
par le Dr. G. Albert
Membre de la Section du Var et de Haute Provence du C.A.F
Généralités
Du Cap Croisette à la Baie de Cassis, sur une longueur à vol d'oiseau de plus de 4 lieues, les massifs de calcaire de Marseilleveyre , des Escamponnets, du Mont Puget poussent dans la mer leurs falaises et leur promontoires à pic, véritables remparts dont les Caps Sormiou, Morgiou et la Presqu'ile de CastelVieil sont les bastions les plus avançés et l'Ile de Riou la sentinelle.
Point de plages, sauf au fin fond des calanques qui font brèche dans la muraille :
Sormiou large et verdoyante
Morgiou plus sauvage habitée seulement par quelques pêcheurs au delà de laquelle ç'est l'absolu désert
Sugitton, puis de simples échancrures de falaises jusqu'à En-Vau la fantastique
Port Pin moins escarpée
et la dernière , le long bras dissimulé dans les
pinèdes de Port Miou
Il est impossible de saisir les détails de cette terre
tourmentée sans la venir explorer à fond . Or les sentiers y sont rudes
souvent, plusieurs points du bord de mer sont inaccessibles au simple
piéton, mais que de belles escalades à tenter et quelle sauvagerie dans
le paysage ou la blancheur du roc éclate sur le vert des pins et le bleu
sombre du ciel et des flots
(extrait de l'annuaire de la section de Provence du C.A.F. 1902)
Tel est lyriquement décrit le Pays des Calanques au bord de la mer latine.
D'innombrables voies d'escalade y ont été découvertes -* nous en décrirons 337, où le rochassier trouvera toute la gamme des possibilités imaginables.
Avec cela peu de marche d'approche, une temperature toujours clémente, pas de menace imprévisible de mauvais temps dangereux, le spectre des bivouacs écarté.
C'est le royaume du calcaire blanc. "la Côte de Marbre".. le vrai paradis des grimpeurs.
* D'autres voies d'escalade furent ouvertes pendant les 3 années que dura la redaction de ce volume (1941-1942-1943) et dont nous reparlerons dans un autre ouvrage, sinon notre travail eût subi le sort de la tapisserie de Pénélope et n'aurait jamais pu être terminé.
La varappe y est généralement plus subtile que dans le granit. dans les passages épineux, on ne peut que rarement utiliser la tactile brutale de l'attaque en force. On est alors contraint de ruser avec la roche en travaillant sur le bout des doigts et en surveillant constament la solidité des prises.
De plus à l'inverse du granit ou de la protogine, les murailles de calcaire des Calanques sont très souvent fissurées dans tous les sens , et permettent de trouver , par l'emploi de pitons, la clé des problèmes , insolubles par des moyens naturels. D'où l'apparition de cette escalade artificielle qui devait connaitre si vite un essor déconcertant.
L'escalade dans les Calanques demande un entrainement tout différent de ce que l'on est accoutumé de pratiquer dans les Alpes, aussi la Côte de Marbre n'est plus seulement une région d'école où les grimpeurs locaux entretiennent leurs forces en vue des campagnes d'alpinisme d'été. Elle est devenu un centre d'escalade autonome qui mérite d'être plus connu et dont on a pu dire qu'il était le pays où s'effectuent de nos jours les escalades de rocher pur les plus difficiles de France (E. Frendo dans Alpinisme: Calanques 1942)
Nos descriptions seront réparties en 2 livres, un pour chaque massif et nous les grouperons le mieux possible en distinguant les divers quartiers où elles se situent.
Nous avons rattaché artificiellement au mont Puget l'aiguille de Sugitton parce qu'elle est le prolongement et la fin maritime du petit chainon secondaire des Collines des Escampons, et que ce dernier en dépend plus - géographiquement parlant - que de Marseilleveyre. Nous enclaverons par contre dans le livre de Marseilleveyre, l'ile de Riou sise à peu de distance du littoral (3.5km) entre les Goudes et Sormiou.
Et ceci nous donne la table de matière de cet ouvrage.

I Quartier de St
Michel D'Eau Douce
II
Quartier du Vallon des Aiguilles
III Quartier du Malvallon
IV Quartier de Podestat
- La Melette
V Quartier des
Baumettes
VI Quartier de Sormiou
VII Quartier de l'ile de Riou
Second Livre: Le Massif de Puget

