Face, mais son origine se trouve dans la face Sud-ouest et il
finit sur la portion horizontale de l'arête Est ! Un
seul court passage vraiment difficile avant d'arriver au 2me
relais.
Remonter le couloir de la Voie Cair, dite de la face Sud,
parvenu au sommet de son éperon, longer vers la droite une
corniche horizontale qui file dans la Face sud-Est.- R1
Quelques mètres avant son interruption escalader un dièdre dont
la paroi gauche est formée de rochers brisés; puis virer vers la
gauche sur une étroite corniche ascendante et se hisser sur une
écaille posée sur son extrèmité. De là grimper droit dans une
courte dalle sans prises, puis on se rétablit sur une nouvelle c
orniche horizontale que l'on suit à droite en direction d'une
plateforme en balcon. - R2
Laisser le dièdre vertical qui se développe au dessus et
d'engager dans la dalle de droite en suivant une b
onne fissure oblique pour atteindre les arêtes.
II / La Voie Droite
Première par : Dr.Albert, Gisèle Albert le 14
Septembre 1939
Escalade " libre difficile" -
Encordement 20 m.
Les difficultés sans atteindre à l'extrème, y sont très
soutenues et sensiblement plus grandes que celles de
l'itinéraire précedent.
Cet itinéraire suit une diaclase
rectiligne qui fracture la face de l'aplomb de l'épaule Est et
rectifie les sinuosités de la voie Rostand.
Débuter par une mince fissure verticale, d'abord facile, puis
très raide sous la corniche où elle s'élargit.-R1
Escalader le dièdre de rochers brisés de la Voie Rostand et
laissant à gauche la vire ascendante, traverser vers la droite
une dalle abrupte pour rejoindre la diaclase. Monter sur des
plaques détachées, passer une fissure glissante et se rétablir
sur un bloc en balcon.- R2
Grimper dans le dièdre au dessus du relais où l'on progresse par
un ramonage exposé; on peut d'ailleurs en sortir au bout de 3 à
4 m. en se rétablissant difficilement sur son arête droite que
l'on suit commodement.Dépasser une niche à hauteur de l'arête
Est et franchir sur le saillant de l'épaule un surplomb très
accusé; après s'étre rétablit difficilement sur un replat
incliné, il ne reste plus qu'à passer une courte dalle où l'on
trouve des prises excellentes mais très hautes.
Escalades de la Face Sud-Ouest
Dans ce paragraphe nous comprendrons
l'itinéraire L.Clair connu depuis sa découverte sous le vocable
de "Voie de la face Sud", parce que jusqu'en 1936 il fut le seul
parcours fréquenté dans les Faces méridionales de la Pointe
Callot. En réalité il se trouve presqu'entièrement dans la
face Sud-Ouest .
I - Voie L. Clair
Première par: L. Clair, Lemerre en 1922
Escalade " libre facile " - Encordement 20 m.
Un seul passage délicat : une
fissure en surplomb où il faut passer sur un bloc coincé
branlant, assez solide cependant puisque d'innombrables
grimpeurs non avertis ont essayé sans succès de le faire partir.
A gauche d'un grand éperon, à l'intersection des faces sud-est
et sud-ouest, remonter un couloir parsemé d'arbustes, faire une
courte traversée vers la gauche; passer une petite" cheminée et,
revenant à droite,prendre pied sur la terrasse au sommet de
l'éperon.- R1
Gravir une cheminée assez ouverte et lisse au départ puis
escalader un ressaut au dessus duquel se trouve une corniche
bordée de gros blocs.- R2 .
A son extrémité à gauche remonter une fissure extremement lisse
mais peu inclinée qu'il faut franchir par coicement du bras et
de la jambe droite; la pente s'atténue et l'on arrive sur une
terrasse herbeuse.-R3
Escalader une petite cheminée très raide bouchée par un bloc
branlant, dont on se sert comme prise pour sortir sur une
terrasse; remonter un couloir caillouteux et terminer par des
gradins très faciles.
L'Orthopédique
Ce nom baroque et dont il ne nous a pas été possible de déceler
l'origine, désigne une variante de sortie de la <<<Voie Clair.
Après la fissure du bloc branlant, grimper sur la gauche du
couloir caillouteux dans une courte fissure très raide où l'on
progresse en coincements pénibles. Que le grimpeur se rassure,
il n'est pas besoin d'accessoires d'orthopédie,-béquille ou
jambe de bois- pour passer par là. On termine également par des
gradins commodes.
II - Voie de la Face Sud- Ouest
Première par: Ch.Magol, R.Duchier le 29 Aout
1937
Première féminine par Gisèle Albert
Juin 1939
Escalade " libre très difficile "
- Encordement 25 mètres .
Les grosses difficultés se
trouvent dans la grande vire de la deuxième étape et surtout
dans la 3me. Exécutée avec quelques pitons d'assurances - 4 à 5-
c'est la voie d'escalade libre la plus dificile de la Pointe
Callot. Plusieurs essais sur ce parcours furent faits avant
Magol, mais ils n'allèrent pas plus loin que le 2 me relais.
Quelques mètres à gauche du couloir de l'itinéraire Clair
remonter une longue fissure rectiligne pour arriver sur une
corniche qui communique avec la terrasse au sommet de l'éperon
sud.- R1
Gravir un dièdre oblique et aborder une longue fissure
ascendante en écharpe qui s'élève" dans la face Sud-Ouest.
Passer d'abord une dalle deeversée; traverser une étroite vire
pour atteindre une mince fissure sans prise de pied; traverser
une nouvelle dalle pour arriver sur une corniche exigue.
Franchir un ressaut de la fissure devenue plus facile et par une
marche de flanc atteindre une belle plateforme.-R2
Toute cette étape se fait sur d'excellentes prises de mains,
mais les prises de pieds y sont rares et espacées.
Monter droit une dalle commode et s'engager dans un dièdre
ouvert limité à droite par une dalle lisse; suivre la fissure du
fond (difficile ) jusqu'à un surplomb que l'on surmonte grace à
des prises dans la paroi de gauche et l'on pénètre dans une
niche terreuse.- R3
Par un ramonage face au vide, escalader une cheminée barrée par
un gros surplomb et l'on se rétablit sur une petite plateforme (
aérien ); des ressauts faciles amènent sur une corniche
horizontale.-
R4 .
Un peu à droite une courte dalle abrupte livre accès aux
gradins du sommet
III / L'Intégrale de la
Face Sud-Ouest
Première par : G.Rebuffat, G.Livanos ,J.Bouisson le 26
Janvier 1941
Escalade " artificielle très difficile " -
Encordement 20 m.
Une première étape libre facile, une 2me étape artificielle peu
difficile, puis trois étapes très difficiles, la fin étant moins
ardue.
Le départ se trouve dans le flanc
droit du pied de l'arête sud-ouest:; on monte sur un gros chêne;
puis on grimpe dans une fissure qui débouche sur une sangle
herbeuse inclinée.- R1
Escalader alors une nouvelle fissure verticale où le rocher est
brisé et instable; une cheminée meilleure lui fait suite qui
aboutit dans une anfranctuosité, relais sur un gros bloc à
gauche.- R2.
Dans son angle Est remonter une cheminée d'aragonite et suivre
une fissure oblique en surplomboù l'on progresse difficilement
sur des pitons peu surs .Dépasser un replat puis escalader un
gros bloc mal coincé entre les deux branches de la fissure qui
s'est dédoublée.Aussitôt après on atteint facilement une
corniche herbeuse à peu de distance du enième relais de la voie
Magol .- R3
Revenir vers l'ouest et s'élever en oblique sur une plaque de
rochers pourris pour rejoindre une fissure sinueuse
que l'on suit jusqu'à une nouvelle corniche; on s'y rétablit sur
un bloc et l'on vire à gauche vers une plateforme sous une niche
.- R4
Passer un surplomb accentué et grimper dans une dalle fissurée;
on arrive sur une troisième corniche
( génevrier ) - R5
Continuer à la verticale en franchissant une fissure déversée;
après un replat on escalade une dalle de rocher excellent et
l'on oblique à droite ensuivant la base d'un mur surplombant.
Passer un dernier ressaut et terminer dans les gradins du sommet
.
Escalade de la Face Ouest
IV / La
Diagonale ( photo des Faces Ouest et Sud -ouest et de la
face Nord )
Première par: Dr.Albert, Gisèle Albert, H.Gilles
le 26 Janvier 1941
Escalade " artificielle difficile " - Encordement : 30
mètres
Le plus souvent en escalade libre difficile, avec de très courts
passages artificiels.
Une bande d'aragonite rouge coupe
en écharpe la face Ouest depuis le bas se l'arête sud-ouest
jusqu'au collet de l'arête Nord-ouest; ce feuillet est inséré
entre les lèvres d'une diaclase qui fracture la paroi en
oblique.
Départ au pied de l'arête sud-ouest dans un large couloir,
obliquer à gauche,passer un entassement de blocs instables et
s'arreter sur un ressaut couvert de débris. - R1
On s'engage d'abord dans l'axe de la coulée d'aragonite sur des
prises médiocres, puis l'on suit son bord gauche où son rocher
s'améliore.On franchit un premier puis un deuxième ressaut et
arrivé à hauteur d'une plateforme située dans la muraille à
droite, facilement identifiable par les broussailles qui
l'encombre, on traverse une bande d'aragonite. Après avoir passé
un petit dièdre surplombant on se rétablit sur une dalle
inclinée.- R2 - relais assuré sur piton.-
Vers le Nord escalader un court dièdre déversé et se rétablir
difficilement sur les prises rondes d'une corniche étroite. -
R3 .
Virer encore au Nord, escalader un saillant qui cloture la
corniche, puis une zône de rocher extrèmement délité et très
raide ( exposé ). On pénètre dans un couloir où regne une
végétation qui amène à un minuscule collet communiquant avec les
pentes de la face Nord.- R4
Escalader la dalle fissurée de l'itinéraire de l'Arête
Nord-Ouest mais au lieu de virer à droite sur la corniche
,monter sur un bloc encastré dans une fissure coupée par un
surplomb; celui-çi franchi, la fissure s'ouvre en cheminée très
lisse mais peu inclinée et débouche sur les terrasses du sommet
.
Escalades de la Face Est
de la Mounine
I / Voie Moyrand
Escalade " artificielle peu difficile" - Encordement 25 m
Un seul passage artificiel, le rete en escalade libre moyenne
La Voie Moyrand traverse en
écharpe la paroi rive gauche Nord du Grand Couloir,
Remonter la première partie très embrousaillée mais sans
difficulté du couloir jusqu'au point où il se resserre et
se redresse. - R1
Virer à droite sur une plateforme, gravir une dalle raide,
dépasser un replat terreux, puis traverser vers la droite une
vire que l'on suit jusqu'à un pin. - R2.
Gravir un gendarme accolé à la paroi, il faut ensuite escalader
une dalle lisse en passant sur un piton qui sert de prise, puis
on oblique à droite sur l'éperon Nord .- R3
Terminer par une série de cheminée terreuse qui aboutissent dans
les terrasses du sommet de l'éperon .
II / Variante Livanos
Première par: G. Livanos , Suzon Dijon , le 3 Janvier 1942
Escalade " artificielle peu difficile " -
Encordement 25 m.
Elle parcourt également en
écharpe la paroi Nord du Grand Couloir, mais arrive plus haut
sur l'éperon. La première partie est commune avec
l'itinéraire Moyrand, puis au lieu de virer à droite, on grimpe
dans une courte fissure et après un encoignure rougeâtre
on traverse à droite vers une plateforme inclinée.- R1
Passer un léger surplomb en suivant une fissure oblique à gauche
et grimper sur une vire qui ramène franchement à droite vers une
terrasse. - R2 .
Sur le bord gauche d'une cheminée rouge, gravir des
rochers surplombants en direction d'un entassement de gros blocs
instables où l'on se rétablit. Revenir à droite en contournant
un saillant et rejoindre une corniche étroite. - R3 .
Monter au fond d'un dièdre surplombant; après quelques mètres la
fissure qui en occupe le fond s'élargit considérablement. On
passe alors sur le plan gauche où l'on s'éleve quelque peu, puis
on vire sur le plan droit vers une cheminée sur le bord de
laquelle on monte . Elle s'élargit ensuite et permet le ramonage
avant d'arriver au sommet de la paroi.
III / Le Grand Couloir ou Couloir du Portefeuille
Première par :
J.Steicher, G.Tramier le 11 Mai 1941
Escalaqa " libre
très difficile "
- Encordement : 3O mètres.
Deux étapes très difficiles sont encadeées par deux autres
étapes très faciles.
Ce couloir mérite
amplement son adjectif " grand" haut de 135 m.et large à sa
partie moyenne de plus de 30, il coupe la paroi d'une large
incision rectiligne. Son surnom lui a été attribué recemment à
la suite d'une mésaventure pénible survenue à l'un des grimpeurs
lors de la première : il perdit son portefeuille!
Il ne nous a pas été possible de receuillir des renseignements
prècis sur un essai bien antérieur qui aurait aboutit au sommet
en suivant les parties faciles du couloir et une dérivation dans
la partie droite au niveau des itinéraires Moyrand et Livanos
dans le but probable d'éviter la zone moyenne extrèmement
rébarbative; et nous n'avons pu retrouver traces de ces
grimpeurs, ni de sa date approximative. De toutes façons la zone
moyenne du Couloir a bien été gravie pour la première fois par
Streicher et Tramier et cette première doit étre inscrite à leur
palmarès.
Gravir une longue première
étape sans difficultés. -R1
Attaquer la cheminée verticale au fond, en opposition pendant
une dizaine de mètres puis il faut paser un surplomb très
difficile où la pose d'un piton prise est presque indispensable;
un nouvel étranglement permet de reprendre l'escalade en
opposition et d'arriver à une plateforme assez confortable.- R2
Après un nouveau passage d'opposition, la cheminée se resserre à
nouveau et devient trop étroite por que l'on puisse se coicer
entre ses plans parallèles; c'est là le passage le plus
difficile et le plus exposé de tout l'itinéraire,.on débouche
ensuite dans un chêne vert à moitié carbonisé. - R3
Remonter un couloir de pierres et de broussailles et terminr
par une cheminée facile .
IV
- Voie de l'Eperon Central
Première par G.Livanos, M.Samuel ( leader à tour de
rôle) le 24 Novembre 1940
Escalade " artificielle très difficile "
- Encordement 3O mètres
Escalade la plus longue de la Tête de la Mounine - 135 m.- les
trois premières étapes sont très difficiles, les deux autres
faciles
Cet itinéraire assez sinueux s'inscrit dans le flanc Sud-Est de
l'éperon central.
Débuter par une petite fissure peu inclinée jusqu'à un mauvais
replat ( arbustes ) S'élever pendant une dizaine de mètres le
long de deux fissures parallèles puis virer à droite dans une
dalle après laquelle on arrive sur un étroit replat herbeux
dominé par un bloc menaçant. Virer à gauche et gagner une
corniche-R1
Traverser à droite pour se rétablir sur le gros bloc en
équilibre et grimper dans une courte cheminée, puis le long
d'une courte fissurz. Traverser un peu à gauche, gravir une
dalle, revenir à droite pour reprendre la fissure que l'on suit
jusqu'à une mauvaise plateforme sur la droite. Grimper sur un
bloc et monter sur un replat encombré d'arbustes .- R2 .
Assuré en pendule, descendre un peu vers la gauche et suivre une
vire pendant 10 m. - R3
Escalader une fissure qui aboutit à une vire convexe dominée par
un surplomb, après l'avoir franchit on poursuit l'escalade en
passant deux nouveaux sucessifs, puis l'on gravit une dalle
verticale.Traverser alors un peu à droite et s'élever dans une
fissure dont on sort par la droite sur une étroite corniche
terreuse.- R4 .
Descendre dans un couloir, puis remonter la fissure du fond; on
atteint une vire étroite et par une courte dalle on sort au
sommet de l'éperon.- R5
Les grosses difficultés sont terminées. Traverser un peu à
droite, remonter un couloir d'aragonite et d'éboulis, passer à
gauche un premier ressaut de rochers faciles. - R6
On se trouve devant un deuxième ressaut; s'élever à gauche sur
un petit éperon, puis à droite dans une petite fissure suivie de
dalles faciles, on débouche au sommet de la Tête de la Mounine.
V - Voie de la Paroi Sud- Est
Première par G.Livanos, Moyrand (leader à tour de rôle) et
H.Chopard, Dr.Albert le 21 Décembre 1941
Escalade " artificielle très difficile " -
Encordement 35 mètres
Le principal obstacle se trouve
dans la 3me étape très longue et soutenue, les autres étapes
sont en escalade libre souvent difficile.
Attaquer la muraille au niveau de sa première state horizontale
par une fissure herbeuse oblique à gauche, franchir une zône
verticale, puis la fissure s'incline encore à gauche (
passage d'équilibre ) , au dessus on gravit un deuxième passage
vertical et par une enjambée à gauche on se rétablit sur des
prises médiocres dans un petit dièdre incliné; on débouche sur
une grande terrasse .- R1
A une dizaine demètres sur la gauche escalader en ramonage une
cheminée rectiligne; après un passage laborieux dans une
étroiture où la solidité de la roche est douteuse, la cheminée
devient facile et l'on arrive sur une deuxième terrasse.- R2
Virer encore à gauche, escalader une séries de dalles faciles et
s'engager dans une cheminée surplombante, elle est bientôt
barrée par un étranglement; traverser vers la droite, traverser
vers la droite une dalle lisse, gravir une courte fissure et
revenir à gauche dans l'axe de la cheminée où l'on continue
l'escalade pendant 6 à 7 mètres.La pente s'adouçit et l'on
aborde des dalles inclinées au dessus desquelles un bouquet de
chênes verts permet un relais solide.- R3
Escalader un large couloir très facile d'abord, puis gravir la
paroi du fond: on débouche au haut des pentesSud de la Tête de
la Mounine.
VI - Passage Facile
Il n'a pas été possible de retrouver, ni la date de sa première,
ni le nom de ses auteurs
Escalade " libre facile.
- Encordement facultatif 15 à 2O m.
Ce petit itinéraire parcours le fond de la dépression de la
Face Est.
Après avoir franchit une barre très facile, on traverse vers le sud une terrasse dans le flanc droit de la Paroi Triangulaire. Remonter alors une pente embroussaillée sans difficulté. Escalader une dalle peu inclinée et obliquant vers la droite, passer une courte cheminée qui aboutit aux pentes Sud de la Tête de la Mounine.
VII / Voie de la Paroi triangulaire
Première par : G.Livanos,
A.Coudray le 26 Décembre 1941.
Escalade " artificielle peu difficile "
- Encordement: 25 mètres
Très variée, les passages artificiels alternent avec l'escalade
libre .
Départ à l'aplomb de l'arête
horizontale Sud-Est de la Tête de la Mounine. On monte d'abord
dans des dalles inclinées faciles puis, après un court ressaut
on prend pied sur une vire ascendante que l'on suit vers la
gauche. Rejoindre toujours à gauche un premier, puis un second
replat .- R1
On traverse ensuite une dalle blanche et lisse en obliquant à
droite et l'on s'élève le long d'un bloc détaché vers un petit
pin.Franchir un surplomb qui mène sous un saillant de rochers
ddisloqués; traverser à droite une dalle lisse puis evenir au
dessus du saillant par une cheminée facile.- R2
On poursuit par un couloir terreux et facile qui aboutit à une
terrasse . -R3
Gravir ensuite une courte cheminée puis effectuer à droite une
traversée descendante en direction d'un grand pin.- R4.
Traverser à droite puis monter dans des rochers brisés; on vire
alors à gauche pour arriver sur une plateforme terreuse .-
R5
Escalades de la Face Sud
A partir de la Paroi Triangulaire la ceinture de murailles de la Tête de la mounine s'abaisse graduellement puis forme un petit cirque face au midi. Est-ce la médiocre qualité de la roche ou le peu d'élévation de la paroi qui sont la cause du délaissement de cette face ? Quoiqu'il ensoit nous ne pouvons y décrire que deux petits itinéraires d'arête à ses extrémités: le premier très facile à l'Est, le second extremement court à l'Ouest. Il est vraisemblable cependant que d'autres parcourts y ont été tracés que nous ne connaissons pas actuellement .
I - Arête Est du Cirque de la Mounine
Nom de l'auteur de la première et
date inconnue
Escalade " libre facile " - Encordement faciltatif
: 15 m.
Aucune difficulté dans cet itinéraire
Du sentier de la Galinette monter
sur les pentes de la Tête de la Mounine en direction d'une tour
assez mal individualisée ( a ) franchir un collet, passer dans
la Face Sud, faire un pas et remonter un petit couloir,
traverser un ébboulis et gravir une dalle concave ( b )
Traverser vers la droite une grande terrasse pour
rejoindre l'arête.On s'élève dans une fissure ( c ) puis
revenant à gauche on escalade une courte cheminée au voisinage
d'un pin (d) . Continuer vers la gauche par des corniches et de
petits ressauts faciles pour arriver sur les pentes Sud de la
Tête de la Mounine.
II / Arête Ouest du Cirque de la Mounine, ou ,
Arête du Col de la Galinette
Première par: Dr.Albert , Gisèle
Albert, le 5 Octobre 1939
Escalade " libre très difficile " - Itinéraire très court
- Encordement 2O m.
Elle se trouve à l'extrémité d'un long promontoire horizontal
descendu de la Tête de la Mounine vers le Sud-Ouest. Du
Col de la Galinette, prendre la longue arête facile qui s'élève
en direction Nord.Le ressaut médian très raide est difficile
vers la fin.
Au pied du dernier ressaut virer à droite sur une corniche puis
monter droit dans une dalle. Dépasser des petites terrasses et
atteindre une niche sous un gendarme adossé au fil de
l'arête.-R-.
Un peu à droite escalader une cheminée très raide et très
étroite; elle s'élargit ensuite mais se trouve barrée par un
passage surplombant après lequel on se rétablit difficilement
sur un replat incliné. Continuer droit dans la fissure qui
s'incurve vers la droite pour finir par un léger surplomb ou
dans la dalle de gauche plus facile .
Escalades de la Face Ouest
La hauteur de la muraille s'est
encore abaissée et ce n'est plus qu'une barre qui enserre le
Petit Val Vierge au Levant.
Pilier Ouest de l'Arête de la Galinette
Première par: Gisèle Albert, Dr.Albert le 19 Février 1939
Escalade " libre difficile" - Encordement 25 m.
Quoique très court ce parcours présente des difficultés
d'escalade libre assez sérieuses .
Vingt mètres à gauche de l'Arête,
ce pilier étaye la muraille de la face Ouest.- Sur son bord
gauche escalader un bloc adossé à la paroi, passer un dièdre
ouvert et s'engager dans une fissure oblique.
Contourner par la gauche une grosse écaille proéminentepuis la
chevaucher. Continuer vers la gauche dans la fissure devenue
moins raide et s'arreter sur une corniche exigue.- R1 .
Gravir une courte dalle puis une cheminée taillée dans des blocs
branlants, traverser son arête droite après laquelle on arrive
sur une terrasse herbeuse. - R2.
Escalader une fissure délitée et finir par des gradins .
1 - La Bougie
2 - Aiguille Bompard
3 - Muraille du Pas de la Lèbre
4 - Cirque Est de la Bougie - Tour Carrée
5 - Aiguille de la Melette
6 - Arête de Dix Heures
A 370 mètres au dessus de la mer
le Plateau des Walkyries, prolongement sud du plateau de l'Homme
Mort ou Plan de Coulon, domine le littoral sud de Marseilleveyre
et les calanques de Podestat, de l'Escu, dela Melette et de
Cortiou.
Il détache vers le sud-est un promontoire qui
se relève très légèrement à son extrémité, la Tête de la
Melette, et vers l'ouest une ligne de crêtes accérées qui le
relie aux têtes de Podestat et Malvallon.
Le Plateau des Walkyries est coupé au sud par une brusque
dépression de 80 mètres dessinée en double cirque symètrique au
centre duquel se dresse tout contre la muraille le gros
monolithe de la Bougie haut de 75 mètres à sa face sud. Le
cirque Ouest est formé par une muraille imposante d'un seul jet,
par contre le cirque Est moins élevé est aussi abordable, parce
que divisé en plusieurs étages par de grandes corviches. Tout en
haut de la muraille on y remarque une petite façade isolée:
c'est la Tour Carrée des Walkyries; elle n'est d'ailleurs en
réalité que l'extrémité de la croupe du plateau et ne peut être
considérée comme un sommet distinct, quoique son nom semble
l'indiquer.
Quant à la paroi de la Tête de la
Melette, à l'extrémité orientale du cirque de la Bougie, elle
est aussi coupée de plusieurs grandes corniches étagées, sauf
sur sa face Est.
A l'une des extrémités de cette face est
adossée la petite Aiguille de la Melette, qui est plutôt un
contrefort couronné par un gendarme; le sommet de cette
aiguille ne dépasse pas en effet son collet de plus de 10 m.
alors que ses faces Sud et Est ont plus de 40 m. et sa Face Nord
plus de 80.
Au nord de l'aiguille et de la Tête de la
Melette se creuse la pente rapide du vallon des Walkyries,
peuplé d'arêtes escarpées sur tout son pourtour. Le haut vallon,
au dessus du sentier de la douane porte le nom de Cirque des
Walkyries; dans les éboulis de sa rive droite, sous l'Aiguille
de la Melette et à proximité du thalweg, se trouve la Collone,
mince pilier isolé haut de 25 m.
Le flanc Ouest du
Plateau des Walkyries descend en pente d'éboulis vers la
Calanque de Podestat. Il détache au sud une ligne d'arêtes
dentelées, d'où se distingue la petite Aiguille Bompard et vers
l'ouest une longue crête réhaussée de gros gendarmes, qui va
rejoindre les Têtes de Podestat. Avant la coupure du Pas de la
Lébre, une petite muraille projette trois courtes arêtes
parallèles explorées en partie. Les autres parois, à vrai dire
qui s'échelonnent vers les Têtes de Podestat, sont actuellement
vierges sauf erreur .
Ce quartier est très peu
connu des grimpeurs et pendant de longues années on n'y pratiqua
que la voie Choberg à la Bougie, les escalades ultra courtes du
sommet de l'Aiguille de la Melette et un parcours assez
hétéroclite dans la Tour Carrée des Walkyries. Ce n'est que tout
récemment que furent reconnus les autres itinéraires de la
Bougie et de son voisinage, quifont de cette aiguille le centre
d'attraction de cette région désertique.
Les voies
d'accès courantes sont au nombre de 3 ; la plus
courte part de Mazargues, passe à la Cayolle, suit le Bd.
Pierrotti, puis le tracé vert de Podestat jusqu'au plateau de
l'Homme Mort; elle descend dans le Malvallon sud, puis, au
Pas de la Lèbre elle tourne à gauche, franchit le col avec
le tracé vert. Cent mètres au dessous, on tourne à gauche sur
des terrasses suspendues et en gardant la même altitude on
atteint le cirque ouest de la Bougie, à proximité de l'Aiguille
Bompard. Ou bien continuant par le chemin de
Sormiou, après le puits du Berger, on prend le tracé bleu des
crêtes de Marseilleveyre, puis au col de Cortiou: le tracé noir
du Littoral qui longe peu après le bas du cirque des Walkyries,
puis les éboulis du cirque de la Bougie
Le troisième chemin
suit le sentier de la douane ( tracé noir du littoral) en sens
inverse, par Callelongue et la calanque de Marseilleveyre.

