
Commençée en 2003 cette partie concernait surtout l'archéologie sur
Riou. Puis je me suis laissée entrainer à parler de mes recherches pour
essayer d'étayer les réponses à mes propres questions. Pensant qu'étant
donnée la longueur des textes il y a peu de chance pour que ce soit lu
en entier, j'écris pour "publier"ce que je découvre, je ne mets pas
partout les points sur les i. Ainsi je ne me suis pas étendue sur la
découverte de l'avion de St Ex. Cela appartient à Luc Vanrell et avec
Jacques Pradel il raconte très bien ce qui s'est passé, ce que je
pourrais en dire ne serait qu'un résumé de leur livre "St Exupéry:
l'ultime secret", et non mon
expérience que je décris dans la version américaine.
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Les Epaves du Grand Conclu |
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A partir de 1963,
l'année de la découverte de la Fons sur l'ile de Riou, j’ai fait plusieurs séjours
aux USA, et en Europe je passais mon temps sur les circuits automobiles,
jusqu’au jour où on me proposa un travail dans l’équipe de course de
Ford à Dearborn. J’y rencontrais un ingénieur Peter Weismann dont
le père avait inventé un différentiel qui équipait les voitures du Mans,
et ce fut avec lui que je réalisais mon ambition d’appartenir au monde
de la course automobile par le biais technique.
A Dearborn, une carte postale de Riou , mon Island in the Sun comme
chantait Belafonte, trônait au dessus de
mon bureau, mais après une visite éclair en 1966 pour présenter Peter à
ma famille l’Ile n’était plus une priorité alors que je découvrais
l’Amérique. Lorsque nous avons rejoint la F1 dans les années 80 nous
sommes revenus plus souvent à l’occasion de courses ou d’essais à Paul
Ricard, mais nous discutions surtout de mécanique, qui était une autre
des passions de mon père. Il avait tourné la page de Riou. Il commençait
à perdre la vue, il vendit le Flambeau, il vendit la Delage, et ne
sortit plus guère du cabanon des Goudes. Ma mère avait appris à conduire
sur le tard et il fit encore une carte sur le sentier des crêtes de
Signes, utilisant un décamètre et une loupe de bijoutier.
Quand mon père mourût en
Septembre 1991, j’installais ses cartes aux murs
du salon, et je mis au cellier un cageot de tessons.
Le Conservatoire du Littoral acheta l’Ile . Et elle fût déclarée
interdite au public, ce qui se révela par la suite être inexact.
Je pris l’habitude
de photographier mon ile sur fond de soleils couchants, d’orages
époustouflants .


5 ans après avoir perdu mon père, je perdis mon mari. Ma vie continua un moment sur sa lançée, nous étions passés de la F1 aux bateaux de course offshore grace à mon grand ami l'ingénieur Carlo Chiti, qui lui aussi disparut. Mes fils Christopher et Patrick prirent le relais de notre affaire. Mes passions étaient éteintes.
Un jour je reçus un fax de ma mère me demandant si elle pouvait donner la carte au garde de Riou pour qu’il la fasse copier. Je répondis que j’y mettais une condition.. Qu’il me mène sur Riou prendre des photos du site qui commencait à s'estomper dans ma mémoire.
C’est ainsi qu’Alain Mante vint me rendre visite en compagnie de
Lucien-François Gantès et Mr Drocourt de l’Atelier du Patrimoine.
Je
sortis les tessons massaliotes de -600, les nettoyais tant bien que mal,
les installais sur 2 rallonges de table.

LF Gantès arrivant sur la terrasse , y jetta un coup d’oeil et déclara
"c’est comme ce que nous avons, du Dressel 7/11 de -50 à +50."
J’étais soufflée, d’autant plus que saisissant un fond il annonça que
c’était du punique, ça du bétique, et ça du dressel 2/4. Du fond de mon
ignorance , je dûs demander ce qu’était du dressel, et j’appris alors qu’il y avait eu sur Riou à l'époque romaine une industrie de
pêche de thon et de mise en saumure .
Lorsque je protestais que Benoit lui-même avait identifié les tessons comme étant du massaliote de -600, on me répondit que Benoit n'aimait pas les Romains, et préférait que tout soit grec!
Lorsque
j'expliquais que Mr Charles anthropologue du Musée de Paris avait identifié le squelette comme un
macédonien vieux de 400 à 600 ans, LF Gantès me dit impatiemment "On ne
déduit pas la race par la forme d'un crane, ce sont des théories
d'après-guerre".
Cela paraissait plus que plausible! Mais en un après-midi il avait mis à la
corbeille à papiers les conclusions de ses distingués collègues.
Cela bouleversait un peu mes plans. Trouvant dans les carnets de mon
père le réçit de la découverte de la Fontaine, j'avais pensé le
faire imprimer. Il était évident qu'il me fallait faire un post-scriptum
pour faire place aux nouvelles façons de voir, et mettre sur les rangs
les tessons qui s'individualisaient . Je demandais à LF Gantès de
m'aider à les identifier, ce qu'il accepta aimablement...
Je commençais par étaler par terre 77 pages, une par tesson, et entrepris de les dessiner , les faces intéressantes, section, les diamètres, je notais l'argile, les inclusions, etc.
Puis je me rendis à l'atelier du Patrimoine. Là , je vis un tiroir rempli de tessons semblables à ceux de la citerne, mais venant du Monasterio. LF Gantès me donna un cours rapide, identifia plusieurs morceaux, me montra des "trucs" pour dessiner les cols dans le bon angle, me parla de comparateur, me conseilla d'acheter le livre de Martine Sciallano "Amphores..comment les identifier " et de me rendre dans des musées et notamment celui dont M. Sciallano est la conservateur à Istres .
Je pris donc rendez-vous. Je fus reçue par Fréderic Marty, céramologue. Nous nous mîmes au travail, puis Mme Sciallano nous rejoignit. Ils identifièrent des anses comme venant de Tarraconaise et de Lusitania, un fond comme étant un mortier, un autre morceau comme étant une tuile récente. En prime, je découvris leur musée qui est un joyau. Pas très grand, dans une batisse historique du XVII , bourré d'amphores, d'objets présentés d'une façon très avenante. J'ajoutais plusieurs livres à ma bibliothèque, y compris un livre qui me plût par son titre " Vingt Milles Pots sous les Mers" et sa couverture dessinée comme mon livre L'Ile Mysterieuse de Jules Verne, mais qui n'avait rien à voir avec les Grecs .
A la fin de 2004 je commençais à avoir une sérieuse collection de bouquins y compris les Etudes Massaliètes, qui me permettaient d'appréçier le travail des archéologues ces 40 dernières années. Un jour que je visitais le CEEP, je dis à Alain Mante que j'en avais plus ou moins terminé avec mes tessons. Il me montra alors leur collection, ramassée en surface, étiquetée avec la date et l'endroit. Il en avait identifié un comme étant un culot de pipe du 18ème, car il en avait vu des dizaines au Frioul. Consulté pour aider à l'identification de ces tessons émaillés, LF Gantès se déroba car ce n'était pas sa spécialité, me conseillant d'aller à la bibliothèque de la MMSH à Aix.
Il me
recommanda un livre qui venait de sortir "les Iles Côte à Côte".
J'avais repéré sur la carte de mon père une
grotte appellée Grotte de Ste Barbe qui est un trou pas très grand.
Lisant sur Les Iles côte à côte que les moines s'étaient installés sur
les iles , je me demandais si l'appellation de Monasterio pouvait venir
de là. Tout ce que je pus découvrir ç'était que Ste Barbe était la
patronne des artificiers. Je me plongeais aussi dans 20000 pots sous les
mers pour tacher d'identifier les tessons du CEEP. Une photo semblait
proche ,je crûs à du 13ème.
Dans un même
temps, en les dessinant, je me rendis compte que 2 morceaux d'une cruche
émaillée vert émeraude étaient assortis, et puis en me promenant sur le
sentier de douane de Port d'Alon, je vis soudain un petit morceau de
céramique avec le même émail vert.
A quelques
pas je trouvais un fond de cruche, et en levant les yeux pour voir d'où
ils pouvaient venir je vis un mur de pierres sèches.
J'aurais trouvé un trésor, je n'aurais pas été plus excitée:la
vue de ce mur était pleine de promesses!
Une sorte de cabane de 4 m de diamètre, avec un mur de 1 mètre
d'épaisseur, presque 2 mètres de profondeur, et en émergeant des pins,
pleine vue sur Riou.Je venais de relire Bouillon-Landais qui dit en
parlant de la Vigie de Riou que ce genre de dimensions et de
construction étaient courantes dans la construction des moulins, et
farots jusqu'au 16ème siècle
Tout de suite milles questions
sans réponses. Quelle date? peut-être une autre tour de vigie? puisque
sur le sentier douanier, avec les même céramiques, faisant partie
peut-être d'un même système de sécurité dans le style tour génoise comme
celle d'Erbalunga d'où venait mon arrière grandmère Benigni-Bozouls

N'y tenant plus je me rendis à la M.M.S.H. à Aix. Errant dans les
couloirs à la recherche de la
bibliothèque
, je realisai soudain que les noms sur les portes étaient ceux que je
trouvais sur mes bouquins. J'élus Jean-Christophe Treglia dont je venais
de lire l'article sur Porquerolles dans les Iles Côte à Côte.
Spécialiste de la Haute Antiquité, il eût vite fait de m'entrainer vers
le bureau de Lucy
Vallauri."Non, non pas du 13ème, c'est du pisan du 16ème, regardez le
motif aztèque" (Ce n'est que bien plus tard que je réalisais qu'elle
avait dit A stecca , bien que sur le moment j'ai eu un peu tiqué.. mais
bon, pas de mexicain sur Riou seulement du pisan
) S'emparant de 20000 Pots , dont elle est un des auteurs, elle me montra
les bols qui correspondaient aux tessons. Et mes cruches émeraude, du 18
ème. Enthousiasmée par son savoir et son amabilité j'achetais d'autres
livres d'expositions qu'elle venait de finir, et je repartis chez moi
avec un nouvel horizon, celui des guetteurs de la Vigie de Riou et des
gens qui travaillent pour le CNRS
Finalement ne trouvant pas en librairie de documentation sur la station néolithique de Riou, je me décidais aussi à contacter Jean Courtin. Il avait fait au moins 3 séries de fouilles sur l'ile dans les années 70, et je trouvais étonnant qu'il n'ait jamais rencontré mon père. LF Gantès me dit qu'il était devenu un reclus en Haute Provence depuis sa retraite. Mais il était partout, et lui aussi incontournable. J'espérais qu'il aurait peut-être une idée sur la grotte de Ste Barbe, l'aurait peut-être fouillée.

Me souvenant
d'avoir lu quelque part qu'il y avait du grès qui avait servi de meule
aux néolithiques et voulant mentionner ça dans le
détail, je feuilletais toute ma bibliothèque en vain. Il y a des années
nous promenant dans les collines de Californie, nous avions trouvé un
morceau de meule, et plus loin le galet correspondant,
pas très loin de rochers pleins de trous qui servaient aux Indiens
Shoshones à écraser les glands. J'ai un point faible pour les meules et
ce qu'elles représentent pour l'humanité ..elles sont là dans toutes les
civilizations, et même le Turc présente une usure de molaires qui
pourrait venir
du sable mélangé à sa nourriture.(C'était l'explication alors ! en fait
due à du bruxisme nocturne)
Pendant l'hiver 2003 en Californie, résolue à suivre des cours
d'archéologie, mais n'ayant qu'un choix limité, je suivis un cours
d'introduction à l'archéologie. Professeur Breece ne saurait trop me
parler des grecs, car il était un "néolithique" et avait travaillé à
Lascaux. Il nous expliqua la taille de silex, nous montra ces formes
étranges qui restaient après la taille des lames et nous passa (à
ma demande insistante) une video sur la Grotte Cosquer : je vis donc
Courtin et Cosquer sur le bateau, et Jean Clottes qui présentait la
vidéo. Le même Jean Clottes était à ce moment-là en Californie et
donnait une conférence sur Chauvet. J'y allais et lui demandais
l'adresse de son collègue, qu'il me donna volontiers. Excellente
conférence par ailleurs, qui conquit l'amphitéatre plein à
craquer. Son anglais était remarquable, lui permettant de plaisanter
très naturellement. Ce n'est que plus tard que j'appris qu'il était
professeur d'anglais à Foix, avant de se consacrer à l'archéologie.
Le temps
d'arriver à Port d'Alon, pour ma migration annuelle, je reçus du reclus
une copie de son Bulletin sur Riou , une lettre de 3 pages où , entre
autres, il m'expliquait (alors que je ne les avais pas mentionnées) que
les meules trouvées sur Riou lui avait fait penser que le niveau de
l'eau était suffisamment bas pour que les néo ramassent le grès qui se
trouve entre les 2 iles . Comme j'avais donné à ma mère les livres sur
Cosquer, je savais maintenant pourquoi je n'étais pas arrivée à
retrouver cette histoire dans ma bibliothèque.
Il me conseillait d'aller au Palais Longchamps au Musée d'Histoire
Naturelle voir le pot du Cardial qu'il publiait. Les Dieux (Grecs
cela va sans dire) étaient avec moi.
Le pot du Cardial qui établissait le site de Riou comme le plus ancien de Provence jusqu'aux fouilles de la Gare St. Charles qui datent l'habitat de la même époque que Riou. (Palais Longchamps - Musée d'Histoire Naturelle)
Les cailloux de grès ramassés entre les iles pour en faire des meules étaient la preuve que le niveau de la mer était encore suffisamment bas pour atteindre l'ile à pied. (Palais Longchamps - Musée d'Histoire Naturelle)

Comme j'ai un bon coup de pioche et un bon entrainement de jardinage
musclé, je m'étais proposée comme volontaire pour les fouilles qui se
dessinaient à Marseille . Apparemment en France on n'a pas besoin
d'argent ni d'enthousiasme néophyte.. les bienheureux! En 2004,
tout en cherchant ailleurs
, je décidais de faire au passage un détour du coté d'Istres pour me
remettre en mémoire les amphores. Je découvris le sous-sol consacré au
néolithique, que j'avais ignoré auparavant, preuve que ma capacité
d'absorption est limitée et que la photo numérique est vraiment tombée à
point .
Le terrain près du Cap Couronne étant des fouilles fines, la jeune femme
me fit visiter le site déjà fouillé par Escalon de Fonton des années
auparavant, et me conseilla de les abandonner à leurs études de doctorat
et d'aller plutôt à Chateauneuf les Martigues.
Le musée était fermé, mais une voisine se revela être une guide
bénévole et enthousiaste
,
ayant participé aux fouilles de l'Abri des Pigeons, avec (on s'en serait
douté !) Jean Courtin dont elle est une inconditionnelle.
Le Chateau Neuf des Martigues a appartenu aux Seytres jusqu'à la
révolution, le musée renferme non seulement du néolithique, et une
collection de roches et de fossiles mais aussi une collection
sortie tout droit des 20000 Pots, puisque plusieurs musées locaux
participèrent à l'exposition. Je retrouvais à Chateauneuf deux
semaines après en avoir discuté avec JC Treglia à Aix, du lustre
métallique de Valenza fin du XIVème
Rester un jour de plus et me rendre au musée Ziem , me
familiariser avec la région que nous avions toujours ignorée au
profit de Calissane, c'était faisable .
Acceuillie par un immense tableau de l'ile Maïre
par Olive avec déjà les scories qui forment la route de Calelongue et la
petite batterie des Croisettes qui date d'au moins 1695, (2010
correction: c'est le corps de garde de la batterie décretée par Napoléon
) je retrouvais
en plus des tableaux, les grecs et le haut moyen age.
Malheureusement mon appareil numérique rendit l'ame de ses piles en
pleine visite. Bonne excuse pour y retourner un jour! A noter un
excellent livre sur les aquarelles de Ziem, avec un CD qui contient près
de 5000 aquarelles du peintre.
Je terminais par une visite à la carrière grecque du Cap Couronne et rentrait par la côte m'arrêtant au Musée du Vieux Marseille, avant d'aller voir ma mère aux Goudes.
Le lendemain
Mante étant absent, j'élus de revisiter le Musée Pastré pour voir
si je pouvais y trouver des pichets ordinaires de l'époque des gardes de
Riou.
J'avais visité le musée des années auparavant, et je me souvenais assez
bien des petites céramiques de Picasso, et de la
vue fabuleuse des oeil-de-boeufs des mansardes, sur le Chateau d'If.
J'avais complètement oublié la première salle où maintenant je trouvais
mon bonheur.. des pots du cardial, des amphores massaliètes, des
romaines, des pichets du haut moyen age, des cruches de la vallée de
l'Huveaune.
La boucle commençait à se boucler !
Il ne me restait qu'à résoudre mon problème de publication. Gantès m'ayant recommendé de ne pas publier quelque chose de moche, mais n'ayant pas vraiment de nom à me proposer, je fis quelques tentatives sans grand résultat. Pas assez de matériel. Trop de questions; pas assez de réponses. Il y avait aussi dans mes archives le livre d'escalades, jamais publié parce que trop onéreux à réaliser avec toutes ces photos, tous ces calques avec les tracés d'escalades. Il me fallait trouver une solution.
J'entends mon père dire: "Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour perséverer". Pas très enthousiasmant comme programme , mais il suffit de me mettre à la fenêtre pour y trouver l'encouragement le plus extraordinaire qui soit:

(Cliché M.Weismann) au lever du soleil
Navire de Pierre Ancré dans le Mistral (Jean Courtin)

Riou se
présente comme un microcosme d'archéologie.
Elle est belle, mais pas très généreuse. Elle est une ile au soleil,
mais aussi une ile d'ombres.
Elle parait à portée de la main, mais est aussi insaisissable. Elle est
faite d'extrèmes sans être très grande. Elle a une plage magnifique et
des tombants vertigineux.
Si elle était rattachée aux Calanques comme il y a 30,000 ans elle
serait juste un massif, mais voilà, elle est maintenant une ile qui se
drape volontiers dans le superlatif.
Parce qu'elle est une ile, elle a gardé des traces de ceux qui l'ont visitée, habitée, exploitée. Et ce depuis au moins 8000 ans! La séparation en époques historiques est une tentative d'organisation basée sur les tessons. Comme le mobilier (c'est à dire ce qui est mobile parce qu'on peut le transporter) est réduit aujourd'hui, je préfère éviter les spécializations, et raconter comment ça s'est passé pour moi chronologiquement. La Grotte de Ste Barbe est un résumé de mon approche tout à fait personnelle et pas du tout académique.
Alain Mante me
dit qu'il essayait de savoir à quelle époque les diverses constructions
sur l'ile pouvaient avoir été faites. En y regardant de près je repérais
sur la carte de mon père une inscription collée contre une barre
rocheuse: Grotte Ste Barbe.
Lorsque nous sommes allés voir à quoi ça ressemblait, Alain n'a vu que
les fientes et les plumes et les os d'oiseau, et il s'est enfilé au fond
pour voir s'il y avait un nid de puffin. Moi, je pensais encore à un
ermite du temps de St Cassien, donc j'ai pris des photos de la
maçonnerie . Si nous y avons mené Jean Courtin, ce n'est pas parce que
je voulais qu'il identifie les murs, mais parce que j'espérais qu'il me
dise que cela aurait pu être un abri néolithique. Je pensais que dans
les années 70, ils avaient fouillé un peu partout pour avoir une idée
d'ensemble, ce qui s'est avéré inexact. Nous avons fini avec un "canon" ou plus exactement un mur
de batterie que j'ai retrouvé un an plus tard dans le livre sur les
Calanques du Dr Hiely. J'aurais pu faire des recherches auprès de
l'armée ou la Marine. Toulon ayant donné les archives à Vincennes, je
les avais contactés, on m'a aiguillée sur l'hotel Soubise à Paris, où
l'on m'a dit d'aller à Vincennes, car ils ne savaient pas que Vincennes
était en réparation, ni qu'ils étaient censés avoir les archives. Aussi
lorsqu'un expert en néolithique vous présente la réponse à une question
sur un plateau , on dit merci monsieur Courtin, et on attaque la
question suivante.
Encore plus chiches sont les écrits concernant l'ile, et assez
décourageantes les conversations avec les survivants qui lorsqu'ils
n'ont pas oublié, ou ne savent pas, ou ne veulent pas dire, ou mélangent
tout!