I
Quartier de Morgiou Sugitton
II Quartier de la Tete
de Puget
III Quartier du Vallon
des Rampes
IV Quartier de la
Grande Candelle
V Quartier du
Devenson
VI Quartier de la
Calanque de l'Oule
VII Quartier d'En-Vau
Nous ne nous attarderons pas à
décrire les voies d'accès et les marches d'approche conduisant à ces
centres d'escalades.
Nous nous contenterons d'en indiquer sommairement le
site géographique renvoyant le lecteur pour de plus amples détails aux
diverses brochures de H. Imoucha.
UN PEU D'HISTOIRE DE L'ESCALADE DANS LA REGION DES CALANQUES
Nous rédigeons ces aperçus généraux en
regrettant de n'avoir pu réunir une documentation plus complète et plus
exacte sur les escalades d'autrefois.
Il eut été intéressant d'accompagner toutes nos descriptions d'un
historique précis de leurs première. Malheureusement ce ne fut possible
que pour les temps modernes, c'est à dire ces toutes dernières années.
Et cela nous vaudra le reproche d'avoir écrit surtout une apologie des
grimpeurs d'aujourd'hui .
A cette époque où le grimpeur qui ignorait l'usage des pitons, importés
à Marseilleveyre en 1935, ne pouvait compter que sur sa valeur physique
et son allant moral pour triompher d'obstacles inconnus, et l'on
conviendra que dans ces conditions il fallait du cran pour entreprendre
des parcours comme l'Arête de Marseille ou la Voie en "I" de la grande
Candelle. Aussi les "premières" furent-elles rares pendant longtemps .
Ouvrons à ce propos une parenthèse: ceci doit nous conduire à une plus
saine estimation de la beauté de certaines escalades, aujoud'hui
dédaignées et jugées " à vaches" par des jeunes grimpeurs qui ne les
abordent pas sans quelques pitons à la ceinture, pensant que c'est plus
prudent ainsi !
Et que dire des "Premières" antérieures à 1914, exécutées dans une
véritable atmosphère d'exploration. Evidemment la muraille en " Z " de
la Grande Candelle, ou la Cheminée Nord de l'aiguille de Sormiou
paraissent aujourd'hui très faciles parce qu'elles sont aujourd'hui
archi-connues dans leurs moindres détails, apprises par coeur pour ainsi
dire,et que n'importe qui sait par avance n'y rencontrer aucun gros
obstacles. Il n'en est pas moins vrai que leurs auteurs eurent un grand
mérite de les réussir puisque à cette époque ils opéraient " en solo" et
sans corde! .
Nous désirions vivement receuillir le plus de renseignements possible
sur les premières escalades antérieures à l'ère des "clous", mais nous
nous sommes heurté à toutes sortes de difficultés. :Les escaladeurs
d'avant 1914 ont presque tous abandonné la pratique du rocher et
beaucoup n'ont jamais publié leurs exploits. Les éléments de l'escalade
de cette époque nous sont parvenus par légende orale, la plupart du
temps incomplets ou inexacts.
Pour les itinéraires postérieurs à 1914, nous avons réuni une
documentation plus précises; mais là encore la déformation de la
tradition orale se fait jour : erreur de date, attribution discutable de
telle première à tel ou tel escaladeur, etc.. émaillent les récits qui
souvent se contredisent suivant leur origine .
Nous nous efforcerons, en conclusion, de résumer pour chaque itinéraire
les détails de sa découverte en nous étendant plus amplement sur ceux
qui firent date dans l'histoire de l'escalade dans la Région des
Calanques .
D'ores et déja indiquons brièvement que l'ère de l'escalade libre,
ouverte par le guide Gaspard et F.R. Mark, lors de la conquête du sommet
de la Grande Candelle, s'étend en pureté jusqu'en 1935 .
Elle passe par plusieurs phases:
Avant 1900: c'est l'exploration des
régions pratiquement inconnues, illustrée surtout par H.Abeille.
Après
1900, le Rocher Club et le Climber's Club s'emploient à élargir le champ
d'action découvert par les pionniers du XIXme siècle. Leurs principaux
membres sont : Orelli, Bourgogne pour l'un et Hermitte, Gras, V.Martin,
Angelvin etc.. pour l'autre.
Puis aux approches de 1914, l'équipe familliale des frères David-
d'abord Julien et plus tard Louis - prennent brillament la tête du
mouvement, et se signalent par de très beaux succès aidés par Guéry,
Andriny, etc..
Après la guerre de 14-18 le sport de l'escalade parait entrer en
sommeil, pour connaitre un renouveau triomphant vers 1926, et c'est
alors l'avènement des grandes conquêtes de l'escalade libre, dont la
plus spectaculaire fut celle de l'arête de Marseille à la Candelle en
1927. On note pour cette époque les noms de : J.Laurent, Wyss, Choberg,
Imoucha, C. Hancy, Dr. Poucel Junior, Studer, Leguen, Reboul, Prudhomme,
les Lyonnais Paillon père et fils, et des groupes anonymes " La Cordée "
, "Les Ecureuils " etc...
Puis en 1935 E. Frendo fait connaitre aux marseillais l'usage des pitons
au cours d'une démonstration légendaire au Candellon puis à la Lézarde
de St.Michel.
La technique de l'escalade artificielle est née dans les Calanques et va
heureusement combler les déficiences de l'escalade libre pure. De
nombreux adeptes s'adonnent avec passion au noble sport de la varappe;
beaucoup deviennent rapidement des maitres et forment la pléiade des as
qui vont en quelques années faire moultes premières retentissantes. Ce
sont : J. Save, J.Meunier, V. Rostand puis Barrin, R. Duchier, Ch.
Magol, Ramond, etc..
Grace à un harmonieux mariage de l'escalade libre et de l'escalade sur
pitons, ils font les conquêtes de la Face Nord du Rocher des Goudes, de
la Sirène d'EnVau, de l'Arête Victor Martin, de la Face Ouest du Rocher
des Goudes ,etc..
Puis la pratique de l'escalade acrobatique s'intensifie à partir de 1938
et R. Tanner, G. Rebuffat, G. Tramier etc., s'emploient à vaincre les
parois restées vierges, ils conquièrent: l'Arête Nord-Ouest du Rocher
des Goudes, La Face Nord des Lames. Enfin ces derniers temps on pousse à
fond l'apprentissage dee l'escalade artificielle, et dès lors les
murailles des Calanques ne connaissent plus de répit. Les prouesses les
plus invraisemblables s'accumulent à un rythme échevelé, toujours la
limite du possible parait atteinte et toujours elle s'éloigne.Les
nouvelles escalades se surclassent tour à tour en difficultés et rien ne
fait prévoir une accalmie dans la compétition acharnée à laquelle se
livrent maintenant les pratiquants de l'escalade de cirque, pour la
conquête du nec plus ultra.
Mais en même temps, l'escalade libre se perfectionne et s'affine; les
grimpeurs de plus en plus audacieux, dédaigneux de l'emploi des clous,
démontrent la possibilité de faire sans quincaillerie de nombreuses
escalades classiques où elle paraissait indispensable auparavant .
C'est le retour à l'escalade naturelle avec un progrès considérable.
Deux école s'affrontent dans les Calanques: celle des partisans de la
Directissime à tout prix, fut-elle continuellement sur pitons, et celle
des chercheurs d'escalade libre qui n'utilisent les clous qu'en toute
dernière ressource. Les deux se valent et nous laisserons le lecteur le
soin de choisir sa préférée.
Nous avons puisé de nombreux renseignements dans les bulletins et
annuaires de la Section de Provence du C.A.F.
Un très beau manuscrit de G. Rouard, actuellement propriété de la St.des
Excursionnistes marseillais nous a été fort utile pour l'historique des
escalades anciennes. De même qu'un rarisime exemplaire du guide
d'Escalade qui avait été ébauché par les membres de la Section du Var et
Haute Provence du C.A.F. nous a donné maintes précisions sur l'époque
inter-guerre.
Quant aux itinéraires modernes nous avions décidé de les parcourir tous
personnellement pour l'homogénité de nos descriptions, mais nous avons
dû y renoncer, submergé par leur nombre .. Nous en avons négligé très
peu et nous nous sommes inspiré pour eux des renseignements que nous ont
transmis les collaborateurs bénévoles, que nous remercions içi pour leur
aide précieuse : G.Tramier, G.Rebuffat, G.Livanos, G.Hancy, etc.. et en
général tous les grimpeurs locaux .
LE MATERIEL
La Corde
Comme nous l'avons déjà dit le matériel
exigé par l'escalade libre est assez restreint.
Pour les itinéraires décrits sous l'étiquette " escalade libre facile "
il suffira de prévoir une corde simple avec des intervalles moyens de 2O
à 25 mètres.
Pour l'escalade " libre difficile" il sera sûrement prudent de prévoir
le double encordement entre le leader et le second, l'expérience ayant
malheureusement prouvé qu'une chûte de quelques mètres sur une arête
vive ou sur un piton a entrainé neuf fois sur dix la rupture de la corde
simple ( accident mortel de Bonnet à la dalle Paillon de l'Arête de
Marseille et de Vincent tout récemment à l'Arête V.Martin) alors que
d'autres décrochages de grande amplitude qui auraient eu des
conséquences graves après la rupture de la corde si elle eut été simple,
ont été enrayée et minimisées par la résistance de second cable ( Tanner
au Pic de Bertagne, Terray au Gros surplomb de St.Michel) d'autre part
il ne faut pas oublier que celle-çi est à la merçi des chûtes de pierre
même minimes: l'auteur s'est trouvé plusieurs fois arrété par des
coupures complètes causées par l'écroulement de blocs de quelques kilos!
L'emploi de la double corde est la meilleure manière de parer à ces
incidents, selon le vieil adage : deux suretés valent mieux qu'une.
Enfin dans l'esclade "libre très difficile" le double encordement
s'impose d'autant plus que les pitons d'assurance sont souvent très
espacés et qu'une chûte libre de 4 mètres et plus amènera
immanquablement la rupture de la corde simple sur le mousqueton du
dernier piton d'assurance.
Ne lésinez pas sur le poids au mètre de votre "ficelle" qu'elle soit en
chanvre français ou italien plus résistant à la traction, ou en manille
plus résistant à l'usure: les bonnes dimensions sont comprises entre 11
et 13 mm de diamètre, et nos préférences personnelles vont au 13mm.Tant
pis pour les ennuis des kilogs suplémentaires sur l'échine, car ils
seront compensés par un excédent de sécurité en cas de décrochage. Quant
à la fabrication il est essentiel d'utiliser des cordes cablées,- à
longues fibres de premier choix- à 3 torons plus solides que celles à 4
torons, toujours pliée à angle vif au même endroit; dans un mousqueton
ou sur un anneau, ou sur une branche si l'on descend souvent en rappel,
traduit à la longue sa souffrance par une démolition de son cablage et
l'expulsion d'un de ses brins. Au contraire les 3 torons d'une bonne
corde pliés à angle aigus "portent"également et rien n'est modifié dans
leur structure par un long usage.
Les cordes tressées sont infiniment plus fragiles et il est préférable
de ne pas s'en servir, d'autant plus qu'à calibre égal,leur résistance à
la traction est inférieure d'au moins 2O% à celle des cordes cablées.
N'oubliez pas non plus qu'une corde s'use, aussi bonne soit-elle !
Le critérium d'une usure dangereuse est la disparition des saillants des
torons: les fibres externes ont été coupées à chacun de leur passage à
la périphérie et leurs débris ont bouché les intervalles entre ceux-çi.
Si l'on démonte les fragments d'une corde ainsi usée, on voit que l'on
n'a plus que quelques fibres longues intactes et que tout le reste n'est
plus qu'étoupe et poussières. A ce moment là, gare à la casse, car cette
corde qui neuve "tenait"peut-être 15OO Kgs ( en 12mm par exemple) n'en
supporte plus que 15O ou 2OO à ce stage de décrépitude! il faudra donc
savoir s'en débarrasser à temps.
Ainsi donc: en escalade libre, simple encordement pour les parcours
catalogués "facile"; double encordement de sécurité pour les itinéraires
" difficiles" et "très difficile" . A chaque description la longueur
optimum de l'intervalle sera indiquée, sauf pour les escalades très
faciles réalisables en "solo" sans grand risque .
Dans les itinéraires d'escalade artificielle la double corde est de
rigueur, la longueur d'intervalle étant indiquée également pour chaque
voie. Dans des cas speciaux où la commodité du coulissage l'exigera,
nous indiquerons égalements les conditions d'encordement les meilleurs
Les Pitons
Dans les Calanques les grimpeurs ont pris
la malencontreuse habitude d'enlever après leur passage les pitons posés
par le leader. Cette coutume, qui est l'une des tares les plus
insupportables de l'escalade en Provence a des inconvénients multiples:
la cordée se trouve retardée dans des proportions considérables, qui
vont multiplier par 2 ou 3 le temps normal d'un parcours.- le dernier de
l'équipe doit se livrer à un travail fastidieux et éreintant- et ce qui
est plus grave, dans les escalades très fréquentées, le "dépitonnage"
désagrège le rocher, démolit les fissures et rend la pose ultérieure de
nouveaux clous problématique. Certes le dépitonnage n'a pas été pratiqué
de tout temps par tous les grimpeurs et nous nous souvenons d'une époque
pas très lointaine où les itinéraires difficiles étaient surabondament
pourvus d'une quincaillerie distribuée avec prodigalité: cela les
facilitait d'ailleurs tellement que cela leur enlevait tout leur
caractère. Il y a quelques années la Lézarde de St.Michel parée d'une
douzaine de pitons se montait les doigts dans le nez et l'on se baladait
sous le " coeur" de la voie Barrin au Rocher des Goudes .
Puis le vandalisme allié à l'esprit de rapine poussèrent quelques
malotrus à se munir à peu de frais du matériel généreusement abandonné
dans les parois par des mécènes. En quelques mois toutes les murailles
furent proprement nettoyées et leurs pitons raflés. C'était tomber de
Charybde en Scylla, car dès lors tout le monde dépitonne à la montée et
l'aire des "tabassages" homériques fut ouverte au grand dam des roches
fragiles et des prises délicates .
Evidemment l'idéal serait que tous les itinéraires d'escaladee fussent
pourvus à demeure des pitons ABSOLUMENT indispensables; mais il faut
compter avec les moeurs de certains grimpeurs qui n'hésitent pas à
s'approprier le bien d'autrui abandonné à la collectivité et nul ne se
soucie plus de laisser en place un matériel couteux. Peut-être les
groupements constitués, tel le C.A.F. ou la Sté des Excursionnistes
Marseillais-, utilisant en cela une faible partie des cotisations de
leurs membres-, devraient-ils user de leur autorité et protéger le
matériel qu'ils feraient placer à leur compte dans les murailles ? Nous
posons cette question avec peu d'espoir de la voir résolue, néanmoins le
débat est ouvert. *NB
Nous n'indiquerons pas dans nos descriptions le nombre de " clous" à
emporter dans chaque itinéraire.
Il suffira de se rappeller qu'en " escalade libre " et la catégorie
"facile" se fait aisément sans eux, qu'ils sont facultatifs et peu
nombreux en "escalade libre difficile" et que tous les itinéraires "
très difficiles " n'en exigent qu'un nombre restreint, 6 à 8 étant la
plupart du temps un maximum. Et chacun aura toute liberté de corser la
dose à son grè suivant ses capacités .
Quant aux itinéraires d'escalade artificielle ils demandent suivant leur
classement une quantité plus ou moins grande de ces accessoires
encombrants. En moyenne les voies " peu difficiles" et "difficiles"
peuvent se faire avec une douzaine de pitons et avec un stock de 15 et
2O pitons il est possible d'entreprendre presque toutes les autres,
quitte à les replanter plusieurs fois, à part cependant les escalades
"extrèmement difficiles" qui n'ont pu être réalisées qu'avec un
outillage important et spécial: fiches en bois, grosses broches ou
pitons ultra court de quelques centimètres. Ce matériel, qui n'existait
pas dans le commerce récemment encore, est cependant indispensable à
l'exécution correcte de quelques parcours, très rares il est vrai .
Le grimpeur qui désire pratiquer à fond l'escalade artificielle des
Calanques devra donc se munir de ces pitons spéciaux.- F. Simond fils
aux Bossons en a déjà fait sur commande- ou si ses compétences en
metallurgie le lui permettent les fabriquer lui même. Ceci nous amène à
dire que la pratique de l'escalade artificielle est plus un métier qu'un
art et que si l'on "nait" bon grimpeur d'escalade libre, on devient bon
grimpeur d'escalade artificielle, par un long apprentissage qui ne peut
s'improviser, tout comme n'importe quelle profession manuelle;- la
perfection de l'outillage employé entrant autant en ligne de compte dans
le résultat final que la dextérité dans son utilisation .
Ce qui revient à dire que l'escalade artificielle, même très difficile
est à la portée de tout le monde qui veut s'en donner la peine, - ce qui
d'ailleurs a été surabondament démontré dans les calanques- alors que la
pratique courante de l'escalade libre très difficile n'est accessible
qu' à une élite, - le summum de l'art de la varappe étant atteint par
l'heureux sujet également compétent dans les deux parties.
* N.B.- Depuis la rédaction de ce chapitre, l'auteur a fait un
essai de mise en pratique de cette conception des pitons les plus
utiles, posés à demeure dans les itinéraires difficiles très fréquentés.
Il a choisi pour cela la Voie Barrin de la Face Nord du Rocher des
Goudes et l'Arête V. Martin au Roc de St. Michel et il y a placé plusieurs
pitons très fortement coincés dans les fissures et de plus scellés au
ciment, donc difficilement escamotables. Ce matériel offre toute
sécurité et a été disposé de telle façon qu'il ne puisse servir de
prises artificielles, mais seulement de point " d'assurance ".
Bien entendu cette initiative privée a suscité les commentaires les plus
divers dans les milieux officiels, dont il soulignait la carence en
cette matière .
Nos remarques sur le dépitonnage s'appliquent intensément aux parcours artificiels, où l'échelle des difficultés est surtout basée sur la pose des " clous"; après plusieurs vigoureuses séances d'extraction de ceux-çi, brisant les fissures ou écornant les saillies de la roche, certaines voies ne seront plus faisables dans un proche avenir. Il est vrai aussi que si tous les pitons étaient fixes et solides, une seule classe suffirait à englober toutes les escalades artificielles et que ce serait un jeu d'après midi de "faire" la Paroi Jaune ou la Voie du Mitan! La vérité doit donc se trouver à mi-chemin du pitonnage massif à demeure ou du dépitonnage intégral.
Mousquetons, Etriers etc..
Le corollaire de l'usage des " clous" est
l'emploi des mousquetons: indiquons brièvement que le nombre de
mousquetons emportés doit égaler, au moins le nombre de pitons à poser
dans une étape. Ce théorème n'est pas une lapalissade car il est fort
génant pour le leader à court de matériel de redescendre chercher les
mousquetons qui lui seront utile plus haut .
Inutile en escalade libre, les étriers ou anneaux de corde, munis ou non
de planchettes pour les pieds sensibles, sont très appréciés en escalade
artificielle où ils suppléent avantageusementà la traction directe, sans
parler du confort relatif qu'ils apportent aux grimpeurs, ils permettent
d'économiser la solidité des pitons en ne leur faisant supporter que le
poids du leader, alors que dans la " traction directe" on leur ajoute le
contrepoids du second qui tractionne et Dieu sait si certain clous, même
posés consciensieusement sont susceptibles et s'arrachent facilement
sans qu'il soit besoin de les solliciter longuement.
Le Jargon
Le texte de cet ouvrage parait souvent
chaotique, émaillé de mots bizarres ou d'expressions inhabituelles; la
faute en est au jargon des gimpeurs que nous emploierons à tout propos,
préférant toujours nous servir du " terme du métier" plutôt que de la
formule académique correspondante, quand il en exsiste une ? !.
Nous terminerons donc ces aperçus généraux par une rapide traduction en
langage courant, des principales expressions qui reviennent souvent sous
notre plume, à l'usage des lecteurs non encore initiès.
Une "première"
: escalade réussie pour la première fois.
Une "directissime" :
escalade faite suivant la ligne la plus directe pour joindre le sommet.
Une " combe " Petit
vallonement suspendu
Un " couloir " : Large et
longue faille dans une muraille généralement très pentue.Les rives d'un
couloir sont toujours désignées suivant le sens orographique, c'est à
dire en regardant vers le bas dans le sens de la descente; la rive