La Muraille du Pas de la Lèbre

A proximité immédiate du Pas de la Lèbre (du lièvre) cette petite muraille forme le haut du vallon de Podestat; on y connait un itinéraire le long de son arête centrale .
Arête du Trio-Laid
Première par: Moyrand, Christine Duclos,
Sylvia d'Albertas en Avril 1939
Escalade "libre difficile "
Encordement 20-30 mètres.
La première moitié caractérisée par
des passages de dalle lisse est très difficile; le reste est
plus commode.
La première de cette escalade dût
se faire dans une atmosphère de plaisanterie puisqu'elle fut
baptisée par un jeu de mots à réminiscence chamoniarde dont sont
victimes les trois exécutants.
Attaquer par une dalle à pente
progressive où la stabilité devient problématique vers le haut.
Contourner par la gauche un ressaut surplombant et grimper le
long d'une mauvaise mais courte fissure. Revenir sur l'arête,
passer un petit dièdre délicat et suivre le fil jusqu'à une
plateforme.-R..
La deuxième étape se fait toute
entière sur le taillant sans grosses difficultés à part un
morceau délicat en quittant le relais.


En venant du Pas de la Lèbre on trouve cette minuscule aiguille campée à l'orée du cirque de la Bougie.Elle est la tête de file isolée d'une crête dentelée qui descend vers la mer en direction de la calanque de l'Escu et dont les gendarmes forment le groupe des Aiguilles des Walkyries.
Très petite, mais fort raide, l'Aiguille Bompard n'a pas 12 m. de haut elle mérite
cependant l'escalade car elle offre deux parcours délicats dans
ses faces Nord et Sud ( Aet B de la photo N° II )
Escalade "
libre facile" Encordement 10-15 m.
Auteurs et date de la première inconnus
Les Aiguilles des Walkyries
se gravissent par leurs faces Est, ou très facilement par leurs
arêtes et ne présentent pas d'obstacles bien sérieux.
Elles furent explorées par : Choberg, H. Imoucha et Lecointre en
1927
N.B.- Voir photo N°II de la face Est de la Bougie .
LA BOUGIE
Ce gros piton porte bien son nom,
évocateur de parois abruptes et de dalles lisses arrondies; il
esst en effet sensiblement cylindrique, sau sur sa face
Estcreusée par une profonde faille verticale.
Il est
adossétout contre la muraille des Walkyries dont il n'est séparé
que par une étroite coupure, large seulement de quelques mètres
et de ce fait ne se distingue bien qu'à son voisinage immédiat.
La Bougie fut découverte par Ch.Choberg au hazard d'une
excursion et conquise peu après -en 1927- par ce même grimpeur en
compagnie de H. Imoucha. Ils atteignirent le sommet par la
cheminée de la Face Ouest. A cette époque, cette escalade ,
précédant la Première de l'Arête de Marseille était
certainement le plus difficile parcours connu dans les Calanques
et cela explique la description enthousiaste qu'ils publièrent
en termes dithyrambiques dans l'annuaire de la Section de
Provence du C.A.F. (1928-1929 ) . Puis longtemps après, grace à
l'avénement des moyens artificiels, les trois autres faces
furent successivement vaincues.
Escalade de la Face Ouest
(I de la photo N° I )
Première par : Ch.
Choberg, H. Imoucha, 1er Mai 1927
Escalade
" libre difficile " -
Encordement 25 mètres
Monter dans le couloir facile qui
rejoint le collet de l'aiguille et l'abandonner à
mi-chemin pour gravir une dalle raide et se rétablir sur un très
étroit replat.- R.1
Virer à droite et pénétrer dans une
cheminée que l'on escalade sur des prises médiocres et mal
commodes jusqu'à un gros bloc coincé surplombant; puis la pente
s'atténue et l'escalade devient facile et se poursuit en
direction d'un groupe d'arbustes sous le collet qui partage la
cime de l'Aiguille en deux petits sommets. -R.2. Terminer
par quelques mètres sans aucune difficultés.
La descente se
fait en rappel , soit par la Face Nord) (25 m.) soit par la face
Ouest ( 35 m. ) soit par la Face Sud ( 35m. ).
Escalades de la Face Sud ( II
des photos I rt II )
Première par: Dr.Albert, Gisèle
Albert, J. Bouisson le 22 Février 1942
Escalade "
artificielle très difficile " -
Encordement 2O mètres
En 1942 c'est la voie d'accès
la plus ardue au sommet de la Bougie.
CCe parcours
extrèmement disparate au point de vue des difficultés est fait
de beaucoup d'escalade libre, difficile dans la 1ère,4ème, et 6
ème étapes et très facile dans les 2ème, 3ème, 7ème, étapes- et
d'un morceau d'escalade artificielle de la plus haute difficulté
dans la 5 ème étape
La Face Sud de beaucoup la plus
haute - 75 mètres - est divisée en deux parties complétement
différentes. Sa moitié inférieure ,peu pentue a un relief
très fouillée; un petit gendarme la termine, séparée de la
muraille par u_n étroit passage facilement accessible de chaque
coté par des couloirs " à vache ". C'est en somme un gros
contrfort qui étaye le bas de l'Aiguille. Samoitié supérieure,
au contraire, trèsz raide et lisse est formée par le flanc
arrondi de la Bougie, légèrement creusé dans le haut par une
fissure étroite.
Dès le départ il faut passer un surplomb en
grimpant dans une encoignure et en le contournant difficilement
par la droite; puis 4 à 5 mètres faciles amenent à une
plateforme derriere un chêne.-R.1
Monter très
facilement vers un petit pont naturel. - R.2 -
Passer plusieurs ressauts faciles jusqu'à un replat au pied du
mur vertical du gendarme. - R.3 -
Demarrer ensuite en
courte-échelle et franchir une dalle fissurée un peu
surplombante où l'on s'élève sur de bonnes prises.On
atteint le sommet du gendarme. - R.4-
La paroi se
redresse à la verticale et devient très lisse dans le haut , la
petite cheminée qui échancre le sommet parait inaccessible au
premier abord car on en est séparé par 15 mètres de dalle
compacte, sans aucun relief et de plus, à peu près verticale.
Il faut s'y élever sur des pitons posés à grand intervalles
dans des trous minuscules invisibles du gendarme; on parcours
ainsi 5 à 6 métres et l'on atteint une rupture de pente peu
marquée. On se redsresse difficilement sur une petite prise
en bénitier large de quelques centimètres, et en s'accrochant du
bout des doigts aux aspérités de la roche devenue rugeuse on
parvient à poser un piton dans une prise frafile à 2m,50 plus
haut. Il faut ensuite recommencer la même gymnastique exposée et
s'élever encore de 2 m. uniquement par adhérence pour placer le
piton suivant. Au dessus de courtes fissures apparaissent et
l'on passe normalement un léger surplomb avant d'atteindre le
bas de la cheminée . - R. 5-
Le milieu de cette étape par
ailleurs très difficile est un des plus dur passage d'escalade
artificielle que l'on puisse imaginer.
On continue ensuite
par un ramonage assez difficile dans une cheminée et l'on
débouche sur une plateforme.-R.6 -
DEelà une série de
gradins très faciles ménent au sommet .
Escalades
de la Face Est. (III de
la photo N° II )
Première par: R. Duchier, Ch. Magol
le 11 Novembre 1938
Escalade " libre
très difficile " Encordement 20 mètres;
Un court
passage de dalle difficile dans le milieu de la première étape;
une seconde étape très difficile , une 3 ème étape plus facile
mais très aérienne.
Cette escalade fut executée lors
de ses premières répétitions à l'aide de moyens artificiels;
elle est cependant passable en escalade libre pure avec quelques
pitons d'assurance, mais elle devient extrèmement difficile
ainsi .
La Face Est est striée par deux fissures qui se
croisent en " X " dont l'itinéraire suit les branches droites
On débute par une dalle très délitée où les prises se
rarifient au fur et à mesure de la progression et l'on passe un
court ressaut difficile à l'aide de mauvaises prises dans une
fissure d'aragonite; puis on escalade une cheminée terreuse
glissante jusqu'à un renfoncement inconfoortable. - R.1 -
Sur la droite deux fissures parallelles s'élèvent
verticales où l'on grimpe d'abord facilement, puis on doit
surmonter un surplomb très difficile par la médiocrité des
prises et la mauvaise qualité du rocher ,il est suivi d'une
fissure cheminée plus commode mais très raide qui conduit à une
encoignure.-R.2
Continuer par une large cheminée où
l'on grimpe assez facilement dans de gros blocs; un nouvveau
surplomb se passe assez aisément en opposition, puis en
ramonage et l'on termine par la cheminée redevenue verticale
jusqu'au sommet où elle finit en pente terreuse .
Escalade de la Face Nord
( IV de la photo N° II )
Première par : Dr.Albert, J.Bouisson
le ler Février 1942
Escalade " artificielle difficile "
Encordement 3O mètres.
Le plus mauvais passage se trouve
dans la première étape lorsqu'on franchit le surplomb jaune,
la 2me étape étant en escalade libre sauf en son milieu où il
faut quelques pitons.
Pour corser l'intérêt de cet itinéraire
on prend le départ dans la Face Est en remontant une large
cheminée descendue du collet de l'Aiguille. Par une escalade
facile en opposition on arrive sous un toît deroche jaune
éffritée; virer alors dans la paroi de la Bougie sur un piton
peu solide pour franchir le surplomb et se rétablir
difficilement dans les " baragnes "du petit couloir qui mene au
collet . - Relais -
On grimpe ensuite en opposition
entre la Bougie et le contrefort central du cirque jusqu'à ce que
l'écartement des deux murailles deviennent trop grand. Escalader
une dalle fissurée recouverte d'un placage mal adhérent, virer à
gauche sur de mauvaise prises de pied pour remonter une fissure
assez facile sur le bord gauche de la muraille. Terminer sur un
court ressaut délicat .
Escalades du Cirque Est de la Bougie
Trois itinéraires y ont été explorés tout près de la Bougie : La Cheminée Conique,très difficile; - au centre: La voie de la Tour carrée des Walkyries, de difficultés moyennes; -à l'autre extrémité près de la paroi de la Tête de la melette: un passage facile : les Cheminées de la Tête dela Melette ;
I / La Cheminée Conique ( V de la photo N° II de la Bougie )
Première par : G.Livanos, A.Coudray
le 1er février 1942
Escalade " artificielle très difficile "
- Encordement 25 mètres
Après une premiere étape très facile, deux étapes en escalade
artificielle fort difficille, puis une dernière tape en escalade
libre pénible terminée par un passage de surplomb dangereux
A 20 mètres à l'est de la Bougie
et sur le flanc gauche du contrefort central du cirque, un
éperon très saillant est couronné au tiers de la paroi par un
bouquet d'arbres. Au dessus du contrefort, d'abord mal
individualisé se détache peu à peu de la muraille pour s'en
trouver complètement séparé vers le haut, il forme alors une
tour, peu visible d'en bas, car un amas de blocs éboulés s'est
empilé dans l'intervalle libre entre les deux parois. Sur son
flanc droit (est) se dessine une cheminée, simple fissure
d'abord, puis s'élargissant peu à peu en cône aigu, mais bouché
tout en haut par un bloc effondré : le couvercle .
Grimper sur une vire ascendante facile dans des rochers brisés,
qui arrive sur une étroite plateforme.-R1
De la
cheminée qui domine de haut le relais descend deux
fissures parallelles. Remonter celle de gauche, après un léger
surplomb on parvient dans une zône de rochers pourris. Traverser
alors vers la droite afin de rejoindre la deuxième fissure dans
l'axe de la cheminée. Peu à peu elle s'élargit mais se trouve
barrée par un surplomb que l'on franchit directement. Au dessus
elle se creuse en couloir et l'on s'arrête sur un gros bloc
saillant. - R2
Gravir en opposition quelques mètres
faciles et se dresser sur un petit replat. Progresser ensuite
dans un dièdre surplomnant et surmonter un étranglement de la
cheminée.Elle s'améliore à nouveau, puis se redresse encore et
se resserre en fissure étroite et mal commode après laquelle on
atteint par ramonage la partie la plus caractérisée. Il faut s'y
enfoncer profondément jusqu'à une grotte qui communique avec le
coté Ouest de la Tour - R.3
Revenir en ramonant vers
l'exterieur; puis après quelques métres, regagner le fond où
l'on franchit un resserement lisse; puis continuer cette varappe
pénible et difficile en passant un dernier étranglement et l'on
arrive sous le bloc posé comme un couvercle sur la sortie. On se
dégage vers l'extérirur et l'on se rétablit difficilement sur
les rochers du sommet. ( très exposé ")

