riou et les Calanques Aujourd'hui

Errances et Reflexions d'une Promeneuse Solitaire

Commençée en 2003 cette partie concernait surtout l'archéologie sur Riou. Puis je me suis laissée entrainer à parler de mes recherches pour essayer d'étayer les réponses à mes propres questions. Pensant qu'étant donnée la longueur des textes il y a peu de chance pour que ce soit lu en entier, j'écris pour "publier"ce que je découvre, je ne mets pas partout les points sur les i. Ainsi je ne me suis pas étendue sur la découverte de l'avion de St Ex. Cela appartient à Luc Vanrell et avec Jacques Pradel il raconte très bien ce qui s'est passé, ce que je pourrais en dire ne serait qu'un résumé de leur livre "St Exupéry: l'ultime secret", et non mon expérience que je décris dans la version américaine.
 

8000 ANS BP

2500 ANS BP

2100 ANS BP

500 ANS BP

290 ANS BP

150 ANS BP

45 ANS BP

APRES 1991

La Grotte Cosquer

Fours à Chaux

Batteries des Calanques

Le Turc

 L'Avion d'Antoine de St Exupéry

Prinz Alexis zu Bentheim

Le Puits des Chèvres

Les écrits relatifs à l'Ile et aux Calanques

Histoire Grande et Petite

A partir de 1963, l'année de la découverte de la Fons sur l'ile de Riou,  j’ai fait plusieurs séjours aux USA, et en Europe je passais mon temps sur les circuits automobiles, jusqu’au jour où on me proposa un travail dans l’équipe de course de Ford à Dearborn. J’y rencontrais un ingénieur Peter Weismann  dont le père avait inventé un différentiel qui équipait les voitures du Mans, et ce fût avec lui que je réalisais mon ambition d’appartenir au monde de la course automobile par le biais technique.
 A Dearborn, une carte postale de Riou , mon Island in the Sun comme chantait Belafonte,  trônait au dessus de mon bureau, mais après une visite éclair en 1966 pour présenter Peter à ma famille l’Ile n’était plus une priorité alors que je découvrais l’Amérique. Lorsque nous avons rejoint la F1 dans les années 80 nous sommes revenus plus souvent à l’occasion de courses ou d’essais à Paul Ricard, mais nous discutions surtout de mécanique, qui était une autre des passions de mon père. Il avait tourné la page de Riou. Il commençait à perdre la vue, il vendit le Flambeau, il vendit la Delage, et ne sortit plus guère du cabanon des Goudes. Ma mère avait appris à conduire sur le tard et il fit encore une carte sur le sentier des crêtes de Signes, utilisant  un décamètre et une loupe de bijoutier.
Quand mon père mourût en Septembre 1991,  j’installais ses cartes aux murs du salon, et je mis au cellier un cageot de tessons.

Le Conservatoire du Littoral acheta l’Ile . Et elle fût déclarée interdite au public, ce qui se révela par la suite être inexact.
Je pris l’habitude de photographier mon ile sur fond de soleils couchants, d’orages époustouflants .

5 ans après avoir perdu mon père, je perdis mon mari. Ma vie continua un moment sur sa lançée,  nous étions passés de la F1 aux bateaux de course offshore grace à mon grand ami l'ingénieur Carlo Chiti, qui lui aussi disparut. Mes fils Christopher et Patrick prirent le relais de notre affaire.   Mes passions étaient éteintes.

Un jour je reçus un fax de ma mère me demandant si elle pouvait donner la carte au garde de Riou pour qu’il la fasse copier. Je répondis que j’y mettais une condition.. Qu’il me mène sur Riou prendre des photos du site qui commencait à s'estomper dans ma mémoire.

C’est ainsi qu’Alain Mante  vint me rendre visite en compagnie de Lucien-François Gantès et Mr Drocourt de l’Atelier du Patrimoine.
Je sortis les tessons massaliotes de -600, les nettoyais tant bien que mal, les installais sur 2 rallonges de table.


LF Gantès arrivant sur la terrasse , y jetta un coup d’oeil et déclara "c’est comme ce que nous avons, du Dressel 7/11 de -50 à +50."
J’étais soufflée, d’autant plus que saisissant un fond il annonça que c’était du punique, ça du bétique, et ça du dressel 2/4. Du fond de mon ignorance , je dûs demander ce qu’était du dressel, et  j’appris alors qu’il y avait eu sur Riou à l'époque romaine une industrie de pêche de thon et de mise en saumure . 

Lorsque je protestais que Benoit lui-même avait identifié les tessons comme étant du massaliote de -600, on me répondit que Benoit n'aimait pas les Romains, et préférait que tout soit grec!

Lorsque j'expliquais que Mr Charles anthropologue du Musée de Paris avait identifié le squelette comme un macédonien vieux de 400 à 600 ans, LF Gantès me dit impatiemment "On ne déduit pas la race par la forme d'un crane, ce sont des théories d'après-guerre".
Cela paraissait plus que plausible! Mais en un après-midi il avait mis à la corbeille à papiers les conclusions de ses distingués collègues.
Cela bouleversait un peu mes plans. Trouvant dans les carnets de mon père le réçit de la découverte de la Fontaine, j'avais  pensé le faire imprimer. Il était évident qu'il me fallait faire un post-scriptum pour faire place aux nouvelles façons de voir, et mettre sur les rangs les tessons qui s'individualisaient . Je demandais à LF Gantès de m'aider à les identifier, ce qu'il accepta aimablement...

Je commençais par étaler par terre 77 pages, une par tesson, et entrepris de les dessiner , les faces intéressantes, section, les diamètres, je notais l'argile, les inclusions, etc.

Puis je me rendis à l'atelier du Patrimoine. Là , je vis un tiroir rempli de tessons semblables à ceux de la citerne, mais venant du Monasterio. LF Gantès me donna un cours rapide, identifia  plusieurs morceaux, me montra des "trucs" pour dessiner les cols dans le bon angle, me parla de comparateur, me conseilla d'acheter le livre de Martine Sciallano "Amphores..comment les identifier " et de me rendre dans des musées et notamment celui dont M. Sciallano est la conservateur à Istres .

Je pris donc rendez-vous. Je fus reçue par Fréderic Marty, céramologue. Nous nous mîmes au travail, puis Mme Sciallano nous rejoignit. Ils identifièrent des anses comme venant de Tarraconaise et de Lusitania, un fond comme étant un mortier, un autre morceau comme étant une tuile récente. En prime, je découvris leur musée qui est un joyau. Pas très grand, dans une batisse historique du XVII , bourré d'amphores, d'objets présentés d'une façon très avenante. J'ajoutais plusieurs livres à ma bibliothèque, y compris un livre qui me plût par son titre " Vingt Milles Pots sous les Mers" et sa couverture dessinée comme mon livre L'Ile Mysterieuse de Jules Verne, mais qui n'avait rien à voir avec les Grecs . 

A la fin de 2004 je commençais à avoir une sérieuse collection de bouquins y compris les Etudes Massaliètes, qui me permettaient d'appréçier le travail des archéologues ces 40 dernières années. Un jour que je visitais le CEEP, je dis à Alain Mante que j'en avais plus ou moins terminé avec mes tessons. Il me montra alors leur collection, ramassée en surface, étiquetée avec la date et l'endroit. Il en avait identifié un comme étant un culot de pipe du 18ème, car il en avait vu des dizaines au Frioul. Consulté pour aider à l'identification de ces tessons émaillés, LF Gantès se déroba car ce n'était pas sa spécialité, me conseillant d'aller à la bibliothèque de la MMSH à Aix.

Il me recommanda un livre qui venait de sortir  "les Iles Côte à Côte".  J'avais repéré sur la carte de mon père une grotte appellée Grotte de Ste Barbe qui est un trou pas très grand. Lisant sur Les Iles côte à côte que les moines s'étaient installés sur les iles , je me demandais si l'appellation de Monasterio pouvait venir de là. Tout ce que je pus découvrir ç'était que Ste Barbe était la patronne des artificiers. Je me plongeais aussi dans 20000 pots sous les mers pour tacher d'identifier les tessons du CEEP. Une photo semblait proche ,je crûs  à du 13ème.

Dans un même temps, en les dessinant, je me rendis compte que 2 morceaux d'une cruche émaillée vert émeraude étaient assortis, et puis en me promenant sur le sentier de douane de Port d'Alon, je vis soudain un petit morceau de céramique avec le même émail vert.
A quelques pas je trouvais un fond de cruche, et en levant les yeux pour voir d'où ils pouvaient venir je vis un mur de pierres sèches.
J'aurais trouvé un trésor, je n'aurais pas été plus excitée:la vue de ce mur  était pleine de promesses!
Une sorte de cabane de 4 m de diamètre, avec un mur de 1 mètre d'épaisseur, presque 2 mètres de profondeur, et en émergeant des pins, pleine vue sur Riou.Je venais de relire Bouillon-Landais qui dit en parlant de la Vigie de Riou que ce genre de dimensions et de construction étaient courantes dans la construction des moulins, et farots  jusqu'au 16ème siècle
Tout de suite milles qu
estions sans réponses. Quelle date? peut-être une autre tour de vigie? puisque sur le sentier douanier, avec les même céramiques, faisant partie peut-être d'un même système de sécurité dans le style tour génoise comme celle d'Erbalunga d'où venait mon arrière grandmère Benigni-Bozouls

  

 

 

    

 

 

N'y tenant plus je me rendis à la M.M.S.H. à Aix. Errant dans les couloirs à la recherche de la bibliothèque , je realisai soudain que les noms sur les portes étaient ceux que je trouvais sur mes bouquins. J'élus Jean-Christophe Treglia dont je venais de lire l'article sur Porquerolles dans les Iles Côte à Côte. Spécialiste de la Haute Antiquité, il eût vite fait de m'entrainer vers le bureau de Lucy Vallauri."Non, non pas du 13ème, c'est du pisan du 16ème, regardez le motif aztèque" (Ce n'est que bien plus tard que je réalisais qu'elle avait dit A stecca , bien que sur le moment j'ai eu un peu tiqué.. mais bon, pas de  mexicain sur Riou seulement du pisan ) S'emparant de 20000 Pots , dont elle est un des auteurs, elle me montra les bols qui correspondaient aux tessons. Et mes cruches émeraude, du 18 ème. Enthousiasmée par son savoir et son amabilité j'achetais d'autres livres d'expositions qu'elle venait de finir, et je repartis chez moi avec un nouvel horizon, celui des guetteurs de la Vigie de Riou et des gens qui travaillent pour le CNRS

Finalement ne trouvant pas en librairie de documentation sur la station néolithique de Riou, je me décidais aussi à contacter Jean Courtin. Il avait fait au moins 3 séries de fouilles sur l'ile dans les années 70, et je trouvais étonnant qu'il n'ait jamais rencontré mon père. LF Gantès me dit qu'il était devenu un reclus en Haute Provence depuis sa retraite. Mais il était partout, et lui aussi incontournable. J'espérais qu'il aurait peut-être une idée sur la grotte de Ste Barbe, l'aurait peut-être fouillée.

Me souvenant d'avoir lu quelque part qu'il y avait du grès qui avait servi de meule aux néolithiques et voulant mentionner ça dans le détail, je feuilletais toute ma bibliothèque en vain. Il y a des années nous promenant dans les collines de Californie, nous avions trouvé un morceau de meule, et plus loin le galet correspondant, pas très loin de rochers pleins de trous qui servaient aux Indiens Shoshones à écraser les glands. J'ai un point faible pour les meules et ce qu'elles représentent pour l'humanité ..elles sont là dans toutes les civilizations, et même le Turc présente une usure de molaires qui pourrait venir du sable mélangé à sa nourriture.
Pendant l'hiver 2003 en Californie, résolue à suivre des cours d'archéologie, mais n'ayant qu'un choix limité, je suivis un cours d'introduction à l'archéologie. Professeur Breece ne saurait trop me parler des grecs, car il était un "néolithique" et avait travaillé à Lascaux. Il nous expliqua la taille de silex, nous montra ces formes étranges qui restaient après la taille des lames et  nous passa (à ma demande insistante) une video sur la Grotte Cosquer : je vis donc Courtin et Cosquer sur le bateau, et Jean Clottes qui présentait la vidéo. Le même Jean Clottes était à ce moment-là  en Californie et donnait une conférence sur Chauvet. J'y allais et lui demandais l'adresse de son collègue, qu'il me donna volontiers. Excellente conférence par ailleurs, qui conquit l'amphitéatre  plein à craquer. Son anglais était remarquable, lui permettant de plaisanter très naturellement. Ce n'est que plus tard que j'appris qu'il était professeur d'anglais à Foix, avant de se consacrer à l'archéologie.

Le temps d'arriver à Port d'Alon, pour ma migration annuelle, je reçus du reclus une copie de son Bulletin sur Riou , une lettre de 3 pages où , entre autres, il m'expliquait (alors que je ne les avais pas mentionnées) que les meules trouvées sur Riou lui avait fait penser que le niveau de l'eau était suffisamment bas pour que les néo ramassent le grès qui se trouve entre les 2 iles . Comme j'avais donné à ma mère les livres sur Cosquer, je savais maintenant pourquoi je n'étais pas arrivée à retrouver cette histoire dans ma bibliothèque.
Il me conseillait d'aller au Palais Longchamps au Musée d'Histoire Naturelle voir le pot du Cardial qu'il publiait.  Les Dieux (Grecs cela va sans dire) étaient avec moi.

Le pot du Cardial qui établissait le site de Riou comme le plus ancien de Provence jusqu'aux fouilles de la Gare St. Charles qui datent l'habitat de la même époque que Riou. (Palais Longchamps - Musée d'Histoire Naturelle)

 

Les cailloux de grès ramassés entre les iles  pour en faire des meules étaient la preuve  que le niveau de la mer était encore suffisamment bas pour atteindre l'ile à pied. (Palais Longchamps - Musée d'Histoire Naturelle)

Comme j'ai un bon coup de pioche et un bon entrainement de jardinage musclé, je m'étais proposée comme volontaire pour les fouilles qui se dessinaient à Marseille . Apparemment en France on n'a pas besoin d'argent ni d'enthousiasme néophyte.. les bienheureux!  En 2004, tout en cherchant ailleurs , je décidais de faire au passage un détour du coté d'Istres pour me remettre en mémoire les amphores. Je découvris le sous-sol consacré au néolithique, que j'avais ignoré auparavant, preuve que ma capacité d'absorption est limitée et que la photo numérique est vraiment tombée à point .
Le terrain près du Cap Couronne étant des fouilles fines, la jeune femme me fit visiter le site déjà fouillé par Escalon de Fonton des années auparavant, et me conseilla de les abandonner à leurs études de doctorat et d'aller plutôt à Chateauneuf les Martigues.
 Le musée était fermé, mais une voisine se revela être une guide bénévole et enthousiaste, ayant participé aux fouilles de l'Abri des Pigeons, avec (on s'en serait douté !) Jean Courtin dont elle est une inconditionnelle.
Le Chateau Neuf des Martigues a appartenu aux Seytres jusqu'à la révolution, le musée renferme non seulement du néolithique, et une collection de roches et de fossiles mais aussi une collection  sortie tout droit des 20000 Pots, puisque plusieurs musées locaux participèrent à l'exposition.  Je retrouvais à Chateauneuf deux semaines après en avoir discuté avec JC Treglia à Aix,  du lustre métallique de Valenza fin du XIVème
Rester un jour de plus et  me rendre au musée Ziem , me familiariser avec la région  que nous avions toujours ignorée au profit de Calissane, c'était faisable .
Acceuillie par un immense tableau de l'ile Maïre par Olive avec déjà les scories qui forment la route de Calelongue et la petite batterie des Croisettes qui date d'au moins 1695, je retrouvais en plus des tableaux,  les grecs et  le haut moyen age. Malheureusement mon appareil numérique rendit l'ame de ses batteries en pleine visite. Bonne excuse pour y retourner un jour! A noter un excellent livre sur les aquarelles de Ziem, avec un CD qui contient près de 5000 aquarelles du peintre.

Je terminais par une visite à la carrière grecque du Cap Couronne et rentrait par la côte m'arrêtant au Musée du Vieux Marseille, avant d'aller voir ma mère aux Goudes.

Le lendemain Mante étant absent, j'élus de revisiter  le Musée Pastré pour voir si je pouvais y trouver des pichets ordinaires de l'époque des gardes de Riou.  J'avais visité le musée des années auparavant, et je me souvenais assez bien des petites céramiques de Picasso, et de la vue fabuleuse des oeil-de-boeufs des mansardes, sur le Chateau d'If.  J'avais complètement oublié la première salle où maintenant je trouvais mon bonheur.. des pots du cardial, des amphores massaliètes, des romaines, des pichets du haut moyen age, des cruches de la vallée de l'Huveaune.

La boucle commençait à se boucler !

Il ne me restait qu'à résoudre mon problème de publication.  Gantès m'ayant recommendé de ne pas publier quelque chose de moche, mais n'ayant pas vraiment de nom à me proposer, je fis quelques tentatives sans grand résultat. Pas assez de matériel. Trop de questions; pas assez de réponses. Il y avait aussi dans mes archives le livre d'escalades, jamais publié parce que trop onéreux à réaliser avec toutes ces photos, tous ces calques avec les tracés d'escalades. Il me fallait trouver une solution.                                                                                                                                  
Ces 3 dernières années si je me suis éparpillée , je me suis regalée. A tel point que je ne désirais plus mettre un point final avec un livre. En regardant mon fils participer à un forum sur le net, je me suis dit que c'était exactement ce que je voulais. Un website évolue, se corrige, s'embellit, receuille d'autres participants. Naturellement, là aussi, je suis une néophyte, mais n'est-ce pas le secret du bonheur, apprendre et découvrir des mondes nouveaux, sans parler des rencontres avec des gens passionants parce que passionés ?
Je ne regrette qu'une chose c'est que tout ce plaisir ne soit pas partagé avec mon père. Lorsque je relis le récit de la découverte de la fontaine et la désillusion qui suivit à propos de ce qu'il appelle la saumure, je pense "Si tu savais.. si tu savais que les amphores qui cassaient à la fontaine servaient à mettre du thon dans du sel  , alors un peu plus un peu moins!!  et que nos massaliotes allaient au besoin chercher de l'eau au Puits des Chèvres. Si tu savais qu'il y avait tout près de la grande Candelle, ton domaine des années 50, une grotte miraculée , et que l'on allait à Riou à pied! "
Chaque chose en son temps.. je n'aurais pas pu suggérer il y a 20 ans de faire un site
J'hésitais aussi me sentant loin d'être prête.
J'aime les choses faites à fond, mais il était évident que si j'attends que ce site soit parfait , il ne verra jamais le jour.  De toutes les choses que j'ai entreprises ces 3 dernières années, il y en a pas mal qui laissent à désirer. Prendre des photos digitales, les manipuler, créer ce site, lire, lire, corriger les premières impressions, rencontrer les gens, faire une synthèse, écrire, penser, éditer, sans parler de l'orthographe.. Après 30 ans d'un language sans accents l'orthographe du  français est pervert! 
Epoque bénie du web. En 3 ans je suis passée de l'ignorance à la confusion!  Heureusement je ne suis pas tenue de faire carrière, ni que ce soit rentable.
 Vous trouverez à plusieurs endroits le signe qui veut dire en construction ou alors en train de faire des fouilles!  et qui servira à revenir au début de chaque section , tandis que l'amphore et le logo retournent à la page d'introduction. En ce qui concerne mes opinions je vais bien sûr corriger, supprimer ou ajouter, et aussi éventuellement  faire une version en anglais de certains passages.

J'entends mon père dire: "Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour perséverer". Pas très enthousiasmant comme programme , mais il suffit de me mettre à la fenêtre pour y trouver l'encouragement le plus extraordinaire qui soit:

(Cliché M.Weismann) au lever du soleil

 Navire de Pierre Ancré dans le Mistral (Jean Courtin)

 

Riou se présente comme un microcosme d'archéologie.
Elle est belle, mais pas très généreuse. Elle est une ile au soleil, mais aussi une ile d'ombres.
Elle parait à portée de la main, mais est aussi insaisissable. Elle est faite d'extrèmes sans être très grande. Elle a une plage magnifique et des tombants vertigineux.
Si elle était rattachée aux Calanques comme il y a 30,000 ans elle serait juste un massif, mais voilà, elle est maintenant une ile qui se drape volontiers dans le superlatif.

Parce qu'elle est une ile, elle a gardé des traces de ceux qui l'ont visitée, habitée, exploitée. Et ce depuis au moins 8000 ans! La séparation en époques historiques est une  tentative d'organisation basée sur les tessons. Comme le mobilier (c'est à dire ce qui est mobile parce qu'on peut le transporter)  est réduit aujourd'hui, je préfère éviter les spécializations, et raconter comment ça s'est passé pour moi chronologiquement. La Grotte de Ste Barbe est un résumé de mon approche tout à fait personnelle et pas du tout académique.

Alain Mante me dit qu'il essayait de savoir à quelle époque les diverses constructions sur l'ile pouvaient avoir été faites. En y regardant de près je repérais sur la carte de mon père une inscription collée contre une barre rocheuse: Grotte Ste Barbe.
Lorsque nous sommes allés voir à quoi ça ressemblait, Alain n'a vu que les fientes et les plumes et les os d'oiseau, et il s'est enfilé au fond pour voir s'il y avait un nid de puffin. Moi, je pensais encore à un ermite du temps de St Cassien, donc j'ai pris des photos de la maçonnerie . Si nous y avons mené Jean Courtin, ce n'est pas parce que je voulais qu'il identifie les murs, mais parce que j'espérais qu'il me dise que cela aurait pu être un abri néolithique. Je pensais que dans les années 70, ils avaient fouillé un peu partout pour avoir une idée d'ensemble, ce qui s'est avéré inexact. Nous avons fini avec un "canon" ou plus exactement un mur de batterie que j'ai retrouvé un an plus tard dans le livre sur les Calanques du Dr Hiely. J'aurais pu faire des recherches auprès de l'armée ou la Marine. Toulon ayant donné les archives à Vincennes, je les avais contactés, on m'a aiguillée sur l'hotel Soubise à Paris, où l'on m'a dit d'aller à Vincennes, car ils ne savaient pas que Vincennes était en réparation, ni qu'ils étaient censés avoir les archives.  Aussi lorsqu'un expert en néolithique vous présente la réponse à une question sur un plateau , on dit merci monsieur Courtin, et on attaque la question suivante.
Encore plus chiches sont les écrits concernant l'ile, et assez décourageantes les conversations avec les survivants qui lorsqu'ils n'ont pas oublié, ou ne savent pas, ou ne veulent pas dire, ou mélangent tout!

8000 ANS BP

2500 ANS BP

2100 ANS BP

500 ANS BP

290 ANS BP

150 ANS BP

45 ANS BP

APRES 1991

Du temps où les Cromagnons visitaient Cosquer le niveau de l'eau se situait environ à 120  mètres plus bas qu'aujourd'hui. Avec le réchauffement et la fonte des glaces l'eau remonta et bientôt recouvrit l'entrée de la grotte ; mais les néolithiques  pouvaient encore dans la journée promener entre Maïre, Cortiou, Jarre et Riou.
Nous connaissons tous maintenant l'histoire des 3 squelettes de la Grande Sablière qui parce qu'ils étaient grands et avaient de belles dents blanches furent pris pour des Anglais, et probablement tossés à la mer. Des squelettes des descendants des Cromagnons de Cosquer il y en avait donc à Riou, il y en avait aussi à Jarre à la Baume des morts soupoudrés d'ochre. Il y en a eu peut-être à Cortiou, à Maïre  où l'on a trouvé des amas de coquillages, des meules, des outils, de la céramique.

il y a 8000 ans sur Riou , les Campeurs Néolithiques de la Sablière

 

Ils habitaient à la Sablière ces  anciens occupants de l'ile, qui n'en était pas une lorsqu'ils s'installèrent. S'ils sont restés là  près de 6000 ans, c'est qu'ils y trouvaient à manger et boire. Les meules de grès en font foi, les pots de stockage, la hache. Malheureusement à partir de 1860 avec les constructions de la rue de la République et de l'égout le sable fut ratissé et emporté, et avec lui 90% de l'habitat néolithique de la Grande Sablière.

                       
 

Le pot du Cardial (fouilles Courtin) qui établissait le site de Riou comme le plus ancien de Provence jusqu'aux fouilles de la Gare St. Charles qui datent l'habitat de la même époque que Riou. (Palais Longchamps - Musée d'Histoire Naturelle)


La Sablière était alors un vallon empli de sable grossier, propice à la culture  et à l'établissement des campements. Lorsqu'ils apportèrent le grès pour leur meules, Riou était encore une presqu'ile et c'est en marchant entre Plane et Riou qu'ils trouvèrent ces roches! Sinon il aurait fallu qu'ils aillent jusqu'à Bandol.
L'endroit passablement abrité des vents , l'était peut-être aussi par des chênes verts, dont il reste un exemplaire près du campement.


Les cailloux de grès ramassés entre les iles  pour en faire des meules étaient pour Jean Courtin la preuve  que le niveau de la mer était encore suffisamment bas pour atteindre l'ile à pied. (Palais Longchamps - Musée d'Histoire Naturelle)

Ce qui m'étonne souvent c'est que sur 200 m² si on trouve 5 tessons, ils appartiennent à des pots différents. Evidemment en 5500 ans il y a eu du changement de style dans la vaisselle, mais cela implique qu'ils ont fait leur cuisine au même endroit pendant un sacré bout de temps. Dans ce qui suit ,tous les renseignements et les photos sont tirés avec son autorisation du livre de Jean Courtin "les premiers paysans du Midi", et sur des résultats de fouilles qu'il a bien voulu me  communiquer.

 

 

 

 

 


 

 

 

Col de jatte avec trou de réparation ou de suspension 

                

                 

 Coquille d'oeuf fossilisée, Bïous, arapèdes               Départ de Anse de Jatte décorée de 3 cordons  

                                         

Comme avec les amphores, si on trouve un tesson de col ou de anse on ne sait pas toujours à quoi ressemble le pot entier. On est souvent surpris dans le positif : les dimensions sont souvent importantes, les décorations astucieuses, témoignage d'un sens du fonctionel et et d'un sens artistique alliés à une grande liberté d'exécution.                                               


 

C'est assez émouvant de voir un restant de foyer, de voir un morceau de pot  perçé d'un trou, dont  la cassure fut réparée en y passant un lacet probablement fait d'un boyau, après avoir collé les morceaux avec de la colle de peau de poisson. De trouver des bïous avec le tortillon cassé pour les extraire, et de se dire il y a au moins 5000 que ces cendres et ces morceaux sont là, témoins de la présence d'autres hommes et femmes.

2 éclats de silex  receuillis par Jacques Collina-Girard
La coquille d'oeuf fossilisée en haut à gauche trouvée par Alain Mante.. A chacun son expertise!

Ce pot  est un témoin de l'expertise  des potiers néolithiques. D'une hauteur de près de 60 cms il est renforçé, décoré et pratique pour le storage de récoltes durement gagnées . Musée de Chateauneuf-les-Martigues.
 

En récupérant le bijou de hache en pierre verte polie trouvée par Alain Mante dans un trou de lapin, L-F Gantès  remarqua plaisamment "Que feraient les archéologues s'il n'y avait pas les lapins?"  Je n'ai pas eu la présence d'esprit de prendre une photo lors de cette première rencontre. J'emprunte donc deux photos à Jean Courtin pour montrer qu'il y a vraiment un échantillonage extraordinaire dans l'ile, car il mentionne que les pierres taillées sont en minorité au cardial.