droite à droite, la rive gauche à gauche.
Une " cheminée " : Faille
étroite dans une muraille où l'on peut pénétrer.
Une "fissure " : faille très
étroite dans une muraille où l'on ne peut pas pénétrer.
Un " dièdre " : Faille en "
livre ouvert" généralement
peu profonde avec deux plans lisses. Il est "rectangle"
si l'angle décrit par les deux plans égale 9O°, "aigu"
s'il est plus petit, "obtus"
s'il est plus grand. Dans ce dernier cas nous dirons "
dièdre ouvert ".
Une "corniche " : Longue
bande de terrain plat, sensiblement horizontale dans le milieu de la
muraille.
Une " corniche en trottoir
": Corniche rocheuse spacieuse
Une "vire" :Corniche étroite
et irrégulière
Une " vire ascendante "
:Vire montante en pente plus ou moins raide.
" Pente négative" se dit
d'une muraille en surplomb dès que sa pente dépasse 9O°
"c,a,d, " la verticale
stricte; en deçà de O à 9O°, c'est une pente positive - normale.
" grimper en opposition" Il
n'ya pas de prises dans un couloir ou dans une cheminée; on s'élève par
adhérence en opposant la pression du dos contre une paroi et la pression
des bras et des jambes contre l'autre paroi .
" Ramonage ": Grimper en
opposition tout comme un ramoneur dans une cheminée .
" A la Dulfer " : du nom de
celui qui généralisa cette methode. On s'élève le long d'une fissure
lisse, trop étroite pour permettre des coincements ou des verrous des
mains ou des pieds, mais où les mains peuvent s'accrocher à l'un des
bords, la traction des bras obligeant les pieds à adhérer au rocher. Est
très pénible et demande une grande sûreté.
Abréviations "R1" 2 ou 3..etc.. Indiquent les " relais" où l'on s'arrêtera
entre les étapes d'une escalade .
ESSAI DE
CLASSEMENT DES DIFFICULTES
PROPRE AUX ESCALADES DE LA REGION DES CALANQUES
Avant d'aborder les descriptions des
escalades elles-même nous croyons utile d'indiquer dans ces notes
préliminaires les raisons qui nous ont fait adopter un mode de
classification inédit,d'USAGE PUREMENT LOCAL, en nous excusant par
avance de les développer un peu longuement peut-être.
Pour décrire commodément des itinéraires d'escalade et pour les
différencier, on avait essayé dans les calanques de les classer au petit
bonheur, d'après l'échelle de W.Welsenbach.
Les degrés de la gradation dolomitique conviennent bien aux murailles de
grandes dimensions des Dolomites, du Tyrol et des Alpes où la moindre
ascension se mesure par centaines de mètres et où certains itinéraires
difficiles dépassent le kilomètre. Il est probable que les
différenciations en ler, 2me,3me degré concernent des parcours
dissemblables par leur longueur ou par leur altitude plus que par leur
difficultés propres. Qant au fameux " sexto grado" il ne s'applique
parait-il qu'à certaines voies, non seulement très difficiles mais aussi
très longues au cours desquelles on ne compte plus les heures, mais les
jours et les bivouacs nocturnes.
Lorsque les escalades provencales commencèrent à se multiplier, les
grimpeurs tentèrent de les classer suivant la fameuse échelle des 6
degrès. De convention courante, l'Arête de la Cordée devint le type du
4°; le 5° fut attribué à la Lézarde et la Momie de Sormiou ou la Face
Nord du Rocher des Goudes de Barrin, représentèrent le 6°, ce qui à vrai
dire était un peu prétentieux!
Puis l'usage des pitons se généralisa et quelques audacieux se lancèrent
à la conquète des parois inaccessibles auparavant sans l'usage intensif
des moyens artificiels. Ce furent les " premières" de la Face Ouest du
Rocher des Goudes et l'Arête Nord-ouest du même, de la cheminée Bouisson
dans la face Sud de la Candelle etc,etc.. Et dans leur récit
d'ascension, les auteurs de ces premières se trouvèrent dans un grand
embarras quand il s'agit de leur trouver une place dans la
classification admise jusque là. Elles étaient plus difficiles que les
escalades antérieures dites du 6° mais malheureusement Walsenbach n'avait
pas prévu de 7° et son 6° correspondait au maximum possible!s
La difficulté fut tournée à la satisfaction de tous par la création du "
sixième supérieur " et l'on y entassa pas mal d'escalades à clous que
l'on ne savait où fourrer dès leur naissance . Malheureusement elles se
multiplièrent tant et si bien que dans certains quartiers de
Marseilleveyre notament, on comptait récemment beaucoup plus
d'orgeuilleuses " 6° supérieur" que de modestes 3° ou 4° ! Un esprit
ingénieux trouva le remède à cette situation paradoxale: Il suffisait de
faire descendre dans la catégorie inférieure toutes les voies d'escalade
précédement classées d'après l'étalon: -La Cordée 4°. Le sixième
devenait ainsi beaucoup moins encombré et offrait une large place aux
futures " premières extrèmement difficiles" qui ne souffriraient plus
dans cette classe la promiscuité des voies considérées auparavant comme
"pure 6°" mais en passe de devenir classiques et " à vaches " .
Finalement le triomphe de l'escalade moderne (!!) ce furent les
premières" de la Paroi Jaune et autres. Elles ne pouvaient décemment
être classées sur le même pied que la N.Ouest du Rocher des Goudes ou la
Super Lézarde! Il fut alors sérieusement question d'ouvrir la catégorie
du 7° ou même une série " Hors Rang". Pendant ce temp des grimpeurs à
l'esprit ingénieux revoyaient les escalades décrites par les auteurs de
leur première. A leur idée les 6° ne suffisaient pas pour cataloguer et
différencier nettement tous les parcours; ils essayèrent timidement
d'abord de subdiviser quelques unes des classes de Welsenbach, notamment
le 5° et 6°; puis l'on perfectionna le système et l'on entendit
courament parler de 5° inférieur, de 6° moyen, de 3° supérieur, etc;..il
n'y eut plus 6 degrès mais l8 !! Et que dire des discutions académiques
sur la differenciation entre le 1° et le 2°; combien de fois fut agitée
la question de savoir si le 1° devait se faire avec ou sans les mains!
Et que de disputes dans les clubs entre grimpeurs qui discutaient
gravement sur l'opportunité de classer telle voie dans le 3° supérieur
ou dans le 4° inférieur. Finalement il n'y eu plus que quelques rares
initiès qui purent apprécier les difficultés de l'escalade dans les
Calanques; mais leurs propos n'étaient plus accessibles à l'entendement
du commun des grimpeurs. Les descriptions relevaient plus du langage
chiffré que de la prose courante de vulgarisation, qu'il eut été
préférable d'employer.
Dans les Calanques, les escalades courantes se font dans des parois dont
la hauteur moyenne est de l'ordre des 1OO m. et souvent beaucoup moins.
La plus longue des voies connues à ce jour: La Grande Arête de Cassis à
la Candelle a 315 mètres de hauteur. Les itinéraires de 2OO m. et plus
ne se trouvent que dans les falaises du Devenson et ils dont rares en
1941. Quelques parois dépassent 1OOm. : La Muraille du Socle de la Grande
Candelle (175m.), la Face Sud de la Grande Candelle (155m.) La Falaise
du Canceou (155m.) la Face Nord du Cap de Sormiou (123 m.), les Tours de
Riou (1O3 m.), et quelques arêtes d'En Vau etc..
Et combien de faces redoutables,telles la Nord des Lames ou l'Ouest du
Rocher des Goudes se cantonnent au dessous de 6O mètres .
Les facteurs: longueur d'escalade, altitude et résistance du grimpeur,
considérable dans l'échelle de Welsenbach dans les Alpes ne peuvent étre
appliquées dans la région marseillaise, puisque les ascensions y sont
forcément courtes par manque de hauteur des murailles! D'autre part il
ya peu d'intéret chez nous de différencierle 1er degré facile du 2° peu
difficile. Enfin il est illogique de placer dans le même 6° l'escalade
de la N.O. de la Civetta des Dolomites de 12OOm. et celle de la Face
Nord du Rocher des Goudes de 85 m.- Enfin dans l'escalade alpine la
progression sur pitons est presque une anomalie et n'est guère employée
jusqu'à maintenant que pour forcer un passage, non seulement
infranchissable mais incontournable par ailleurs; et bien entendu cela
ne se produit que dans de rarissimes itinéraires de très hautes
difficultés .
Tout au contraire dans les Calanques cette méthode artificielle a été
employée à tout propos pour agrandir le champ d'action assez restreint
avant l'ère des clous. Il est bien évident cependant que l'on ne peut
comparer avec exactitude , l'escalade artificielle alpine et celle de la
région provencale, quoique en théorie et d'après l'échelle Welsenbach,
la Voie Cassin de la face Nord des Grandes Jorasses appartienne au même
6° d'un quelconque parcours marseillais.Tout au plus pourrait-on
chercher une similitude entre certains passages tels :le Pendule de
l'Arête Est du Crocodile et les surplombs de l'Arête Nord Ouest du
Rocher des Goudes; mais cette similitude est toute superficielle, l'un
se trouve à 3OOOm. et l'autre au bord de la mer. Que l'on songe aux
conditions toutes différentes dans lesquelles se trouvera le grimpeur
pour se livrer à la même gymnastique , du fait de l'altitude, du froid
et de la fatigue pour celui-là, tandis qu'il sera frais et dispos et à
25m. du plancher des vaches pour celui-çi.
Pour toutes ces raisons nous abandonnerons résolument les six degrès de
la classification Welsenbach qui convient si mal aux escalades des
Calanques et nous allons essayer de créer de toutes pièces une méthode
de classement originale.
Depuis la rédaction de ces lignes en 1941, elle a été adoptée par la
généralité des grimpeurs, elle est maintenant d'usage courant.
Et d'abord nous distinguons deux grands groupes schématiques ;
Escalade libre et Escalade artificielle
Le terme " escalade libre " s'entend de toute escalade exécutée sans
aucun point d'appui artificiel sur le rocher pouvant aider directement
le grimpeur dans sa progression.
En " escalade libre" les accessoires sont obligatoirement très réduits
et s'il est fait usage de quelques rares pitons dans certains passages
exposés, ce sera uniquement en vue de récupérer le leader et de limiter
sa chûte en cas de décrochage. Nous admettrons comme moyen normaux
d'escalade libre : une corde, quelques pitons et mousquetons et même un
marteau et, lorsque cela sera indispensable :la courte échelle sur les
épaules du suivant.
Si dans un itinéraire quelconque, facile ou non on est absolument obligé
ne serait-ce qu' un point, de recourir à la pose de un ou plusieurs
pitons-prises destinés à la mise en place d'un étrier ou à la traction
directe du premier de cordée par les suivants au moyen de la corde
d'attache, - cet itinéraire sera systématiquement considéré comme
appartenant à l'escalade artificielle ."
Cette expression barbare signifie que tous les moyens sont admis et
utilisables pour arriver au terme de l'escalade, sauf l'echelle et la
traction du leader par cable envoyé du sommet.
L'escalade artificielle se fait à l'aide de pitons multiformes, voire de
fiches en bois, et de nombreux mousquetons.
La " traction directe" sur double corde y est de pratique courante; on
emploi même quelque fois une 3ème corde pour certains passages épineux
et l'on cite une voie du Roc de St.Michel où l'on ne recula pas devant
les embarras du quadruple encordement; il va sans dire que la difficulté
propre à l'escalade se trouve aggravée dans des proportions
considérables par la complexité des manoeuvres dans ce dernier cas . -
De plus , lorsque les prises de pied manquent, il est d'usage en
escalade artificielle de se servir d'étriers pour y suppléer à un ou
plusieurs échellons. Le dernier progrès de la technique fut de les munir
de petites planchettes pour éviter la crispation douloureuse des pieds
dans les passages où les difficultés rencontrées obligent à des stations
prolongées. Nous ne parlerons que pour mémoire du forage des trous à la
chignole- avec emploi de pitons coniques spéciaux- pour passer les murs
lisses et sans défauts. Les essais de cette méthode ne furent pas
toujours concluants, car il faut un entrainement très poussé dans un
atelier de mécanique pour arriver à se servir correctement de cet outil
dans une paroi .
Si la répartitions des escalades de la classe "libre" se fera sans
anicroches d'après ces principes, il paraitra peut-être paradoxal de
dénoncer comme "artificiels" les itinéraires où seul un court passage
exige formellement la pose de un ou plusieurs "clous-prises" tels: la
Voie de la Momie de Sormiou ou la Voie Directe de la Sirène à En Vau- au
même titre que la Paroi Jaune de St.Michel où l'on ne touche
pratiquement pas le rocher.
Cependant on est bien forçé de convenir que sans ces pitons-prises si
peu nombreux soit-ils, on ne saurait réussir ces deux itinéraires. Et
cet exemple justifiera notre méthode de classement pour les cas
similaires, méthode crée avant tout, pour faciliter nos descriptions.
Ces deux grands groupes d'escalade seront à leur tour divisés en
plusieurs compartiments suivant l'échelle aproximative de leurs
difficultés.
I :
Pour l'escalade libre
A- Une première catégorie, dite facile, comprendra toutes les escalades
faciles courantes, sa limite maximum de difficultés correspondra à celle
du Couloir des Marseillais à En-Vau ou la Face Sud de la Pointe Callot.
Ce sont les plus nombreuses, nous en décrivons 113 : 47 dans le Massif
de Marseilleveyre et 66 dans le Massif du Mont Puget .
B- La deuxième catégorie dite " difficile " englobera des parcours plus
respectables où le grimpeur moyen rencontrera des obstacles sérieux,
mais peut passer sans utiliser les clous d'assurance,telles: L'Arête du
Vallon à l'Aiguille de Sugitton, l'Arête de la Cordée à St.Michel,
l'Arête de Marseille à la Grande Candelle, La Lézarde ect..cette
dernière étant considérée comme la limite supérieure de cette catégorie.
Ils sont encore nombreux: 81 dont 34 pour Marseilleveyre et 47 pour le
Mont Puget.
C- La troisième catégorie dite " très difficile " est réservée à
certaines voies peu nombreuses,- 25- en tout où le grimpeur moyen est
aux prises avec des difficultés sévères et soutenues. Il ne pourra lui
être fait grief de s'y servir de pitons d'assurance pour limiter la
chûte du leader en cas de décrochage dans les passages exposés. Mais le
terme " escalade libre" exclut la faculté d'utiliser ces pitons comme un
quelconque moyen de progression et d'en multiplier le nombre..
Le type de cette catégorie est à sa limite inférieure: l'Arête Victor Martin
longue avec plusieurs passages critiques, ou la Voie Barrin de la Face
Nord du Rocher des Goudes: longue et très soutenue, ou la Cheminée
Bouisson de la face Sud de la grande Candelle, longue et peu soutenue
mais coupée par un long passage extrèmement difficile, sans
pitons-prises s'entend; ou la Voie Palice de la Face nord de la grande
Candelle, courte mais comportant un passage limite . Nous en décrivons:
1O pour Marseilleveyre et 15 pour le mont Puget.
II : pour " l'Escalade artificielle "
Ce deuxième groupe a été divisé en quatre catégories.
A- Escalade artificielle peu difficile
nous ne pouvons dire facile car sans les pitons on ne passerait pas .
Nous y rangerons: Des itinéraires courts sur pitons faciles à poser: Ex/
La Voie H. Gilles dans la face Sud des lames. Des itinéraires mixtes
comportant de l'escalade libre facile ou même assez difficile coupée par
des passages artificiels faciles à agencer.Ex: La Voie de la face Sud de
l'Aiguille de la Melette. En tout 31 , 24 à Marseilleveyre, 7 à Puget.
B- Escalade artificielle difficile
Cette catégorie comprend : Soit de l'escalade artificielle courte, mais
pose de pitons très difficile.
Ex: Voie des Trois Surplombs de la face Sud du rocher des Goudes. Soit
de l'escalade mixte: un trajet " libre" long difficile ou très difficile
coupé par un ou plusieurs passages sur pitons ex: La voie du Gros
Surplomb de la Face Sud du Roc de S.Michel ou la Voie Occidentale de la
Face Nord du Rocher des Goudes, ou la Voie Duchier-Magol de la face
Ouest du Rocher des Goudes ( celle-çi à la limite supérieure de la
catégorie
Dans cette classe nous relevons : 59 itinéraires: 34 pour
Marseilleveyre, 25 pour le Mont Puget, tous très intéressants car ils
n'obligent pas à se munir d'une quincaillerie surabondante .
C- Escalade artificielle " très difficile "
Demande un entrainement préalable sérieux. Les difficultés rencontrées
au cours de la progression sur pitons sont considérables et très
soutenues, ou bien si la voie décrite dans cette classe comporte de l'
escalade libre, il existe par ailleurs des passages de clous compliqués
et exposés, généralement en pente négative, tels à l'Arête Nord Ouest du
Rocher des Goudes, la Voie de l'Os à St.Michel. - 23 parcours
appartiennent à cette catégorie- 15 dans le Massif de marseilleveyre et
8 au Mont Puget.
D- Enfin nous réservons une quatrième classe dite de l' "Escalade
artificielle extrèmement difficile " à certains itinéraires où furent
rencontré les difficultés jugées maxima, Ex: La Paroi Jaune de
St.Michel. - 5 en tout -.
La critique de cette classification est aisée et nous sommes bien
certains par avance qu'elle soulevera d'innombrables objections. Aussi
en l'établissant tant bien que mal, n'avons nous qu'un but, faciliter
nos descriptions. Loin de nous la prétention d'en faire un dogme
intangible et peu importe si la fantaisie de chacun lui fait subir des
métamorphoses imprévues. Le lecteur aura toute latitude de considérer
l'Arête Nord de Marseilleveyre comme un piège dangeureux,- ou la Momie
de Sormiou comme une escalade intégralement libre et à "vaches".
Il est évident que l'on pourra transformer à volonté une escalade "libre
très difficile " comme l'Arête V.Martin ou la Face Nord Rocher des
goudes "Voie Barrin" en escalade " artificielle peu difficile". Il
sufira au grimpeur d'y placer de nombreux pitons et de s'y faire tirer
sans vergogne par traction directe ou d'y installer de confortables
étriers. Par contre la réciproque sera plus compliquée et probablement
attendrons nous assez lomgtemps la venue du super-as qui passera le Toît
du Mitan en escalade libre.
Notre classement a été basé sur la modeste expérience du grimpeur moyen,
qui, s'il éprouve de grandes joies à parcourir les murailles des
Calanques, tient néanmoins suffisamment à la vie pour risquer de s'y
casser la gueule. Nos descriptions s'adresse surtout à lui . Elles
intéresseront moins le brillant "G.H.M." et le "Sexto-gradiste " des
Dolomites. Pour ceux-çi les ascensions de Marseilleveyre et de Puget ne
sont qu'un entrainement aux grandes escalades des Alpes. Habitués à la
limite du possible à haute altitude ils trouverons peut-être nos
difficultés bien surfaites et taxerons surement nos récits
d'exagérations marseillaises!
Nous espérons malgré tout que notre camarade " le grimpeur moyen",
tirera de ces pages des renseignements utiles à son sport favori .
Enfin nous attirons l'attention du lecteur sur le fait que de nombreuses
escalades n'ont pas été refaites, leurs descriptions reposent donc
uniquement sur les impressions de leur auteur lors des premières . Il
est tout à fait normal qu'elles contiennent des erreurs
d'interprétations des difficultés; car tout le monde sait que les
impressions tirées d'une première sont rarement exactes péchant soit par
exagération, soit mais c'est moins fréquent par sous-estimation. De plus
la forme tient un rôle énorme en escalade et malheureusement elle n'est
pas toujours d'une fidélité parfaite; la justesse de l'appréciation des
difficultés s'en ressent, lorsqu'elles ne sont pas revues en une
deuxième édition. Aussi le lecteur pratiquant corrigera-t-il de lui même
les erreurs que nous aurons pu commettre .
Toujours de la partie, deuxième de cordée et dépitoneuse attitrée, ma mère a tout de même monté plusieurs voies, et non des moindres, en tête.
Mon père en avait dressé la liste ci-dessous:
La Cordée
La Bougie
Le Bec de Sormiou par la Cheminée
Le "Z"
La Lézarde(24 Juin 1939)
La face Nord du Rocher des Goudes
La Grande Vire
Les Deux Anes (1947)
La Face Sud-ouest de la Pointe Callot (Juin 1939)
La Momie
La Sirène(21 Avril 1940)
L'arête de Marseille (17 Septembre1939)
La Saphir Co-leader de la première avec Georges Albert le 19 Octobre
1939
L'Arête Perçée de l'Eïssadon Co-leader avec
Georges Albert le 21 Mars 1942