|
Muraille Sud du plateau des Walkyries La Tour Carrée Vue de l'éboulis au dessus du sentier de la douane. Cliché Dr. Albert
|
Voie de la Tour Carrée des Walkyries |
II / Voie de
la Tour Carrée des Walkyries
Première par :J. Save , X, X, en 1936
Escalade " libre difficile " -
Encordement 20 mètres
Ce parcours très inégal est fait de passages difficiles et de
promenades agréables
Cette escalade était autrefois
grandemant facilitée dans sa deuxième étape par des pins qui ont
brulé lors de l'incendie de 1938.
Après avoir repèré la facade de la Tour Carrée dans le haut de
la muraille, attaquer environ à 40 M. plus à droite à proximité
et à l'ouest d'un profond renfoncement formé par un éperon
saillant.
Monter vers une grosse écaille détachée et se hisser sur son
taillant pour s'engager dans une fissure-dièdre mal marquée et
d'emblée difficile, au bout de laquelle on arrive sur un étroit
replat terreux.. -R1
Entamer vers la gauche ( ouest ) une longue traversée d'abord
délicate, puis plus commode et ascendante en direvction d'un
chêne vert que l'on aperçoit à peine derriere un saillant et que
l'on atteint par un "pas" en descente peu facile.R.2
Traverser le chêne vert et descendre vers l'ouest sur une
corniche au bout de laquelle on escalade une écaille saillante,
puis on la contourne et l'on pénètre dans un véritable
maquis.-R.3
Continuer toujours vers l'ouest par une montée facile sur une
grande sangle herbeuse, puis par une cheminée raide on atteint
un grand pin sur une terrasse.-R.4
Une nouvelle marche ascendante vers l'ouest conduit au pied de
la murailla sommitale. Revenir alors vers l'est dans une grande
dalle peu inclinée jusqu'à la base d'une cheminée ouverte à
l'aplomb de la Tour.-R.5
Par ramonage on s'élève et l'on passe uèn surplomb difficile de
rocher fragile au dessus duquel on atteint un chêne.-R.6
- En terminer par une courte vire ascendante vers l'Est et une
dernière cheminée.
La muraille sommitale peut aussi se franchir à gauche de la Tour
Carrée par ramonage derriere un énorme bloc puis par une
cheminée difficile. Mais on peut aller plus à gauche où
une grande corniche atteint directement la crête .
III./ Les
Cheminées de la Tête de la Melette
III de la photo N° I de la Bougie ( i )
Premiere par J.Carme, E.Maillefet en Mars l941
Escalade " libre facile"
Il s'agit là plutôt d'une voie de communication directe entre le Cirque de la Bougie et le Plateau des Walkyries que une véritable voie d'escalade, cependant la dernière cheminéeprésente vue d'en bas une apparence de facilité trompeuse et demande des précautions. A l'extrémité du cirque Est de la Bougie remonter vers le levant un couloir très facile, traverser une terrasse et obliquant à gauche parcourir un deuxième couloir par lequel on accède à une grande terrasse.On remonte son éboulis droit au nord en direction d'une cheminée-fissure oblique remplie tout au long de feuillets d'aragonite verticaux. On arrive sur le plateau des Walkyries à mi-chemin entre la Tour Carrée et la Tête de la Melette.

|
La
Face Sud de l'Aiguille de la Melette Vue du pied de la Face Est de la Tête de la Melette |
I L'Arête Est II La Fissure Sud III La Voie de la Face Sud |
AIGUILLE DE LA MELETTE
Elle termine à l'Est le Plateaudes Walkyries ; Mal individualisée, parceque curieusement soudée sur presque toute sa hauteur à la Tête de la Melette par une bande d'aragonite rouge bien visible dans les angles des Faces Nord et Sud, elle présente cependant de beaux à-pics dans ces faces et surtout dans la Face Nord . Toutes les escalades, sauf celle de la Face Sud ont leur point de départ voisin du collet et n'interressent que le haut de l'aiguille. Le sommet fut visité pour la première fois par trois grimpeurs qui utilisèrent trois itinéraires différents en 1927 .
Escalades de la Face Sud
I / Arête Est
Premiere par : Lecointre, Choberg,
Imoucha en 1927
Escalade " libre facile "
Encordement - mètres
Longer la corniche de la Face Sud jusqu'à son extrémité et grimper dans les blocs brisés et instables de l'arête, en se tenant dans son flanc gauche.
II / Fissure Sud
Première par : Imoucha,
Lecointre, Choberg en 1927
Escalade " libre facile "
Encordement 10-15 m.
Elle se situe à quelques mètres à gauche de l'arête Est et parcours une courte dalle où l'on trouve de bonnes prises.
III / La Voie de la Face Sud
Premiere par : Dr.Albert,
Gisèle Albert le 31 Décembre 1939
Escalade " libre très
difficile " Encordement 20
M.
Les principales difficultés se
trouvent dans les deux premières étapes par ailleurs assez
courtes, le reste se fait plus facilement.
Gagner le pied de la Face, soit en descendant en rappel de la Face Est de
la Tête de la Melette, soit en venant du sentier de la douane
par de faciles couloirs embroussaillés.
Gravir une courte cheminée pour rejoindre une selle large au
pied de l'Arête Est de l'Aiguille: de là une mince fissure
s'élève en écharpe dans la muraille Sud en direction de petites
corniches herbeuses.Monter des geadins pourris et une très mince
écaille détachée, la fissure à parcourir s'ouvre à son sommet;
après quelques passages verticaux difficiles on aborde un dièdre
surplombant et l'on se rétablit sur un replat. -R.1 -
Continuer dans la fissure qui s'infléchit sur la gauche et se
rétablir difficilement sur une petite corniche - R.2 -
Escalader ensuite une dalle, virer à droite sur un replat
herbeux, puis grimper dans un dièdre déversé: obliquer alors
vers la gauche dans une dalle aux prises excellentes en
direction d'un pin mort sur la corniche à hauteur du collet. -R.3 -
Continuer par une fissure d'abord surplombant et emcombrée de
blocs brisés, puis facile vers le sommet
Escalades de la Face Ouest
I - Fissure du Collet
Première par: Choberg, Imoucha,
Lecointre en 1927
Escalade "libre facile "
- Encordement 10-15 mètres
A hauteur du collet virer vers la gauche et remonter un très courte cheminée, puis un dièdre incliné.
II / Voie Chauvet
Première par: V.Chauvet, P. Liautard en 1936
Escalade " libre difficile " Encordement
:15 m.
Cettte escalade débute
paradoxalement par une descente dans le couloir Nord-Ouest.
Par une traversée délicate contourner un angle saillant et virer
dans la Face Nor'd-Ouest de l'aiguille sur une étroite corniche
irreguliere et glissante: on atteint une plateforme.- R.1
Escalader une cheminée verticale où les prises sont
inconfortables et peu sûres; on débouche sur une grande dalle.-
R.2- De là, au sommet trajet sans histoire .
La Colonne des Walkyries
Première par: Ch.Magol, R.Duchier, Chauvet en
1936
Escalade " artificielle difficile" mais courte
Venant du sentier de
douane, suivre le trcé vert qui remonte le thalweg du Cirque des
Walkyries pendant 150 m. sous l'Aiguille de la Melette, un peu à
gauche du chemin on aperçoit la Colonne .
Elle se gravit par son coté sud; on grimpe le long d'une fissure
très raide et vers le milieu on contourne vers la gauche un
surplomb. On termine par une fissure délitée. On peut également
lancer un cable du sommet du contrfort voisin et passer en
tyrolienne. C'est d'ailleurs ainsi que fut executée la première
incursion au sommet, au printemps 1928 .
1- Arête de la Croix des Baumettes
2 - Aiguille Charlotte
3 Arête de l'Arenas

Le petit Massif de la
Croix des Baumettes au premier Plan, les maisons du hameau
Vue de la Carrière Marion - Cliché Dr. Albert
Son centre est le petit
hameau des Baumettes construit sur les ruines des Vieilles
Fabriques dans un vallon entre la chaine des Escampons et
les collines de Lun, à 3kms au sud de Mazargues.
Au point
de vue de l'escalade c'est un quartier pauvre.Seul le
minuscule massif de la Croix des Baumettes, détaché des
Escampons en face de l'Auberge Provencale peut tenter le
grimpeur car tout le voisinage n'est que collines rondes et
pinèdes luxuriantes; il offre d'ailleurs un trés joli
parcours d'arêtes délicates.Notons encore l'Aiguille
Charlotte, petit monolithe plaqué contre la muraille de la
rive droite du vallon où passent le sentier et le tracé
rouge de la Calanque de Morgiou, à environ 300m. de la route
des Baumettes et enfin quelques courtes arêtes dans le
versant ouest des Collines de Lun sur les terres du grand
Arenas. et c'est tout pour ce quartier.
I - Arête de la Croix des
Baumettes
Première par: Ramond,
Roubaud, Forestier, X , le 14 Juin 1937
Escalade " libre
dificile"- Plusieurs passages plus délicats que vraiment
difficiles s'échelonnent dans les 2me, 3me et 5me étapes -
Encordement 2O mètres
Il s'agit de l'arête faîte de
l'éperon qui limite au nord-ouest la falaise de la Croix,
dont il est nettement séparé par un couloir brouissallaux
très profond. Son escalade peut se faire jusqu'au 2me relais
par deux itinéraires différents, elle comporte plusieurs
passages assez difficiles.
Débuter sur le flan gauche par
une fissure facile, puis par une corniche ascendante.-R1-
Escalader un petit gendarme encastré à la base d'une
cheminée ouverte que l'on remonte ensuite jusqu'à une dalle
convexe où les prises sont rares; on atteint un replat au
pied d'un petit mur vertical.-R2-
La deuxième version de cette partie est plus artificielle:
Attaquer un peu plus au sud par une vire ascendante que l'on
suit de gauche à droite; elle est d'abord facile puis
s'amenuise et se redresse; grimper ensuite le long d'une
grosse écaille détachéeet atteindre un replat couvert de
pierrailles.
Escalader une dalle lisse et raide où la
pose de 1 ou 2 pitons est utile, dépasser un gros genévrier,
remonter une fissure qui amène au 2me relais.
Franchir le
petit mur vertical à l'aide de bonnes prises très hautes sur
l'arête, puis grimper sur le taillantjusqu'à une plateforme.-R3-
La pente s'atténue
progressivement, puis l'arête devient presque horizontale;
on progresse par chevauchement sur son échine aigüe et l'on
s'arrête sous un ressaut vertical; à gauche grande dalle
noire.-R4-
Un rétablissement délicat mais facilité par une bonne prise
sur une plateforme étroite et l'ascension d'une fissure
délitée terminent l'escalade proprement dite.-R5-
Il reste un assez long parcours d'arête horizontale sans
histoire pour arriver à la croix.
II - Aiguille Charlotte
Premiere par: Ch.Studer, X, en 1926
Escalade "libre difficile "mais courte- Encordement 15
mètres.
Contrefort détaché de la muraille qui borde la rive droite du vallon conduisant au Col de Morgiou, à 3OOm. des baumettes, l'aiguille appellée " La Charlotte " par ses premiers ascensionistes, n'est séparée de la paroi qui la domine que par une brèche peu profonde. Depuis l'escalade de Ch.Studer ce rocher ne semble avoir reçu que peu de visiteurs, malgré sa proximité de chemins fréquentés; l'ascension n'est cependant pas sans intéret.
Escalade : Soit par les
fissures raides du versant sud conduisant au sommet d'une
lame détachée de la muraille visible de loin et un court
ressaut (difficile)
Soit en accédant à la brèche par le
couloir ouest de 15m. et de la brèche sans difficulté
(facile).
La descente se fait par un rappel de 15 m. sur
un gros pin à l'Est de la brèche.- Renseignements
communiqués par C. Hancy ).
III - Arête de l'Arenas
Nous n'avons pas de renseignements précis sur ce parcours. Indiquons néanmoins qu'il se trouve dans la falaise Ouest des Collines de Lun, rive droite du vallon du Bois de Mazargues, en face de l'ancien Jas de Segond et du dernier puits de l'Egout, qu'il s'agit d'escalade libre et que la première est due à V. Rostand.
1 - Aiguille de Sormiou
2 - Face Sud du Baou Rond
3 - Face Nord du Cap Sormiou
4 - La Momie
5 - Le Cancéou
20 Itinéraires

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La
Calanque de Sormiou Vue du Col des Courtines Cliché Dr. Albert |
A gauche: L'Aiguille de
Sormiou A droite: La Falaise du Cap Sormiou et la Momie En bas : le petit port de Coin des Pêcheurs, à l'issue du Vallon des Escourtines |
AIGUILLE DE SORMIOU
Autrefois appellée Pointe des
Pêcheurs par le Climbers's Club. Elle est située dans la rive
gauche du Vallon des Escourtines et se découvre aisément, bien
détachée sur la mer, du Col des Escourtines.
C'est une des plus anciennement connues de nos aiguilles
puisqu'elle fut conquise par J.David en 1905 .
Elle fut d'ailleurs très fréquentée les années suivantes puisque
les membres du Climber's Club* ( en anglais: Club des grimpeurs)
y élirent domicile et aménagèrent la grotte qui la traverse à
mi-hauteur ( B des photos des faces nord et sud-ouest) , en y
construisant un cabanon rudimentaire démoli par des vandales
pendant la guerre de 1914. Il n'en reste plus aujourd'hui que le
soubassement cimenté. Et depuis elle est restée un lieu
d'entrainement très estimé puisqu'il est rare qu'un dimanche se
passe sans qu'elle reçoive la visite de quelque grimpeur.
La voie d'accès la plus commode passe au Col des Escourtines,
venant de Mazargues et des Baumettes; puis en descendant dans le
vallon du même nom, et lorsque l'on rejoint son thalweg, on
abandonne le sentier et l'on prend sur la gauche une bonne piste
qui remonte dans les éboulis d'en face; on atteint un petit
plateau et tournant à gauche, on est bientôt à l'Aiguille.
* Le Climberg's Club fut fondé par: les frères David, Victor
Martin, E. Guery, Andriny, Angelvin, Gras, Hermitte, etc...
Escalades de la Face Nord

|
La
Face Nord de l'Aiguille de Sormiou Vue prise à contre-jour du sentier de l'Aiguille au lever du soleil Dans le fond : La Momie et le Bec de Sormiou En Bas, a droite: la Calanque de Sormiou |
I - L'Arête du Dromadaire I' - Sa Variante II - Voie des Arêtes Nord-Est III - La Cheminée Nord IV - La Voie Magol A- Le Surplomb Barrin B - La Grotte du Climbers' Club |
La Face Nord est peu élevée, 45 mètres à sa plus grande hauteur. Elle est creusée en son milieu par la grotte ( B ) qui la perfore de part en part.
I / Arête du Dromadaire
Auteur et date de première : inconnus
Escalade " libre facile "
Encordement 15 mètres
Du Col, après avoir escaladé une
série de fissures en se tenant dans le versant nord-ouest, on
arrive sur la bosse du Dromadaire, ce gros contrfort long et
étroit qui épaule l'Aiguille au Nord-Est.-R.1
Continuer sur sa crête qui est coupée par une brusque cassure. -R.2
Traverser alors son collet par un saut de 2m.50 sur les gradins
d'en face et rejoindre l'arête nord-est qui sera décrite plus
loin ( N° II)
I' Variante
Premiere par: H. Joubard, X date inconnue
Escalade " libre facile " avec un court passage difficile .Pour les grimpeurs qui ont les jambes délicates et craignent les conséquences d'un saut maladroit, il sera préferable de quitter l'itinéraire précédent à mi-hauteur du dromadaireet de virer sur une corniche de sa Face Nord-Ouest, mais la traversée d'abord facile finit par une courte vire délicate, où l'on passe à l'aide d'un seul doigt accroché dans un petit trou rond et sans prise de pied convenable, puis on arrive au collet du Dromadaire.
II / La Voie des Arêtes Nord -Est
Premiere par: J.David " en solo " le 1er Juin 1905
Escalade " libre facile "
Encordement 15 mètres
Sous le collet du Dromadaire,
ramoner une cheminée assez lisse et pénétrer dans un
tube.-R.1
On en sort dans la Face Sud -Est puis on arrive facilement au
collet du Dromadaire.-R.2
Dans le flanc droit de l'arête escalader un dièdre fissuré et
après un passage raide, s'arreter dans un renfoncement.-R3 .
S'élever encore un peu dans le dièdre, puis, arriçver sous un
surplomb, virer sur l'arête à l'aide de prises excellentes pour
les mains; on la contourne et l'on finit par une dalle fissurée
dans la face Sud-Est. (Voir photo de cette Face.)
III / La Cheminée Nord
Premiere par J.David, V. Martin le 11 Juin 1905. Ce dernier se
tua trois semaines après en tentant l'escalade de l'Arête
Nord-Ouest du Rocher de St.Michel.
Escalade " libre facile " - encordement
15 m.
Du col descendre l'éboulis et
rejoindre un éperon peu incliné. Par une fissure très facile on
atteint une terrasse, puis une 2ème fissure amène sur une
plateforme.-R.1
Escalader une nouvelle fissure qui mène à l'entrée de la
grotte. -R.2
Une variante dite de la boite aux lettres, surtout amusante
pour les spectateurs, consiste à quitter le premier relais en
s'introduisant sur la gauche dans un étroit boyau coudé où le
grimpeur pogresse par ramonage d'autant plus pénible que
son volume est plus important; la sortie se fait par l'orifice
exigu de la Boite aux Lettres, face à l'entrée de la grotte . On
s'éléve ensuite sur la gauche dans un dièdre très raide et très
ouvert assez délicat, puis on remonte un petit couloir qui
aboutit à la bèche entre les deux sommets de l'Aiguille.
IV / La Voie Magol
Premiere par : Magol, Duchier,Daflon, le 13 Novembre 1938
Escalade " artificielle peu difficile "
- Encordement 15 metres
C'est l'un des deux parcours artificiels de l'aiguille et
encore les quelques pitons indispensables servent-ils surtout
d'assurance la traction directe n'étant utile que pour
l'équilibre.
Monter sans difficulté l'éperon
de la Face Nord jusqu'à une étroite corniche.- R.1
Executer sur la droite une traversée difficile pour éviter une
dalle délitée, puis revenant à gauche, se rétablir péniblement
sur un replat terreux après avoir gravi une petite fissure
oblique; passer une nouvelle fissure très raide et grimper sur
un replat où poussent des arbustes.- R2 .
Continuer droit vers le sommet dans une dalle facile .
Escalades de la Face Sud-Est

