ESCALADES dans la Région des Calanques

par le Dr. G. Albert

Membre de la Section du Var et de Haute Provence  du C.A.F

Généralités

Du Cap Croisette à la Baie de Cassis, sur une longueur à vol d'oiseau de plus de 4 lieues, les massifs de calcaire de Marseilleveyre , des Escamponnets, du Mont Puget poussent dans la mer leurs falaises et leur promontoires à pic, véritables remparts dont les Caps Sormiou, Morgiou et la Presqu'ile de CastelVieil sont les bastions les plus avançés et l'Ile de Riou la sentinelle.

Point de plages, sauf au fin fond des calanques qui font brèche dans la muraille :

Sormiou large et verdoyante

Morgiou plus sauvage habitée seulement par quelques pêcheurs au delà de laquelle ç'est l'absolu désert

Sugitton, puis de simples échancrures de falaises jusqu'à En-Vau la fantastique

Port Pin moins escarpée

et la dernière , le long bras dissimulé dans les pinèdes de Port Miou
Il est impossible de saisir les détails de cette terre tourmentée sans la venir explorer à fond . Or les sentiers y sont rudes souvent, plusieurs points du bord de mer sont inaccessibles au simple piéton, mais que de belles escalades à tenter et quelle sauvagerie dans le paysage ou la blancheur du roc éclate sur le vert des pins et le bleu sombre du ciel et des flots

(extrait de l'annuaire de la section de Provence du C.A.F. 1902)

Tel est lyriquement décrit le Pays des Calanques au bord de la mer latine.

D'innombrables voies d'escalade y ont été découvertes -* nous en décrirons 337, où le rochassier trouvera toute la gamme des possibilités imaginables.

Avec cela peu de marche d'approche, une temperature toujours clémente, pas de menace imprévisible de mauvais temps dangereux, le spectre des bivouacs écarté.

C'est le royaume du calcaire blanc. "la Côte de Marbre".. le vrai paradis des grimpeurs.

* D'autres voies d'escalade furent ouvertes pendant les 3 années que dura la redaction de ce volume (1941-1942-1943) et dont nous reparlerons dans un autre ouvrage, sinon notre travail eût subi le sort de la tapisserie de Pénélope et n'aurait jamais pu être terminé.

La varappe y est généralement plus subtile que dans le granit. dans les passages épineux, on ne peut que rarement utiliser la tactile brutale de l'attaque en force. On est alors contraint de ruser avec la roche en travaillant sur le bout des doigts et en surveillant constament la solidité des prises.

De plus à l'inverse du granit ou de la protogine, les murailles de calcaire des Calanques sont très souvent fissurées dans tous les sens , et permettent de trouver , par l'emploi de pitons, la clé des problèmes , insolubles par des moyens naturels. D'où l'apparition de cette escalade artificielle qui devait connaitre si vite un essor déconcertant.

L'escalade dans les Calanques demande un entrainement tout différent de ce que l'on est accoutumé de pratiquer dans les Alpes, aussi la Côte de Marbre n'est plus seulement une région d'école où les grimpeurs locaux entretiennent leurs forces en vue des campagnes d'alpinisme d'été. Elle est devenu un centre d'escalade autonome qui mérite d'être plus connu et dont on a pu dire qu'il était le pays où s'effectuent de nos jours les escalades de rocher pur les plus difficiles de France (E. Frendo dans Alpinisme: Calanques 1942)

Nos descriptions seront réparties en 2 livres, un pour chaque massif et nous les grouperons le mieux possible en distinguant les divers quartiers où elles se situent.

Nous avons rattaché artificiellement au mont Puget l'aiguille de Sugitton parce qu'elle est le prolongement et la fin maritime du petit chainon secondaire des Collines des Escampons, et que ce dernier en dépend plus - géographiquement parlant - que de Marseilleveyre. Nous enclaverons par contre dans le livre de Marseilleveyre, l'ile de Riou sise à peu de distance du littoral (3.5km) entre les Goudes et Sormiou.

Et ceci nous donne la table de matière de cet ouvrage.

Premier Livre: Le Massif de MarseilleVeyre

I     Quartier de St Michel D'Eau Douce
II   Quartier du Vallon des Aiguilles
III  Quartier du Malvallon
IV   Quartier de Podestat - La Melette
V    Quartier des Baumettes
VI  Quartier de Sormiou
VII Quartier de l'ile de Riou

Second Livre: Le Massif de Puget

I    Quartier de Morgiou Sugitton
II  Quartier de la Tete de Puget
III Quartier du Vallon des Rampes
IV  Quartier de la Grande Candelle
V    Quartier du Devenson
VI  Quartier de la Calanque de l'Oule
VII Quartier d'En-Vau

Nous ne nous attarderons pas à décrire les voies d'accès et les marches d'approche conduisant à ces centres d'escalades.
Nous nous contenterons d'en indiquer sommairement le site géographique renvoyant le lecteur pour de plus amples détails aux diverses brochures de H. Imoucha.

UN PEU D'HISTOIRE DE L'ESCALADE DANS LA REGION DES CALANQUES

Nous rédigeons ces aperçus généraux en regrettant de n'avoir pu réunir une documentation plus complète et plus exacte sur les escalades d'autrefois.
Il eut été intéressant d'accompagner toutes nos descriptions d'un historique précis de leurs première. Malheureusement ce ne fut possible que pour les temps modernes, c'est à dire ces toutes dernières années. Et cela nous vaudra le reproche d'avoir écrit surtout une apologie des grimpeurs d'aujourd'hui .
A cette époque où le grimpeur qui ignorait l'usage des pitons, importés à Marseilleveyre en 1935, ne pouvait compter que sur sa valeur physique et son allant moral pour triompher d'obstacles inconnus, et l'on conviendra que dans ces conditions il fallait du cran pour entreprendre des parcours comme l'Arête de Marseille ou la Voie en "I" de la grande Candelle. Aussi les "premières" furent-elles rares pendant longtemps .
Ouvrons à ce propos une parenthèse: ceci doit nous conduire à une plus saine estimation de la beauté de certaines escalades, aujoud'hui dédaignées et jugées " à vaches" par des jeunes grimpeurs qui ne les abordent pas sans quelques pitons à la ceinture, pensant que c'est plus prudent ainsi !
Et que dire des "Premières" antérieures à 1914, exécutées dans une véritable atmosphère d'exploration. Evidemment la muraille en " Z " de la Grande Candelle, ou la Cheminée Nord de l'aiguille de Sormiou paraissent aujourd'hui très faciles parce qu'elles sont aujourd'hui archi-connues dans leurs moindres détails, apprises par coeur pour ainsi dire,et que n'importe qui sait par avance n'y rencontrer aucun gros obstacles. Il n'en est pas moins vrai que leurs auteurs eurent un grand mérite de les réussir puisque à cette époque ils opéraient " en solo" et sans corde! .
Nous désirions vivement receuillir le plus de renseignements possible sur les premières escalades antérieures à l'ère des "clous", mais nous nous sommes heurté à toutes sortes de difficultés. :Les escaladeurs d'avant 1914 ont presque tous abandonné la pratique du rocher et beaucoup n'ont jamais publié leurs exploits. Les éléments de l'escalade de cette époque nous sont parvenus par légende orale, la plupart du temps incomplets ou inexacts.
Pour les itinéraires postérieurs à 1914, nous avons réuni une documentation plus précises; mais là encore la déformation de la tradition orale se fait jour : erreur de date, attribution discutable de telle première à tel ou tel escaladeur, etc.. émaillent les récits qui souvent se contredisent suivant leur origine .
Nous nous efforcerons, en conclusion, de résumer pour chaque itinéraire les détails de sa découverte en nous étendant plus amplement sur ceux qui firent date dans l'histoire de l'escalade dans la Région des Calanques .
D'ores et déja indiquons brièvement que l'ère de l'escalade libre, ouverte par le guide Gaspard et F.R. Mark, lors de la conquête du sommet de la Grande Candelle, s'étend en pureté jusqu'en 1935 .
Elle passe par plusieurs phases:
Avant 1900: c'est l'exploration des régions pratiquement inconnues, illustrée surtout par H.Abeille.
Après 1900, le Rocher Club et le Climber's Club s'emploient à élargir le champ d'action découvert par les pionniers du XIXme siècle. Leurs principaux membres sont : Orelli, Bourgogne pour l'un et Hermitte, Gras, V.Martin, Angelvin etc.. pour l'autre.
Puis aux approches de 1914, l'équipe familliale des frères David- d'abord Julien et plus tard Louis - prennent brillament la tête du mouvement, et se signalent par de très beaux succès aidés par Guéry, Andriny, etc..
Après la guerre de 14-18 le sport de l'escalade parait entrer en sommeil, pour connaitre un renouveau triomphant vers 1926, et c'est alors l'avènement des grandes conquêtes de l'escalade libre, dont la plus spectaculaire fut celle de l'arête de Marseille à la Candelle en 1927. On note pour cette époque les noms de : J.Laurent, Wyss, Choberg, Imoucha, C. Hancy, Dr. Poucel Junior, Studer, Leguen, Reboul, Prudhomme, les Lyonnais Paillon père et fils, et des groupes anonymes " La Cordée " , "Les Ecureuils " etc...
Puis en 1935 E. Frendo fait connaitre aux marseillais l'usage des pitons au cours d'une démonstration légendaire au Candellon puis à la Lézarde de St.Michel.
La technique de l'escalade artificielle est née dans les Calanques et va heureusement combler les déficiences de l'escalade libre pure. De nombreux adeptes s'adonnent avec passion au noble sport de la varappe; beaucoup deviennent rapidement des maitres et forment la pléiade des as qui vont en quelques années faire moultes premières retentissantes. Ce sont : J. Save, J.Meunier, V. Rostand puis Barrin, R. Duchier, Ch. Magol, Ramond, etc..
Grace à un harmonieux mariage de l'escalade libre et de l'escalade sur pitons, ils font les conquêtes de la Face Nord du Rocher des Goudes, de la Sirène d'EnVau, de l'Arête Victor Martin, de la Face Ouest du Rocher des Goudes ,etc..

Puis la pratique de l'escalade acrobatique s'intensifie à partir de 1938 et R. Tanner, G. Rebuffat, G. Tramier etc., s'emploient à vaincre les parois restées vierges, ils conquièrent: l'Arête Nord-Ouest du Rocher des Goudes, La Face Nord des Lames. Enfin ces derniers temps on pousse à fond l'apprentissage dee l'escalade artificielle, et dès lors les murailles des Calanques ne connaissent plus de répit. Les prouesses les plus invraisemblables s'accumulent à un rythme échevelé, toujours la limite du possible parait atteinte et toujours elle s'éloigne.Les nouvelles escalades se surclassent tour à tour en difficultés et rien ne fait prévoir une accalmie dans la compétition acharnée à laquelle se livrent maintenant les pratiquants de l'escalade de cirque, pour la conquête du nec plus ultra.
Mais en même temps, l'escalade libre se perfectionne et s'affine; les grimpeurs de plus en plus audacieux, dédaigneux de l'emploi des clous, démontrent la possibilité de faire sans quincaillerie de nombreuses escalades classiques où elle paraissait indispensable auparavant .
C'est le retour à l'escalade naturelle avec un progrès considérable.
Deux école s'affrontent dans les Calanques: celle des partisans de la Directissime à tout prix, fut-elle continuellement sur pitons, et celle des chercheurs d'escalade libre qui n'utilisent les clous qu'en toute dernière ressource. Les deux se valent et nous laisserons le lecteur le soin de choisir sa préférée.

Nous avons puisé de nombreux renseignements dans les bulletins et annuaires de la Section de Provence du C.A.F.
Un très beau manuscrit de G. Rouard, actuellement propriété de la St.des Excursionnistes marseillais nous a été fort utile pour l'historique des escalades anciennes. De même qu'un rarisime exemplaire du guide d'Escalade qui avait été ébauché par les membres de la Section du Var et Haute Provence du C.A.F. nous a donné maintes précisions sur l'époque inter-guerre.
Quant aux itinéraires modernes nous avions décidé de les parcourir tous personnellement pour l'homogénité de nos descriptions, mais nous avons dû y renoncer, submergé par leur nombre .. Nous en avons négligé très peu et nous nous sommes inspiré pour eux des renseignements que nous ont transmis les collaborateurs bénévoles, que nous remercions içi pour leur aide précieuse : G.Tramier, G.Rebuffat, G.Livanos, G.Hancy, etc.. et en général tous les grimpeurs locaux .