Du temps où les Cromagnons visitaient Cosquer le
niveau de l'eau se situait environ à 120 mètres plus bas
qu'aujourd'hui. Avec le réchauffement et la fonte des glaces
l'eau remonta et bientôt recouvrit l'entrée de la grotte ;
mais les néolithiques pouvaient encore dans la journée
promener entre Maïre, Cortiou, Jarre et Riou.
Nous connaissons tous maintenant l'histoire des 3 squelettes de la
Grande Sablière qui parce qu'ils étaient grands et avaient de
belles dents blanches furent pris pour des Anglais, et
probablement tossés à la mer. Des squelettes des descendants des
Cromagnons de Cosquer il y en avait donc à Riou, il y en avait
aussi à Jarre à la Baume des morts soupoudrés d'ochre. Il y en a
eu peut-être à Cortiou, à Maïre où l'on a trouvé des amas de
coquillages, des meules, des outils, de la céramique.

Ils habitaient à la Sablière ces anciens occupants de l'ile, qui n'en était pas une lorsqu'ils s'installèrent. S'ils sont restés là près de 6000 ans, c'est qu'ils y trouvaient à manger et boire. Les meules de grès en font foi, les pots de stockage, la hache. Malheureusement à partir de 1860 avec les constructions de la rue de la République et de l'égout le sable fut ratissé et emporté, et avec lui 90% de l'habitat néolithique de la Grande Sablière.

Le pot du Cardial (fouilles Courtin) qui établissait le site de Riou comme le plus ancien de Provence jusqu'aux fouilles de la Gare St. Charles qui datent l'habitat de la même époque que Riou. (Palais Longchamps - Musée d'Histoire Naturelle)
La Sablière était alors un vallon empli de sable grossier, propice à la culture et à
l'établissement des campements. Lorsqu'ils apportèrent le grès pour leur
meules, Riou était encore une presqu'ile et c'est en marchant entre
Plane et Riou qu'ils trouvèrent ces roches! Sinon il aurait fallu qu'ils
aillent jusqu'à Bandol.
L'endroit passablement abrité des vents , l'était peut-être aussi par
des chênes verts, dont il reste un exemplaire près du campement.

Les cailloux de grès ramassés entre les iles pour en faire des
meules étaient pour Jean Courtin la preuve que le niveau de la mer
était encore suffisamment bas pour atteindre l'ile à pied. (Palais
Longchamps - Musée d'Histoire Naturelle)
Ce qui m'étonne souvent c'est que sur 200 m² si on trouve 5 tessons, ils appartiennent à des pots différents. Evidemment en 5500 ans il y a eu du changement de style dans la vaisselle, mais cela implique qu'ils ont fait leur cuisine au même endroit pendant un sacré bout de temps. Dans ce qui suit ,tous les renseignements et les photos sont tirés avec son autorisation du livre de Jean Courtin "les premiers paysans du Midi", et sur des résultats de fouilles qu'il a bien voulu me communiquer.


Col de jatte avec trou de réparation ou de suspension

Coquille d'oeuf fossilisée, Bïous, arapèdes Départ de Anse de Jatte décorée de 3 cordons

Comme avec les amphores, si on trouve un tesson de col ou de anse on ne sait pas toujours à quoi ressemble le pot entier. On est souvent surpris dans le positif : les dimensions sont souvent importantes, les décorations astucieuses, témoignage d'un sens du fonctionel et et d'un sens artistique alliés à une grande liberté d'exécution.


C'est assez émouvant de voir un restant de foyer, de voir un morceau de pot perçé d'un trou, dont la cassure fut réparée en y passant un lacet probablement fait d'un boyau, après avoir collé les morceaux avec de la colle de peau de poisson. De trouver des bïous avec le tortillon cassé pour les extraire, et de se dire il y a au moins 5000 que ces cendres et ces morceaux sont là, témoins de la présence d'autres hommes et femmes.

2
éclats de silex receuillis par Jacques Collina-Girard
La coquille d'oeuf fossilisée en haut à gauche trouvée par Alain Mante..
A chacun son expertise!

Ce pot
est un témoin de l'expertise des potiers néolithiques. D'une hauteur de près de 60 cms il est renforçé, décoré et pratique pour le storage de récoltes durement gagnées . Musée de Chateauneuf-les-Martigues.En récupérant le bijou de hache en pierre verte polie trouvée par Alain Mante dans un trou de lapin, L-F Gantès remarqua plaisamment "Que feraient les archéologues s'il n'y avait pas les lapins?" Je n'ai pas eu la présence d'esprit de prendre une photo lors de cette première rencontre. J'emprunte donc deux photos à Jean Courtin pour montrer qu'il y a vraiment un échantillonage extraordinaire dans l'ile, car il mentionne que les pierres taillées sont en minorité au cardial.
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Démonstration d'abattage d'un arbre par une hache polie semblable au morceau de Riou qui est de couleur verte
Et puis, avec la mer qui remontait grâce à la rapide fonte des
glaces, l'ile devenait moins abordable.
Lorsqu'ils sont devenus hommes de l'age de bronze Riou était une
ile. Ils ont donc préféré Maïre où le père de Luc Vanrell a récolté
des bracelets de cuivre pour Fernand Benoit, dans les années 50.

Petit anachronisme.. Kybele étant inspirée du bateau d'Ulysse,
environ mille ans avant nos Phocéens.
Mais comment résister à ces yeux?
Merci aux étudiants et professeurs turcs qui sont venus de Foça en
57 jours après avoir construit cette petite merveille qui semble bien
exposée aux coups de mer.
Qui étaient les hommes qui campaient sur Riou il y a
environ 25 siècles à cet endroit?

Etaient-ce des commerçants étrusques faisant étape
?
L-F Gantès qui a étudié les tessons du Musée archéologique de
Borely nous les montrent installés ou commerçant avec les tribus
occupant les oppidums avant l'arrivée des phocéens.
Un de leurs bateaux sombra entre Plane et Jarre, un autre
au petit Conclu, une autre fois ils ont pû trouver un emplacement de
camping avec des traces d'occupation humaine sur la grande Sablière.
Cela suffirait sans doute à expliquer pourquoi ils se sont installés au
même endroit.
Que faisaient-il au puits des Chèvres? Prenaient-ils seulement de l'eau ou
aussi du fer
qui affleure tout près?

Ou bien étaient-ils des pêcheurs massaliotes qui avaient recupéré des amphores, des mortiers amenés par des commercants étrusques., puis plus tard des coupes grecques.
Ils pratiquaient
la pêche au thon, mais aussi au corail.
De toutes façons, la découverte d'un morceau de kylix dans un trou de
lapin , des tessons d'amphores massaliètes anciennes, des tessons
étrusques indiquent que ces pêcheurs et commerçants du coin ont utilisé
le site pendant 600 ans à peu près, avant l'arrivée des romains en
conquérants.

Mur d'habitat qui a retenu le sable
Par ailleurs, il est remarquable de voir que c'est précisément sur un
espace grand comme une maison que plus tard on installa un four à chaux
, détruisant le site étrusco/massaliote, et, parodoxe , le protégeant de
l'éradication complète par les marchands de sable des années 1850.
Le Dr. Capitan écrit dans son rapport qu'il y a des tessons grecs . Il
mentionne de la poterie géométrique et attique.
A ce jour je n'ai jamais vu de poterie géométrique sur l'ile.
Mais comme il en parle il faut supposer qu'il y a une centaine
d'années les tessons en contenaient. ce qui placerait l'occupation du
site bien avant l'arrivée des Phocéens. Il faut espérer que ces tessons
ont fini au musée d'archéologie.
Espérant trouver en Grèce un style de vie et de travail plus proche de
nos grecs et de ce que j'avais trouvé à Foça, je pensais depuis quelques
années à aller en Grèce.
Ma connaissance des Grecs remontant au Lycée, mais surtout à un livre
de jeunesse: les contes des mondes Grecs et Barbares, donc plus que
sommaire, je suivis un cours sur l'Art et l'Architecture Grecs. . Depuis la
découverte d'Akrotiri, je m'étais aussi promis d'y aller. La Prof,
Irini Vallera/Rickerson, une grecque installée aux USA offrait un voyage
pour découvrir son pays . Je devais en fait aller au Machu Pichu avec
Cate rencontrée au Testaccio avec laquelle j'avais visité Paestum ,
Pompeï et Naples l'année précédente. Sur internet je tombais en arrêt
sur une offre de découvrir la Grèce avec l'Aegean Institute en suivant
des cours de plongée et d'archéologie sur l'ile de Paros. Le Pérou
pouvait m'attendre! Je joignis les 2 programmes , ce qui me laissait 1
semaine à Athènes entre les deux. En 6 semaines j'ai obtenu mon premier
certificat PADI et pu me faire une
idée de la Grèce qui m'a enchantée , et je recommande vivement les deux
expériences. En dehors du fait que j'ai choisi l'année où , à
Akrotiri le toit du site s'est effrondré tuant un touriste , ce qui a
entrainé la fermeture de la zone archéologique, tout a été mieux que
prévu. J'ai même pu faire un pélerinage à Corinthe où le parrain de mon
père était ingénieur lors du percement du canal qui détruisit un petit
autel de Poseïdon. Il en rapporta un échantillonage des petits vases à
offrande dont je suis l'heureuse héritière.
En ce qui concerne Massalìa: Le trésor des Marseillais à Delphes
est plutôt conséquent, en marbre de Paros,(le marbre le plus beau du
monde nous a-t-on dit à 90 mètres sous terre dans
une antique carrière de l'ile!), même s'il n'est pas près du
temple d'Apollon. Il est près d'Athéna Pronaïa et d'un splendide
tholos. Il fait réaliser que les Phocéens devaient appréçier
l'endroit qu'ils avaient colonisé et que c'est à Apollon qu'ils avaient
dû demander conseil, en plus d' Artemis d'Ephèse. (Ces dieux sont
souvent assoçiés puisqu'ils étaient frère et soeur nés à Delos, Apollon,
Dieu du Soleil et Artémis, Déesse de la Lune)

Interprétation
du lieu au Musée
de Delphes
![]() |
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Détail des statues des frises du Trésor des Marseillais
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La source au laurier d'Apollon et le tholos voisin
du trésor
des Marseillais
En tous cas apparemment ils faisaient tous la même chose. Ils
partaient coloniser une autre ile ou un autre endroit pour des raisons
diverses, et avec le trésor construit à Delphes, ils se comportaient
comme les grecs restés dans la mer Egée. Massalìa, "ile" grecque de
la Méditerranée occidentale! S'ils ont offert une statue à Athena qui ne
rentrait pas dans son temple, l'avaient-ils aussi invoquée, ou était-ce
pour la remercier de leur laisser un morceau du terrain dans un site
convoité pour y construire leur Trésor?
Delphes , pas plus que Delos , ne présente plus de coté mystique, en
dépit d'un énorme laurier rose qui célèbre encore le dieu, et de l'eau
qui a été détournée de la fontaine.
Les deux sites sont sacrés (à mon avis) parce qu'il y a de l'eau en grande quantité et qu'ils représentaient une source de revenus. Mais quelle étrange idée d'aller s'installer à flanc de montagne et de s'y cramponner en dépit des tremblements de terre, et des rochers qui sont venus écraser les temples à plusieurs reprises, au point que celui d'Athena fut finalement reconstruit un peu plus loin. Cela laisse rêveur.. sur la manière de penser et d'expliquer que les Dieux, que l'on s'efforce d'honorer en faisant des travaux titanesques, ne font rien pour les épargner. A Delphes Apollon aussi bien qu'Athena se désintéressaient totalement de leur sanctuaires! Quant à Zeus il n'est que de voir à Agrigente et à Olympia les temples qui lui étaient consacrés gisant à terre!!
Mais lorsqu'on est à l'omphalos ou nombril du monde, on se rend mieux
compte de la place que tenait Massalìa dans le monde Grec, cotoyant les
Atheniens, Naxos, Siphnos , Grecs à part entière, alors qu'il n'y a pas
trace de Phocée, et pourtant les Phocéens avaient aidé les Athéniens avant
Salamine.
Dommage que Pausanias n'ait pas eu l'idée de venir du coté des
Calanques, au moins on saurait à quoi s'en tenir sur la position des
temples d'Apollo et d'Artemis à Massalia.
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J'ai enfin reglé ce qui me génait avec Phocée depuis la 6ème au Lycée
Montgrand. D'abord c'était en Asie, et puis je ne faisais pas trop la
différence entre les pheniciens et les phocéens. Ils avaient crée
Massalia, et puis on n'en entendait plus parler.. et pour cause! Avec
les Perses qui arrivaient les poings tout faits , ils ont préféré plier
bagage et s'exiler autour du Lacydon. Au Lycée, on ne m'a jamais
expliqué que pendant 600 ans on avait parlé le Grec à Marseille, que
c'était ce coté "insulaire" qui avait perduré sur leur rocher.
Dans le Méridional on lisait le livre de Bouyala d'Arnaud. J'en avais
retenu que Marseille et Phocée se ressemblaient. En 1998 à l'occasion
d'un grand prix offshore à Istambul, je pris une voiture et descendis
par la côte jusqu'à Phocée ou plutôt Foça (Fotcha) Effectivement un port
rectangulaire, des collines, des iles, un peu endormi, Massalìa ! L'eau
à 25 degrés. Sur un des promontoire je trouvais une plante séchée qui
ressemblait à une asphodèle.

Mais je ne réalisais pas encore à quel point ils étaient restés grecs dans leur colonie de Ionie, aussi aller s'installer à l'autre bout de la méditerranée n'allait pas changer ça, au contraire, tout était dans l'ordre , les Dieux étaient pour. Il ne restait qu'à partir sans se retourner.
D'où venaient-ils ces colons grecs avant
de s'établir en Asie? parce qu'il semble qu'ils n'aient pas cédé à
l'impulsion de mettre des temples partout, comme ceux qui se sont
établis à Agrigente ou à Paestum. J'avoue qu'à Delphes , l'idée m'a
traversée qu'ils avaient mis tout leur argent là où ça comptait,
à Delphes plutôt qu'à Marseille!
Je me souviens pendant ce voyage à Foça, avant le Cap Baba avoir visité
le temple d'Apollon Smitheion Il y avait par terre, dans un
coin pas très loin de l'inévitable fontaine , un chapiteau abandonné
en marbre sculpté d'une délicatesse étonnante. Phocée, elle, ne parait
pas avoir été mieux lotie pour les artistes que Massalia. Ils étaient des marchands et des
navigateurs, pas des sculpteurs.
La fontaine
près du temple d'Apollon Smitheion |
Le chapiteau![]() |

Le chapiteau de Massalia.
En réponse à cette question j'ai touvé dans un livre anglais que les Phocéens venaient de Phokis, une région près de Delphes d'où ils ont envoyé des colons en Ionie. Et leur ville du même nom fût rasée par les Perses. Il leur a fallu atteindre Massalia pour ne plus les avoir sur le dos!
Il y a 2100 ans les Pêcheurs de Thon qui nourrissaient les Légions Romaines puisaient de l'eau à Fontagne
Aussi incroyable que cela paraisse on trouve encore des vertèbres de
thon vieilles de 2000 ans dans les pêcheries des Massaliotes au milieu
des tessons d'amphores à saumure. Dans le site de l'Aiglon les
destructions des maisons de la Calanque ont servi à camoufler les
nombreux tessons sous d'innombrables morceaux de tuiles et de briques.
Il devient aussi de plus en plus difficile de distinguer ce qui a 2000
ans de ce qui est apporté par les gabians des poubelles
de la Crau.
Au moins l'un des tessons a été employé dans la construction
des cabanons de l'Aiglon. Une anse de cette grosseur apartient à une
amphore à huile fabriquée en Espagne, appellée Dressel 20.