Démonstration d'abattage d'un arbre par une hache polie  semblable au morceau de Riou qui est  de couleur verte                                        

Et puis, avec la mer qui remontait grâce à la rapide fonte des glaces, l'ile devenait moins abordable.
Lorsqu'ils sont devenus hommes de l'age de bronze Riou était une ile. Ils ont donc préféré Maïre où le père de Luc Vanrell a récolté des objets de bronze pour Fernand Benoit,  dans les années 50.

 

il y a 2500 ans , les Campeurs Etrusques et Gréco-Massaliètes de la Sablière


Petit anachronisme.. Kybele étant inspirée du bateau d'Ulysse, environ mille ans avant nos Phocéens.
Mais comment résister à ces yeux?
Merci aux etudiants et professeurs turcs qui sont venus de Foça en 57 jours après avoir construit cette merveille qui semble bien exposée aux coups de mer.

 

Qui étaient les hommes qui campaient sur Riou il y a environ 25 siècles à cet endroit?

 

Etaient-ce des commerçants étrusques  faisant étape ?
L-F Gantès qui a étudié les tessons du Musée archéologique de Borely nous les montrent installés ou commerçant avec les tribus occupant les oppidums  avant l'arrivée des phocéens. Un de leurs bateaux sombra entre Plane et Jarre, un autre au petit Conclu, une autre fois ils ont pû trouver un emplacement de camping avec des traces d'occupation humaine sur la grande Sablière. Cela suffirait sans doute à expliquer pourquoi ils se sont installés au même endroit.
Que faisaient-il au puits des Chèvres? Prenaient-ils seulement de l'eau ou aussi du fer qui affleure tout près?

Ou bien étaient-ils des pêcheurs massaliotes qui avaient recupéré des amphores, des mortiers amenés par des commercants étrusques., puis plus tard des coupes grecques.

Ils pratiquaient la pêche au thon, mais aussi au corail.
De toutes façons, la découverte d'un morceau de kylix dans un trou de lapin , des tessons d'amphores massaliètes anciennes, des tessons étrusques indiquent que ces pêcheurs et commerçants du coin ont utilisé le site pendant 600 ans à peu près,  avant l'arrivée des romains en conquérants. 


Mur d'habitat  qui a retenu le sable  

    
Par ailleurs, il est remarquable de voir que c'est précisément sur un espace grand comme une maison que plus tard on installa un four à chaux , détruisant le site étrusco/massaliote, et, parodoxe , le protégeant de l'éradication complète par les marchands de sable des années 1850.

Le Dr. Capitan écrit dans son rapport qu'il y a des tessons grecs . Il mentionne de la poterie géométrique et attique. A ce jour je n'ai jamais vu de poterie de l'age géométrique sur l'ile. Mais comme il en parle il faut supposer qu'il y a une centaine d'années les tessons en contenaient. ce qui placerait l'occupation du site bien avant l'arrivée des Phocéens. Il faut espérer que ces tessons ont fini au musée d'archéologie.

Espérant trouver en Grèce un style de vie et de travail plus proche de nos grecs et de ce que j'avais trouvé à Foça, je pensais depuis quelques années à aller en Grèce.
 Ma connaissance des Grecs remontant au Lycée, mais surtout à un livre de jeunesse: les contes des mondes Grecs et Barbares, donc plus que sommaire, je suivis un cours sur l'Art et l'Architecture Grecs. . Depuis la découverte d'Akrotiri, je m'étais aussi  promis d'y aller. La Prof, Irini Vallera/Rickerson, une grecque installée aux USA offrait un voyage pour découvrir son pays . Je devais en fait aller au Machu Pichu avec Cate rencontrée au Testaccio avec laquelle j'avais visité Paestum , Pompeï et Naples l'année précédente. Sur internet je tombais en arrêt sur une offre de découvrir la Grèce avec l'Aegean Institute en suivant des cours de plongée et d'archéologie sur l'ile de Paros. Le Pérou pouvait m'attendre! Je joignis les 2 programmes , ce qui me laissait 1 semaine à Athènes entre les deux. En 6 semaines j'ai obtenu mon premier certificat PADI et pu me faire une idée de la Grèce qui m'a enchantée , et je recommande vivement les deux expériences.  En dehors du fait que j'ai choisi l'année où , à Akrotiri le toit du site s'est effrondré tuant un touriste , ce qui a entrainé la fermeture de la zone archéologique, tout a été mieux que prévu. J'ai même pu faire un pélerinage à Corinthe où le parrain de mon père était ingénieur lors du percement du canal qui détruisit un petit autel de Poseïdon. Il en rapporta un échantillonage des petits vases à offrande dont je suis l'heureuse héritière.
En ce qui concerne Massalìa: Le trésor des Marseillais  à Delphes est plutôt conséquent, en marbre de Paros,(le marbre le plus beau du monde nous a-t-on dit à 90 mètres sous terre dans une antique carrière de l'ile!), même s'il n'est pas près du temple d'Apollon. Il est  près d'Athéna Pronaïa et d'un splendide tholos. Il fait réaliser que les Phocéens  devaient appréçier l'endroit qu'ils avaient colonisé et que c'est à Apollon qu'ils avaient dû demander conseil, en plus d' Artemis d'Ephèse. (Ces dieux sont souvent assoçiés puisqu'ils étaient frère et soeur nés à Delos, Apollon, Dieu du Soleil et Artémis, Déesse de la Lune)



I
nterpr
étation du lieu au Musée de Delphes

Détail des statues des frises du Trésor des Marseillais

 

 
Une Massaliote admirant le trésor des ancêtres en marbre de Paros


La source au laurier d'Apollon et le tholos voisin du trésor des Marseillais

En tous cas apparemment ils faisaient tous la même chose. Ils partaient coloniser une autre ile ou un autre endroit pour des raisons diverses, et avec le trésor construit à Delphes, ils se comportaient comme les grecs restés dans la mer Egée.  Massalìa, "ile" grecque de la Méditerranée occidentale! S'ils ont offert une statue à Athena qui ne rentrait pas dans son temple, l'avaient-ils aussi invoquée, ou était-ce pour la remercier de leur laisser un morceau du terrain dans un site convoité pour y construire leur Trésor?
Delphes , pas plus que Delos , ne présente plus de coté mystique, en dépit d'un énorme laurier rose qui célèbre encore le dieu, et de l'eau qui a été détournée de la fontaine.

Les deux sites sont sacrés (à mon avis) parce qu'il y a de l'eau en grande quantité et qu'ils représentaient une source de revenus. Mais quelle étrange idée d'aller s'installer à flanc de montagne et de  s'y cramponner en dépit des tremblements de terre, et des rochers qui sont venus écraser les temples à plusieurs reprises, au point que celui d'Athena fut finalement reconstruit un peu plus loin. Cela laisse rêveur.. sur la manière de penser et d'expliquer  que les Dieux, que l'on s'efforce d'honorer en faisant des travaux  titanesques, ne font rien pour les épargner. A Delphes Apollon aussi bien qu'Athena se désintéressaient totalement de leur sanctuaires! Quant à Zeus il n'est que de voir à Agrigente et à Olympia les temples qui lui étaient consacrés gisant à terre!!

Mais lorsqu'on est à l'omphalos ou nombril du monde, on se rend mieux compte de la place que tenait Massalìa dans le monde Grec, cotoyant les Atheniens, Naxos, Siphnos , Grecs à part entière, alors qu'il n'y a pas trace de Phocée, et pourtant les Phocéens avaient aidé les Athéniens avant Salamine.
 Dommage que Pausanias n'ait pas eu l'idée de venir du coté des Calanques, au moins on saurait à quoi s'en tenir sur la position des temples d'Apollo et d'Artemis à Massalia.
     

Emplacement du nombril du monde à coté du Trésor des Athéniens                    version romaine

J'ai enfin reglé ce qui me génait avec Phocée depuis la 6ème au Lycée Montgrand. D'abord c'était en Asie, et puis je ne faisais pas trop la différence entre les pheniciens et les phocéens. Ils avaient crée Massalia, et puis on n'en entendait plus parler.. et pour cause! Avec les Perses qui arrivaient les poings tout faits , ils ont préféré plier bagage et s'exiler autour du Lacydon. Au Lycée, on ne m'a jamais expliqué que pendant 600 ans on avait parlé le Grec à Marseille, que c'était ce coté "insulaire" qui avait perduré sur leur rocher.
 Dans le Méridional on lisait le livre de Bouyala d'Arnaud. J'en avais retenu que Marseille et Phocée se ressemblaient. En 1998 à l'occasion d'un grand prix offshore à Istambul, je pris une voiture et descendis par la côte jusqu'à Phocée ou plutôt Foça (Fotcha) Effectivement un port rectangulaire, des collines, des iles, un peu endormi, Massalìa ! L'eau à 25 degrés. Sur un des promontoire je trouvais une plante séchée qui ressemblait à une asphodèle.

Mais je ne réalisais pas encore à quel point  ils étaient restés grecs dans leur colonie de Ionie, aussi  aller s'installer à l'autre bout de la méditerranée n'allait pas changer ça, au contraire, tout était dans l'ordre , les Dieux étaient pour. Il ne restait qu'à partir sans se retourner. 

D'où venaient-ils ces colons grecs avant de s'établir en Asie? parce qu'il semble qu'ils n'aient pas cédé à l'impulsion de mettre des temples partout, comme ceux qui se sont établis à Agrigente ou à Paestum. J'avoue qu'à Delphes , l'idée m'a traversée qu'ils avaient mis tout leur argent là où ça comptait, à Delphes plutôt qu'à Marseille!
Je me souviens pendant ce voyage à Foça, avant le Cap Baba avoir visité le temple d'Apollon Smitheion   Il y avait par terre, dans un coin pas très loin de l'inévitable fontaine , un chapiteau abandonné  en marbre sculpté d'une délicatesse étonnante. Phocée, elle, ne parait pas avoir été mieux lotie pour les artistes que Massalia. Ils étaient des marchands et des navigateurs, pas des sculpteurs.

 La fontaine près du temple d'Apollon Smitheion  Le chapiteau


Le chapiteau de Massalia.
 

En réponse à cette question j'ai touvé dans un livre anglais que les Phocéens venaient de Phokis, une région près de Delphes d'où ils ont envoyé des colons en Ionie. Et leur ville du même nom fût rasée par les Perses. Il leur a fallu atteindre Massalia pour ne plus les avoir sur le dos!

Il y a 2100 ans les Pêcheurs de Thon qui nourrissaient les Légions Romaines puisaient de l'eau à Fontagne

                                                                                                                                                                           
Aussi incroyable que cela paraisse on trouve encore des vertèbres de thon vieilles de 2000 ans dans les pêcheries des Massaliotes au milieu des tessons d'amphores à saumure. Dans le site de l'Aiglon les destructions des maisons de la Calanque ont servi à camoufler les nombreux tessons sous d'innombrables morceaux de tuiles et de briques. Il devient aussi de plus en plus difficile de distinguer ce qui a 2000 ans de ce qui est apporté par les gabians des poubelles de la Crau.


Au moins l'un des tessons a été employé dans la construction des cabanons de l'Aiglon. Une anse de cette grosseur apartient à une amphore à huile fabriquée en Espagne, appellée Dressel 20.

 J'ai dit comment j'entendis le nom de Dressel la première fois. Cet archéologue allemand étudiant des amphores à Rome dressa une liste de 45 types d'amphores et leur attribua des numéros . Par exemple,ce qui est connu sous le nom de Dressel 1A est une amphore italienne pour transporter le vin dans les années -200 -100 , la Variante Dr1B suit dans les années -100 à -25.

Cherchant toujours à faire des fouilles qui aient un rapport avec mon projet, je tombais sur un site "ArchaeoSpain" offrant 2 semaines de fouilles au Testaccio. Sur "Amphores, comment les identifier? j'avais lu à propos de Dressel qu'il avait travaillé sur une colline faite d'amphores cassées, empilées. D'après la brochure c'était au coeur de Rome(?),  à deux pas de la Pyramide  (?) et du joli temple rond près du Tibre, tholos de Castor et Pollux .  Il était question de 25 millions d'amphores. Foin des musées, je trouverai là les 45 amphores Dressel en morceaux certes, mais on peut au moins étudier la pate, le dégraissant, etc.
J'avais aussi été frappée dès le début par des contradictions. Les uns disaient que les amphores servait une fois, d'autres qu'elles étaient recyclées. Il était évident que des gens de petite condition mettant la main sur une amphore même vide en auraient tiré parti, ne serait-ce que pour storer de l'eau. Mais là, il était tout aussi évident que pendant 400 ans les Romains cassaient les amphores qui arrivaient dans leur port. Je me devais d'aller voir cela.
C'est ainsi qu'en Octobre 2005 je rejoignis 7 américains et une dizaine de doctorants de l'Université de Barcelone avec leur Professeur Remesal. Nous étions bien au coeur de Rome, la Pyramide étirée en hauteur était un tombeau de marbre, et la Colline d'Amphores était bien là avec une ceinture de discos et de bars, à coté des abattoirs. Làs , pas question de trouver les 45 Dressels. Nos Spaniards ne s'intéressaient qu'à l'epigrafia des Dressel 20  , c'est à dire les inscriptions sur les amphores à huile. Sur le haut de la colline, chaque année,  ils creusent des trous dans des épaisseurs de tessons. Car en haut de la colline, on ne trouve pratiquement que des amphores à huile venant de Bétique c'est à dire de l'Andalousie,  quelques unes d'Afrique, et encore moins de Grèce. Qui plus est, ces amphores, qui apportaient sous forme d'huile les impots perçus par les Romains, rançissaient et ont été recouvertes de chaux. Pour pouvoir lire l'épigraphie il faut les tremper dans une solution acide, puis les brosser pour enlever la précipitation crayeuse.  L'un des doctorants, qui parlait très bien le français m'expliqua qu'on trouve les Dressel 20 partout, en Allemagne, en Ecosse. Déjà cette colline était incroyable, mais  attention, ce n'est pas du travail de Romain, c'est du travail d'Espagnol, car il fallait les tourner dans des ateliers tout le long du Guadalquivir, il fallait ramasser l'argile, l'eau, le combustible pour les cuire. Il fallait aussi récolter les olives, les presser, remplir les amphores, les transporter aux bateaux; J'ai calculé qu'il est parti l'équivalent d'un bateau chargé de mille amphores tous les 3 jours pendant 400 ans, parti de Bétique le plus souvent de Cadix , remontant la côte d'Espagne, suivant les Baléares cinglant vers Bonifacio et puis Rome, rien que pour batir cette colline du Testaccio. Et sur chaque amphore le poids de l'amphore vide, le nom du commercant (je n'entrerai pas içi dans la querelle à propos de ß ) le poids de l'huile, la vérification. Cette fois-ci sur le Testaccio les Espagnols ne faisaient rien, c'était deux Romains, juste retour des choses, qui creusaient un trou de 2X4 sur 6m de profondeur. Professeur Remesal, sa barbiche à la Don Quixotte en bataille, me dit:" Içi nous les Espagnols, nous sommes chez nous, nous sommes en Bétique. Et les Français aimeraient bien y être, mais ils ne peuvent pas !" Vive l'Europe!

Il n'y a qu'à se baisser pour les ramasser

Professeur Remesal était à la recherche du mur d'Hadrien, un "mur" d'amphores entre la partie vieille de la colline et la partie ajoutée contre le flanc plus tard. Les tessons s'empilaient dans des caisses, trempaient dans l'acide, puis étaient mis dans des bacs d'eau, entourés de 4 esclaves américains qui brossaient et se disputaient l'honneur de trouver une inscription et de pouvoir mettre leur tesson dans la caisse de l'epigraphia.

Beta est le nom du commerçant avec un trait en diagonale à la fin et les chiffres romains en noir, au dessous donnent le poids de l'huile.. joli coup de plume

 Nous n'avons pas retrouvé le mur d'amphores du temps d'Hadrien (voir photo ci-dessous) au fond de notre trou. Nous n'avons trouvé que les signatures des douaniers de l'époque de Commode , donc 189 après JC,  60 ans trop tard.  Pour moi j'ai aimé trouver le petit couvercle d'argile avec un pécou, qui fermait l'amphore.

              

J'ai aussi aimé trouver les "orientales" qui venaient de Grèce et les Tripolitaines ou les Bizacena tellement raffinées comparées aux Dressel 20 qui ont des parois de 1 à 2cms d'épaisseur. Nous ramassions des "forma" en plus de l'epigraphia. Les cageots s'empilaient, et les doctorants entamèrent la reconstitution du puzzle en  essayant de trouver le col, l'epigraphia, les anses qui venaient d'une même amphore. Ils jouèrent des coudes. L'un d'eux recopiait sur un calque en plastique toute l'épigraphia, un autre remplissait une fiche avec tous les détails des morceaux reconstitués. Car, comme partout , ils n'ont pas le droit d'emporter les tessons chez eux, seulement leurs data. Je suis repartie avec une grippe (j'ai oublié de dire qu'un jour sur deux il pleuvait) et une indigestion de Dressel 20!  C'est l'Amphore Incontournable: Pas un musée qui n'en a pas!  Il y en a même eu sur Riou.. retournons-y .

Si l'exploitation de la saumure a duré 100 ans d'une manière intensive, il y a relativement peu de casse surtout si l'on pense que les amphores utilisées étaient des amphores de transport avec des fonds pointus . Faute de trépieds on pourrait imaginer qu'elles étaient plantées dans le sable de la plage. Dans les galets entre la plage et les tamaris on trouve pas mal de morceaux roulés par la mer.Mais elles étaient aussi storées sur les versants . Où étaient les bacs à saumure, et d'où venait le sel?  Là encore, l'exploitation de la Sablière au 19ème siècle et les locations de l'Armée (la Marine ne reprend l'ile qu'en 1939)  a amené l'oblitération du tiers du site par la construction des cabanons, de la citerne, du vivier,des terrasses, des escaliers . Il est à craindre aussi que contrairement aux usines de salaisons de la Tunisie et ailleurs, nos pêcheries locales ont eu un caractère artisanal, pauvre, faisant avec les moyens du bord. On peut se demander si la citerne de la maison de l'Aiglon a été batie dans un bac à saumure.  A moins qu'ils n'aient utilisé des dolia. Celui de Fontagne fait 50 cms de diamètre au col, mais la panse ne se renfle pas très vite et rappelle les jarres d'Entremont à Gaëtan Congès. Je n'ai pour l'instant pas trouvé d'équivalent dans les musées. Nous n'avons pas vu de tessons de ce type au Monasterio.
Après la pêche , nos pêcheurs massaliotes nettoyaient et coupaient leur poissons. Faisaient-ils du garum? On peut imaginer que oui, car les entrailles de thon devaient en produire une quantité intéressante, mais je n'ai pas encore vu de tesson d'amphore approprié
S'ils faisaient du thon ils étaient donc sur l'ile de mai à Novembre. Bonites et maquereaux devaient aussi être au menu.

Faisaient-ils sécher le poisson sur les versants? et dans ce cas, où campaient-ils? Nous savons qu'ils prenaient de l'eau à boire à Fontagne et allaient jusqu'au Puits des chèvres. Il n'y a pas trace de leurs amphores à la Sablière. , mais si leur campement était au milieu , il n'en resterait rien de nos jours. Ils pouvaient aussi camper plus loin dans le vallon de l'Aiglon . Mais là c'est un four à chaux recouvert de lentisques  qui couvre la zone.

L'endroit a été tellement remanié par la construction et destruction des maisons que l'on ne saurait dire s'ils campaient là. C'est plus à l'ouest que l'on trouve de la vaisselle fine, des anses de coupes, de la campanienne, mais l'endroit est très exposé. On peut imaginer qu'ils devaient rester pas trop loin pour empêcher les gabians de partir avec le poisson.

En rentrant de Grèce je suis allée voir à quoi ressemblaient les 2 sites contemporains de l'Aiglon et sa saumure. A l'ile Verte, ce n'était pas  comme aurait dit Colette "Une ile entourée d'eau, une ile quoi!" mais une ile entourée de bateaux. Les amphores du musée de la Ciotat qui sont de beaux exemplaires de massaliètes à fond de toupie et de romaines viennent de deux épaves . Les fonds sont en argile rouge et ont une forme beaucoup plus élégante que les Dressel 7/11 massaliètes que l'on trouve à Riou. Je pense que Riou pratiquait une pêche semblable à celle de l'Ile Verte , puis cela devint une industrie pendant une centaine d'année, vue la quantité de tessons. et l'étendue du site. Une visite aux Embiez s'est revélée très décevante.. l'eau à 24 degrés sans doute responsable d'une algue flottante et assez rebutante. Rien dans les endroits abordables et non developpés qui ressemble à Riou.

A Fontagne les tessons de la chambre sud et autour de la Fons sont en majorité des amphores à saumures. J'avais receuilli ce col d' amphore massaliète dans la Calanque ce qui me permet de dire qu'à partir de -500 les grecs de Massalia arpentaient l'ile et débarquaient à Fontagne. Il y a d'ailleurs une épave massaliète sur les tombants de la Bouléjeade, si j'ai bien compris la publication d'A. Hesnard.

Au Musée de St Raphael, les amphores sont entières, alors que je n'en ai que des morceaux!

 

Amphore Massaliote

Amphore d'Apulie

Dressel 2/4 à vin

Dressel 7/11 à saumures

Amphore greco-italique
à vin

Dressel 20 de Betique
à huile
Musée des Vestiges

Presentation d'amphores à saumures et à huile devant un bateau qui aurait pu les transporter.
 Musée des Vestiges

L-F Gantes pense qu'il s'agit d'un pavage antique . A l'ouest de la Calanque de l'Aiglon, il fait partie du sentier historique qui va de Fontagne au puits des Chèvres
 

 

Il y a 500 ans, les Guetteurs de la Vigie  Capturaient les Faulcons pour le Roy de France


Le Faucon Pelerin

Du temps des Romains, et des compte-rendus de Strabon c'est Maïre qui a la primeur si c'est bien elle la Positio Immadras. J'ai lu qu'il y a eu un farot sur cette ile. Sans doute à l'emplacement de la tourette qui date de la WWII. LF Gantes a receuilli au pied de la falaise des briques en argile micacée, semblables à celles des fouilles de la rue Leca. Il y a aussi de la céramique à vernis noir, des amphores Dr 1A. Donc un poste de guet en "dur" sur l'Ile Maïre au temps des grecs. Mais au Moyen Age elle cède la place à celles de Marseilleveyre et Riou


Brique de fabrication massaliète - Vigie sur Maïre du temps des Grecs


 

La Vigie de Marsilhoveyre

La première mention du Farossium in loco de Masselhaveyra remonte  à 1302. Il s'agit bien entendu de la vigie qui fait face à Riou, et qui se trouve au sommet du Massif à une altitude de 432 mètres. Elle fonctionna jusqu'en 1814. Il y avait 2 guetteurs qui communiquaient avec la Turris de Gardia, et le farot de Rieu. Il est à noter que la Vigie de Marseilleveyre est très souvent dans les nuages. Mais s'il fait mauvais temps il y a moins de risques d'attaque


Microfilm du parchemin de 1302 donnant la liste des vigies , la Couronne, Carro, Notre Dame de la Garde, Masselhaveyra, Ile de Riou, Bec de l'Aigle dans la Paroisse de Ceyreste, celle qui suit est à Ollioules.
(Archives des BDR)

Pons de Servieres, Pierre Alfant  payés 4 florins 2 gros pour le mois de Mars 1408

Loys Negreu, son fils et  Peyre Vailha remplacent les 2 gardes tués en Mai 1527 sont payés 5 florins par mois.

 

Vue de Riou à partir du sommet de Marseilleveyre à plus de 3 kms

Vue limitée  de Jarre par temps gris

Glorieuse vue sur la colline de la Garde qui cache la ville antique de Marseille; y compris le port, donc ce n'est pas l'endroit d'où l'on voit Marseille , mais plutôt le Massalia Veterem  l'oppidum des "Ligures" d'avant les Grecs
Lorsqu'elle fut fermée temporairement en 1696 la ville paya le 31 juillet 140 livres d'arriérés à François,  fils de Pierre Puget, pour l'achat de bois de sa propriété pour faire fonctionner le farot pendant 2 ans.
Elle fut fermée définitivement en 1814, d'après Chaumelin par les Anglais.. qui firent subir le même sort à celle du Cap Gros la même année, et ce après qu'ils aient attaqué avec succès en 1813 Morgiou, Cacaù, le chateau de Cassis et l'Ile verte (Il y avait aussi une Vigie au Bec de l'Aigle )En 1864, sous  Napoleon III, ces vigies furent remplacées par les sémaphores de Canaille et de Calelongue.

La Vigie de Marseilleveyre fut transformée en refuge du Club Alpin Français au début du 20ème siècle, avec l'ajout d'un second étage. En 1896, le 2 Mars une croix de mission fut érigée par les populations de Bonneveine et de Montredon (8 mètres de haut  1.50de large). Une tempête l'emporta en 1900. Le site est probablement celui du farot, car de la Vigie on ne voit pas la Turris de Guardia.
Comme ce n'est pas une tour ronde chère à Robert le Sage, comte de Provence , elle doit peut-être sa forme carrée à des modifications au 15, 16 et 17 siècles. La citerne est toujours là , construite en briques, mais inutilisable comme la majorité des points d'eau dans les calanques.

Site du Farot ?

Derrière la ruine l'Ile de Riou et Plane


Le même sort fut reservé à une autre vigie en ruine qui devint le Refuge Frison Roche au Cap Gros
derrière la Grande Candelle.

En contrebas sur le centre gauche, les ruines de la Vigie/refuge . La flèche rouge indique celle du Cap Gros en ruines sur les cartes de 1904 , aménagée en refuge en 1933, visible ci-dessous

Cap Gros - 1930  -  Cliché Dr. Albert  

Cap Gros - 1962  -  Cliché Dr. Albert 

Au Cap gros, déjà en 1962 la dégradation depuis 1930 est alarmante si bien qu'on peut dire qu'il ne reste de l'ancien sémaphore probablement contemporain de celui de Marseilleveyre que la citerne. De nos jours il n'y a plus de toit au refuge, mais l'eau de la citerne est buvable.

 

La Vigie de Riou


Carte du Sieur HenryMichelot, capitaine réal des Galères  (1716)


Carte du Sieur Michelot  (1736)

Elle  fonctionnait en 1295 et fut fermée en 1695. Il faut rendre grâces à Bouillon Landais qui était archiviste de la ville et qui laissa en 1859 une compilation de ce qu'il avait trouvé se rapportant aux gardes et aux Vigies

Bouillon-Landais dit qu'il y a une cheminée et une citerne à l'interieur, et l'on peut se demander comment la citerne se remplissait, et comment on y avait accès. . Et s'il y a cabane pourquoi les gardes devaient-ils se réfugier dans la tour en y montant par une échelle ? Pourquoi monter une tour de 6 mètres au dessus du sol. Les pavés qui la formaient encore , ou qui formaient seulement les fenêtres en arc de cintre sont disséminés aux alentours. Il y en a quelques uns au sol. Quant à la cheminée je ne vois pas où elle aurait pu être, peut-être à la meurtrière ?
Le dessin fait par Firmin  ne montre pas la meurtrière qui existe toujours, mais que l'on ne voit pas selon l'endroit où l'on se place pour prendre une photo

Se basant sur le dessin de la couverture du Bulletin , et sachant que le diamètre intérieur de la ruine est de 4 mètres, mon père déduisit qu'en 1858 la tour mesurait encore 6 mètres de haut. Déjà il y avait une échancrure en V, qui à mon avis était une porte. Il y a là deux très belles pierres roses taillées qui semblent venir du Cap Couronne. Il me semble inconcevable de batir une tour à 192m au dessus du niveau de la mer et de devoir y entrer en montant sur une échelle. Sans parler de jouer les acrobates par jours de mistral. L'échelle servait certainement pour allumer le farot sur le toit de la tour.
 