|
La
Face Sud-Est de l'Aiguille de Sormiou Vue des éboulis sous le Baou Rond Au 3ème plan à gauche les crêtes de Sormiou dans le fond les sommets des Aiguilles des Walkyries et de la Bougie Cliché Dr. Albert +++ Disséminés dans le milieu de la Muraille sont des grimpeurs en action; au pied de (3)la Voie de la Face Sud-Est, un groupe de pieds-plats spectateurs |
I - La Voie du Dromadaire I' - Sa Variante 2 - Voie du Collet du Dromadaire 3 - La Voie de la Face Sud-Est 4 - La Dalle Meunier 5 - L'Arête Sud I et II - Fin de la Voie des Arêtes A- La Caverne des Campeurs B - La Grotte du Climbers' Club |
La Face Sud-Est, à peu de choses près, à la même hauteur que la Face Nord mais dans l'ensemble elle est plus verticale.
I - La Voie du
Dromadaire
La première de cette voie ne peut étre attribuée avec
certitude, car deux grimpeurs la firent à la même époque, mais
ne peuvent en préciser la date en 1936.
Escalade " libre difficile " avec un passage exposé vers le
haut. - Encordement:15 mètres
Elle parcours la face Sud-Est de
l'épaule du Dromadaire ( la silhouette de cet animal se devine
avec un peu de bonne volonté sur la photo: les deux
cheminées et la tête étant dessiné par un renfoncement sombre à
gauche de le l'arête à proximité du collet, le long d'une
cheminée rectiligne.)
A gauche de la Cheminée des Campeurs, on s'élève d'abord
facilement dans une large cheminée; on passe ensuite un leger
surplomb sans difficulté, puis on gravit une nouvelle cheminée
glissante délimitée par un énorme gendarme à demi décollé de la
paroi, on arrive au niveau d'un pertus étroit qui communique
avec une autre face.- R.1
Continuer l'escalade en opposition en évitant de trop se
coincer dans le fond de la cheminée; vers la fin terminer par un
passage de dalle délicat sous la bosse du Dromadaire.-R2
Continuer par les arêtes.
I ' - Variante de la Voie du Dromadaire
Moins difficile . Au premier relais traverser le pertus du gendarme et grimper en ramonage dans la cheminée assez large de son flanc sud; on arrive également à la bosse, non loin du saut des arêtes
II - Voie du Collet du
Dromadaire
La date de la première ne peut être précisée
elle se situe soit en 1932, soit en 1933; il semble qu'elle
doive être attribuée à la cordée Save- Barrin
Escalade " libre facile " - Encordement
20 mètres .
Par une fissure facilee atteindre
une petite grotte. -R1
On s'élévé en opposition, puis on franchit un gros surplomb plus
impressionant que difficile, car les prises y sont nombreuses et
excellentes. Remonter ensuite une cheminée rectiligne jusqu'au
tube de la voie des Arêtes.-R2
- On continue par cet itinéraire vers le sommet .
III - Voie de la Face Sud Est
Première par: J.David, en solo, le ler Juin 1905
Non content de son ascension, il récidive immédiatement en
faisant le même jour la Voie de l'Arête
Nord-Est déja décrite.
Escalade " libre facile" - Encordement 20 m+
Ce fut l'itinéraire de la
première de l'Aiguille. Au milieu de la face gravir une belle
fissure oblique très facile,par laquelle on arrive sur unr
terrasse à l'entrée de la grotte du Climberg's Club.-R.1
Elle est barrée au sud par un mur d'aragonite percé de deux
trous de lunette,que l'on escalade facilement. -R.2
- Revenant alors sur la droite on
s'élève en diagonale sur une vire ascendante bordée de gros
blocs ( délicat ), après laquelle on gravit une première fissure
facile, puis une fissure difficile car elle est un peu
surplombante et très glissante, on atteint alorsun pin.- R.3
Cette dernière fissure assez exposée peut d'ailleurs s'éviter
par un crochet sur une corniche qui s'écarte d'abord vers la
droite, puis rev ient vers le pin du relais.Terminer par une
dernière fissure assez raide.
IV - Escalade combinée de la
Dalle de la Face Sud-Est et du Surplomb Barrin de la Face Nord.
(voir les photos des deux faces )
La première de la dalle de la Face Sud-Est fut faite par
J. Meunier, probablement en 1935, et un peu plus tard peut-être
en 1937, H. Barrin gravit le surplomb de la grotte dans la face
nord.
Nous n'avons pas plus de précision.
Escalade " libre difficile "
Encordement 15 mètres.
Ce parcours accouple élégament
deux itinéraires autrement incomplets. le premier n'ayant pas eu
de sortie autonome au sommet et le second pas de départ distinct
dans le bas. Exécuté ainsi, c'est l'itinéraire d'escalade libre
le plus divers et le plus difficile de l'Aiguille.
A quelques pas à gauche de la Voie de la Face Sud-Est, s'élever
en écharpe vers des gradins faciles. R.1
Grimper dans une belle dalle lisse et se rétablir dificilement
sur un minuscule replat très haut ,légérement sur la droite;
puis obliquant à gauche atteindre une corniche ascendante
terreuse. On peut également passer plus à gauche dans la dalle,
mais un coup de marteau malcontreux a détruit la prise la plus
utile, il faut la remplacer maintenant par un piton. Après la
corniche on grimpe dans une cheminée qui débouche sur la
terrasse de la grotte .-R.2
On traverse alors l'Aiguille et dans la face Nord, on escalade
le porche de la grotte en grande opposition puis il faut
s'accrocher à de grosses prises inversées dans son pilier Ouest
pour attaquer le surplomb Barrin. Ce passage exige de gros
efforts des bras, car après s'être élevé en opposition à la
force des poignets il faut se rétablir sur une excellente prise
très haute crée récemment par l'enlèvement d'un bloc
qu'elle supportait ( auparavant on passait à l'aide d'un piton
). On monte ensuite en obliquant dans une dalle coupée par une
petite corniche. -R.3
Virer alors vers l'arête Sud ( aérien ) et la remonter sans
difficulté jusqu'au sommet.
V - L'Arête
Sud
Première par : J. Meunier, Guichard, Rostand,
Christine Duclos en 1931
Escalade " libre facile "
- Encordement 20 mètres
Un passage aérien et délicat vers le haut
C'est le plus long parcours de
l'Aiguille.
Attaquerl'Arête Sud par une cheminée verticale dans son flanc
droit; sous un surplomb virer à gauche,puis remonter une
deuxième cheminée jusqu'à un pin. -R.1
Continuer dans cette cheminée sur le taillant de l'arête
jusqu'à rupture de pente.-R.2
Passer dans la Face Ouest, tr(averser une grande plateforme et
remonter une courte fissue dans le mur d'aragonite percé par les
deux lucarnes.-R.3
Suivre la corniche ascendante de la Voie de la Face Sud-Est,
puis avant la fissure surplombante,virer sur une étroite
corniche vers une écaille; on contourne ensuite l'arête Sud et
l'on termine par une fissure facile dans la face Sud-Ouest.
Escalade de la Face Sud-Ouest
Un seul itinéraire attribué à Lieutard en 1936
Escalade " artificielle peu difficile "
- Encordement 20 mètres.
Escalader très facilement les
gradins d'une cheminée très ouverte et peu pentue, sur un éperon
arrondi qui amène sur la grande plateforme.-R.1
Grimper sur le mur des deux lucarnes.-R.2
Par une vire descendante très délicate et exposée pour le
dernier de cordée sur une corniche extremement inclinée, on
contournr un saillant et l'on atteint un mauvais replat.-R.3
Escalader une cheminée coupée de plusieurs ressauts verticaux ,
qui finit dans le haut de l'arête sud.
Les Falaises du Cap Sormiou

|
La
Falaise Nord Est du Cap de Sormiou Vue d'un bateau au milieu de la Calanque Cliché Dr. Albert |
I - La Voie du Tour du Bec II - L'Arête du Bec III - La Voie de la Momie IV - La Voie de la Falaise Nord-Est A- Le Bec B - La Momie C- Entrée de la Baume du Capelan D- La Cheminée Vincent |