En
second à la Grande Vire, Face Sud de St Michel d'Eau
Douce



Georges Albert, Gisèle Albert, Joseph
Bouisson

Jean Meunier, André Coudray au socle de la
Candelle en 1943

Jean Meunier et l'équipement
du grimpeur des Calanques en 1937

Georges Albert sortant d'une
cheminée

Clichés Noirs et Blancs du Dr.Albert
Clichés Couleurs de M. Albert

Le Massif de Marseilleveyre au
soleil couchant vu du sommet du Mont Puget - Photo-Télé Dr.Albert
Il étend au Sud de Marseille dont il
clôture la rade son chainon au profil régulier ; mais cet aspect
est trompeur, son relief tourmenté et torturé défie toute
tentative de description géographique de l'ensemble.
Le sommet principal ; Marseilleveyre (432m) est flanqué
à l'est
par le plateau
I Quartier de St
Michel D'Eau Douce
II
Quartier du Vallon des Aiguilles
III Quartier du Malvallon
IV Quartier de Podestat
- La Melette
V Quartier des
Baumettes
VI Quartier de Sormiou
VII Quartier de l'ile de Riou

1 - Le Rocher des Goudes
2 -
Les Lames
3 -
Face Ouest du Roc de St Michel
4 - Face Sud du Roc de St Michel
5 - Face Nord du Roc de St Michel
6 -
Aiguille Bébé
7 -
Tête de Miougranier
(Cime du Trou du Chat)
8 - Aiguille Henriette
9 -
Pointe Piazza
10 - Aiguille 32

Une dent
triangulaire qui domine de ses 258 mètres les cabanons de
Callelongue.
Sa Face Sud insignifiante contraste
violemment avec sa Face Ouest très raide, et surtout avec sa
Face Nord la plus grandiose.
La Face Sud est peu élevée: 25m à la Fenêtre, 35m à la Voie de l'Eboulement. De nombreuses petites escalades libres généralement façiles la sillonnent; on y trouve aussi des parcours d'escalade artificielle difficile. Aux deux extrémités les Arêtes Est et Sud-Ouest n'offrent aucune difficulté.
La Face Ouest atteint 55 mètres. Extrèmement raide et souvent en surplomb, elle est parcourue par plusieurs itinéraires d'escalade artificielle difficile et très difficile, très voisins les uns des autres. La "Première" de la Face Ouest en 1938 date dans l'hitoire de l'escalade provençale comme d'ailleurs celle de la Face Nord en 1936.
La Face Nord a 130 mètres de large sur 85 de haut; concave dans tous les sens, elle surplombe fortement dans sa partie ccidentale. Un seul itinéraire d'escalade libre, très difficile , celui de la première et plusieurs parcours d'escalade artificielle dont certains atteignent à l'extrême difficulté.
La Face Sud du Rocher des Goudes
Vue du Sentier de la Galinette -
Cliché: Dr. Albert