LE MATERIEL
La Corde

Comme nous l'avons déjà dit le matériel exigé par l'escalade libre est assez restreint.
Pour les itinéraires décrits sous l'étiquette " escalade libre facile " il suffira de prévoir une corde simple avec des intervalles moyens de 2O à 25 mètres.
Pour l'escalade " libre difficile" il sera sûrement prudent de prévoir le double encordement entre le leader et le second, l'expérience ayant malheureusement prouvé qu'une chûte de quelques mètres sur une arête vive ou sur un piton a entrainé neuf fois sur dix la rupture de la corde simple ( accident mortel de Bonnet à la dalle Paillon de l'Arête de Marseille et de Vincent tout récemment à l'Arête V.Martin) alors que d'autres décrochages de grande amplitude qui auraient eu des conséquences graves après la rupture de la corde si elle eut été simple, ont été enrayée et minimisées par la résistance de second cable ( Tanner au Pic de Bertagne, Terray au Gros surplomb de St.Michel) d'autre part il ne faut pas oublier que celle-çi est à la merçi des chûtes de pierre même minimes: l'auteur s'est trouvé plusieurs fois arrété par des coupures complètes causées par l'écroulement de blocs de quelques kilos! L'emploi de la double corde est la meilleure manière de parer à ces incidents, selon le vieil adage : deux suretés valent mieux qu'une. Enfin dans l'esclade "libre très difficile" le double encordement s'impose d'autant plus que les pitons d'assurance sont souvent très espacés et qu'une chûte libre de 4 mètres et plus amènera immanquablement la rupture de la corde simple sur le mousqueton du dernier piton d'assurance.
Ne lésinez pas sur le poids au mètre de votre "ficelle" qu'elle soit en chanvre français ou italien plus résistant à la traction, ou en manille plus résistant à l'usure: les bonnes dimensions sont comprises entre 11 et 13 mm de diamètre, et nos préférences personnelles vont au 13mm.Tant pis pour les ennuis des kilogs suplémentaires sur l'échine, car ils seront compensés par un excédent de sécurité en cas de décrochage. Quant à la fabrication il est essentiel d'utiliser des cordes cablées,- à longues fibres de premier choix- à 3 torons plus solides que celles à 4 torons, toujours pliée à angle vif au même endroit; dans un mousqueton ou sur un anneau, ou sur une branche si l'on descend souvent en rappel, traduit à la longue sa souffrance par une démolition de son cablage et l'expulsion d'un de ses brins. Au contraire les 3 torons d'une bonne corde pliés à angle aigus "portent"également et rien n'est modifié dans leur structure par un long usage.
Les cordes tressées sont infiniment plus fragiles et il est préférable de ne pas s'en servir, d'autant plus qu'à calibre égal,leur résistance à la traction est inférieure d'au moins 2O% à celle des cordes cablées. N'oubliez pas non plus qu'une corde s'use, aussi bonne soit-elle !
Le critérium d'une usure dangereuse est la disparition des saillants des torons: les fibres externes ont été coupées à chacun de leur passage à la périphérie et leurs débris ont bouché les intervalles entre ceux-çi. Si l'on démonte les fragments d'une corde ainsi usée, on voit que l'on n'a plus que quelques fibres longues intactes et que tout le reste n'est plus qu'étoupe et poussières. A ce moment là, gare à la casse, car cette corde qui neuve "tenait"peut-être 15OO Kgs ( en 12mm par exemple) n'en supporte plus que 15O ou 2OO à ce stage de décrépitude! il faudra donc savoir s'en débarrasser à temps.
Ainsi donc: en escalade libre, simple encordement pour les parcours catalogués "facile"; double encordement de sécurité pour les itinéraires " difficiles" et "très difficile" . A chaque description la longueur optimum de l'intervalle sera indiquée, sauf pour les escalades très faciles réalisables en "solo" sans grand risque .

Dans les itinéraires d'escalade artificielle la double corde est de rigueur, la longueur d'intervalle étant indiquée également pour chaque voie. Dans des cas speciaux où la commodité du coulissage l'exigera, nous indiquerons égalements les conditions d'encordement les meilleurs

Les Pitons

Dans les Calanques les grimpeurs ont pris la malencontreuse habitude d'enlever après leur passage les pitons posés par le leader. Cette coutume, qui est l'une des tares les plus insupportables de l'escalade en Provence a des inconvénients multiples: la cordée se trouve retardée dans des proportions considérables, qui vont multiplier par 2 ou 3 le temps normal d'un parcours.- le dernier de l'équipe doit se livrer à un travail fastidieux et éreintant- et ce qui est plus grave, dans les escalades très fréquentées, le "dépitonnage" désagrège le rocher, démolit les fissures et rend la pose ultérieure de nouveaux clous problématique. Certes le dépitonnage n'a pas été pratiqué de tout temps par tous les grimpeurs et nous nous souvenons d'une époque pas très lointaine où les itinéraires difficiles étaient surabondament pourvus d'une quincaillerie distribuée avec prodigalité: cela les facilitait d'ailleurs tellement que cela leur enlevait tout leur caractère. Il y a quelques années la Lézarde de St.Michel parée d'une douzaine de pitons se montait les doigts dans le nez et l'on se baladait sous le " coeur" de la voie Barrin au Rocher des Goudes .
Puis le vandalisme allié à l'esprit de rapine poussèrent quelques malotrus à se munir à peu de frais du matériel généreusement abandonné dans les parois par des mécènes. En quelques mois toutes les murailles furent proprement nettoyées et leurs pitons raflés. C'était tomber de Charybde en Scylla, car dès lors tout le monde dépitonne à la montée et l'aire des "tabassages" homériques fut ouverte au grand dam des roches fragiles et des prises délicates .
Evidemment l'idéal serait que tous les itinéraires d'escaladee fussent pourvus à demeure des pitons ABSOLUMENT indispensables; mais il faut compter avec les moeurs de certains grimpeurs qui n'hésitent pas à s'approprier le bien d'autrui abandonné à la collectivité et nul ne se soucie plus de laisser en place un matériel couteux. Peut-être les groupements constitués, tel le C.A.F. ou la Sté des Excursionnistes Marseillais-, utilisant en cela une faible partie des cotisations de leurs membres-, devraient-ils user de leur autorité et protéger le matériel qu'ils feraient placer à leur compte dans les murailles ? Nous posons cette question avec peu d'espoir de la voir résolue, néanmoins le débat est ouvert. *NB
Nous n'indiquerons pas dans nos descriptions le nombre de " clous" à emporter dans chaque itinéraire.
Il suffira de se rappeller qu'en " escalade libre " et la catégorie "facile" se fait aisément sans eux, qu'ils sont facultatifs et peu nombreux en "escalade libre difficile" et que tous les itinéraires " très difficiles " n'en exigent qu'un nombre restreint, 6 à 8 étant la plupart du temps un maximum. Et chacun aura toute liberté de corser la dose à son grè suivant ses capacités .
Quant aux itinéraires d'escalade artificielle ils demandent suivant leur classement une quantité plus ou moins grande de ces accessoires encombrants. En moyenne les voies " peu difficiles" et "difficiles" peuvent se faire avec une douzaine de pitons et avec un stock de 15 et 2O pitons il est possible d'entreprendre presque toutes les autres, quitte à les replanter plusieurs fois, à part cependant les escalades "extrèmement difficiles" qui n'ont pu être réalisées qu'avec un outillage important et spécial: fiches en bois, grosses broches ou pitons ultra court de quelques centimètres. Ce matériel, qui n'existait pas dans le commerce récemment encore, est cependant indispensable à l'exécution correcte de quelques parcours, très rares il est vrai .
Le grimpeur qui désire pratiquer à fond l'escalade artificielle des Calanques devra donc se munir de ces pitons spéciaux.- F. Simond fils aux Bossons en a déjà fait sur commande- ou si ses compétences en metallurgie le lui permettent les fabriquer lui même. Ceci nous amène à dire que la pratique de l'escalade artificielle est plus un métier qu'un art et que si l'on "nait" bon grimpeur d'escalade libre, on devient bon grimpeur d'escalade artificielle, par un long apprentissage qui ne peut s'improviser, tout comme n'importe quelle profession manuelle;- la perfection de l'outillage employé entrant autant en ligne de compte dans le résultat final que la dextérité dans son utilisation .
Ce qui revient à dire que l'escalade artificielle, même très difficile est à la portée de tout le monde qui veut s'en donner la peine, - ce qui d'ailleurs a été surabondament démontré dans les calanques- alors que la pratique courante de l'escalade libre très difficile n'est accessible qu' à une élite, - le summum de l'art de la varappe étant atteint par l'heureux sujet également compétent dans les deux parties.

*  N.B.- Depuis la rédaction de ce chapitre, l'auteur a fait un essai de mise en pratique de cette conception des pitons les plus utiles, posés à demeure dans les itinéraires difficiles très fréquentés. Il a choisi pour cela la Voie Barrin de la Face Nord du Rocher des Goudes et l'Arête V. Martin au Roc de St. Michel et il y a placé plusieurs pitons très fortement coincés dans les fissures et de plus scellés au ciment, donc difficilement escamotables. Ce matériel offre toute sécurité et a été disposé de telle façon qu'il ne puisse servir de prises artificielles, mais seulement de point " d'assurance ".
Bien entendu cette initiative privée a suscité les commentaires les plus divers dans les milieux officiels, dont il soulignait la carence en cette matière .

Nos remarques sur le dépitonnage s'appliquent intensément aux parcours artificiels, où l'échelle des difficultés est surtout basée sur la pose des " clous"; après plusieurs vigoureuses séances d'extraction de ceux-çi, brisant les fissures ou écornant les saillies de la roche, certaines voies ne seront plus faisables dans un proche avenir. Il est vrai aussi que si tous les pitons étaient fixes et solides, une seule classe suffirait à englober toutes les escalades artificielles et que ce serait un jeu d'après midi de "faire" la Paroi Jaune ou la Voie du Mitan! La vérité doit donc se trouver à mi-chemin du pitonnage massif à demeure ou du dépitonnage intégral.

Mousquetons, Etriers etc..

Le corollaire de l'usage des " clous" est l'emploi des mousquetons: indiquons brièvement que le nombre de mousquetons emportés doit égaler, au moins le nombre de pitons à poser dans une étape. Ce théorème n'est pas une lapalissade car il est fort génant pour le leader à court de matériel de redescendre chercher les mousquetons qui lui seront utile plus haut .
Inutile en escalade libre, les étriers ou anneaux de corde, munis ou non de planchettes pour les pieds sensibles, sont très appréciés en escalade artificielle où ils suppléent avantageusementà la traction directe, sans parler du confort relatif qu'ils apportent aux grimpeurs, ils permettent d'économiser la solidité des pitons en ne leur faisant supporter que le poids du leader, alors que dans la " traction directe" on leur ajoute le contrepoids du second qui tractionne et Dieu sait si certain clous, même posés consciensieusement sont susceptibles et s'arrachent facilement sans qu'il soit besoin de les solliciter longuement.

Le Jargon

Le texte de cet ouvrage parait souvent chaotique, émaillé de mots bizarres ou d'expressions inhabituelles; la faute en est au jargon des gimpeurs que nous emploierons à tout propos, préférant toujours nous servir du " terme du métier" plutôt que de la formule académique correspondante, quand il en exsiste une ? !.
Nous terminerons donc ces aperçus généraux par une rapide traduction en langage courant, des principales expressions qui reviennent souvent sous notre plume, à l'usage des lecteurs non encore initiès.