Meurtrière   vue de l'extérieur de la tour


La meurtrière   vue de l'intérieur de la tour

La "porte" aux pierres roses extérieur

La "porte" avec 2 pierres roses (de la Couronne?)
 de l'intérieur

Les avis diffèrent: BL la trouve en maçonnerie ordinaire et construite avec beaucoup de soin.
Philippe Rigaud (Des Iles Côte à Côte) trouve la qualité de construction des murs à la chaux médiocre, les lits de pose irréguliers.

BL voit la citerne au nord, creusée dans le roc  voûtée en pierres, revêtue de béton à la pouzzolane.
PR la voit à l'ouest, voûtée encombrée de pierres.
Je la voie plutôt à l'ouest- , ce qui me fait conclure que BL n'avait pas de boussole avec lui car il place à l'Est une cabane qui est au Nord de la Tour Il est donc à 90° du réel. Comme elle est aujourd'hui farçie de pierres et de briques il est difficile d'y voir du béton à la pouzzolane, ou même d'y voir une citerne et encore moins creusée dans le roc. Le roc manque c'est vrai, mais il semble que la voûte le remplace pour assurer une base solide à ce morceau du mur de 1m d'épaisseur de la Tour qui autrement était  bati sur du vide. Lorsque je vois la construction de mon cabanon des Goudes dont le mortier semble être de la terre après une centaine d'année j'aurais plutôt tendance à trouver ces murs qui depuis 700 ans sont à tous les vents , bien batis!
Quant à Chaumelin , lui, il y voit un four!  Mais comme il se croit à la "Tour du Sarrazin qui daterait d'avant Jésus Christ " ..

Les avis diffèrent aussi à propos du nombre de maisons. Lorsque les archives parlent de maisons, il était question de toutes les vigies. BL voit une cabane en ruine, PR en voit 3 . Un replat adossé à une barre rocheuse ne constitue pas nécessairement une cabane, même s'il y a quelques pierres posées les unes sur les autres à l'autre bord du replat.
Par qui? et quand? Même s'il y a effectivement 2 emplacements supplémentaires je les vois plutôt en "salles à manger" extérieures, la cabane étant petite . Peut-être l'emplacement du poteau à fanions. La construction de la cabane est décidée  en 1442 par le conseil de la ville et commandée à un maçon, la charpente est, ou installée (sans commentaires) ou refaite en 1451.. 18 falquetas, 4 traversas, C agus!
En 1480 elle est réparée à nouveau pour une dépense de 1 florin 7gros pour 12 planches de bon bois et 100 clous. A quel moment y a-t-il eu les tuiles que l'on trouve disséminées ainsi que les pavés de terre cuite, dans les éboulis tout autour?
Dans les autres dépenses il y a le bateau, un des 3 gardes ayant la permission d'aller au ravitaillement une fois par semaine. Il y a donc achat de bateau. On se demande comment un seul homme  naviguait de Riou à Marseille avec une voile et des rames, mais c'est aussi le moyen de transport de Marius Chaumelin en 1850, il va de Sormiou à Plane en quelques heures.
Un bateau est payé 15 florins à Barthomeu Florentin en 1522, 6 ans plus tard le bateau est "rompu" et on en achète un autre à Johannon Besson pour huit escus sol..

Il y a une échelle  achetée à Renaud Boyer en 1484 pour "monter en haut". Si le farot était sur le toit-terrasse de la tour, ce serait plutôt pour monter sur l'emplacement du farot que dans la tour qui parait avoir eu une porte .

Enfin dans les autres dépenses importantes il y a un mât (appellé  arbre), une voile, des poulies et des cordages; il est renouvelé en 1384 par Antoine Raimond dit le Levrier pour 10 gros y compris le transport à Riou.
En 1475 Antoine Court en livre un.
5 ans plus tard, en septembre 1480 Casthilhe livre un matereau brut pour 1 florin 1 gros, qui est façonné par Jacques Martin pour 9 gros, et monté par 4 hommes à la Vigie pour 8 gros. 
Il serait intéressant de chercher l'emplacement du poteau.. 

"Les gardes faisaient du feu tous les jours" .


La Vigie de Marseilleveyre ne saute pas précisément aux yeux


Sans parler du chapeau de nuages qui la coiffe volontiers par temps orageux - içi en août

Quel était l'intérêt de faire du feu tous les jours s'il ne se passait rien? C'était sans doute  pour les obliger à être à leur poste  (ils risquaient de perdre un mois de salaire) ! Ils auraient pu tout aussi bien hisser un drapeau à heure fixe! en 400 ans il ne devait pas rester un buisson sur l'Ile.
Et lorsque les Sarrazins arrivaient que faisaient les gardes ? S'entendaient-ils pour recevoir des signaux de Marseilleveyre au cas où des fustes se trouvaient dans Fontagne au petit matin? Apparemment non, car ils se sont fait surprendre et enlever.

 

Invasion des fustes sarrazines  dans Fontagne

De la Vigie on ne voit pas la Calanque de Fontagne - Par contre on la voit de Marseilleveyre..les gardes ne se prévenaient pas entre eux?!?

 

La Tour n'existe plus au dessus de la "citerne". C'est une belle construction. La citerne qui fait partie intégrante de la tour comme on le voit sur la photo ci dessous , est en elle-même extraordinaire.
L'adresse avec laquelle le mur est monté .. cela fait 700 ans qu'il est là . Le fortin de Morgiou emploit la même technique faisant partir le mur d'en bas et comblant le rocher .  A Riou cela se double d'une prouesse d'architecture pour soutenir la tour ronde au dessus du vide par une voute; Alors double usage en y installant une citerne? Le colmatage ne dut pas être des plus façiles.
Quelle eau receuillait-elle? La tour était-elle couverte d'un toit, qui servait pour le feu et la fumée , et ce toit alimentait-il la citerne? (de cendres et d'eau?) Ou  le mistral emportait les cendres, ou plutôt le vent d'Est aui est le vent de la pluie. L"accès devait être épique les jours de fort Mistral!

La citerne intégrée dans le mur de base de la tour?

Il est difficile de suivre Bouillon Landais dans cette histoire de citerne. La voûte que l'on voit sur cette photo se prolonge sur au moins 70 centimètres vers l'intérieur de la tour et semble être plus une facon de consolider l'assise de la tour avec des pierres en clé de voute au dessus d'un "manque "de la roche à cet endroit, que pour être utilisée en citerne. Si c'était bien une citerne lors de l'édification du farot , ou elle minait la tour, ou elle ne retenait plus l'eau car en 1442 en plus de la construction de maison on construit celle du Pic Occidental .  Emploi de briques et de tuiles semblables dans les deux constructions, et tessons éparpillés dans l'éboulis du Pic datant du XIV et XV d'après Mme Lucy Vallauri , capacité  au moins 3 fois plus grande.

Une tour de farot construite vers 1300 est ronde et se compose en principe d'une citerne, d'une salle où habitent les gardes, et d'un toit où l'on accède par une échelle pour y allumer le farot. Mais il y a des variations.. celle du Cap Cessiech (Sicié) qui existe encore aujourd'hui n'a ni salle ni citerne car les religieux qui étaient aussi les guetteurs habitaient près de leur chapelle .


 

A Riou il y a à peu près 8 m entre le collet et le haut de la tour. Puis en 1442 ils habitent une "maison" au nord (plus abritée) et on leur construit aussi une citerne au Pic Occidental. En 1631 il est encore question d'une tour surmontée de fumée et de flammes.
La mention de l'achat de bois à François Puget en 1694 et le mémoire pour les gardes de Notre Dame laisse à penser que le système des farots a perduré jusqu'à la fin de leur utilisation en 1814. Feu  ou fumée pour attirer l'attention, puis signaux pour l'information.

Quant à l'attaque de nuit proposée pour expliquer que les gardes se sont laissés surprendre, même avec l'aide de "renégats", ça ne tient pas debout non plus . Le chemin n'est pas toujours évident, et comment  monter sans bruit, sans lumière? Bien qu'avec un bon mistral et un clair de lune ce soit faisable. Ils pouvaient très bien être descendus à la pêche après avoir fait leur signaux!   Donc ils ont probablement été enlevés ainsi que le marin du lahut venu aux informations.

Les gens de la Ciotat écrivent pour dire qu'ils ont vu des fustes. Il est étonnant qu'il n'y ait aucun rapport à Marseille de messages envoyés par les Vigies et de mobilisation d'un groupe de bateaux. Sur l'eau il y  a des Catalans, il y a des Sarrazins, il y a une flotte Napolitaine, il y a de tout, sauf des gardes côtiers Marseillais. Les marseillais ne semblent  pas non plus portés à consigner les faits du jour. Même s'il s'agit du meurtre ou de l'enlèvement de 5 guetteurs plus le marin.

Par contre lorsqu'il s'agit d'attrapper les faucons au nid, il y a une comptabilité féroce.
 Tel père, tel fils..pas dans le cas de nos rois, seulement dans le domaine de la fauconnerie.  Le père vient jouer les Poseïdons au trident d'argent, pendant que sa femme va prier la pêcheresse de la Ste Baume dans l'espoir de devenir mère. On peut penser que Louis XIII était réticent et préferait aller à la pêche au thon, ou que sa femme avait besoin de leçons. En tous cas quelqu'un fut de bon conseil puisque il y a eu le Roi Soleil qui lui, envoya Vauban fortifier sa bonne ville de Marseille en pointant les canons dans sa direction. Sans trop se soucier des Sarrazins et autres pirates .En  1661 trois galères Algériennes ravagent quelques bateaux à Calle-longue sous le nez des gardes de Riou (à moins qu'il n'y en ait pas eu faute d'argent, de toutes façons on ne voit pas bien Callelongue de Riou à cause de Jarre) , sans parler des 60 esclaves pris sous le nez de la garnison du chateau d'If, laquelle s'est bien gardée de se manifester (Mais ce n'était que des pêcheurs étrangers  qui venaient de Catalogne et de Malte, comme plus tard ils viendront de Gènes!)
Doit-on en tirer une conclusion que la batterie des Croisettes qui est mentionnée sur la cartes de 1695 comme ayant 2 canons, n'était pas encore construite?

Sur le site de la Vigie, les tessons confirment les dates que l'on connait. Il y a du culinaire commun gris et marron, Il y a du pisan et du valence du XIVème , du pisan du XVIème , des céramiques de l'Huveaune du XVIIème, il y a du Fréjus en quantité suffisante pour dire que les guetteurs de la Vigie honoraient leur contrat et vivaient sur le versant Nord près de la Tour. Les guetteurs de Riou ont eu de la vaisselle qui venait de Pise ou de Valence , ce qui au début de ma recherche me paraissait assez extraordinaire, mais qui est bien pratique pour les archéologues amateurs pour les datations, tout comme d'ailleurs, l'introduction de mica dans les poteries massaliètes.
Il ne semble pas qu'il y ait eu construction près de la plage. B-L ne mentionne rien à l'Aiglon même à  l'époque des ouvriers de la sablière. Il y a aussi ,en surface, un manque flagrant de tessons de cette époque à l'Aiglon, alors qu'il y a surtout de ça à la Vigie et à la Citerne du Pic. Mais encore un fois le site est tellement remanié qu'il faudrait faire une véritable fouille pour établir s'il y a eu occupation à toutes les époques.

Cabane des guetteurs plutôt exigüe si l'on considère qu'ils étaient 3 et même 4


Apic sud du mur de la Tour


Muret facilitant l'approche de la Citerne du Pic Occidental


La Citerne du Pic a perdu sa voute de briques

 

LES GARDES DE LA VIGIE DE RIOU

Dominique Stornel, Monnet Gilhan, Louis André  payés 5 florins d'or chacun pour le mois de Mars 1408

Hélion Castel, Petit-Jean Baissanet, Antoine Beaume sont coinçés sur Riou lors du siège de Marseille par le Connétable de Bourbon passé au service de Charles quint, pendant 40 jours à partir du 19 Août 1524. Pas la peine de faire des signaux, Il n' y a plus de gardes ni à Marseilleveyre, ni à la Garde. On peut supposer qu'ils avaient averti de l'arrivée de la flotte espagnole, car on les paye 4 florins et demi pendant ces 2 mois.
Il y a de fortes chances pour que ces 3 hommes aient été les victimes de l'attaque des Turcs 3 ans plus tard

Johan Painblanc, Baptistin Armelli, Honorat...  en 1577 recoivent 24 florins pour la capture de Faulcons.

Nicolas et Louis Tarrus,  père et fils sont les derniers guetteurs pendant les mois de juillet août septembre 1695 et ils sont payés 45 livres pour deux.

Les florins ont fait place aux écus avant 1584 si on en croit le prix des fermages et non après 1587 (Bouillon-Landais), les écus font place aux livres en 1602. Toutefois comme avec les francs, nouveaux francs et euros, il semble que les bonnes gens aient gardé leurs habitudes: en 1688  2 faucons sont vendus pour 4 écus et un nommé Trigance en vend 1 pour 4 livres 10 sous. La livraison d'oiseaux à Paris par Claude Thomé, sergent de quartier pris 3 mois de voyage et couta 247 livres 12 sous pour 9 faucons. Si c'était là la valeur d'une émeraude , elle ne devait pas être bien grosse.


Faucon pèlerin à Jarre - Photo Jean-Patrick Durand du CEEP

LES HERBAGES DE L'ILE

Sont affermés aux enchères par la ville jusqu'à la révolution
En 1584 à Aymar de Champorcin pour 25 écus 30 sous par an
En 1612 à Jean Baptiste de Village pour 36 livres (cette famille amie de Jacques Coeur vers 1442 à l'époque où furent batties la maison des gardes de la Vigie et la citerne du Pic Occidental , fut alliée à Colbert lorsque celui-çi relança le commerce à Marseille)
En 1614 à François de Caradet pour 62 livres

 

La Vigie de Notre Dame de la Garde


Peint par Joseph Vernet en 1754 pour Louis XV - A droite sur la colline le fort de Notre Dame de la Garde

S'il y avait sur Maïre une vigie massaliote, il devait y en avoir une sur la colline de la Guardia qui cache Massalia aux guetteurs.
D'après Bouillon Landais (toujours lui!) au moyen age, il y avait aussi un guetteur dans la ville de Marseille: c'est bien beau de faire des signaux, mais il faut encore que quelqu'un les reçoive.

Antoine Capel, Antoine Blancard   payés 4 florins  pour le mois de Mars 1408. Les seuls mentionnés par BL.

J'ai connu le dernier guetteur de la Vigie de Notre-Dame. Mon grand-père Charles Robert avait une petite affaire appelée la Vigie du Commerce dont les bureaux étaient au 2 rue de la République, et à la Vigie de Notre Dame de la Garde que l'on voit derrière lui et derrière le pont-levis sur cette photo.  Il y avait une imposante longue-vue qui permettait de repèrer et d'identifier les bateaux qui arrivaient à Marseille. Il téléphonait alors aux compagnies comme les Messageries Maritimes ou la Cie Paquet, et leur annonçait l'arrivée imminente de leur paquebot, ce qui leur donnait le temps de se préparer au débarquement des marchandises. D'après sa fille , la clientèle comprenait aussi les hotels et les boites de nuit, ainsi que des colporteurs qui venaient acheter sur le tas. 
Louis Brauquier dans sa pièce Pythéas mentionne la Vigie du Commerce.. merçi Marius ! "Il y a de la brume sur l'ile Maïre et on ne reconnait rien" est-il annonçé à Picopèbre qui n'était pas un client de la Vigie puisqu'il paye l'homme "sous la table" avec un pot d'olives pour être averti qu'il y a un bateau en vue.
La radio, et le poste de pilotage du Frioul ébranlèrent la petite compagnie.  A la mort de Charles Robert en 1962 , le bail ne fût pas renouvellé, et la Vigie de Notre Dame cessa de fonctionner contrairement à ce que croyait Bouillon-Landais.

 
Charles Robert - 1925?  La longue-vue de la Vigie du Commerce devant la Basilique de Notre Dame de la Garde

On comprend le besoin d'allumer un farot lorsqu'on voit la photo suivante , que ce soit sur Marseilleveyre ou sur Maïre


(Cliché Luc Vanrell) Vue de la couronne de la Bonne Mère

 

Quelques Tessons de la Vigie et de la Citerne du Pic Occidental


Bol Pisan du XIV ème siècle - décoration a stecca - Dépot de la Drassm au Fort St Jean

Les gardes de Riou utilisaient ce genre de vaisselle à la Vigie!  Celui-ci est en meilleur état que les tessons de l'ile ayant été récupéré par les plongeurs de la Drassm. Je dois cette photo à l'amabilité de Florence Richez .

Les cruches vertes de la Citerne du Pic - à y ajouter les 2 morceaux qui se complètent- Exemple de cruche

Les cruches à l'émail émeraude, datent du 18ème siècle, donc de l'époque où le St Antoine était sabordé après avoir été brulé le 20 septembre 1720 près de l'ile Jarre où il était en quarantaine. Rien ne prouve que des gens se sont réfugiés sur l'ile. Où auraient-ils vécu pendant 3 mois? et de quoi? Qui d'autre aurait cassé une cruche verte au 18ème? des contrebandiers? ou les chevriers? si l'on en croit l'expérience de mes copains Pierre Gay , Pierrot Vottero et Jackie Agrifoglio  qui ont mis des chèvres sur Maïre dans les années 70, on peut les laisser seules, mais on y va de temps à autre leur donner du pain , et lorsqu'on a besoin d'un gigot d'agneau pour la Noël. Il y a très peu de traces des gens qui furent les chevriers, les ouvriers des fours à chaux, en dehors d'un culot de pipe et de quelques morceaux de Vallauris.

                         

 

IL y a 290 Ans au Temps De La Peste

Bouillon Landais rapporte que des gens vinrent se réfugier sur l'ile en 1720, et une jeune fille y serait née qui habitait plus tard le quartier de St Jean . L'épisode n'est pas très prenant, car ils n'ont pas dû rester longtemps.
En essayant de dater les fours à chaux j'avais ramassé du Vallauris orangé clair. Sur le chemin du retour je notais une dizaine de tuiles au pied des barres entre le vallon de l'Aigon et le vallon de la Vigie. Me souvenant que le grand-père de Pierrot Vottero lui avait dit voir un moine capucin assis tout les jours sur les rochers au-dessous de cet endroit, je suis retournée voir sans grand espoir car un moine aux alentours de 1900 ne devait pas avoir beaucoup de vaisselle. Dans une encoignure de rocher avec un talus de terre beaucoup d'os, probablement apportés par les gabians. Quelques morceaux de Vallauris, et puis surprise un tesson de poterie de l'Huveaune, marron décoré de "miel", un autre a sgraffito, du tourbilloné!
Pour l'instant je pense, tant l'endroit est étrange pour un tel rassemblement de tessons, que si une trentaine de gens étaient sur l'ile en plein été, ils ont dû se mettre à l'ombre des barres rocheuses, sur cette petite esplanade, avec vue sur les calanques . Et peut-être étaient-ils les chaufourniers des fours de Caramassane car en nous y rendant nous avons trouvé du tourbilloné dans le vallon. Pour enterrer les pestiférés il y a eu une énorme besoin de chaux vive..(Je me suis laissée dire que la chaux vive au temps de la peste venait de St Chamas)  peut-être les chaufourniers en ont-ils profité pour mettre leurs familles à l'abri. Le même tourbilloné se retrouve à la citerne du Pic, mais pas à la Vigie.
Ces tessons pourraient dater du début du 17 ème siècle. Il y a eu une autre peste en 1649, ou bien ce sont les gens qui venaient prendre les faucons, alors qu'il n'y a plus de gardes à la Vigie??Il y a eu aussi des chevriers et des ramasseurs d'herbages!

 

Dans le vallon de l'Aiglon en surface le peu de tessons que l'on trouve semble se rapporter à une occupation plus tardive de la petite batterie avec plusieurs morceaux d'une grosse jarre de Fréjus ou Biot, du St Quentin et du Montelupo spirali verdi,  comme il y en a dans l'épave du Congloué IV exposé au Musée des Vestiges .
Là encore, il est à regretter que les débris de la maison aient été accumulés sur une zone qui est l'endroit le plus attrayant de l'ile, maintenant réduit à être une "pissotière" , excusez l'expression, pour la gent féminine qui débarque pour profiter de l'abri des tamaris!

 

Il y a 150 Ans, L'Exploitation des Sablières et la Destruction des sites Néolithiques et Etrusques
 

Dans les Promenades artistiques de Marius Chaumelin qui parurent dans le Petit Méridional vers 1850 on trouve quelques précieuses informations . Lorsqu'il aborde l'ile, il y a une maisonnette à l'Aiglon ("qui n'existait pas 3 ans auparavant, construite par l'entrepreneur des sablières") où l'occupant essaie de faire pousser quelques légumes qui sont ravagés par les chèvres sauvages qui faisaient l'objet de parties de chasse auparavant. Il emploie les grands moyens pour s'en débarrasser, invitant  braconniers et chiens à coincer les chèvres dont 8 se précipitèrent à la mer et furent récupérées vivantes dans l'eau!
Il ne resta plus alors qu'un multitude de lapins , et le guide de Chaumelin plongeant le bras dans un terrier en sort un par les oreilles.
Il mentionne aussi des "légions innombrables de lézards gris" sous chaque feuille!

4 à 5 ouvriers sont incessamment occupés à faire des chargements de sable pour Marseille. L'un d'eux, monté pour orner d'une couronne à l'occasion du 15 Août, une croix dans la zone de la Vigie , le récupère un peu en perdition, et lui montre la Tour du Sarrasin, "plus ancien que Jésus-Christ"

La Petite Sablière sans sable


La Grande Sablière sans son sable

On voit assez bien 150 ans plus tard le niveau qu'atteignait le sable avant l'exploitation

Les gardes du CEEP Alain et Tim encadrent Jacques Collina-Girard du CNRS  et donnent l'échelle  de l'ampleur du site

La construction qui permettait de verser le sable de la Grande Sablière dans les bateaux.
La zone  desolée est l'aire de repos des gabians. Leurs fientes ont détruit la végetation au profit des chardons.
Le  pin qui poussait vigoureusement à l'abri du mur  en 1960 est mort.

Il y a au nord du déversoir une habitation qui a dû abriter les ouvriers . Chaumelin n'y fait pas allusion.

2 habitations donc pour ceux qui firent un travail colossal: d'abord cette accumulation de pierres , les divers terrassements et 2 chemins de halage, ensuite l'évacuation du sable

Combien de tessons néolithiques ou étrusques ou grecs ont roulé sur cette pente pour aller finir dans un trottoir de Marseille?!

Par la suite, dans un décret datant du 1er Mai 1886 , qui reprenait en fait une décision ministérielle du 29 Novembre 1865  reconnue "sans urgence" de construire un phare sur Riou,  il est question d'une "construction dans l'Anse de Monesteron à quelques 200 mètres du point culminant de l'Ile où l'on trouve encore les ruines d'un ancien poste télégraphique"

Le 10 Février 1886, l'emplacement d'une baraque et 296m2 et droit de chasse sur Riou ont été loués à Bourelly ( expertise). (Atlas des batteries 1818) J'ai retrouvé une famille Bourelly habitant dans les quartiers "chics" de la Pointe Rouge  dans la seconde moitié du 19ème.
Puis en 1896 par un bail, le Génie Militaire loua pour 35F à Mr Louis Tronc, négociant de Marseille et  secrétaire du Casino de Nice, un terrain de 296 m2 avec une ancienne baraque, avec droit de pêche et de chasse dans toute l'Ile. Avec deux compères Messieurs Zaphirolos et Mirbelli (l'un d'eux avait des chevaux de course et l'on peut penser que Zaphirolos était un de ces négociants grecs qui vinrent faire fortune à Marseille sous l'impulsion donnée par Napoleon III), il y fit aménager un long cabanon qui avait des carreaux au ciment, une pile en émail jaune, et une pièce qui servait de magasin pour le garde Pipo Meïni qui habitait sur l'ile d'abord avec sa femme Assunta, puis avec sa soeur et sa petite-nièce Alphonsine dont la mère était morte en couches.  Alphonsine avait 4 ans et restera 10 ans sur l'ile. Pipo Meïni fut garde jusqu'en 1927 d'après les notes de mon père.
Pipo avait un treuil à Fontagne pour tirer sa barque à terre, il avait un poste de pêche tout au bout de l'ile à Calemassane où il pêchait les blades. D'après Augustine Castillo, épouse d'Honoré Agrifoglio qui était un des fils d'Alphonsine Meïni/Agrifoglio, il y avait un poulailler dans la cabane derrière le cabanon, 3 réservoirs d'eau, et chaque soir à 19 heures Pipo envoyait un message en morse . Il  revenait de visites à Planier avec des sacs plein de grives qui heurtaient le phare, attirées par la lumière. Augustine est allée une fois sur l'ile, et ça lui a suffit. Il y a des rats à Riou!
Le bail fut renouvellé en 1905 par la Marine , car le 27 Octobre 1897 un décret affecta les Iles et leurs dépendances au Département de la Marine.
Jarre était affermée à Dame Veuve Ducreux et Plane à Mr. Peyron.

La Veuve Tronc demanda à renouveller le bail en 1913 et ce lui fut accordé . Toujours dans les mêmes conditions.

Est-ce à cette époque que furent construits les 4 fours à chaux de Riou? Il y en a un à Callelongue au Moyen Age, mais ceux de Riou pourrait dater de l'époque des usines de soude de Morgiou et des Goudes, donc du premier empire et servir aux savonneries.
Ou peut-être avant puisque c'est grace aux Colberts père et fils que se développèrent les huileries et savonneries de Marseille. Le paysage politique des Calanques change.. plus de barbaresques, mais des pirates anglais, bientôt plus de guetteurs, une batterie aux Croisettes avec 2 canons, des industries qui vont exploiter ce bout du monde..

 D'après Lucien Blanchard, le calcaire urgonien n'est pas propre à donner de la chaux. Il faut donc trouver des affleurements de calcaire aptien. Mais il n' y a pas de four à chaux aux Croisettes!  Probablement faute de combustible. Calcaire aptien du coté de Caramassane où il y a 2 fours. ou Barrémien comme cela semble s'appeller de nos jours.
Un poste de douane existait aux Goudes entre l'usine à souffre Chambon et l'usine à plomb (Usine Figueroa Y Torres 1854) sur la route qui part vers l'Escalette. Grand batiment sur la gauche de la peinture

Le Port des Goudes par Alphonse Moutte quand il y avait une trentaine de "familles de pêcheurs".(1910?)
Sur la droite la cheminée de l'usine de soude au-dessus de la tête de la femme au chapeau, en haut l'usine de souffre Chambon et le poste de douane sur la gauche. Les 4 bars sont déjà à leurs postes

 Il y a  dans le village une usine de soude  artificielle (Rivalz et Barry) depuis 1804, sans compter les usines d'acide sulfurique de Calelongue (Usine Weiss) et celle de plomb de l'Escalette ( Usine Meynier en 1851) . Les scories de ces usines ont été deversées sur les rochers et forment la route en revenant de Calelongue, le col entre la calanque de la Mahonnaise et les Goudes, la route entre Les Goudes et la Mahonnaise , la route des Goudes dans le village devant l'usine Chambon et la douane.