I - Arête Est
|
VII - Le Dièdre Rouge |
I - Arête Est
Première par D. Marx
en 1901 - Escalade libre facile
Eviter les premiers mètres de l'arête par une petite cheminée dans la Face Sud; suivre ensuite le taillant et tourner par la droite le dernier ressaut.
II - Le Tube
Première en 1925 -
Escalade libre façile.
Un peu à gauche de l'arête Est, gravir des gradins façiles, puis escalader une dalle lisse, soit en la contournant par sa base, soit par son bord droit. Remonter alors une cheminée étroite et profonde, dont on sort en son milieu. Terminer par un léger surplomb tout en haut.
III - La Dalle Studer
Première par
Ch. Studer - Escalade libre façile
Débuter par une dalle assez lisse, virer vers la droite sous un surplomb pour grimper sur la plateforme à la base du "Tube". Escalader à gauche une courte fissure, puis s'engager dans une dalle à belles prises.
IV - Le Dièdre Aigu
Première par
Tanner en 1939 - Escalade libre difficile
Monter droit dans une grande dalle , à l'aplomb du pin en se tenant plutôt sur la droite. Le dièdre aigu s'ouvre au dessus et surplombe franchement. Presque dépourvu de prises il se passe par un ramonage pénible; on en sort par la gauche dans des gradins faciles.
V - La Voie de la Fenêtre
Première
par Louis David en 1917 - Escalade libre facile
On remarque une petite ouverture ovale dans le haut de la muraille. A son aplomb parcourir une cheminée oblique en direction du pin poussé sur une plate forme, un peu à gauche gravir une fissure d'aragonite (prises à surveiller.. accident mortel en 1938). A la hauteur de la Fenêtre virer à gauche, puis y pénétrer en passant la jambe gauche la première . On est dans un puits qui mène au sommet par un ramonage facile.
VI - La Dalle Ortl
Première par
Ortl - escalade libre facile
Vers le milieu de la muraille monter sur une corniche ascendante très facile en direction de la Fenêtre; gravir un petit dièdre et virer à gauche dans une dalle que l'on escalade en oblique.
VII - Le Dièdre Rouge
Première par
Ch. Magol et M. Forestier 2 Octobre 1937
Escalade
artificielle peu difficile
Ce classement à première vue peu
favorable se justifie par la brieveté des réelles difficultés du
passage du surplomb. Le dièdre rouge se trouve dans la partie
supérieure de la Face Sud en son milieu.
Monter sur la corniche ascendante
de la Dalle Ortl; à gauche s'élever dans une fissure très raide
que l'on passe difficilement en escalade libre et qui se perd
dans une coulée d'aragonite rouge en dièdre concave. gravir le
surplomb par des pitons peu faciles à poser au dessus une
dalle facile, puis des gradins.
VIII - La Voie du C.A.F.
Première
par G. Pouillaude et H. Jean en 1922 - Escalade libre facile
De la terrasse où partent les itinéraires précédents exécuter vers l'ouest une longue traversée horizontale, puis remonter une large cheminée oblique peu inclinée. Revenant sur la droite on passe 2 ressauts successsifs et l'on s'engage sur une corniche légèrement ascendante qui aboutit à un renforcement d'aragonite. Finir par la dalle fissurée de gauche.
IX - La Voie des 3 Surplombs
Première par H. Joubard et Laurent le 8 décembre 1940
Sortie du 3ème surplomb par
Dr. Albert et Gisèle Albert le 15 décembre 1940 - Escalade
artificielle difficile
Elle comporte trois passages très
difficiles mais sa faible longueur lui vaut sa place dans la
2ème catégorie de l'escalade artificielle
X - La Voie de l'Eboulement
Première par le Dr. Albert, Gisèle Albert le 13 Octobre 1940
Escalade libre façile. Un court passage difficile au surplomb
Départ à l'aplomb de la croix
ouest; montée directe dans une série de dalles façiles vers un
toit oblique caractéristique. Contourner par la droite un gros
bloc détaché qui permet le franchissement façile du toit
Traverser un pin et atteindre une
plateforme; grimper sur une grosse écaille et se rétablir sur un
bloc coinçé surplombant l'entrée d'une fissure oblique. Dépasser
d'énormes blocs posés "l'éboulement"! et atteindre sans
difficulté le sommet près de la croix ouest.
XI - l'Arête Sud-Ouest
Escalade
libre facile.
Attaquer l'arête dès son origine en suivant une mince crête horizontale, au dessus de la corniche qui mène dans la face ouest. Lorsqu'elle se redresse monter dans un petit dièdre sur son bord gauche , virer à droite et après un ressaut arriver dans un éboulis issu du sommet.
XII - Variante de l'Arête Sud-Ouest
Escalade libre facile
Départ à droite de l'arête
proprement dite en direction d'un pin que l'on contourne; après
un ressaut , on arrive sous une fissure assez raide, au dessus
se trouve une plateforme inclinée . Vers la gauche de hautes
marches conduisent au sommet de l'itinéraire normal.
La descente s'effectue en rappel
posé sur un anneau scellé à 3m à l'est de la Voie de la Fenêtre
, avec relais possible sur la fin de cet itinéraire. On peut
aussi descendre facilement par l'arête Est, Sud-Ouest ou la Voie
du CAF.

|
I -
Voie Duchier-Magol |
II' -
Variante et Rectifications |
La Première est due à R. Duchier et Ch. Magol qui se relaient à tour de role, le 1 Mai 1938.
Les itinéraires suivants parcourent les trois cheminées de la Face Ouest et découpent la Voie Duchier -Magol en trois tronçons autonomes; ils solutionnnent les problèmes difficiles qui incitèrent les auteurs de la première à faire de nombreux détours.
I - Voie Duchier-Magol
Première par Duchier et Magol le 1 Mai 1938 - Escalade
Artificielle Difficile
Les 1ère, 4ème et 6ème étapes sont en
escalade libre - Encordement 20 mètres
"Dans cette face, en dehors des
difficultés techniques rencontrées, la non évidence de la voie
explique les tatonnements qui marquèrent sa recherche. Cette
escalade, à cause de sa longueur, de l'importance des surplombs,
de l'exposition de certains passages, doit être considérée comme
difficile à l'extrème." (Renseignements et appréciation de
R. Duchier en 1938).
Deux grandes cheminées sillonent
la Face Ouest. Cet itinéraire emprunte les extrémités inferieure
et supérieure de la Cheminée Nord et la partie moyenne de la
Cheminée Sud ou Grande Cheminée.
Départ dans l'axe de la Cheminée
Nord par une large fissure de 5 mètres dont on sort en prenant à
droite une corniche d'abord très étroite , puis large et
confortable. Relais 1
Quitter la corniche 2m avant son
étranglement sud et remonter la fissure en surplombqui oblique
légèrement vers la gauche dans une dalle noire où l'on trouve
quelques grosses prises , puis l'on monte droit vers une petite
cheminée où de rares aspérités permettent un rétablissement
difficile sur la Corniche Barrin. Passer un bombement délicat
après lequel on arrive sur la Corniche Barrin. Relais 2
On la suit vers la droite et l'on
penètre dans la Grande Cheminée où l'on escalade une zone
pourrie et redressée, mais très courte, à laquelle succède un
petit couloir peu incliné. A ce niveau on revient à gauche sur
une plateforme spacieuse. Relais 3
Continuant vers la gauche on
escalade une petite arête secondaire délitée et l'on rentre dans
une cheminée resserrée; par un ramonage facile on atteint
l'orifice inférieur qui lui fait suite et l'on installe le
relais à l'intérieur. Relais 4
Dans sa paroi Ouest s'ouvre un
trou très étroit qui communique avec une niche minuscule ouverte
à l'extérieur; il faut y passer les pieds les premiers et
descendre sur un étrier préalablement posé dans la niche. De là,
virer à l'horizontale sur des étriers et contourner vers le Nord
une dalle bombée (aérien) à laquelle fait suite une étroite vire
délitée. On atteint alors la Cheminée Nord en contournant un
gros bloc posé sur lequel on se rétablit. Relais 5
Virer dans le fond de la cheminée
que l'on gravit facilement en opposition, et on sort vers la
gauche par un petit éboulis.
I' - Variante de sortie de la Voie
Duchier-Magol
Première : Dr Albert, Gisèle Albert,
G. Livanos ,H. Gilles le 16 Février 1941
Escalade
artificielle difficile.
Du cinquième relais au lieu de rejoindre le fond de la cheminée Nord on escalade une zone délicate où l'on monte sur des blocs instables, la pente s'attenue et l'on atteint le sommet par des dalles faciles.
II - La Grande Cheminée
Première
Dr. Albert, Gisèle Albert le 22 Octobre 1940
Escalade
artificielle difficile -
Encordement : 25 mètres
Elle coupe la Face Ouest en son milieu; bien delimitée dans le haut de la paroi où elle oblique un peu à droite, elle est barrée par de petite grottes à sa partie moyenne et se perd vers le bas dans la grande dalle où elle finit en fissure étroite.
A quelques mètres à droite de la ligne générale d'escalade, s'elever dans une cheminée oblique assez raide puis facile; on arrive dans une anfractuosité. Virer à gauche à l'horizontale jusqu'à se trouver sous une grosse fissure à demi bouchée par de l'aragonite. franchir un léger surplomb, puis virer sur la gauche sur une mince lèvre de rocher; traverser alors une dalle pour atteindre une courte fissure verticale que l'on suit jusqu'à un gros bloc posé sur des gradins terreux. Monter ensuite facilement à la Corniche Barrin.Relais 1
L'escalade se poursuit dans la zone pourrie et redressée à laquelle succède un petit couloir peu incliné et l'on arrive face à une niche étroite. A gauche plateforme spacieuse au dessus de laquelle on aperçoit le trou de l'itinéraire Duchier-Magol. S'élever jusqu'au toit de la niche , passer un surplomb d'aragonite grise et atteindre par une fissure la première grotte. Relais2
Assez spacieuse elle communique par l'intérieur avec la deuxième grotte. Relais 3
De là il faut escalader à l'intérieur, jusqu'au sommet du porche et à l'aide d'un étrier sortir vers la droite (aérien) et rejoindre la fissure du fond de la cheminée qui est devenue oblique et l'on arrive sur un étroit replat dans la paroi de droite. Au dessus la fissure s'élargit et devient terreuse: les pitons y tiennent mal et doivent être doublés par des extra-courts dans la paroi de droite. Ce passage exposé surmonté, on finit dans les gradins faciles du sommet.
II' - Variante et Rectifications
Première
par Stricher, Tramier, Rolland le 29 Juin 1941
Escalade
artificielle difficile
Prendre le départ dans l'axe
exact de la cheminée en remontant la courte fissure surplombante
assez large d'abord, puis très mince après laquelle on se
rétablit sur la première corniche .Relais
A la limite d'une grande dalle
noire , escalader une fissure rectiligne qui oblique légèrement
vers la droite. On passe deux ressauts successifs et l'on
rejoint l'itinéraire Albert.
III -
La Cheminée Médiane
Première Dr. Albert, Gisèle
Albert le 16 Novembre 1940
Escalade artificielle très
difficile - Encordement
: 25 mètres
Les
difficultés que l'on y rencontre sont très soutenues et la
dernière étape est très exposée par suite de la mauvaise
qualité de la roche. En 1941, c'est le parcours le plus
difficile de la Face Ouest.
Départ à la verticale
du "trou de la voie Duchier-Magol; Par courte échelle on
s'éléve le plus haut possible vers une très mince fissure
demi-colmatée, où l'on poursuit sur pitons jusqu'à la
première corniche.-R1-
Continuer par la 2me étape
de l'itinéraire Duchier-Magol: quitter la corniche deux
mètres avant son étranglement sud et remonter une fissure en
surplomb qui oblique légèrement à gauche dans une dalle
noire où l'on trouve quelques grosses prises; puis l'on
monte droit vers une petite cheminée où de rares aspérités
permettent un rétablissementdifficile sur la corniche
Barraud. Passer un bombement délicat après lequel on arrive
sur la corniche Barrin.-R2-
Monter dans une
grande niche peu profonde au dessus du relais,puiis
escalader en opposition extrème le toit qui la surmonte; on
se rétablit alors difficilement dans un dièdre d'aragonite
rouge (exposé) que l'on remonte plus facilement. Après un
étranglement on pénètre dans une cheminée resserrée où l'on
fait un relais sous l'orifice inférieur du tube qui
lui fait suite. Ceci pour mettre les suivants à l'abri des
chutes de pierres pendant la progression du leader dans
l'étape au dessus.-R3-
S'élever dans la cheminée
jusqu'à l'orifice du tube et sortir vers la droite sur des
pitons posés dans une fissure parallèele. On franchit ainsi
une zone surplombante très exposée par suite de la fragilité
de la roche; puis on continu dans un passage très
pourri et fragmenté mais assez court, en suivant une fissure
à travers laquelle on aperçoit par moment l'intérieur du
tube ! Il faut prendre les plus grandes précautions pour y
poser les pitons, afin d'éviter les éboulements dangereux.
On se rétablit ensuite sur une très étroite corniche. Au
dessus la muraille surplombe et le rocher devient tellement
mauvais qu'il n'est plus possible de poursuivre l'escalade à
la stricte verticale. Virer franchement à gauche à
l'horizontale sur des prises de main heureusement solides
(aérien), puis escalader un saillant surplombant formé par
une agglomération de blocs brisés (extrêmement exposé).On
atteint alors un dièdre vertical dans lequel on s'élève
jusqu'à un rocher suspendu qui barre le passage; on le
contourne par la droite et l'on finit sur un éperon formé de
blocs empilés.Cette étape en escalade artificielle
extrêmement difficile fut jugée tellement exposée qu'elle
fut évitée lors d'un premier essai à la Médiane par Dr.
Albert, Gisèle Albert, H. Gilles, G. Livanos le l6 Février
1941 .
IV / La Cheminée Nord
Première
par:Dr.Albert, Gisèle Albert le 13 Janvier 1941
Escalade
" artificielle difficile " - La première et la dernière
étape en escalade libre
Encordement 20 mètres
Elle n'est bien marquée que
dans sa partie supérieure où elle s'évase en un profond
couloir, la première partie étant formée par deux fissures à
peu près parallelles coupées par plusieurs surplombs.
Quitter la corniche verte par une petite cheminée
très raide mais où l'on trouve de bonnes prises pour
se rétablir sur la première corniche .-R1-
Au
débouché de la cheminée initiale partent deux fissures très
rapprochées; choisir celle de droite la plus large. Franchir
plusieurs mètres en surplomb accentué et aborder une dalle
où l'on trouve quelques prises; mais la paroi s'incurve de
nouveau et il faut continuer sur des pitons pour atteindre
une fissure qui va s'élargissant et se termine au niveau de
la corniche Barraud, à peine large de quelques cms.Au dessus
une dalle lisse oblige à placer un " étrier" sur piton et à
s'y installer pour faire le 2me relais.-R2-
Gravir
la dalle en montant vers une niche en encorbellement, où
l'on pénétre le plus possible. En sortir pour s'engager dans
un dièdre fortement déversé dont l'escalade est d'abord
pénible et impressionante, puis devient moins ardue lorsque
la pente négative s'atténue. On atteint bientôt un très
étroit replat, dominé par un surplomb où une échancrure
laisse aperçevoir la deuxième partie de l'escalade beaucoup
plus aisée. Par un ramonage délicat on pénètre dans la
cheminée proprement dite qui s'élargit rapidement en
couloir. Toujours par ramonage, mais plus facilement, on
atteint un groupe de blocs posés dans la paroi de droite.-R3-
Reprendre l'escalade du fond de la cheminée sans difficultés
importantes jusqu'à l'éboulis de la sortie Duchier-Magol et
terminer par quelques mètres de fissure raide. La première
étape et une partie de la dernière sont communes avec
l'itinéraire Duchier- Magol .
Le Rocher des Goudes et son arête Nord-Ouest
Vus du Traçé Rouge du Vallon de
Callelongue - Photo télé Dr. Albert