|
L'Arête
du Bec de Sormiou Vue d'un bateau au large |
I - La Voie du Tour du Bec II - L'Arête du Bec II' - Variante Gisèle Albert A- Le Bec B - La Momie C - L'Aiguille de Sormiou D - L'Extrémité Occidentale de la Muraille Sud du Baou Rond |
Les Crêtes de Sormiou se
terminent au Cap par un éperon très aigu coupé de 3 longs
ressauts verticaux. Le dernier le plus raide est couronné par un
gros surplomb qui s'avance de 2 à 3m dans le vide et donne à
cette partie de l'éperon , vue du large, l'aspect d'un bec de
rapace.(A de la photo N° II) .
De chaque coté de l'arête du Bec, les falaises sont taillées à
pic sur une grande longueur: lorsque l'on arrive par la mer à la
Calanque, on a l'impression de passer devant l'étrave d'un
colossal brise-lame.
La falaise nord-est, la plus haute ( 123 m. au dessus du
Capelan) est divisée en deux contrforts saillants entre lesquels
une grande terrasse couverte d'arbustes est suspendue.
Au dessous et au ras de la mer, au fond d'une anse presque
comblée par des blocs éboulés, s'ouvre presque au nord le porche
de la Baume du Capellan; elle traverse le contrefort oriental
derriere lequel elle a deux ouvertures : l'une assez haute, la
Fenêtre et l'autre sous marine par laquelle la mer a réussi à se
frayer un passage dans la grotte.
Au dessus un formidable gendarme s'est détaché du contrefort
oriental et dresse à 95 mètres dans le ciel sa silhouette mal
équilibrée: on a voulu lui trouver une vague ressemblance avec
une momie entourée de ses bandelettes.
Quant à la falaise sud ellest beaucoup moins haute: 70 à 80 m.,
mais se prolonge loin au-delà de la crique du Vei d'Aï, elle est
coupée en deux par une longue corniche issue du belvédère de
Merveille.
Le sentier d'accès à la Grotte du Capelan était connu des
pécheurs et des excursionnistes, lorsqu'en 1926 une
premiere équipe de grimpeurs atteignit le Bec par la voie de
terre de la falaise nord-est et en fit le tour en revenant par
les corniches de la falaise sud.
En 1927 une deuxième équipe, le groupe " Les Ecureuils "
entreprit et réussit l'escalade de l'arète du Bec,après l'avoir
reconnu par une descente enrappel. Cette belle première
complétait le palmarès d'escalade libre déjà si bien rempli de
cette année 1927, puisqu'elle s'ajoutait à celles de la Bougie
et de l'Arête de Marseille à la Grande Candelle .
Ensuite il fallu attendre 10 ans la conquête de la Momie à
la montée. En effet depuis quelques temps,cette aiguille était
visitée à la descente, au moyen d'une magnifique série de
rappels : le ler amenait à son sommet, le 2ème à son collet, le
3ème sur une plateforme à sa base, le 4ème sur la terrasse
suspendue, et après une descente facile ,le 5me posé sur un
anneau scellé en haut de la Cheminée Vincent, arrivait au bord
de la mer devant la baume du Capelan. cette descente avait été
inaugurée en 1929 par G.Tricoire, Ph. Bernard, Menassier.
La voie d'accès la plus courte vient de Mazargues et des Baumettes à la plage de Sormiou, par le col et le vallon des Escourtines. A coté du Lunch-bar, un sentier jalonné en noir conduit à flanc de coteau le long des Crêtes de Sormiou, au promontoire du Caribou. Une descente rapide rejoint la mer, puis en contournant le contrefort nord de la falaise par une cheminée raide et l'étroite corniche du pêcheur, l'on atteint l'anse de la Baume du Capellan où le tracé se termine
I
- (photoI etII ) le
Tour du Bec de Sormiou
Première par G.Hancy, J. Magnan, A.Delage en 1926
Encordement très utile à la Cheminée Vincent, nécéssaire
après le Bec: 20m
Une Longue promenade coupée de nombreux passages d'escalade,
dont un immédiatement après le Bec
Au dessus de la Baume du Capellan
(C. photo N° I ) et sur la droite se trouve une longue cheminée
verticale dont la partie inférieure s'arrête brusquement à
quelques mètres au dessus du sol, terminée par une plateforme en
balcon.
Gagner la base de cette cheminée, dite cheminée Vincent ( D.
photo I ) par une vire ascendante et surplombante d'une dizaine
de mètres ayant son point de départ à l'entrée de la grotte.
Gravir la cheminée par ramonage pour atteindre à son sommet une
grande niche.-Relais. -
N.B.-: deux ans après l'expéditionde C.Hancy, c'est à dire en
1928, l'escalade de cette cheminée fut réeditée par le groupe "
Les Ecureuils "; ses membres crurent en faire la premiere et lui
donnèrent le nom qui lui est restée depuis lors.
Virer à gauche sur une corniche d'abord étroite puis facile
lorsqu'elle devient ascendante; on débouche sur les éboulis de
la terrasse suspendue au pied de la Momie.
Par une marche de flanc vers le sud, on contourne son socle et
l'on arrive à l'extrémité d'une corniche. Descendre alors une
cheminée d'aragonite rouge, puis obliquant vers l'est des
gradins et des dalles pour arriver sur d'énormes blocs coincés
dans un goulet. Il communique avec l'orifice sous-marin de la
Grotte au dessus, masquée par des rochers, mais aisaiment
accessible, la Fenêtre .
On peut aussi arriver là après avoir pénétré dans la Baume du
Capellan en effectuant dans sa paroi Est une traversée
ascendante risquée, sur des prises arrondies et gluantes qui
mène à la Fenêtre.( trajet découvert par Th.Bernard et Pirod )
les difficultés de ce voyage souterrain seront compensées , s'il
est fait le matin et par beau temps, par le spectacle
merveilleux des irradiations lumineuses multicolores
reflétées par le tapis de sable du fond Cet
éclairage scintillant bleu-vert transforme la grotte en féérique
caverne des Mille et Une nuits .mais il s'éteint dès que le
soleil a dépassé l'axe du goulet.
Traverser le chenal par une grande enjambée et remonter sur la
paroi adverse, virer sur le sommet d'un petit éperon et
redescendre de l'autre coté dans une fissure aux prises
abondantes
On longe alors presque au niveau de l'eau la base de la corniche
en trottoir ininterrompue jusqu'au Cap. Gravir 5 à 6m. sur
l'arête qui descend du Bec jusqu'à une minuscule plateforme. De
là il faut exécuter dans la face Sud une traversée difficile
vers un bloc détaché coincé dans une fissure, sous une fenêtre
qui perfore l'arête, c'est l'obstacle majeur de cet itinéraire.
Continuer la traversée en remontant et l'on atteint facilement
les corniches de la Face Sud.
On les suit jusqu'au belvedère de Merveille, suspendu sur la mer
à l'entrée de la Crique de l' Uei d'Aï ( provencal : oeil
d'ane): un cabanon rudimentaire, actuellement fort mal
entretenu, y fut construit en tôle ondulée par un amateur
d'escalade et de pêche surement très entrainé et insensible au
vertige, car il n'est pas facile d'y arriver venant du col de
l'Uei d'Aï et il est de notorieté publique à Sormiou que son
propriétaire y ramena, périodiquement,et pendant longtemps, de
magnifiques cuvées de liquides généreux.
Remonter alors du cabanon qui s'élève dans la falaise de la
crique le long d'une étroite corniche trés aérienne, puis faire
quelques crochets dans la muraille dont la pente s'adoucit; peu
après une bonne piste mène au col. Descendre vers Sormiou par un
sentier dans les pinèdes nord. Il ne faut pas
entreprendre ce parcours si la mer est grosse et surtout si
l'Orsure ou vent du Levant soufle, ce serait la baignade assurée
entre le Capellan et le Bec.
II - Arête du Bec de Sormiou (
photo N° I et II )
Première par : Mouren et les membres du groupe " Les Ecureuils"
le 25 Octobre l927
Escalade " libre difficile " -
Encordement 20 mètres
Le plus gros morceau est le
passage du Bec. - L'itinéraire précédent sert de voie
d'accès pour cette escalade .
Escalader le premier ressaut vertical par son flanc gauche
jusqu'à la petite plateforme, puis par son taillant. Des prises
rondes permettent de s'élever en oblique vers l'énorme surplomb
du Bec sous lequel se trouve un replat incliné; contourner un
saillant vers la gauche et gravir une dalle fissurée qui aboutit
à la corniche de la Face Sud. -R.1
On la suit un moment, puis on monte par une fissure facile sur
une deuxième corniche. -R2 .
Attaquer le deuxième ressaut vertical un peu à gauche de son
arête par une dalle pourrie; arriver sur un replat, virer dans
la face Nord-Est et s'élever dans une dangereuse fissure très
délitée ( exposé à cause de la mauvaise qualité du rocher) puis
dans une dalle pour atteindre le collet.- R3
Une variante ( I' de la photo N° II )
permet d'éviter ce
passage où la roche est peu sure, mais les difficultés
d'escalades y sont beaucoup plus grandes. Virer sur la corniche
à gauche de l'arête, dépasser un premier dièdre immediatement
suivi d'un deuxieme que l'on escalade difficilement jusqu'à une
minuscule borne après avoir démarré le leader par une courte
échelle, la plus haute possible; un relais est utile derrière la
borne (R) .Revenir à droite et par une cheminée parvenir
au 3me relais précité. Cette variante est due à Gisèle
Albert et Dr.Albert le 2 Février 1939 .
On continue par une bonne cheminée sur le taillant de l'arête
qui émerge sur une plateforme horizontale.R4
L'scalade est terminée; on poursuit l'ascension vers le sommet
du Cap par une promenade au bord de la muraille d'où l'on peut
admirer la sveltesse de la Momie et son extraordinaire
déséquilibre .
III - La
Voie de la Momie
Première par: Ch.Magol,
R.Duchier;V.Chauvet,Liautard, A.Coudray le 25 Mai 1937
Escalade " artificielle difficile " -
Encordement 25 mètres
Malgré le passage, où l'emploi
d'un piton est absolument indispensable soit excessivement
court, nous classerons la Momie dans l'escalade artificielle,
fidèle en cela aux régles que nous nous sommes imposées au début
de cet ouvrage; plusieurs grimpeurs, et non des moindres, ont
essayé de faire la Momie sans aucun point d'appui artificiel,
mais aucun n'a réussi et divers essais se termineront tous par
des décrochages .
Cependant il faut reconnaitre qu' à part ces deux mètres épineux
en haut de la première étape, tout le reste est en escalade
libre souvent très difficile et que ce très bel itinéraire
serait mieux à sa place aux cotés de la voie Barrin du Rocher
des Goudes et de l'Arête Victor Martin dans la catégorie de
"l'escalade libre très difficile "; en effet 5 à 6 pitons
d'assurance et 1 de traction peuvent suffire à faire
correctement cette escalade de 50 mètres ( de la terrasse
suspendue au sommet de l'Aiguille ).
Depuis la première la voie de la Momie a été facilitée sinon
améliorée par la démolition d'un énorme bloc instable mal
encastré dans la plateforme terminale, il fallait s'y rétablir
et c'était là le morceau le plus périlleux sinon le plus
difficilede tout le parcours; à sa place maintenant on gravit
une banale fissure terreuse.
Une rectification assez logique et de haute école a été apportée
dernièrement par E.Frendo, qui après 9 ans d'absence, revenait
tater du calcaire dans les Calanques en 1941.En compagnie de
Christine Doclos et de Mme d'Albertas, il franchit directement
le toit de la grotte de la 2ème étape, en évitant la
disgracieuse vire habituelle.
Cet itinéraire part de la terrasse suspendue entre les deux
contreforts de la face Nord-Est, un peu à droite du couloir nord
de la Momie .
L'escalade de suite difficile, débute par une muraille de 20
mètres zébrée par deux fissures parallèles. Grimper dans la
grande niche sur leur droite, puis traverser une dalle lisse à
l'horizontale vers la gauche pour rejoindre et escalader la
fissure Ouest. Elle s'incurve bientôt sous un bombement
proéminent, on l'abandonne en se rétablissement difficilement à
gauche sur un mauvais replat. Au dessus une courte fissure
verticale sans aucune prise oblige à passer sur un étrier, puis
1 ou 2 pitons si l'on continue tout droit, mais on peut
s'échapper par la droite dans une dalle moins raide. On atteint
alors une grande plateforme à la base de la Momie.- R.1
Monter facilement dans le fond de la grotte puis exécuter une
traversée descendante difficile dans une dalle lisse de la paroi
gauche ( Est ); on contourne une petite arête verticale en
grimpant sur des blocs instables, on atteint une vire par
laquelle on rejoint le bas du couloir en revenant au dessus du
relais. Ce crochet primitivement destiné à éviter les surplombs
du toit de la grotte, complique inutilement l'itinéraire puique
Frendo a démontré que l'on pouvait fort bien les passer en
escaladelibre dans l'axe du couloir. On s'élève ensuite en
ramonage assez facile jusqu'au collet de la Momie. -R2 .
Grimper dans la paroi Nord-Ouest de l'aiguille par une vire
ascendante vers la gauche qui s'amenuise et se termine
sous une fissure très raide; on s'y élève à l'aide de quelques
prises de pied dans la paroi de droite, et après un passage
exposé, puis quelques mètres moins inclinés on termine par un
rétablissement sur la plateforme du sommet.
Delà il est tentant de poursuivre vers le haut tout proche de
la falaise du Cap, car 1m.50 à peine sépare le sommet de la
Momie de la muraille.Mais une dalle compacte et surplombante de
10 m. et absolument sans défaut oppose ensuite un obstacle
insurmontable. Il est possible cependant de faire la sortie de
la Momie et ce problème a été résolu par Gisèle Albert en
redescendant au collet et en escaladant la falaise plus à
droite. Ce passage est décrit au paragraphe suivant.
I
IV - Voie de
la falaise Nord-Est du Cap de Sormiou
Première par: Gisèle Albert, Dr. Albert le 7
Janvier 1940
Escalade " artificielle difficile " -
Encordement 25 mètres
Ce n'est pas à proprement parler
un itinéraire autonome puisqu'il emprunte en son milieu la voie
Magol de la Momie, maisil arrive à la terrasse suspendue par un
trajet distinct d'escalade libre par endroit très difficile, où
ne fut employé aucun pitons d'assurance lors de la première et
ceci dans la ligne générale de l'ascension, et surtout il donne
la solution du problème de la sortie au sommet de la falaise par
un parcours d'escalade libre également très difficile.
Ce fut la première ascension de la falaise Nord -Est et cette
réussite est d'autant plus remarquable que le chef d'expédition
était une femme.
Comme la Voie de la Momie, ce parcours souffre de sa
classification dans l'escalade artificielle, motivée par le
court passage sur piton indispensable en haut de la dalle de la
3me étape ( dans la Voie Magol ), car tout le reste est en
escalade libre souvent fort difficile.
A l'entrée de la Baume du Capellan virer à gauche à quelques
mètres au dessus de la mer et contourner une arête descendue
de la terrasse suspendue. Attaquer aussitôt une dalle où l'on
trouve d'excellentes prises et grimper jusqu'à une corniche
ascendante sur la gauche.-R1
Virer à droite sous un encorbellement et remonter le taillant de
l'arête en franchissant un difficile passage de surplomb dans
des rochers noirs disloquès; on arrive sur une corniche.- R2
En la longeant vers la gauche on atteint très facilement
la terrasse suspendue. Suivre alors la voie de la Momie jusqu'à
son collet. -R3 et 4 .
Escalader face à l'aiguille une dalle aux peises nombreuses,
puis plus rares pour remonter un court dièdre très raide et
lisse coiffé par un toit en pan coupé. Virer alors difficilement
à droite sur une corniche fuyante encastrée sous un
encorbellement; après quelques mètres exposés, on peut s'y
dresser et continuer facilement jusqu'à un petit éperon dont on
remonte letaillant. Audessus et à gauche escalader un dièdre
lisse puis un gros bloc surplombant. Contourner ensuite des
blocs branlants ( très aérien )et par une courte fissure
ascendante herbeuse, on arrive sur la crête exacrtement au
dessus de la Momie .
V
- La Voie Tanner
( photo N° I )
Première par : R.Tanner et Suzon Dijon, le l8 Juillet 1940
Escalade " artificielle difficile "
- Encordement 3O mètres
Elle a les mêmes caractéristiques
que les voies de la Momie et de la Falaise Nord-Est : une étape
artificielle, la première, et le reste en escalade libre. Mais
elle s'accomode beaucoup mieux de son classement car les
passages artificiels sont plus importants.
Elle parcourt à la verticale l'anse du Capellan, le fond de la
grande dépression située entre les deux contreforts et débute
derrière un groupe de chênes verts à l'extrémité nord de la
terrasse suspendue. On rejoint le départ par la cheminée Vincent
Dans le fond de la dépression une fissure plus ou moins
large monte jusqu'au sommet, mais au départ elle est souvent
bouchée par l'aragonite rouge et l'on devra faire des crochets
sur la droite au cours de la première étape.
Attaquer dans la paroi de droite par une vire ascendante qui
mène à la fissure d'aragonite. Suivre celle-çi pendant 2 mètres,
puis franchir sur la droite un gros surplomb. Obliquer encore à
droite dans une dalle compacte, puis on revient à gauche dans la
fissure rouge. Virer encore à droite dans une dalle semblable à
la première et la remonter jusqu'au relais sur une corniche
embroussaillée .- R1 .
A gauche du relais monter dans une dalle fissurée verticale et
se rétablir sur un petit replat; continuer dans la dalle, puis
dans une fissure qui mène au relais suivant. -R2 .
Après avoir gravit une cheminée très ouverte et longue, on
arrive sous un énorme bloc qui la bouche; on franchit cet
obstacle en virant à gauche dans une dalle rouge très lisse,
puis on se rétablit sur un replat.-R2.
Escalader une cheminée de 10 mètres et virer à droite sur une
dalle en pente. - R4
Ao dessus franchir un dièdre rouge compact dont on sort par son
plan gauche, puis une cheminée de blocs brisés mène au sommet .
VI
- La Voie du
Contrefort Nord ( photo N° 1
)
Première par : G.Livanos, A.Coudray, le 14
Décembre 1941
Escalade " artificielle difficile "
- Encordement 25 mètres
Il s'agit encore d'un parcours
mixte mais cette fois-çi l'escalade artificielle y occupe une
place prépondérante.
Prendre le départ sur une plateforme où passe le tracé noir,
avant la corniche du Pêcheur. On monte tout d'abord un ressaut
facile puis on s'élève à gauche dans une fissure peu profonde;
après quelques mètres, on se rétablit sur une marche et l'on
franchit un bombement en dos d'âne, ensuite par des prises très
mauvaises on atteint une large corniche herbeuse . - R 1
A quelques mètres à droite escalader " à la Dulfer " une
fissure oblique; franchir au dessus un surplomb prononcé et
suivre à droite une nouvelle fissure oblique qui s'interrompt
bientôt, un peu au dessus une 2me fissure parallèle à la
première mène à des blocs démolis; on revient alors à gauche par
une traversée ascendante de rochers désagrégés; gagner au dessus
et à droite un petit replat. - R2
Monter sur une strate horizontale herbeuse, puis dans une dalle
verticale; 5 à 6 mètres plus haut virer sur la gauche en
ménageant un bloc détaché sur lequel on se dresse; de là par des
marches terreuses on gagne l'extrémité d'une grande terrasse. -
R3 .
On poursuit l'escalade dans une dalle concave à bonnes prises,
dans le haut elle surplombe, on entre alors dans une petite
cheminée bouchée par des rochers disloqués. On la contourne à
droite, puis on gravit à gauche une rampe qui mène à un replat .
- R.4
Sur la gauche, s'élever dans une dalle compacte vers la
fin où elle se redresse un peu. Se rétablir alors sur une vire
encastrée sous un bombement que l'on suit vers la droite pour
prendre pied sur une vaste terrasse herbeuse . - R.5
On abandonne alors la verticale impraticable et l'on
s'engage vers la droite le long d'une fissure fortement oblique
que l'on parcours en escalade artificielle ininterrompue jusqu'à
une courte vire, par laquelle on rejoint la pente d'éboulis
issue d'une grande dépression de la crête sommitale . - R.6
Par une arête de rochers faciles on arrive au sommet du Cap .
MURAILLE SUD DU BAOU ROND
Malgrè son voisinage avec
l'Aiguille de Sormiou si fréquentée, cette jolie muraille
n'interessa parsonne,- à notre connaissance- avant 1942 .
Le Baou-Rond et son jumeau le Bao-Pointu forment le point
culminant (285 m.) de la ligne de crêtes aui séparent les
Calanques de Sormiou et Morgiou. Le tracé bleu du cap Morgiou
passe entre les deux sommets; mais en aucun point de son
parcours on aperçoit la muraille Sud du Baou -Rond et rien ne
fait supposer que ce piton débonnaire soit coupé au midi par une
paroi de 60 à 70 m. de haut, longue de 200 mètres.
Par contre de la mer on aperçoit fort bien l la longue
silhouette de sa crête arrondie et c'est encore le vocabulaire
imagé des pêcheurs qui à fournit son appellation.
La voie d'accès la plus commode passe à l'Aiguille de
Sormiou venant des Baumettes par les Escourtines, longe à flanc
de collines des pistes souvent incertaines, et remonte l'éboulis
du coin des Pêcheurs.
Voie Chopard - Hancy
Première par H.Chopard , G.Hancy le 11 Janvier 1942
Escalade " artificielle peu difficile "
- Encordement 20 mètres.
Un seul passage artificiel dans la première étape, le reste en
escalade libre parfois exposée .
La face sud du Baou-rond est
coupée en son milieu par un contrefort arrondi qui épaule son
sommet .De plus elle est parcourue au tiers de sa hauteur par
une grande sangle herbeuse horizontale .
Prendre le départ sur la droite du contrefort en escaladant des
rochers raides et mal nettoyés, puis une dalle lisse mais bordée
à droite par une bonne fissure pour les mains et quelques
marches embroussaillées,- soit plus à droite, en grimpant dans
une bande de rochers inclinés mal orientés- et l'on atteint la
sangle.-R1
Toujours sur la droite du contrefort s'élever sur des pitons,
dans un mur vertical au début puis légèremnt surplombant que
l'on gravit de gauche à droite, puis tout droit en direction
d'une niche avec un gros genévrier.- R2.
On la quitte par la gauche en grimpant dans une dalle puis le
long d'une fissure oblique qui conduit à un gros pin dans l'axe
du contrefort. -R3
Monter ensuite droit par un ressaut facile sur une vire de gros
blocs en balcon dominée par de grandes plaques bombées, que l'on
suit vers la gauche jusqu'à son extrémité.
Par in pas à gauche ( exposé) prendre pied dans la muraille que
l'on gravit par une escalade raide et aérienne en revenant au
dessus de la vire. Bon relais .- R4
Ensuite une courte traversée horizontale pour contourner un gros
blocs saillant, puis la montée directe au sommet dans des
rochers raides et finalement faciles, termine l'escalade .
LA FALAISE DU CANCEOU OU CANDELLE DU CANCEOU

|
La
Falaise du Cancéou
Vue du Bec de Sormiou
A- Calanque du Cancéou |
- Photo-télé: Dr. Albert
G
- Le Tube
|
Les éboulis nord de la Calanque
de Sormiou descendent en pente douce vers la mer. Le littoral
est acceuillant sur toute sa longueur et d'accès très facile car
un sentier serpente au bord de l'eau qui, venant du coin
des Pêcheurs dessert de nombreuses petites anse et après de
multiples contours arrive à la Crique de la Gorge du
Caperet, exactement au nord du Bec de Sormiou. Il s'interrompt
là au pied de l'arête de la Palée surgie brusquement des flots.
Au-delà c'est la falaise abrupte de la Main du Diable ( poste
de pêche renommé ) mais venant de la plage elle est inaccessible
sans escalade difficile, et il faut remonter très haut dans la
gorge du Caperet pour trouver un passage dans sa muraille .Aussi
le sentier qui mènee aux terrasses de la Main du Diable part-il
directement du chemin des crêtes de Morgiou- Sormiou, 200 mètres
à l'Est du carrefour des tracés bleu et rouge, et descend en
pente douce vers la mer qu'il rejoint par un trajet
pittoresque.
A l'Est de la Main du Diable, la Calanque du Cancéou ( A )
creuse profondément la falaise; elle est inconnue des
excursionnistes car invisible et de plus inaccessible par terre
sans rappel de corde. C'est la limite géographique de la
Calanque de Sormiou
Continuant vers l'Est la falaise s'élève à une grande hauteur,
absolument verticale quand elle ne surplombe pas et forme -
toute proportion gardée - une des plus gigantesques murailles
des Calanques, haute de 155 m. à son point culminant et longue
de 400 mètres entre la calanque du Cancéou et celle de la
Figuière ( D ) au levant. Elle n'était connue que des
pêcheurs et des bateliers sous un mauvais jour d'ailleurs , car,
par grand vent ou après les pluies, les surplombs et les éboulis
suspendus du sommet déversent des pierres à plus de 20 m. de la
côte et rendent ses abords dangeureux. C'est de la mer aussi que
l'on apprècie le mieux ses proportions grandioses et son aspect
redoutable. Aussi les mariniers l'appellent-ils depuis toujours
la Candelle du Canceou car sa ressemblance est frappante avec la
Grande Candelle, lorsque l'on quitte Sormiou en bateau et que
l'on voit surgir loin dans le ciel au dessus de celle-la, la
puissante silhouette de la Face Sud de celle-çi.
Le bas de la muraille est entaillée vers son mileu par une
crique ( C ) au fond de laquelle s'ouvre une petite grotte
marine et 50 mètres sur la gauche ( ouest ) un curieux
portique de pierre, presque entierement détaché de la
paroi,élève sa voute en plein cintre à 35 m. au dessus de l'eau;
et il est appellé le Portail de Rome ( B ) par les pêcheurs.
Le seul moyen possible d'atteindre la falaise pour en tenter
l'escalade paraissait être le bateau.
Mais recemment , le ler Janvier 1942 le Dr.Albert découvrit
après quelques recherches une voie d'accès commode et fit la
première exploration de la Grande Terrasse ( H ) sous la Cime du
Ponent (L ). Voiçi le détail de cette voie d'accès:
Venant de Mazargues et des Baumettes, on atteint au Col
des escourtines le tracé bleu du Cap Morgiou; on le suit pendant
une demi-heure le long des crêtes jusqu'au dernier plateau (E) à
partir duquel il pique en pente raide vers le Fortin Ruiné
.Descendre alors le thalweg d'un vallon, immédiatement avant ce
plateau; dans le bas il est coupé par un à-pic et l'on aperçoit
la calanque du Canceou à 90 mètres au dessous. Sur la
gauche une muraille est striée par une série strates inclinées
vers la mer formant plusieurs corniches étagées.
A compter du haut c'est la 5 èmè sur laquelle il faut
s'engager. Au bord de l'à-pic on la rejoint par une
escalade facile et l'on a la surprise d'y trouver un passage
confortable.
On la suit facilement jusqu'à un coude brusque ( F I ) ,
au delà elle se retrécit pr(ogressivement et il devient prudent
de s'encorder. Après une légère descente au Sud la corniche
devient très étroite et fait un nouveau coude ( F 2 ); par un
court passage délicat on contourne un saillant et l'on parvient
dans une zône plus large au pied d'une cheminée. On est
arrivé dans la falaise. Au dessous une très large terrasse
file vers l'est, qu'il s'agit d'atteindre car la corniche
s'interrompt peu après.
A l'extrème bord, sous la cheminée descendre par ramonage dans
un tube qui débouche dans le toit d'une excavation peu profonde
( G ) .Poser ensuite un rappel de 2O m.autour d'un pilier qui
amène sur la terrasse, à 6O m. au dessus de la mer (H ) ; la
remontée peut se faire par une escalade assez facile de dalle
délitée, sous l'excavation .
La cime de la falaise atteint 125 m. de hauteur totale à cet
endroit. Marcher vers l'Est en longeant la paroi,
car autrement il faudrait traverser un maquis désagréable de
pins nains . On arrive bientôt au bord de la falaise
inférieure; on remonte alors une dépression très embroussaillée
et l'on parvient sur la terrasse au dessus du Portail de Rome; à
droite une très longue et large fissure ne laisse aucun doute
sur la solidité précaire de son architecture ( I )et à gauche le
large orifice d'un aven profond de 5O m. est béant: il
communique avec la mer par un conduit sous-marin.
pourcontinuer la visite des terrasses il faut escalader
en face du gouffre et au sud est, une barre rocheuse en passant
par une cheminée délicate (J ) .
On débouche sur une nouvelle terrasse recouverte d'un épais
tapis de débris poussiereux tombés de la falaise, qui à ce
niveau atteint 155 m. de hauteur totale et la recouvre
presqu'entièrement de ses fantastiques surplombs noirs.
LE COULOIR DU MASQUE