Une "première" : escalade réussie pour la première fois.
Une "
directissime" : escalade faite suivant la ligne la plus directe pour joindre le sommet.
Une "
combe " Petit vallonement suspendu
Un "
couloir " : Large et longue faille dans une muraille généralement très pentue.Les rives d'un couloir sont toujours désignées suivant le sens orographique, c'est à dire en regardant vers le bas dans le sens de la descente; la rive droite à droite, la rive gauche à gauche.
Une "
cheminée " : Faille étroite dans une muraille où l'on peut pénétrer.
Une "
fissure " : faille très étroite dans une muraille où l'on ne peut pas pénétrer.
Un "
dièdre " : Faille en " livre ouvert" généralement peu profonde avec deux plans lisses. Il est "rectangle" si l'angle décrit par les deux plans égale 9O°, "aigu" s'il est plus petit, "obtus" s'il est plus grand. Dans ce dernier cas nous dirons " dièdre ouvert ".
Une "
corniche " : Longue bande de terrain plat, sensiblement horizontale dans le milieu de la muraille.
Une "
corniche en trottoir ": Corniche rocheuse spacieuse
Une "
vire" :Corniche étroite et irrégulière
Une "
vire ascendante " :Vire montante en pente plus ou moins raide.
"
Pente négative" se dit d'une muraille en surplomb dès que sa pente dépasse 9O°
"
c,a,d, " la verticale stricte; en deçà de O à 9O°, c'est une pente positive - normale.
"
grimper en opposition" Il n'ya pas de prises dans un couloir ou dans une cheminée; on s'élève par adhérence en opposant la pression du dos contre une paroi et la pression des bras et des jambes contre l'autre paroi .
"
Ramonage ": Grimper en opposition tout comme un ramoneur dans une cheminée .
"
A la Dulfer " : du nom de celui qui généralisa cette methode. On s'élève le long d'une fissure lisse, trop étroite pour permettre des coincements ou des verrous des mains ou des pieds, mais où les mains peuvent s'accrocher à l'un des bords, la traction des bras obligeant les pieds à adhérer au rocher. Est très pénible et demande une grande sûreté.
Abréviations "R1" 2 ou 3..etc.. Indiquent les " relais" où l'on s'arrêtera entre les étapes d'une escalade .

ESSAI DE CLASSEMENT DES DIFFICULTES
 PROPRE AUX ESCALADES DE LA REGION DES CALANQUES

Avant d'aborder les descriptions des escalades elles-même nous croyons utile d'indiquer dans ces notes préliminaires les raisons qui nous ont fait adopter un mode de classification inédit,d'USAGE PUREMENT LOCAL, en nous excusant par avance de les développer un peu longuement peut-être.
Pour décrire commodément des itinéraires d'escalade et pour les différencier, on avait essayé dans les calanques de les classer au petit bonheur, d'après l'échelle de W.Welsenbach.
Les degrés de la gradation dolomitique conviennent bien aux murailles de grandes dimensions des Dolomites, du Tyrol et des Alpes où la moindre ascension se mesure par centaines de mètres et où certains itinéraires difficiles dépassent le kilomètre. Il est probable que les différenciations en ler, 2me,3me degré concernent des parcours dissemblables par leur longueur ou par leur altitude plus que par leur difficultés propres. Qant au fameux " sexto grado" il ne s'applique parait-il qu'à certaines voies, non seulement très difficiles mais aussi très longues au cours desquelles on ne compte plus les heures, mais les jours et les bivouacs nocturnes.
Lorsque les escalades provencales commencèrent à se multiplier, les grimpeurs tentèrent de les classer suivant la fameuse échelle des 6 degrès. De convention courante, l'Arête de la Cordée devint le type du 4°; le 5° fut attribué à la Lézarde et la Momie de Sormiou ou la Face Nord du Rocher des Goudes de Barrin, représentèrent le 6°, ce qui à vrai dire était un peu prétentieux!
Puis l'usage des pitons se généralisa et quelques audacieux se lancèrent à la conquète des parois inaccessibles auparavant sans l'usage intensif des moyens artificiels. Ce furent les " premières" de la Face Ouest du Rocher des Goudes et l'Arête Nord-ouest du même, de la cheminée Bouisson dans la face Sud de la Candelle etc,etc.. Et dans leur récit d'ascension, les auteurs de ces premières se trouvèrent dans un grand embarras quand il s'agit de leur trouver une place dans la classification admise jusque là. Elles étaient plus difficiles que les escalades antérieures dites du 6° mais malheureusement Walsenbach n'avait pas prévu de 7° et son 6° correspondait au maximum possible!s
La difficulté fut tournée à la satisfaction de tous par la création du " sixième supérieur " et l'on y entassa pas mal d'escalades à clous que l'on ne savait où fourrer dès leur naissance . Malheureusement elles se multiplièrent tant et si bien que dans certains quartiers de Marseilleveyre notament, on comptait récemment beaucoup plus d'orgeuilleuses " 6° supérieur" que de modestes 3° ou 4° ! Un esprit ingénieux trouva le remède à cette situation paradoxale: Il suffisait de faire descendre dans la catégorie inférieure toutes les voies d'escalade précédement classées d'après l'étalon: -La Cordée 4°. Le sixième devenait ainsi beaucoup moins encombré et offrait une large place aux futures " premières extrèmement difficiles" qui ne souffriraient plus dans cette classe la promiscuité des voies considérées auparavant comme "pure 6°" mais en passe de devenir classiques et " à vaches " .
Finalement le triomphe de l'escalade moderne (!!) ce furent les premières" de la Paroi Jaune et autres. Elles ne pouvaient décemment être classées sur le même pied que la N.Ouest du Rocher des Goudes ou la Super Lézarde! Il fut alors sérieusement question d'ouvrir la catégorie du 7° ou même une série " Hors Rang". Pendant ce temp des grimpeurs à l'esprit ingénieux revoyaient les escalades décrites par les auteurs de leur première. A leur idée les 6° ne suffisaient pas pour cataloguer et différencier nettement tous les parcours; ils essayèrent timidement d'abord de subdiviser quelques unes des classes de Welsenbach, notamment le 5° et 6°; puis l'on perfectionna le système et l'on entendit courament parler de 5° inférieur, de 6° moyen, de 3° supérieur, etc;..il n'y eut plus 6 degrès mais l8 !! Et que dire des discutions académiques sur la differenciation entre le 1° et le 2°; combien de fois fut agitée la question de savoir si le 1° devait se faire avec ou sans les mains! Et que de disputes dans les clubs entre grimpeurs qui discutaient gravement sur l'opportunité de classer telle voie dans le 3° supérieur ou dans le 4° inférieur. Finalement il n'y eu plus que quelques rares initiès qui purent apprécier les difficultés de l'escalade dans les Calanques; mais leurs propos n'étaient plus accessibles à l'entendement du commun des grimpeurs. Les descriptions relevaient plus du langage chiffré que de la prose courante de vulgarisation, qu'il eut été préférable d'employer.
Dans les Calanques, les escalades courantes se font dans des parois dont la hauteur moyenne est de l'ordre des 1OO m. et souvent beaucoup moins. La plus longue des voies connues à ce jour: La Grande Arête de Cassis à la Candelle a 315 mètres de hauteur. Les itinéraires de 2OO m. et plus ne se trouvent que dans les falaises du Devenson et ils dont rares en 1941. Quelques parois dépassent 1OOm. : La Muraille du Socle de la Grande Candelle (175m.), la Face Sud de la Grande Candelle (155m.) La Falaise du Canceou (155m.) la Face Nord du Cap de Sormiou (123 m.), les Tours de Riou (1O3 m.), et quelques arêtes d'En Vau etc..
Et combien de faces redoutables,telles la Nord des Lames ou l'Ouest du Rocher des Goudes se cantonnent au dessous de 6O mètres .
Les facteurs: longueur d'escalade, altitude et résistance du grimpeur, considérable dans l'échelle de Welsenbach dans les Alpes ne peuvent étre appliquées dans la région marseillaise, puisque les ascensions y sont forcément courtes par manque de hauteur des murailles! D'autre part il ya peu d'intéret chez nous de différencierle 1er degré facile du 2° peu difficile. Enfin il est illogique de placer dans le même 6° l'escalade de la N.O. de la Civetta des Dolomites de 12OOm. et celle de la Face Nord du Rocher des Goudes de 85 m.- Enfin dans l'escalade alpine la progression sur pitons est presque une anomalie et n'est guère employée jusqu'à maintenant que pour forcer un passage, non seulement infranchissable mais incontournable par ailleurs; et bien entendu cela ne se produit que dans de rarissimes itinéraires de très hautes difficultés .
Tout au contraire dans les Calanques cette méthode artificielle a été employée à tout propos pour agrandir le champ d'action assez restreint avant l'ère des clous. Il est bien évident cependant que l'on ne peut comparer avec exactitude , l'escalade artificielle alpine et celle de la région provencale, quoique en théorie et d'après l'échelle Welsenbach, la Voie Cassin de la face Nord des Grandes Jorasses appartienne au même 6° d'un quelconque parcours marseillais.Tout au plus pourrait-on chercher une similitude entre certains passages tels :le Pendule de l'Arête Est du Crocodile et les surplombs de l'Arête Nord Ouest du Rocher des Goudes; mais cette similitude est toute superficielle, l'un se trouve à 3OOOm. et l'autre au bord de la mer. Que l'on songe aux conditions toutes différentes dans lesquelles se trouvera le grimpeur pour se livrer à la même gymnastique , du fait de l'altitude, du froid et de la fatigue pour celui-là, tandis qu'il sera frais et dispos et à 25m. du plancher des vaches pour celui-çi.
Pour toutes ces raisons nous abandonnerons résolument les six degrès de la classification Welsenbach qui convient si mal aux escalades des Calanques et nous allons essayer de créer de toutes pièces une méthode de classement originale.
Depuis la rédaction de ces lignes en 1941, elle a été adoptée par la généralité des grimpeurs, elle est maintenant d'usage courant.

Et d'abord nous distinguons deux grands groupes schématiques ;
Escalade libre et Escalade artificielle
Le terme " escalade libre " s'entend de toute escalade exécutée sans aucun point d'appui artificiel sur le rocher pouvant aider directement le grimpeur dans sa progression.
En " escalade libre" les accessoires sont obligatoirement très réduits et s'il est fait usage de quelques rares pitons dans certains passages exposés, ce sera uniquement en vue de récupérer le leader et de limiter sa chûte en cas de décrochage. Nous admettrons comme moyen normaux d'escalade libre : une corde, quelques pitons et mousquetons et même un marteau et, lorsque cela sera indispensable :la courte échelle sur les épaules du suivant.
Si dans un itinéraire quelconque, facile ou non on est absolument obligé ne serait-ce qu' un point, de recourir à la pose de un ou plusieurs pitons-prises destinés à la mise en place d'un étrier ou à la traction directe du premier de cordée par les suivants au moyen de la corde d'attache, - cet itinéraire sera systématiquement considéré comme appartenant à l'escalade artificielle ."
Cette expression barbare signifie que tous les moyens sont admis et utilisables pour arriver au terme de l'escalade, sauf l'echelle et la traction du leader par cable envoyé du sommet.
L'escalade artificielle se fait à l'aide de pitons multiformes, voire de fiches en bois, et de nombreux mousquetons.
La " traction directe" sur double corde y est de pratique courante; on emploi même quelque fois une 3ème corde pour certains passages épineux et l'on cite une voie du Roc de St.Michel où l'on ne recula pas devant les embarras du quadruple encordement; il va sans dire que la difficulté propre à l'escalade se trouve aggravée dans des proportions considérables par la complexité des manoeuvres dans ce dernier cas . - De plus , lorsque les prises de pied manquent, il est d'usage en escalade artificielle de se servir d'étriers pour y suppléer à un ou plusieurs échellons. Le dernier progrès de la technique fut de les munir de petites planchettes pour éviter la crispation douloureuse des pieds dans les passages où les difficultés rencontrées obligent à des stations prolongées. Nous ne parlerons que pour mémoire du forage des trous à la chignole- avec emploi de pitons coniques spéciaux- pour passer les murs lisses et sans défauts. Les essais de cette méthode ne furent pas toujours concluants, car il faut un entrainement très poussé dans un atelier de mécanique pour arriver à se servir correctement de cet outil dans une paroi .
Si la répartitions des escalades de la classe "libre" se fera sans anicroches d'après ces principes, il paraitra peut-être paradoxal de dénoncer comme "artificiels" les itinéraires où seul un court passage exige formellement la pose de un ou plusieurs "clous-prises" tels: la Voie de la Momie de Sormiou ou la Voie Directe de la Sirène à En Vau- au même titre que la Paroi Jaune de St.Michel où l'on ne touche pratiquement pas le rocher.
Cependant on est bien forçé de convenir que sans ces pitons-prises si peu nombreux soit-ils, on ne saurait réussir ces deux itinéraires. Et cet exemple justifiera notre méthode de classement pour les cas similaires, méthode crée avant tout, pour faciliter nos descriptions.

Ces deux grands groupes d'escalade seront à leur tour divisés en plusieurs compartiments suivant l'échelle aproximative de leurs difficultés.
I :
Pour l'escalade libre
A- Une première catégorie, dite facile, comprendra toutes les escalades faciles courantes, sa limite maximum de difficultés correspondra à celle du Couloir des Marseillais à En-Vau ou la Face Sud de la Pointe Callot. Ce sont les plus nombreuses, nous en décrivons 113 : 47 dans le Massif de Marseilleveyre et 66 dans le Massif du Mont Puget .