| I - Itinéraire Tanner II - Itinéraire Albert III - Variante Stricher-Tramier A - Croix du Sommet B - Arête Sud-Ouest C - Face Ouest |
D - Face Nord E - Corniche Barrin F - Corniche Verte G - Corniche Broussailleuse H - Arête Est I - Les Lames J - Brêche Carrée |
Arête Nord Ouest
Elle délimite les deux
grandes faces, ouest et nord, du rocher des Goudes. Elle
comprend deux parties de caractéristiques nettement
différentes: du tracé Vert de Callelongue à la Grotte
Rolland), jusqu'à la corniche Verte, sa pente moyenne ne
dépasse pas 45°, mais deux ressauts surplombants
opposent de grosses difficultés au grimpeur qui veut suivre
le fil de l'arête; ils peuvent cependant être tournés, le
premier par le flanc nord, le deuxième par le flanc ouest;
le reste du parcours est sans histoire jusqu'à la corniche
verte. De celle-çi au sommet l'arête devient verticale et de
plus se trouve barrée par un gros surplomb à deux
étages, après lequel elle s'élargit considérablement.
La
" première" exécutée par Tanner eut lieu de la corniche
Verte au sommet en 1939. Tout comme celles des Faces Ouest
et Nord, elle occupe une place de premier ordre dans
l'histoire de l'escalade en Provence.
En 1941, Stricher,
Tramier et Rolland firent le bas en évitant les ressauts
surplombants. A la fin de la même année, le 2 Novembre 1941,
le Dr. Albert et Gisèle Albert suivirent le fil de l'arête
en son entier.
Escale artificielle "très
difficile"
Quatre passages extrèmement difficiles, les
2ème et 4ème etapes en escalade libre
facile; la derniere en escalade libre difficile.
Il est
utile de prévoir le triple encordement à 20 m. d'intervalle
pour la 6éme étape, et le double encordement à 20m.
pour la dernière.
Départ à proximité du tracé vert. On
remonte d'abord une dalle peu pentue, puis il faut passer un
premier surplomb recouvert de débris.On escalade ensuite une
dalle très inclinée et l'on s'engage ensuite dans un petit
dièdre noir.Parvenu sous un gros surplomb on vire unpeu à
droite pour prendre pied sur un étroit replat incliné.Passer
ensuite une dalle déversée en mauvais rocher ( exposé) .
-R1
Suivre sans aucune difficultéle
fil de l'arête jusqu'au deuxième ressaut.--R2
Attaquer celui-çi dans son flanc nord en passant un surplomb
très accentué, puis un dièdre surplombant où le calcaire est
noir et délité ( très exposé ). Contourner par en dessous et
vers la droite un bloc fragile saillant sur l'arète et se
rétablir difficilement sur une dalle peu inclinée recouverte
d'un pavage de blocs posés.
Escalader alors un petit mur
qui termine le 2ème ressaut. -R3
Les deux ressauts
extrèmement difficiles peuvent être évités par la variante
Streicher:
Départ à 10 m. du fil de l'arête, dans son
flanc nord où l'on escalade une faille oblique ; après avoir
dépassé une niche, on rejoint la crête par un passage de
mauvais rocher.Au pied du 2éme ressaut virer à droite et par
une traversée délicate, atteindre une fissure -cheminée en
mauvais état qui amène à la corniche Verte. Escalader le
taillant de l'arête extrèmement mince jusqu'à la première
corniche de la Face Ouest.-R4
L'itinéraire suivi
par Tanner oblique vers le Sud sur cette corniche : on
remonte dans la Face Ouest la première fissure oblique sous
un surplomb, puis un petit dièdre rouge très court; virer
alors à l'horizontale pour revenir sur le fil de l'arête et
monter sur un petit becquet où l'on fait un très mauvais
relais à la base d'un gros surplomb.
Il est plus élégant
, mais plus difficile de continuer sur le fil de l'arète au
dessus du 4éme relais. Grimper dans un dièdre vertical et
lisse,puis aborder une très mauvaise fissure formée par un
énorme bloc à demi -détaché, on progresse difficilement
jusqu'à une zone plus franche et moins inclinée dominée par
le becquet du 5ème relais .--R5
Attaquer le
gros surplomb par la droite, en suivant une fissure oblique
qui coupe ses ressauts successifs. Après avoir franchi un
premier encorbellement on se rétablit sur un replat
extrèmement étroit; une dalle concave lui fait suite, puis
un deuxième ressaut très accusé. Au dessus la fissure se
perd dans la paroi ; obliquer alors à gauche en exécutant
une vire difficile sur une corniche en arc de cercle à peine
dessinée mais très courte. On est revenu sur l'arête qui
s'est beaucoup élargie. Escalader une dalle verticale le
long d'une fissure et lorsque celle-çi disparait, virer à
gauche et par une traversée difficile et exposée, atteindre
une petite niche.-R6
Dans cette étape il est
commode d'utiliser le triple encordement à 15-17 mètres
d'intervalle pour faciliter le coulissage, il convient de
passer le gros surplomb sur une première corde, puis après
la vire convexe d'en tirer complètement " le mou" , et de
continuer sur les deux autres brins jusqu'au 6ème relais. Le
second de cordée sera assuré par la première corde
dans le gros surplomb et par les deux autres dans la dalle.
L'étape suivante, quoique très aérienne, ne comporte plus de
grosses difficultés et s'effectue en escalade libre. Sortir
de la niche par la droite en suivant une corniche ascendante
qui ramène sur le bord droit de l'arète. On s'engage ensuite
dans une fissure assez large, à son sommet obliquer à
droite, passer entre deux genévriers, et terminer par un
dièdre déversé , mais facile.
Escalades de la Face Nord
Face Nord du Rocher des Goudes
Vue du sentier du C.A.F. au
pied de l'Arete Sud de la Tete du Miougranier - Photo télé Dr. Albert