|
La
Falaise du Cancéou Vue d'e la Mer au large Cliché Dr. Albert |
I - Couloir du Masque II - Voie de la Falaise B - Portail de Rome C- Crique I - Bouche de l'Aven J - Fissure à escalader K - Les Gargouilles M - Cime du Levant N - Le Masque |
L'exploration de la Falaise du
Canceou par la voie de terre était à peine réalisée que son
escalade fut entreprise par la cordée : Gisèle Albert,
J.Bouisson et Dr.Albert, ces grimpeurs s'attaquant à la grande
diaclase oblique qui sépare les cimes du Ponant et du Levant.
Cet itinéraire, vu d'en bas, était évident et paraissait aisé à
parcourir: les quarantes premiers mètres ne mètres ne
présentant aucune vraie difficulté et la partie supérieure -
soit une cinquantaine de mètres dans un profond couloir- ne
semblant devoir opposer que les obstacles habituels des
cheminées. Seule la zône centrale, où le couloir du Masque se
ferme complètement en mince fissure colmatée, posait un problème
dont la solution n'était pas absolument certaine au
premier examen.
L'ensemble cependant avait un aspect suffisament sympathique et
engageant et ce fut une surprise de se heurter à de rudes
difficultés dans la 5éme étape .
Alors que du bas ,une curieuse illusion d'optique faisait
voir la muraille simplement verticale, les grimpeurs se
trouvèrent en réalité dans une pente souvent négative et de plus
coupée par un gros surplomb franc au dessus du 4 me
relais..Ensuite la pose des pitons indispensables fut beaucoup
génée par la structure compacte du rocher,- la falaise du
Canceou, sous ce rapport diffère totalement de l'habituel
calcaire fissuré des Calanques.- Quant à l'escalade libre
qui avait été escomptée sans histoire, elle fut souvent exposée
parceque le rocher fut trouvé couvert d'une croute de débris
pulvérulents ou bien enduit d'argile visqueuse dans le couloir.
Ainsi donc cette escalade relativement facile et libre dans les
deux premieres étapes, devient artificielle et très difficile
dans la 3éme étape et surtout dans la 5ème. Les 4ème et 6ème
étapes se font en escalade libre courante. La 7ème étape
comporte un passage de surplomb très difficile au départ du
relais.
Quant à la dernière étape, également en escalade libre, elle est
très exposée parce que la paroi est faite à ce niveau,d'un
invraisemblable aglomérat de blocs croulants. La 5me étape
à elle seule justifie le clasement du Couloir du Masque dans la
catégorie " escalade artificielle extrémement difficile "
.
Pour terminer ces généralités nous indiquerons que le Masque ( N
) grossièrement sculpté par l'érosion dans le couloir se
distingue facilement sur la photo, sous le 6ème relais.
Première par: Dr.Albert, Joseph Bouisson,
Gisèle Albert. le 11 Avril 1942
Escalade " artificielle extrèmement difficile - Encordement: 25
mètres
Le triple encordement à 25 m.
d'intervalle est très utile sinon indispensable pour la 5 me
étape afin d'améliorer le coulissage.
Le moyen le plus pratique d'aller au départ est évidemment le
bateau en partant de Sormiou. Sil'on ne dispose pas d'une
embarcation, il faut venir par la voie de terre de la falaise
précedemment décrite ( II ), dépasser la diaclase, descendre en
rappel sur une grande plateforme au base de la falaise du
Levant, mais il sera impossible de rejoindre ainsi le niveau
dela mer.
L'escalade débute dans la crique ( C ) d'où l'on quitte le
bateau par un surplomb peu commode, puis on atteint facilement
une grande plateforme. -R1 - Un suintement d'eau à
creusé là un canon minuscule .
Traverser vers l'ouest puis escalader une muraille assez raide
avec un passage délicat au milieu; on arrive peu après à la
grande terrasse.- R2
Le couloir du Masque est réduit là a une étroite faille
entierement bouchée et il faut s'élever sur la gauche dans une
dalle brune dont la pente d'abord commode, se redresse
rapidement en même temps que les prises se rarifient.
L'escalade devient alors artificielle et exposée parceque les
pitons sont très espacés et surtout tiennent mal. Ce premier
passage difficile vaincu, on pénètre dans une large excavation:
sur la droite une petite stalagmite trapue assure une bonne
stabilité au relais. -R3 .
Obliquer vers la gauche et grimper sur un encorbellement pour
atteindre une petite plateforme couverte par un énorme bloc en
porte à faux. - R4
A partir de là il convient de s'encorder en triple brin.
Par une très grande enjambée sur la droite, atteindre une
profonde et courte fissure qui coupe à la verticale un surplomb
très accusé; on s'y éleve sur pitons et l'on arrive péniblement
à hauteur d'une étroite vire inclinée vers le vide. Cepassage
est extremement aérien, car on est alors à plusieurs mètres
en dehors de la verticale du 3me relais, et la muraille
en pente négative oblige à une gymnastique fatiguante sur des
pitons douteux. Traverser à droite et monter vers une niche.
Envisager là l'éventualité d'un mauvais relais intermèdiaire su
" étrier" si l'on a des doutes sur la facilité du coulissage des
cordes.On s'y élève en opposition et après avoir franchi un
petit surplomb on grimpe dans une cheminée oblique ( la rampe de
paquebot ). L' escalade deviendrait assez facile si la
roche nétait recouverte d'un dépot de débris poudreux qui annule
l'adhérence des chaussures. On atteint peu après le maximum de
la zône surplombante que l'on vient de franchir. Revenir un peu
à droite dans le couloir qui commence à s'entr'ouvrir et faire
un bon relais assuré par un gros bec rocheux. -R.5 .
Quitter là, si l'on veut, le triple encordement.
L'escalade deviendrait franchement facile,- un ramonage banal de
profonde cheminée- si le rocher n'était maintenant enduit
d'argile grasse glissante:; après une varrape laborieuse on
arrive dans un évasement de très grande dimension;
continuer sur la droite, et l'on retrouve bientôt les prises
rondes et les amas poussiereux de l'étape précédente. On
s'arrête sous un surplomb et l'on est alors installé sur les
rochers
( N ),qui ont , vus de la mer, une vague ressemblance avec un
masque .- R 6 .
Attaquer un surplomb oblique en s'élevant difficilement sur des
pitons fragiles, puis executer un rétablissement exposé sur un
petit saillant de cristaux bruns. Grimper ensuite dans le
couloir qui est fortement étranglé par d'énormes blocs en
surplomb mais se creuse profondément. ( passage dit: de
"l'estrangle belle-mère! " ) La progression est de nouveau gênée
par l'argile glissante, mais des prises nombreuses et
sures donnent cependant une bonne sécurité. On débouche bientot
dans une grande excavation dominée par un amoncellement de blocs
menaçants. Il est préférable d'installer un relais le plus près
possible de la gueule du couloir, sinon l'on ne s'entendrait pas
pour les manoeuvres de corde des suivants. Puis on gagne
facilement une petite grotte sur la gauche où la cordée se
regroupera à l'abri. -R.7
La dernière étape se fait en effet dans une muraille en pleine
décomposition, et il est en effet impossible d'éviter des chutes
de gros blocs mal soudés par la terre rouge, qui s'écroule au
moindre choc et vient s'engloutir dans le couloir.
Grimper sur la droite de la grotte, puis obliquer légerement sur
la gauche et terminer par des marches assez faciles.
On arrive dans le thalweg d'un petit vallon entre les Cimes
du Ponant et du Levant .
Ce livre d'escalade manque ... S'il m'est jamais retourné , il sera intégré à cet endroit.
Les plus célèbres des escalades de Riou sont les Tours, domaine des faulcons du Roy et autres rapaçes et pour cette raison maintenant interdites au public










La Grande Candelle et le
Candellon. Derrière le Socle, la Paroi Concave.
Au fond le Cap
Canaille, A gauche le Cap Gros.
Vue de la Vigie de
MarseilleVeyre - Cliché M. Albert
Généralités

Cliché Dr. Albert
Le Mont Puget est situé au sud-est de Marseille, d'où l'on aperçoit très bien sa tête ronde et chauve. Une légende locale veut que Puget, le célèbre statuaire ait sculpté sur sa crète le gigantesque profil d'une face d'homme couché, tourné vers la mer, et de fait ce masque long de 300 mètres se détache étrangement sur le ciel au sud de la Croix de Luminy.
Autour du sommet principal ( 563 m.) s'épanouissent un grand nombre de chainons secondaires séparés entre eux par de profonds vallons et ce massif s'étend sur une surface considérable de 4000 hectares. Il est circonscrit à l' ouest par la plaine de Mazargues, au nord-ouest par le vallon de Ricard, au nord par la vallée de la Fenètre, à l'est par le ravin de Gorgue-Longue et la Calanque de Port-Miou.
Pour aller au Mont Puget l'itinéraire le plus direct emprunte la route du Redon à Cassis. Il faut arriver aux abords immédiats du Col de la Gineste pour aperçevoir les premiers escarpements de la Face Ouest étagés en barres rocheuses régulières au dessus de la vallée boisée de Luminy. Puis le col franchi, la descente commence vers Cassis et c'est alors une longue suite de collines aux courbes molles et de vallons incultes sans que le grimpeur déçu puisse aperçevoir la moindre paroi , ni la plus modeste aiguille.
Les merveilles rocheuses de cette montagne sont, en effet, toutes invisibles d'içi et comme jalousement cachées à la vue du commun des mortels. Pour les découvrir on doit quitter la route au col de la Gineste et suivre un sentier qui s'enfonce dans la colline vers le sud-est, passer au Puits de Cancel, remonter le Vallon de l'Herbe et déboucher enfin sur le vaste plateau de Puget à l'Est du sommet principal Un magnifique panorama de vallons boisés descendant en ondulations douces vers Cassis blottie au fond de sa baie protégée par les falaises rouges de Canailles , apparait alors brusquement . Puis le sentier file vers le Sud , et à l'extrémité du plateau une dépression soudaine laisse aperçevoir la Grande Candelle et la ligne de crète des falaises qui plongent à pic dans la mer à 500 m. au dessous du Refuge Félix Roche .
Le littoral de cette région est certainement le plus grandiose de toute la cote méditérranéenne française par la sauvagerie de ses abords et la hauteur de ses falaises : 465 m. à la Grande Candelle, 321 dans le Haut Devenson, 228 au Baou Rouge, 140 à Castelvieil . C'est essentiellement le pays des Calanques, puisque la plupart de ces fjords méditérranéens échancrent son rivage : Morgiou, Sugitton, En Vau, Port Pin, Port Miou, et c'est là que l'on trouve les plus beaux itinéraires d'escalade parce que les plus longs sinon les plus difficiles . La longueur des marches d'approche - parfois 3 ou 4 heures - explique éloquement la virginité encore intacte de beaucoup de murailles du Massif de Puget .
Par la terre il n'y a que
trois voies d'accès : celle des Baumettes , celle du
Redon , celle de Cassis. un chemin charretier permet
bien , il est vrai, d'atteindre en voiture la ferme
domaniale de la Gardiole ou les abords de la Calanque d'
En Vau, mais il faut encore des heures de marche pour
arriver sur les lieux d'escalade .
Quant à la voie maritime elle serait idéale en partant
de Morgiou ou de Cassis, mais elle est sous l'entière
dépendance de l'état de la mer car les rares points
d'accostage sont très espacés et la plupart fort mauvais
: sur 10 kms de côte on ne peut débarquer surement qu'à
Sugitton, En Vau, Port Pin , et seulement à condition
que les flots soient parfaitement calmes : au
Rafregiquiou , à la Leque , à l'Oeil de
Verre , au Devenson , à l'Eissadon, à l'Oule .
Les
terrains d'escalade du Mont Puget sont presque tous
situés au voisinage de la mer .
C'est d'abord dans le
quartier de Morgiou-Sugitton : la Face Sud du Crêt de
St. Michel, l'Aiguille de Sugitton et sur la rive droite
de la calanque de Morgiou : l'Eperon du Renard.
Dans le Quartier de la Tête de Puget , peu de choses
interessantes pour le grimpeur : au Nord la Croix de
Luminy et en contre-bas de la ligne faîtiere: le gros
monolithe de la Gouargue et face à la Grande Candelle,
la Falaise terrestre du Cap Gros sur laquelle est
construit (! ?) le Refuge Félix Roche parmi les ruines
d'une ancienne vigie du XVII ème siècle. Les grandes
barres rocheuses qui font une ceinture à la tête de
Puget à l'Ouest, sont actuellement à peu près
inexplorées .
A l'Est, le Vallon des Rampes enserre le sommet des
multiples méandres de ses affluents : les Vallons des
Pélerins, de la Réserve, et de la Fenêtre, isolant de
çi-de là, de jolis massifs rocheux : Arêtes de la Flèche
, des Cloportes, des Huits Gendarmes .
Au Sud, c'est l'Aiguille-reine : la Grande Candelle,
dont la fière silhoulette écrase tout le littoral de sa
masse et qui est depuis toujours pour les grimpeurs, le
pôle d'attraction principal de la Région des Calanques,
elle est flanquée au nord de sa réplique miniature : le
Candellon
Les autres quartiers s'échelonnent le long du rivage et
comprennent exclusivement des falaises ou des aiguilles
marines.
Le Quartier du Devenson s'étend du Val Vierge au pied de
la Grande Candelle, jusqu'à la calanque de l'Eissadon ;
il est actuellement fort mal connu et peu
accessible
Plus à l'Est, le Quartier de l'Oule englobe toute cette
calanque et la Face Ouest de la presqu'ile de
Castelvieil .
Et enfin, le Quartier d' En-Vau, la merveille tant de
fois évoquée dans la littérature provencale, avec son
vallon hérissé de hautes arêtes dentelées, ses
nombreuses Aiguilles et sa magnifique calanque cernée
par de grandes falaises abruptes .

Le Littoral du Mont Puget
En haut et à
l'extrème gauche la Falaise du Cap Gros, extrémité Sud
du Plateau Sommital du Mont Puget
Au
premier plan: la Calanque de Morgiou