B- La deuxième catégorie dite " difficile " englobera des parcours plus respectables où le grimpeur moyen rencontrera des obstacles sérieux, mais peut passer sans utiliser les clous d'assurance,telles: L'Arête du Vallon à l'Aiguille de Sugitton, l'Arête de la Cordée à St.Michel, l'Arête de Marseille à la Grande Candelle, La Lézarde ect..cette dernière étant considérée comme la limite supérieure de cette catégorie. Ils sont encore nombreux: 81 dont 34 pour Marseilleveyre et 47 pour le Mont Puget.

C- La troisième catégorie dite " très difficile " est réservée à certaines voies peu nombreuses,- 25- en tout où le grimpeur moyen est aux prises avec des difficultés sévères et soutenues. Il ne pourra lui être fait grief de s'y servir de pitons d'assurance pour limiter la chûte du leader en cas de décrochage dans les passages exposés. Mais le terme " escalade libre" exclut la faculté d'utiliser ces pitons comme un quelconque moyen de progression et d'en multiplier le nombre..

Le type de cette catégorie est à sa limite inférieure: l'Arête Victor Martin longue avec plusieurs passages critiques, ou la Voie Barrin de la Face Nord du Rocher des Goudes: longue et très soutenue, ou la Cheminée Bouisson de la face Sud de la grande Candelle, longue et peu soutenue mais coupée par un long passage extrèmement difficile, sans pitons-prises s'entend; ou la Voie Palice de la Face nord de la grande Candelle, courte mais comportant un passage limite . Nous en décrivons: 1O pour Marseilleveyre et 15 pour le mont Puget.

II : pour " l'Escalade artificielle "
Ce deuxième groupe a été divisé en quatre catégories.

A- Escalade artificielle peu difficile
nous ne pouvons dire facile car sans les pitons on ne passerait pas . Nous y rangerons: Des itinéraires courts sur pitons faciles à poser: Ex/ La Voie H. Gilles dans la face Sud des lames. Des itinéraires mixtes comportant de l'escalade libre facile ou même assez difficile coupée par des passages artificiels faciles à agencer.Ex: La Voie de la face Sud de l'Aiguille de la Melette. En tout 31 , 24 à Marseilleveyre, 7 à Puget.
B- Escalade artificielle difficile
Cette catégorie comprend : Soit de l'escalade artificielle courte, mais pose de pitons très difficile.
Ex: Voie des Trois Surplombs de la face Sud du rocher des Goudes. Soit de l'escalade mixte: un trajet " libre" long difficile ou très difficile coupé par un ou plusieurs passages sur pitons ex: La voie du Gros Surplomb de la Face Sud du Roc de S.Michel ou la Voie Occidentale de la Face Nord du Rocher des Goudes, ou la Voie Duchier-Magol de la face Ouest du Rocher des Goudes ( celle-çi à la limite supérieure de la catégorie
Dans cette classe nous relevons : 59 itinéraires: 34 pour Marseilleveyre, 25 pour le Mont Puget, tous très intéressants car ils n'obligent pas à se munir d'une quincaillerie surabondante .

C- Escalade artificielle " très difficile "
Demande un entrainement préalable sérieux. Les difficultés rencontrées au cours de la progression sur pitons sont considérables et très soutenues, ou bien si la voie décrite dans cette classe comporte de l' escalade libre, il existe par ailleurs des passages de clous compliqués et exposés, généralement en pente négative, tels à l'Arête Nord Ouest du Rocher des Goudes, la Voie de l'Os à St.Michel. - 23 parcours appartiennent à cette catégorie- 15 dans le Massif de marseilleveyre et 8 au Mont Puget.

D- Enfin nous réservons une quatrième classe dite de l' "Escalade artificielle extrèmement difficile " à certains itinéraires où furent rencontré les difficultés jugées maxima, Ex: La Paroi Jaune de St.Michel. - 5 en tout -.

La critique de cette classification est aisée et nous sommes bien certains par avance qu'elle soulevera d'innombrables objections. Aussi en l'établissant tant bien que mal, n'avons nous qu'un but, faciliter nos descriptions. Loin de nous la prétention d'en faire un dogme intangible et peu importe si la fantaisie de chacun lui fait subir des métamorphoses imprévues. Le lecteur aura toute latitude de considérer l'Arête Nord de Marseilleveyre comme un piège dangeureux,- ou la Momie de Sormiou comme une escalade intégralement libre et à "vaches".
Il est évident que l'on pourra transformer à volonté une escalade "libre très difficile " comme l'Arête V.Martin ou la Face Nord Rocher des goudes "Voie Barrin" en escalade " artificielle peu difficile". Il sufira au grimpeur d'y placer de nombreux pitons et de s'y faire tirer sans vergogne par traction directe ou d'y installer de confortables étriers. Par contre la réciproque sera plus compliquée et probablement attendrons nous assez lomgtemps la venue du super-as qui passera le Toît du Mitan en escalade libre.
Notre classement a été basé sur la modeste expérience du grimpeur moyen, qui, s'il éprouve de grandes joies à parcourir les murailles des Calanques, tient néanmoins suffisamment à la vie pour risquer de s'y casser la gueule. Nos descriptions s'adresse surtout à lui . Elles intéresseront moins le brillant "G.H.M." et le "Sexto-gradiste " des Dolomites. Pour ceux-çi les ascensions de Marseilleveyre et de Puget ne sont qu'un entrainement aux grandes escalades des Alpes. Habitués à la limite du possible à haute altitude ils trouverons peut-être nos difficultés bien surfaites et taxerons surement nos récits d'exagérations marseillaises!
Nous espérons malgré tout que notre camarade " le grimpeur moyen", tirera de ces pages des renseignements utiles à son sport favori .
Enfin nous attirons l'attention du lecteur sur le fait que de nombreuses escalades n'ont pas été refaites, leurs descriptions reposent donc uniquement sur les impressions de leur auteur lors des premières . Il est tout à fait normal qu'elles contiennent des erreurs d'interprétations des difficultés; car tout le monde sait que les impressions tirées d'une première sont rarement exactes péchant soit par exagération, soit mais c'est moins fréquent par sous-estimation. De plus la forme tient un rôle énorme en escalade et malheureusement elle n'est pas toujours d'une fidélité parfaite; la justesse de l'appréciation des difficultés s'en ressent, lorsqu'elles ne sont pas revues en une deuxième édition. Aussi le lecteur pratiquant corrigera-t-il de lui même les erreurs que nous aurons pu commettre .
 

Les Premières Féminines de Gisèle Albert

Toujours de la partie, deuxième de cordée et dépitoneuse attitrée, ma mère a tout de même monté plusieurs voies, et non des moindres, en tête.

Mon père en avait dressé la liste  ci-dessous:

La Cordée
 La Bougie
 Le Bec de Sormiou par la Cheminée
 Le "Z"
 La Lézarde(24 Juin 1939)
 La face Nord du Rocher des Goudes
 La Grande Vire
 Les Deux Anes (1947)
 La  Face Sud-ouest de la Pointe Callot  (Juin 1939)
 La Momie
 La Sirène(21 Avril 1940)
 L'arête de Marseille (17 Septembre1939)
 La Saphir Co-leader de la première avec Georges Albert le 19 Octobre 1939
 L'Arête Perçée de l'Eïssadon  Co-leader  avec Georges Albert le 21  Mars   1942

 


Gisèle ALBERT au sommet de la Bougie 1938


En second à la Grande Vire, Face Sud de St Michel d'Eau Douce

 

 

Les Amis du Club de "l'Araignée"

Guillot - Bouisson - Meunier

Georges et Gisèle Albert


Georges Albert, Gisèle Albert,  Joseph Bouisson


Jean Meunier, André Coudray au socle de la Candelle en 1943
 


Jean Meunier et l'équipement du grimpeur des Calanques en 1937


Georges Albert sortant d'une cheminée

 

Clichés Noirs et Blancs du Dr.Albert
Clichés Couleurs de M. Albert

LIVRE PREMIER

 

LE MASSIF DE MARSEILLEVEYRE


Le Massif de Marseilleveyre au soleil couchant vu du sommet du Mont Puget -  Photo-Télé Dr.Albert

Il étend au Sud  de Marseille dont il clôture la rade son chainon au profil régulier ; mais cet aspect est trompeur, son relief tourmenté et torturé défie toute tentative de description géographique de l'ensemble.
Le sommet principal ; Marseilleveyre (432m) est flanqué à l'est par le plateau

I     Quartier de St Michel D'Eau Douce
II   Quartier du Vallon des Aiguilles
III  Quartier du Malvallon
IV   Quartier de Podestat - La Melette
V    Quartier des Baumettes
VI  Quartier de Sormiou
VII Quartier de l'ile de Riou

 

 I - Quartier de St Michel d'Eau Douce

85 Itinéraires - 14 Photos

1 - Le Rocher des Goudes
2 - Les Lames
3 - Face Ouest du Roc de St Michel
4 - Face Sud du Roc de St Michel
5 - Face Nord du Roc de St Michel
6 - Aiguille Bébé
7 - T
ête de Miougranier (Cime du Trou du Chat)
8 - Aiguille Henriette
9 - Pointe Piazza
10 - Aiguille 32

1 - LE ROCHER DES GOUDES


Muraille des Calanques : Les Faces Nord des Lames et du Rocher des Goudes vues du Pas de la Demi-Lune  Cliché Dr.Albert

Une dent triangulaire qui domine de ses 258 mètres les cabanons de Callelongue.
Sa Face Sud insignifiante contraste violemment avec sa Face Ouest très raide, et surtout avec sa Face Nord la plus grandiose.

La Face Sud est peu élevée: 25m à la Fenêtre, 35m à la Voie de l'Eboulement. De nombreuses petites escalades libres généralement façiles la sillonnent; on y trouve aussi des parcours d'escalade artificielle difficile. Aux deux extrémités les Arêtes Est et Sud-Ouest n'offrent aucune difficulté.

La Face Ouest atteint 55 mètres. Extrèmement raide et souvent en surplomb, elle est parcourue par plusieurs itinéraires d'escalade artificielle difficile et très difficile, très voisins les uns des autres. La "Première" de la Face Ouest en 1938 date dans l'hitoire de l'escalade provençale comme d'ailleurs celle de la Face Nord en 1936.

La Face Nord a 130 mètres de large sur 85 de haut; concave dans tous les sens, elle surplombe fortement dans sa partie ccidentale. Un seul itinéraire d'escalade libre, très difficile , celui de la première et plusieurs parcours d'escalade artificielle dont certains atteignent à l'extrême difficulté.

La Face Sud du Rocher des Goudes
Vue du Sentier de la Galinette - Cliché: Dr. Albert

I - Arête Est
II - Le Tube
III - La Dalle Studer
IV - Le Dièdre Aigu
V - La Voie de la Fenêtre
VI - La Dalle Ortl

 

VII - Le Dièdre Rouge
VIII - La Voie du C.A.F.
IX - La Voie des 3 Surplombs
X - La Voie de l'Eboulement
XI - l'Arête Sud-Ouest
XII - Variante de l'Arête Sud-Ouest

 

I - Arête Est
 Première par D. Marx en 1901 - Escalade libre facile

Eviter les premiers mètres de l'arête par une petite cheminée dans la Face Sud; suivre ensuite le taillant et tourner par la droite le dernier ressaut.

II - Le Tube
 Première en 1925 - Escalade libre façile.

Un peu à gauche de l'arête Est, gravir des gradins façiles, puis escalader une dalle lisse, soit en la contournant par sa base, soit par son bord droit. Remonter alors une cheminée étroite et profonde, dont on sort en son milieu. Terminer par un léger surplomb tout en haut.

III - La Dalle Studer
 Première par Ch. Studer - Escalade libre façile

Débuter par une dalle assez lisse, virer vers la droite sous un surplomb pour grimper sur la plateforme à la base du "Tube". Escalader à gauche une courte fissure, puis s'engager dans une dalle à belles prises.

IV - Le Dièdre Aigu
 Première par Tanner en 1939 - Escalade libre difficile

Monter droit dans une grande dalle , à l'aplomb du pin en se tenant plutôt sur la droite. Le dièdre aigu s'ouvre au dessus et surplombe franchement. Presque dépourvu de prises il se passe par un ramonage pénible; on en sort par la gauche dans des gradins faciles.