 

En 1825 , Matheron dessine le cadastre. la batterie du Cap Croisette (tableau d'Olive ci-dessous) y est, il y a une "cabane des Goudes" sur la plage, et un énorme batiment qui ne peut être que la fabrique de soude de Rivalz et Barry batie en 1804 , fermée en 1825.  Sous la Placette il y a des vides qui ont servi depuis longtemps de fosses septiques, au point où l'on a prétendu que  l'eau venait jusque là dans des temps reculés. Mais comme le niveau de la mer n'est pas monté plus d'un mètre depuis les grecs, la Placette n'a jamais pu être un port. L'épaisseur des murs des cabanons, le mien, celui de Lucien Blanchard , plus de 50 cms  semble indiquer une construction beaucoup plus conséquente que des cabanes de pêcheurs. Il est tout de même étonnant qu'il n'y ait eu qu'une habitation en 1825, bien que Chaumelin explique que dans le Vallon qui part des Baumettes vers Morgiou où sévissait une autre fabrique de soude appartenant aux mêmes propriétaires la végétations était anéantie par les émanations de chlore et de sulfure.

Détail du tableau d'Olive  (mort en 1936) "Maïre" Musée Ziem, Martigues
Les scories de Callelongue à gauche de la route, en haut le corps de garde de la batterie des Croisettes qui deviendra le Fort Napoléon. Cette batterie à 2 canons est sur les cartes de 1694 , et faisait partie du dispositif de défense de la baie de Marseille élaboré par Vauban. Reconstruite par les soldats de Napoléon  en 1812 elle est alors armée de 6 pièces.

Cette région a servi de dépotoir, et la tradition sera reprise jusqu'au jour d'aujourd'hui, par la ville de Marseille , qui sous pretexte que les Allemands ont laissé des bunkers tous les 2 pas, en a profité pour deverser des tonnes de terre et de gravats lors de la construction du métro dans les collines entre la Madrague et Calelongue, avant de classer le "site", altérant le paysage d'une façon indélébile. Lorsque la mentalité est telle, il ne faut pas s'étonner que  chacun en fasse autant. Le vallon à la sortie des Goudes continue d'être utilisé comme décharge de matériau de construction par tout un chacun, suivant l'example du gouvernement municipal. Et puis il y le scandale de l'égout de Marseille. L'odeur chimique qui s'en dégage enpuantit le petit village de Marseilleveyre et remonte jusqu'en haut du col de la Mounine. D'après les plongeurs il y a derrière Riou comme un champs de sacs en plastique reposant au fond de la mer. Les goélands de Riou se nourrissent dans les décharges à ciel ouvert qui parsèment la côte. On se demande comment ils font entre Menton et Cannes pour garder leur patrimoine propre ? Autres lieux, autres moeurs?

 

Contrebande,Faussaires et Fantaisie

A Riou il y a toujours eu des zones d'ombre.. si l'on peut dire,  car celle dont je vais parler est en plein soleil dans le Mauvais Pays. A la Pointe des Contrebandiers il y a 3 emplacements de débarquement. Sur la falaise au dessus il y a un "enclos" sur la carte de mon père.  J'avais pensé à un enclos pour rassembler les chèvres pour les embarquer, comme j'en avais vu en Grèce!! Or ce replat est à 110 mètres au dessus de l'eau. Il n'y a maintenant que des tuiles et des briques qui sont tombées de la Tour, pas la moindre cigarette américaine, ni bleu de chine, ni régime de bananes, ni oranges  jettés par dessus bord des paquebots arrivant à Marseille.

Tout le monde connait l'affaire du Combinatie en 1952, et la plaisanterie bien marseillaise: "Si tu vas à Riou pêcher les arapèdes, ramène-moi deux cartouches de  cigarettes! L'histoire est  bien dans le style des années d'après-guerre : Les 2700 cartouches de cigarettes ne furent jamais déposées dans l'enclos . Poursuivis par la police maritime, les gangsters mirent le cap sur la Corse , rien de moins, abandonnant leurs sous-fifres qui les attendaient sur Riou. Lesquels ceuillis par  les policiers dirent qu'ils étaient là pour pêcher. Comme ils n'avaient pas la moindre canne à pêche ou palangrotte ils dirent donc qu'ils étaient là pour pêcher des arapèdes.
L'idée était de se faire "voler" la marchandise assurée et la débarquer sur l'ile, ce qui évidemment doublait les revenus. Cela finit par une quinzaine de morts parmi les associés , parce que celui qui était en Corse décida d'écouler les cigarettes pour son compte personnel.

Chaumelin qui travaillait aux douanes, nous dit: " Carbessogne (Caramassane) est la seule partie de Riou qui renferme quelques beaumes; elles sont généralement peu profondes et d'un accès difficile; elles ont servi longtemps d'entrepôts à Robespierre et à d'autres contrebandiers, qui attendaient le moment favorable pour transporter leur marchandise sur le continent". "Robespierre" était en 1815 un déserteur du nom de Pierre Serre, qui après Waterloo sollicita et obtint un poste de douanier, afin d'apprendre ce dont il avait besoin pour devenir un contrebandier des plus efficaces,  qui n'hésitait pas à se jeter à la mer du haut d'une falaise pour échapper à ses poursuivants, ou à chavirer son bateau qui avait un double fond.

Toujours d'après Bouillon-Landais, l'ile désertée est devenue le paradis des contrebandiers vers  la fin du premier empire.  Est-ce de ce temps là que date le long de la côte le sentier de douane, ou plus exactement le sentier des batteries d'après les cartes de Matheron? Il va de Callelongue à Morgiou,  se poursuit au-delà passant au dessous du Cap-Gros.il y en a un aussi de St Cyr sur Mer à Bandol. Chaumelin qui était employé des douanes  rend visite aux douaniers de Morgiou, où il y avait un grosse fabrique de soude qui empuantissait toute la vallée. Ses reflexions sur les déserteurs et les contrebandiers peuvent s'appliquer à Riou.
Il y avait un poste de douane à Sormiou, et il y a des ruines un peu partout, à la Mounine, dans l'éboulis sous le Cap Gros, à Port d'Alon, qui pourraient être des abris. En 1818 la caserne de la batterie Est de Marseilleveyre est donnée aux douaniers par le Génie .

La Veuve Tronc demanda à renouveller le bail de l'ile en 1913 et ce lui fut accordé .  On se demande  pourquoi des gens qui habitaient Nice et Marseille  étaient aussi intéressés à avoir une ile à Marseille, pendant une vingtaine d'années, et y maintenir un garde. Ils devaient rudement aimer chasser le lapin. Pourquoi Pipo envoyait-il des messages en morse tous les soirs?
Leur cabanon que j'ai connu en ruine avait une citerne au pied du mur que l'on voit sur la photo de 1932.
J'espère, sans aucune autre preuve que le nombre de tessons, que c'est là que se trouvaient les bacs à saumure des pêcheurs massaliètes

Le cabanon des Troncs fut démantelé en partie par le dernier gardien Ernest, et les tuiles et materiel furent emportées à Podestat pour la construction du bar-restaurant, d'après ce que l'on a raconté à Alain.
Avant ou après la guerre?? je ne sais pas. *
Car maintenant s'inscrivent 2 autres locataires sur l'ile pendant la guerre. Un couple d'italiens à qui Mr Amari de la Madrague avait confié son fils Raoul. Ces gens-là pêchaient en bateau en 1943, donc avec l'accord des allemands. Et ils pêchèrent aussi un mort avec son parachute, mais auquel il manquait la moitié d'une jambe, et au lieu de le remettre à qui de droit avec la pêche du jour, ils le trainèrent en haut du vallon de Fontagne pour l'enpierrer au pied d'une dalle, après l'avoir dépouillé de tout ce qu'il portait! Pas étonnant qu'ils aient fait jurer au gamin de ne rien dire!

*Sept 2008: Maintenant je sais.. après la guerre.. car Ernest a bien passé son temps sur Riou pendant la guerre..il serait l'italien qui a enpierré l'aviateur allemand. Puis après la guerre il s'en alla à Podestat construire un bar-restaurant en "empruntant" les tuiles, portes et fenêtres du cabanon des Tronc. D'après mon copain pêcheur, "tout le monde" pêchait lorsque les allemands étaient là, seulement ils les obligeaient à partir à leur commandement, debout sur la jetée ..trop tard le matin pour faire une bonne pêche!!
(Lucien Blanchard écrit aussi que lorsque les allemands montaient à bord, ils leur faisaient arborer un drapeau à croix gammée! sans doute pour éviter des se faire canarder par leur amis)
Après "naturellement la pêche se revendait au marché noir". J'ai comparé les Goudes à Cannery Row ..il faut bien survivre et faire profit de ce qui vous tombe sous la main, même si c'est un aviateur allemand avec une jambe arrachée ! Après tout le type est mort, mais il faut s'en débarrasser pour ne pas avoir à rendre des comptes aux collègues en  uniforme vert, d'où l'enterrement sommaire.
Je serais curieuse de savoir ce qu'a pensé le dit-Ernest en 1964 lorsque l'article sur le squelette de Riou a paru dans les journaux. Et s'il a ri de soulagement lorsque R. Charles en a fait un pirate turc! Ernest est mort en 1968, son cabanon a été rasé, seuls des agaves marquent l'emplacement.
Cela me rappelle  Zorba. Mon mari, en bon américain, avait été horrifié par les vieilles grecques qui, telles des vautours, s'abattent sur la maison de l'étrangère qui vient de mourir et emportent tout. Le film les portrait comme des corbeaux, mais en fait leur comportement est tout à fait accepté par les habitants de l'Ile, et même ignoré par Zorba. Autre culture, autres moeurs ?? Pas si sûr!
Pendant 60 ans tout le monde se tait, ne pose pas trop de questions.. expression bien marseillaise à la clé..:"on ne remue pas la merde".. de peur qu'elle ne remonte jusqu'à vous ?!?
Et puis beaucoup se rachètent une conduite.. demandez à Luc à qui je viens d'apprendre qu'Ernest de Podestat était le gardien de Raoul.. "La maison était magnifique, on y allait se faire offrir une menthe à l'eau avant de repartir à pied vers la Pointe Rouge".

La ruine de Riou était un abri pour les braconniers de la mer, et les contrebandiers, écrit mon père.
Je ne sais pas quand elle fut totalement détruite, ni par qui. Je m'en souviens vaguement encore debout, de l'eau putride dans la citerne aux alentours des années 50, mais quant à dire s'il y avait encore les portes et volets! En 1972  la citerne était remplie de cailloux par un trou d'un  mètre dans le plafond.

Un nommé Vittiglio , ( ou un "type de Gardanne") qui était dans les Travaux Publics la remplaça par une petite construction en parpaings plus à l'ouest, qui fut squattée par Jean Throude .

 
Les gens des Goudes racontent volontiers que lors de pique-niques sur l'ile , ils voyaient arriver ce type qui se disait garde de Riou et qui s'invitait à partager leur repas. Ceux qui se montraient généreux pouvaient revenir sans crainte de se voir refouler.
Cette cabane et l'ancien poulailler furent dynamités en 1971 !!
Ce qui entraina un ordre du préfet maritime le nommant garde de Riou  seulement en 1973. On m'a fait remarquer aussi que cet homme ne possédait pas de bateau et troquait le passage pour ses amis contre une permission de chasser le lapin, chasse sur laquelle il prélevait sa quote part en lapin ou en poisson, alors que la chasse était interdite sur l'ile, ainsi que le nudisme, les armes
à feu, et les transistors!!  Il se fit prêter un fusil par Pierre Gay propriétaire du bar de la Mahonnaise et ne le rendit jamais. Certains me disent l'avoir trouvé nu comme un ver sur la plage.
A la suite des représailles  musclées du Monasterio il vint demander à mon père la clé du cabanon de Fontagne, et lui promit de lui montrer des monnaies romaines soit-disant trouvées dans la Sablière.
Il promit aussi à Jean Courtin de lui montrer un crane soit-disant trouvé dans la Petite Sablière.
Le crane doit être avec les monnaies romaines.. et j'oubliais.. l'épée en argent du Turc.

Dans quel contexte s'inscrit la culture du pavot? Cette fleur ne pousse nulle part dans les calanques.. la seule explication "naturelle"  serait que c'est un coquelicot qui a muté ou que les gabians ont apporté les graines!! Nous retombons ainsi dans la pêche aux arapèdes!
Mon père bien que membre du GEAR n'avait rien d'un botaniste. Il désigne les lentisques autour de la Fontaine des Grecs sous le nom générique de "Salades". Le reste du temps il employait le mot baragne pour tout ce qui était épineux, à enlever. Nous avons ainsi "débaragné" le chemin qui va de la Gardiole au sommet du Devenson lorsqu'il faisait la carte de la Candelle. Pendant les 4 ans du bail du GEAR, il aurait remarqué ces fleurs qui font de Riou au printemps un coin d'Afghanistan. En 1965 la myxomatose tua pratiquement tous les lapins, ce qui aurait permis au début de 1966 de voir les pavots s'il y en avait  sur l'ile..   le débat est ouvert.. Qui entre 1966 et 1991 a planté du papaver somniferum sur l'ile de Riou sous le nez du "garde" ou avec son accord ? 

L'ile semble aussi inspirer les histoires archéologiques fantaisistes. Il y a presque autant de charlatans que d'archéologues bona fide! Cela m'ennuit presque de mentionner les noms , car finalement ce sont ceux-là qui sont les plus connus.
Au début du 20ème siècle cela faisait partie du paysage: il y a eu l'affaire Pittman en Angleterre, puis la disparition de l'homme de Pekin pendant la guerre.
En 1904 le Dr. Capitan, grand manitou de l'archéologie de l'époque,  fait une présentation à l'Académie des Sciences sur la découverte sur l'ile de Riou de silex néolithiques égyptiens, par lui-même et l'abbé Arnaud d'Agnel.
Nous savons ainsi qu'au début du 20ème siècle il y avait toujours des lapins, mais surtout des tessons grecs et romains très nombreux dans ce qui restait de la Sablière. Toujours est-il qu'il va sur l'ile, il fouille "lui-m
ême" à la Sablière et sous les couches de poteries romaines, de poteries grecques, parmi les coquillages et les tessons néolithiques il identifie des silex egyptiens. Il fait une brillante étude de chaque pièce les comparant à une autre collection, validée celle-là, il imagine les barques égyptiennes dans la baie entre les Conclus et Plane, car" le niveau de la mer devait être plus bas et l'ile rattachée au continent" . Après des attaques de ses collègues,il finira par se récuser sous un prétexte fumeux(Un homme mourant se serait accusé de la supercherie!!). Et lorsque confronté à une véritable découverte à Glozel , en pédant qu'il était, prétendra ne pas se faire rouler une fois de plus, et ne reconnaitra pas un site spectaculaire .
 
De plus les silex ne sont pas des faux, il a donc fallu que l'abbé les prenne quelque part. Il semble que c'était sa signature. Il rajoutait un petit quelque chose à ce qu'il trouvait pour donner à ses fouilles un peu plus d'éclat ! Et où prenait-il ces petits quelques choses comme les silex egyptiens? 

Mais c'était un peu la tradition , car le catalogue du Musée Borely de 1950 explique qu'un H. Augier, premier employé du Musée sous le second empire et en même temps antiquaire, mêlait le vrai et le faux, ajoutant un graphite, attribuant une provenance locale qui doublait la valeur de la pièce , vendant une pièce de sa fabrication "déposée" au Musée, ce qui devenait un certificat d'authenticité.
Visitant le musée Borely, j'étais tombée en arrêt devant une coupe aux yeux prophylactiques, trouvée, disait l'étiquette, dans la Grotte de l'Ours. J'avais acheté le catalogue où elle avait une page à sa disposition en tant que Coupe Ionienne de Marseilleveyre. Aussi, lorsque le musée fut transporté à la Vieille Charité, j'y allais pour la revoir, mais la coupe avait disparu! C'est L-F Gantès qui me dit enfin qu'elle était au Musée de la Ville , aux Vestiges. J'y retournais et y retrouvais "ma" coupe (La grotte de l'Ours est à la gauche de la Grotte de l'Ermite derrière les Goudes)

 

En effet, elle était là, mais dans une pièce plongée dans l'obscurité par une panne d'électricité (on m'excusera d'avoir pensé que c'était bien Marseille ça!) Une autre fois je suis allée au même musée pour voir spécialement les céramiques du XVII, la salle était fermée parce qu'inondée par une fuite du toit pendant un orage de la semaine précédente .  J'adore les Musées de Marseille pour leur location, ce qu'ils ont dans leur collection, la présentation. Mais je trouve frustrant de ne pas pouvoir acheter par exemple, un poster de la belle baigneuse des termes : Il y a 3 ans "la demande a été faite".. elle est apparemment tombée dans les puits du Moyen age qui traversent les dolia romaines, car il n'y avait toujours pas de poster à acheter en décembre 2006. A la Vieille Charité, 2 ans et 2 visites pour voir les Salles Fernand Benoit toujours fermées: la dernière fois tous les gardiens de salle étaient monopolisés par une expo de sculpture dans la Chapelle, donc les autres salles étaient fermées! J'avais pourtant téléphoné pour m'assurer que le musée était bien ouvert, le matin même.  Comme on dit aux Goudes: "on se fout du monde!" Dommage!
LFG me dit aussi, que ce n'était pas à la Grotte de l'Ours qu'elle avait été trouvée, mais à la Grotte du Drayou.  Grotte mentionnée sur une des premières cartes de mon père , mais que je renoncais à visiter lors de ma sortie à la Vigie de Marseilleveyre, une fois arrivée au Pas de la Chèvre. Bien m'en prit, car ce n'était pas celle mentionnée par "Voyage en Massalie" mais en plus il y a un erratum dans le catalogue d'expo qui arbore 2 belles photos des grottes dites à offrande, qui ont leur noms intervertis. A qui peut-on se fier ?! La Grotte de l'Ours elle, a parait-il livré du mobilier grec , il y avait un trou creusé près de l'entrée, mais comme souvent les résultats de fouille disparaissent dans les oubliettes. C'est pour cela que je suis en faveur de musées locaux. Je pense qu'aux Goudes, le Fortin avec ses batteries jamais utilisées est un endroit idéal. Il est accessible, il a une belle fortification encore en bon état,(il a été conçu en 1888 , et peut-être modifié en  1936, car j'ai vu une carte du CAF qui en 1924 le montrait comme une simple batterie. Il n'a jamais servi) Il a eu une caserne et des batiments annexes , il y a un souterrain à munitions qui peut permettre de stocker tous les tessons locaux en attendant la reconstruction de la caserne . Il pourrait héberger le CEEP (vue sur les Iles), un petit atelier de restauration de céramique ,  peut-être une imprimerie ou un studio de photographe, des guetteurs d'incendie, une école de plongée archaéologique. Est-ce que Les Goudes deviendront jamais le Monterey de Provence ? Est-ce à souhaiter? En tous cas la tache sera rude.

 

IL y a 50 ANS notre Ile au soleil tout près des Goudes

Nous avons eu de la chance d'avoir été dans les parages après la guerre. L'ile, propriété de l'Armée fut vendue en 1939 à la Marine  qui avait d'autres chats à fouetter. Les iles c'était comme les collines et la mer, un domaine à exploiter pour son plaisir, dans la mesure où on pouvait se le permettre. Il n'y avait pas foule.

On m'a dit un jour que j'étais veinarde d'avoir passé mon temps à Riou. Lorsque j'étais gamine, c'était après la guerre, c'était le voyage enchanté parce qu'il était rare. On débarquait sur une espèce de quai, une tole qui en fait était le toit du vivier , puis il y avait des marches de briques et on arrivait à la maison derrière les tamaris. Là , sur la terrasse mallonée de rouge, c'était l'odeur particulière des tamaris et des doigts de sorcière chauffés au soleil qui établissait le charme désuet de l'endroit. Si on avait un jardin, on emportait un morceau de figue marine, que tous appelaient des doigts de sorcière. Tous ceux de Calelongue et des Goudes viennent de Riou (ceux de Sormiou aussi, car je connais au moins notre voisine Simone Ribaud qui en a mis dans son jardin des Goudes et très certainement à son cabanon de Sormiou ).  Cette plante  vient d'Afrique du Sud et a été introduite sur les balises, et autres endroits sableux marins par la Marine à l'époque de Napoléon III.  A Riou elle était établie sur le haut de la plage entre la terrasse et le sable où il y a des galets. C'était le domaine des doigts de sorcière et des lys de Riou. Je peux voir les lys des sables sur une plage du Portugal, il n'importe,  ce sont les "lys de Riou" au parfum inéffable.

Les doigts de sorcière  et les lys de Riou.....
ou les Carpobrotus edulis et les Pancratium maritimum..

 

La veine c'était d'avoir  un cabanon aux Goudes. La fin de la route , ce lieu exploité et ravagé parce que sans grandes ressources , ce lieu je l'ai reconnu avec étonnement dans la description de Cannery Row de John Steinbeck. Un port de pêche, des restos, des terrains vagues où l'on abandonne des carcasses qui rouillent, des gens venus on ne sait d'où, qui restent là parce que fonctionne la débrouille, avec son parfum d'illégalité.
Somme toute, un poème, une odeur, un grincement, une lumière particulière  tout comme Monterey.
C'est parce que je passais mes vacances aux Goudes que j'y ai envoyé mes fils, pour qu'ils connaissent ce que c'est que d'être dans un patelin où on a la liberté, même s'il y a des dizaines d'yeux qui savent à tout moment ce que l'on fait. On a l'impression que tout le monde se connait, en fait c'était extrêmement stratifié. Les vacanciers ne se mêlaient guère aux pêcheurs (et pour cause, les fils de pêcheurs travaillaient avec leurs pères) les gens d'en bas ne fréquentaient guère ceux de la route. Probablement parce qu'on était aussi bien chez soi, surtout au temps des terrasses à treillard. Se baigner au quai, se rincer à la fontaine, s'asseoir à table encore mouillée, les pieds pleins de sable, puis repartir dans le soleil, la dernière bouchée avalée, passer l'après-midi à jouer  à la canasta chez les Christianini, ou au rami avec ma grand-mère et mes copains en attendant le bain de 4 heures , le jeu de boules, les collines, et le soir, quoi de plus extraordinaire que de s'installer en bande sur le quai ou sur un trottoir à regarder la Voie Lactée, le derrière dans la poussière.

Mon grand-père Robert était un Pêcheur du Dimanche. Il tombait du lit le dimanche à 5 heures pour aller pêcher à la palangrotte  d'abord sur son Saf-Saf , puis dans les années 50 sur le Flambeau, et il revenait avec sa banaste plus ou moins pleine de pageots, sarengs et girelles vers 1 heure pour faire la tournée des bistrots : Le bar Mon Plaisir, Le bar de la Marine, le bar Mistral, le Grand Bar des Goudes, le Bar Tempête.  Plus il trinquait, plus il payait des tournées, il était donc très populaire!  Pendant la guerre de 14/18 il pilotait un hydravion et comme il avait été le seul survivant de son escadrille, il fût envoyé en Algérie à Arzew former des pilotes. Il en avait tiré une philosophie très proche de carpe diem. Il ne manquait jamais une occasion de faire la fête, d'ailleurs il aimait rire et être entouré. Il fût bombardé Président de l'Union Nautique des Goudes ,qui organisait aussi ce que mon père appelait les réjouissances d'été: Fêtes vénitiennes, joutes, courses de bateau, concours de décoration de cabanons, etc;.  Gigi, le maçon qui apprit à faire du béton en étant réquisitionné par les allemands, Gigi donc, construisait sur la Placette une estrade avec les planches de coffrage à béton, un escalier sur le coté permettait l'entrée des "vedettes". Nous fournissions un immense drapeau bleu blanc rouge pour faire décor de fond. Chacun apportait sa chaise. Il y eu même une corrida: Je ne sais qui avait apporté le jeune veau, mais c'est à la famille Sanchez que l'on dût les belles en mantille retenue par des peignes, qui rehaussaient définitivement le niveau de l'audience.

Je suppose qu'après la pêche il faisait la sieste dans l'après-midi, mais je n'étais pas là. Le toit du cabanon ne risquait pas de me tomber sur la tête. Inoubliables soirées aux Goudes avec des parents et des grand-parents qui faisaient la fête jusqu'à 2 heures du matin avec leurs amis, se poursuivaient dans les rues en se lançant des seaux d'eau, utilisaient un lutrin pour chanter en choeur des chansons de carabins, et me fichaient une paix royale, sans m'obliger à aller me coucher.

Mon grand-père pêchait avec le Père Rimbaud, le père André, avec "Pénible" Blache. Mon père aimait bien Felix Gaudin, le père Jacques Agrifoglio, ses fils Louis-Jacques , Honoré et enfin Paul Gagero.

La rue du Louvre d'après le peintre Rosello
Le père André avec la fouine, le père Robert avec les avirons, le père Rimbaud avec le salabre

Gagero avait échappé à un cancer de la gorge grace à des radiations qui lui avaient brulé tout le cou. Paul avait travaillé à bord des paquebots comme le feront ses fils Jeannot et Riri.
Pendant la guerre les nazis l'avaient autorisé à rester aux Goudes. Il habitait notre cabanon, ce qui arrangeait mon grand-père. Après la guerre, ils décidèrent d'aller faire une bouillabaisse sur Riou. Gagero était patron-pêcheur. Nous avons donc pêché les poissons le matin, et Paul qui avait été cuisinier sur les paquebots, avait emporté une énorme marmite noire dans laquelle il prépara la bouillabaisse sous les tamaris de l'Aiglon. Les poissons trop frais et trop petits fondirent au grand dépit des pêcheurs, mais elle reste pour moi la plus somptueuse des soupes. Chacun aux Goudes a connu cela. Pommes de terres, safran et poissons de roches (sarengs, verdaous, rascasses), fenouil, tortillon d'écorce d'orange séchée, c'est toute la recette. J'écoutais Suzette Bezza raconter exactement la même sortie avec la même marmite, mais c'était son père Fernand Regio qui officiait.

Plus tard dans l'après-midi, nous sommes allés "boire un coup" à Podestat, où il y avait un bar-restaurant et rien d'autre. Mais sur les pentes après la plage de galets fleurissaient des oeillets nains roses comme on en trouve encore entre les Goudes et Calelongue.  C'est la deuxième des fleurs de mon panthéon botanique . La troisième ne pousse pas sur Riou mais dans les Calanques, c'est l'Asphodèle, La quatrième c'est l'Iris nain jaune ou violet qui pousse dans les pierrailles du plateau des 4 vents près de la Gardiole et à Marseilleveyre. Avec le lys de Riou, ce sont mes 4 "gentlemen" des Calanques (Les 4 Gentlemen des Peintres Chinois sont le Bambou, l'orchidée, le chrysanthème et la fleur de prunier )

La Calanque et la plage de l'Aiglon

Le Vallon de l'Aiglon

Mais le reste du temps mon père qui détestait les foules, ne mettait pas les pieds à l'Aiglon.
( La plage de Riou a toujours été pour nous la plage de l'Aiglon, même nom que le vallon qu'elle termine, et comme il n'y a pas d'aigle à Riou, on peut supposer que c'est en souvenir du fils de Napoléon, ce qui pourrait dater la batterie). Aux autres le sable blond, à nous la rocaille de Fontagne.
Nous assistions au débarquement de la vedette de Marseille, et tout ça partait à la queue-le-leu vers l'Aiglon . On remarquera qu'après le coup de Labé qui emporta le débarcadère, mon père ne leva pas le petit doigt pour le remplacer.
D'après Pierrot Vottero , pêcheur des Goudes, c'était la vedette de la Madrague qui amenait les gens. Son propriétaire avait non seulement construit le débarcadère de Fontagne, mais aussi bétonné le dessus du vivier de l'Aiglon pour en faire un débarcadère. Aussi d'après Pierrot, il y aurait eu un capucin assis sur un rocher pendant des années du temps de son grand-père, d'où l'appellation de
Monasterio de la petite calanque sur la gauche de l'Aiglon. Il y a à l'aplomb de cette calanque, à l'angle de la falaise un petit amas de tuiles qui n'a aucune raison d'être là, à moins que cela n'ait servi de cabane au moine.* voir Il y a 290 ans ...C'était l'époque de l'arrivée des Genois à Marseille . Ils pêchaient le corail. Ceux qui sont restés sont devenus tout naturellement pêcheurs. Pipo Meïni était de ceux-là, le grand-père Vottero, le grand-père Agrifoglio aussi.
Toutefois en 1865 le nom est déjà calanque de Monesteron dans le rapport de l'armée, et Bouillon-Landais l'appelle Menesteirol. Sans aller jusqu'à St Cassien , on peut rappeler qu'il y eu un ermitage depuis le 14ème dans la grotte au-dessus des Goudes. Ermitage mentionné sur une carte de Matheron de 1825, et peint par JM Marchand vers 1800.  Des moines ou des déserteurs il semble que toutes les grottes des Calanques en ont abrité.