J'ai dit comment j'entendis le nom de Dressel la première fois. Cet archéologue allemand étudiant des amphores à Rome dressa une liste de 45 types d'amphores et leur attribua des numéros . Par exemple,ce qui est connu sous le nom de Dressel 1A est une amphore italienne pour transporter le vin dans les années -200 -100 , la Variante Dr1B suit dans les années -100 à -25.
Cherchant toujours à faire des fouilles qui aient un
rapport avec mon projet, je tombais sur un site "ArchaeoSpain" offrant 2
semaines de fouilles au Testaccio. Sur "Amphores, comment les
identifier? j'avais lu à propos de Dressel qu'il avait travaillé sur une
colline faite d'amphores cassées, empilées. D'après la brochure c'était
au coeur de Rome(?), à deux pas de la Pyramide (?) et du
joli temple rond près du Tibre, tholos de Castor et Pollux . Il était question de 25 millions
d'amphores. Foin des musées, je trouverai là les 45 amphores Dressel en
morceaux certes, mais on peut au moins étudier la pate, le dégraissant,
etc.
J'avais aussi été frappée dès le début par des contradictions. Les uns
disaient que les amphores servait une fois, d'autres qu'elles étaient
recyclées. Il était évident que des gens de petite condition mettant la
main sur une amphore même vide en auraient tiré parti, ne serait-ce que
pour storer de l'eau. Mais là, il était tout aussi évident que pendant
400 ans les Romains cassaient les amphores qui arrivaient dans leur
port. Je me devais d'aller voir cela.
C'est ainsi qu'en Octobre 2005 je rejoignis 7 américains et une dizaine
de doctorants de l'Université de Barcelone avec leur Professeur Remesal.
Nous étions bien au coeur de Rome, la Pyramide étirée en hauteur était
un tombeau de marbre, et la Colline d'Amphores était bien là avec une
ceinture de discos et de bars, à coté des abattoirs. Làs , pas question
de trouver les 45 Dressels. Nos Spaniards ne s'intéressaient qu'à
l'epigrafia des Dressel 20 , c'est à dire les inscriptions sur les
amphores à huile. Sur le haut de la colline, chaque année, ils
creusent des trous dans des épaisseurs de tessons. Car en haut de la
colline, on ne trouve pratiquement que des amphores à huile venant de
Bétique c'est à dire de l'Andalousie, quelques unes d'Afrique, et
encore moins de Grèce. Qui plus est, ces amphores, qui apportaient sous
forme d'huile les impots perçus par les Romains, rançissaient et ont été
recouvertes de chaux. Pour pouvoir lire l'épigraphie il faut les tremper
dans une solution acide, puis les brosser pour enlever la précipitation
crayeuse. L'un des doctorants, qui parlait très bien le français
m'expliqua qu'on trouve les Dressel 20 partout, en Allemagne, en Ecosse.
Déjà cette colline était incroyable, mais attention, ce n'est pas
du travail de Romain, c'est du travail d'Espagnol, car il fallait les
tourner dans des ateliers tout le long du Guadalquivir, il fallait
ramasser l'argile, l'eau, le combustible pour les cuire. Il fallait
aussi récolter les olives, les presser, remplir les amphores, les
transporter aux bateaux; J'ai calculé qu'il est parti l'équivalent d'un
bateau chargé de mille amphores tous les 3 jours pendant 400 ans, parti
de Bétique le plus souvent de Cadix , remontant la côte d'Espagne,
suivant les Baléares cinglant vers Bonifacio et puis Rome, rien que pour
batir cette colline du Testaccio. Et sur chaque amphore le poids de
l'amphore vide, le nom du commercant (je n'entrerai pas içi dans la
querelle à propos de ß ), le poids de l'huile, la vérification. Cette
fois-ci sur le Testaccio les Espagnols ne faisaient rien, c'était deux
Romains, juste retour des choses, qui creusaient un trou de 2X4 sur 6m
de profondeur. Professeur Remesal, sa barbiche à la Don Quixotte en
bataille, me dit:" Içi nous les Espagnols, nous sommes chez nous, nous
sommes en Bétique. Et les Français aimeraient bien y être, mais ils ne
peuvent pas !" Vive l'Europe!

Il n'y a qu'à se baisser pour les ramasser
Professeur Remesal était à la recherche du mur d'Hadrien, un "mur" d'amphores entre la partie vieille de la colline et la partie ajoutée contre le flanc plus tard. Les tessons s'empilaient dans des caisses, trempaient dans l'acide, puis étaient mis dans des bacs d'eau, entourés de 4 esclaves américains qui brossaient et se disputaient l'honneur de trouver une inscription et de pouvoir mettre leur tesson dans la caisse de l'epigraphia.

Beta est le nom du commerçant avec un trait en diagonale à la fin et les chiffres romains en noir, au dessous donnent le poids de l'huile.. joli coup de plume
Nous n'avons pas retrouvé le mur d'amphores du temps d'Hadrien (voir photo ci-dessous) au fond de notre trou. Nous n'avons trouvé que les signatures des douaniers de l'époque de Commode , donc 189 après JC, 60 ans trop tard. Pour moi j'ai aimé trouver le petit couvercle d'argile avec un pécou, qui fermait l'amphore.

J'ai aussi aimé trouver les "orientales" qui venaient de Grèce et les Tripolitaines ou les Bizacena tellement raffinées comparées aux Dressel 20 qui ont des parois de 1 à 2cms d'épaisseur. Nous ramassions des "forma" en plus de l'epigraphia. Les cageots s'empilaient, et les doctorants entamèrent la reconstitution du puzzle en essayant de trouver le col, l'epigraphia, les anses qui venaient d'une même amphore. Ils jouèrent des coudes. L'un d'eux recopiait sur un calque en plastique toute l'épigraphia, un autre remplissait une fiche avec tous les détails des morceaux reconstitués. Car, comme partout , ils n'ont pas le droit d'emporter les tessons chez eux, seulement leurs data. Je suis repartie avec une grippe (j'ai oublié de dire qu'un jour sur deux il pleuvait) et une indigestion de Dressel 20! C'est l'Amphore Incontournable: Pas un musée qui n'en a pas! Il y en a même eu sur Riou.. retournons-y .
Si l'exploitation de la saumure a
duré 100 ans d'une manière intensive, il y a relativement peu de casse
surtout si l'on pense que les amphores utilisées étaient des amphores de
transport avec des fonds pointus . Faute de trépieds on pourrait
imaginer qu'elles étaient plantées dans le sable de la plage. Dans les
galets entre la plage et les tamaris on trouve pas mal de morceaux
roulés par la mer.Mais elles étaient aussi storées sur les versants . Où
étaient les bacs à saumure, et d'où venait le sel? Là encore,
l'exploitation de la Sablière au 19ème siècle et les locations de
l'Armée (la Marine ne reprend l'ile qu'en 1939) a amené
l'oblitération du tiers du site par la construction des cabanons, de la
citerne, du vivier,des terrasses, des escaliers . Il est à craindre
aussi que contrairement aux usines de salaisons de la Tunisie et
ailleurs, nos pêcheries locales ont eu un caractère artisanal, pauvre,
faisant avec les moyens du bord. On peut se demander si la citerne de la
maison de l'Aiglon a été batie dans un bac à saumure. A moins
qu'ils n'aient utilisé des dolia. Celui de Fontagne fait 50 cms de
diamètre au col, mais la panse ne se renfle pas très vite et rappelle
les jarres d'Entremont à Gaëtan Congès. Je n'ai pour l'instant pas
trouvé d'équivalent dans les musées. Nous n'avons pas vu de tessons de
ce type au
Monasterio.
Après la pêche , nos pêcheurs massaliotes nettoyaient et
coupaient leur poissons. Faisaient-ils du garum? On peut imaginer que
oui, car les entrailles de thon devaient en produire une quantité
intéressante, mais je n'ai pas encore vu de tesson d'amphore approprié
S'ils faisaient du thon ils étaient donc sur l'ile de mai à Novembre.
Bonites et maquereaux devaient aussi être au menu.
Faisaient-ils sécher le poisson sur les versants? et dans ce cas, où campaient-ils? Nous savons qu'ils prenaient de l'eau à boire à Fontagne et allaient jusqu'au Puits des chèvres. Il n'y a pas trace de leurs amphores à la Sablière. , mais si leur campement était au milieu , il n'en resterait rien de nos jours. Ils pouvaient aussi camper plus loin dans le vallon de l'Aiglon . Mais là c'est un four à chaux recouvert de lentisques qui couvre la zone.
L'endroit a été tellement remanié par la construction et destruction des maisons que l'on ne saurait dire s'ils campaient là. C'est plus à l'ouest que l'on trouve de la vaisselle fine, des anses de coupes, de la campanienne, mais l'endroit est très exposé. On peut imaginer qu'ils devaient rester pas trop loin pour empêcher les gabians de partir avec le poisson.
En rentrant de Grèce je suis allée voir à quoi ressemblaient les 2 sites contemporains de l'Aiglon et sa saumure. A l'ile Verte, ce n'était pas comme aurait dit Colette "Une ile entourée d'eau, une ile quoi!" mais une ile entourée de bateaux. Les amphores du musée de la Ciotat qui sont de beaux exemplaires de massaliètes à fond de toupie et de romaines viennent de deux épaves . Les fonds sont en argile rouge et ont une forme beaucoup plus élégante que les Dressel 7/11 massaliètes que l'on trouve à Riou. Je pense que Riou pratiquait une pêche semblable à celle de l'Ile Verte , puis cela devint une industrie pendant une centaine d'année, vue la quantité de tessons. et l'étendue du site. Une visite aux Embiez s'est revélée très décevante.. l'eau à 24 degrés sans doute responsable d'une algue flottante et assez rebutante. Rien dans les endroits abordables et non developpés qui ressemble à Riou.

A Fontagne les tessons de la chambre sud et autour de la Fons sont en majorité des amphores à saumures. J'avais receuilli ce col d' amphore massaliète dans la Calanque ce qui me permet de dire qu'à partir de -500 les grecs de Massalia arpentaient l'ile et débarquaient à Fontagne. Il y a d'ailleurs une épave massaliète sur les tombants de la Bouléjeade, si j'ai bien compris la publication d'A. Hesnard.
Au Musée de St Raphael, les amphores sont entières, alors que je n'en ai que des morceaux!
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Amphore Massaliote |
Amphore d'Apulie |
Dressel 2/4 à vin |
Dressel 7/11 à saumures |
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Amphore greco-italique
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Dressel 20 de Betique |
Presentation d'amphores à saumures et à
huile devant un bateau qui aurait pu les transporter. |
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L-F Gantes pense qu'il s'agit d'un pavage
antique . A l'ouest de la Calanque de l'Aiglon, il fait partie du sentier historique
qui va de Fontagne au puits des Chèvres

Du temps des Romains, et des compte-rendus de Strabon c'est Maïre qui a la primeur si c'est bien elle la Positio Immadras. J'ai lu qu'il y a eu un farot sur cette ile. Sans doute à l'emplacement de la tourette qui date de la WWII. LF Gantes a receuilli au pied de la falaise des briques en argile micacée, semblables à celles des fouilles de la rue Leca. Il y a aussi de la céramique à vernis noir, des amphores Dr 1A. Donc un poste de guet en "dur" sur l'Ile Maïre au temps des grecs. Mais au Moyen Age elle cède la place à celles de Marseilleveyre et Riou


La première mention du Farossium in loco de Masselhaveyra remonte à 1302. Il s'agit bien entendu de la vigie qui fait face à Riou, et qui se trouve au sommet du Massif à une altitude de
432 mètres. Elle fonctionna jusqu'en 1814. Il y avait 2 guetteurs qui communiquaient avec la Turris de Gardia, et le farot de Rieu. Il est à noter que la Vigie de Marseilleveyre est très souvent dans les nuages. Mais s'il fait mauvais temps il y a moins de risques d'attaque

Microfilm du parchemin de 1302 donnant la liste des vigies , la
Couronne, Carro, Notre Dame de la Garde, Masselhaveyra, Ile de Riou, Bec
de l'Aigle dans la Paroisse de Ceyreste, celle qui suit est à Ollioules.
(Archives des BDR)
Pons de Servieres, Pierre Alfant payés 4 florins 2 gros pour le mois de Mars 1408
Loys Negreu, son fils et Peyre Vailha remplacent les 2 gardes tués en Mai 1527 sont payés 5 florins par mois.

Vue de Riou à partir du sommet de Marseilleveyre à plus de 3 kms

Vue limitée de Jarre par temps gris

Glorieuse vue sur la colline de la Garde qui cache la ville antique de
Marseille; y compris le port, donc ce n'est pas l'endroit d'où l'on voit Marseille , mais
plutôt le Massalia Veterem l'oppidum des "Ligures" d'avant les
Grecs
Lorsqu'elle fut fermée temporairement en 1696 la ville paya
le 31 juillet 140 livres d'arriérés à François, fils de Pierre
Puget, pour l'achat de bois de sa propriété pour faire fonctionner le
farot pendant 2 ans.
Elle fut fermée définitivement en 1814, d'après Chaumelin par les
Anglais.. qui firent subir le même sort à celle du Cap
Gros la même année, et ce après qu'ils aient attaqué avec succès
en 1813 Morgiou, Cacaù, le chateau de Cassis et l'Ile verte (Il y avait
aussi une Vigie au Bec de l'Aigle )En 1864, sous Napoleon
III, ces vigies furent remplacées par les sémaphores de Canaille et de
Calelongue.
La Vigie de Marseilleveyre fut transformée en refuge du Club Alpin Français au début du
20ème siècle, avec l'ajout d'un second étage. En 1896, le 2 Mars une
croix de mission fut érigée par les populations de Bonneveine et de
Montredon (8 mètres de haut 1.50de large). Une tempête l'emporta
en 1900. Le site est probablement celui du farot, car de la Vigie on ne
voit pas la Turris de Guardia.
Comme ce n'est pas une tour ronde chère à Robert le Sage, comte de
Provence , elle doit peut-être sa forme carrée à des modifications au
15, 16 et 17 siècles. La citerne est toujours là , construite en briques,
mais inutilisable comme la majorité
des points d'eau dans les calanques.
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Site du Farot ? |
Derrière la ruine l'Ile de Riou et Plane |
Le même sort fut reservé à une autre vigie en ruine qui
devint le Refuge Frison Roche au Cap Gros
derrière la Grande Candelle.

En contrebas sur le centre gauche, les ruines
de la Vigie/refuge . La flèche rouge indique celle du
Cap Gros en
ruines sur les cartes de 1904 , aménagée en refuge en 1933, visible
ci-dessous
![]() |
![]() |
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Cap Gros - 1930 - Cliché Dr. Albert |
Cap Gros - 1962 - Cliché Dr. Albert |

Carte du Sieur HenryMichelot, capitaine réal des Galères (1716)

Carte du Sieur Michelot (1736)
Elle fonctionnait en 1295 et fut fermée en 1695. Il faut rendre grâces à Bouillon Landais qui était archiviste de la ville et qui laissa en 1859 une compilation de ce qu'il avait trouvé se rapportant aux gardes et aux Vigies
Bouillon-Landais dit
qu'il y a une cheminée et une citerne à l'interieur, et l'on peut se
demander comment la citerne se remplissait, et comment on y avait accès.
. Et s'il y a cabane pourquoi les gardes devaient-ils se réfugier dans
la tour en y montant par une échelle ? Pourquoi monter une tour de 6
mètres au dessus du sol? Les pavés qui la formaient encore , ou qui
formaient seulement les fenêtres en arc de cintre sont disséminés aux
alentours. Il y en a quelques uns au sol. Quant à la cheminée je ne vois
pas où elle aurait pu être, peut-être à la meurtrière ?
Le dessin fait par Firmin ne montre pas la meurtrière qui existe
toujours, mais que l'on ne voit pas selon l'endroit où l'on se place
pour prendre une photo

Se basant sur le dessin de la couverture du Bulletin , et sachant que le
diamètre intérieur de la ruine est de 4 mètres, mon père déduisit qu'en 1858 la
tour mesurait encore 6 mètres de haut. Déjà il y avait une échancrure en
V, qui à mon avis était une porte. Il y a là deux très belles pierres
roses taillées qui semblent venir du Cap Couronne. Il me semble
inconcevable de batir une tour à 192m au dessus du niveau de la mer et de
devoir y entrer en montant sur une échelle. Sans parler de jouer les
acrobates par jours de mistral. L'échelle servait
certainement pour allumer le farot sur le toit de la tour.
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![]() La "porte" aux pierres roses extérieur |
La "porte" avec 2 pierres roses (de la
Couronne?) |
Les avis diffèrent: BL la trouve en maçonnerie ordinaire et
construite avec beaucoup de soin.
Philippe Rigaud (Des Iles Côte à Côte) trouve la qualité de
construction des murs à la chaux médiocre, les lits de pose
irréguliers.
BL voit la citerne au nord, creusée dans le roc voûtée en
pierres, revêtue de béton à la pouzzolane.
PR la voit à l'ouest, voûtée encombrée de pierres.
Je la voie plutôt à l'ouest- , ce qui me fait conclure que BL
n'avait pas de boussole avec lui car il place à l'Est une cabane qui
est au Nord de la Tour Il est donc à 90° du réel. Comme elle est
aujourd'hui farçie de pierres et de briques il est difficile d'y voir du béton à
la pouzzolane, ou même d'y voir une citerne et encore moins creusée
dans le roc. Le roc manque c'est vrai, mais il semble que la voûte
le remplace pour assurer une base solide à ce morceau du mur de 1m
d'épaisseur de la Tour qui autrement était bati sur du vide. Lorsque
je vois la construction de mon cabanon des Goudes dont le mortier semble
être de la terre après une centaine d'année j'aurais plutôt tendance
à trouver ces murs qui depuis 700 ans sont à tous les vents, bien
batis!
Quant à Chaumelin , lui, il y voit un four! Mais comme il se croit à
la "Tour du Sarrazin qui daterait d'avant Jésus Christ " ..
Les avis diffèrent aussi à propos du nombre de maisons. Lorsque
les archives parlent de maisons, il était question de toutes les
vigies. BL voit une cabane en ruine, PR en voit 3 . Un replat adossé
à une barre rocheuse ne constitue pas nécessairement une cabane,
même s'il y a quelques pierres posées les unes sur les autres à
l'autre bord du replat.
Par qui? et quand? Même s'il y a
effectivement 2 emplacements supplémentaires je les vois plutôt en
"salles à manger" extérieures, la cabane étant petite . Peut-être
l'emplacement du poteau à fanions. La construction de la cabane est
décidée en 1442 par le conseil de la ville et commandée à un maçon, la
charpente est, ou installée (sans commentaires) ou refaite en 1451..
18 falquetas, 4 traversas, C agus!
En 1480 elle est réparée à nouveau pour une dépense de 1 florin
7gros pour 12 planches de bon bois et 100 clous. A quel moment y
a-t-il eu les tuiles que l'on trouve disséminées ainsi que les pavés
de terre cuite, dans les éboulis tout autour?
Dans les autres dépenses il y a le bateau, un des 3 gardes ayant la
permission d'aller au ravitaillement une fois par semaine. Il y a
donc achat de bateau. On se demande comment un seul homme
naviguait de Riou à Marseille avec une voile et des rames, mais
c'est aussi le moyen de transport de Marius Chaumelin en 1850, il va
de Sormiou à Plane en quelques heures.
Un bateau est payé 15 florins à Barthomeu Florentin en 1522, 6 ans
plus tard le bateau est "rompu" et on en achète un autre à Johannon
Besson pour huit escus sol..
Il y a une échelle achetée à Renaud Boyer en 1484 pour "monter en haut". Si le farot était sur le toit-terrasse de la tour, ce serait plutôt pour monter sur l'emplacement du farot que dans la tour qui parait avoir eu une porte .
Enfin dans les autres dépenses importantes il y a un mât (appellé
arbre), une voile, des poulies et des cordages; il est renouvelé en
1384 par Antoine Raimond dit le Levrier pour 10 gros y compris le
transport à Riou.
En 1475 Antoine Court en livre un.
5 ans plus tard, en septembre 1480 Casthilhe livre un matereau brut pour 1 florin 1
gros, qui est façonné par Jacques Martin pour 9 gros, et monté par 4
hommes à la Vigie pour 8 gros.
Il serait intéressant de chercher l'emplacement du poteau..
"Les gardes faisaient du feu tous les jours" .