V - La Voie de la Fenêtre
 Première par Louis David en 1917 - Escalade libre facile

On remarque une petite ouverture ovale dans le haut de la muraille. A son aplomb parcourir une cheminée oblique en direction du pin poussé sur une plate forme, un peu à gauche gravir une fissure d'aragonite (prises à surveiller.. accident mortel en 1938). A la hauteur de la Fenêtre virer à gauche, puis y pénétrer en passant la jambe gauche la première . On est dans un puits qui mène au sommet par un ramonage facile.

VI - La Dalle Ortl
 Première par Ortl - escalade libre facile

Vers le milieu de la muraille monter sur une corniche ascendante très facile en direction de la Fenêtre; gravir un petit dièdre et virer à gauche dans une dalle que l'on escalade en oblique.

VII - Le Dièdre Rouge
 
Première par Ch. Magol et M. Forestier 2 Octobre 1937
Escalade artificielle peu difficile

Ce classement à première vue peu favorable se justifie par la brieveté des réelles difficultés du passage du surplomb. Le dièdre rouge se trouve dans la partie supérieure de la Face Sud en son milieu.
Monter sur la corniche ascendante de la Dalle Ortl; à gauche s'élever dans une fissure très raide que l'on passe difficilement en escalade libre et qui se perd dans une coulée d'aragonite rouge en dièdre concave. gravir le surplomb par des pitons peu faciles à poser  au dessus une dalle facile, puis des gradins.

VIII - La Voie du C.A.F.
 Première par G. Pouillaude et H. Jean en 1922 - Escalade libre facile

De la terrasse où partent les itinéraires précédents exécuter vers l'ouest une longue traversée horizontale, puis remonter une large cheminée oblique peu inclinée. Revenant sur la droite on passe 2 ressauts successsifs et l'on s'engage sur une corniche légèrement ascendante qui aboutit à un renforcement d'aragonite. Finir par la dalle fissurée de gauche.

IX - La Voie des 3 Surplombs
 Première par H. Joubard et Laurent le 8 décembre 1940

Sortie du 3ème surplomb par Dr. Albert et Gisèle Albert le 15 décembre 1940 - Escalade artificielle difficile
Elle comporte trois passages très difficiles mais sa faible longueur lui vaut sa place dans la 2ème catégorie de l'escalade artificielle

X - La Voie de l'Eboulement
 Première par le Dr. Albert, Gisèle Albert le 13 Octobre 1940
Escalade libre façile. Un court passage difficile au surplomb

Départ à l'aplomb de la croix ouest; montée directe dans une série de dalles façiles vers un toit oblique caractéristique. Contourner par la droite un gros bloc détaché qui permet le franchissement façile du toit
Traverser un pin et atteindre une plateforme; grimper sur une grosse écaille et se rétablir sur un bloc coinçé surplombant l'entrée d'une fissure oblique. Dépasser d'énormes blocs posés "l'éboulement"! et atteindre sans difficulté le sommet près de la croix ouest.

XI - l'Arête Sud-Ouest
 Escalade libre facile.

Attaquer l'arête dès son origine en suivant une mince crête horizontale, au dessus de la corniche qui mène dans la face ouest. Lorsqu'elle se redresse monter dans un petit dièdre sur son bord gauche , virer à droite et après un ressaut arriver dans un éboulis issu du sommet.

XII - Variante de l'Arête Sud-Ouest
 Escalade libre facile

Départ à droite de l'arête proprement dite en direction d'un pin que l'on contourne; après un ressaut , on arrive sous une fissure assez raide, au dessus se trouve une plateforme inclinée . Vers la gauche de hautes marches conduisent au sommet de l'itinéraire normal.
La descente s'effectue en rappel posé sur un anneau scellé à 3m à l'est de la Voie de la Fenêtre , avec relais possible sur la fin de cet itinéraire. On peut aussi descendre facilement par l'arête Est, Sud-Ouest ou la Voie du CAF.

 

Face Ouest du Rocher des Goudes
vue des éboulis de Callelongue - Photo-télé Dr. Albert

I  - Voie Duchier-Magol
I' - Variante de sortie de la Voie Duchier-Magol
II - La Grande Cheminée

II' - Variante et Rectifications
III - La Cheminée Médiane
IV / La Cheminée Nord
 

La Première est due à R. Duchier et Ch. Magol qui se relaient à tour de role, le 1 Mai 1938.

Les itinéraires suivants parcourent les trois cheminées de la Face Ouest et découpent la Voie Duchier -Magol en trois tronçons autonomes; ils solutionnnent les problèmes difficiles qui incitèrent les auteurs de la première à faire de nombreux détours.

I  - Voie Duchier-Magol
 Première par Duchier et Magol le 1 Mai 1938 - Escalade Artificielle Difficile
Les 1ère, 4ème et 6ème étapes sont en escalade libre - Encordement 20 mètres

"Dans cette face, en dehors des difficultés techniques rencontrées, la non évidence de la voie explique les tatonnements qui marquèrent sa recherche. Cette escalade, à cause de sa longueur, de l'importance des surplombs, de l'exposition de certains passages, doit être considérée comme difficile à l'extrème." (Renseignements et appréciation de R. Duchier en 1938).
Deux grandes cheminées sillonent la Face Ouest. Cet itinéraire emprunte les extrémités inferieure et supérieure de la Cheminée Nord et la partie moyenne de la Cheminée Sud ou Grande Cheminée.
Départ dans l'axe de la Cheminée Nord par une large fissure de 5 mètres dont on sort en prenant à droite une corniche d'abord très étroite , puis large et confortable. Relais 1
Quitter la corniche 2m avant son étranglement sud et remonter la fissure en surplombqui oblique légèrement vers la gauche dans une dalle noire où l'on trouve quelques grosses prises , puis l'on monte droit vers une petite cheminée où de rares aspérités permettent un rétablissement difficile sur la Corniche Barrin. Passer un bombement délicat après lequel on arrive sur la Corniche Barrin. Relais 2
On la suit vers la droite et l'on penètre dans la Grande Cheminée où l'on escalade une zone pourrie et redressée, mais très courte, à laquelle succède un petit couloir peu incliné. A ce niveau on revient à gauche sur une plateforme spacieuse. Relais 3
Continuant vers la gauche on escalade une petite arête secondaire délitée et l'on rentre dans une cheminée resserrée; par un ramonage facile on atteint l'orifice inférieur qui lui fait suite et l'on installe le relais à l'intérieur. Relais 4
Dans sa paroi Ouest s'ouvre un trou très étroit qui communique avec une niche minuscule ouverte à l'extérieur; il faut y passer les pieds les premiers et descendre sur un étrier préalablement posé dans la niche. De là, virer à l'horizontale sur des étriers et contourner vers le Nord une dalle bombée (aérien) à laquelle fait suite une étroite vire délitée. On atteint alors la Cheminée Nord en contournant un gros bloc posé sur lequel on se rétablit. Relais 5
Virer dans le fond de la cheminée que l'on gravit facilement en opposition, et on sort vers la gauche par un petit éboulis.

I' - Variante de sortie de la Voie Duchier-Magol
 
Première : Dr Albert, Gisèle Albert, G. Livanos ,H. Gilles le 16 Février 1941
Escalade artificielle difficile.

Du cinquième relais au lieu de rejoindre le fond de la cheminée Nord on escalade une zone délicate où l'on monte sur des blocs instables, la pente s'attenue et l'on atteint le sommet par des dalles faciles.

II - La Grande Cheminée
Première Dr. Albert, Gisèle Albert le 22 Octobre 1940
Escalade artificielle difficile   -  Encordement : 25 mètres

Elle coupe la Face Ouest en son milieu; bien delimitée dans le haut de la paroi où elle oblique un peu à droite, elle est barrée par de petite grottes à sa partie moyenne et se perd vers le bas dans la grande dalle où elle finit en fissure étroite.

A quelques mètres à droite de la ligne générale d'escalade, s'elever dans une cheminée oblique assez raide puis facile; on arrive dans une anfractuosité. Virer à gauche à l'horizontale jusqu'à se trouver sous une grosse fissure à demi bouchée par de l'aragonite. franchir un léger surplomb, puis virer sur la gauche sur une mince lèvre de rocher; traverser alors une dalle pour atteindre une courte fissure verticale que l'on suit jusqu'à un gros bloc posé sur des gradins terreux. Monter ensuite facilement à la Corniche Barrin.Relais 1

L'escalade se poursuit dans la zone pourrie et redressée à laquelle succède un petit couloir peu incliné et l'on arrive face à une niche étroite. A gauche plateforme spacieuse au dessus de laquelle on aperçoit le trou de l'itinéraire Duchier-Magol. S'élever jusqu'au toit de la niche , passer un surplomb d'aragonite grise et atteindre par une fissure la première grotte. Relais2

Assez spacieuse elle communique par l'intérieur avec la deuxième grotte. Relais 3

De là il faut escalader à l'intérieur, jusqu'au sommet du porche et à l'aide d'un étrier sortir vers la droite (aérien) et rejoindre la fissure du fond de la cheminée qui est devenue oblique et l'on arrive sur un étroit replat dans la paroi de droite. Au dessus la fissure s'élargit et devient terreuse: les pitons y tiennent mal et doivent être doublés par des extra-courts dans la paroi de droite. Ce passage exposé surmonté, on finit dans les gradins faciles du sommet.

II' - Variante et Rectifications
 
Première par Stricher, Tramier, Rolland le 29 Juin 1941
Escalade artificielle difficile

Prendre le départ dans l'axe exact de la cheminée en remontant la courte fissure surplombante assez large d'abord, puis très mince après laquelle on se rétablit sur la première corniche .Relais
A la limite d'une grande dalle noire , escalader une fissure rectiligne qui oblique légèrement vers la droite. On passe deux ressauts successifs et l'on rejoint l'itinéraire Albert.

III - La Cheminée Médiane
Première Dr. Albert, Gisèle Albert le 16 Novembre 1940
Escalade artificielle très difficile   -  Encordement : 25 mètres

Les difficultés que l'on y rencontre sont très soutenues et la dernière étape est très exposée par suite de la mauvaise qualité de la roche. En 1941, c'est le parcours le plus difficile de la Face Ouest.
Départ à la verticale du "trou de la voie Duchier-Magol; Par courte échelle on s'éléve le plus haut possible vers une très mince fissure demi-colmatée, où l'on poursuit sur pitons jusqu'à la première corniche.-R1-
Continuer par la 2me étape de l'itinéraire Duchier-Magol: quitter la corniche deux mètres avant son étranglement sud et remonter une fissure en surplomb qui oblique légèrement à gauche dans une dalle noire où l'on trouve quelques grosses prises; puis l'on monte droit vers une petite cheminée où de rares aspérités permettent un rétablissementdifficile sur la corniche Barraud. Passer un bombement délicat après lequel on arrive sur la corniche Barrin.-R2-
Monter dans une grande niche peu profonde au dessus du relais,puiis escalader en opposition extrème le toit qui la surmonte; on se rétablit alors difficilement dans un dièdre d'aragonite rouge (exposé) que l'on remonte plus facilement. Après un étranglement on pénètre dans une cheminée resserrée où l'on fait un relais sous l'orifice inférieur  du tube qui lui fait suite. Ceci pour mettre les suivants à l'abri des chutes de pierres pendant la progression du leader dans l'étape au dessus.-R3-
S'élever dans la cheminée jusqu'à l'orifice du tube et sortir vers la droite sur des pitons posés dans une fissure parallèele. On franchit ainsi une zone surplombante très exposée par suite de la fragilité de la roche; puis on continu  dans un passage très pourri et fragmenté mais assez court, en suivant une fissure à travers laquelle on aperçoit par moment l'intérieur du tube ! Il faut prendre les plus grandes précautions pour y poser les pitons, afin d'éviter les éboulements dangereux. On se rétablit ensuite sur une très étroite corniche. Au dessus la muraille surplombe et le rocher devient tellement mauvais qu'il n'est plus possible de poursuivre l'escalade à la stricte verticale. Virer franchement à gauche à l'horizontale sur des prises de main heureusement solides (aérien), puis escalader un saillant surplombant formé par une agglomération de blocs brisés (extrêmement exposé).On atteint alors un dièdre vertical dans lequel on s'élève jusqu'à un rocher suspendu qui barre le passage; on le contourne par la droite et l'on finit sur un éperon formé de blocs empilés.Cette étape en escalade artificielle extrêmement difficile fut jugée tellement exposée qu'elle fut évitée lors d'un premier essai à la Médiane par Dr. Albert, Gisèle Albert, H. Gilles, G. Livanos le l6 Février 1941 .