Reproduction d'une carte en
couleurs du Massif du Mont Puget au 1/10 000 du Dr Albert,
réduite au 1/37500 environ
I Quartier de Morgiou Sugitton
II Quartier de la Tete de Puget
III Quartier du Vallon des Rampes
La Grande Candelle
Le Socle
La Face Est de la Candelle
Candellon
Couloir du Candellon
La Tour Penchée
Cheminée du Diable
La Cheminée du C.A.F.
V Quartier du Devenson
Voie de Gasquet
Baou Rouge
Traversée de la Falaise du Bas Devenson
Arête Perçée de l'Eissadon
Aiguille de l'Eissadon
VI Quartier de la Calanque de l'Oule
Les Voies de la Grande Falaise
Arêtes de la Lune et de Lily-Jeanne
Aiguilles Bayet et Anonyme
Arête Saphir et Tour Ronde
Cheminée de CastelVieil
I Quartier de Morgiou Sugitton
La Calanque de Morgiou entaille profondément le littoral Sud-Ouest du Mont Puget. Très large à son débouché dans la mer, elle se reserre progressivement pour n'être plus qu'un étroit fond de vallée submergée aux abords du petit hameau de Morgiou , où elle est alors encaissée entre de hautes murailles abruptes taillées au flanc de collines escarpées.
Sa rive droite au relief confus intéressera peu le grimpeur qui n'y trouvera que d'assez banales escalades au Sorbet et à l'arête du Renard; elle lui permetra par contre, une promenade d'un intérèt touristique majeur au Cap de Morgiou , d'où il découvrira dans toute leur splendeur le groupe des plus belles falaises de la région des Calanques depuis la Grande Candelle jusqu'à la presqu'ile de CastelVieil. Cette merveilleuse vue panoramique dans un site maritime incomparable vaut bien pour une fois l'abandon de la corde et du marteau, et il n'est pas d'escaladeur qui puisse regretter l'emploi d'une demi-journée à cette excursion faite les mains dans les poches.
La rive gauche de la Calanque de
Morgiou est beaucoup plus puissamment sculptée . Un chainon
montagneux issu du Mont Puget auquel il se rattache par la
baisse du Col de Sugitton, prolonge vers le sud-est la chaine
des Monts Escampons. Sa ligne faitière d'abord érodée et nivelée
au Crêt de St Michel (270m.) reprend vite au Belvédère de
Morgiou (252m.) l'allure des montagnes
jeunes: de brusques
cassures brisent son arête rocheuse flanquée de part et d'autre
par des barres abruptes et l'abaissement par échelons vers la
mer, puis elle se hausse d'un dernier élan à l'Aiguille de
Sugitton (175M.) avant de s'abimer dans les flots.
Ce chainon
sépare le vallon de la calanque de Morgiou, du Vallon et de la
calanque de Sugitton.
Son versant Nord est sans grand relief jusqu'à l'Aiguille de Sugitton, alors que son versant Sud est taillé à pic au Cret de St.Michel par une dépression verticale de plus de 100 m. de hauteur , longue de 300 m. Cette Face Sud du Cret de St.Michelde Morgiou est avec l'Aiguille de Sugitton le principal terrain d'escalade du quartier .
La voie d'accès la plus commode, en attendant l'achèvement de la route carrossable de Morgiou dont on vient de commencer les travaux ( 1942) , part des Baumettes et suit le chemin charretier du vallon de Morgiou jusqu'au hameau au bord de la mer. De là un chemin en lacets escalade les éboulis vers le nord et conduit rapidement au pied de la Face Sud du Crêt de St. Michel. Pour aller à l'Aiguille de Sugitton, on prend un sentier jalonné en rouge qui part de la plage et s'élève en gradins successifs le long de la rive gauche de la calanque jusqu'à son extrémité où il contourne l'Aiguille par sa base. Par un autre sentier jalonné en noir en suivant la rive droite, on passe sous le Sorbet et un peu plus loin sous l' Arête du Renard, c'est le chemin du Cap Morgiou .
Face Sud du Crêt de St. Michel de Morgiou
Malgrè l'importance de ses
murailles hautes de 110 mètres sous le sommet, et malgrè sa
situation privilégiée dans le voisinage immédiat de Morgiou et
du Traçé Rouge de l'Oeil de Verre très fréquenté par
d'innombrables excursionnistes, d'où elle apparait dans toute sa
beauté, il ne semble pas que la Face Sud du Crêt de St Michel
ait attiré l'attention des grimpeurs avant 1940. A notre
connaissance la première escalade réussie eut lieu cette annéee
là et fut exécutée dans la paroi Est de la paroi où sa hauteur
se réduit à 75 mètres.
Depuis d'autres parcours y furent rapidement découverts soit en
escalade libre soit en escalade artificielle.
I - Voie des Guetteurs
Première par G. Livanos, J.Bimar le 27 Octobre 1940
Escalade libre difficile - Un seul passage difficile dans la
5ème étape
Encordement de 20 mètres
Elle aboutit à une
plateforme où était installé un poste de guetteurs en 1939
Cet itinéraire d'abord essayé par V.Rostand qui échoua près du
but fut repris quelques temps après G.Livanos.
Démarrer à une trentaine de mètres à gauche (ouest) de l'arête
qui clotûre la Face Sud. Escalader les rochers faciles mais
délités, puis longer vers la gauche une corniche herbeuse où
s'ouvre un petit aven. - R. 1
Gravir une dalle puis un
petit couloir embroussaillé jusqu'à une écaille détachée.-
R. 2
S'élever dans une dalle en obliquant à droite,
puis revenir au dessus du relais et traverser à gauche
vers une plateforme . - R.3
Parcourir de petites
cheminées à gauche jusqu'à un éperon peu saillant derriere
lequel se developpe une large corniche, on la suit jusqu'à son
extremité.- R. 4
Gravir alors la fissure du fond
d'un dièdre très ouvert et sortir par son plan gauche. R. 5
Quelques ressaults faciles amènent à la plateforme des guetteurs
.
II - Voie de Droite
Première par G. Livanos, A. Coudray le 8 Mars 1942
Escalade
artificielle très difficile - Encordement de 25 mètres
Les plus grosses difficultés se
trouvent dans la 5ème étape. Dans la moitié
Ouest de la Face Sud la muraille présente un aspect inaccoutumé
dans les Calanques.
A l'Est du sommet, du haut en bas et sur
50 m. de large environ, le calcaire prend une teinte grise; de
plus une multitude d'arbrisseaux et de petits pins se sont
insérés dans tous les défauts de la roche et accentuent encore
la couleur sombre de cette muraille qui s'élève en pente
régulière de 80° environ : c'est la Paroi Noire parcourue en son
milieu par un très bel itinéraire d'escalade libre . La Voie de
Droite et la Voie de Gauche dont nous parlerons plus loin
,désignent des parcours découverts " à droite" et à
"gauche" de cette Paroi Noire .
A droite de la Paroi
Noire un éperon peu saillant se perd à mi-auteur dans un mur de
dalles.
Monter au départ sous l'éperon, dans une dalle
encombrée de blocs démolis et d'arbustes en obliquant à droite
on atteint de grandes terrasses . - R. 1
Revenir sur
le fil de l'éperon par des dalles assez raides , puis
inclinées mais roujours délitées .Franchir un court ressaut
vertical et par quelques mètres faciles et un petit dièdre
couvert par un bloc instable -(tombé en Déc.1948) - on atteint
le sommet d'un premier pilier de l'éperon. - R. 2
Le
second pilier, très raide,s'attaque sur la droite où l'on gravit
une dalle facile puis un petit surplomb et des rochers brisés .
Peu après on traversera à droite dans une dalle pour rejoindre
une étroite fissure-dièdre d'aragonite où l'on s'élève en
escalade artificielle.. On parvient à une niche dont on franchit
le toit directement.Quelques mètres moins raides mais délités,
amènent au replat herbeux. - R. 3
On quitte le relais
par une vire facile à gauche. Revenir ensuite à droite à la cime
du 2ème pilier. - R. 4
Monter à droite du relais dans
une dalle lisse. Trois métres plus haut traverser à droite pour
rejoindre un système de fissures à pitons. On progresse d'abord
tout droit, puis vers la gauche le long d'une petite
fissure-dièdre délitée qui se termine sur un petit replat
broussailleux .Une nouvelle fissure verticale aboutit à des
dalles faciles. On traverse alors à gauche vers un relais
confortable . - R. 5
Refaire la traversée en sens
inverse, puis s'élever en écharpe dans des dalles sur la droite.
On contourne une plaque et par une dalle inclinée et très lisse
on arrive à une vire-balcon marquée par un pin. - R. 6
(le pin a disparu en Sept.1948 )
Franchir, au dessus, des
rochers surplombants et gagner le sommet par une vire ascendante
vers la gauche dans des rochers instables .
III - Voie de la Paroi Noire:
Première par H Joubard, Forestier leaders à tour de role le 14
Décembre 194&
Escalade libre très difficile -
Encordement de 25 mètres
La 2ème et surtout la 3ème étapes sont les points cruciaux de ce parcours qui par ailleurs est de difficulté soutenue.
Cet itinéraire appartient à la
série des escalades éffectuées tout d'abord grace à la
multiplications des moyens artificiels , et qui revues par la
suite par d'autres grimpeurs se révélèrent franchissables en
escalade libre avec quelques pitons d'assurance.
En escalade
artificielle c'est un trajet sans histoire; en escalade libre
cela devient un beau parcours très ardu.
Attaquer vers le centre de la Paroi Noire, au niveau d'un
bouquet de pins, en grimpant dans une série de fissures faciles
dont la pente s'accentue progressivemrnt .On s'arrète après 30
m. sur un replat contre une écaille. R.1-
Escalader
une étroite cheminée d'abord assez facile, puis de plus en plus
raide et difficile car les prises s'y rarifies au fur et à
mesure que l'on gagne de la hauteur . Après un dernier passage
exposé, on atteint un étroit replat terreux entre deux écailles
détachées. - R. 2
Grimper sur l'écaille de droite et
s'engager dans une dalle verticale en suivant une fissure dont
les prises sont très petites et très espacées . Au niveau d'un
petit pin au tron curieusement sinueux , virer à droite pour s'y
installer à califourchon. - R. 3
Revenir à gauche, et
par une vire ascendante , atteindre la base d'une cheminée
profonde on passe un petit mur couronné par un
replat herbeux et l'on grimpe facilement par ramonage jusqu'à un
genevrier; un peu au dessus s'ouvre une niche étroite dans
laquelle une mince colonnette assurera le relais .- R. 4-
(Dans un trou:boite en fer et carnet)
S'élever en écharpe
dans la dalle de droite sur des prises excellentes ,puis
escalader une fissure inclinée vers la gauche. On s"arrète sur
une plateforme exigue. - R. 5
Escalader tout droit
une nouvelle dalle raide à belles prises et terminer par de
petites fissures sur la gauche.
IV - Voie de la Face Sud du Crêt de St.
Michel
Première par G. Livanos, M. Samuel le 8 Décembre 1940
Escalade artificielle difficile - Encordement de 25
mètres
Parcours d'escalade mixte dont le plus gros obstacle
se situe dans la cheminée de sortie
Une longue cheminée rouge
entaille profondément la partie supérieure de la muraille à
l'aplomb du sommet du crêt et limite à l'Ouest la Paroi Noire.
Cet itinéraire , le second découvert dans la Face Sud, se
développe en partie à gauche dans l'axe de la cheminée.
Départ sur la droite d'un saillant de la base de la muraille ,
des dalles inclinées menent à un petit replat; de là virer à
gauche. Gravir une courte dalle vers la droite et s'engager sur
une corniche ascendante embroussaillée.-R.1
Grimper sur l'arête gauche d'un dièdre: sous un surplomb
traverser à droite vers une cheminée que l'on remonte jusqu'à un
petit gendarme.- R. 2
Virer alors pendant une dizaine
de mètres sur la droite. -R.3
Continuer l'ascension à
la verticale dans une zône de rochers brisés jusqu'à une
plateforme: genevrier mort R.4-
Sur la droite pénétrer
par un passage très raide dans la cheminée où l'on escalade des
blocs branlants, puis une grosse écaille et des rochers faciles
jusqu'à une niche rougeR. 5
Un peu au dessus,virer à
gauche et abandonner la cheminée rouge pour un grand dièdre qui
lui est parallelle;on y gravit la cheminée du fond jusqu'à un
gros bloc .- R. 6
De là , jusqu'au sommet, progression
sur étriers dans le fond du dièdre dont on sort par le plan
gauche .
V - Voie de Gauche
Première par G. Livanos, Moyrand (leader à tour de role) le 25
Janvier 1942
Escalade artificielle difficile - Encordement de 25
mètres
Deux étapes artificielles, la première et la
dernière, le reste en escalade libre souvent difficile
Par rapport à la Paroi Noire, si
ce n'est pas exactement la voie de Gauche, c'est tout au moins
la voie d'extrème gauche; mais en fait peu importe la logique
des titres des voies d'escalade.
Le départ est situé sur le
flan droit d'une concavité noire qui creuse la base de
l'extrémité Ouest de la Face Sud .
Par des dalles faciles on
monte jusqu'à une niche herbeuse. Après quelques mètres dans les
rochers brisés très raides et une petite traversée à droite , on
suit une mince fissure oblique qui se perd peu après sous un
surplomb. On le contourne par la droite et l'on arrive sur un
replat herbeux .- R. 1
Remonter vers la gauche une
pente embroussaillée. - R. 2
Obliquer à droite vers un
grand pin . -R.3
Par un court passage d'opposition
pénétrer dans une profonde cheminée d'aragonite où l'on monte
aisémentet dont on sort par la gauche sur un gros bloc
posé. Deux rétablissements successifs menent à un genevrier
mort. -R.4 -
Gravir une courte cheminée surplombante
et rejoindre une bonne plateforme sur la droite .- R. 5
Escalader une dalle aux prises peu solides et se rétablir un peu
plus haut sur une écaille délitée; continuer en traversant une
dalle sur la droite et monter sur une banquette de blocs
empilés.- R. 6
Grimper dans une cheminée en évitant
quelques blocs instables, puis suivre vers la droite une vire
ascendante. Se rétablir au dessus d'une écaille branlante et
virer de nouveau à droite .Gravir quelques mètres directement
puis escalader de nouveau à droite une fissure cheminée et
terminer par un dièdre très ouvert .
VI - Arête du
Brouillard
Première par H. Joubard, Forestier, le 11 Décembre 1938
Escalade libre facile - Encordement de 15 mètres
Cet itinéraire emprunte sutout la
petite Face Ouest du Crêt de St.Michel puisqu'il ne rejoint
l'arête qui ne cloture à l'Ouest la Face Sud que dans sa
partie terminale .
Attaquer à 10 m. à gauche du gros
gendarme de base par une montée en écharpe dans une dalle au
relief tourmenté. - R. 1
Revenant un peu à gauche ,grimper dans une fissure-cheminée de
prime-abord un peu délicate puis franchement facile. On débouche
sur une terrasse d'où une série de couloirs très faciles
méneraient aisaiment au sommet.- R.2
Gagner alors l'arête dont on suit le fil sans difficulté jusqu'à
un replat .- R. 3
Continuer toujours sur le taillant
par une escalade amusante; le passage d'un bloc en leger
surplomb termine l'escalade .- R. 4
De là au sommet ascension sans aléa .

En bas à l'extrème gauche
la route de Luminy et la Calanque de Sugitton
En haut et à
gauche la Muraille du Socle de la Grande Candelle
Vue prise du Vallon de
Sugitton Cliché Dr. Albert
La beauté pittoresque de la
Calanque de Sugitton en a fait de tout temps un but de promenade
très fréquenté par les excursionistes. Aussi l'Aiguille, dont
les pentes Nord jusqu'à la petite plage, est-elle un centre
d'escalade les plus anciennement connus des grimpeurs
marseillais.
La première ascension date de
1903.
C'est plutôt une longue arête
rocheuse en lame de couteau qu'une véritable aiguille: longue de
250m et fort étroite sauf en son milieu, elle culmine à 175m. La
crête faitière est orientée NO-SE et détache un gros promontoire
en direction de la calanque, ce qui permet de distinguer 3 faces
bien distinctes: Sud-Ouest, Est et Nord.
Les Faces Sud-Ouest et Est n'ont
qu'un hauteur médiocre 60 à 70m environ, mais elles sont
verticales et bien dégagées.
Le relief de la Face Nord est
beaucoup moins net quoiqu'elle soit plus élevée: de grandes
terrasses couvertes de végétation coupent la raideur de sa
muraille, sauf à son extrémité Ouest où la belle Arête du Vallon
atteint la crête d'un seul jet.
Du point de vue de l'escalade,
l'Aiguille de Sugitton offre toute la game des difficultés de
l'escalade libre dans une série d'itinéraires variés; l'escalade
artificielle ne s'impose que dans quelques passages des voies
récemment découvertes.
ESCALADES DE LA FACE
SUD-OUEST
Photos I et II

La Face Sud-Ouest
de l'Aiguille de
Sugitton - Photo I
Vue en enfilade prise des pentes du Collet
de l'Aiguille
Cliché grand angulaire: Dr. Albert

L'Aiguille de Sugitton -
Photo II Cliché
Dr. Albert
La Face Sud-Ouest et l'Arête Sud-Est
vue prise de la mer
Un gros contrefort saillant coiffé par un piton rocheux divise cette face en deux parties inégales et de chaque coté elle est épaulée par deux éperons, l'un très saillant à l'ouest, l'autre mal individualisé et arrondi à l'est.
I - Arête Nord
Première par L.
David en 1914
Escalade libre facile - Encordement de 20
mètres
Il s'agit en réalité de l'arête
Nord-Ouet de l'Aiguille. Démarrer dans une dalle inclinée à
droite de l'arête et monter jusqu'à un pin. - R. 1
Escalader une cheminée facile qui conduit au collet d'un petit
gendarme sur l'arête.- R. 2
Passer dans le versant
nord et rejoindre le taillant que l'on suit jusqu'à l'épaule.
-R. 3
De là,suivre le fil de l'arête devenue horizontale
en se tenant dans le versant nord aux passages très étroits.
II - Arête de Morgiou
auteur
inconnu - Escalade libre facile - Encordement de 15
mètres
C'est l'éperon Ouest, le plus
saillant dans la Face Sud-Ouest, il s'adosse à l'épaule de
l'arêteNord-Ouest.
Le point de départ est situé dans le
flanc droit de l'arête. On s'élève dans une grosse fissure assez
raide et lisse puis ,par une courte vire à gauche et un petit
dièdre incliné à droite on atteint un pin.- R. 1
Grimper dans une cheminée largement ouverte et facile, gagner le
taillant de l'arête par laquelle on monte sur une terrasse
d'éboulis. -R. 2
Escalader par son bord droit un gros
bloc détaché "la carapace de la tortue " et l'on arrive peu
après à l'épaule de l'arête Nord-Ouest
III - Envers de la Voie Guéry
Première par: H. Joubard ,Forestier
le 21 decembre 1941
Escalade libre facile - Encordement de 15 mètres
Cet itinéraire parcourt une profonde cheminée dans le flanc
ouest du contrefort central et fait pendant à la vieille voie
Guery qui serpente dans son flanc Est.
A quelques mètres à
gauche de la cheminée escalader une fissure oblique à droite
puis le plan gauche d'un petit dièdre; une nouvelle
fissure oblique mène à une niche.-R.1
Continuer à la
verticale du relais pour rejoindre un peu plus haut et à droite,
une fissure d'aragonite.
On s'éleve ensuite dans une
cheminée surplombante qui débouche au collet du gendarme
terminal du contrefort central. - R. 2
De là on suit
la Voie Guery vers le sommet .
IV- Couloir Guery
:
Première par :E.
Guery en 1913
Escalade " libre facile " - Encordement :
15 m.
Le peu de longueur de cette voie
lui vaut la classification "Escalade Libre Facile" , cependant
deux passages ardus dans les 1ère et 4ème étapes s'apparentent
plutôt à l'escalade " libre difficile"
A droite du contrefort
central,une fissure verticale descend du collet du gendarme. La
Voie Guery parcourt son premier tiers, puis oblique à droite
dans la muraille pour revenir au collet beaucoup plus haut.
Dernièrement cette fissure, jugée autrefois impraticable, a été
gravie en son entier par R. Tanner (1941)
Dès le départ ,des
prises d'aragonite réclament de l'attention, puis il faut
franchir un bloc surplombant avant d'arriver à un renfoncement.
-R. 1
Quitter la fissure et traverser vers la droite
une dalle inclinée pour atteindre une cheminée secondaire. -
R. 2
Gravir cette cheminée dans du rocher peu solide
jusqu'à une corniche herbeuse.- R. 3
A son extrémité
ouest gravir une dalle très raide et lisse ( une courte-échelle
peut-étre utile) puis monter le couloir embroussaillé qui
conduit au collet. - R. 4
De là, par des dalles et des
cheminées très faciles on atteint le sommet d'un éperon, puis la
crête.
V - Couloir Guéry " intégral "
Première par : R.Tanner,
R. Duchier le 2 Février 1941
Escalade " libre difficile" -
Encordement :20 m.
C'est l'utilisation des pitons comme moyen de sécurité qui a
permis tout récemment de tenter et de réussir la rectification
du Couloir Guery.
Après le premier relais de la voie normale,
on grimpe dans la dalle de gauche jusqu'à un replat.- R. 2
Puis une courte traversée ramène à la cheminée où l'on s'éleve
péniblement par coincement et ramonage jusqu' au couloir;
descendre du collet.- R. 3
De là on monte au
sommet par l'ancien itinéraire .
VI - La Parallèle
Première par: G. Livanos, H. Gilles le 2 Fev 1942
Escalade " artificielle peu difficile- Encordement 2O m.
C'est
un itinéraire "parallèle" au couloir Guéry, le départ est à une
vingtaine de mètres à sa droite.
Débuter par une dalle raide
et monter sur une écaille détachée. Continuer par une fissure
verticale oblique, dépasser un génevrier, grimper dans une
dalle,puis virer à gauche pour rejoindre une fissure ouverte que
l'on suit jusqu'à une étroite vire . - R. 1
Au dessus,
escalade verticale d'un système de dalles à petites prises et de
plaques jusqu'à une corniche. R.2
Vers la droite
escalader une fissure oblique qui revient à gauche, puis une
dalle après laquelle on arrive sur une vire étroite. Un nouveau
crochet à droite, le franchissement d'un ressaut, suivi d'un
dernier crochet à gauche et l'on arrive au bas d'une cheminée
profonde .- R. 3
On s'y élève par ramonage et après en
être sorti par son plan droit, on grimpe dans des blocs qui
mènent aux terrasses d'éboulis sous le sommet.
VII - Voie Forestier - Joubard
Première par: Forestier et H. Joubard le 21
Déc.1941
Escalade "libre très difficile "- Encordement: 2O m.
Tout comme celui de la Paroi
Noire du Crêt de St.Michel, ce parcours fut d'abord éxécuté à
l'aide de moyens franchements artificiels; il est cependant
faisable en escalade libre avec quelques pitons d'assurance mais
demande un gros effort du grimpeur aux prises avec le surplomb
de la 3ème étape
Départ à mi-distance entre le contrefort
central et le contrefort Est en direction d'une cheminée-fissure
bien tracée. Monter facilement jusqu'à un pin poussé dans le bas
de la paroi ,puis gravir une fissure ascendante vers la droite,
mauvais relais dans une encoignure terreuse. -R. 1
La fissure très étroite
devient verticale, les premiers mètres sont facilités par une
lèvre rocheuse dans son bord gauche puis les prises se rarifient
et s'espacent, mais ce passage exposé ne dure pas et bientôt on
s'élève dans une cheminée assez facile qui aboutit à un replat
coiffé par un gros surplomb.- R. 2
On l'attaque par la
gauche: une courte-échelle est fort utile pour atteindre une
fissure déversée dans laquelle il faut se hisser par opposition
sur le flan gauche (exposé) ; une brusque rupture de pente et de
bonnes prises sur la droite facilitent ensuite l'arrivée dans un
éboulis. -R. 3
On peut également quitter le 2ème
relais par la droite en gravissant une dalle en surplomb et là
encore la courte-échelle est très utile ( J.Meunier, Dr.Albert
en 1942 ) autant de difficultés qu'à gauche.
Au dessus
divers passages faciles conduisent à la crête .
VIII - Voie des Deux
Pins
Première par :CH. Magol, G. Panteri le 2O Décembre
1937
Escalade "libre difficile "
Un morceau difficile dans une dalle raide après le 3 ème relais.
La Voie
des deux pins parcourt en écharpe de gauche à droite le
contrefort Est, deux pins jumeaux sur une corniche servent de
repère vers lequel on monte par des gradins terreux.- R. 1
S'élever alors dans une cheminée dont les premiers mètres sont
assez difficiles mais qui s'améliore rapidement, puis elle
s'évase et devient terreuse; un court ramonage et l'on vire sur
la droite vers un petit pin. - R. 2
Les amateurs
d'escalades sinueuses pourront passer par le chemin primitif en
quittant le 1 er. relais par la gauche sur une corniche
ascendante, puis en revenant 4 à 5m. plus haut dans la cheminée
par une traversée délicate. Au dessus on remonte
facilement une dalle inclinée pour abandonner la cheminée 15 m.
plus haut, là où elle prend un aspect franchement rébarbatif, et
l'on vire à droite sur un balcon encombré de blocs posés -R.3
A gauche d'un génevrier mort, se hausser sur le tranchant d'une
petite écaille, puis s'élever sur de mauvaises prises dans une
dalle raide ( exposé ). Peu après on atteint une corniche
embroussaillée.- R. 4
On peut aussi grimper au dessus
du genevrier et gravir la dalle en obliquant vers la gauche, à
deux pas on arrive sur l'arête Sud-Est .
IX- La Muraille Angelvin
Première par: M.Ramond, Ch.Magol le 26 Décembre 1937
Escalade " libre difficile " - Encordement 15
m.
Comme la voie des 2 Pins, la
Muraille Angelvin ne comporte qu'un passage vraiment difficile
dans la 3 ème étape.
Cet itinéraire s'élève à l'extremité
Est de la Face Sud-Ouest, il commence au niveau de la croix
scéllée à la mémoire de J. ANgelvin tombé de l'Arête Sud-Est le
16 Mai 1910, et aboutit au pied du cable de cette arête. En 1939
il fut complété par Gisèle Albert qui arriva beaucoup plus haut
par un fort difficile passage nommé : Sortie Privée .
Débuter
à droite de la croix par une facile cheminée terreuse qui
conduit à une bonne corniche.- R. 1
A son extrémité
Ouest grimper le long d'une fissure oblique à droite, puis un
coude brusque l'infléchit vers la gauche ( rocher excellent) on
s'arrête un peu plus haut sur un très étroit tronçon de vire. -
R. 2
Une variante ( H. Barrin ) suit un parcours
symétriquement inverse : à l'extrémité de la corniche, une
fissure oblique à gauche qui s'incurve ensuite à droite. Monter
ensuite tout droit dans une dalle raide en direction d'une niche
sous un gros surplomb, avant d'y arriver les prises sont rares
et mal disposées et l'escalade devient exposée. - R. 3
Virer ensuite vers l'Ouest sur une grosse écaille décollée.
Dépasser un genevrier et monter dans un renfoncement
confortable. - R.4
Quelques mètres faciles, puis on
franchit par la droite un surplomb impressionant (très bonnes
prises sur son sommet ) et l'on arrive sur une plateforme de
l'Arête Sud-Est au bas du cable .- R. 5
Sortie Privée
Première
par: Gisèle Albert, Daflon, Dr.Albert le 29 Octobre 1939
Escalade " libre très difficile "
Revenir
dans la Face Sud-Ouest par une corniche ascendante à gauche du
cable et dépasser un dièdre surplombant de roche noire.- R. 6
Escalader alors tout droit une dalle qui se redresse rapidement,
passer une zône surplombante sur de mauvaises prises ( exposé )
et bientôt on débouche sur l'Arête
Sud-Est .
ESCALADES DE LA FACE EST