La grotte de l'Ermite dans le Rocher de St Michel - La grotte de St Michel d'Aïgue Douce est la tache brune à gauche de la sorte de pilier de calcaire - La grotte en X ou de l'Ours est le X noir que l'on voit plus à gauche -


Gouache par JM Marchand ADBdR 13Fbis2 (ca1800)
de la chapelle de St Michel d'Aïgue Douce à l'intérieur de la grotte de l'ermite. Il ne reste que les fondations.

Carte par Philippe Matheron circa 1815 ADBdR
mentionnant l'ermitage


La Grotte St Barbe à Riou peut servir de refuge à un seul ermite

Après ses déboires avec le mauvais temps mon père  batît le cabanon de Fontagne pour 2 personnes maximum.  On ne tenait pas à 6 devant.
 Nos amis Devergie s'installèrent un peu plus haut que le cabanon de Fontagne sur un terrassement naturel.  Ils n'auraient  jamais penser  à installer ce "toit" Le leur était en canisses. Déjà la "table de la salle à manger" n'était arrivée là que parce qu'elle était gratuite.

C'est aujourd'hui l'endroit le mieux entretenu de l'ile

Ma mère et les gardes du CEEP  Alain ,Yannick et Eric se préparent à aller enregistrer les puffins de l'autre coté de l'ile pendant la nuit. Manquent Arnaud et Tim partis installer des nichoirs de béton.

J'ai eu deux professeurs extraordinaires au Lycée Montgrand. Helène Pellerin, prof d'histoire et géographie, première femme à être descendue dans un volcan , et Mme Baja prof de Sciences Nat. J'aimais la géographie, mais pas tellement l'histoire, ce fût donc vers les Sciences Naturelles que je me dirigeais. Après le SPCN , je dûs travailler mi-temps car je voulais aller sur les circuits de F1. Je faisais un herbier monstre et j'envisageais d'utiliser les cartes de mon père pour faire la carte  des plantes du bord de mer. Je préférais la botanique à la zoologie , car je n'aimais pas disséquer des tortues ou voir dans un labo 50 grenouilles écervellées continuer à avoir des reflexes . Je trouvais qu'une démonstration aurait bien suffit.
Mais la botanique laissait aussi à désirer. Savoir par coeur que cette fleur a 3 pétales et l'autre 4, me paraissait une perte de temps, même si on a la chance d'avoir une bonne mémoire. Ce n'est qu'en 1962 que je jetais l'éponge et décidais de partir aux USA pour apprendre l'anglais et me consacrer aux courses automobiles.
 L'été suivant, mon père, qui au fond était ravi de me voir jeter mon avenir par dessus les moulins de la F.1, me confia le Flambeau. Nous voilà quittant les Goudes en 1963 pour aller à Riou. On remarquera la plage de sable des Goudes où nous faisions des parties de sèbe à se  casser les reins, les bateaux en  cabesailles, les bateaux de pêcheurs sans cabines. Pas encore de glacis, pas encore de pannes

En 1966 mon père nous mena , mon mari et moi, à Riou.
Peter avait un problème à l'oreille interne qui lui donnait le mal de mer. Il se mit à la barre sur les conseils de mon père et put profiter du voyage. Dans la Calanque des Anglais c'est lui qui remarqua un cormoran, le premier que nous ayons jamais vu. L'oiseau nageait sous l'eau, et ressemblait au roadrunner et mon père le baptisa Chaparral des mers. Nous avons admiré le chantier de Fontagne, et au retour Peter vit aussi un poisson lune. Il avait oublié le mal de mer, mais sa condition empirant nous n'avons plus navigué que sur des ferries Je l'appelais Escartefigue pour faire bonne mesure. Ce n'est qu'en 1977 que je menais mes deux fils Christopher et Patrick sur Riou grace aux Devergie et leur bateau le Yeti.


 

25 ans plus tard je remis enfin les pieds sur l'Ile grâce à Alain Mante.

Les endroits enchantés de mon enfance sont réduits à ça

Il n' y a plus de quai , ni de toit sur le vivier, mais c'est tout de même très beau

La coulée d'argile avec cette couleur extraordinaire est toujours là , mais l'escalier a pratiquement disparu

Celui qui menait à la plage est encore là bien érodé. Les doigts de sorcière ont été arrachés car ils n'appartenaient à la flore de l'ile que depuis 150 ans. Il faudrait peut-être enlever les tamaris  dans ce cas là, ainsi que les agaves et les cactus!

 

Depuis 1991, le Conservatoire du Littoral, 
l'incroyable grotte cosquer et
l'avion de St Exupéry

 

Tous mes remerciements à Alain Mante pour son aide qui ne se dément pas et à son équipe du CEEP, Jennifer, Arnaud, Tim et Yannick et depuis 2006 Fabien et
Jean-Patrick et Christophe et Jerome et Julie et Nicolas

Le Cabanon de la Fons agrandi et remis à neuf par le CEEP

La Calanque de Fontagne  à l'état pur temporairement grace au travail des gardes

Les tamaris plantés  depuis 1964 sur le site du silo d'eau douce

Nous conservons pour que nos enfants connaissent toutes ces choses que nous essayons de détruire.

Il importe de nous empêcher de mal faire par ignorance, ou malveillance, ou stupidité.

Que conservons- nous?

Qui décide?

Depuis 1991, le Conservatoire du Littoral est propriétaire des iles de Marseille, Chateau d'If, Pomègues, Rateneau,  Maïre, Peyrot, Jarre, Calseragne, les Petit et Grand Conclus et Riou. Je crois que c'est en 1998 que le Conservatoire a acheté la pinède entre le Domaine de Port d'Alon et le Golf de Frégate.

 

INCROYABLE GROTTE COSQUER

La grotte Cosquer a été revélée au public en 1991, l'année de la mort de mon père. Dans cette région unique qui l'a passioné, il y avait quelque chose d'encore plus étonnant, et il ne l'a pas su. Si Henri Cosquer avait vu la main peinte tout de suite, si sa lampe ne s'était pas éteinte lui causant sans doute une belle chaleur, il aurait peut-être révelé sa trouvaille plus tôt, à temps !  Mais avec des si on referait le monde.

La grotte est incroyable parce que quelqu'un l'a trouvée, et a eu le courage (ou l'inconscience!) de nager dans un boyau de 125 mètres après avoir plongé à 36 mètres. Incroyable parce qu'elle est encore située au dessus du niveau actuel de la mer, et de ce fait on peut encore la voir . Incroyable par les animaux qui y sont peints, et qui sont des pingouins, des méduses, des phoques. Incroyable parce qu'il y a un morceau de draperie stalactite cassée, avec une main peinte, tombé dans un gouffre de 21 m, récupéré, et que l'on devrait sortir et exposer dans un musée de Marseille comme la Joconde de Cromagnon.
Tellement incroyable que dans le monde, les gens n'en savent rien apr
ès plus de 15 ans.


Ce n'est certes pas la faute de ces 3 hommes...Luc Vanrell, Jean Courtin, Jean Clottes sous des Mains Peintes


Jean Clottes et Jean Courtin devant les Chevaux (Photo Luc Vanrell)

Ils ont le sourire en dépit des conditions extraordinairement difficiles de travail. On ne peut que saluer l'exploit que représente leur étude du site, couronné par le livre référence : Cosquer Redécouvert.
Parce qu'il est unique au monde l'endroit appartient au Patrimoine mondial. Il mérite d'être géré en conséquence.



Vue Zoom de Riou

 


Les Pingouins des Calanques  (Photo Luc Vanrell) ou comme les appelle Luc, les Pingouins Marseillais

Les FOURS à CHAUX de l'Ile de Riou

Un peu à part pour la seule raison qu'il n'est pas facile de les dater. Il y en a 4 sur l'ile. 2 du coté de Caramassane (Cala massana) , un dans le Vallon de l'Aiglon, et un à la Sablière.


Le mieux conservé pas très loin d'un embarcadère. Sur la hauteur  en haut à droite quelques morceaux de culinaire de Vallauris.
Sur le chemin, du tourbilloné.. 18ème


Dans le vallon voisin, celui-ci encombré d'un lentisque, probablement de la même époque. A noter la couleur rouge de la terre.
 Nous ne sommes pas loin des affleurements de fer du puits des chèvres.

Celui de la Sablière a des murs d'un bon mètre d'épaisseur. Il a pu servir à la construction du deversoir et de la cabane attenante,

Celui de l'Aiglon barre le Vallon, à moitié recouvert de lentisques

Aux archives des Bouches du Rhone le premier document qui mentionne un four à chaux est celui qui est sur la propriété des soeurs de St Sauveur dans le vallon de Marseilleveyre(1565/1578) . Ensuite on trouve un  four à chaux à Sormiou en 1578, un contrat qui en 1777, parle de construire 3 fours, un tout de suite à Marseilleveyre,  un à Carrelongue, un à la Mounine, et s'il est permis d'utiliser du bois, on ne doit pas déraciner les arbustes!
Si j'en crois les tessons, ceux de Calamassane étaient en exploitation à la même époque, mais cela ne spécifie pas à quelle fin. Savonneries ??
 

J'ai donc rendu visite à Jean Ferdinand Petrucci qui a consacré sa thèse aux marmites de Vallauris. Il s'est prononçé pour mi-18ème.
Depuis nous avons trouvé un morceau de tourbilloné de bonne facture ce qui pourrait rabaisser la date. Cela correspond aux 3 fours du littoral en face. On peut supposer de nouvelles constructions, dans Marseille, ou de nouvelles industries comme des savonneries . Sans parler de la demande de chaux vive pendant la peste, ce qui pourait expliquer la rumeur des gens régugiés sur Riou à cette époque, et qui auraient pu camper pendant l'été à l'ombre des murailles qui bordent le départ du chemin de Caramassane
Une analyse du charbon de bois serait plus facile!
Mais il y a dû au moins en être un qui date de la construction de la Tour et de la Citerne vers 1400, celui du Vallon probablement car il est le plus près
Celui de la Sablière, pour la construction du deversoir. Non seulement ils ont enlevé le sable, mais ils ont utilisé des tonnes de pierres pour construire ce déversoir qui ressemble à un rempart avec une maison accolée.
Les deux autres ont peut-être été ré-utilisés par les fabriques de soude du 19ème. L'accès à Caramassane n'est pas aisé. Mais lorsque l'on voit l'emplacement de certains fours à chaux sur le littoral en face Riou, cela devient relativement une promenade.
La région des Calanques est parsemée de fours à chaux, et sur la carte du domaine de la Gardiole établie par mon père il y en a une cinquantaine de notés, et à peu près autant de fours à charbon ce qui devient presque une exploitation industrielle qui s'est poursuivie  probablement jusqu'à la guerre de 40. Une autre exploitation dont j'ai vu les traces dans les pinèdes de Baudoin au-dessus d'En-Vau c'est la résine. On trouvait assez souvent les pots qui servaient à la receuillir. et détail amusant, les gardes de Riou pensaient qu'un fond d'amphore Dressel 1A trouvé sur l'ile était un pot à résine.
Si l'on se souvient de l'exploitation des herbages et pasturaiges de la côte jusqu'à Morgiou de 1658 jusqu'en 1789  la chaux pourrait surtout être une autre ressource du 14ème au 18ème.

Le Puits des Chèvres et son Sentier Historique

Dans un doline  à l'extrémité Est de l'ile, une dépression dans l'argile retient de l'eau comme celle de la Fons.

A Delos (photo de droite) une construction semblable dont les murs étaient crépis!
 
L'été il est à sec. Après des pluies il y a au plus 60 cms d'eau, qui se remplit d'algue verte.
La première fois que nous avons suivi les gardes qui partaient controler un de leurs sytèmes d'enregistrement, nous nous sommes déchiré les jambes aux branches des lentisques, nous avons étaient trempées comme des soupes par un orage d'Août , nous avons attendu la nuit noire, assises au milieu d'un sentier avec au moins trois rats qui courraient à un mètre de nous, et pour ne pas retarder les gardes , pendant qu'ils grimpaient les éboulis pour aller controler les puffins, nous sommes reparties seules, et il m'a fallu un sacré bout de temps pour retrouver le chemin  qui passe sous une falaise que je n'avais pas remarquée à l'aller car nous la longions au pied! J'avais bien la copie de la carte de mon père, mais chaque fois que je la regardais à la lampe, il me fallait 5 minutes pour laisser mes yeux se réhabituer à la pénombre et essayer d'interpreter ce que je venais de voir. Lorsque nous sommes enfin arrivées à l'Aiglon, pas de bateau!  Ma mère a fait le sentier entre le Monastério et Fontagne par pure volonté.. pourtant elle était partie d'un pas décidé (voir la photo du déversoir).
Cette première fois, je vis à mes pieds un tesson avec des paillettes de mica..un morceau de anse. je notais qu'il était au niveau du Vallon de la Vigie. Lorsque nous sommes arrivées au Puits des Chèvres il y avait alentour 4 morceaux de céramique rouge dont un truffé de grains noirs caractéristiques des tessons italiques. Ce chemin est jalonné d'énormes rochers qui ont roulé de la dorsale de l'ile et près de chaque rocher  il y a au moins un tesson . 


Col d'amphore greco-italique trouvé sur le sentier,dessous un autre et puis un tesson massaliète

Et puis au bout si l'on pouvait s'attendre à des tessons du 17ème et 18ème l'époque des fermages, il y a après tout l'Abri des Chèvres pas loin du Puits des Chèvres!,  c'est en majorité de l'Italique (anse de Dressel 1A), du massaliote et de l'étrusque(validé par LF Gantès). Sur la branche des fours à chaux c'est plutôt du Vallauris et du tourbilloné. Je comprends les raisons du CEEP qui préfère ne pas inciter les gens à se promener partout, mais même eux empruntent le Chemin Historique, qu'il faudrait peut-être garder. Entre la Grande Sablière et Fontagne par contre, pas un bout de céramique à l'horizon. Lorsqu'ils allaient chercher de l'eau, ils devaient y aller en bateau. 
Ce sentier qui, à l'époque du Christ allait de Fontagne au Puits des Chèvres  , on en voit encore un morceau pavé d'après LF Gantes sur le coté ouest de la Calanque de l'Aiglon

 

 


 

Les BATTERIES de l'Ile de Riou et du Massif des Calanques

 

En 1818 le Génie dresse pour la monarchie un état des défenses depuis le Rhône jusqu'à Toulon avec un Atlas de dessins à l'aquarelle, que l'on peut voir aux Archives des Bouches du Rhône.
Première surprise: toutes les batteries des Calanques ont été construites en 1811 d'après ce rapport, y compris celle du Cap Croisette qui figure sur une carte de 1694 avec ses 2 canons!
Deuxième surprise: la batterie Est de Marseilleveyre s'appelle Batterie de Riou!
Troisième surprise: Le canon de Riou n'est pas mentionné.
Quatrième surprise:  Le point d'appui de Marseilleveyre ne l'est pas non plus!

Le 4 janvier 1794, Bonaparte écrit au ministre de la guerre à propos de Marseille: "Toutes les batteries circonvoisines qui défendent la rade sont dans un état ridicule. L'ignorance absolue de tous les principes a présidé à leur traçé. Elles ne sont pas en état de soutenir une bordée; elles seraient enfilées et les canonniers sont découverts à certaines pièces jusqu'aux talons , ce n'est cependant pas la faute qu'il y ait des épaulements, mais c'est qu'ils ne sont pas comme ils doivent être."
Le 25 janvier il propose  d'avoir mis avant 15 jours la côte entre les Bouches du Rhone jusqu'au Var , sur un pied respectable.  Cela ne se produisit pas car ses consignes ne furent pas exécutées.
Dans une autre lettre du 25 février 1794 , il écrit: "La défense de la côte avait été livrée jusqu'içi à des architectes qui avaient de la bonne volonté, mais non pas des connaissances militaires."
S'il y avait eu des Anglais sur Morgiou comme le veut l'histoire locale , il l'aurait mentionné, ne serait-ce que pour arriver à ses fins.

 

 

Il passe un mois à la Ciotat pour préparer l'expulsion des Anglais installés à Toulon avec l'aide des monarchistes .

Il y a 140 ans que Colbert et Vauban ont fait de Toulon le port de la France. Vers les Echelles du Levant, mais aussi vers les Antilles d'où les  vaisseaux reviennent avec dans leur sillage les Anglais. Avant eux c'était les Barbaresques, ce qui couvre tous les bateaux pirates de la Méditérranée depuis la Turquie , la Libye, la Tunisie, l'Algérie.
Vers 1300 Robert comte de Provence avait pris  les choses en mains avec la construction de vigies et le renforcement des défenses. François 1er  fait construire le chateau fort du Chateau d'If, mais le mur d'enceinte est construit par les ducs de Toscane  dont les troupes occupent l'ile. Lorsque les barbaresques enlèvent des esclaves dans la rade de Marseille la garnison du chateau d'If ne bouge pas, et les fustes sont dispersées par une escadre napolitaine.
Les guetteurs de Vigie ont des mousquets , cela n'empêche qu'ils sont enlevés en 1527. Je ne sais d'où vient la mention de fortins datant de 1614, mais cela concerne Morgiou, Cap Caù et Cassis. Cassis est un "chateau" fortifié , il y a un mur de fortification à Morgiou  et une tour de vigie ronde qui n'est certainement pas mentionné dans les décrets de 1810, quant à Cacaù je ne m'aventure pas à décider ce qui pourrait dater de 1614.

LA BATTERIE DU CAP CROISETTE
Batterie de Croizette, des Croisettes, Fort Napoléon

François Blondel, sieur des Croisettes fait en 1650/1651 le plan des fortifications de Provence. En 1647 il commande la galère la Cardinale.

Sur des cartes qui concernent la rade de Marseille on trouve aux Archives une carte de 1695  une liste des batteries jusqu'à celle du Cap Croisette qui se compose de 2 canons. Puis sur une carte de 1744 un dessin à la location plutôt imprécise mais qui donne le détail de la batterie.
En 1811 le gardien a disparu, la batterie en mauvais état, une nouvelle batterie des Croisettes est décretée par Napoléon. Les roches sont cassées pour préparer une plateforme  où l'on peut mettre 6 pièces . Une citerne, un fossé avec un mur, un corps de garde qui restera sur la crête suffisamment longtemps pour être peint par Jean-Baptiste Olive dans son immense tableau de l'Ile Maïre de 1891. A l'Ouest elle croise le feu avec la batterie de Montredon pour interdire la calanque des Goudes et de Mongenet(Mahonaise) aux pirates ennemis, à l'Est avec la batterie de la Mounine pour "empêcher le refuge ordinaire des corsaires ennemis à l'anse de Carrelongue à 800 mètres à l'est".
Petit problème , l'ennemi attaque les canonniers au mousquet à partir de Maïre, mais sans trop de gravité à cause de la distance.

 

Détail  de la Batterie du Cap Croisette en 1695 Cap Croisette 1744
 
Cadastre de Matheron  - Archives B-du-R Localisation de la batterie  de 1811
 Jean-Baptiste Olive - L'ile Maïre  - 1891 - Corps de garde de 1811 Atlas 1818 - Archives des B-du-R


Le Génie de Napoléon III revoit le système défensif à partir de 1864 qui se composera des sémaphores de la Ciotat, et de Calelongue, du fortin des Goudes, de la Batterie de l'Escalette dont le Corps de garde semble être une tour modèle, mais les batteries ne sont pas sur le toit mais sur les fortifications.
En 1886 le corps de garde des Croisettes de 148m2 est loué à un paysan, Gustave Bounin avec 1301 m2 de pacage.

En 1933 refonte totale de la batterie transformée par la Marine en Fort Napoléon et que les allemands  prendront en main en y ajoutant un seul blockhaus vers l'Ouest . Le mur du temps de Napoléon au sud de la plateforme est toujours là, incorporé, doublé en certains endroits, et à l'est des tessons, assiettes de Varages ,assiette à marli , des morceaux de cruches vertes melés aux tuiles du corps de garde et de la citerne arasés; morceaux de pipes hollandaises.

Le Massif des Calanques est laissé pour compte à cause de l'impression qu'il donne d'être inexpugnable et inhabité; les Calanques de Marseilleveyre  de Sormiou et de Morgiou permettent de rejoindre Marseille par des sentiers difficiles utilisés depuis toujours, par des pêcheurs et des chasseurs.
Les Calanques sont des mouillages pour le cabotage et le commerce, qui aux prises avec les sarrazins, les barbaresques, les corsaires, les pirates anglais réclament à corps et à cris d'être protégés.

 


LES BATTERIES DE MARSEILLEVEYRE
Batterie du Four à Caux, du Four à Chaux,
Batterie de Rioux, de Riou, de Marseilleveyre Est
 Batterie de Mounine , le Théatre, de Marseilleveyre Ouest

A Marseilleveyre il y a un four à chaux qui marque la limite de la propriété des soeurs de St Sauveur en 1571 . Il y a sur la carte qui suit faite par le Sieur Michelot en 1736 une batterie du Four de Caux pour défendre le mouillage du même nom, puis sous l'empire il n'est plus question que d'une batterie de Riou!

L'évaluation de la "Batterie de Rioux" (Marseilleveyre Est) en 1811 : "batterie construite en maçonnerie sur un front droit défend le passage du canal pour la navigation... elle est armée de deux pièces en fer de 24 sur affûts de côte en bon état , mais la lumière un peu évasée, indispensable à réparer ou à échanger, il y a un mortier en bronze de 9 pouces sur affût en bois qu'il est nécessaire de remplacer par un de 12 pouces.
Sur la droite de la batterie à 400 mètres de distance sud ouest (ce qui sera Mounine), à l'avancée de la petite anse de droite l'on trouve une pièce de 16 renforcée en bronze, montée sur affut de siège , sa forme intérieure est conique, et la lumière très évasée.
Il y a à ce poste 2 pièces de bataille de 4 montées sur leur affuts , on peut supprimer la pièce du 16 et augmenter la batterie d'une pièce de 24 ou de 36 sur affut de cote.
Le poste le plus près de la gauche de cette batterie est celui de Cacao à la pointe du golphe de Cassis qui en est éloigné mais elle aura pour intermédiaire à ce même coté la nouvelle batterie décretée par Sa Majesté sur le Cap de Morgioux".

Devons-nous penser qu'il s'agit là de la batterie du Four à Chaux? et qu'on l'appuyait déjà avec 2 pièces sur la droite , et que le tout sera repris et amélioré?

En juillet 1812, La batterie de la Mounine est dite en construction. Elle est établie sur une place circulaire ayant 47 mètres de développement intérieur. Tous les travaux concernant l'artillerie de cette batterie seront "terminés dans le courant du mois d'Août prochain ainsi que son armement qui sera de 3 pièces de 36 sur affût de côte et d'un mortier de 12 pouces. Ce poste exigera 16 à 20 canonniers" (SHAT Vincennes. Renseignements M. Cruciani)


Batterie de la Mounine
 


Batterie de la Mounine - Aquarelle de l'Atlas de 1818

D'après l'Atlas de 1818 les commentaires de 1813 rapportent  qu'il y a en contrebas de la batterie Est (appelée batterie de Riou) des ruines d'une batterie plus ancienne.
Il est dit que Robert d'Ancézune propriétaire du terrain a demandé à être compensé pour celle de l'Est, mais pas pour celle de l'Ouest La conclusion est que le terrain de la batterie de la Mounine appartenait déjà à l'Etat, ce qui laisse à penser qu'il y avait déjà une batterie. Mais Ancézune réclame aussi quelque chose pour les Croisettes.
Faut-il voir là un  agrandissement des batteries décidé en 1810 par Napoléon qui avait jugé en 1793 les batteries de la côte entre Toulon et Marseille  inadéquates,


La route des Goudes est alors le chemin des Batteries, puis après Calelongue de la Batterie bien qu'il y ait 2 batteries à Marseilleveyre. Le point d'appui n'est pas montré . Par contre il y a un sentier qui va à l'Ermitage de St Michel d'Eau douce en passant par la Demi-Lune. le ravitaillement en eau étant un problème par mauvais temps.

Ayant trouvé au Cap Gros et à l'appui de Marseilleveyre du tourbilloné de l'Huveaune et des tuyaux de pipes hollandaise, je me rendis chez Maurice Rafael qui en mesurant le trou et en se référant à une livre d'origine anglaise me donna 1670 pour le diamètre de 2.6mm et 1725 pour le 2.4mm (Plus le trou est gros plus c'est vieux, m'a-t-il dit, on a fait ensuite des économies en réduisant le tirage!) 
Presque 100 ans plus tôt que ce que je pensais.

Tuyaux de pipes en ceramique et poterie de l'Huveaune

Restes de repas des soldats de l'appui

Mais en 1701 c'est la guerre de la succession d'Espagne (1701/1707)où l'on envisage que l'ennemi pourrait refaire le coup des Aragonais et mettre le feu à la ville de Marseille.
En 1744 nouvelle alerte: les espagnols et les anglais se battent devant Toulon et les Français se mettent au milieu pour sauver leurs alliés espagnols.  Où l'on trouve un capitaine Mathews  en action dans le coin. Court la Bruyère , ses 15 vaisseaux de ligne vont aider les 12 vaisseaux espagnols de l'amiral Don José Navarro. Mathews attaque du coté du vent entre le littoral et la flotte, mais son arrière garde ne peut ou ne veut pas le suivre et la bataille est indécise.

A-t-on construit ce bel appui à cette époque ? Le sol est encore tout dallé, et fait penser à du travail de galérien. Il y a un un corps de garde sur le coté qui a depuis longtemps répandu ses tuiles dans les éboulis. D'après Jean Ferdinand Petrucci l'expert du culinaire de Vallauris les toupins seraient du 16ème tandis que le reste des tessons assiettes, cruches, plats, tasses des poteries de l'Huveaune couvrent tout la seconde moitié du 17ème et probablement le début du 18ème.
En ce 17 avril 2009, j'ai le plaisir de dire que par une chance extraordinaire j'ai trouvé entre 2 arapèdes une rondelle de cuivre oxydé qui s'est révelée être un double tournois de 1618 de Louis roy de France et de Navarre. Voilà qui donne raison à Mr. Petrucci, et m'évite des recherches laborieuses aux archives. Et toujours la petite note : l'expert en numismatique m'a déclaré péremptoire: "c'est un denier-tournois et ça n'a aucune valeur! Peut-être pas pour vous cher monsieur.. merçi de m'avoir aiguillée dans la bonne direction et de m'avoir expliqué que les rois ou les nobles lorsqu'ils entraient dans les villes en jettaient des poignées aux gamins.

Louis XIII R FRAN et NAVA

1618 Double Tournois

 

En 1612 Louis XIII enlève le pouvoir à sa mère Marie de Medici et 1618 marque le début de la guerre de 30 ans. Il sera dans les parages à Morgiou pour y pêcher le thon en 1622. La location sur la carte de 1736 n'est peut-être pas aussi fantaisiste qu'elle le parait . Il y a aux Archives de la Marine à Vincennes une autre carte du sieur Heury Michelot, Capitaine Réal des Galères de 1716 qui montre qussi la Vigie de Riou .