Sans parler du chapeau de nuages qui la coiffe volontiers par temps
orageux - içi en août
Quel était l'intérêt de faire du feu tous les jours s'il ne se passait
rien? C'était sans doute pour les obliger à être à leur poste
(ils risquaient de perdre un mois de salaire) ! Ils auraient pu tout
aussi bien hisser un drapeau à heure fixe!
en 400 ans il ne devait pas rester un buisson sur l'Ile.
Et lorsque les Sarrazins arrivaient que faisaient les gardes ?
S'entendaient-ils pour recevoir des signaux de Marseilleveyre au cas où
des fustes se trouvaient dans Fontagne au petit matin? Apparemment non,
car ils se sont fait surprendre et enlever.

Invasion des fustes sarrazines dans Fontagne

De la Vigie on ne voit pas la Calanque de Fontagne - Par contre on la voit de Marseilleveyre..les gardes ne se prévenaient pas entre eux?!?

La Tour n'existe plus au dessus de la "citerne". C'est une belle
construction.
La citerne qui fait partie intégrante de la tour comme on le voit sur la
photo ci dessous , est en elle-même extraordinaire.
L'adresse avec laquelle le mur est monté .. cela fait 700 ans qu'il est
là . Le fortin de Morgiou emploit la même technique faisant partir le
mur d'en bas et comblant le rocher . A Riou cela se double d'une
prouesse d'architecture pour soutenir la tour ronde au dessus du vide par
une voute; Alors double usage en y installant une citerne? Le colmatage
ne dut pas être des plus façiles.
Quelle eau
receuillait-elle? La tour était-elle couverte d'un toit, qui servait
pour le feu et la fumée , et ce toit alimentait-il la citerne? (de
cendres et d'eau?) Ou le mistral emportait les cendres, ou plutôt
le vent d'Est qui est le vent de la pluie. L'accès devait être épique
les jours de fort Mistral!

La citerne intégrée dans le mur de base de la tour?
Il est difficile de suivre Bouillon Landais dans cette histoire de citerne. La voûte que l'on voit sur cette photo se prolonge sur au moins 70 centimètres vers l'intérieur de la tour et semble être plus une facon de consolider l'assise de la tour avec des pierres en clé de voute au dessus d'un "manque "de la roche à cet endroit, que pour être utilisée en citerne. Si c'était bien une citerne lors de l'édification du farot , ou elle minait la tour, ou elle ne retenait plus l'eau car en 1442 en plus de la construction de maison on construit celle du Pic Occidental . Emploi de briques et de tuiles semblables dans les deux constructions, et tessons éparpillés dans l'éboulis du Pic datant du XIV et XV d'après Mme Lucy Vallauri , capacité au moins 3 fois plus grande.

Une tour de farot construite vers 1300 est ronde et se compose en principe d'une citerne, d'une salle où habitent les gardes, et d'un toit où l'on accède par une échelle pour y allumer le farot. Mais il y a des variations.. celle du Cap Cessiech (Sicié) qui existe encore aujourd'hui n'a ni salle ni citerne car les religieux qui étaient aussi les guetteurs habitaient près de leur chapelle .

A Riou il y a à peu près 8 m entre le collet et le haut
de la tour. Puis en 1442 ils habitent une "maison" au nord (plus
abritée) et on leur construit aussi une citerne au Pic Occidental. En 1631 il est encore question d'une tour surmontée de fumée et
de flammes.
La mention de
l'achat de bois à François Puget en 1694 et le mémoire pour les gardes
de Notre Dame laisse à penser que le système des farots a perduré
jusqu'à la fin de leur utilisation en 1814. Feu ou fumée pour
attirer l'attention, puis signaux pour l'information.
Quant à l'attaque de nuit proposée pour expliquer que les gardes se sont
laissés surprendre, même avec l'aide de "renégats", ça ne tient pas debout
non plus . Le chemin n'est pas toujours évident, et comment monter
sans bruit, sans lumière? Bien qu'avec un bon mistral et un clair de
lune ce soit faisable. Ils pouvaient très bien être descendus à la pêche
après avoir fait leur signaux!
Donc ils ont probablement été enlevés ainsi que le marin du lahut venu
aux informations.
Les gens de la Ciotat écrivent pour dire qu'ils ont vu des fustes. Il est étonnant qu'il n'y ait aucun rapport à Marseille de messages envoyés par les Vigies et de mobilisation d'un groupe de bateaux. Sur l'eau il y a des Catalans, il y a des Sarrazins, il y a une flotte Napolitaine, il y a de tout, sauf des gardes côtiers Marseillais. Les marseillais ne semblent pas non plus portés à consigner les faits du jour. Même s'il s'agit du meurtre ou de l'enlèvement de 5 guetteurs (3 à Riou, 2 à Marseilleveyre) plus le marin.
Par contre lorsqu'il s'agit d'attrapper les faucons au nid, il y a une
comptabilité féroce.
Tel père, tel fils..pas dans le cas de nos rois, seulement dans le
domaine de la fauconnerie. Le père vient jouer les Poseïdons au
trident d'argent, pendant que sa femme va prier la pêcheresse de la Ste
Baume dans l'espoir de devenir mère. On peut penser que Louis XIII était
réticent et préferait aller à la pêche au thon, ou que sa femme avait
besoin de leçons. En tous cas quelqu'un fut de
bon conseil puisque il y a eu le Roi Soleil qui lui, envoya Vauban
fortifier sa bonne ville de Marseille en pointant les canons dans sa
direction. Sans trop se soucier des Sarrazins et autres pirates .En
1661 trois galères Algériennes ravagent quelques bateaux à Calle-longue
sous le nez des gardes de Riou (à moins qu'il n'y en ait pas eu faute
d'argent, de toutes façons on ne voit pas bien Callelongue de Riou à
cause de Jarre) , sans parler des 60 esclaves pris sous le nez de la
garnison du chateau d'If, laquelle s'est bien gardée de se manifester
(Mais ce n'était que des pêcheurs étrangers qui venaient de
Catalogne et de Malte, comme plus tard ils viendront de Gènes!)
Doit-on
en tirer une conclusion que la batterie des Croisettes qui est
mentionnée sur la cartes de 1695 comme ayant 2 canons, n'était pas encore construite?
Sur le site de la Vigie, les tessons confirment les dates que l'on
connait. Il y a du culinaire commun gris et marron, Il y a du pisan et
du valence du XIVème , du
pisan du XVIème , des céramiques de l'Huveaune du XVIIème, il y a du
Fréjus en quantité suffisante pour dire que les guetteurs de la Vigie
honoraient leur contrat et vivaient sur le versant Nord près de la
Tour. Les guetteurs de Riou ont eu de la vaisselle qui venait de Pise ou
de Valence , ce qui au début de ma recherche me paraissait assez extraordinaire, mais qui est bien
pratique pour les archéologues amateurs pour les datations, tout comme
d'ailleurs, l'introduction de mica dans les poteries massaliètes.
Il ne semble pas qu'il y ait eu construction près de la plage. B-L ne mentionne rien à l'Aiglon même à l'époque des ouvriers
de la sablière. Il y a aussi ,en surface, un manque flagrant de tessons de cette
époque à l'Aiglon, alors qu'il y a surtout de ça à la Vigie et à la
Citerne du Pic. Mais encore un fois le site est tellement remanié qu'il
faudrait faire une véritable fouille pour établir s'il y a eu occupation
à toutes les époques.

Cabane des guetteurs plutôt exigüe si l'on considère qu'ils étaient 3 et même 4

Apic sud du mur de la Tour

Muret facilitant l'approche de la Citerne du Pic Occidental en venant de
la Vigie

La Citerne du Pic a perdu sa voute de briques
LES GARDES DE LA VIGIE DE RIOU
Dominique Stornel, Monnet Gilhan, Louis André payés 5 florins d'or chacun pour le mois de Mars 1408
Hélion Castel, Petit-Jean Baissanet,
Antoine Beaume
Il y a de fortes chances pour que ces 3 hommes aient été les victimes de
l'attaque des Turcs 3 ans plus tard
Johan Painblanc, Baptistin Armelli,
Honorat...
Nicolas et Louis Tarrus,

Faucon pèlerin à Jarre - Photo Jean-Patrick Durand du CEEP
LES HERBAGES DE L'ILE
Sont affermés aux enchères par la ville jusqu'à la révolution
En 1584 à Aymar de Champorcin pour 25 écus 30 sous par an
En 1612 à Jean Baptiste de Village pour 36 livres (cette famille amie
de Jacques Coeur vers 1442 à l'époque où furent batties la maison des
gardes de la Vigie et la citerne du Pic Occidental , fut
alliée à Colbert lorsque celui-çi relança le commerce à
Marseille)
En 1614 à François de Caradet pour 62 livres

Peint par Joseph Vernet en 1754 pour Louis XV -
A droite sur la colline le fort de Notre Dame de la Garde
S'il y avait sur
Maïre
une vigie massaliote, il devait y en avoir une sur la colline de la
Guardia qui cache Massalia aux guetteurs.
D'après Bouillon Landais (toujours lui!) au Moyen
Age, il y avait aussi un guetteur dans la ville de Marseille: c'est
bien beau de faire des signaux, mais il faut encore que quelqu'un les
reçoive.
Antoine Capel, Antoine Blancard payés 4 florins pour le mois de Mars 1408. Les seuls mentionnés par BL.
J'ai connu le dernier guetteur de la Vigie de
Notre-Dame. Mon grand-père
Charles Robert avait une
petite affaire appelée la Vigie du
Commerce dont les bureaux étaient au 2 rue de la République, et à
la Vigie de Notre Dame de la Garde que l'on voit derrière lui et
derrière le pont-levis sur cette photo. Il y avait une imposante
longue-vue qui permettait de repèrer et d'identifier les bateaux qui
arrivaient à Marseille. Il téléphonait alors aux compagnies comme les
Messageries Maritimes ou la Cie Paquet, et leur annonçait l'arrivée
imminente de leur paquebot, ce qui leur donnait le temps de se préparer
au débarquement des marchandises. D'après sa fille , la clientèle
comprenait aussi les hotels et les boites de nuit, ainsi que des
colporteurs qui venaient acheter sur le tas.
Louis Brauquier dans
sa pièce Pythéas mentionne la Vigie du Commerce.. merçi Marius ! "Il y a
de la brume sur l'ile Maïre et on ne reconnait rien" est-il annonçé à
Picopèbre qui n'était pas un client de la Vigie puisqu'il paye l'homme
"sous la table" avec un pot d'olives pour être averti qu'il y a un
bateau en vue.
La radio, et le poste de pilotage du Frioul
ébranlèrent la petite compagnie. A la mort de Charles Robert en 1962 , le
bail ne fût pas renouvellé, et la Vigie de Notre Dame cessa de
fonctionner contrairement
à ce que croyait Bouillon-Landais.

On comprend le besoin d'allumer un farot lorsqu'on voit la photo suivante , que ce soit sur Marseilleveyre ou sur Maïre

(Cliché
Luc Vanrell) Vue de la couronne de la Bonne Mère
Quelques Tessons de la Vigie et de la Citerne du Pic Occidental

Les gardes de Riou utilisaient ce genre de vaisselle à la Vigie! Celui-ci est en meilleur état que les tessons de l'ile ayant été récupéré par les plongeurs de la Drassm. Je dois cette photo à l'amabilité de Florence Richez .
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Les cruches vertes de la Citerne du Pic - à y ajouter les 2 morceaux qui se complètent- Exemple de cruche
Les cruches à l'émail émeraude, datent du 18ème siècle, donc de l'époque où le St Antoine était sabordé après avoir été brulé le 20 septembre 1720 près de l'ile Jarre où il était en quarantaine. Rien ne prouve que des gens se sont réfugiés sur l'ile. Où auraient-ils vécu pendant 3 mois? et de quoi? Qui d'autre aurait cassé une cruche verte au 18ème? des contrebandiers? ou les chevriers? si l'on en croit l'expérience de mes copains Pierre Gay , Pierrot Vottero et Jackie Agrifoglio qui ont mis des chèvres sur Maïre dans les années 70, on peut les laisser seules, mais on y va de temps à autre leur donner du pain , et lorsqu'on a besoin d'un gigot d'agneau pour la Noël. Il y a très peu de traces des gens qui furent les chevriers, les ouvriers des fours à chaux, en dehors d'un culot de pipe et de quelques morceaux de Vallauris.
Bouillon Landais rapporte que des gens vinrent se
réfugier sur l'ile en 1720, et une jeune fille y serait née qui habitait
plus tard le quartier de St Jean . L'épisode n'est pas très prenant, car
ils n'ont pas dû rester longtemps.
En essayant de dater les fours à chaux j'avais ramassé du Vallauris
orangé clair. Sur le chemin du retour je notais une dizaine de tuiles au
pied des barres entre le vallon de l'Aigon et le vallon de la Vigie. Me
souvenant que le grand-père de Pierrot Vottero lui avait dit voir un
moine capucin assis tous les jours sur les rochers au-dessous de cet
endroit, je suis retournée voir sans grand espoir car un moine aux
alentours de 1900 ne devait pas avoir beaucoup de vaisselle. Dans une
encoignure de rocher avec un talus de terre beaucoup d'os, probablement
apportés par les gabians. Quelques morceaux de Vallauris, et puis
surprise un tesson de poterie de l'Huveaune, marron décoré de "miel", un
autre à sgraffito, du tourbilloné!
Pour l'instant je pense, tant l'endroit est étrange pour un tel
rassemblement de tessons, que si une trentaine de gens était sur l'ile
en plein été, ils ont pu se mettre à l'ombre des barres rocheuses, sur
cette petite esplanade, avec vue sur les calanques . Et peut-être
étaient-ils les chaufourniers des fours de Caramassane car en nous y
rendant nous avons trouvé du tourbilloné dans le vallon. Pour enterrer
les pestiférés il y a eu une énorme besoin de chaux vive..(mais,je me suis
laissée dire que toute la chaux vive au temps de la peste venait de St Chamas) peut-être les
chaufourniers en ont-ils profité pour mettre leurs familles à l'abri. Le
même tourbilloné se retrouve à la citerne du Pic, mais pas à la Vigie.
Ces tessons pourraient dater du début
du 17 ème siècle. Il y a eu une autre peste en 1649, ou bien ce sont les
gens qui venaient prendre les faucons, alors qu'il n'y a plus de gardes
à la Vigie??
Il y a eu aussi des chevriers et des ramasseurs d'herbages!
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Dans le vallon de l'Aiglon en surface, le peu de
tessons que l'on trouve semble se rapporter à une occupation plus
tardive de la petite batterie avec plusieurs morceaux d'une grosse jarre
de Fréjus ou Biot,
du St Quentin
et du Montelupo spirali verdi, comme il y en a dans l'épave du Congloué
IV exposé au Musée des Vestiges .
Là encore, il est à regretter que les débris de la maison aient été
accumulés sur une zone qui est l'endroit le plus attrayant de l'ile,
maintenant réduit à être une "pissotière" , excusez l'expression, pour
la gent féminine qui débarque pour profiter de l'abri des tamaris!
Dans les Promenades artistiques de Marius Chaumelin
qui parurent dans le Petit Méridional vers 1850 on trouve quelques
précieuses informations . Lorsqu'il aborde l'ile, il y a une maisonnette
à l'Aiglon ("qui n'existait pas 3 ans auparavant, construite par
l'entrepreneur des sablières") où l'occupant essaie de faire pousser
quelques légumes qui sont ravagés par les chèvres sauvages qui faisaient
l'objet de parties de chasse auparavant. Il emploie les grands moyens
pour s'en débarrasser, invitant braconniers et chiens à coincer
les chèvres dont 8 se précipitèrent à la mer et furent récupérées
vivantes dans l'eau!
Il ne resta plus alors qu'un multitude de lapins , et le guide de
Chaumelin plongeant le bras dans un terrier en sort un par les oreilles.
Il mentionne aussi des "légions innombrables de lézards gris" sous
chaque feuille!
4 à 5 ouvriers sont incessamment occupés à faire des chargements de sable pour Marseille. L'un d'eux, monté pour orner d'une couronne à l'occasion du 15 Août, une croix dans la zone de la Vigie , le récupère un peu en perdition, et lui montre la Tour du Sarrasin, "plus ancien que Jésus-Christ"

La Petite Sablière sans sable


Les gardes du CEEP Alain et Tim encadrent Jacques Collina-Girard du CNRS et donnent l'échelle de l'ampleur du site

La construction qui permettait de
verser le sable de la Grande Sablière dans les bateaux.
La zone desolée est l'aire de repos des gabians. Leurs fientes ont
détruit la végetation au profit des chardons.
Le pin qui poussait vigoureusement à l'abri du mur en 1960
est mort.
Il y a au nord du déversoir une habitation qui a dû abriter les ouvriers . Chaumelin n'y fait pas allusion.
2 habitations donc pour ceux qui firent un travail colossal: d'abord cette accumulation de pierres , les divers terrassements et 2 chemins de halage, ensuite l'évacuation du sable