 IV / La Cheminée Nord
 Première par:Dr.Albert, Gisèle Albert le 13 Janvier 1941
Escalade " artificielle difficile " - La première et la dernière étape en escalade libre
Encordement 20 mètres

Elle n'est bien marquée que dans sa partie supérieure où elle s'évase en un profond couloir, la première partie étant formée par deux fissures à peu près parallelles coupées par plusieurs surplombs.  
 Quitter la corniche verte par une petite cheminée très raide mais où l'on trouve de bonnes prises pour  se rétablir sur la première corniche .-R1-
Au débouché de la cheminée initiale partent deux fissures très rapprochées; choisir celle de droite la plus large. Franchir plusieurs mètres en surplomb accentué et aborder une dalle où l'on trouve quelques prises; mais la paroi s'incurve de nouveau et il faut continuer sur des pitons pour atteindre une fissure qui va s'élargissant et se termine au niveau de la corniche Barraud, à peine large de quelques cms.Au dessus une dalle lisse oblige à placer un " étrier" sur piton et à s'y installer pour faire le 2me relais.-R2-
Gravir la dalle en montant vers une niche en encorbellement, où l'on pénétre le plus possible. En sortir pour s'engager dans un dièdre fortement déversé dont l'escalade est d'abord pénible et impressionante, puis devient moins ardue lorsque la pente négative s'atténue. On atteint bientôt un très étroit replat, dominé par un surplomb où une échancrure laisse aperçevoir la deuxième partie de l'escalade beaucoup plus aisée. Par un ramonage délicat on pénètre dans la cheminée proprement dite qui s'élargit rapidement en couloir. Toujours par ramonage, mais plus facilement, on atteint un groupe de blocs posés dans la paroi de droite.-R3-
Reprendre l'escalade du fond de la cheminée sans difficultés importantes jusqu'à l'éboulis de la sortie Duchier-Magol et terminer par quelques mètres de fissure raide. La première étape et une partie de la dernière sont communes avec l'itinéraire Duchier- Magol .

Le Rocher des Goudes et son arête Nord-Ouest
Vus du Traçé Rouge du Vallon de Callelongue - Photo télé Dr. Albert


 

I - Itinéraire Tanner
II - Itin
éraire Albert
III - Variante Stricher-Tramier

A - Croix du Sommet
B - Ar
ête Sud-Ouest
C - Face Ouest
 
D - Face Nord
E - Corniche Barrin
F - Corniche Verte
G - Corniche Broussailleuse
H - Ar
ête Est
I - Les Lames
J - Br
êche Carrée

Arête Nord Ouest

Elle délimite les deux grandes faces, ouest et nord, du rocher des Goudes. Elle comprend deux parties de caractéristiques nettement différentes: du tracé Vert de Callelongue à la Grotte Rolland), jusqu'à la corniche Verte, sa pente moyenne ne dépasse pas 45°, mais  deux ressauts surplombants opposent de grosses difficultés au grimpeur qui veut suivre le fil de l'arête; ils peuvent cependant être tournés, le premier par le flanc nord, le deuxième par le flanc ouest; le reste du parcours est sans histoire jusqu'à la corniche verte. De celle-çi au sommet l'arête devient verticale et de plus se trouve barrée par un gros surplomb  à deux étages, après lequel elle s'élargit considérablement.
 La " première" exécutée par Tanner eut lieu de la corniche Verte au sommet en 1939. Tout comme celles des Faces Ouest et Nord, elle occupe une place de premier ordre dans l'histoire de l'escalade en Provence.
En 1941, Stricher, Tramier et Rolland firent le bas en évitant les ressauts surplombants. A la fin de la même année, le 2 Novembre 1941, le Dr. Albert et Gisèle Albert suivirent le fil de l'arête en son entier.

Escale artificielle "très difficile"
Quatre passages extrèmement difficiles, les 2ème et 4ème etapes en escalade libre facile; la derniere en escalade libre difficile.
Il est utile de prévoir le triple encordement à 20 m. d'intervalle pour la 6éme  étape, et le double encordement à 20m. pour la dernière.
Départ à proximité du tracé vert. On remonte d'abord une dalle peu pentue, puis il faut passer un premier surplomb recouvert de débris.On escalade ensuite une dalle très inclinée et l'on s'engage ensuite dans un petit dièdre noir.Parvenu sous un gros surplomb on vire unpeu à droite pour prendre pied sur un étroit replat incliné.Passer ensuite une dalle déversée en mauvais rocher ( exposé) .  -R1  
Suivre sans aucune difficultéle fil de l'arête jusqu'au deuxième ressaut.--R2
Attaquer celui-çi dans son flanc nord en passant un surplomb très accentué, puis un dièdre surplombant où le calcaire est noir et délité ( très exposé ). Contourner par en dessous et vers la droite un bloc fragile saillant sur l'arète et se rétablir difficilement sur une dalle peu inclinée recouverte d'un pavage de blocs posés.
Escalader alors un petit mur qui termine le 2ème ressaut. -R3
Les deux ressauts extrèmement difficiles peuvent être évités par la variante Streicher:
Départ à 10 m. du fil de l'arête, dans son flanc nord où l'on escalade une faille oblique ; après avoir dépassé une niche, on rejoint la crête par un passage de mauvais rocher.Au pied du 2éme ressaut virer à droite et par une traversée délicate, atteindre une fissure -cheminée en mauvais état qui amène à la corniche Verte. Escalader le taillant de l'arête extrèmement mince jusqu'à la première corniche de la Face Ouest.-R4
L'itinéraire suivi par Tanner oblique vers le Sud sur cette corniche : on remonte dans la Face Ouest la première fissure oblique sous un surplomb, puis un petit dièdre rouge très court; virer alors à l'horizontale pour revenir sur le fil de l'arête et monter sur un petit becquet où l'on fait un très mauvais relais à la base d'un gros surplomb.
Il est plus élégant , mais plus difficile de continuer sur le fil de l'arète au dessus du 4éme relais. Grimper dans un dièdre vertical et lisse,puis aborder une très mauvaise fissure formée par un énorme bloc à demi -détaché, on progresse difficilement jusqu'à une zone plus franche et moins inclinée dominée par le becquet du 5ème relais .--R5
Attaquer  le gros surplomb par la droite, en suivant une fissure oblique qui coupe ses ressauts successifs. Après avoir franchi un premier encorbellement on se rétablit sur un replat extrèmement étroit; une dalle concave lui fait suite, puis un deuxième ressaut très accusé. Au dessus la fissure se perd dans la paroi ; obliquer alors à gauche en exécutant une vire difficile sur une corniche en arc de cercle à peine dessinée mais très courte. On est revenu sur l'arête qui s'est beaucoup élargie. Escalader une dalle verticale le long d'une fissure et lorsque celle-çi disparait, virer à gauche et par une traversée difficile et exposée, atteindre une petite niche.-R6
Dans cette étape il est commode d'utiliser le triple encordement à 15-17 mètres d'intervalle pour faciliter le coulissage, il convient de passer le gros surplomb sur une première corde, puis après la vire convexe d'en tirer complètement " le mou" , et de continuer sur les deux autres brins jusqu'au 6ème relais. Le second de cordée sera assuré par la première corde  dans le gros surplomb et par les deux autres dans la dalle.
L'étape suivante, quoique très aérienne, ne comporte plus de grosses difficultés et s'effectue en escalade libre. Sortir de la niche par la droite en suivant une corniche ascendante qui ramène sur le bord droit de l'arète. On s'engage ensuite dans une fissure assez large, à son sommet obliquer à droite, passer entre deux genévriers, et terminer par un dièdre déversé , mais facile. 

 

Escalades de la Face Nord

Face Nord du Rocher des Goudes
Vue du sentier du C.A.F. au pied de l'Arete Sud de la Tete du Miougranier - Photo télé Dr. Albert


 

I  - Voie Barrin
I' - Variante Bouisson
 II -  La Petite Orientale
III /  L' Orientale
IV - La Super Barrin
 V  - La Directissime
VI  - La Voie du Toit du Mitan
VII  - La Voie Occidentale
VIII  - La Super Occidentale
A - Variante Magol
 

La "première" de la Face Nord en 1936M par Barrin, Duchier, Lacaze, fit sensation dans les milieus de grimpeurs marseillais, et eût même les honneurs de la première page d'un journal local; plusieurs essais dans cette paroi s'étaient terminés par des échecs  ou même par un décrochage en régle , sans suite grave heureusement pour la cordée Meunier-Bouisson. Il semble que ceux-çi soient les premiers à étre arrivés sur la Corniche Barrin, par un itinéraire d'ailleurs différent de celui de la "première" .
 L'aspect formidable de cette paroi, -par rapport aux escalades pratiquées à cette époque-, encourageait peu les candidats à en tenter l'assaut. En fait il n'y a pas de parcours faciles dans la Face Nord, et le seul itinéraire d'escalade libre qu'on y ait trouvé reste celui de la première. S'il est fait avec un nombre restreint de clous d'assurance, il peut étre considéré comme fort peu commode et représente le type de ce que nous avons convenu d'appeller " escalade libre très difficile ". Depuis Barrin l'exploration de la Face Nord a été poussé fort loin, puisqu'en 1941 on y comptait 7 voies nouvelles, dont deux tout au moins, l'Orientale et la Voie du Toit du Mitan,  sont classées comme " escalades artificielles extrèmement difficiles "; Une troisième, l'Occidentale" se distingue des autres parce qu'elle se fait entièrement en escalade libre et ne présente que trois courts passages d'escalade artificielle. Les 4 autres relèvent de " l'escalade artificielle pure avec quelques passages d'escalade libre.
 La Face Nord est coupée dans sa longueur par trois corniches parallèles bien distinctes. Tout en bas à une dizaine de mètres de l'éboulis, la corniche Broussailleuse, sur laquelle pousse une végétation dense d'arbustes et de chênes verts; elle est interrompue à l'ouest par une coulée d'aragonite jaune. La Corniche verte, à trente métres de hauteur, délimite le socle du Rocher des Goudes: on la parcours facilement, sauf à l'ouest de la paroi où elle est coupée par une vire délicate, au niveau d'une grande excavation en forme de grotte à ciel ouvert, au delà la corniche communique sans difficulté avec la Face Ouest. 21 mètres au dessus c'est la Corniche Barrin, large et confortable par endroit, très souvent fort étroite et même totalement interrompue .

I  - Voie Barrin
 Première par H. Barrin, R. Duchier, Lacage, le 23 Août 1936
Escalade libre très difficile - Encordement : 25 mètres

Les passages les plus difficiles sont l'arrivée sous la Corniche Verte, le dièdre oblique au départ de celle-çi, la montée sous le coeur, et la cheminée jaune; mais l'ensemble est très soutenu.

L'histoire de cet itinéraire comporte deux épisodes: Le 23 Aout 1936, après diverses tentatives, Barrin démarre de la Corniche verte et arrive au sommet.
Quinze  jours plus tard, le 6 Septembre, en compagnie cette fois de Duchier et René Jean il complète son ascension en gravissant le socle ( I') qu'il avait négligé.
 A la même époque, à une date imprécise, Magol et Naillet escaladent aussi le socle  et arrivent à la Corniche verte sous l'épaule de l'Arète Est ( A) .
 Par une curieuse aberration, le parcours Barrin dans le socle  tomba par la suite dans l'oubli et les grimpeurs qui font la Face Nord en entier empruntent actuellement  l'itinéraire Magol        .
Ces deux escalades se valent cependant en difficultés .