On lui pardonnera d'avoir interverti Morgiou et Sormiou, parce qu'il marque d'un rond rouge la batterie du Four de Caux toujours à l'intérieur des terres.

 


Batterie du Four de Caux? - pas facile d'y monter des canons de gros calibre, mais un sol de pierres taillées de 10 cms d'épaisseur

D'après l'Atlas de 1818 les commentaires de 1813 rapportent  qu'il y a en contrebas de la batterie Est (appelée batterie de Riou) des ruines d'une batterie plus ancienne dont il ne reste qu'une moitié de la fondation du mur souligné en vert. On la voit sur l'aquarelle.

Enfin en 1818, La citerne de la batterie Est de Marseilleveyre n'étant pas finie il est question de le faire et d'ajouter une tour pour renforcer la défense, car" il serait avantageux de défendre le mouillage pour le commerce, ce qui a été nécessaire dans le passé!" 
Au lieu de cela le corps de garde sera abandonné aux douaniers, et divers batiments seront loués à des pêcheurs. De nos jours..

En 1886 Marius Giraud loue un pied à terre de 15m2 pour la pêche.
En 1887 Le corps de garde de 150m2  plus les 12m2 du magasin à poudre seront le logement d'un Marius Bouze  , et j'ai retrouvé Bouze père et fils mentionnés dans une chronique de Henry Imoucha qui dit que ces 2 pêcheurs revenus sains et saufs de la guerre de 1914 érigèrent une croix monumentale sur les escarpements des Escampons.

Mais nulle part il est question du canon de Ste Barbe de Riou et de l'appui de Marseilleveyre. Comment les soldats de l'empire qui ont reconstruit les batteries de Marseilleveyre ont-ils pu travailler deux ans sans lever les yeux vers la colline? Bien camouflé, mais tout de même!!


Personne; que ce soit en 1818, en 1842 ou en 1853 quand ils évaluent les batteries pour récupérer l'armement et les munitions, personne ne mentionne ces 2 endroits. Pourtant il ya des tessons qui révèlent une présence dans le temps. Jarre de storage de Biot à Riou, plats de montelupo spirali verdi (ca 1750), des bols identiques à ceux de Morgiou (1813), et sur l'appui de Marseilleveyre un os de boeuf, des bious et des arpèdes, avec des poteries de l'Huveaune) (17/18ème), des toupins de Vallauris( début 17ème) le double-tournoi de 1618.

La petite batterie en fer à cheval si c'est elle la batterie du four à chaux semble plutôt vulnérable, même aidée de 3 pièces 400 mètres plus loin. Il semble qu'au 17ème il y eut un effort considérable de batir une position  efficace et plus abritée. (l'idée sera reprise avec la suggestion de construire une tour modèle en 1812) . Il est possible que la distance à la mer ait été un problème.


LA BATTERIE DE STE BARBE  A RIOU


Cliché Courtin avant 1971 - Poudrière de l'Aiglon?


Batterie de Riou -  abstraction par photoshop de la douzaine de pierres qui ferment la brèche aujourd'hui.

A l'origine de ma recherche, la grotte Ste Barbe mentionée sur la carte de mon père et l'identification des murs par Jean Courtin comme étant des murs de batterie. 120cms de haut, 170cms d'épaisseur. Direction: le Cap Morgiou.
Un petit sentier qui mène sur la carte  d'une petite construction de 2m sur 4m avec des murs de 20 cms qui aurait pû servir de poudrière en attendant de servir de poulailler à Pipo Meïni.
Mais à quelle époque? Dr Hiely parle d'une batterie de Riou peu éfficace en 1880, sans nommer ses sources.
Plutôt tardif pour ce genre de construction à cet endroit, à moins que ce soit au moment de la construction des sémaphores de la Ciotat et de Calelongue qui datent de 1864. Les tessons sont résolument du 18 ème, y compris une jarre de storage de Biot. J'ai aussi trouvé un rapport sur le désarmement des batteries en 1853 qui couvre Morgiou, Marseilleveyre et Croisette et ignore totalement Riou. On voit mal pourquoi on désarmerait 3 sites armés de canons de 36, 24 et 18, pour construire un petit appui d'un seul canon couvrant seulement la zone au large de Sormiou.
A cause des tessons il serait plus probable qu'il y ait eu quelque activité en 1701 dans la région et aussi en 1744 lorsque les anglais entrent en guerre et le Maréchal de Belle-Isle requiert de la Cadi
ère un farot à la pointe d'Alon et 2 hommes pour signaler l'ennemi à 36 livres chaqu'un. Il n'y a pas beaucoup de tourbilloné, mais dernièrement j'ai relevé un fond de bol identique dans sa facture à ceux que l'on trouve sur Morgiou. Détaché du tour à la va vite, même pas retouché,  émaillé marron avec un peu d'engobe jaune  pour décorer. Je crois donc que Ste Barbe, patronne des artificiers, a eu sous sa protection des soldats de Napoleon en 1813 . Qu'ils aient donné le nom de l'Aiglon au vallon et à la calanque renforce la date, comme je l'ai fait remarquer, s'il y a des faucons pèlerins sur Riou il n'y a pas d'aigle. Le mortier qui utilise du sable marin se retrouve aussi aux batteries de Marseilleveyre et de Morgiou.

La Vigie de Riou fût fermée en 1695. Mais celles de Marseilleveyre et du Cap Gros sont mises hors d'état par les Anglais en 1814. Elles devaient donc épauler les batteries. Sur certaines cartes il en est mentionné une autre sur le Plan de Coulon au dessus de la Bougie. Une courte visite n'a revelé aucun mur pour l'instant.

 

LES BATTERIES DE MORGIOU
Batteries de Morgils, Morgioux, Mourgiou, Morgeon(décret Nap), Morjean(Ang), Morgion (Ang.)

J'ai passé des week-ends innombrables dans la région de la Grande Candelle, du Devenson et de la Gardiole. Nous n'allions pas sur Morgiou.  Sur le Cap  il y a un excavation étonnante entourée par un amas des pierres qui ont été montées en mur et qui recouvrent une petite maison à tuiles en ruine.  Matheron qui fait le cadastre de Marseille en 1825, fait une carte pour le compte d'Auguste Fabre qui vient d'acheter Luminy. Les deux batteries sont là, le mur du fortin construit ou reconstruit par un décret de 1810 de Napoléon et la petite tour est indiquée comme vigie. (A noter: Mourgiou)


 


Photo Google Earth

Au cap Morgiou il y a 2 batteries . Leur histoire est assez confuse. C'est fortifié en 1614 contre les Barbaresques, bien avant Vauban donc. Qui dit fortifications dit Muraille.
D'après l'hitoire locale,il est dit qu'en 1793, les Anglais aidés par les monarchistes avaient pris position non seulement à Toulon, mais aussi à Morgiou. Le lieutenant Matthews de la garnison anglaise deviendra amiral et c'est lui qui conduira Napoléon à Ste Hélène. (Renseignements J. Courtin et Luc Vanrell).  L'histoire locale veut que ce soit Lowe le geolier de St Hélène.
 

L'amiral Thomas Mathews (1676-1751) lui a 30 bateaux sous ses ordres à la bataille de Toulon en 1744. Il devra démissioner après cette bataille mal conduite.

John Matthews est commandant du Courageux en 1793 lors de l'attaque de Toulon par les républicains et Bonaparte (Histoire de la British Navy)  Nulle part il est mentionné qu'il soit devenu amiral, ni qu'il ait été sur Morgiou. Ni qu'il soit allé à Ste Hélène.

Lowe est lui aussi capitaine  en Méditerranée, mais il est plutôt dans la région de Sicile, Sardaigne et Corse. Rien à propos de Morgiou. C'est l'amiral Hood qui est chargé de la région de Toulon.

Luc Vanrell dont la soeur a épousé un Matthews est trop occupé en ce moment pour en discuter.. nous y reviendrons.
Mais jusqu'à preuve du contraire à l'aide d'une source historique, cette histoire est sans fondement. Les bateaux anglais patrouillaient depuis le delta du Rhone jusqu'à Toulon et faisaient de la piraterie pour se ravitailler, ils ne débarqueront sur Morgiou que 2 fois en 1813 apparemment à titre préventif- ceci est validé par les archives du SHAT et de la British Navy.

Ces deux batteries sont des constructions identiques à celles de Marseilleveyre. Elles ont été démolies 2 fois en 1813 et reconstruites et surélévées. La batterie montre une date en tessons de tuile rouge: 1813


Batterie  Sud de Morgiou

D'après un rapport du 29 juillet 1812 cette batterie était armée de 4 pièces de 36, une de 18, toutes sur affûts de côte et d'un mortier de 12 pouces en fer et à plaques.

Autre commentaire présentant un intérêt: Il y a sur Morgiou 23 hommes. Qui campaient dans des "barraques" en bois (qui seront incendiées)  la seule maisonnette est mentionnée comme poudrière sur le Cap. Elle est creusée dans la roche qui devait s'y prêter. Les tuiles sont disséminées alentour.
Le poste était commandé par le sergeant Aymond sous les ordres de Mr le Lieutenant Pinatel, qui lui était à Cassis.
Il y aura 40 hommes lors de l'attaque en 1813
 


Batterie Nord (2) de Morgiou

Celle-çi est armée en 1812 de 2 pièces de 24 sur affût de côte en bon état. Elle est construite pour 2 pièces et un mortier


Batteries de Morgiou - Aquarelles de l'Atlas de 1818

En Juillet 1812 il y a 23 hommes en tout - armée de 8 bouches à feu. Il n'y a pas d'eau. Possède un petit corps bassijsse (?) qui fut fait par l'artillerie pour les travailleurs et le magasin d'outils qui servira de magasin d'attirail (Shat Paris - fort de Vincennes - art 3W35 - Renseignements M. Cruciani).
Le dessin de 1818 ne tient pas compte de l'emplacement du fourneau à réverbère, ni de la vigie, ni du corps de garde, ni du fortin, ni de la redoute surplombant la calanque, ni d'une cabane enfouie près de la batterie sud, ni de l'appui au dessus de St Pierre.


Cette construction d'un mètre de haut , en forme de L avec des epaisseurs de mur de 1m , et le départ d'une voute  est-elle un fourneau à réverbère de fortune ?

Le 30 Mars 1813, 200 à 300 anglais débarquent à Sormiou, et viennent prendre à revers les 40 hommes  de la garnison. Ils font une vingtaine de prisonniers, détruisent les épaulements, le fourneau à reverbère, jettent les canons et les affuts à la mer, et s'emparent de 10 des 14 bateaux au mouillage qui ont une cargaison d'huile.
Or certains de ces canons ont été repêchés par Albert Falco , le capitaine de la Calypso.

Ces boulets n'appartiennent pas aux canons mais à des bombardes ou mortier. Le diamètre d'un canon de 24 fait seulement 16cms de diamètre, ceux de 18, 15cms  (Canons des Invalides de l'époque de Vauban). On voit la difficulté d'essayer de démater un vaisseau avec un boulet de 16 cms qui fait 12 kilos. Par contre un boulet de huit fait en 2 parties retenues par une chaine pourrait être plus efficace.
La mode en 1810 était aux fourneaux à réverbère.. pour chauffer le boulet au rouge de façon à mettre le feu aux bateaux. Un fourneau est spécifié dans le décret concernant les batteries de Morgiou. Il s'agit de mettre de la poudre, puis un tampon d'herbe mouillée et ensuite de faire rouler un boulet chauffé au rouge que l'on apporte à l'aide de grosses tenailles ou une espèce de louche.
On n'arrête pas le progrès technique! Mais j'ai lu que dans ses mémoires Napoléon abordera le sujet en se plaignant que cela n'a jamais été utilisé de manière efficace car les soldats avaient peur  que le boulet mette le feu à la poudre, aussi "n'essayaient-ils même pas!"
Le 2 Mai , alors qu'on s'apprêtait à réarmer les batteries, Les Anglais attaquent à nouveau, et après une canonnade, ils débarquent sur le Cap par les 2 points moins élevés, St Pierre et la Gorguette. cette fois ils font sauter le fourneau, et capturent 6 bateaux de commerce, plus un bateau d'agrès
On notera sur les aquarelles l'incroyable falaise .

 

           
St Pierre        et                                 la Gorguette qui sont les points les plus bas

En attendant de pouvoir prendre une photo de bateau ou d'hélicoptère je suis descendue à la Gorguette et j'ai découvert que pour empêcher toute escalade les fissures avaient été soigneusement bouchées avec des cailloux dans du mortier.  Voir sur la photo suivante , à gauche au dessus des touffes de cryste marine. Même chose sur la droite


Le débarcadère de la Gorguette fortifié en vain


Le Trou Carré du Cap Morgiou - Hauteur 3 mètres -

En 1818 le rapport de l'attaque par les anglais de ces batteries laisse entendre que cette excavation en 1813 était l'emplacement de la construction éventuelle d'une tour à plusieurs étages pour le logement des 40 hommes prévus pour la garnison.

Une tour-modèle no 2, c'était le projet de Napoléon d'en avoir 200 en Europe. Seulement une dizaine seront finies en 1814 dont une en Pologne aui existe toujours. Les canons sont plaçés sur le toit.

Il n'en est toutefois pas question dans le décret du 17 Novembre 1810 qui ne mentionne que la batterie , le fourneau à réverbère et l'armement


Extraits du Décret du 17 Novembre 1810 - obtenu grace au conservateur et à la sécrétaire du SHAT à Vincennes

Les pierres rejetées ensevelissent la petite vigie ronde qui pourrait dater de 1614. Il y a d'autres constructions tout autour.. abris temporaires ?
Il y avait 14 batiments de commerce dans la calanque dont 10 seront emmenés par les Anglais. Mouillage soit-disant protégé non seulement par les batteries du Cap mais aussi par 2 canons près de la cabane de la douane sur la plage, ordonnés par le décret.
On peut penser qu'il y avait aussi quelques armes sur les 2 plateformes aux deux bouts du mur.

Les anglais arrivent à pied de Sormiou, ils attaquent le fortin, et les bateaux dans la calanque restent au mouillage pendant tout ce temps?? C'est à désespérer!



Fortin de Morgiou, Surélevé et équippé de meurtrières peut-être en 181O.  Comme à la Vigie de Riou le mur est parfaitement intégré à la roche. Il y avait parait-il un pont levis. Les rapports sont extrèmement pénibles à lire:
Que faisaient les 40 soldats lorsqu'arrivent les 200 anglais  qui n'ont pas de canons, alors qu'ils sont derrière un mur comme celui-là?



Cap Morgiou - Cliché Dr. Albert - Les pins ont brulé récemment mais commencent à repousser ainsi que les chênes verts

La batterie Nord de Morgiou montre une surélevation de 50 cms , peut-être rajoutée seulement après les attaques de 1813 car la partie gauche semble être  de construction identique, comme si il manquait un pan du renforcement.
 


Peu de tessons en surface, mais ceux des époques précédentes ont peut-être fini dans le surélevement des épaulements en hauteur. A Morgiou quelques bols de facture semblable si la taille est différente. le pied n'est pas repris . un peu d'engobe jaune jetée sur un fond marron . Du culinaire Vallauris mélé aux tuiles du magazin.

Juillet 2009: Des aquarelles encore plus précises du projet en 1811 des batteries de Morgiou et après l'attaque des anglais de 1813 elle fut remaniée et l'arc fermé comme on le voit sur l'atlas de 1818 et sur la photo ci-dessus.
Le fourneau à reverbère se trouvait à l'interieur de la batterie nord . Aujourd'hui il y a des arbres à l'endroit.

 

Projet de batteries , tour modèle avec muraille crenelée et fortin avec pont-levis sur la péninsule de Morgiou en 1811

S'il y avait eu des anglais en 1793 il aurait fallu les en déloger , et cela aurait été sans aucun doute mentionné dans un des rapports , comme c'est le cas pour Toulon.

 

LA BATTERIE DU CAP CAU
Batterie du Cap Caù, du Cap Cacaù

Au fortin de Cacaù qui date de la même époque le renforcement est semblable, pas très élévé, cabane "corps de garde"intégrée sol plat.

J'ai trouvé un site www.ageofnelson.org qui tire des archives de la British Navy à l'époque des guerres du premier empire, le rapport suivant des attaques de Morgiou en 1813 par le Volontaire, l'Undaunted et le Redwing et le Repulse, avec beaucoup plus de détails que l'Atlas de 1818.

Les cartes anciennes viennent de la Bibliothèque Nationale , les photos aériennes de Google Earth, les aquarelles de l'Atlas des Batteries de 1818 des Archives des Bouches du Rhone. Les lettres de Napoléon sont mentionnées dans le Blocus anglais de 1804 à 1814 de Paul Gaffarel dont le grand-père était  patron-pêcheur à Cassis lors de l'attaque de 1813. Son compte-rendu de l'attaque d'Août 1813  est plus localisé que le rapport anglais qui ne connaisse pas les noms spécifiques des batteries de la Baie de Cassis.

  • The boats of VOLONTAIRE, UNDAUNTED and REDWING, under the command of Lieut. Isaac SHAW of the VOLONTAIRE attacked Morgiou, a few miles east of Cap Croisette, on the night of 30 March.
    They landed at Sormiou and marched over the hills at daylight to attack two batteries from the rear.
    After some resistance from 40 troops they were carried and five 36-pounders in one, and two 24-pounders in the other, were thrown into the sea. A mortar was spiked and all the ammunition destroyed. Other boats, though opposed by two field pieces, brought out 11 vessels of between 25 and 45 tons laden with oil and destroyed two others. UNDAUNTED lost one marine killed and two marines severely wounded.
  • The French immediately started preparations to remount the cannon in the batteries so Capt. MOUBRAY in REPULSE, learning of this from Capt. WALDEGRAVE of VOLONTAIRE, sent in 100 marines from his ship on 2 May to join those from the frigates to finally destroy the enemy works. They were led by Lieut. SHAW because of his local knowledge and, covered by REDWING and launches with carronades, they landed and drove back a detachment of the 4th. battalion of the 1st. regiment of the line, the enemy losing at least 12 killed. The batteries, gun mountings and the 13 inch mortar were blown up (Lieut. SHAW was wounded by the explosion) and six vessels, variously laden with salt, wine, leather, flour and bricks, were brought out. Capt. USSHER, noticing that they were fastened to the shore by hawsers from the masthead, went along side one vessel under a heavy fire of musketry from soldiers on the cliffs. As he and his boat's crew scrambled uninjured aboard the prize, his gig filled up to the thwarts.
    UNDAUNTED lost one seaman, L. NOSKI, killed and two seamen, John DALE and J. SULLIVAN, wounded.
    The following day UNDAUNTED chased a ship under the guns in the Bay of Marseilles and kept up an animated exchange of fire while Lieut. William OLDREY and a boat's crew brought out a brig lying at the entrance to the port.
    On 7 May UNDAUNTED's boats captured two coasting vessels out of a convoy and drove several ashore.
    A squall prevented them taking the schooner escort although they gave chase for as long as they could, but Lieut. OLDREY was dangerously wounded and his crew had also suffered.
  • Early in August UNDAUNTED and ESPOIR discovered a number of vessels at Cassis, about 8 miles east of Cap Croisette. Capt. USSHER left ESPOIR to blockade the port and sailed to meet Sir Edward PELLEW off Cap Sicie. He returned with REDWING, 200 marines and a detachment of boats from CALEDONIA, HIBERNIA, BARFLEUR and the PRINCE OF WALES. Contrary winds prevented the attack for several days and when it took place on the 18th. UNDAUNTED could not take up her planned anchorage abreast the town.
  • Four batteries defended the entrance of the bay and two French gunboats were moored across the entrance of the mole but REDWING and ESPOIR swept in under heavy fire to within 50 yards of the town to cover the landing. The marines under Capt. Jeremiah COGHLAN, RN drove the French before them at the point of the bayonet, through the batteries to the heights behind the town.
    Lieut. Hunt, RM being the first to enter the citadel by a ladder which broke, leaving him alone on the parapet.
    The boats under Capt. SINCLAIR of REDWING then entered the mole and brought out two gunboats and 24 merchant vessels and destroyed one gunboat and one tartan A small party under Capt. SPENCER of ESPOIR in a windmill at the back of the town covered the re-embarkation which was accomplished without any of the houses or private property being touched.


1813 Capt. Richard Hussey MOUBRAY, Mediterranean. On board of the REPULSE
On 2 May the boats of REPULSE, VOLONTAIRE and UNDAUNTED brought out nine laden vessels from the port of Morgion while marines from the same ships were landed and blew up some batteries in the vicinity.

  • 1813 Sir John Gordon SINCLAIR, Mediterranean. On board of REDWING
    On 30 March 1813 REDWING was with UNDAUNTED and VOLONTAIRE when 14 merchantmen were discovered in Morjean, a small harbour between Marseilles and Toulon.
    Parties of seamen and marines were landed at Sormion and climbed over the hills to attack the two batteries covering the port from the rear.
    Five 36-pounders in one and two 24-pounders in the other were thrown into the sea and all the ammunition destroyed.
    Eleven vessels laden with olive oil were brought out and the others destroyed.
    REDWING covered marines from the same ships when they landed to destroy batteries and bring out six vessels from Morgion on the 3 May.
  • A squadron consisting of CALEDONIA, HIBERNIA, UNDAUNTED, PRINCE OF WALES and REDWING attacked Cassis to the west of Marseilles at the beginning of August.
    Four batteries covered the entrance to the bay and two gunboats were moored across the entrance of the mole.
    Capt. SINCLAIR swept his sloop in under heavy fire to cover the marines who, under Capt. COGHLAN, drove the French from the batteries at the point of the bayonet.
    The boats under the direction of Capt. SINCLAIR then entered the mole and brought out twenty-four settees and tartans and two gun boats.
    One petty officer was wounded in REDWING.

 

Le Turc


Mon père que l'on voit sur cette photo de 1964 travaillant à la carte du site. Il se tient à l'angle sud-ouest de la Fontaine qu'il venait de finir de restaurer et de recouvrir. Sur sa droite, la barre rocheuse où il cherchait la résurgence qui alimente le point d'eau jusqu'à l'emplir de 6000 litres. C'est là qu'il découvrit le squelette ainsi qu'il le raconte dans le récit qui suit et que l'on trouvera dans son intégralité sous le titre de Fontagne

 Mon père écrit:    

A l’Est de la Fontaine, à 5 mètres environ, une barre de roche homogène clôt le vallonement sur une ligne Nord-Sud.
J’étais toujours à la recherche d’une arrivée d’eau de source hypothétique qui aurait pu justifier ce terme de Fontaine.
J’entrepris donc de déblayer la base de l’éboulis qui l’avait submergée, et duquel il semblait bien que l’on avait prélevé les éléments du comblement de la cavité, ceux-là même que nous avions eu tant de mal à extraire lors de la découverte.
J’étais parvenu à 50cms de profondeur, ç’est-à-dire à 1 mètre environ du sommet de la barre, lorsque je découvris quelques petits ossements.
Je n’y prêtais pas attention tout d’abord. Mais le coup de pioche suivant fit sauter un os long. Surprise!
Il avait toutes les apparences d’un tibia. Prudemment j’avançais la fouille vers le Nord jusqu’à dégager les extrémités de deux fémurs.
Le lendemain je dégageais entièrement à la fourchette un squelette enseveli le long de la barre, les bras croisés sur le thorax dans une position habituelle de sépulture.
Il manquait la jambe droite et les os du pied gauche que j’avais éparpillés sans les remarquer, puisque la chance avait voulu, pour son integrité que je déterre cet inconnu en commençant par les pieds!
Il fut identifié par Mr. Charles, savant anthropologue du Museum de Paris: homme de 35 ans, 1.77m, de race macédonienne; enseveli depuis une époque difficile à préciser entre 400 et 700 ans avant nous.

Or Bouillon Landais dans son livre sur l’ile de Riou, nous apprend que les Turcs, Sarrazins ou Barbaresques faisaient alors des expéditions sur les iles et le littoral Sud.
En Mai 1527, les 3 gardiens de la Vigie de l’Ile et qui habitaient certainement au Monasterio quand ils n’étaient pas de garde à la tour du sommet, analogue aux tours sarrazines corses, furent massacrés par les Turcs.
Les dates semblent suggérer que l’un des Turcs , blessé et amputé de la jambe droite mourut au campement qu’ils avaient installé à la Calanque de la Fontaine hors de vue des guetteurs de la tour, et fut enterré là, sans vêtements, ni linceul , dont nous n’avons trouvé aucune trace."

C'était en 1964..

En 2004 il parut sur "la Provence" un article à sensation de 2 pages  annonçant que le squelette trouvé sur Riou dans les années 60 pourrait bien être St Exupéry! L'endroit montré n'était pas le bon, et plusieurs détails étaient faux. Très ennuyée à l'idée d'avoir le crane de St Ex dans mon armoire, je finis par me convaincre que c'était impossible, car la gourmette trouvée par Jean Claude Bianco prouvait que si elle avait été arrachée dans l'accident, la main  aurait dû être avec. Or mon père qui était médecin, a bien noté qu'il manquait la jambe droite, mais il n'a rien dit à propos de la main. Nous savions aussi que l'homme avait une forte scoliose, qu'il était prognathe. Par la suite avec Luc nous avons constaté sur mes photos qu'il ne portait pas trace des fractures au crane , ni au bras, ce qui était le lot de St Ex.
Pour moi il redevint le pirate malchanceux de 1527, et je m'essayais à lui redonner sur Photoshop une face avec de beaux yeux marrons, un nez plutôt busqué et une barbe comme nos clients de Dubaï, en attendant d'apprendre à reconstruire une face en argile.
En 2006 Hélène Desvals du CNRS qui travaillait sur un film de vulgarisation sur la pierre de Cassis et la géologie des Calanques, me dit qu'elle avait rencontré Luc Vanrell et qu'elle l'avait entendu dire que le Dr Albert avait des notes sur sa trouvaille. Elle me donna ses coordonnées et m'encouragea à le contacter.. finalement à l'occasion d'une conférence sur les farots , nous avons fait connaissance . Encore un incontournable!
Jean Courtin m'a dit de Luc qu'il connait bien puisqu'ils ont travaillé à la grotte Cosquer ensemble : "il vous étonnera"... c'était peu dire!

Dans l'affaire, je dois dire adieu à "mon turc", et j'en suis bien marrie: Il était confortable, il allait avec le paysage, venu sur sa fuste rapide,  caché dans Fontagne, un pirate barbaresque enlevant les guetteurs de la Vigie, et puis mourant, et enseveli le long de sa dalle par ses camarades qui devaient emmener les 3 gardes pour en faire des esclaves du Grand Turc. C'était il y a longtemps.. c'était exotique, c'était de la fiction, c'était notre conclusion fictive basée sur le rapport d'un "expert" anthropologue.
Ce qui est encore plus déconcertant c'est qu'aux inepties de l'anthropologue se sont rajoutées celles du gardien de l'ile, ce qui fait qu'on entend tout et n'importe quoi à propos de cette affaire. Le crane du "Turc" n'a jamais été exhibé dans le cabanon de Fontagne bati par mon père pendant les 4 ans du bail. Il n' y a pas eu 2 cranes. Il n'est pas dans la construction en béton qui abrite la vasque et la pompe. Au lieu d'une histoire de pirate du 16ème siècle, nous avons une histoire assez sordide contemporaine.
Heureusement par un concours de circonstances assez rocambolesque , cette triste réalité est noyée dans le reste de l'histoire délirante de la découverte  de   

L'Avion de St Exupéry

Le 31 Juillet 1944, Antoine de St Exupéry rejoignait derrière les iles de Riou, du Petit Conclu et du Grand Conclu, quatre épaves de bateaux et un avion allemand, le Messerschmitt 109 d'Alexis Fürst von Bentheim tombé en décembre 1943.. Le vrai triangle des Bermudes.
Ironie du sort, les 2 avions étaient pratiquement l'un sur l'autre, tout comme les deux épaves romaines de l'autre coté du Grand Conclu

Luc Vanrell , plongeur émérite, détective déterminé, a été instrumental dans la résolution de l'énigme . Il raconte ses tribulations dans ce livre qui vient de sortir.. Travaillant à la Grotte Cosquer, il remarqua en sortant de l'eau, le chalut de Bianco et le Minibex dans les parages derrière Riou. Cela l'incita à aller mettre à l'abri du radar de Delauze les débris de "son" avion. Quelques jours plus tard, il lut dans le journal l'histoire de la découverte de la gourmette... pour le reste de l'histoire ...