Combien de tessons néolithiques ou étrusques ou grecs ont roulé sur cette pente pour aller finir dans un trottoir de Marseille?!
Par la suite, dans un décret datant du 1er Mai 1886 ,
qui reprenait en fait une décision ministérielle du 29 Novembre 1865
reconnue "sans urgence" de construire un phare sur Riou, il est
question d'une "construction dans l'Anse de Monesteron à quelques 200
mètres du point culminant de l'Ile où l'on trouve encore les ruines d'un
ancien poste télégraphique"
Le 10 Février 1886, l'emplacement d'une baraque et 296m2
et droit de chasse sur Riou ont été loués à Bourelly ( expertise).
(Atlas des batteries 1818) J'ai retrouvé une famille Bourelly habitant
dans les quartiers "chics" de la Pointe Rouge dans la seconde
moitié du 19ème.
Puis en 1896 par un bail, le Génie Militaire loua pour 35F à Mr
Louis Tronc, négociant de Marseille et secrétaire du Casino de Nice, un
terrain de 296 m2 avec une ancienne baraque, avec droit de pêche et de
chasse dans toute l'Ile. Avec deux compères Messieurs Zaphirolos et
Mirbelli (l'un d'eux avait des chevaux de course et l'on peut penser que
Zaphirolos était un de ces négociants grecs qui vinrent faire fortune à
Marseille sous l'impulsion donnée par Napoleon III), il y fit aménager un long cabanon qui avait des carreaux au
ciment, une pile en émail jaune, et une pièce qui servait de magasin pour le
garde Pipo Meïni qui habitait sur l'ile d'abord avec sa femme Assunta, puis avec sa soeur et sa petite-nièce
Alphonsine dont la mère était morte en couches. Alphonsine avait 4 ans
et restera 10 ans sur l'ile. Pipo Meïni fut garde jusqu'en 1927 d'après les
notes de mon père.
Pipo avait un treuil à Fontagne pour tirer sa barque à terre (il reste le
socle en béton), il avait un
poste de pêche tout au bout de l'ile à Calemassane où il pêchait les blades(il
reste les murs).
D'après Augustine Castillo, épouse d'Honoré Agrifoglio qui était un des fils
d'Alphonsine Meïni/Agrifoglio, il y avait un poulailler dans la cabane de
l'Aiglon, derrière le
cabanon, 3 réservoirs d'eau, et chaque soir à 19 heures Pipo envoyait un
message en morse . Il revenait de visites à Planier avec des sacs
plein de grives qui heurtaient le phare, attirées par la lumière. Augustine
est allée une fois sur l'ile, et ça lui a suffit. Il y a des rats à Riou!
Le bail fut renouvellé en 1905 par la Marine , car le 27 Octobre 1897
un décret affecta les Iles et leurs dépendances au Département de la Marine.
Jarre était affermée à Dame Veuve Ducreux et Plane à Mr. Peyron.
La Veuve Tronc demanda à renouveller le bail en 1913 et ce lui fut accordé . Toujours dans les mêmes conditions.
Est-ce à cette époque que furent
construits les 4 fours à chaux de
Riou? Il y en a un à Callelongue au Moyen Age,
mais ceux de Riou pourrait dater de l'époque des usines de soude de Morgiou
et des Goudes, donc du premier empire et servir aux savonneries.
Ou peut-être avant puisque c'est grace aux Colberts père et fils que se
développèrent les huileries et savonneries de Marseille. Le paysage
politique des Calanques change.. plus de barbaresques, mais des pirates
anglais, bientôt plus de
guetteurs, une batterie aux Croisettes avec 2 canons, des industries qui
vont exploiter ce bout du monde..
D'après Lucien Blanchard, le calcaire urgonien n'est pas
propre à donner de la chaux. Il faut donc
trouver des affleurements de calcaire aptien. Mais il n' y a pas de four à
chaux aux Croisettes!
Probablement faute de combustible. Calcaire aptien du coté de
Caramassane où il y a 2 fours. ou Barrémien comme cela semble s'appeller de
nos jours.
Un poste de douane existait aux Goudes entre l'usine à souffre Chambon et
l'usine à plomb (Usine Figueroa Y Torres 1854) sur la route qui part vers
l'Escalette. Grand batiment sur la gauche de la peinture

Le Port des Goudes par Alphonse Moutte quand il y avait une trentaine de
"familles de pêcheurs".(1910?)
Il y a dans le village une usine de soude artificielle (Rivalz et Barry) depuis 1804, sans compter les usines d'acide sulfurique de Calelongue (Usine Weiss) et celle de plomb de l'Escalette ( Usine Meynier en 1851) . Les scories de ces usines ont été deversées sur les rochers et forment la route en revenant de Calelongue, le col entre la calanque de la Mahonnaise et les Goudes, la route entre Les Goudes et la Mahonnaise , la route des Goudes dans le village devant l'usine Chambon et la douane.

En 1825 , Matheron dessine le cadastre. la batterie du Cap Croisette (tableau d'Olive ci-dessous) y est, il y a une "cabane des Goudes" sur la plage, et un énorme batiment qui ne peut être que la fabrique de soude de Rivalz et Barry batie en 1804 , fermée en 1825. Sous la Placette il y a des vides qui ont servi depuis longtemps de fosses septiques, au point où l'on a prétendu que l'eau venait jusque là dans des temps reculés. Mais comme le niveau de la mer n'est pas monté plus d'un mètre depuis les grecs, la Placette n'a jamais pu être un port. L'épaisseur des murs des cabanons, le mien, celui de Lucien Blanchard , plus de 50 cms semble indiquer une construction beaucoup plus conséquente que des cabanes de pêcheurs. Il est tout de même étonnant qu'il n'y ait eu qu'une habitation en 1825, bien que Chaumelin explique que dans le Vallon qui part des Baumettes vers Morgiou où sévissait une autre fabrique de soude appartenant aux mêmes propriétaires la végétations était anéantie par les émanations de chlore et de sulfure.

Détail du tableau d'Olive (mort en 1936) "Maïre"
Musée Ziem, Martigues
Cette région a servi de dépotoir, et la tradition sera reprise jusqu'au jour d'aujourd'hui, par la ville de Marseille , qui sous pretexte que les Allemands ont laissé des bunkers tous les 2 pas, en a profité pour deverser des tonnes de terre et de gravats lors de la construction du métro dans les collines entre la Madrague et Calelongue, avant de classer le "site", altérant le paysage d'une façon indélébile. Lorsque la mentalité est telle, il ne faut pas s'étonner que chacun en fasse autant. Le vallon à la sortie des Goudes continue d'être utilisé comme décharge de matériau de construction par tout un chacun, suivant l'example du gouvernement municipal. Et puis il y le scandale de l'égout de Marseille. L'odeur chimique qui s'en dégage enpuantit le petit village de Marseilleveyre et remonte jusqu'en haut du col de la Mounine. D'après les plongeurs il y a derrière Riou comme un champs de sacs en plastique reposant au fond de la mer. Les goélands de Riou se nourrissent dans les décharges à ciel ouvert qui parsèment la côte. On se demande comment ils font entre Menton et Cannes pour garder leur patrimoine propre ? Autres lieux, autres moeurs?
A Riou il y a toujours eu des zones d'ombre.. si l'on peut dire, car celle dont je vais parler est en plein soleil dans le Mauvais Pays. A la Pointe des Contrebandiers il y a 3 emplacements de débarquement. Sur la falaise au dessus il y a un "enclos" sur la carte de mon père. J'avais pensé à un enclos pour rassembler les chèvres pour les embarquer, comme j'en avais vu en Grèce!! Or ce replat est à 110 mètres au dessus de l'eau. Il n'y a maintenant que des tuiles et des briques qui sont tombées de la Tour, pas la moindre cigarette américaine, ni bleu de chine, ni régime de bananes, ni oranges jettés par dessus bord des paquebots arrivant à Marseille.
Tout le monde connait l'affaire du Combinatie
en 1952, et la plaisanterie bien marseillaise: "Si tu vas
à
Riou pêcher les arapèdes,
ramène-moi deux cartouches de cigarettes! L'histoire est bien
dans le style des années d'après-guerre : Les 2700 cartouches de cigarettes
ne furent jamais déposées dans l'enclos . Poursuivis par la police maritime,
les gangsters mirent le cap sur la Corse , rien de moins, abandonnant leurs
sous-fifres qui les attendaient sur Riou. Lesquels ceuillis par les
policiers dirent qu'ils étaient là pour pêcher. Comme ils n'avaient pas la
moindre canne à pêche ou palangrotte ils dirent donc qu'ils étaient là pour
pêcher des arapèdes.
L'idée était de se faire "voler" la marchandise assurée et la débarquer sur
l'ile, ce qui évidemment doublait les revenus. Cela finit par une quinzaine
de morts parmi les associés , parce que celui qui était en Corse décida
d'écouler les cigarettes pour son compte personnel.
Chaumelin qui travaillait aux douanes, nous dit: " Carbessogne (Caramassane) est la seule partie de Riou qui renferme quelques beaumes; elles sont généralement peu profondes et d'un accès difficile; elles ont servi longtemps d'entrepôts à Robespierre et à d'autres contrebandiers, qui attendaient le moment favorable pour transporter leur marchandise sur le continent". "Robespierre" était en 1815 un déserteur du nom de Pierre Serre, qui après Waterloo sollicita et obtint un poste de douanier, afin d'apprendre ce dont il avait besoin pour devenir un contrebandier des plus efficaces, qui n'hésitait pas à se jeter à la mer du haut d'une falaise pour échapper à ses poursuivants, ou à chavirer son bateau qui avait un double fond.
Toujours d'après Bouillon-Landais, l'ile désertée est devenue le paradis des
contrebandiers vers la fin du premier empire. Est-ce de ce temps
là que date le long de la côte le sentier de douane, ou plus exactement le
sentier des batteries d'après les cartes de Matheron? Il va de Callelongue
à Morgiou, se poursuit au-delà
passant au dessous du Cap-Gros.il y en a un aussi de St Cyr sur Mer à
Bandol. Chaumelin qui était
employé des douanes rend
visite aux douaniers de Morgiou, où il y avait un grosse fabrique de soude
qui empuantissait toute la vallée. Ses reflexions sur les déserteurs
et les contrebandiers peuvent s'appliquer
à Riou.
Il y avait un poste de douane à Sormiou, et il y a des ruines un peu
partout, à la Mounine, dans l'éboulis sous le Cap Gros, à Port d'Alon, qui
pourraient être des abris. En 1818 la caserne de la batterie Est de
Marseilleveyre est donnée aux douaniers par le Génie .
La
Veuve Tronc demanda à renouveller le bail de l'ile en 1913 et ce lui fut accordé .
On se demande pourquoi des gens qui habitaient Nice et Marseille
étaient aussi intéressés à avoir une ile à Marseille, pendant une vingtaine
d'années, et y maintenir un garde. Ils devaient rudement aimer chasser le lapin.
Pourquoi Pipo envoyait-il des messages en morse tous les soirs?
Leur cabanon que j'ai connu en ruine avait une citerne au pied du mur que
l'on voit sur la photo de 1932.
J'espère, sans aucune autre preuve que le nombre de tessons, que c'est là que se
trouvaient les bacs à saumure des pêcheurs massaliètes
Le cabanon des Troncs fut démantelé en partie par le dernier gardien Ernest, et les tuiles et
materiel furent emportées à Podestat pour la construction du bar-restaurant,
d'après ce que l'on a raconté à Alain.
Avant ou après la guerre?? je ne sais pas. *
Car maintenant s'inscrivent 2 autres locataires sur l'ile pendant la guerre.
Un couple d'italiens à qui Mr Amari de la Madrague avait confié son fils
Raoul. Ces gens-là
pêchaient en bateau en 1943, donc avec l'accord des allemands. Et ils pêchèrent
aussi un mort avec son parachute, mais auquel il manquait la moitié d'une
jambe, et au lieu de le remettre à qui de droit avec la pêche du jour, ils
le trainèrent en haut du vallon de Fontagne pour l'enpierrer au pied d'une
dalle, après l'avoir dépouillé de tout ce qu'il portait!
Pas étonnant qu'ils
aient fait jurer au gamin de ne rien dire!
*Sept 2008: Maintenant je sais.. après la guerre.. car Ernest a bien passé
son temps sur Riou pendant la guerre..il serait l'italien qui a enpierré
l'aviateur allemand. Puis après la guerre il s'en alla à Podestat construire
un bar-restaurant en "empruntant" les tuiles, portes et fenêtres du cabanon
des Tronc. D'après mon copain pêcheur, "tout le monde" pêchait lorsque les
allemands étaient là, seulement ils les obligeaient à partir à leur
commandement, debout sur la jetée ..trop tard le matin pour faire une bonne
pêche!!
(Lucien Blanchard écrit aussi que lorsque les allemands montaient à bord,
ils leur faisaient arborer un drapeau à croix gammée! sans doute pour éviter
des se faire canarder par leur amis alentours)
Après "naturellement la pêche se revendait au marché noir". J'ai comparé les
Goudes à Cannery Row ..il faut bien survivre et faire profit de ce qui vous
tombe sous la main, même si c'est un aviateur allemand avec une jambe
arrachée ! Après tout le type est mort, mais il faut s'en débarrasser pour
ne pas avoir à rendre des comptes aux collègues en uniforme vert, d'où
l'enterrement sommaire.
Je serais curieuse de savoir ce qu'a pensé le dit-Ernest en 1964 lorsque
l'article sur le squelette de Riou a paru dans les journaux. Et s'il a ri de
soulagement lorsque R. Charles en a fait un pirate turc! Ernest est mort en
1968, son cabanon a été rasé, seuls des agaves marquent l'emplacement.
Cela me rappelle Zorba. Mon mari, en bon américain, avait été horrifié
par les vieilles grecques qui, telles des vautours, s'abattent sur la maison
de l'étrangère qui vient de mourir et emportent tout. Le film les portrait
comme des corbeaux, mais en fait leur comportement est tout à fait accepté
par les habitants de l'Ile, et même ignoré par Zorba. Autre culture, autres
moeurs ?? Pas si sûr!
Pendant 60 ans tout le monde se tait, ne pose pas trop de questions..
expression bien marseillaise à la clé..:"on ne remue pas la merde".. de peur
qu'elle ne remonte jusqu'à vous ?!?
Et puis beaucoup se rachètent une conduite.. demandez à Luc à qui je viens
d'apprendre qu'Ernest de Podestat était le gardien de Raoul.. "La maison
était magnifique, on y allait se faire offrir une menthe à l'eau avant de
repartir à pied vers la Pointe Rouge". Après s'être baigné dans les
eaux de l'égout tout proche de la belle calanque de Podestat.
La ruine de Riou était un abri pour les
braconniers de la mer, et les contrebandiers,
écrit mon père.
Je ne sais pas quand elle fut totalement détruite, ni par qui. Je m'en
souviens vaguement encore debout, de l'eau putride dans la citerne aux
alentours des années 50, mais quant à dire s'il y avait encore les portes et
volets! En 1972 la citerne était remplie de cailloux par un trou d'un
mètre dans le plafond.
Un nommé Vittiglio , ( ou un "type de Gardanne") qui était dans les Travaux Publics la remplaça par une petite construction en parpaings plus à l'ouest, qui fut squattée par Jean Throude .

Les gens des Goudes racontent volontiers que lors de pique-niques sur l'ile
, ils voyaient arriver ce type qui se disait garde de Riou et qui s'invitait
à partager leur repas. Ceux qui se montraient généreux pouvaient revenir
sans crainte de se voir refouler.
Cette cabane et l'ancien poulailler furent dynamités en 1971 !!
Ce qui entraina un
ordre du préfet maritime le nommant garde de Riou seulement en 1973. On m'a fait remarquer
aussi que cet homme ne possédait pas de bateau et troquait le passage pour
ses amis contre une permission de chasser le lapin, chasse sur laquelle il
prélevait sa quote part en lapin ou en poisson, alors que la chasse était
interdite sur l'ile, ainsi que le nudisme, les armes
à
feu, et les transistors!! Il se fit prêter un fusil par Pierre Gay
propriétaire du bar de la Mahonnaise et
ne le rendit jamais. Certains me disent l'avoir trouvé nu comme un ver sur
la plage.
A la suite des représailles musclées du Monasterio il vint demander à
mon père la clé du cabanon de Fontagne, et lui promit de lui montrer des
monnaies romaines soit-disant trouvées dans la Sablière.
Il promit aussi à Jean Courtin
de lui montrer un crane soit-disant trouvé dans la Petite Sablière.
Le crane doit être
avec les monnaies romaines.. et j'oubliais.. l'épée en argent du Turc.
Dans quel contexte s'inscrit la culture du pavot? Cette fleur ne pousse
nulle part dans les calanques.. la seule explication "naturelle"
serait que c'est un coquelicot qui a muté ou que les gabians ont apporté les
graines!! Nous retombons ainsi dans la pêche aux arapèdes!
Mon père bien que membre du GEAR n'avait rien d'un botaniste. Il désigne les
lentisques autour de la Fontaine des Grecs sous le nom générique de
"Salades". Le reste du temps il employait le mot baragne pour tout ce qui
était épineux, à enlever. Nous avons ainsi "débaragné" le chemin qui va de
la Gardiole au sommet du Devenson lorsqu'il faisait la carte de la Candelle.
Pendant les 4 ans du bail du GEAR, il aurait remarqué ces fleurs qui font de
Riou certains printemps un coin d'Afghanistan. En 1965 la myxomatose tua
pratiquement tous les lapins, ce qui aurait permis au début de 1966 de voir
les pavots s'il y en avait sur l'ile.. le débat est
ouvert.. Qui entre 1966 et 1991 a planté du papaver somniferum sur l'ile de
Riou sous le nez du "garde" ou avec son accord ?
L'ile semble aussi inspirer les histoires archéologiques fantaisistes. Il y a
presque autant de charlatans que d'archéologues bona fide! Cela m'ennuit
presque de mentionner les noms , car finalement ce sont ceux-là qui sont les
plus connus.
Au début du 20ème siècle cela faisait partie du paysage: il y a eu l'affaire Pittman en Angleterre, puis la disparition de l'homme de
Pekin pendant la guerre.
En 1904 le Dr. Capitan, grand manitou de l'archéologie de l'époque, fait une présentation
à l'Académie des Sciences
sur la découverte sur l'ile de Riou de silex néolithiques égyptiens,
par lui-même et l'abbé Arnaud d'Agnel.
Nous savons
ainsi qu'au début du 20ème siècle
il y avait toujours des lapins, mais surtout des tessons grecs et romains
très nombreux dans ce qui restait de la Sablière.
Toujours est-il qu'il va sur l'ile, il fouille "lui-même"
à la Sablière
et sous les couches de poteries romaines, de poteries grecques, parmi les
coquillages et les tessons néolithiques il identifie des silex egyptiens. Il
fait une brillante étude de chaque pièce les comparant à une autre
collection, validée celle-là, il imagine les barques égyptiennes dans la
baie entre les Conclus et Plane, car" le niveau de la mer devait être plus
bas et l'ile rattachée au continent" . Après des attaques de ses
collègues,il finira par se récuser sous un prétexte fumeux(Un homme mourant
se serait accusé de la supercherie!!).
De plus les silex ne sont pas des faux, il
a donc fallu que l'abbé les prenne quelque part. Il semble que c'était sa signature. Il rajoutait un
petit quelque chose à ce qu'il trouvait pour donner à ses fouilles un peu
plus d'éclat ! Et où prenait-il ces petits quelques choses comme les silex
egyptiens?
Mais c'était un peu la tradition , car le catalogue du Musée Borely de 1950
explique qu'un H. Augier, premier employé du Musée sous le second empire et
en même temps antiquaire, mêlait le vrai et le faux, ajoutant un graphite, attribuant une provenance
locale qui doublait la valeur de la pièce , vendant une pièce de sa
fabrication "déposée" au Musée, ce qui devenait un certificat d'authenticité.
Visitant le musée Borely, j'étais tombée en arrêt
devant une coupe aux yeux prophylactiques, trouvée, disait
l'étiquette, dans la Grotte de l'Ours. J'avais acheté le catalogue où
elle avait une page à sa disposition en tant que Coupe Ionienne de Marseilleveyre. Aussi, lorsque
le musée fut transporté à la Vieille Charité, j'y allais pour la revoir,
mais la coupe avait disparu! C'est L-F Gantès qui me dit enfin qu'elle était au Musée de la Ville , aux Vestiges. J'y
retournais et y retrouvais "ma" coupe
(La grotte de l'Ours est à la gauche de la Grotte de l'Ermite derrière
les Goudes)