Parcours Barrin: Débuter à la verticale de l'Arète Est par un dièdre ouvert assez délicat  qui livre accès à la Corniche broussailleuse.- R.1
Virer alors à droite et continuer en descendant un peu, un éperon dénudé, longer la corniche vers l'ouest, traverser un fourré de chênes verts, contourner une arête secondaire et à 30 m. de l'éperon dénudé atteindre une plateforme inclinée, on peut également prendre par là, par un trajet direct d'escalad artificielle (I " ) ( J.Bouisson, Dr.Albert le 29 Mars 1942 ).
Grimper facilement jusqu'à une deuxième plateforme.- R.2
Escalader alors un long dièdre oblique et étroit, de roche grise; après un passage difficile l'escalade est aisée jusqu'à un bombement délité, on le contourne par la droite et l'on arrive à la Corniche Verte .- R.3
 Le parcours Magol débute par le même dièdre ouvert jusqu'à la corniche Broussailleuse.-R.1'
Monter ensuite en obliquant à gauche vers un éperon à la verticale de l'épaule de l'arète Est. Grimper le long d'une mince fissure sur son taillant, puis l'abandonner pour se rétablir difficilement à gauche sur un balcon. A son extrémité Est monter facilement à la Corniche Verte. -R.2'.
 Revenir sur la droite, après une cinquantaine de mètres, le grimpeur se trouve au pied d'un dièdre très ouvert incliné vers la gauche; on l'escalade en se servant de prises de mains dans la fissure du fond ( difficile mais sur) et l'on se rétablit sur un replat. Monter ensuite dans des rochers médiocres après lesquels on arrive sur une minuscule plateforme de rocher pourri. -R.4
Un pas vers la droite et l'on remonte un système de fissures verticales sur des prises très espacées, jusqu'à un rocher surplombant en forme de "coeur " sous lequel on vire à droite pour atteindre un minuscule replat. Grace à de rares prises de mains très hautes, gimper sur le "coeur" et s'élever dans une dalle fissurée on arrive sur la corniche Barrin que l'on suit vers la droite où elle s'élargit en trottoir.( le rétablissement sur le coeur  peut être grandement facilité en montant dans un anneau de corde placé sur son sommet) .-R5
Suivre la Corniche Barrin vers l'ouest, jusqu'au pied d'une grande cheminée d'aragonite jaune, où elle est coupée par une large entaille. Dès le départ il faut attaquer un surplomb très prononcé à l'aide d'une courte échelle, ou mais beaucoup plus difficile , en ramonage du fond de la cheminée. Deux métres de verticale, puis nouveau surplomb moins prononcé mais tout aussi difficile parce que l'on trouve que des prises rondes pour le passer. La cheminée s'élargit et se fait plus commode. Sur son arête droite s'amorçe une étroite vire terreuse peu engageante, on y trouve de suite une grosse écaille qui déverse dans le vide
( passage impressionant et aérien mais sûr)et l'on arrive sur un replat (gènevrier). Escalader ensuite une arête fissurée légèrement oblique et très raide de parcours délicat ( rocher fracturé) et se rétablir sur une terrasse où pousse un chêne vert.- R.6
Vers l'ouest, une dalle fissurée puis un éboulis amènent au sommet.
 Encordement minimum : 25 mètres pour la 5 ème étape.

 II -  La Petite Orientale
Première par Dr.Albert, Gisèle Albert le 8 Septembre 1940
 Escalade " artificielle peu difficile " - Encordement 2O mètres

Cette voie n'atteint pas directement le sommet par la Face Nord; elle se termine au pied de l'Arête Est sous laquelle elle se développe en un trajet  rectiligne.
Départ à droite d'un éperon descendu de l'arête Est, par une cheminée très ouverte dont le parcours est rendu délicat par la rareté des prises. Relais sur la corniche broussailleuse.-R.1
Quelques mètres vers la droite monter dans une excavation en gueule de four; à son sommet s'élever sur une coulée d'aragonite grise issue de deux niches jumelles. Passer par celle de gauche et remonter une courte fissure très raide pour arriver dans une petite grotte.-R2
Virer à droite, depasser une excavationet monter sur la corniche Verte.- R.3
S'élever dans une niche étroite; en sortir vers la droite puis remonter une fissure un peu surplombante jusqu'à un replat. Obliquant légérement à droite on poursuit l'ascension dans une dalle raide en direction d'une petite cheminée limitée à gauche par un gros bloc à demi détaché. Au dessus on trouve un replat  à la base d'un couloir.  R.4
On le remonte sans difficulté jusqu'à la corniche Barrin. Au dessus on gravit un dièdre délité par opposition entre ses parois et l'on débouche sur une plateforme de l'arête Est que l'on suit jusqu'au sommet.                

 III -  L' Orientale
Première par: G.Livanos ,Dr. Albert ( leader à tour de role) le 2O Juillet 1941
 Escalade "artificielle extrémement difficile" -  encordement 25 mètres

C'est un des parcours les plus durs de la Face Nord, tant par la multiplicité des difficultés à surmonter que par l'exposition de l'escalade pendant les 40 derniers métres où les embuches les plus diverses sont accumulées sans interruptions. Son nom vient de sa situation dans la moitié orientale de la Face Nord.

Attaquer à gauche d'un saillant de la base du socle par une fissure en "S" inversé qui contourne un surplomb par sa droite.Gravir un petit dièdre et atteindre la Corniche Broussailleuse.-R1
Un peu à gauche dépasser une arête secondaire et s'élever dans une fissure rectiligne qui se redresse peu à peu, puis s'ouvre en petite cheminée. Celle-çi franchie on arrivé sur la corniche Verte.- R.2
 A gauche de la voie Barrin on gravit un dièdre incliné vers l'ouest, il faut alors se rétablir sur un replat exigu. Contourner par la gauche un surplomb pourri, puis revenant à droite, on atteint une plateforme.- R3
Escalader alors une dalle aux prises peu sures; au niveau d'une faille horizontale virer un peu vers l'ouest et s'élever sur la dalle du flan droit  d'un dièdre oblique.On atteint une deuxième faille horizontale: la Corniche Barrin totalement interrompue en cet endroit. Relais sur étrier en cet endroit .-R.4
Les difficultés rencontrées depuis le troisième relais vont s'accroitrent jusqu'au relais suivant non loin de l'arête Est. Quitter le relais par sa gauche et s'élever difficilement le long d'une fissure très raide; elle se perd bientôt dans une dalle qu'il faut gravir sur des prises incertaines. Virer alors à gauche vers une nouvelle  fissure très pourrie.Après l'avoir remontée on atteint la base d'un grand dièdre en surplomb, où l'on s'engage en passant sous un énorme bloc suspendu (l'armoire à glace) passage extrèmement exposé- On escalade difficilement le dièdre qui est barré par un surplomb de gros rochers brisés sur lequel on se rétablit.- R.5
Etape extrèmement difficile ! Par des gradins faciles on arrive au sommet non loin du haut de l'arête Est.
 

IV - La Super Barrin
 Première par Dr Albert, G. Livanos, le 10 Août 1941
Escalade Artificielle Très Difficile - Encordement 25 m.
En escalade artificielle très soutenue elle comporte un passage d'escalade libre extrèmement dur après la Corniche Verte.

Elle a été baptisée ainsi parce qu'elle rectifie l'itinéraire parcouru par Barrin lors de la prmière de la Face Nord , suivant une ligne à peu près verticale axée sur le coeur.
Le départ se situe à quelques mètres à droite de celui de l'Orientale , au niveau du saillant de la base du socle. On gravit une fissure  oblique qui surplombe après quelques mètres et par un pas délicat vers la droite on arrive sur la corniche broussailleuse. -R1
On poursuit en gravissant une dalle convexe. Après une corniche on traverse par la gauche un peu plus haut. On suit alors une fissure verticale jusqu'à la Corniche Verte. -R2
Immédiatement à droite du début de la Voie Barrin remonter une fissure qui va en s'élargissant d'abord, puis se referme brusquement en surplombant. Il faut alors se rétablir difficilement sur une mauvaise corniche (très exposé). On continue dans une vire ascendante qui finit au niveau du replat délité où l'on rejoint la voie Barrin -R.3
 " Un pas vers la droite et l'on remonte un système  de fissures verticales sur des prises très espacées jusqu'à un rocher en forme de coeur sous lequel on vire à droite pour atteindre un minuscule replat. Grace à de rares prises de main très hautes, grimper sur le "coeur" et s'élever dans une dalle fissurée; on arrive  sur la Corniche Barrin." Virer un peu à droite pour faire un relais confortable.-R4
On continue à la verticale du "coeur" par une grosse fissure mal marquée; après avoir dépassé des blocs peu solides on aborde une zône plus franche, passer alors un surplomb peu accentué, coupé par une fissure double, auquel succède un petit dièdre oblique. Parvenu dans une dalle moins inclinée, on vire à gauche pour remonter une fissure assez facile jusqu'à un replat herbeux.-R.5
 Terminer par un couloir facile qui arrive au sommet  à proximité de l'anneau de rappel scellé.
 

     V  - La Directissime
 Première par G. Rebuffat et R. Tanner ( leader à tour de rôle) en 1939          
 Escalade Artificielle Difficile - Encordement 20 mètres

On y trouve de nombreux passages d'escalade "libre très difficile",notament dans les deux dernières étapes.
Elle escalade la Face Nord à la verticale de la cheminée jaune de la voie Barrin. Son trajet à peu près rectiligne lui valut son appellation à consonnance dolomitique. C'est le deuxième itinéraire ouvert dans la Face Nord.
 Au départ prendre une fissure pourrie d'abord surplombante puis en pente modérée aux abords dela corniche Broussailleuse. -R.1
 Continuer par une longue fissure sur le flanc droit d'une arète secondaire qui finit à l'entrée d'une niche d'aragonite.-R.2
 Sortir par son toit et déboucher sur la Corniche Verte.-R.3
 Grimper dans une petite grotte ogivale. En sortir par le haut en "traction" sur un piton planté dans son plafond;atteindre difficilement une mauvaise fissure et s'y engager à l'aide d'un étrier. Celle-çi aboutit à une minuscule corniche sur laquelle il faut se rétablir et amorcer une vire délicate vers la droite pour installer un relais médiocre.-R.4
 A cet endroit il est préférable d'inverser la cordée par suite du manque de place sur la corniche. Le second continue au dessus de la grotte par une dalle très lisse, mais présentant quelques trous d'aragonite. Puis l'on s'engage dans une cheminée où l'on surmonte par ramonage un bloc coincé surplombant. Escalader alors la muraille d'une grande excavation. Relais sur sur la Corniche Barrin.- R.5
 Cette étape peut étre simplifiée en ne s'arrêtant pas au 4ème relais et en montant très légerement plus à gauche par une fissure délitée au bout de laquelle on rejoint la cheminée. Passer les lO mètres de cheminée difficile qu'emprunte la voie Barrin et continuer dans son axe en franchissant un petit mur au dessus duquel on se rétablit dans une niche étroite. Immédiatement au dessus grimper dans une deuxième niche puis obliquer à gauche sous un gros bloc saillant pour s'élever dans une très courte cheminée en surplomb, en ramonant face à l'est. De bonnes prises trèshautes facilitent un rétablissement impressionnant sur une belle plateforme. .-R.6
Revenir à droite et après avoir contourné un bloc posé branlant, on traverse la cheminée pour s'élever vers le taillant d'un éperon très raide. Grimper alors droit et terminer par l'escalade exposée d'une dalle arrondie aux prises infimes et glissante; c'est le point crucial de cet itinéraire.

Une variante de sortie fut découverte par J.Stricher et G.Tramier qui ne trouvèrent pas trace de Rebuffat à partir du 6ème relais et se trompèrent de chemin.
Quitter la plateforme par la gauche en grimpant dans une dalle verticale où saillent quelques prises, puis virerà gauche sous un surplomb pour sortir tout en haut de la cheminée terminale de la Super Barrin

     VI  - La Voie du Toit du Mitan
 Première par Dr. Albert, G. Livanos le 13 Juillet 1941       
 Escalade Artificielle Extrèmement Difficile - Encordement 20 mètres

Les difficultés rencontrées sont ininterrompues, de plus , à partir de la Corniche Verte, on est le plus souvent en deça de la verticale. Le dernier passage dans le Toit du Mitan est extrèmement aérien et exposé.
Diverses tentatives par le Dr. et Gisèle Albert qui furent interrompues par des incidents , avaient abouti auparavent au 6ème relais.