A lire.. définitivement
 

 

Alexis zu Bentheim und Steinfurt

En recherchant St Exupéry, Luc Vanrell a retrouvé un pilote allemand mort le 2 décembre 1943.  Une énigme qu'il a résolue avec la même persévérance et le même flair que l'autre . Le 12 rouge ou le 14 blanc? On dirait un jeu de hazard. Il faut donc suivre pas à pas les détails techniques qui ancrent cette histoire dans la réalité pour l'imposer en tant que vérité. Il raconte cela aussi dans son livre.


 

 Les rebondissements de son enquête et les grandes avançées sont toutes dues à sa tenacité et à sa personnalité, qui fait des amis de ceux dont il a besoin. C'est Jason et la Toison d'Or! Raoul Amari qui se confie, Jack Curtis, l'Américain, pilote de P.38 qui le remet sur le droit chemin, et ceux qui rêvent de la gloire attachée à tout ce qui touche à St Ex. Bien sûr il fantasme aussi un peu lorsqu'il pense à ce que lui a dit Amari, mais lorsqu'il est convaincu que le squelette n'est pas celui de St Ex, il persévère, et grace à Lino von Gartzen, il résout 2 problèmes à la fois:  il tire l'inconnu de Riou de sa fuste et le place dans un avion de chasse allemand, et cela les conduira à retrouver celui qui a abattu l'écrivain!
Pour une fois on peut dire: Incroyable, mais vrai!

Alors qu'il recherche le moteur du Lightning de St Ex, Luc Vanrell remarque une gorgone dans une étendue de sable..il en conclu qu'elle est attachée à quelque chose sous le sable qu'il écarte de la main et il découvre un moteur qu'il croit d'abord être celui d'un bateau car il a 6 cylindres., mais dessous il y en a une autre rangée, et il y a aussi un canon de 20mm qui tirait à travers le moyeu de l'hélice. Cela les conduira à identifier l'avion d'Alexis von Bentheim

Photos et portrait - courtoisie de la famille von Bentheim

Pour les deux hommes dont Luc nous raconte les derniers instants , les Parques ont fait se croiser brièvement les fils de leurs destins avant de les couper, sur fond de guerre dans un décor grandiose. 
Lorsqu'en décembre 1943, 150 avions alliés viennent pour bombarder la base de sous-marins allemands de Marseille, la Luftwaffe envoie en contre-feu trente chasseurs. Première mission de combat pour 3 des pilotes qui ont un instructeur. Les P38 contre-attaquent. Le 12 rouge est touché, il tente un amerrissage . Ce type d'avion sombre dès qu'il touche l'eau.  Les instructions sont d'essayer d'éjecter pour ne pas mourir noyé. Raoul Amari a dit à Luc Vanrell qu'il avait failli recevoir un cockpit sur la tête. Faut-il en conclure qu'Alexis zu Bentheim a ouvert la carlingue pour se préparer à sortir de l'avion?

Mais les pieds sanglés dans les paloniers, l'armature du tableau de bord au-dessus des genoux présente  un autre traquenard:
Sa jambe droite arrachée au genou par le tableau de bord d'un Messerschmitt 109 lorsqu'il a été ejecté lors de l'impact, Prinz Alexis  Fürst zu Bentheim und Steinfurt est mort à 22 ans du traumatisme, exsangue, flottant entre le Conclu  et Riou. Un jeune prince, mais avec une destinée bien autre que celle du petit prince de St Exupéry.
 

Averti de la possibilité que son frère puisse être l'inconnu de Riou mis à jour en 1964 fortuitement par mon père, Christian Fürst zu Bentheim (à droite) a participé à l'identification de l'ADN d'une vertèbre, et s'est rendu sur le site en mer pour y laisser un ruban aux armes de sa famille .

Il ne restait plus à Luc et à Lino que de mettre le point final à l'histoire de St Exupéry. S'ils n'avaient pas le squelette , ils avaient l'avion et le bracelet! Il reste encore 5 pilotes qui étaient dans le sud de la France lorsque St Ex disparut.
Le 31 juillet 1944 avant midi, l'un d'eux, Horst Rippert,  est envoyé seul pour intercepter un Lightning qui vole à basse altitude . Mission accomplie. Le même jour, écoutant les messages radios des alliés, les allemands apprendront que St Exupery, l'aviateur mythique, n'est pas rentré à sa base.  Ils garderont le silence pendant 63 ans.


Montage du DVD de laTangram : Duel dans les nuages
Horst Rippert s'apprêtant à tirer sur le F5 Lightning .  Cet avion était le plus rapide de l'époque et pouvait voler à haute altitude, à condition de mettre un masque à oxygène. St Ex n'avait pas d'armement à bord, remplaçé par les appareils photos, n'aimait pas tout l'arnachement nécéssaire au vol en altitude. De plus il cherchait des installations militaires à photographier, donc il lui fallait voler bas.
 
 

11 - Construction du Mausolée:   ( Extrait du récit de la découverte de la Fons - voir Fontagne )  

Le mois d’avril 1965 fut exécrable: 22 jours de vent d’Ouest ou Nord-Ouest consécutifs!
Je mis à profit cette claustration forçée sur le continent pour étudier la pose d’une pompe et la protection de la vasque destinée aux animaux.


 

En souvenir de la sépulture du Turc je dessinais un petit édifice rappellant vaguement un tombeau.
Il fut construit en Mai et terminé à Pentecôte sous un orage violent.

(fin de citation)
 
Ce coté est aujourd'hui envahi par un cade dont les racines tapissent la paroi nord de la citerne des grecs. Ce qui a pour résultat de l'occire à moitié  les années de sécheresse.
44 ans plus tard le site du "mausolée" qui n'est qu'une protection pour la vasque et la pompe de la citerne greco-massaliote,  et de la tombe temporaire d'Alexis zu Bentheim , vu du sud. L
orsqu'il pleut l'eau de la Fons continue de sourdre sur la gauche de la barre rocheuse qui fut sa pierre tombale pendant 21 ans . Les lentisques ont ralenti l'empierrement . Le cade a recouvert aussi l'entrée de la citerne des Grecs aménagée par mon père pour pouvoir la nettoyer.



Aujourd'hui la tombe est vide, la citerne ne sert à rien parce que non entretenue, les massaliotes grecs sont devenus des massaliotes romains, le pirate turc est devenu un pilote nazi. 
 

Suite à la parution du livre de Luc, et sur son initiative, nous avons donné des interviews à la Provence et à des cinéastes allemands qui ont fait un documentaire sur St Exupéry, sur Horst Rippert, sur Alexis zu Bentheim et son frère Christian. Ces documents peuvent se voir aux adresses suivantes:

http://terra-x.zdf.de/ZDFde/inhalt/12/0,1872,1021580,00.html

http://www.laprovence.com/articles/2008/10/12/592001-Region.php

Le 31 juillet 2009, la ville de Marseille , capitale de la culture oblige, récupèrera à son tour l'auteur/aviateur Antoine de St Exupéry. Une plaque sera posée sur le Grand Congloué, commémorant les pilotes disparus  par la folie des hommes.
C'est par curiosité que j'ai lu les bouquins de St Ex, pour savoir ce qui aurait tellement enthousiasmé un Horst Rippert au point d'en faire un mordu de l'aviation. C'est Pilote de guerre qui m'a le plus frappée. La Corse est la revanche d'Arras!  Ces missions de renseignements , ce n'est plus avec un détachement résigné qu'il devait les entreprendre. Et la chance a tourné alors qu'il était beaucoup moins vulnérable qu'au moment de la défaite.
Luc explique qu'entre les deux guerres les Allemands n'ayant pas de pilotes comme ceux de l'Aéropostale s'enthousiasmèrent pour les Mermoz, St Exupéry et lurent ses livres. Autre ironie du sort, après la guerre qui fit de lui un Fürst, le cadet d'Alexis  qui avait lui-aussi fait partie de la Luftwaffe, continua à voler et nomma son avion personnel "Antoine de St Exupéry" sans se douter qu'il lui devrait de retrouver son frère.
Donc Marseille qui n'a rien à voir dans cette affaire va récupérer le grand homme.. parce qu'il s'est fait descendre comme un lapin dans les Calanques. On risque même de lui donner un musée éventuellement (On devait aussi en faire un à l'emplacement où les fondateurs grecs de Massalìa faisaient la fête.. on les a dotés d' un parking au lieu d'un temple, et pas en marbre de Paros!)
Eh bien non, en définitive il ne sera pas mieux loti que nos fondateurs phocéens, un simple mémorial sans doute.

Il y a 65 ans j'aurais pu assister aux deux évènements révélés par Luc, de ma fenêtre.

 


Luc Vanrell et Jean-Claude Bianco
Cette plaque doit être posée sur le Grand Conclu.

Les clés de l'énigme de la disparition de St-Ex: sa gourmette trouvée par Jean-Claude Bianco, et le P-38 Lightning trouvé et identifié par Luc Vanrell.


Et dans le Lacydon, comme il y a 2600 ans..pas loin du symposion où on aurait dû leur offrir un banquet....
Le temps de mettre de l'eau dans des amphores à Fontagne, je partirais bien pour Foça avec le bateau d'Ulysse!.
On peut rêver non?!

 

Et demain?? Nous sommes à la fin de la route qui vient de Marseille. Là, aux Goudes on se plaint à longueur de journée que tout a changé, que ce n'est plus comme avant! Pensez donc: les Calanques vont devenir Parc National. Déjà on vous casse les valentins parce que vous écrasez une plante que l'on ne voit pratiquement pas si vous descendez un éboulis en courant.
Après on va vous interdire de chasser les lapins à la myxomatose! On va vous empêcher de pêcher à la sortie de l'égout comme si la daurade du restaurant n'était jamais allée y faire un petit tour! On parle d'interdire la pêche au thon rouge, demain ce sera les chaluts que l'on interdira. Quel manque de reconnaissance c'est bien un chalut qui a remonté la gourmette à St Ex?  Ils détruisent tout sur leur passage, gaspillent le poisson ? Et c'est pour cela qu'il faudrait les interdire??
 Pourquoi pas? A Callelongue, sur le quai c'est interdit de pêcher, de plonger, de se baigner, c'est tout écrit sur le panneau d'acceuil.. et on vient d'installer les poubelles sur le coté parking et sous l'acceuil! Encore heureux, là, c'est presque comme avant :il y a encore des cabanons avec les treillards.. Mais ça c'est pour le cinéma.. On a tourné des tas de films içi, la preuve, il doit bien y avoir encore dans l'eau des carcasses de citroens qui rataient le virage..
On n'a rien vu de la commémoration de St Exupéry .  La cérémonie était au Frioul ?? Il est pas tombé à Riou? Ils avaient peur d'attraper le mal de mer ? Où ils l'ont vu la houle, il faisait beau temps! De toutes façons les héritiers seront contents. Il va peut-être falloir acheter ses livres pour savoir pourquoi on en fait un tel plat. Il était de Marseille? Non! Il habitait içi? Non! En tous cas, ce pauvre Bianco, lui, il sait ce que ça lui a couté toute cette histoire.: la prochaine fois il fera mieux de la rejetter à la mer comme toutes les bordilles qu'on ramène dans les filets!

Alors comme ça à Marseille y a pas de héros? Peut-être c'est parce qu'ils ont des pieds d'argile. Et parce que nous sommes des démocrates de la première heure. Tous égaux, reduction au plus petit commun dénominateur! Chercher la faille..et avec quelle hargne! rien, ni personne n'y resiste.
Heureusement Elles sont là, les Calanques, immuables, imperturbables, à tous les vents, à tous les soleils. Elles se méritent, mais quelle récompense! Elles vous feraient presque oublier les hommes, jusqu'au moment où un pan de mur  vous rappelle que vous êtes seulement à l'Est d'Eden.

 

 

Les Ecrits Relatifs à l'Ile et aux Calanques

 

Extrait des écrits du Dr Capitan
ou l'art de tirer des conclusions vraies de prémices fausses

... Actuellement, l'ile est absolument sèche. Il n'en a vraisemblablement pas toujours été ainsi. Dans le fond de ce ravin coulait certainement un ruisseau; C'est lui qui a déposé ce sable dont on ne peut sans cela expliquer la présence. Ce n'est pas en effet un sable éolien ni marin, et d'ailleurs l'existence de quelques coquilles de mollusques d'eau douce montre bien qu'il s'agit d'un dépot alluvial. On pourrait même supposer que c'est à cause de cela que cette ile, nous le verrons plus loin, a été si fréquemment visitée par les populations les plus différentes pendant un grand nombre de siècles. c'était peut-être un point de ravitaillement, surtout en eau pure, que pouvaient connaitre les navigateurs antiques.
C'est sur le flanc Est de ce ravin, au point indiqué par un carré sur les figures 11 et 12 et sur un espace correspondant environ à 100 mètres carrés,que nous avons receuilli nos silex dans les parties non exploitées lors de l'extraction du sable.
En ce point ont passé nombre des populations d'époques très variées; elles ont laissé dans les couches de terrain qui se superposent très régulièrement, soit des silex pour les plus anciennes, soit des fragments de céramiques fort nombreux pour les suivantes . Or, on sait que l'analyse de ces débris de travail humain est extrèmement instructive et permet de dater exactement les couches qui les renferment.
Nous avons disposé sur un carton que nous présentons à l'Académie des spécimens typiques de ces divers produits industriels rangés suivant leur position stratigraphique qui est la suivante.
A.- A la surface du sol, dans un humus sableux,très peu épais, au milieu d'une herbe rare, on trouve,en grande quantité ( et même aussi en d'autres points de l'ile) des fragments de céramique romaine. Ce sont généralement des débris d'amphores ou de grands vases d'une terre rose, blanchâtre ou jaunâtre, avec quelques paillettes de mica, et en général bien cuite. Les specimens de poterie fine à couverte rouge ( dite samienne ) sont rares; nous en avons recueilli deux échantillons, sans ornements, rappelant les terres rouges de fabrication gauloise.
B. - Au-dessous, dans un sable éolien, nous avons recueilli ( mais seulement dans notre ravin) toute une série de petits fragments de poteries grecques caractéristiques, mais d'age trés différents. Il ya d'abord des specimens de terre blanche, fine, soigneusement lustrée, très bien cuite, parfois noire à l'intérieur, quelques fois avec décor géométrique brunâtre, d'autres sont rougeâtres très cuits avec petits ornements coniques; il en est d'une terre grisâtre à couverte gris-brun-rouge, d'aspect presque metallique. Ces diverses terres provenant de petits vases, très bien tournés , rappellent absolument les fragments céramiques mycèniens ; D'autres débris sont d'une terre jaune , très fine, parfois à couverte noire brillante. Quelques uns montrent des fragments de décoration par réserve du fond au moment de l'application de la couverte noire. Ce sont donc des céramiques de la belle époque grecque; vers le V° siècle av. J.C.
Enfin des débris de terres jaunes ou rougeâtres plus tendres à couverte noire fragile semblent dater de la décadence grecque. Il y a donc dans cette couche des specimens de céramique grecque depuis le 3°siècle environ avant l'ère jusqu'aux périodes grecques préhistoriques
C. -Sous cette couche grecque nous n'avons plus retrouvé, toujours dans le sable, que des débris d'une poterie mal cuite, ne semblant pas faite au tour ou du moins étant mal tournée; la pâte jaunâtre ou rosée est parsemée de petits fragments de quartz et de nombreuses paillettes de mica blanc ; il ya des fragments de grands et de moyens vases. Ces terres très particulières sont assez fréquentes aux environ de Marseille, surtout dans les oppida où l'un de nous ( Arnaud d'Agnel ) les a fréquemment rencontrées avec son éminent collaborateur Clerc et les considère avec lui comme étant ligures , c'est à dire l'oeuvre de populations locales préhistoriques.
D . - En ce point, le sable fin où se trouvent toutes les poteries précédentes cesse. On rencontre une couche de fragments calcaires brisés. C'est dans ce milieu et même parfois s'enfonçant dans la couche sous-ajacente, que nous avons recueilli nos silex égyyptiens, et jamais dans les couches supérieures; leur position stratigraphique est donc ainsi nettement définie et élimine toute cause d'erreur : ils ne peuvent dater d'une autre époque que celle de la couche qui les contient .Ils y étaient disséminés sans ordre. Cette constatation était extrèmement importante. Nous l'avons faite avec tout le soin possible, fouillant nous-mêmes, sans avoir jamais eu d'ouvriers avec nous.
E. - Au dessous apparait une couche de sable noir brunâtre à éléments assez grossiers. Au milieu de ce sable noir, avec des débris de charbon, correspondant à des foyers cumme ceux que l'on rencontre assez souvent sur nos côtes, il existe de nombreuses coquilles marines mais appartenant exclusivement à deux espèces, comestibles encore de nos jours, des patelles et les turbos; fait à noter aussi : toutes ces coquilles sont d'assez forte taille. Certaines patelles sont même très grandes.
Ces coquilles ont été apportées dans ces foyers, avec les fragments d'os brisés ou fendus et les dents d'ovins ou de caprins que nous y avons recueillies, par les préhistoriques qui ont aussi abandonné dans ces kjoelkkenmoeddings ( débris de cuisine) des spécimens de leur industrie en pierre. Ce sont de petites lames de silex quelquefois retouchées à une extremité sous forme de grattoir ou de perçoir . Nous avons recueilli aussi une sorte de petite scie en silex blanc bien retouchée sur les deux faces et deux petites haches polies en éclogite ( roche verte à grenats de l'Esterel ).Tous ces outils en pierre sont absolument différents des silexs égyptiens. Ils ont été tous importés puisqu'il n'y a dans l'ile que des calcaires.
Enfin de nombreux fragments de poteries se trouvent aussi dans cette couche.
C'est une terre brune ou rouge extrèmement grossière et mal cuite, non faite au tour, parfois noire en dedans et contenant un grand nombre de petits grains de quartz et de menus fragments calcaires, les bords en sont ondulés et la panse parfois ornée de sortes de boutons saillants disposés en séries horizontales. C'est absolument l'aspect des poteries néolitiques.
La disposition et le contenu de cette couche sont exactement ceux que l'on retrouve dans maints dépots analogues des côtes de Provence et, avec quelques variantes d'industrie, sur les côtes de l'Océan, de la Manche et jusqu'au Danemark.
Il est à noter que dans certains points nous avons recueilli des silex egyptiens sous l'amas de coquilles et de silex autochtones il a pu y avoir remaniement du sol antérieur par les nouveaux arrivants et peut-être une certaine contemporanéité entre les deux populations. On peut, en tout cas en déduire cette conclusion vraisemblable; c'est qu'il ne s'est pas écoulé un temps très considérable entre l'habitat des peuples des kjoekkenmoeddings et le passage des Egyptiens.
F .- Enfin sous cette couche sableuse noire, colorée par les foyers des kjoekkenmoeddings,le sable du fond du vallon continue sur une épaisseur qui, là où nous avons fouillé, sur le flan du ravin, n'est que de 0.50 à l métre et qui certainement devait être plus considérable dans le fond du vallon.
La superposition que nous avons observée à l'ile de Riou en ce coin de ravin que nous avons fouillé pourrait donc être résumée de la façon suivante.

Epaisseur Moyenne

Nature du Terrain

Epoques

0m 10

Sol pierreux et sableux avec herbe rare , nombreux fragments de céramique provenant d'amphores et de vases; céramique à couverture rouge

A
Romaine

0m 12

Sable fin. Débris de céramiques grecques de diverses époques depuis le III ème siècle avant J.C. jusqu'à l'époque mycénienne

B
Grecque

0m 07

Sable fin. Débris de vases en terre pailletés de mica

C
Ligure

0m 10

Fragments calcaires brisés : silex egyptiens

D
Néolithique Egyptien

0m 20

Kjoekkenmoedding avec coquilles comestibles, os, silex taillés et fragments de poterie. Industrie autochtone

E
Néolithique local

0m 50

Sable du fond du ravin

F
Quaternaire (?)

En gris, les tessons inserrés par l'abbé Arnaud d'Agnel.

De cet ensemble d'observations on peut donc déduire les faits suivants : à une époque très reculée il existait dans le fond de ce vallon de l'ile de Riou un petit cours d'eau qui, a donné naissance au sable qui le remplissait, il y avait certainement de la végétation et probablement de la faune; l'ile avait-elle sa forme et ses dimensions actuelles? Il est bien probable que non. On sait que des mouvements de soulèvement et d'abaissementont jusqu'à une époque relativement récente ont profondément modifié la topographie des cotes de la Méditerranée en Provence, comme aussi celle des cotes italiennes; la mer s'est tantôt retirée assez loin des côtes et tantôt elle a envahi des points de la cote situés aujourd'hui à plusieurs mètres au dessus de la mer. On peut donc admettre qu'à certains moments l'ile de Riou a dû être notablement plus étendue et que ,ainsi que nous le disions au début, son aspect actuel n'indique que le sommet de la crête montagneuse qui constitue sa charpente . Il est très possible que les premières populations qui sont arrivées à Riou, les aborigènes néolitiques anciens qui ont laissé dans leurs foyers et leurs amas de coquilles, les misérables silex et la grossière poterie que nous avons trouvés, soient venus de la côte de Provence à pied sec ou n'aient eu qu'un court chenal à traverser.Ils y ont habité comme dans les autres iles voisines, à l'ile Maïre par exemple et sur quelques points de la côte de Provence, se nourrissant des moutons ou des chèvres qui vivaient sur la montagne et surtout des coquilles qu'ils ramassaient sur les plages. Plus tard, mais vraisemblablement pas fort longtemps après, des navigateurs égyptiens sont venus à l'ile de Riou, ils y ont séjourné plus ou moins longtemps et y ont abandonné les produits de leur belle industrie sur le sable de la dune où avaient vécu les néolitiques autochtones des kjoekkenmoeddings, ensuite les éboulis ont recouvert leur silex
Comment ces Egyptiens étaient-ils venus à Riou? Etaient-ce des navigateurs ayant relâché dans cette ile pour y faire de l'eau où s'abriter de la tempête, ou bien, naufragés emportés là par les courants et le gros temps, sont-ils venus finir leur vie à Riou ,? Toutes les les hypothèses sont permises. Cependant il en est une particulièrement vraisemblable et la voici : On peut se faire une idée de la topographie ancienne de l'ile et de son voisinage en examinant la carte particulière des côtes de France publiée par les ingénieurs hydrographes de la marine; en effet si on veut bien regarder la réduction que nous publions ci-dessus (fig. 12) on s'apercevra facilement,en examinant les chiffres indiquant les profondeurs relevées par les sondages, qu'au sud de l'ile de Riou on trouve des fonds de 42, 66, 82 mètres . Au nord de l'ile au contraire, entre elle et l'ile de Calseraigne, on ne trouve plus que des profondeurs de 15, 13 et 10 mètres et même 3 mètres ( écueil du Milieu ). Entre  l'ile de Jaire et la côte : 17. 12. et même 2 mètres ( estéou de miet) Enfin entre l'ile de Jaire et la côte : 11. 9. 6 mètres( plateau des chèvres) .Au contraire, en dehors de ces points saillants, des profondeurs brusques de 20, 3O, 5O, 60 mètres et davantage - on peut donc admettre qu' à une époque indéterminée, probablement quaternaire et aussi plus récente, ces trois iles étaient réunies entre elles et au continent. Ce n'étaient donc pas des iles, mais des presqu'iles à pentes à pentes abruptes et à crêtes assez élevées;. La Côte de Provence très déchiquetée se prolongeait vraisemblablement, dans cette hypothèsee, jusqu'à Riou qui formait l'extrème pointe du continent en ce point. Mais entre Riou et Calseraigne devait exister une anse très bien abritée constituant un excellent mouillage. Comme d'autre part c'était la première terre que des navigateurs venant d'Egypte devaient rencontrer(??!), il n'est pas étonnant que les Egyptiens se soient arrêtés précisément en ce point; même observation pour les Grecs.Or c'est juste sur cette anse que s'ouvre notre ravin. D'autre part et bien avant eux,les autochtones néolitiques avaient pu venir à pied sec de la Provence.
Des érosions un peu actives et un abaissement maximum d'une quinzaine de mètres ont suffi pour transformer les rivages déchiquetés de la Provence en ce point ( comme ceux de la Bretagne actuelle) et les changer en îles presentant l'aspect moderne. A quelle époque se sont produites ces modifications? Il est bien difficile de le dire; ce serait dans notre hypothèse, après la venue des autochtones, des Egyptiens, même des Ligures dans la presqu'île de Riou.
Quoiqu'il en soit, ce que nous savons c'est sensiblement l'époque à laquelle sont venus à Riou ces voyageurs lointains
Il est maintenant établi que le néolitique égyptien a duré jusqu'aux premières dynasties, or c'est sensiblement vers le cinquième millienaire avant l'ère que débutent les premières dynasties égyptiennes. Il s'ensuit donc c'est avant ou vers 5000 que les Egyptiens sont venus à Riou. Ce fait est gros de conséquences.
Ainsi les kjockkenmoeddings locaux, avons-nous vu, sont antérieurs ou au moins contemporains des silex egyptiens, ils sont donc du même coup datés. Mais alors on se trouve terriblement loin de la chronologie classique des 2000 ans auxquels pourrait remonter l'époque néolithique; il est vrai qu'il s'agit là d'un très vieux faciès du néolithique, les kjoekkenmoeddings remontant vraisemblablement à l'origine de cette période.
Longtemps après que les égyptiens eurent abandonné leurs silex sur les flancs du petit ravin de Riou, des populations venues de la côte et que faute de mieux on désigne sous le nom de Ligures, vécurent à Riou et y laissèrent des débris de leurs céramiques pailletées de mica, si spéciales que nous avons retrouvées. Puis à leur tour, et bien des fois à des époques différentes des populations grecques vinrent à Riou et abandonnèrent ces multiples et variés fragments de leurs céramiques caractéristiques.
Enfin les Romains séjournèrent à l'ile de Riou et semblent avoir eu de véritables installations de longue durée, tant sont abondants les fragments céramiques que nous avons trouvés dans cette ile.
Il n'y a pas lieu de s'étonner de la présence exclusive de la céramique dans ces gisements: la poterie est ce qu'il y a de plus fragile; une fois brisée, on en abandonne les fragments. C'est aussi ce qu'on doit surtout trouver en un point où vraisemblablement on venait chercher de l'eau.
Les fragments d'autres objets en os ou en corne sont à l'ordinaire bien moins fréquents. Ceux en bois ont disparu. Quant aux débris en métal, ils sont toujours plus rares dans les couches qui peuvent en renfermer...
 