| I -
Voie Barrin I' - Variante Bouisson II - La Petite Orientale III / L' Orientale IV - La Super Barrin |
V -
La Directissime VI - La Voie du Toit du Mitan VII - La Voie Occidentale VIII - La Super Occidentale A - Variante Magol |
La "première" de la Face Nord
en 1936M par Barrin, Duchier, Lacaze, fit
sensation dans les milieus de grimpeurs marseillais, et eût
même les honneurs de la première page d'un journal local;
plusieurs essais dans cette paroi s'étaient terminés par des
échecs ou même par un décrochage en régle ,
sans suite grave heureusement pour la cordée
Meunier-Bouisson. Il semble que ceux-çi soient les premiers
à étre arrivés sur la Corniche Barrin, par un itinéraire
d'ailleurs différent de celui de la "première" .
L'aspect formidable de cette paroi, -par rapport aux
escalades pratiquées à cette époque-, encourageait peu les
candidats à en tenter l'assaut. En fait il n'y a pas de
parcours faciles dans la Face Nord, et le seul itinéraire
d'escalade libre qu'on y ait trouvé reste celui de la
première. S'il est fait avec un nombre restreint de clous
d'assurance, il peut étre considéré comme fort peu commode
et représente le type de ce que nous avons convenu
d'appeller " escalade libre très difficile ". Depuis Barrin
l'exploration de la Face Nord a été poussé fort loin,
puisqu'en 1941 on y comptait 7 voies nouvelles, dont deux
tout au moins, l'Orientale et la Voie du Toit du Mitan,
sont classées comme " escalades artificielles extrèmement
difficiles "; Une troisième, l'Occidentale" se distingue des
autres parce qu'elle se fait entièrement en escalade libre
et ne présente que trois courts passages d'escalade
artificielle. Les 4 autres relèvent de " l'escalade
artificielle pure avec quelques passages d'escalade libre.
La Face Nord est coupée dans sa longueur par trois
corniches parallèles bien distinctes. Tout en bas à une
dizaine de mètres de l'éboulis, la corniche Broussailleuse,
sur laquelle pousse une végétation dense d'arbustes et de
chênes verts; elle est interrompue à l'ouest par une coulée
d'aragonite jaune. La Corniche verte, à trente métres de
hauteur, délimite le socle du Rocher des Goudes: on la
parcours facilement, sauf à l'ouest de la paroi où elle est
coupée par une vire délicate, au niveau d'une grande
excavation en forme de grotte à ciel ouvert, au delà la
corniche communique sans difficulté avec la Face Ouest. 21
mètres au dessus c'est la Corniche Barrin, large et
confortable par endroit, très souvent fort étroite et même
totalement interrompue .
I - Voie Barrin
Première
par H. Barrin, R. Duchier, Lacage, le 23 Août 1936
Escalade libre très difficile - Encordement : 25 mètres
Les passages les plus difficiles sont l'arrivée sous la
Corniche Verte, le dièdre oblique au départ de celle-çi, la
montée sous le coeur, et la cheminée jaune; mais l'ensemble
est très soutenu.
L'histoire de cet itinéraire
comporte deux épisodes: Le 23 Aout 1936, après diverses
tentatives, Barrin démarre de la Corniche verte et arrive au
sommet.
Quinze jours plus tard, le 6 Septembre, en
compagnie cette fois de Duchier et René Jean il complète son
ascension en gravissant le socle ( I') qu'il avait négligé.
A la même époque, à une date imprécise, Magol et Naillet
escaladent aussi le socle et arrivent à la Corniche
verte sous l'épaule de l'Arète Est ( A) .
Par une
curieuse aberration, le parcours Barrin dans le socle
tomba par la suite dans l'oubli et les grimpeurs qui font la
Face Nord en entier empruntent actuellement
l'itinéraire Magol
.
Ces deux escalades se valent cependant en difficultés .
Parcours Barrin:
Débuter à la verticale de l'Arète Est par un dièdre ouvert
assez délicat qui livre accès à la Corniche
broussailleuse.- R.1
Virer alors à droite et
continuer en descendant un peu, un éperon dénudé, longer la
corniche vers l'ouest, traverser un fourré de chênes verts,
contourner une arête secondaire et à 30 m. de l'éperon
dénudé atteindre une plateforme inclinée, on peut également
prendre par là, par un trajet direct d'escalad artificielle
(I " ) ( J.Bouisson, Dr.Albert le 29 Mars 1942 ).
Grimper
facilement jusqu'à une deuxième plateforme.- R.2
Escalader alors un long dièdre oblique et étroit, de roche
grise; après un passage difficile l'escalade est aisée
jusqu'à un bombement délité, on le contourne par la droite
et l'on arrive à la Corniche Verte .- R.3
Le
parcours Magol débute par le même dièdre ouvert
jusqu'à la corniche Broussailleuse.-R.1'
Monter
ensuite en obliquant à gauche vers un éperon à la verticale
de l'épaule de l'arète Est. Grimper le long d'une mince
fissure sur son taillant, puis l'abandonner pour se rétablir
difficilement à gauche sur un balcon. A son extrémité Est
monter facilement à la Corniche Verte. -R.2'.
Revenir sur la droite, après une cinquantaine de mètres, le
grimpeur se trouve au pied d'un dièdre très ouvert incliné
vers la gauche; on l'escalade en se servant de prises de
mains dans la fissure du fond ( difficile mais sur) et l'on
se rétablit sur un replat. Monter ensuite dans des rochers
médiocres après lesquels on arrive sur une minuscule
plateforme de rocher pourri. -R.4
Un pas vers la
droite et l'on remonte un système de fissures verticales sur
des prises très espacées, jusqu'à un rocher surplombant en
forme de "coeur " sous lequel on vire à droite pour
atteindre un minuscule replat. Grace à de rares prises de
mains très hautes, gimper sur le "coeur" et s'élever dans
une dalle fissurée on arrive sur la corniche Barrin que l'on
suit vers la droite où elle s'élargit en trottoir.( le
rétablissement sur le coeur peut être grandement
facilité en montant dans un anneau de corde placé sur son
sommet) .-R5
Suivre la Corniche Barrin vers
l'ouest, jusqu'au pied d'une grande cheminée d'aragonite
jaune, où elle est coupée par une large entaille. Dès le
départ il faut attaquer un surplomb très prononcé à l'aide
d'une courte échelle, ou mais beaucoup plus difficile , en
ramonage du fond de la cheminée. Deux métres de verticale,
puis nouveau surplomb moins prononcé mais tout aussi
difficile parce que l'on trouve que des prises rondes pour
le passer. La cheminée s'élargit et se fait plus commode.
Sur son arête droite s'amorçe une étroite vire terreuse peu
engageante, on y trouve de suite une grosse écaille qui
déverse dans le vide
( passage impressionant et aérien mais
sûr)et l'on arrive sur un replat (gènevrier). Escalader
ensuite une arête fissurée légèrement oblique et très raide
de parcours délicat ( rocher fracturé) et se rétablir sur
une terrasse où pousse un chêne vert.- R.6
Vers
l'ouest, une dalle fissurée puis un éboulis amènent au
sommet.
Encordement minimum : 25 mètres pour la 5 ème
étape.
II
- La Petite Orientale
Première par Dr.Albert, Gisèle
Albert le 8 Septembre 1940
Escalade " artificielle peu
difficile " - Encordement 2O mètres
Cette voie n'atteint pas
directement le sommet par la Face Nord; elle se termine au
pied de l'Arête Est sous laquelle elle se développe en un
trajet rectiligne.
Départ à droite d'un éperon
descendu de l'arête Est, par une cheminée très ouverte dont
le parcours est rendu délicat par la rareté des prises.
Relais sur la corniche broussailleuse.-R.1
Quelques mètres vers la droite monter dans une excavation en
gueule de four; à son sommet s'élever sur une coulée
d'aragonite grise issue de deux niches jumelles. Passer par
celle de gauche et remonter une courte fissure très raide
pour arriver dans une petite grotte.-R2
Virer à
droite, depasser une excavationet monter sur la corniche
Verte.- R.3
S'élever dans une niche étroite; en
sortir vers la droite puis remonter une fissure un peu
surplombante jusqu'à un replat. Obliquant légérement à
droite on poursuit l'ascension dans une dalle raide en
direction d'une petite cheminée limitée à gauche par un gros
bloc à demi détaché. Au dessus on trouve un replat à
la base d'un couloir. R.4
On le remonte sans
difficulté jusqu'à la corniche Barrin. Au dessus on gravit
un dièdre délité par opposition entre ses parois et l'on
débouche sur une plateforme de l'arête Est que l'on suit
jusqu'au sommet.
III
- L' Orientale
Première par: G.Livanos ,Dr. Albert (
leader à tour de role) le 2O Juillet 1941
Escalade
"artificielle extrémement difficile" - encordement 25
mètres
C'est un des parcours les plus durs de la Face Nord, tant par la multiplicité des difficultés à surmonter que par l'exposition de l'escalade pendant les 40 derniers métres où les embuches les plus diverses sont accumulées sans interruptions. Son nom vient de sa situation dans la moitié orientale de la Face Nord.
Attaquer à gauche d'un
saillant de la base du socle par une fissure en "S" inversé
qui contourne un surplomb par sa droite.Gravir un petit
dièdre et atteindre la Corniche Broussailleuse.-R1
Un peu à gauche dépasser une arête secondaire et s'élever
dans une fissure rectiligne qui se redresse peu à peu, puis
s'ouvre en petite cheminée. Celle-çi franchie on arrivé sur
la corniche Verte.- R.2
A gauche de la voie
Barrin on gravit un dièdre incliné vers l'ouest, il faut
alors se rétablir sur un replat exigu. Contourner par la
gauche un surplomb pourri, puis revenant à droite, on
atteint une plateforme.- R3
Escalader alors une
dalle aux prises peu sures; au niveau d'une faille
horizontale virer un peu vers l'ouest et s'élever sur la
dalle du flan droit d'un dièdre oblique.On atteint une
deuxième faille horizontale: la Corniche Barrin totalement
interrompue en cet endroit. Relais sur étrier en cet endroit
.-R.4
Les difficultés rencontrées depuis le
troisième relais vont s'accroitrent jusqu'au relais suivant
non loin de l'arête Est. Quitter le relais par sa gauche et
s'élever difficilement le long d'une fissure très raide;
elle se perd bientôt dans une dalle qu'il faut gravir sur
des prises incertaines. Virer alors à gauche vers une
nouvelle fissure très pourrie.Après l'avoir remontée
on atteint la base d'un grand dièdre en surplomb, où l'on
s'engage en passant sous un énorme bloc suspendu (l'armoire
à glace) passage extrèmement exposé- On escalade
difficilement le dièdre qui est barré par un surplomb de
gros rochers brisés sur lequel on se rétablit.- R.5
Etape
extrèmement difficile ! Par des gradins faciles on arrive au
sommet non loin du haut de l'arête Est.
IV - La Super Barrin
Première
par Dr Albert, G. Livanos, le 10 Août 1941
Escalade
Artificielle Très Difficile - Encordement 25 m.
En
escalade artificielle très soutenue elle comporte un passage
d'escalade libre extrèmement dur après la Corniche Verte.
Elle a été baptisée ainsi
parce qu'elle rectifie l'itinéraire parcouru par Barrin lors
de la prmière de la Face Nord , suivant une ligne à peu près
verticale axée sur le coeur.
Le départ se situe à
quelques mètres à droite de celui de l'Orientale , au niveau
du saillant de la base du socle. On gravit une fissure
oblique qui surplombe après quelques mètres et par un pas
délicat vers la droite on arrive sur la corniche
broussailleuse. -R1
On poursuit en gravissant une
dalle convexe. Après une corniche on traverse par la gauche
un peu plus haut. On suit alors une fissure verticale
jusqu'à la Corniche Verte. -R2
Immédiatement à
droite du début de la Voie Barrin remonter une fissure qui
va en s'élargissant d'abord, puis se referme brusquement en
surplombant. Il faut alors se rétablir
difficilement sur une mauvaise corniche (très exposé). On
continue dans une vire ascendante qui finit au niveau du
replat délité où l'on rejoint la voie Barrin -R.3
" Un pas vers la droite et l'on remonte un système de
fissures verticales sur des prises très espacées jusqu'à un
rocher en forme de coeur sous lequel on vire à droite pour
atteindre un minuscule replat. Grace à de rares prises de
main très hautes, grimper sur le "coeur" et s'élever dans
une dalle fissurée; on arrive sur la Corniche Barrin."
Virer un peu à droite pour faire un relais confortable.-R4
On continue à la verticale du "coeur" par une grosse fissure
mal marquée; après avoir dépassé des blocs peu solides on
aborde une zône plus franche, passer alors un surplomb peu
accentué, coupé par une fissure double, auquel succède un
petit dièdre oblique. Parvenu dans une dalle moins inclinée,
on vire à gauche pour remonter une fissure assez facile
jusqu'à un replat herbeux.-R.5
Terminer par un
couloir facile qui arrive au sommet à proximité de
l'anneau de rappel scellé.
V - La Directissime
Première par G. Rebuffat et R. Tanner ( leader à tour de rôle) en 1939
Escalade Artificielle Difficile - Encordement 20 mètres
On y trouve de nombreux
passages d'escalade "libre très difficile",notament dans les
deux dernières étapes.
Elle escalade la Face Nord à la
verticale de la cheminée jaune de la voie Barrin. Son trajet
à peu près rectiligne lui valut son appellation à
consonnance dolomitique. C'est le deuxième itinéraire ouvert
dans la Face Nord.
Au départ prendre une fissure pourrie
d'abord surplombante puis en pente modérée aux abords dela
corniche Broussailleuse. -R.1
Continuer par une
longue fissure sur le flanc droit d'une arète secondaire qui
finit à l'entrée d'une niche d'aragonite.-R.2
Sortir par son toit et déboucher sur la Corniche Verte.-R.3
Grimper dans une petite grotte ogivale. En sortir par le
haut en "traction" sur un piton planté dans son
plafond;atteindre difficilement une mauvaise fissure et s'y
engager à l'aide d'un étrier. Celle-çi aboutit à une
minuscule corniche sur laquelle il faut se rétablir et
amorcer une vire délicate vers la droite pour installer un
relais médiocre.-R.4
A cet endroit il est
préférable d'inverser la cordée par suite du manque de place
sur la corniche. Le second continue au dessus de la grotte
par une dalle très lisse, mais présentant quelques trous
d'aragonite. Puis l'on s'engage dans une cheminée où l'on
surmonte par ramonage un bloc coincé surplombant. Escalader
alors la muraille d'une grande excavation. Relais sur sur la
Corniche Barrin.- R.5
Cette étape peut étre
simplifiée en ne s'arrêtant pas au 4ème relais et en montant
très légerement plus à gauche par une fissure délitée au
bout de laquelle on rejoint la cheminée. Passer les lO
mètres de cheminée difficile qu'emprunte la voie Barrin et
continuer dans son axe en franchissant un petit mur au
dessus duquel on se rétablit dans une niche étroite.
Immédiatement au dessus grimper dans une deuxième niche puis
obliquer à gauche sous un gros bloc saillant pour s'élever
dans une très courte cheminée en surplomb, en ramonant face
à l'est. De bonnes prises trèshautes facilitent un
rétablissement impressionnant sur une belle plateforme. .-R.6
Revenir à droite et après avoir contourné un bloc posé
branlant, on traverse la cheminée pour s'élever vers le
taillant d'un éperon très raide. Grimper alors droit et
terminer par l'escalade exposée d'une dalle arrondie aux
prises infimes et glissante; c'est le point crucial de cet
itinéraire.
Une variante de sortie fut
découverte par J.Stricher et G.Tramier qui ne trouvèrent pas
trace de Rebuffat à partir du 6ème relais et se trompèrent
de chemin.
Quitter la plateforme par la gauche en
grimpant dans une dalle verticale où saillent quelques
prises, puis virerà gauche sous un surplomb pour sortir tout
en haut de la cheminée terminale de la Super Barrin
VI - La
Voie du Toit du Mitan
Première par Dr. Albert,
G. Livanos le 13 Juillet 1941
Escalade Artificielle Extrèmement Difficile -
Encordement 20 mètres
Les difficultés rencontrées
sont ininterrompues, de plus , à partir de la Corniche
Verte, on est le plus souvent en deça de la verticale. Le
dernier passage dans le Toit du Mitan est extrèmement aérien
et exposé.
Diverses tentatives par le Dr. et Gisèle
Albert qui furent interrompues par des incidents , avaient
abouti auparavent au 6ème relais.
Le haut de la Face Nord est
dentelé par une série de surplomb plus ou moins prononçés,
et, vers son milieu, (mitan en patois) une saillie rocheuse
isolée s'avance sur le vide plus fortement que les autres
dominant toute la Face ; c'est le "Toit du Mitan".
Cette
voie d'escalade monte à sa vertical exacte, décrivant
cependant une sinuosité sous la Corniche Verte, au niveau
d'obstacles insurmontables malgré tous les moyens employés
en 1941
Départ dans une dalle
concave surmontée dans sa partie droite par un toit
oblique.Contourner par la gauche un léger surplomb et
remonter une courte fissure dans des rochers brisés.-R.1
Escalader une fissure assez
large puis remonter l'échine arrondie d'un pilier de roches
grisesoù les prises sont peu saillantes. On arrive sous une
zône de rochers pourris. A l'aide d'un étrier traverser à
l'horizontale vers la gauche pour se rétablir sur un petit
replat.-R.2
Virer un peu sur une corniche herbeuse puis
monter dans unedalle raide recouverte d'un plaquage de
débris. atteindre un tout petit bloc encastré derriere
lequel on place un piton et un étrier pour parvenir dans une
zône rocheuse plus solide. Revenir à droite sous un surplomb
et monter dans une échancrure qui livre accès à la Corniche
Verte.-R.3
Au dessus la paroi devient surplombante et
monte en dehors de la verticale jusqu'à la Coeniche Barrin.
Quitter la corniche Verte en suivant la branche droite
d'une fissure double "en "V " renversé qui fracture une
dalle surplombante de couleurrouge sombre. après un
mince replat remonter une courte fissure, puis undièdre
oblique dans lequel on fait un relais sur piton.-R.4
Escalader le haut du dièdre puis s'engager dans un surplomb
accentué.La pente négative s'atténue au niveau d'une strate
horizontale. On continue sur des pitons placés dans une
fissure colmatée par l'aragonite rouge (exposé) et l'on se
rétablit sur la Corniche Barrin.-R.5
Laissant à droite le
grand dièdre oblique de la Voie Occidentale on rmonte
quelques métres de fissure, puis on vire à gauche sur une
dalle ronde en direction d'un dièdre étroit. Après un
passage d'escalade librefacile on suit une fissure très
raide et l'on passe un bombement au dessus duquel s'ouvre
une niche exigue; on la dépasse pour faire un relais au
niveau d'une 2eme niche, sur piton.-R6
Continuant à la
verticale du relais on escalade une dalle une dalle fissurée
très pourrie et l'on arrive sous le " Toit du Mitan " que
l'on attaque en suivant une fissure verticale qui le
coupe en son milieu. La muraille s'infléchit fortement vers
l'extérieur et après un passage extrèmement surplombant dans
du mauvais rocher on se rétablit sur la dalle du sommet.
VII
- La Voie Occidentale
Première par Dr. Albert, Gisèle
Albert le 25 Août 1940
Escalade Artificielle Difficile - Encordement 30 mètres
min. pour la dernière étape
Le plus souvent en escalade
libre , on n'y rencontre que trois passages d'escalade
artificielle difficile : dans la 3me étape sous la Corniche
Verte,- la traversée d'une interruption de la Corniche
Barrin,- l'entrée dans le dièdre oblique du haut.
Cet
itinéraire s'inscrit dans la motié occidentale de la
Face Nord, d'où son nom. Le départ se situe à la base de la
grande coulée d'aragonite jaune qui s'est déversée par
l'orifice de l'excavation de la Corniche Verte.
Monter
jusqu'à une petite grotte; à son entrée escalader en
obliquant vers la gauche une courte dalle puis une fissure
délitée. Grimper dand les baragnes (broussailles) de la
Corniche broussailleuse.-R.1
Au niveau
d'une grosse écaille monter dans une trés courte fissure et
se rétablir sur une dalle assez inclinée. Continuer à
la verticale en utilisant de petites niches d'aragonite et
arriver sur une plateforme (chêne vert).-R2
Virer
vers l'ouest sur les rares aspérités d'une étroite corniche
sans prises pour les mains
( délicat); monter dans un
petit dièdre d'aragonite, et après quelques métres
d'escalade artificielle assez exposée, virer de nouveau vers
l'ouest sur un replat fuyant et grimper sur un bloc posé.-R.3
Gagner le fond de la grande excavation de la Corniche
Verte.-R.4
Escalader sa paroi de gauche (Est)
jusqu'à un surplomb formé par le haut d'une dalle concave;
on le franchit en utilisant l'opposition et l'on atteint de
bonnes prises très hautes; on contourne alors un saillant
rocheux derrière lequel se trouve une plateforme spacieuse.-R.5
Monter une large fissure dans une dalle noire légèrement
surplombante, le rocher peu solide demande des précautions
dans les derniers mètres sous la corniche Barrin.- R.6
Suivre la corniche Barrin vers l'est, puis elle s'amenuise
et s'interrompt totalement.-R.7
Placer un étrier
sur un piton posé le plus loin possible dans la fissure
horizontale qui succède à la corniche; après s'y être
installé, atteindre à 1 m.50 de là, le point où la fissure
colmatée se trouve dégagée et poser un 2eme " étrier" sur un
piton qui permet de remonter difficilement sur la corniche.-R.8
-
L'Etape en escalade " artificielle
difficile". On est parvenu au pied d'une fissure
au sommet de laquelle on aperçoit un grand dièdre oblique
qui échancre les surplombs du haut de la face Nord.
Escalader la fissure encombrée de rocailles brisées jusqu'à
un replat exigu; au dessus une dalle lisse exige la pose
d'un étrier pour permettre l'accès à la base du dièdre. On
s'y engage sur de petites prises très espacées mais sures.
Puis la pente s'atténue et l'escalade devient moins ardue.
On parvient sur un petit replat d'où un pas vers la
droite conduit dans une fissure issue d'une niche étroite.
Monter dans la niche et virer vers la droite le long d'une
faille horizontale. Après un bombement, monter droit sur un
éperon arrondi et le suivre jsuqu'au sommet.
VIII - La
Super Occidentale
Première par G. Rebuffat, G.
Livanos( leaders à tour de rôle) le 4 Mai 1941
Escalade Artificielle Très Difficile -
Encordement 25 mètres
La dernière étape se fait dans une
zone de surplomb ininterrompus.
Elle tire sa dénomination de
sa situation à l'extrémité occidentale de la Face Nord,
d'abord dans l'axe de la coulée d'aragonite jaune du socle,
puis s'infléchissant vers l'Arête Nord-Ouest, qu'elle côtoie
à quelques mètres ans le haut de la muraille.
On
commence l'escalade à la droite de la petite grotte ouverte
au pied de la coulée jaune. Franchir une série de plaques
puis s'élever dans la coulée d'aragonite, d'abord un peu
surplombante; vers la fin on oblique à gauche en passant un
ressaut et l'on atteint une niche confortable. - R1
Sortir à droite par une vire ascendante sous des rochers
cassés, puis s'élever directement par une cheminée pourrie
et broussailleuse qui mène à l'entrée de l'excavation
de la Corniche Verte. -R2
Dans son pilier de
droite et sans y pénétrer, s'élever par une dalle délitée,
très raide au départ puis moins inclinée, et gagner une
terrasse à son sommet. - R3
Un peu à droite
grimper dans une fissure très pourrie, qui après un petit
replat, surplombe fortement et mène à la Corniche Barrin,
très large à cet endroit. -R4
Au dessus la paroi
surplombe sans arrêt jusqu'au sommet. Un peu à droite du
relais on gravit une bonne fissure , puis au bout de six
mètres on revient vers la gauche. relais sur étriers au
niveau d'un replat exigu et mal marqué, utile pour le
coullissage des cordes dans la suite de l'escalade. - R5
On s'élève ensuite dans un dièdre oblique à droite suivi
d'une d'une cheminée-fissure constamment surplombante, et
coupée de plus par plusieurs ressauts. On termine l'escalade
par une cheminée dans des blocs brisés, qui débouche à
proximité du haut de l'Arête Nord-Ouest. (Très aérien)
Le chainon miniature des
"Lames" rattache le Rocher des Goudes au Roc de St-Michel
d'Eau Douce. Deux entailles profondes, la Grande Brèche à
l'Ouest et la Petite Brèche à l'Est, le découpent en trois
sommets distincts: La Lame Ouest, la Grande Lame au centre
et la Petite Lame.
Une troisième entaille , le Pas de la
Demi-Lune, où aboutit par une corniche un sentier jalonné en
pointillé jaune par la Société des Excursionnistes
Marseillais, sépare le Lames de l'Arête de la Cordée ,
contrefort du Roc St Michel.
Du sommet du Rocher des
Goudes, on découvre l'extraordinaire architecture de cette
arête horizontale aigue comme une lame de couteau.
L'épaisseur de la Lame Ouest ne doit pas depasser 3 mètres
et sa crête n'est qu'une mince dentelle de pierres parvenues
au dernier stade de l'effritement. La Grande Lame un peu
plus massive est couronnée par une terrasse de 4 à 5 mètrs
de large sur 3O m. de long. La Petite lame n'est qu'un
mamelon sans caractères.
La face Sud, comme celle du Rocher des
Goudes est
insignifiante et ne dépasse pas 25 m. de hauteur, par contre
elle est très raide et lisse et beaucoup moins abordable que
cette dernière; en 1941 on n'y connait pas de voies
d'escalade normalement passables sans pitons .
Leur Face Nord au contraire est plus élevée- 60 m. à
la Grande Lame- et surtout beaucoup plus impressionante par
sa verticalité. Tous les itinéraires qui la parcourent sont
très difficiles sauf à la Petite Lame .
La " première des Lames " realisée en 1926 fut la traversae
des trois sommets dans le sens: Pas de la demi-Lune- Rocher
des goudes .
Les Faces Nord et Sud ne furent gravies qu'en 1939 alors
que la pratique de l'escalade artificielle s'était répendue
dans les calanques.
Escalades de la Face Sud des Lames