Le haut de la Face Nord est dentelé par une série de surplomb plus ou moins prononçés, et, vers son milieu, (mitan en patois) une saillie rocheuse isolée s'avance sur le vide plus fortement que les autres dominant toute la Face ; c'est le "Toit du Mitan".
Cette voie d'escalade monte à sa vertical exacte, décrivant cependant une sinuosité sous la Corniche Verte, au niveau d'obstacles insurmontables malgré tous les moyens employés en 1941

 Départ dans une dalle concave surmontée dans sa partie droite par un toit oblique.Contourner par la gauche un léger surplomb et remonter une courte fissure dans des rochers brisés.-R.1
Escalader une fissure assez large puis remonter l'échine arrondie d'un pilier de roches grisesoù les prises sont peu saillantes. On arrive sous une zône de rochers pourris. A l'aide d'un étrier traverser à l'horizontale vers la gauche pour se rétablir sur un petit replat.-R.2
Virer un peu sur une corniche herbeuse puis monter dans unedalle raide recouverte d'un plaquage de débris. atteindre un tout petit bloc encastré derriere lequel on place un piton et un étrier pour parvenir dans une zône rocheuse plus solide. Revenir à droite sous un surplomb et monter dans une échancrure qui livre accès à la Corniche Verte.-R.3
 Au dessus la paroi devient surplombante et monte en dehors de la verticale jusqu'à la Coeniche Barrin. Quitter la corniche Verte en suivant  la branche droite d'une fissure double "en "V " renversé qui fracture une dalle surplombante de couleurrouge sombre. après  un mince replat remonter une courte fissure, puis undièdre oblique dans lequel on fait un relais sur piton.-R.4
 Escalader le haut du dièdre puis s'engager dans un surplomb accentué.La pente négative s'atténue au niveau d'une strate horizontale. On continue sur des pitons placés dans une fissure colmatée par l'aragonite rouge (exposé) et l'on se rétablit sur la Corniche Barrin.-R.5
 Laissant à droite le grand dièdre oblique de la Voie Occidentale on rmonte quelques métres de fissure, puis on vire à gauche sur une dalle ronde en direction d'un dièdre étroit. Après un passage d'escalade librefacile on suit une fissure très raide et l'on passe un bombement au dessus duquel s'ouvre une niche exigue; on la dépasse pour faire un relais au niveau d'une 2eme niche, sur piton.-R6
 Continuant à la verticale du relais on escalade une dalle une dalle fissurée très pourrie et l'on arrive sous le " Toit du Mitan " que l'on attaque en suivant  une fissure verticale qui le coupe en son milieu. La muraille s'infléchit fortement vers l'extérieur et après un passage extrèmement surplombant dans du mauvais rocher on se rétablit sur la dalle du sommet.

 VII  - La Voie Occidentale
 Première par Dr. Albert, Gisèle Albert le 25 Août 1940         
Escalade Artificielle Difficile - Encordement 30 mètres min. pour la dernière étape

Le plus souvent en escalade libre , on n'y rencontre que trois passages d'escalade artificielle difficile : dans la 3me étape sous la Corniche Verte,- la traversée d'une interruption de la Corniche Barrin,- l'entrée dans le dièdre oblique du haut.
 Cet itinéraire s'inscrit dans la motié occidentale  de la Face Nord, d'où son nom. Le départ se situe à la base de la grande coulée d'aragonite jaune qui s'est déversée par l'orifice de l'excavation de la Corniche Verte.
 Monter jusqu'à une petite grotte; à son entrée escalader en obliquant vers la gauche une courte dalle puis une fissure délitée. Grimper dand les baragnes (broussailles) de la Corniche broussailleuse.-R.1
 Au niveau  d'une grosse écaille monter dans une trés courte fissure et se rétablir  sur une dalle assez inclinée. Continuer à la verticale en utilisant de petites niches d'aragonite et arriver sur une plateforme (chêne vert).-R2
 Virer vers l'ouest sur les rares aspérités d'une étroite corniche sans prises pour les mains
( délicat); monter dans un petit dièdre d'aragonite, et après quelques métres  d'escalade artificielle assez exposée, virer de nouveau vers l'ouest sur un replat fuyant et grimper sur un bloc posé.-R.3     
Gagner le fond de la grande excavation de la Corniche Verte.-R.4
 Escalader sa paroi de gauche (Est) jusqu'à un surplomb formé par le haut d'une dalle concave; on le franchit en utilisant l'opposition et l'on atteint de bonnes prises très hautes; on contourne alors un saillant rocheux derrière lequel se trouve une plateforme spacieuse.-R.5
 Monter une large fissure dans une dalle noire légèrement surplombante, le rocher peu solide demande des précautions dans les derniers mètres sous la corniche Barrin.- R.6
 Suivre la corniche Barrin vers l'est, puis elle s'amenuise et s'interrompt totalement.-R.7
 Placer un étrier sur un piton posé le plus loin possible dans la fissure horizontale qui succède à la corniche; après s'y être installé, atteindre à 1 m.50 de là, le point où la fissure colmatée se trouve dégagée et poser un 2eme " étrier" sur un piton qui permet de remonter difficilement sur la corniche.-R.8 - 
L'Etape en escalade  " artificielle difficile".   On est parvenu au pied d'une fissure au sommet de laquelle on aperçoit un grand dièdre oblique qui échancre les surplombs du haut de la face Nord.  Escalader la fissure encombrée de rocailles brisées jusqu'à un replat exigu; au dessus une dalle lisse exige la pose d'un étrier pour permettre l'accès à la base du dièdre. On s'y engage sur de petites prises très espacées mais sures. Puis la pente s'atténue et l'escalade devient moins ardue. On parvient sur un petit replat d'où  un pas vers la droite conduit dans une fissure issue d'une niche étroite. Monter dans la niche et virer vers la droite le long d'une faille horizontale. Après un bombement, monter droit sur un éperon arrondi et le suivre jsuqu'au sommet.

VIII  - La Super Occidentale
 Première par G. Rebuffat, G. Livanos( leaders à tour de rôle) le 4 Mai 1941   
 Escalade Artificielle  Très Difficile - Encordement 25 mètres

La dernière étape se fait dans une zone de surplomb ininterrompus.

Elle tire sa dénomination de sa situation à l'extrémité occidentale de la Face Nord, d'abord dans l'axe de la coulée d'aragonite jaune du socle, puis s'infléchissant vers l'Arête Nord-Ouest, qu'elle côtoie à quelques mètres  ans le haut de la muraille.
On commence l'escalade à la droite de la petite grotte ouverte au pied de la coulée jaune. Franchir une série de plaques puis s'élever dans la coulée d'aragonite, d'abord un peu surplombante; vers la fin on oblique à gauche en passant un ressaut et l'on atteint une niche confortable. - R1
Sortir à droite par une vire ascendante sous des rochers cassés, puis s'élever directement par une cheminée pourrie et broussailleuse qui mène à l'entrée  de l'excavation de la Corniche Verte. -R2
Dans son pilier de droite et sans y pénétrer, s'élever par une dalle délitée, très raide au départ puis moins inclinée, et gagner une terrasse à son sommet. - R3
Un peu à droite  grimper dans une fissure très pourrie, qui après un petit replat, surplombe fortement et mène à la Corniche Barrin, très large à cet endroit. -R4
Au dessus la paroi surplombe sans arrêt jusqu'au sommet. Un peu à droite du relais on gravit une bonne fissure , puis au bout de six mètres on revient vers la gauche. relais sur étriers au niveau d'un replat exigu et mal marqué, utile pour le coullissage des cordes dans la suite de l'escalade. - R5
On s'élève ensuite dans un dièdre oblique à droite suivi d'une d'une cheminée-fissure constamment surplombante, et coupée de plus par plusieurs ressauts. On termine l'escalade par une cheminée dans des blocs brisés, qui débouche à proximité du haut de l'Arête Nord-Ouest. (Très aérien)

 

LES LAMES

Le chainon miniature des "Lames" rattache le Rocher des Goudes au Roc de St-Michel d'Eau Douce. Deux entailles profondes, la Grande Brèche à l'Ouest et la Petite Brèche à l'Est, le découpent en trois sommets distincts: La Lame Ouest, la Grande Lame au centre et la Petite Lame.
Une troisième entaille , le Pas de la Demi-Lune, où aboutit par une corniche un sentier jalonné en pointillé jaune par la Société des Excursionnistes Marseillais, sépare le Lames de l'Arête de la Cordée , contrefort du Roc St Michel.
Du sommet du Rocher des Goudes, on découvre l'extraordinaire architecture de cette arête horizontale aigue comme une lame de couteau. L'épaisseur de la Lame Ouest ne doit pas depasser 3 mètres et sa crête n'est qu'une mince dentelle de pierres parvenues au dernier stade de l'effritement. La Grande Lame un peu plus massive est couronnée par une terrasse de 4 à 5 mètrs de large sur 3O m. de long. La Petite lame n'est qu'un mamelon sans caractères.
La face Sud, comme celle du Rocher des Goudes est insignifiante et ne dépasse pas 25 m. de hauteur, par contre elle est très raide et lisse et beaucoup moins abordable que cette dernière; en 1941 on n'y connait pas de voies d'escalade normalement passables sans pitons .
 Leur  Face Nord au contraire est plus élevée- 60 m. à la Grande Lame- et surtout beaucoup plus impressionante par sa verticalité. Tous les itinéraires qui la parcourent sont très difficiles sauf à la Petite Lame .
 La " première des Lames " realisée en 1926 fut la traversae des trois sommets dans le sens: Pas de la demi-Lune- Rocher des goudes .
 Les Faces Nord et Sud ne furent gravies qu'en 1939 alors que la pratique de l'escalade artificielle s'était répendue dans les calanques.

Escalades de la Face Sud  des Lames

I -  Voie H. Gilles    ( Face  Sud de la Grande Lame )
II  -  Fissure Sud-Ouest   ( Face Sud de la Grande Lame)
III -  La Grande Brêche     ( par la face Sud  )
IV  - Voie de la Grotte des 3 lucarnes (Face Sud de la Lame Ouest)
V  - Voie de la Fenêtre de la Lame Ouest
 
A - Col du Pas de la Demi Lune
B - Petite Lame
C  - Petite Brêche
D - Grande Lame
E - Grande Brêche
F - Lame Ouest

 I /  Voie H. Gilles    ( Face  Sud de la Grande Lame )
Première par : H. Gilles , Toto Guérin en hiver 1939
 Escalade " artificielle peu difficile "     -  Encordement  20 m.

Cet itinéraire fut celui de la " première " de la face Sud des Lames.   Quelques mètres à gauche de la verticale du cairn du sommet et un peu à droite d'un pin, s'engager dans une fissure oblique rectiligne; passer uique legerement déversé qui finit sur une plateforme.- Relais -  Terminer par un petit mur vertical de rocher brisé.

II  /  Fissure Sud-Ouest   ( Face Sud de la Grande Lame)
Première par : Dr.Albert , Gisèle Albert   le 23 Janvier 1941
Escalade " artificielle peu difficile "      - Encordement : 2O m

Départ l0 mètres à l'ouest du pin qui se trouve sur la corniche à la base de la Grande Lame
Débuter par un dièdre vertical très court. A sa sortie prendre pied sur une dalle inclinée, puis remonter un deuxième dièdre dont la base est légèrement déversée, au dessus la pente s'atténue mais les prises sont peu sures; on arrive sur une corniche  (gros genévrier mort .) - Relais -
 Continuer à  la droite du relais par une fissure surplombante, dépasser une niche exigue et se rétablir sur un replat limité à droite par un gros bloc en équilibre ( exposé ) . Terminer par une courte dalle facile

  III  /  La Grande Brêche     ( par la face Sud  )
Première par :  M.Samuel, G.Livanos   Octobre 1940
Escalade " artificielle peu difficile "        - Encordement : 20 m

Escalader un dièdre oblique puis une fissure redressée qui s'ouvre bientôt en cheminée commode. De la brêche on monte assez facilement sur la lame Ouest et plus difficilement sur la Grande Lame.

IV  / Voie de la Grotte des 3 lucarnes    ( Face Sud de la Lame Ouest )
Première par : Dr. Albert, Gisèle Albert    le 22 Décembre 1940
 Escalade " artificielle peu difficile  "         - Encordement: 2O M

Départ au niveau d'une baisse de la corniche qui sangle la face Sud de la Lame Ouest au tiers de sa hauteur.   Gravir une dalle triangulaire assez facile puis une cheminée étroite et redressée qui donne accès à une corniche. Virer à l'horizontale et, deux mètres à gauche, s'élever dans un dalle lisse à laquelle succède un petit dièdre. On pénètre dans une grotte qui occupe toute l'épaisseur de la Lame qui n'a pas 2 mètres de large! Deux lucarnes donnent sur la face nord et la troisième sur la face Sud. - Relais -
Escalader le porche d'entrée et sortir en haut et à droite par un rétablissement difficile et assez osé qui amène sur la dalle du sommet .

 V  /  Voie de la Fenêtre       ( Face Sud de la Lame Ouest )
Première par : Dr.Albert, Gisèle Albert        le 9 Mars 1941
Escalade " artificielle peu difficile "        - Encordement : 15 m.

Un peu à l'ouest de la Voie des 3 lucarnes remonter sans grande difficulté un dièdre légerement oblique. Parvenu dans un renfoncement prendre à gauche une fissure très raide mais courte dans du rocher pourri. On ontinue l'escalade entre deux gros blocs jusqu'à la fenêtre et par la dalle de son bord droit on atteint la crête .

 Traversée des Lames

         I  / Sens classiqu