En effet, elle était là, mais dans une pièce plongée dans l'obscurité
par une panne d'électricité (on m'excusera d'avoir pensé que c'était
bien Marseille ça!)
Une autre fois je suis allée au même musée pour voir
spécialement les céramiques du XVII, la salle était fermée parce qu'inondée
par une fuite du toit pendant un orage de la semaine précédente .
J'adore les Musées de Marseille pour leur location, ce qu'ils ont dans leur
collection, la présentation. Mais je trouve frustrant de ne pas pouvoir
acheter par exemple, un poster de la belle baigneuse des termes : Il y a 3
ans "la demande a été faite".. elle est apparemment tombée dans les puits du
Moyen age qui traversent les dolia romaines, car il n'y avait toujours pas
de poster à acheter en décembre 2006. A la Vieille Charité, 2 ans et 2
visites pour voir les Salles Fernand Benoit toujours fermées: la dernière
fois tous les gardiens de salle étaient monopolisés par une expo de
sculpture dans la Chapelle, donc les autres salles étaient fermées! J'avais
pourtant téléphoné pour m'assurer que le musée était bien ouvert, le matin
même. Comme on dit aux Goudes: "on se fout du monde!" Dommage!
LFG me dit aussi, que ce n'était pas à la Grotte de l'Ours qu'elle avait été
trouvée, mais à la Grotte du Drayou. Grotte mentionnée sur une des
premières cartes de mon père , mais
que je renoncais à visiter lors de ma sortie à la Vigie de Marseilleveyre, une fois arrivée au
Pas de la Chèvre. Bien m'en prit, car ce n'était pas celle mentionnée par
"Voyage en Massalie" mais en plus il y a un erratum dans le catalogue d'expo
qui arbore 2 belles photos des grottes dites à offrande, qui ont leur noms
intervertis. A qui peut-on se fier ?!
La Grotte de l'Ours elle, a parait-il livré du mobilier grec , il y avait un
trou creusé près de l'entrée, mais comme souvent les résultats de fouille
disparaissent dans les oubliettes. C'est pour cela que je suis en faveur de
musées locaux. Je pense qu'aux Goudes, le Fortin avec ses batteries jamais
utilisées est un endroit idéal. Il est accessible, il a une belle
fortification encore en bon état,(il a été conçu en 1888 , et peut-être
modifié en 1936, car j'ai vu une carte du CAF qui en 1924 le montrait
comme une simple batterie. Il n'a jamais
servi) Il a eu une caserne et des batiments
annexes , il y a un souterrain à munitions qui peut permettre de stocker
tous les tessons locaux en attendant la reconstruction de la caserne . Il
pourrait héberger le CEEP (vue sur les Iles), un petit atelier de
restauration de céramique , peut-être une imprimerie ou un studio de
photographe, des guetteurs d'incendie, une école de plongée archaéologique.
Est-ce que Les Goudes deviendront jamais le Monterey de Provence ? Est-ce à
souhaiter? En tous cas la tache sera rude.
Nous avons eu de la chance d'avoir été dans les parages après la guerre. L'ile, propriété de l'Armée fut vendue en 1939 à la Marine qui avait d'autres chats à fouetter. Les iles c'était comme les collines et la mer, un domaine à exploiter pour son plaisir, dans la mesure où on pouvait se le permettre. Il n'y avait pas foule.
On m'a dit un jour que j'étais veinarde d'avoir passé mon temps à Riou. Lorsque j'étais gamine, c'était après la guerre, c'était le voyage enchanté parce qu'il était rare. On débarquait sur une espèce de quai, une tole qui en fait était le toit du vivier , puis il y avait des marches de briques et on arrivait à la maison derrière les tamaris. Là , sur la terrasse mallonée de rouge, c'était l'odeur particulière des tamaris et des doigts de sorcière chauffés au soleil qui établissait le charme désuet de l'endroit. Si on avait un jardin, on emportait un morceau de figue marine, que tous appelaient des doigts de sorcière. Tous ceux de Calelongue et des Goudes viennent de Riou (ceux de Sormiou aussi, car je connais au moins notre voisine Simone Ribaud qui en a mis dans son jardin des Goudes et très certainement à son cabanon de Sormiou ). Cette plante vient d'Afrique du Sud et a été introduite sur les balises, et autres endroits sableux marins par la Marine à l'époque de Napoléon III. A Riou elle était établie sur le haut de la plage entre la terrasse et le sable où il y a des galets. C'était le domaine des doigts de sorcière et des lys de Riou. Je peux voir les lys des sables sur une plage du Portugal, il n'importe, ce sont les "lys de Riou" au parfum inéffable.
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![]() |
Les doigts de sorcière
et les
lys de Riou.....
ou les Carpobrotus edulis et les Pancratium maritimum..

La veine, c'était d'avoir un cabanon aux Goudes. La fin de la route
, ce lieu exploité et ravagé parce que sans grandes ressources , ce lieu
je l'ai reconnu avec étonnement dans la description de Cannery Row de
John Steinbeck. Un port de pêche, des restos, des terrains vagues où
l'on abandonne des carcasses qui rouillent, des gens venus on ne sait
d'où, qui restent là parce que fonctionne la débrouille, avec son parfum
d'illégalité.
Somme toute, un poème, une odeur, un grincement, une
lumière particulière tout comme Monterey.
C'est parce que je garde de mes vacances aux Goudes un souvenir lumineux que j'y ai envoyé mes
fils, pour qu'ils connaissent ce que c'est que d'être dans un patelin où
on a la liberté, même s'il y a des dizaines d'yeux qui savent à tout
moment ce que l'on fait. On a l'impression que tout le monde se connait,
en fait c'était extrêmement stratifié. Les vacanciers ne se mêlaient
guère aux pêcheurs (et pour cause, les fils de pêcheurs travaillaient
avec leurs pères) les gens d'en bas ne fréquentaient guère ceux de la
route. Probablement parce qu'on était aussi bien chez soi, surtout au
temps des terrasses à treillard. Se baigner au quai, se rincer à la
fontaine, s'asseoir à table encore mouillée, les pieds pleins de sable,
puis repartir dans le soleil, la dernière bouchée avalée, passer
l'après-midi à jouer à la canasta chez les Christianini, ou au
rami avec ma grand-mère et mes copains en attendant le bain de 4 heures
, le jeu de boules, les collines, et le soir, quoi de plus extraordinaire
que de s'installer en bande sur le quai ou sur un trottoir à regarder la
Voie Lactée, le derrière dans la poussière.
Mon grand-père Robert était un Pêcheur du Dimanche. Il tombait du lit le dimanche à 5 heures pour aller pêcher à la palangrotte d'abord sur son Saf-Saf , puis dans les années 50 sur le Flambeau, et il revenait avec sa banaste plus ou moins pleine de pageots, sarengs et girelles vers 1 heure pour faire la tournée des bistrots : Le bar Mon Plaisir, Le bar de la Marine, le bar Mistral, le Grand Bar des Goudes, le Bar Tempête. Plus il trinquait, plus il payait des tournées, il était donc très populaire! Pendant la guerre de 14/18 il pilotait un hydravion et comme il avait été le seul survivant de son escadrille, il fût envoyé en Algérie à Arzew former des pilotes. Il en avait tiré une philosophie très proche de carpe diem. Il ne manquait jamais une occasion de faire la fête, d'ailleurs il aimait rire et être entouré. Il fût bombardé Président de l'Union Nautique des Goudes ,qui organisait aussi ce que mon père appelait les réjouissances d'été: Fêtes vénitiennes, joutes, courses de bateau, concours de décoration de cabanons, etc;. Gigi, le maçon qui apprit à faire du béton en étant réquisitionné par les allemands, Gigi donc, construisait sur la Placette une estrade avec les planches de coffrage à béton, un escalier sur le coté permettait l'entrée des "vedettes". Nous fournissions un immense drapeau bleu blanc rouge pour faire décor de fond. Chacun apportait sa chaise. Il y eu même une corrida: Je ne sais qui avait apporté le jeune veau, mais c'est à la famille Sanchez que l'on dût les belles en mantille retenue par des peignes, qui rehaussaient définitivement le niveau de l'audience.
Je suppose qu'après la pêche il faisait la sieste dans l'après-midi,
mais je n'étais pas là. Le toit du cabanon ne risquait pas de me tomber
sur la tête. Inoubliables soirées aux Goudes avec des parents et des
grand-parents qui faisaient la fête jusqu'à 2 heures du matin avec leurs
amis, se poursuivaient dans les rues en se lançant des seaux d'eau,
utilisaient un lutrin pour chanter en choeur des chansons de carabins,
et me fichaient une paix royale, sans m'obliger à aller me coucher.
Mon grand-père pêchait avec le Père Rimbaud, le père André, avec
"Pénible" Blache. Mon père aimait bien Felix Gaudin, le père Jacques
Agrifoglio,
ses fils Louis-Jacques , Honoré et enfin Paul Gagero.

La
rue du Louvre d'après le peintre Rosello
Le père André avec la fouine, le père Robert avec les avirons, le père
Rimbaud avec le salabre
Gagero avait échappé à un cancer de la gorge grace à
des radiations qui lui avaient brulé tout le cou. Paul avait travaillé à
bord des paquebots comme le feront ses fils Jeannot et Riri.
Pendant la guerre les nazis l'avaient autorisé à rester aux Goudes. Il
habitait notre cabanon, ce qui arrangeait mon grand-père. Après la
guerre, ils décidèrent d'aller faire une bouillabaisse sur Riou. Gagero
était patron-pêcheur. Nous avons donc pêché les poissons le matin, et
Paul qui avait été cuisinier sur les paquebots, avait emporté une énorme
marmite noire dans laquelle il prépara la bouillabaisse sous les
tamaris de l'Aiglon. Les poissons trop frais et trop petits fondirent au grand dépit
des pêcheurs, mais elle reste pour moi la plus somptueuse des soupes.
Chacun aux Goudes a connu cela. Pommes de terres, safran et poissons de roches (sarengs, verdaous, rascasses), fenouil, tortillon d'écorce d'orange séchée, c'est toute la recette. J'écoutais Suzette Bezza raconter exactement la
même sortie avec la même marmite, mais c'était son père Fernand Regio
qui officiait.
Plus tard dans l'après-midi, nous sommes allés "boire un coup" à Podestat, où il y avait un bar-restaurant et rien d'autre. Mais sur les pentes après la plage de galets fleurissaient des oeillets nains roses comme on en trouve encore entre les Goudes et Calelongue. C'est la deuxième des fleurs de mon panthéon botanique . La troisième ne pousse pas sur Riou mais dans les Calanques, c'est l'Asphodèle, La quatrième c'est l'Iris nain jaune ou violet qui pousse dans les pierrailles du plateau des 4 vents près de la Gardiole et à Marseilleveyre. Avec le lys de Riou, ce sont mes 4 "gentlemen" des Calanques (Les 4 Gentlemen des Peintres Chinois sont le Bambou, l'orchidée, le chrysanthème et la fleur de prunier )

La Calanque et la plage de l'Aiglon

Le Vallon de l'Aiglon
Mon père qui détestait les
foules, ne mettait pas les pieds à l'Aiglon.
( La plage de Riou a toujours été pour nous la plage de l'Aiglon, même
nom que le vallon qu'elle termine, et comme il n'y a pas d'aigle à Riou, on
peut supposer que c'est en souvenir du fils de Napoléon, ce qui pourrait
dater la batterie). Aux autres le sable blond, à nous la
rocaille de Fontagne.
Nous assistions au débarquement de la vedette de Marseille, et tout
ça partait à la queue-le-leu vers l'Aiglon . On remarquera qu'après le
coup de Labé qui emporta le débarcadère, mon père ne leva pas le petit
doigt pour le remplacer.
D'après Pierrot Vottero , pêcheur des Goudes, c'était la vedette de la
Madrague qui amenait les gens. Son propriétaire avait non seulement
construit le débarcadère de Fontagne, mais aussi bétonné le dessus du
vivier de l'Aiglon pour en faire un débarcadère. Aussi d'après Pierrot,
il y aurait eu un capucin assis sur un rocher pendant des années du
temps de son grand-père, d'où l'appellation de Monasterio de la petite
calanque sur la gauche de l'Aiglon. Il y a à l'aplomb de cette calanque,
à l'angle de la falaise un petit amas de tuiles qui n'a aucune raison
d'être là, à moins que cela n'ait servi de cabane au moine.* voir Il y a
290 ans ...C'était l'époque de l'arrivée des Genois à Marseille . Ils
pêchaient le corail. Ceux qui sont restés sont devenus tout
naturellement pêcheurs. Pipo Meïni était de ceux-là, le grand-père
Vottero, le grand-père Agrifoglio aussi.
Toutefois en 1865 le nom est déjà calanque de Monesteron dans le rapport de
l'armée, et Bouillon-Landais l'appelle Menesteirol. Sans aller jusqu'à
St Cassien , on peut rappeler qu'il y eu un ermitage depuis le 14ème
dans la grotte au-dessus des Goudes. Ermitage mentionné sur une carte de
Matheron de 1825, et peint par JM Marchand vers 1800. Des moines
ou des déserteurs il semble que toutes les grottes des Calanques en ont
abrité.

La grotte de l'Ermite dans le Rocher de St
Michel - La grotte de St Michel d'Aïgue Douce est la tache brune
à gauche de la sorte de pilier de
calcaire - La grotte en X ou de l'Ours est le X noir que
l'on voit plus
à gauche -
![]() Gouache par JM Marchand ADBdR 13Fbis2 (ca1800) de la chapelle de St Michel d'Aïgue Douce à l'intérieur de la grotte de l'ermite. Il ne reste que les fondations. |
![]() Carte par Philippe Matheron circa 1815 ADBdR mentionnant l'ermitage |

La Grotte St Barbe
à Riou
peut servir de refuge à un seul ermite
Après ses déboires avec le mauvais temps mon père batît le cabanon
de Fontagne pour 2 personnes maximum. On ne tenait pas à 6 devant.
Nos amis Devergie s'installèrent un
peu plus haut que le cabanon de Fontagne sur un terrassement naturel.
Ils n'auraient jamais penser à installer ce "toit"
Le leur
était en canisses. Déjà la
"table de la salle à manger" n'était arrivée là que parce qu'elle était
gratuite.
C'est aujourd'hui l'endroit le mieux entretenu de l'ile

J'ai eu deux professeurs extraordinaires au Lycée
Montgrand. Helène Pellerin, prof d'histoire et géographie, première
femme à être descendue dans un volcan , et Mme Baja prof de Sciences
Nat. J'aimais la géographie, mais pas tellement l'histoire, ce fût donc
vers les Sciences Naturelles que je me dirigeais. Après le SPCN , je dûs
travailler mi-temps car je voulais aller sur les circuits de F1. Je
faisais un herbier monstre et j'envisageais d'utiliser les cartes de mon
père pour faire la carte des plantes du bord de mer. Je préférais
la botanique à la zoologie , car je n'aimais pas disséquer des tortues
ou voir dans un labo 50 grenouilles écervellées continuer à avoir des
reflexes . Je trouvais qu'une démonstration aurait bien suffit.
Mais la botanique laissait aussi à désirer. Savoir par coeur que cette
fleur a 3 pétales et l'autre 4, me paraissait une perte de temps, même
si on a la chance d'avoir une bonne mémoire. Ce n'est qu'en 1962 que je
jetais l'éponge et décidais de partir aux USA pour apprendre l'anglais
et me consacrer aux courses automobiles.
L'été suivant, mon père, qui au fond était ravi de me voir jeter mon
avenir par dessus les moulins de la F.1, me confia le Flambeau. Nous
voilà quittant les Goudes en 1963 pour aller à Riou. On remarquera la
plage de sable des Goudes où nous faisions des parties de sèbe à se
casser les reins
,
les bateaux en cabesailles, les bateaux de pêcheurs sans cabines.
Pas encore de glacis, pas encore de pannes
En 1966 mon père nous mena , mon mari et moi, à Riou.
Peter avait un problème à l'oreille interne qui lui donnait le mal de
mer. Il se mit à la barre sur les conseils de mon père et put profiter
du voyage. Dans la Calanque des Anglais c'est lui qui remarqua un
cormoran, le premier que nous ayons jamais vu.
L'oiseau nageait sous l'eau, et ressemblait au roadrunner et mon père le
baptisa Chaparral des mers. Nous avons admiré le chantier de Fontagne,
et au retour Peter vit aussi un poisson lune.
Il avait oublié le mal de mer, mais sa condition empirant nous n'avons
plus navigué que sur des ferries Je l'appelais Escartefigue pour faire
bonne mesure. Ce n'est qu'en 1977 que je menais mes deux fils
Christopher et Patrick sur Riou grace aux Devergie et leur bateau le
Yeti.