Rapport du Génie dans les commentaires de l'Atlas des Batteries dréssé en 1818
L'orthographe est celle du document - pas de point seulement des virgules
Batteries de Morgiou

Les attaques répétées qu'ont éprouvé ces batteries ont assez prouvé leur importance, si elles n'ont pas mieux rempli leur but, ce n'est pas que leur site n'est pas très favorable à une bonne défense, mais les travaux qui devaient seconder ce que leur position a d'avantageux étaient à peine commencés lorsque dans la nuit du 30 au 31 Mars 1813 l'ennemi débarqua dans l'anse de Sormiou au nombre de 2 à 300 hommes guidés par des gens du pays sans doute, il parvint à traverser les roches dont est herissée cette partie de la côte sur le sommet de la Montagne de la Grande Chandelle° d'où descendant sur le cap il força bientôt le petit poste chargé de défendre le pas du Renard et tomba sur les défenseurs de la batterie où se trouvait un détachement de 40 hommes d'infanterie, outre les Cannoniers, l'officier qui le commandait, le gardien de la batterie, un cannonier garde Côte et 16 soldats d'infanterie furent faits prisonniers, eurent encore 4 hommes bléssés, la batterie entièrement détruite, le fourneau à réverbère dégradé, les canons, leurs affuts et munitions furent jetés à la mer, les baraques incendiées etc...enfin l'ennemi captura 10 des 14 batiments formant un convoi mouillé en ce moment dans l'anse du port de Morgiou.

A peine avait-on réparé une partie des dégats causés par l'ennemi dans cette batterie , les épaulements reconstruits allaient être réarmés que l'ennemi s'attaqua de nouveau le 2 Mai à cette batterie, après une canonnade il débarqua directement sur le Cap Morgiou par le débarcadère de St Pierre et celui de la Gorguette, détruisit de nouveau les épaulements, fit sauter ce qui restait du fourneau à réverbère* et s'empara de 6 batiments du commerce mouillés dans l'anse et d'un bateau chargé d'agrès d'artilleries.
Pour prévenir le retour de semblables échecs on s'occupa de suite des travaux indiqués dans la 2ème colonne de cet article. On avait également projeté de barrer par un retranchement bastionné le passage étroit en avant de l'emplacement choisi pour y établir une tour du modèle n°9.
Avec tous ces ouvrages les batteries de Morgiou auraient été sans contredit les mieux défendues de toutes la côte et il me paraissait entièrement superflu d'achever cette tour dont les déblais par son emplacement étaient faits en partie. Je proposais en conséquence d'y substituer un corps de garde défensif dans le genre de celui dont j'ai fait la description à l'article de la batterie de Niolon, et qui beaucoup moins couteux, plus rapidement construit, offrant plus de logement que la tour pouvait la remplacer avec d'autant moins d'inconvénient qu'il est impossible de monter du canon sur le cap pour l'attaque de ce réduit."

*un fourneau à réverbère est un fourneau où la chaleur est réverberée par la voute du four. Le combustible est brulé dans une chambre différente de celle des matières traitées. En 1775 la Marine Française fait venir un maitre de forge britannique, William Wilkinson pour construire un four à réverbère pour la fabrication d'artillerie en fonte de fer: ce sera la fonderie d'Indret.
 Il y avait donc une fonderie sur le Cap Morgiou en 1813 , Morgiou à la pointe du progrès technique ?? Pas vraiment.. le four servait surtout à chauffer les boulets au rouge avant de les envoyer sur les bateaux anglais dans l'espoir de les voir s'embraser. Plusieurs batteries de la côte marseillaise en étaient équipées, ainsi que le montre l'Atlas de 1818.


Cette construction pourrait être un four à reverbère de fortune. Murs de 1m d'épaisseur, 1 mètre de profondeur lorsque la voute était en place , la partie de droite de 60 cms de largeur ,celle de gauche de plus de 1m formant un L.
Elle n'est pas entre les 2 batteries comme on pourrait s'y attendre mais près de la tour.

° La Grande Chandelle se trouve de l'autre coté de la calanque de Morgiou, et certainement pas entre Sormiou et le Pas du Renard. Toutefois en regardant de près la carte réalisée par mon père du Massif de Puget je vois qu'il y a une Candelle au Cancéou , en fait une aiguille qui est bien, elle, sur le chemin du Pas du Renard. Il identifie aussi le carré de pierres comme ruines du corps de garde, la tour qui en fait n'a jamais été batie.
Le nombre d'Anglais est identique à celui qui attaque la batterie de Cacaù en Août 1813 en débarquant de nuit dans Port-Pin et jettant là aussi les canons à la mer.
Cela est aussi vérifié par les canons qui sont toujours dans l'eau. 5 à Cacaù ,

Pointe Cacaù - Photo Jean-Claude Cayol

Canon Premier Empire en fer -
Canon anglais (Carronade)
(Musée de la Marine  Toulon)


Musée de la Marine  Toulon

Celui-çi récupéré à la plage des Lecques par les marins pompiers de St Cyr serait du XVIIème  Petit calibre

Celui-çi  en bronze , orné d'une salamandre daté de 1525 et sombra dans le port de Toulon en 1533 à bord de la nef de François 1er, la Grande Maitresse - son calibre est de 36 - le boulet pèse 36 livres

 



HISTOIRE grande et petite
de Riou, Marseille et les Calanques

 

QUELQUES DATES tirées des Iles Côte à Côte et de Bouillon-Landais, de Courtin
En jaune location de tessons

Siècle  Date  Evénement  Tessons
  -5600 Cardial ancien - niveau de la mer à -30m  Entrée de Cosquer déjà submergée . Riou est une presqu'ile, les fonds entre Plane et Riou sont à 20 m du niveau actuel Sablière
  -700
-350
Etrusques et Grecs et Massaliotes campent sur la Sablière Riou, vont au puits des chevres se ravitailler en eau Calemassane:Massaliete
Puits des Chèvres:Etrusque  Massaliete,Italique
Sablière: Etrusque et Attique
Fontagne: Mass
  -600 Fondation de Marseille par les Phocéens  
  -550 Seconde émigration phocéene  
  -573 à-530 Fondation de comptoirs phocéens à Emporion(Ampurias), Agatha (Agde), Rhodanousia (St Gilles du Gard), Heraclea et Theline(Arles)  
  -400 Colonies militaires massaliotes à Olbia, Antipolis et Agathe à cause de violents conflits avec les indigènes  
  -380 à
-360
Pythéas écrit un ouvrage sur l'océan et un récit de son périple  
  -300 Création de Taureis (Le Brusc) et Nikaia (Nice) à cause de conflicts avec les celto-ligures  
  -100-90 Destruction d'Entremont la celte  
  -49 Siège de Marseille par Jules Cesar. Il ordonne la coupe d'un bois sacré près de la ville, et coupe le premier arbre lui-même. Combats navals en rade de Marseille et devant Tauroentum (Le Brusc); La ville capitule, mais sera épargnée
 
Arles lui construit 18 bateaux en 6 mois pour le siège et sera faite Cité Romaine
  -50 à +50 Pêcheries de thon à Riou, Plane, Ile Verte et Embiez Puits des chèvres: Mass, Ital
Fontagne ; Mass, Punique Italique,Betique
IVème
siècle
+300 Itinéraire d'Antonin Immadras Positio =Maïre Farot
Vème
siècle
+400 Christianisation de la ¨Provence ; Lazare évêque, Cassien qui fonde à sa demande St Victor pour les hommes et St Sauveur pour les femmes. Les soeurs de St Sauveur seront  propriétaires du massif des  Calanques
  +476 Les Wisigoths à Marseille puis les Burgondes et les Ostrogoths  
VIème   Peste tue le tiers de la population  
  +536 Les Francs à Marseille- Le port reste actif jusqu'à la fin du VIIème siécle  
XIIème 1164 Période Vicomtale - Evêque possède les faucons de la terre majeure jusqu'à la Colonne, et les Vicomtes , les faucons des Iles.  
  1165  Mention de Pumachi (Pomègues)  
  1182 Mention de Sancti Stephanum (Ratonneau)  
XIIIème 1211  Mention de Pumaguin (Pomègues)  
  1264  La Ville paie des guetteurs sur la côte et les Iles dont Maïre et Riou  (B1501 f°60 ADBdR)  
  1295 Première mention de la Vigie de Riou:  registre de la cour des comptes Rubey Philippe le Bel roi de France
XIV
siècle
30 Juin 1302 Réseau de farots entre l'Espiguette(Crau) et la Turbie
Farossium in loco de Masselha Veyra quod respondere debet ad insulam de Rieu
 
  1318 Criée pour faire porter des pierres à Planier par tout bateau pêcheur  
23 Juin 1326 Hughes de Conchis Viguier à Marseille
Robert de Millet fait l'inventaire des farots et vigies
Robert le Sage, Comte de Provence, Roi de Naples
  1331  Chasse interdite à Pomègue et Galiana et Riou
(BB17 f°113 ACM)
 
  1347 Grande Peste  
  1348  Reine Jeanne jure devant le pape Clément VI de ne jamais aliéner la Provence
Collas de Morgils ; Collas de Sormil
Oncle lointain du Dr Albert
par la famille Rogier, oncle de Grégoire XI
  1320,26, 29,1330
32,1362
Délibérations prises en conseil à Marseille préconisent d'établir ou rétablir les farots , en particulier à Riou
(BB11 à 23 ACM)
Guillaume de Sabran Seigneur de la Tour d'Aigues
  1362 Les pirates marseillais ayant arrêté en mer et dévalisé les navires chargés de blé pour le Souverain Pontife, Innocent VI menace de les excommunier , mais meurt avant de mettre sa menace à exécution Etienne Albert, oncle lointain du Dr Albert , pape d'Avignon sous le nom d'Innocent VI
  24Juin 1372 Magnifique Homme Jean des Anins de Caramanique promet de payer les gardes , mais ne fait rien
Eglise de Marie de la Garde
Reine Jeanne
Menace des Catalans
  1376 Grégoire XI retourne la papauté à Rome- s'arrête à Port Miou (tempête)  et aux Embiez. Il n'a pas le pied marin. Oncle lointain du Dr Albert
par la famille Rogier
  1385 Maïre a une tour et un farot  ; L'insula de Rieu est précisée comme custodibus de Rieu CC194f°24 ACM Cruche pisan rosé
  1395 Antonius Maurini, Laborator dal frati Francisco heremine de Nocheria de Neapolis , unam cavernalam siove balman de roca , sitam in territorio Massilie supra portum Massilie Veteris = Don de la grotte de St Michel à un ermite napolitain Règne de Louis II, roi de Naples et de Sicile, de Jerusalem,Comte de Maine et de Provence, Duc d'Anjou
  1397 Oct Dictam barchiam fuit perfundata et distruicta
BB129 A fol ADBdR
Sur l'emplacement des farots de Riou et de MarseilleVeyre
351 E 396 f°208 ADBdR)
 
XVème
siècle
20 février 1404 Les syndics de Marseille demandent remboursement par notaire de la paye des gardes  
  1384 à 1464 Pendant 80 ans la paie est en principe de 5 florins par garde et par mois avec des hauts et des bas Pons de Rassaud Viguier
  20 Avril Augmentation à 4 florins 1/2  jusqu'à Mai 1527  
20 Nov 1423 Les guetteurs annoncent l'arrivée de l'escadre d'Alphonse V, roi d'Aragon , qui attaque, pille et brule Marseille. Les "chiens de Catalans" emportent la chaine du port et les reliques de St Louis d'Anjou. Marseille a perdu 3/4 de sa population.  
12 Oct 1431 Institution des Prudhommes Pêcheurs . Developpement du cabotage  
  1442 Prix passé entre le Conseil de la Ville et un maçon pour la construction de maisons 4x3x3m de haut avec cave et citerne sur l'emplacement des farots.. in roduncula montis de Rieu  
  1447 Jacques Coeur se fait recevoir citoyen de Marseille. Son fondé de pouvoir est Jean de Villages . Relance du commerce.
Le Roi René emprunte 1220 florins aux Prudhommes pour construire le Fort St Jean pour les Templiers
 
  1451 18 falquetas, catre traversas, C agus pour l'edification de cabanas (poutres fourches et clous pour charpente)
CC468 f°27  ACM
 
  1452 Les Prudhommes ayant prété 1200 florins au Roi René pour la construction du fort St Jean sont remboursés par la cession du droit de pêche à Morgils  
  1464 5 florins par mois par garde  
  1472 Vigie fermée l'hiver par économie. "Il a plu au conseil que les gardiens restent jusqu'à la Toussaint "  
  1480 4 florins
Echelle pour la Tour
 
  1481 Rattachement de la Provence à la France de Louis XI.
Le Roi René qui meurt le 10 juillet 1480 lègue ses biens à son neveu Charles du Maine qui meurt le 11 décembre 1481 avec pour héritier Louis XI. Palamède de Forbin, gouverneur
 
XVIème
siècle
  Industrie du savon utilisant la soude végétale, l'huile d'olive et le procédé Leblanc  
  6 Fév 1502 Cristobal Colon dans une lettre aux roi et reine d'Aragon et de Castille mentionne Pomègue  
  25 Jan
1516
Francois Ier est reçu à la Plaine (Campus Martius ou le Plan St Michel) Il fera construire le chateau d'If Bols pisans à sgraffito
 
  Mars
1522
Un bateau de 15 florins est acheté à Barthemeu Florentin
Une fuste est vue en Calla Serena (Plane ou Calseraigne)
Céramique commune grise et brune
  1524 Charles Quint entre à Toulon et Marseille
Siège de Marseille par le Connétable de Bourbon pendant 40 jours à partir du 19 Août.
Les gardes de Notre Dame et MarseilleVeyre sont retirés en Août et Septembre (ceux de Riou restent sur l'ile)
Helion Castel, Petit Jean Baissanet, Antoine Baume
 
  Juin 1527 8 fustes turques venues en razzia enlèvent les gardes , plus un lahut monté par des marins du quartier St Jean  Valbella II 178  
  1533 Henri II épouse Catherine de Médicis à Marseille  
  1534 es venguda una barqua de la Sieutat de Martegue que a vist dos fustas defora de Rieu  Lettre de Cassis CC543 L471 ACA  
  1540 Seres Avisas que aud vespre pres de la yslas de Rieu las fustas au pres tres barcas  Lettre de Marseille CC 549 L581 ACA  
  1564 Rhius in qua specula custodibus murita  JR de Soliers Q50  
  5 Nov
1564
Charles IX accompagné de sa mère Catherine de Medicis est reçu à la Plaine  
  1579 Catherine de Medicis tient un colloque à Marseille  destiné à réunir Ligueurs  et royalistes  
  1577 Johan Pain Blanc, Baptistin Armelli et Honorat.. sont payés 24 florins  pour 9 faulcons que ces gardes ont pris à Riou. Faucons niais (pris au nid) donc en avril ou mai Bol A Stecca Pisan
Lustre Métallique Valence
Bleu ligure à pate blanche
  1580 Peste qui tue le tiers de la population de Marseille  
  1585 Achat d'un liban (corde à puits) , soit une livre 17 sous devant servir aux gardes à prendre les faucons pour le grand prieur Henri d'Angoulème, gouverneur de la province  
  1584 Aymar de Champorcin - Herbages de Riou  
  1589 Vente des herbaiges et pasturgaiges du Frioul, Maïre et Riou (ACM BB 51 f°25 et 26)  
XVII
siècle
3 Nov 1600 Marie de Médicis arrive à Marseille pour épouser Henri IV  
  1602 6 faucons sont pris pour le duc de Guise , gouverneur de la province Bols Frejus
Cruches Huveaune
  1610 Mort d'Henri IV - La famille Valbelle avec l'appui de la royauté monte en puissance à Marseille . Refus du Don gratuit   
  1612 JB de Village met des chèvres sur Riou. Cette famille amie de Jacques Coeur est influente à Marseille depuis le roi René. Louis XIII prend le pouvoir  
  1614 François de Caradet herbages
Fortification du Cap Morgiou, du Cap Caù et du Chateau de Cassis pour resister aux incursions des pirates turcs
 
  20 juin 1617 Lettre de Louis XIII  aux consuls de Marseille pour les remercier de l'envoi de faucons Batterie Four de Cqux , Double Tournois 1618.
  8 Nov
1622
 Louis XIII pêche le thon à Morgiou après avoir renouvellé le droit de pêche aux Prudhommes  
  1628 Peste  
  1628 Prix d'un faucon = 2 livres 45 sous  
  1631 Vigie de Rieuls a une tour surmontée de fumée et de flammes.
 P.J. Bompar
 
  1636 4 gardes à Riou - bateau halé à terre Culinaire Biot-Vallauris à la Vigie, Citerne,
  Mai
1638
Pas de garde à Riou. On envoie Antoine FERRI , valet du premier consul de la ville pour les faucons Poterie Huveaune sous la falaise entre les calanques du Monaterio
  Mai 1641 On envoit Alexandre DROUIN  
  1649 Peste  
Nov 1655 Des marins s'emparent d'une galère génoise pour donner la chasse à des pirates majorquins et la ramènent au port en piteux état. Sommés par Louis XIV de s'excuser en personne à Gènes les consuls envoient ceux de l'année précédente  
Oct 1658 Niozelles prend Marseille en main et continue de provoquer le roi  
20 Jan 1660 Le gouverneur de Provence , le duc de Mercoeur entre à Marseille avec 7000 troupes et désarme les Marseillais  
11 Fev 1660 Pose de la première pierre du Fort St Nicolas  
2 Mai 1660 Louis XIV entre à Marseille  par une brèche dans les murailles.  
  1661 Raid des Arabes à Callelongue, et aux Iles -
aux Catalans,  60 esclaves sont pris
 
  Mai
1664
On envoit Jean DELPHIN et Claude ROUBERT pour les faucons  
  1666 Nicolas Arnoul fait édifier l'Arsenal des Galères
Construction de l'Hotel de Ville
 
  1679/
1707
Construction de l'Hospice de la Charité  
Mars 1669 Colbert affranchit le port et accorde le monopole du commerce avec le Levant.  
  1689 Il y a un seul garde à Riou  
  1695 Nicolas  TARRUS et son fils Louis sont payés 45 livres pour Juillet Août Septembre
FERMETURE DE LA VIGIE de RIOU

Vauban arme le Littoral (Batterie de St Cyr les Lecques) Marseilleveyre  et Riou ?
 
XVIII
siècle
  La conquête du monde , commerce avec le Pacifique, les Antilles, le Levant. Faïenceries, importation du café.  
  1702/14 Guerre de la succession d'Espagne. Les anglais sont devant Toulon  

 
1715 Mort de Louis XIV  
27 mai 1720 Le Grand St Antoine  est isolé provisoirement à Pomègues après la mort du huitième matelos  
29 Mai 1720 les marchandises fines sont déchargées à l'Infirmerie
les balles de coton sont à Jarre
 
3 Juin 1720 Le Capitaine Chataud affirme sous serment que les morts sont dues à de mauvais aliments  
  1720 Curés réfugiés à l'Aiglon. Pêcheurs, Equipage du Grand St Antoine sur Jarre (?) pendant la peste. Marseille perd le tiers de sa population Cruches vertes Citerne Huveaune ,Monasterio
  1721
1722
La peste réapparait, le blocus sanitaire du port est repris  
  1766 Construction de la bastide du négociant Louis Borély  
  1769 Commerce avec l'Océan Indien  
  1774 Commerce avec la Mer Noire. Importation du Blé d'Ukraine Culinaire Biot-Vallauris à la Vigie, Citerne, Four à Chaux, Beaume Fraiche
1er Oct 1774  Phare de Planier 23m de haut 8,5 de diamètre , 14 reverbères alimentés à l'huile d'olive  
  1774 Mort de Louis XV  
Juillet 1792 Le Chant de l'Armée du Rhin devient la Marseillaise  
Mars 1793 Marseille, se révolte contre la Convention, est reprise par le général Carteaux et déclarée Ville Sans Nom
Entrée en guerre des Anglais
 
  Août
 8 sept 1793
Le capitaine d'artillerie Napoleone Buonaparte inspecte le littoral entre Marseille et Toulon, logeant à la Ciotat chez Monsieur Louis Ricard.  
XIX
siècle
1804/1808 Blocus de la cote Provencale par les Anglais  
  Décret  17 Nov
1810
Napoléon fait construire une batterie au Cap Morgeon dotée de 4 canons de 36, d'un mortier de 12 pouces , d'un obusier de 8  et d'un fourneau à réverbère.
2 pièces de 24 seront placées sur la droite du port
 
  1812 Batterie de la Mounine et de Marseilleveyre presque finies. Sentier aménagé entre Callelongue et Marseilleveyre  
30 Mars
1813
 200 Anglais débarquent à Sormiou attaquent la batterie de Morgiou font une vingtaine de prisonniers et jettent les 8 canons , affuts, à la mer, détruisent le fourneau à reverbère  
2 Mai  1813 nouvelle attaque mais par le Cap. Par la Gorguette(au dessus de Cosquer) et par St Pierre (entre les deux batteries).  
Août 1813 200 Anglais passant par Port-Pin attaquent la batterie de Cacaù, jettent les canons à la mer. Ils s'en prennent ensuite au Chateau de Cassis  
  1814 FERMETURE de la VIGIE DE MARSEILLEVEYRE et de la VIGIE DU CAP GROS  
  1815 Terreur Blanche à Marseille. Massacres de Bonapartistes et de Mameluks  
  1834 Epidemie de Choléra  
  1836 Banque de Marseille  
  1842
1845/53
Tentative de ré-armement des batteries
Construction des nouveaux ports de la Joliette
 
Février 1848 Révolution - Barricades - Faillites - Epidemie de Choléra  
  1848 Chemin de fer d'Avignon à Marseille  
  1849 Canal de la Durance
Construction du Prado
 
  1850 Construction d'une cabane au Monasterio pour le contremaitre de la Sablière  
2 Déc 1851 Coup d'Etat de Napoléon III  
  1853 Désarmement des batteries des Calanques, récupération du bronze et du fer par mer  
  1853 Exploitation de la Sablière par 4 ou 5 ouvriers d'après Chaumelin
Pacage de Chèvres - 
Lapins - Lézards - Faucons
Barques catalanes au Monasterio pour pêcher le corail
3 squelettes exhumés à la Sablière
 
  1859 Bouillon-Landais visite l'Ile : Ecrit l'Ile de Riou et les faucons  
  1860 Traité de libre-échange avec l'Angleterre signé par Napoleon III. Inauguration du Palais de la Bourse.  
  1862
1864
Percement de la Rue Impériale  
  1884/85 Epidémie de cholera (3000 morts)  
10 Février 1886 Location de l'emplacement d'une baraque et 296m2 et droit de chasse sur Riou à Bourelly par expertise  
17 mars 1886 Pied à terre pour la pêche 15 m2 de la batterie Est de Marseilleveyre à Marius Giraud  
30 Dec 1886 Logement de 148m2 et Pacage de 1301m2 à Gustave Bounin par adjudication sur le terrain de la batterie du Cap Croisette  
17 Mars 1887 Logement de 150m2 du Corps de garde de la batterie de Marseilleveyre  à Marius Bouze par expertise  
17 Mars 1887 Logement de 12 m2 dans l'ancien magasin à poudre  de la batterie de Marseilleveyre à Marius Bouze par expertise  
17 mars 1887 Droit de chasse et pêche sur  77000 m2 de  Jarre à Eugène Bouffier  par expertise  
1er Avril 1888 Droit de chasse et pêche sur  51000 m2 de Plane à Silvestre  
  24 -08
1896
L'Etat loue baraque, terrain de 296m2, droit de chasse et de pêche à Mr. Louis Tronc , négociant, secrétaire du Casino de Nice, résident à Marseille.  
  1897 à 1927 Pipo Meïni  gardien de l'Ile. Les noms sur le mur de la terrasse de la baraque reconstruite  sont Tronc, Zaphirolos et Mirbelli.
Treuil à Fontagne, Cabane pour pêcher les blades au bout Nord de Caramassane
 
  27-10
1897
Décret affecte Riou, Jarre et Plane au Département de la Marine  
XX
siècle
18 Oct 1903 Naissance de Georges Prosper ALBERT à Thizy dans le Rhône  
  10-07
1905
Renouvellement du bail 3,6,9 au même Louis Tronc pour 35F
13 Rue Paradis Maison Viale, Marseille -Caution solidaire de Jules Pignet
 
  1906 Exposition Coloniale  
  1 Oct
1914
Renouvellement du Bail à Mme Veuve Tronc 3,6,9 pour 35F mêmes conditions (Caution solidaire de Mr Jules Marie Charles Pignet)  
  1920 Navette Marseille -la Plage d'Or de Riou avec passerelle au vivier  
  1923 Création de l'aéroport de Marignane  
  1932 Maison des Tronc, Tamaris, Vivier. Cliché Dr Albert  
12 Nov 1942 Entrée des troupes allemandes  
24 Jan 1943 Expulsion des habitants des Vieux Quartiers  suivie  en fevrier par la destruction du coeur de Marseille par les Allemands  
  Dec 2,
1943
 Prince Alexis Fürst von Bentheim dans un Messerschmidtt 109 est abattu derrière le Conclu  
  1943 Cadavre d'un pilote étranger avec parachute flottant près du Conclu , trouvé par un couple habitant sur l'ile avec Raoul Amari qui a 10 ans. Il le racontera à Luc Vanrell des années plus tard. (1988)  
27 Mai 1944 Bombardement allié  
31
Juillet
  1944 11:00  Le P.38 Lightning  F-5B 223 de St Exupery disparait lors d'une mission de reconnaissance  
  1962 Dr. Albert restaure la citerne du Pic qui fuit.  Il réalise que le muret au milieu d'un éboulis est la Fons de Fontagne  
Dec 1963 Bail accordé au G.E.A.R. par la Marine pour reboisement de l'Ile et travaux annexes  
  1964 Restauration de la Fons - Découverte du "Turc"  
Mars 1964 Carte de l'Ile au 1/2500ème - Découverte du "Silo"  
Fev 1966 Fin de la Carte de Riou  
  1968 Fouilles Courtin dans la Sablière Tessons Neolithiques, meules, haches,pots
  1970 Courtin fouille la Sablière  
  1971 Cabanon en parpaing  construit par un type de Gardanne et la petite cabane qui restait au départ du sentier de la grotte sont dynamités.  
17 sept 1973 Ordre du Prefet Maritime Brasseur Kermadec établissant Jean Throude gardien responsable de Riou chargé de veiller au respect des consignes: pas de transistors, pas de nudisme, pas de chasse, pas d'armes à feu; Pas de feux ni de camping sauf autorisation exceptionnelle.
Cas flagrant de "Fais ce que je dis , ne fais pas ce que je fais!"
 
  1974 Courtin - Escalon de Fonton: fouille de la Grande Sablière  
  1977 Courtin : fouille de la Grande Sablière  
  1990 Gantes : prospection au Monasterio et la Sablière  
  1991 Peintures de Cosquer révelées au public  
  1992 Conservatoire du Littoral propriétaire de l'Archipel de Riou  
  1998 Habib Benamor trouve dans les filets du chalutier l'Horizon une gourmette en argent au nom d'Antoine de St Exupery  
XXI
 siècle
2003 Retour à Fontagne  
  2003 2734 L : Identification du F5B Lightning de St Exupery  
 Mai  2006 Website www.RiouetlescalanquesduDrAlbert.com  
Mars  2008 St Exupéry: L'ultime secret . Luc Vanrell and Lino von Gartzen révèlent que St Exupery a été abattu vers 11 heures du matin par Horst Rippert le 31 juillet 1944  
Avril 2008 Les résultats de l'analyse d'ADN identifient le squelette de Fontagne comme étant celui du  Prinz Alexis Fürst von Bentheim-Steinfurt  
Nov 2008 Jean-Claude Bianco , accusé de fraude par les héritiers de St Ex, est réhabilité et fait chevalier de la Légion d'Honneur. Il est le propriétaire du chalutier l'Horizon.  
 31
Juillet
2009 Hommage de la ville de Marseille à St Exupéry  
       


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