La Face Est présente un aspect concave assez régulier avec au centre un contrefort qui s'adosse au milieu de la paroi. Elle est circonscrite entre l'Arête Sud-Est et l'Arête Nord-Est; cette dernière qui plonge à la Calanque de Sugitton est ajourée à mi-hauteur par une fenêtre surmontée d'un léger arc-boutant de pierre au dessin hardi .
I . Arête Sud-Est ou Voie du Cable
Première par : Ch.Bonnaud " en solo " le 21 Mai 1909
Escalade " libre facile "
-Encordement 15 m.
Un passage très difficile vers
le milieu a été grandement amélioré par la pose d'un cable fixe
dû au C.A.F. en 1913, auparavant il fallait passer grâce a un
lancer de corde hazardeux dans les branches d'un pin.
De la
terrasse où s'élève l'Arête Sud-Est, prendre dans sa paroi
droite une bonne fissure qui lui est parallele;contourner par la
droite une dalle verticale sur laquelle est scéllé un anneau de
rappel. -R.1
Suivre une corniche ascendante, puis
escalader un ressaut qui amène sur le fil de l'arête; on la suit
jusqu'à une plateforme sous le cable. - R. 2-
Monter à la force des poignets ( 6 à 7m.) le long du cable
jusqu'à un pin .- R. 3 -
Poursuivre l'escalade sur
l'arête par de petites cheminées et des ressauts faciles .
A
quarante mètres à droite de l'arête Sud-Est et à mi-chemin du
contrefort central, la Voie Andriny et la Voies des Vétérans
décrivent un " Y " dans la muraille, le tronc est commun à ces
deux itinéraires, l'un forme la branche gauche et l'autre la
branche droite.
II - Voie Andriny
Première par: C. Andriny et X. le 16 Mai
1908
Escalade "libre facile"
- Encordement 15m
Par des gradins et des
fissures terreuses monter vers un bouquet de chênes verts
que l'on traverse. - R.1-
Après quelques mètres
sur une corniche ascendante vers la droite, s'élever droit
dans une cheminée étroite, herbeuse, et glissante , on
parvient dans un renfoncement. -R. 2
Suivre vers
la gauche une vire assez inclinée jusqu'à une corniche. -
R. 3
Par une courte fissure on rejoint l' Arête Sud
-Est .
III - Voie des
Vétérans
Première par: Faurès,
Félix, Quinzi senior, H. Imoucha en 1927
Escalade " libre facile " -
Encordement : 15 m.
Elle fut baptisée sur le mode
ironique car le doyen de la cordée n'avait sûrement pas
atteint la quarantaine lors de la première .
Monter jusqu'aux chênes verts de la Voie Andriny.- R. 1
On s'engage sur la corniche ascendante de droite jusqu'à une
dalle que l'on franchit pour atteindre une petite terrasse
.- R. 2
Virer alors à gauche et par une corniche
étroite et fuyante au sommet d'une dalle, arriver sur une
autre terrasse où se trouve un bloc encastré. -R. 3
De là par une cheminée raide aux prises rares, monter
jusqu'à un gros pin et gagner l'arête.
IV -
Voie Livanos
Première par :G.
Livanos, P.Guérin le 12 Mai 1940
Escalade "
libre difficile " - encordement 20 m;
Départ dans le flanc sud du
contrefort central. Escalader une fissure étroite, dépasser
un replat herbeux au dessus du quel se trouve une large
terrasse. - R.I
Escalader un entassement de gros
blocs, puis aller vers une plateforme inclinée. - R. 2
A gauche de la plateforme, traverser légèrement puis gravir
une petite dalle raide suivie de mauvais rochers et d'une
cheminée encombrée de blocs instables qui débouche au pied
d'un grand pin .- R.3 -
de là monter droit dans des rochers faciles, escalader
une fissure et et traverser à gauche pour rejoindre l'arête
sommitale.
V-
Voie des A.J. ( Auberge de la
Jeunesse)
Première par:
J. Stricher, V. Busson, G.Tramier en Janvier 1941
Escalade " artificielle difficile"
Deux
difficultés: la cheminée du départ et le surplomb terminal.
Départ à une dizaine de
mètres à droite du contrefort central. On
s'élève sur des pitons le long d'une fissure oblique à
gauche jusqu'à une plateforme. - R. I
Après 3 ou 4
m. de mauvais rochers, on remonte une cheminée oblique
embroussaillée, relais sous un bombement . - R. 2
Continuer
jusqu'à une belle plateforme sous un surplomb. -R.3
On le franchit en obliquant un peu à gauche et l'on termine
par une cheminée où le rocher est à surveiller.
ESCALADES DE LA FACE NORD

Face Nord de l'Aiguille de
Sugitton
Au premier plan l'Arête du Vallon
vue prise
du portail de la route de Luminy à Sugitton Cliché Dr.
Albert
Cette face
serait sans grand intérêt pour le grimpeur s'il n'y avait
pas l'Arête du Vallon.
En effet deux parcours faciles:
la Voie Bonnaud et la Voie Nationale étaient les seuls
pratiqués
avant la découverte de ce remarquable
itinéraire d'arête long de près de 100 m.
S'il ne présente pas de difficultés extrèmes, il n'en est pas moins un des plus joli morceau d'escalade libre de la Région des Calanques, malgré son voisinage avec les pentes d'éboulis qui estompent son profil élancé .
I - Voie
Bonnaud
Première par Ch.Bonnaud " à la descente
"le 21 Mai 1903
Escalade "libre facile "
- Encordement: 2O m.
Du nom de Ch. Bonnaud qui fit
une chûte mortelle en tentant de remonter cette voie qu'il
avait descendu le dimanche précédent lors de sa " Première
de l'Aiguille.
Remonter le thalweg du Vallon de Sugitton
jusqu'à l'arête qui sépare la Face Est de la Face Nord .
Par des rochers faciles gagner une large bande herbeuse qui
s'élève vers le Nord.-R.1
l'abandonner pour suivre
en sens inverse une corniche assez étroite où poussent
encore quelques arbustes. - R. 2
Grimper
ensuite dans une cheminée d'aragonite en évitant la partie
inférieure par un crochet à droite; on arrive alors sur une
grande terrasse. - R. 3
A son extrémité Est
s'engager sur une étroite vire irréguliere qui remonte à
gauche vers une pente d'éboulis. - R. 4
Revenant
à droite on escalade quelques fissures faciles et l'on
atteint une corniche ascendante.-R.5 -
Peu après on débouche sur l'arête faîtière .
II - Voie
Nationale
Première par : L.
David , E.Guéry en 1912
Escalade
" libre facile " - Encordement: 20 m.
Tout à fait facile cet
itinéraire n'est qu'un trait d'union entre la première
partie de l'Arête Nord-Ouest et la fin de la Voie Bonnaud;
- " Voie nationale" veut sans doute signifier " route
nationale" avec toutes commodités.
Au 2ème relais de
l'Arête Nord-Ouest passer dans le versant Nord par le collet
du gendarme et descendre en écharpe par de petites cheminées
en direction d'un taillis sur une grande terrasse. On
la traverse d'Ouest en Est et l'on rejoint la Voie Bonnaud à
la vire irregulière pour la suivre jusqu'au sommet.
III - Arête du
Vallon
Première par:
H. Imoucha, Ch. Choberg en 1926
Escalade "
libre difficile " - Encordement : 2O m.
Si
l'ensemble des difficultés de cette escalade est assez moyen
et si elle ne comporte pas de très gros obstacles, elle est
cependant soutenue. La dalle Imoucha dans la deuxième
étape en est le morceau le plus délicat. Cette arête longue de près de 100 m. monte du fond du vallon
de Sugitton vers l'épaule de l'Arête Nord-Ouest.
Le point de départ de la voie classique se situe à gauche du
pied de l'arête; on s'élève en opposition dans une large
cheminée puis on vire à droite sur des écailles pour passer
sur le taillant. Relais sur une marche très étroite.- R.
1
Il est plus élégant et ce n'est
pas plus difficile, d'attaquer le pied de l'arête à la
partie la plus basse de son taillant. Après avoir passé une
dalle assez pourrie ( III de la photo) virer à gauche
et monter vers un bloc détaché, revenir à droite, traverser
un genévrier mort, puis obliquant de nouveau à gauche
parvenir à l'étroit replat du 1er relais . ( Cette
rectification serait l'oeuvre de V. Chauvet) . On
s'élève ensuite dans une dalle lisse en obliquant à droite,
puis enjambant son bord supérieur, on arrive à un petit
collet; - R. 2
Poursuivre
l'escalade en suivant une fissure verticale à droite de
l'arête et parallèle à celle-çi. Relais à un deuxième
collet; - R. 3 -
Monter droit
dans des ressauts peu difficiles; virer à droite sous un
surplomb pour arriver par une fissure raide sous une grande
terrasse .- R. 4-
Laisser à gauche un
passage facile et reprendre le taillant de l' arête devenue
extrèmement mince jusquà un collet où elle se termine et où
on croise la Voie Nationale . -R. 5 -
Laisser l'Arête Nord-Ouest à droite et grimper droit dans
une dalle fissurée, difficile au départ, qui mène à
l'épaule. De là on gagne le
sommet par l'arête faîtière.
![]() Les Parages de l'Aiguille de Sugitton Vue prise de la Terrasse Sud de la Grande Candelle au sommet de la Façade du Temple d'Angkor Cliché Dr. Albert |
|
Le Chemin de Morgiou
au Cap Morgiou passe au pied d'une aiguille tronconique à une
centaine de mètres du quai des Pecheurs sur la rive droite de la
Calanque.
Nous signalons à titre purement documentaire
l'ascension de cette aiguille - Le Sorbet - exécutée en 1895 par
Bonsignour. Elle est très facile et s'apparente plus à la
promenade qu'à l'escalade.
En cheminant sur le
sentier du Cap Morgiou, le long de la rive droite de la
Calanque, on s'élève peu à peu dans les pentes des Crêtes
Sormiou -Morgiou et l'on arrive ainsi au dessus de la Pointe du
Renard où la Calanque de Morgiou s' élargit en se creusant au
Sud.
Le groupe des Arêtes du Renard se trouve à une
cinquantaine de mètres sur la droite du sentier.
Elles sont
disposées en éventail : l'une est orientée à l'Est, l'autre très
large - une face plutôt- au Nord.Et à l'Ouest un grand dièdre
très large et très profond les isole de la muraille voisine .
I - Arête du Renard
Première par : V. Rostand, X en 1937
Escalade
libre difficile - Encordement 20m
Dans la partie basse de l'Arête
Nord et sur son flanc gauche , une vire ascendante amène sur une
plateforme.- R.1
A son extrémité ouest gravir une
dalle fissurée, puis une vire ascendante qui ramène sur la
gauche à son taillant. - R. 2
On le suit sans grande
difficulté jusqu'à un ressaut que l'on passe par la droite par
une vire aèrienne; au dessus une courte fissure délitée con duit
à un replat .- R.3
On continue alors par une série de
gradins sans difficultés.
I - Grand Dièdre de Morgiou
Première par : P. Moyrand, G. Livanos (leaders à
tour de role) A. Coudray le 2 Août 1942
Escalade artificielle
difficile - Encordement 20m
Il fait face au hameau de Morgiou.
Les premiers mètres sont formés
par une cheminée très raide où les prises sont rares et où on
s'éleve par opposition et ramonage. On débouche alors dans une
région moins pentue mais très embroussaillée. -R. 1
On
gravit un petit ressaut vertical et lisse suivi d'une série de
passages encombrés de végétation et de terre quelques mètres
plus dégagés amènent à un renfoncement étroit. - R. 2
Le couloir en ce point s'est resserré pour n'étre plus qu'une
cheminée d'aragonite peu profonde et fortement en surplomb où
l'on progresse à sa gauche en escalade artificielle jusqu'à une
terrasse devant une grotte .- R.3
Obliquant vers la
droite, on gravit une dalle grise, puis revenant vers la gauche
,on sort par un petit surplomb .
II Quartier de la Tête de Pugets

Au
dernier plan , derrière l'Aiguille se trouve la Croix de Luminy
érigée sur la crête
Cliché Dr. Albert
Elle doit son nom à sa situation
dans le haut du Vallon de la Gouargue, gorge encaissée et
rocailleuse qui dévale en pente raide de la Croix de Luminy sur
la Crête du Mont Puget en direction du Chateau. Elle fut
surnommée Pointe du C.A.F., puis Pointe Guillemin en souvenir
d'un secrétaire de la Section de Province qui fut l'un de ses
premiers ascensionnistes et fut blessé mortellement peu après aux
Drus en 1927.
Cette pointe se rattache à la montagne par le
collet de sa Face Est à peine élevée à ce niveau d'une douzaine
de mètres. Mais les autres faces sont beaucoup plus hautes et
dépassent 50m.
Aux deux voies d'escalade libre pratiquées
pratiquées depuis longtemps sont venues s'ajouter récemment deux
itinéraires artificiels dans les faces Ouest et Sud-Ouest.
La
première ascension de l'Aiguille de la Gouargue eut bien lieu en
1925 par Cauvry et Roenig. La descente s'effectue par un court
rappel sur le collet.
I - Voie de la
Face Est
Première par: pas
retrouvé
Escalade " libre facile " -
Encordement : 2O m.
Descendre au collet de l'Aiguille
et repérer au Nord à une vingtaine de mètres une
cheminée-fissure dont l'origine est en contre-bas et qui s'ouvre
fac au collet.
Demarrer dans des blocs en gradins puis
remonter la branche droite de la fissure qui s'est dédoublée.
Sous un ressaut virer dans la branche gauche et après un passage
raide on débouche sur un éboulis; de là parcours facile jusqu'au
sommet.
II - Cheminée de
la Face Nord
Première par:
R. Cauvry, J. Roenig le 12 Juillet 1925
Escalade
" libre difficile "&nbs