25 ans plus tard je remis enfin les pieds sur l'Ile grâce à Alain Mante.
Les endroits enchantés de mon enfance sont réduits à ça

Il n' y a plus de quai , ni de toit sur le vivier, mais c'est tout de même très beau

La coulée d'argile avec cette couleur extraordinaire est toujours là , mais l'escalier a pratiquement disparu

Celui qui menait à la plage est encore là bien érodé. Les doigts de sorcière ont été arrachés car ils n'appartenaient à la flore de l'ile que depuis 150 ans. Il faudrait peut-être enlever les tamaris dans ce cas là, ainsi que les agaves et les cactus!
Tous mes remerciements
à Alain Mante pour son aide qui ne se dément pas et à son équipe du
CEEP, Jennifer, Arnaud, Tim et Yannick et depuis 2006 Fabien et
Jean-Patrick et Christophe et Jerome et Julie et Nicolas
Le Cabanon de la Fons agrandi et remis à neuf par le CEEP

La Calanque de Fontagne à l'état pur temporairement grace au travail des gardes

Les tamaris plantés depuis 1964 sur le site du silo d'eau douce
Nous conservons pour que nos enfants connaissent toutes ces choses que nous essayons de détruire.
Il importe de nous empêcher de mal faire par ignorance, ou malveillance, ou stupidité.
Que conservons- nous?
Qui décide?
Depuis 1991, le Conservatoire du Littoral est propriétaire des iles de Marseille, Chateau d'If, Pomègues, Rateneau, Maïre, Peyrot, Jarre, Calseragne, les Petit et Grand Conclus et Riou. Je crois que c'est en 1998 que le Conservatoire a acheté la pinède entre le Domaine de Port d'Alon et le Golf de Frégate.


INCROYABLE GROTTE COSQUER
La grotte Cosquer a été revélée au public en 1991, l'année de la mort de mon père. Dans cette région unique qui l'a passioné, il y avait quelque chose d'encore plus étonnant, et il ne l'a pas su. Si Henri Cosquer avait vu la main peinte tout de suite, si sa lampe ne s'était pas éteinte lui causant sans doute une belle chaleur, il aurait peut-être révelé sa trouvaille plus tôt, à temps ! Mais avec des si on referait le monde.
La grotte est incroyable parce que quelqu'un l'a trouvée,
et a eu le courage (ou l'inconscience!) de nager dans un boyau de
125 mètres après avoir plongé
à 36 mètres. Incroyable parce qu'elle est encore située
au dessus du niveau actuel de la mer, et de ce fait on peut encore la
voir . Incroyable par les animaux qui y sont peints, et qui sont des
pingouins, des méduses, des phoques. Incroyable parce qu'il y a un
morceau de draperie stalactite cassée, avec une main peinte, tombé dans
un gouffre de 21 m, récupéré, et que l'on devrait sortir et exposer dans
un musée de Marseille comme la Joconde de Cromagnon.
Tellement incroyable que dans le monde, les gens n'en savent rien après
plus de 15 ans.

Ce n'est certes pas la faute de ces 3 hommes...Luc Vanrell, Jean Courtin, Jean Clottes sous des Mains Peintes

Jean Clottes et Jean Courtin devant les Chevaux (Photo Luc Vanrell)
Ils ont le sourire en dépit des conditions extraordinairement difficiles
de travail. On ne peut que saluer l'exploit que représente leur étude du
site, couronné par le livre référence :
Cosquer Redécouvert.
Parce qu'il est unique au monde l'endroit appartient au Patrimoine
mondial. Il mérite d'être géré en conséquence.

Vue Zoom de Riou

Les Pingouins des Calanques (Photo
Luc Vanrell) ou comme les appelle Luc, les Pingouins Marseillais
Un peu à part pour la seule raison qu'il n'est pas facile de les dater. Il y en a 4 sur l'ile. 2 du coté de Caramassane (Cala massana) , un dans le Vallon de l'Aiglon, et un à la Sablière.

Le mieux conservé pas très loin d'un embarcadère. Sur la
hauteur en haut à droite quelques morceaux de culinaire de
Vallauris.
Sur le chemin, du tourbilloné.. 18ème

Dans le vallon voisin, celui-ci encombré d'un lentisque,
probablement de la même époque. A noter la couleur rouge de la terre.
Nous ne sommes pas loin des affleurements de fer du puits des chèvres.

Celui de la Sablière a des murs d'un bon mètre d'épaisseur. Il a pu servir à la construction du deversoir et de la cabane attenante,

Celui de l'Aiglon barre le Vallon, à moitié recouvert de lentisques
Aux archives des Bouches du Rhone le premier document qui mentionne un
four à chaux est celui qui est sur la propriété des
soeurs de St Sauveur dans le vallon de Marseilleveyre(1565/1578) . Ensuite
on trouve un four à chaux à Sormiou en 1578, un contrat qui en
1777, parle de construire 3 fours, un tout de suite à Marseilleveyre, un à
Carrelongue, un à la Mounine, et s'il est permis d'utiliser du bois, on
ne doit pas déraciner les arbustes!
Si j'en crois les tessons, ceux de Calamassane étaient en exploitation à la même époque, mais
cela ne spécifie pas à quelle fin.
Savonneries ??
J'ai donc rendu visite à Jean Ferdinand Petrucci qui a
consacré sa thèse aux marmites de Vallauris. Il s'est prononçé pour
mi-18ème.
Depuis nous avons trouvé un morceau de tourbilloné de bonne facture ce
qui pourrait rabaisser la date. Cela correspond aux 3 fours du littoral en face. On peut
supposer de nouvelles constructions, dans Marseille, ou de nouvelles
industries comme des savonneries . Sans parler de la demande de chaux
vive pendant la peste, ce qui pourait expliquer la rumeur des gens
régugiés sur Riou à cette époque, et qui auraient pu camper pendant
l'été à l'ombre des murailles qui bordent le départ du chemin de
Caramassane
Une analyse du charbon de bois serait plus facile!
Mais il y a dû au moins en être un qui date de la
construction de la Tour et de la Citerne vers 1400, celui du Vallon
probablement car il est le plus près
Celui de la Sablière, pour la construction du
deversoir. Non seulement ils ont enlevé le sable, mais ils ont utilisé
des tonnes de pierres pour construire ce déversoir qui ressemble à un
rempart avec une maison accolée.
Les deux autres ont peut-être été ré-utilisés par les fabriques de soude
du 19ème. L'accès à Caramassane n'est pas aisé. Mais lorsque l'on voit
l'emplacement de certains fours à chaux sur le littoral en face Riou,
cela devient relativement une promenade.
La région des Calanques est parsemée de fours à chaux, et sur la carte du
domaine de la Gardiole établie par mon père il y en a une cinquantaine
de notés, et à peu près autant de fours à charbon ce qui devient presque
une exploitation industrielle qui s'est poursuivie probablement
jusqu'à la guerre de 40. Une autre exploitation dont j'ai vu les traces dans les
pinèdes de Baudoin au-dessus d'En-Vau c'est la résine.
On trouvait assez souvent les pots qui servaient
à la receuillir. et détail amusant, les gardes de Riou pensaient qu'un fond d'amphore Dressel 1A
trouvé sur l'ile était un pot à résine.
Si l'on se souvient de l'exploitation des herbages et pasturaiges de la
côte jusqu'à Morgiou de 1658 jusqu'en 1789 la chaux pourrait surtout être
une autre ressource du 14ème au 18ème.


Dans un doline à l'extrémité Est de l'ile, une dépression dans l'argile retient de l'eau comme celle de la Fons.
A Delos (photo de droite) une construction semblable
dont les murs étaient crépis!
L'été il est à sec. Après des pluies il y a au plus 60
cms d'eau, qui se remplit d'algue verte.
La première fois que nous avons suivi les gardes qui partaient controler
un de leurs sytèmes d'enregistrement, nous nous sommes déchiré les
jambes aux branches des lentisques, nous avons étaient trempées comme
des soupes par un orage d'Août , nous avons attendu la nuit noire,
assises au milieu d'un sentier avec au moins trois rats qui courraient
à un mètre de nous, et pour ne pas retarder les gardes , pendant qu'ils
grimpaient les éboulis pour aller controler les puffins, nous sommes
reparties seules, et il m'a fallu un sacré bout de temps pour retrouver
le chemin qui passe sous une falaise que je n'avais pas remarquée
à l'aller car nous la longions au pied! J'avais bien la copie de la
carte de mon père, mais chaque fois que je la regardais à la lampe, il
me fallait 5 minutes pour laisser mes yeux se réhabituer à la pénombre
et essayer d'interpreter ce que je venais de voir. Lorsque nous sommes
enfin arrivées à l'Aiglon, pas de bateau! Ma mère a fait le
sentier entre le Monastério et Fontagne par pure volonté.. pourtant elle
était partie d'un pas décidé (voir la photo du déversoir).
Cette première fois, je vis à mes pieds un tesson avec des paillettes de
mica..un morceau de anse. je notais qu'il était au niveau du Vallon de
la Vigie. Lorsque nous sommes arrivées au Puits des Chèvres il y avait
alentour 4 morceaux de céramique rouge dont un truffé de grains noirs
caractéristiques des tessons italiques. Ce chemin est jalonné d'énormes
rochers qui ont roulé de la dorsale de l'ile et près de chaque rocher
il y a au moins un tesson .

Col d'amphore greco-italique
trouvé sur le sentier,dessous un autre et puis un tesson massaliète
Et puis au bout si l'on pouvait s'attendre à
des tessons du 17ème et 18ème l'époque des fermages, il y a après
tout l'Abri des Chèvres pas loin du Puits des Chèvres!, c'est en
majorité de l'Italique (anse de Dressel 1A), du massaliote et de
l'étrusque(validé par LF Gantès). Sur la branche des fours à chaux c'est
plutôt du Vallauris et du tourbilloné. Je comprends les raisons du CEEP
qui préfère ne pas inciter les gens à se promener partout, mais même
eux empruntent le Chemin Historique, qu'il faudrait peut-être garder. Entre la Grande Sablière et
Fontagne par contre, pas un bout de céramique à l'horizon. Lorsqu'ils
allaient chercher de l'eau, ils devaient y aller en bateau.
Ce sentier qui, à l'époque du Christ allait de Fontagne au Puits des Chèvres
, on en voit encore un morceau pavé d'après
LF Gantes sur le coté ouest de la Calanque de l'Aiglon


En 1818 le Génie dresse pour la monarchie un état des
défenses depuis le Rhône jusqu'à Toulon avec un Atlas de dessins à
l'aquarelle, que l'on peut voir aux Archives des Bouches du Rhône.
Première surprise: toutes les batteries des Calanques ont été
construites en 1811 d'après ce rapport, y compris celle du Cap Croisette
qui figure sur une carte de 1694 avec ses 2 canons!
Deuxième surprise: la batterie Est de Marseilleveyre s'appelle Batterie
de Riou!
Troisième surprise: Le canon de Riou n'est pas mentionné.
Quatrième surprise: Le point d'appui de Marseilleveyre ne l'est pas
non plus!
Le 4 janvier 1794, Bonaparte écrit
au ministre de la guerre à propos de Marseille: "Toutes les batteries
circonvoisines qui défendent la rade sont dans un état ridicule. L'ignorance
absolue de tous les principes a présidé à leur traçé. Elles ne sont pas en état
de soutenir une bordée; elles seraient enfilées et les canonniers sont
découverts à certaines pièces jusqu'aux talons , ce n'est cependant pas la faute
qu'il y ait des épaulements, mais c'est qu'ils ne sont pas comme ils doivent
être."
Le 25 janvier il propose d'avoir mis avant 15 jours la
côte entre les Bouches du Rhone jusqu'au Var , sur un pied respectable.
Cela ne se produisit pas car ses consignes ne furent pas exécutées.
Dans une autre lettre du 25 février 1794 , il écrit: "La défense de la côte
avait été livrée jusqu'içi à des architectes qui avaient de la bonne volonté,
mais non pas des connaissances militaires."
S'il y avait eu des Anglais sur Morgiou comme le veut l'histoire locale , il
l'aurait mentionné, ne serait-ce que pour arriver à ses fins.


Il passe un mois à la Ciotat pour préparer l'expulsion des Anglais installés à Toulon avec l'aide des monarchistes .
Il y a 140 ans que Colbert et
Vauban ont fait de Toulon le port de la France. Vers les Echelles du Levant,
mais aussi vers les Antilles d'où les vaisseaux reviennent avec dans leur
sillage les Anglais. Avant eux c'était les Barbaresques, ce qui couvre tous
les bateaux pirates de la Méditérranée depuis la Turquie , la Libye, la Tunisie,
l'Algérie.
Vers 1300 Robert comte de Provence avait pris les choses en mains avec la
construction de vigies et le renforcement des défenses. François 1er fait
construire le chateau fort du Chateau d'If, mais le mur d'enceinte est construit
par les ducs de Toscane dont les troupes occupent l'ile. Lorsque les
barbaresques enlèvent des esclaves dans la rade de Marseille la garnison du
chateau d'If ne bouge pas, et les fustes sont dispersées par une escadre
napolitaine.
Les guetteurs de Vigie ont des mousquets , cela n'empêche qu'ils sont enlevés en
1527. Je ne sais d'où vient la mention de fortins datant de 1614, mais cela
concerne Morgiou, Cap Caù et Cassis. Cassis est un "chateau" fortifié , il y a un
mur de fortification à Morgiou et une tour de vigie ronde qui n'est certainement pas mentionné
dans les décrets de 1810, quant à Cacaù je ne m'aventure pas à décider ce qui
pourrait dater de 1614.
LA
BATTERIE DU CAP CROISETTE
Batterie de
Croizette, des Croisettes, Fort Napoléon
François Blondel, sieur des Croisettes fait en 1650/1651 le plan des fortifications de Provence. En 1647 il commande la galère la Cardinale.
Sur des cartes qui
concernent la rade de Marseille on trouve aux Archives une carte de 1695
une liste des batteries jusqu'à celle du Cap Croisette qui se compose
de 2 canons. Puis sur une carte de 1744 un dessin à la location plutôt imprécise
mais qui donne le détail de la batterie.
En 1811 le gardien a disparu, la batterie en mauvais état, une nouvelle batterie
des Croisettes est décretée par Napoléon. Les roches sont cassées pour préparer
une plateforme où l'on peut mettre 6 pièces . Une citerne, un fossé avec
un mur, un corps de garde qui restera sur la crête suffisamment longtemps pour
être peint par
Jean-Baptiste Olive dans son immense tableau de l'Ile Maïre de 1891. A l'Ouest elle
croise le feu avec la batterie de Montredon pour interdire la calanque des
Goudes et de Mongenet(Mahonaise) aux pirates ennemis, à l'Est avec la batterie de la
Mounine pour "empêcher le refuge ordinaire des corsaires ennemis à l'anse de
Carrelongue à 800 mètres à l'est".
Petit problème , l'ennemi attaque les canonniers au mousquet à partir de Maïre,
mais sans trop de gravité à cause de la distance.
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| Détail de la Batterie du Cap Croisette en 1695 | Cap Croisette 1744 |
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| Cadastre de Matheron - Archives B-du-R | Localisation de la batterie de 1811 | |
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| Jean-Baptiste Olive - L'ile Maïre - 1891 - Corps de garde de 1811 | Atlas 1818 - Archives des B-du-R | |
Le Génie de Napoléon III revoit le système défensif à partir de 1864
qui se composera des sémaphores de la Ciotat, et de Calelongue, du fortin
des Goudes,
de la Batterie de l'Escalette dont le Corps de garde semble être une tour
modèle, mais les batteries ne sont pas sur le toit mais sur les fortifications.
En 1886 le corps de
garde des Croisettes de 148m2 est loué à un paysan, Gustave Bounin avec 1301 m2 de pacage.
En 1933 refonte totale de la batterie transformée par la Marine en Fort Napoléon et que les allemands prendront en main en y ajoutant un seul blockhaus vers l'Ouest . Le mur du temps de Napoléon au sud de la plateforme est toujours là, incorporé, doublé en certains endroits, et à l'est des tessons, assiettes de Varages ,assiette à marli , des morceaux de cruches vertes melés aux tuiles du corps de garde et de la citerne arasés; morceaux de pipes hollandaises.
Le Massif des
Calanques est laissé pour compte à cause de l'impression qu'il donne d'être
inexpugnable et inhabité; les Calanques de Marseilleveyre de Sormiou et de Morgiou
permettent de rejoindre Marseille par des sentiers difficiles utilisés depuis
toujours, par des pêcheurs et des chasseurs.
Les Calanques sont des mouillages pour le cabotage et le commerce, qui aux prises
avec les sarrazins, les barbaresques, les corsaires, les pirates anglais réclament à
corps et à cris d'être protégés.



LES
BATTERIES DE MARSEILLEVEYRE
Batterie du Four à Caux, du Four à Chaux,
Batterie de Rioux, de Riou, de Marseilleveyre
Est
Batterie de Mounine , le Théatre, de Marseilleveyre Ouest
A Marseilleveyre il y a un four à chaux qui marque la limite de la propriété des soeurs de St Sauveur en 1571 . Il y a sur la carte qui suit faite par le Sieur Michelot en 1736 une batterie du Four de Caux pour défendre le mouillage du même nom, puis sous l'empire il n'est plus question que d'une batterie de Riou!