| I -
Voie H. Gilles ( Face Sud
de la Grande Lame ) II - Fissure Sud-Ouest ( Face Sud de la Grande Lame) III - La Grande Brêche ( par la face Sud ) IV - Voie de la Grotte des 3 lucarnes (Face Sud de la Lame Ouest) V - Voie de la Fenêtre de la Lame Ouest |
A - Col
du Pas de la Demi Lune B - Petite Lame C - Petite Brêche D - Grande Lame E - Grande Brêche F - Lame Ouest |
I / Voie H. Gilles ( Face Sud
de la Grande Lame )
Première par : H. Gilles , Toto Guérin en hiver 1939
Escalade " artificielle peu difficile "
- Encordement 20 m.
Cet itinéraire fut celui de la " première " de la face Sud des Lames. Quelques mètres à gauche de la verticale du cairn du sommet et un peu à droite d'un pin, s'engager dans une fissure oblique rectiligne; passer uique legerement déversé qui finit sur une plateforme.- Relais - Terminer par un petit mur vertical de rocher brisé.
II /
Fissure Sud-Ouest
( Face Sud de la Grande Lame)
Première par : Dr.Albert ,
Gisèle Albert le 23 Janvier 1941
Escalade " artificielle peu difficile "
- Encordement : 2O m
Départ l0 mètres à l'ouest du pin qui se trouve sur la
corniche à la base de la Grande Lame
Débuter par un dièdre vertical très court. A sa sortie
prendre pied sur une dalle inclinée, puis remonter un
deuxième dièdre dont la base est légèrement déversée, au
dessus la pente s'atténue mais les prises sont peu sures; on
arrive sur une corniche (gros genévrier mort .) - Relais -
Continuer à la droite du relais par une fissure
surplombante, dépasser une niche exigue et se rétablir sur
un replat limité à droite par un gros bloc en équilibre (
exposé ) . Terminer par une courte dalle facile
III / La Grande Brêche (
par la face Sud )
Première par :
M.Samuel, G.Livanos Octobre 1940
Escalade " artificielle peu difficile "
- Encordement : 20 m
Escalader un dièdre oblique puis une fissure redressée qui s'ouvre bientôt en cheminée commode. De la brêche on monte assez facilement sur la lame Ouest et plus difficilement sur la Grande Lame.
IV /
Voie de la Grotte des 3 lucarnes
( Face Sud de la Lame Ouest )
Première par : Dr. Albert,
Gisèle Albert le 22 Décembre 1940
Escalade " artificielle peu difficile "
- Encordement: 2O M
Départ au niveau d'une baisse de la corniche qui sangle la
face Sud de la Lame Ouest au tiers de sa hauteur.
Gravir une dalle triangulaire assez facile puis une cheminée
étroite et redressée qui donne accès à une corniche. Virer à
l'horizontale et, deux mètres à gauche, s'élever dans un
dalle lisse à laquelle succède un petit dièdre. On pénètre
dans une grotte qui occupe toute l'épaisseur de la Lame qui
n'a pas 2 mètres de large! Deux lucarnes donnent sur la
face nord et la troisième sur la face Sud. - Relais -
Escalader le porche d'entrée et sortir en haut et à droite
par un rétablissement difficile et assez osé qui amène sur
la dalle du sommet .
V /
Voie de la Fenêtre
( Face Sud de la Lame Ouest )
Première par : Dr.Albert,
Gisèle Albert le 9
Mars 1941
Escalade " artificielle peu difficile "
- Encordement : 15 m.
Un peu à l'ouest de la Voie des 3 lucarnes remonter sans grande difficulté un dièdre légerement oblique. Parvenu dans un renfoncement prendre à gauche une fissure très raide mais courte dans du rocher pourri. On ontinue l'escalade entre deux gros blocs jusqu'à la fenêtre et par la dalle de son bord droit on atteint la crête .
Traversée des Lames
I / Sens classiqu