L'évaluation de la
"Batterie de Rioux" (Marseilleveyre Est) en 1811 : "batterie construite en maçonnerie sur un front
droit défend le passage du canal pour la navigation... elle est armée de deux
pièces en fer de 24 sur affûts de côte en bon état , mais la lumière un peu
évasée, indispensable à réparer ou à échanger, il y a un mortier en bronze de 9
pouces sur affût en bois qu'il est nécessaire de remplacer par un de 12 pouces.
Sur la droite de la
batterie à 400 mètres de distance sud ouest (ce qui sera Mounine), à l'avancée de la petite anse de
droite l'on trouve une pièce de 16 renforcée en bronze, montée sur affut de
siège , sa forme intérieure est conique, et la lumière très évasée.
Il y a à ce poste 2 pièces de bataille de 4 montées sur leur affuts , on peut
supprimer la pièce du 16 et augmenter la batterie d'une pièce de 24 ou de 36 sur
affut de cote.
Le poste le plus près de la gauche de cette batterie est celui de Cacao à la
pointe du golphe de Cassis qui en est éloigné mais elle aura pour intermédiaire
à ce même coté la nouvelle batterie décretée par Sa Majesté sur le Cap de
Morgioux".
Devons-nous penser qu'il s'agit là de la batterie du Four à Chaux? et qu'on l'appuyait déjà avec 2 pièces sur la droite , et que le tout sera repris et amélioré?
En juillet 1812, La batterie de la Mounine est dite en construction. Elle est établie sur une place circulaire ayant 47 mètres de développement intérieur. Tous les travaux concernant l'artillerie de cette batterie seront "terminés dans le courant du mois d'Août prochain ainsi que son armement qui sera de 3 pièces de 36 sur affût de côte et d'un mortier de 12 pouces. Ce poste exigera 16 à 20 canonniers" (SHAT Vincennes. Renseignements M. Cruciani)

Batterie de la Mounine

Batterie de la Mounine - Aquarelle de l'Atlas de 1818
D'après l'Atlas de 1818 les commentaires de 1813 rapportent qu'il
y a en contrebas de la batterie Est (appelée batterie de Riou) des
ruines d'une batterie plus ancienne.
Il est dit que Robert d'Ancézune propriétaire du terrain a demandé à
être compensé pour celle de l'Est, mais pas pour celle de l'Ouest La conclusion est que le terrain de la batterie de la
Mounine appartenait déjà à l'Etat, ce qui laisse à penser qu'il y avait
déjà une batterie. Mais Ancézune réclame aussi quelque chose pour les
Croisettes.
Faut-il voir là un agrandissement des batteries décidé en 1810 par
Napoléon qui avait jugé
en 1793
les batteries de la côte entre Toulon et
Marseille inadéquates,

La route des Goudes est
alors le chemin des Batteries, puis après Calelongue de la Batterie bien
qu'il y ait 2 batteries à Marseilleveyre. Le point d'appui n'est pas
montré . Par contre il y a un sentier qui va à l'Ermitage de St Michel
d'Eau douce en passant par la Demi-Lune. le ravitaillement en eau étant
un problème par mauvais temps.
Ayant trouvé au Cap Gros et à l'appui de Marseilleveyre
du tourbilloné de l'Huveaune et des tuyaux de pipes hollandaise, je me
rendis chez Maurice Rafael qui en mesurant le trou et en se référant à
une livre d'origine anglaise me donna 1670 pour le diamètre de 2.6mm et
1725 pour le 2.4mm (Plus le trou est gros plus c'est vieux, m'a-t-il dit,
on a fait ensuite des économies en réduisant le tirage!)
Presque 100 ans plus tôt que ce que je pensais.
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| Tuyaux de pipes en ceramique et poterie de l'Huveaune |
Restes de repas des soldats de l'appui |
Mais en 1701 c'est la
guerre de la succession d'Espagne (1701/1707)où l'on envisage que
l'ennemi pourrait refaire le coup des Aragonais et mettre le feu à la
ville de Marseille.
En 1744 nouvelle alerte: les espagnols et les anglais
se battent devant Toulon et les Français se mettent au milieu pour
sauver leurs alliés espagnols. Où l'on trouve un capitaine
Mathews en action dans le coin. Court la Bruyère , ses 15
vaisseaux de ligne vont aider les 12 vaisseaux espagnols de l'amiral Don
José Navarro. Mathews attaque du coté du vent entre le littoral et la
flotte, mais son arrière garde ne peut ou ne veut pas le suivre et la
bataille est indécise.
A-t-on construit ce bel appui à cette époque ? Le sol est encore
tout dallé, et fait penser à du travail de galérien. Il y a un un corps de garde
sur le coté qui a depuis longtemps répandu ses tuiles dans les éboulis. D'après
Jean Ferdinand Petrucci l'expert du culinaire de Vallauris les toupins seraient
du 16ème tandis que le reste des tessons assiettes, cruches, plats, tasses des
poteries de l'Huveaune couvrent tout la seconde moitié du 17ème et probablement le
début du 18ème.
En ce 17 avril 2009, j'ai le plaisir de dire que par une chance extraordinaire
j'ai trouvé entre 2 arapèdes une rondelle de cuivre oxydé qui s'est révelée être un double tournois de 1618 de Louis roy de France
et de Navarre. Voilà qui donne raison à Mr. Petrucci, et m'évite des recherches
laborieuses aux archives. Et toujours la petite note : l'expert en numismatique
m'a déclaré péremptoire: "c'est un denier-tournois et ça n'a aucune valeur!
Peut-être pas pour vous cher monsieur.. merçi de m'avoir aiguillée dans la bonne
direction et de m'avoir expliqué que les rois ou les nobles lorsqu'ils entraient
dans les villes en jettaient des poignées aux gamins.
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Louis XIII R FRAN et NAVA |
1618 Double Tournois |
En 1612 Louis XIII enlève le pouvoir à sa mère Marie de Medici et 1618 marque le début de la guerre de 30 ans. Il sera dans les parages à Morgiou pour y pêcher le thon en 1622. La location sur la carte de 1736 n'est peut-être pas aussi fantaisiste qu'elle le parait . Il y a aux Archives de la Marine à Vincennes une autre carte du sieur Heury Michelot, Capitaine Réal des Galères de 1716 qui montre qussi la Vigie de Riou .

On lui pardonnera d'avoir interverti Morgiou et Sormiou, parce qu'il marque d'un rond rouge la batterie du Four de Caux toujours à l'intérieur des terres.

Batterie du Four de Caux? - pas facile d'y
monter des canons de gros calibre, mais un sol de pierres taillées de 10
cms d'épaisseur
D'après l'Atlas de 1818 les commentaires de 1813 rapportent qu'il y a en contrebas de la batterie Est (appelée batterie de Riou) des ruines d'une batterie plus ancienne dont il ne reste qu'une moitié de la fondation du mur souligné en vert. On la voit sur l'aquarelle.


Enfin en 1818, La citerne de la batterie Est de Marseilleveyre n'étant
pas finie il est question de le faire et d'ajouter une tour pour
renforcer la défense, car" il serait avantageux de défendre le mouillage
pour le commerce, ce qui a été nécessaire dans le passé!"
Au lieu de cela le corps de garde sera abandonné aux douaniers, et
divers batiments seront loués à des pêcheurs. De nos jours..


En 1886 Marius Giraud loue un pied à terre de 15m2 pour la pêche.
En 1887 Le corps de garde de 150m2 plus les 12m2 du magasin à
poudre seront le logement d'un Marius Bouze , et j'ai retrouvé
Bouze père et fils mentionnés dans une chronique de Henry Imoucha qui
dit que ces 2 pêcheurs revenus sains et saufs de la guerre de 1914
érigèrent une croix monumentale sur les
escarpements des Escampons.
Mais nulle part il est question du canon de Ste Barbe de Riou et de
l'appui de Marseilleveyre. Comment les soldats de l'empire qui ont
reconstruit les batteries de Marseilleveyre ont-ils pu travailler deux
ans sans lever les yeux vers la colline? Bien camouflé, mais tout de
même!!

Personne; que ce soit en 1818, en 1842 ou en 1853 quand ils évaluent les
batteries pour récupérer l'armement et les munitions, personne ne
mentionne ces 2 endroits. Pourtant il ya des tessons qui révèlent une
présence dans le temps. Jarre de storage de Biot à Riou, plats de
montelupo spirali verdi (ca 1750), des bols identiques à ceux de Morgiou
(1813), et sur
l'appui de Marseilleveyre un os de boeuf, des bious et des arpèdes, avec
des poteries de l'Huveaune) (17/18ème), des toupins de Vallauris( début
17ème) le double-tournoi de 1618.
La petite batterie en fer à cheval si c'est elle la batterie du four à chaux semble plutôt vulnérable, même aidée de 3 pièces 400 mètres plus loin. Il semble qu'au 17ème il y eut un effort considérable de batir une position efficace et plus abritée. (l'idée sera reprise avec la suggestion de construire une tour modèle en 1812) . Il est possible que la distance à la mer ait été un problème.
LA BATTERIE DE
STE BARBE A RIOU

Cliché Courtin avant 1971
- Poudrière de l'Aiglon?

Batterie de Riou - abstraction par photoshop de la douzaine de
pierres qui ferment la brèche
aujourd'hui.

A l'origine de ma recherche, la grotte Ste Barbe
mentionée sur la carte de mon père et l'identification des murs par Jean
Courtin comme étant des murs de batterie. 120cms de haut, 170cms
d'épaisseur. Direction: le Cap Morgiou.
Un petit sentier qui mène sur la carte
d'une petite construction de 2m sur 4m avec des murs de 20 cms qui
aurait pû servir de poudrière en attendant de servir de poulailler à
Pipo Meïni.
Mais à quelle époque? Dr Hiely parle
d'une batterie de Riou peu éfficace en 1880, sans
nommer ses sources.
Plutôt
tardif pour ce genre de construction à cet endroit, à moins que ce soit
au moment de la construction des sémaphores de la Ciotat et de
Calelongue qui datent de 1864. Les tessons sont résolument du 18 ème, y
compris une jarre de storage de Biot. J'ai aussi trouvé
un rapport sur le désarmement des batteries en 1853 qui couvre Morgiou,
Marseilleveyre et Croisette et ignore totalement Riou. On voit mal
pourquoi on désarmerait 3 sites armés de canons de 36, 24 et 18, pour
construire un petit appui d'un seul canon couvrant seulement la zone au
large de Sormiou.
A cause des tessons il serait plus probable qu'il y ait eu quelque
activité en 1701 dans la région et aussi en 1744 lorsque les anglais entrent en guerre
et le Maréchal de Belle-Isle requiert de la Cadière
un farot à la pointe d'Alon et 2 hommes pour signaler l'ennemi à 36
livres chaqu'un. Il n'y a pas beaucoup de tourbilloné, mais dernièrement
j'ai relevé un fond de bol identique dans sa facture à ceux que l'on
trouve sur Morgiou. Détaché du tour à la va vite, même pas retouché,
émaillé marron avec un peu d'engobe jaune pour décorer. Je crois
donc que Ste Barbe, patronne des artificiers, a eu sous sa protection
des soldats de Napoleon en 1813 . Qu'ils aient donné le nom de l'Aiglon
au vallon et à la calanque renforce la date, comme je l'ai fait
remarquer, s'il y a des faucons pèlerins sur Riou
il n'y a pas d'aigle. Le mortier qui utilise du
sable marin se retrouve aussi aux batteries de Marseilleveyre et de
Morgiou. Etrangement à la base des murs, on a utilisé des briques en
argile jaune comme celles que l'on trouve à la Vigie.
La Vigie de Riou fût fermée en 1695. Mais celles de Marseilleveyre et du Cap Gros sont mises hors d'état par les Anglais en 1814. Elles devaient donc épauler les batteries. Sur certaines cartes il en est mentionné une autre sur le Plan de Coulon au dessus de la Bougie. Une courte visite n'a revelé aucun mur pour l'instant.
LES BATTERIES DE MORGIOU
Batteries de Morgils, Morgioux, Mourgiou, Morgeon(décret Nap), Morjean(Ang), Morgion
(Ang.)
J'ai passé des week-ends innombrables dans la région de la Grande Candelle, du Devenson et de la Gardiole. Nous n'allions pas sur Morgiou. Sur le Cap il y a un excavation étonnante entourée par un amas des pierres qui ont été montées en mur et qui recouvrent une petite maison à tuiles en ruine. Matheron qui fait le cadastre de Marseille en 1825, fait une carte pour le compte d'Auguste Fabre qui vient d'acheter Luminy. Les deux batteries sont là, le mur du fortin construit ou reconstruit par un décret de 1810 de Napoléon et la petite tour est indiquée comme vigie. (A noter: Mourgiou)


Photo Google Earth
Au cap Morgiou il y a 2 batteries . Leur histoire est
assez confuse. C'est fortifié en 1614 contre les Barbaresques, bien avant Vauban donc.
Qui dit fortifications dit Muraille.
D'après l'hitoire locale,il est dit qu'en 1793,
les Anglais aidés par les monarchistes avaient pris
position non seulement à Toulon, mais aussi à Morgiou. Le lieutenant
Matthews de la garnison anglaise deviendra amiral et c'est lui qui
conduira Napoléon à Ste Hélène. (Renseignements J. Courtin et Luc
Vanrell).
L'histoire locale veut que ce soit Lowe le geolier de St
Hélène.
L'amiral Thomas Mathews (1676-1751) lui a 30 bateaux sous ses ordres à la bataille de Toulon en 1744. Il devra démissioner après cette bataille mal conduite.
John Matthews est commandant du Courageux en 1793 lors de l'attaque de
Toulon par les républicains et Bonaparte (Histoire de la British Navy)
Nulle part il est mentionné qu'il soit devenu amiral, ni qu'il ait été
sur Morgiou. Ni qu'il soit allé à
Ste Hélène.
Lowe est lui aussi capitaine en Méditerranée, mais il est plutôt dans la région de Sicile, Sardaigne et Corse. Rien à
propos de Morgiou. C'est l'amiral Hood qui est chargé de la région de
Toulon.
Luc Vanrell dont la soeur a épousé un Matthews est trop occupé en
ce moment pour en discuter.. nous y reviendrons.
Mais jusqu'à preuve du contraire à l'aide d'une source historique, cette
histoire est sans fondement. Les bateaux anglais patrouillaient depuis
le delta du Rhone jusqu'à Toulon et faisaient de la piraterie pour se
ravitailler, ils ne débarqueront sur Morgiou que 2 fois en 1813
apparemment à titre préventif- ceci est validé par les archives du SHAT
et de la British Navy.
Ces deux batteries sont des constructions identiques à celles de Marseilleveyre. Elles ont été démolies 2 fois en 1813 et reconstruites et surélévées. La batterie montre une date en tessons de tuile rouge: 1813

Batterie Sud de Morgiou
D'après un rapport du 29 juillet 1812 cette batterie était armée de 4 pièces de 36, une de 18, toutes sur affûts de côte et d'un mortier de 12 pouces en fer et à plaques.
Autre commentaire présentant un intérêt: Il y a sur Morgiou 23 hommes. Qui campaient
dans des "barraques" en bois (qui seront incendiées) la seule
maisonnette est mentionnée comme poudrière sur le Cap. Elle est creusée
dans la roche qui devait s'y prêter. Les tuiles sont disséminées
alentour.
Le poste était commandé par le sergeant Aymond sous les ordres de Mr le
Lieutenant Pinatel, qui lui était à Cassis.
Il y aura 40 hommes lors de l'attaque en 1813

Batterie Nord (2) de Morgiou
Celle-çi est armée en 1812 de 2 pièces de 24 sur affût de côte en bon état. Elle est construite pour 2 pièces et un mortier

Batteries de Morgiou - Aquarelles de l'Atlas de 1818
En Juillet 1812 il y a 23 hommes en tout - armée de 8 bouches à feu. Il n'y a
pas d'eau. Possède un petit corps bassijsse (?) qui fut fait par
l'artillerie pour les travailleurs et le magasin d'outils qui servira de
magasin d'attirail (Shat Paris - fort de Vincennes - art 3W35 -
Renseignements M. Cruciani).
Le dessin de 1818 ne tient pas compte de l'emplacement du fourneau à
réverbère, ni de la vigie, ni du corps de garde, ni du fortin, ni de la
redoute surplombant la calanque, ni d'une cabane enfouie près de la
batterie sud, ni de l'appui au dessus de St Pierre.
Cette construction d'un mètre de haut , en forme de L avec des
epaisseurs de mur de 1m , et le départ d'une voute est-elle un
fourneau à réverbère de fortune ?

Le 30 Mars 1813, 200 à 300 anglais débarquent à Sormiou, et viennent
prendre à revers les 40 hommes de la garnison. Ils font une
vingtaine de prisonniers, détruisent les épaulements, le fourneau à
reverbère, jettent les canons et les affuts à la mer, et s'emparent de
10 des 14 bateaux au mouillage qui ont une cargaison d'huile.
Or certains de ces canons ont été repêchés par Albert Falco , le
capitaine de la Calypso.
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Ces boulets n'appartiennent pas aux canons mais à des bombardes ou
mortier. Le diamètre d'un canon de 24 fait seulement 16cms de diamètre,
ceux de 18, 15cms (Canons des Invalides de l'époque de Vauban). On voit la difficulté d'essayer de démater un
vaisseau avec un boulet de 16 cms qui fait 12 kilos. Par contre un boulet de huit fait en 2 parties retenues par
une chaine pourrait être plus efficace.
La mode en 1810 était aux fourneaux à réverbère.. pour chauffer le
boulet au rouge de façon à mettre le feu aux bateaux. Un fourneau est
spécifié dans le décret concernant les batteries de Morgiou. Il s'agit de
mettre de la poudre, puis un tampon d'herbe mouillée et ensuite de faire
rouler un boulet chauffé au rouge que l'on apporte à l'aide de grosses
tenailles ou une espèce de louche.
On n'arrête pas le progrès technique! Mais j'ai lu que dans ses mémoires
Napoléon abordera le sujet en se plaignant que cela n'a jamais été
utilisé de manière efficace car les soldats avaient peur que le
boulet mette le feu à la poudre, aussi "n'essayaient-ils même pas!"
Le 2 Mai , alors qu'on s'apprêtait à réarmer les batteries, Les Anglais
attaquent à nouveau, et après une canonnade, ils débarquent sur le Cap
par les 2 points moins élevés, St Pierre et la Gorguette. cette fois ils
font sauter le fourneau, et capturent 6 bateaux de commerce, plus un
bateau d'agrès
On notera sur les aquarelles l'incroyable falaise .

St Pierre
et
la Gorguette qui sont les points les plus bas
En attendant de pouvoir prendre une photo de bateau ou d'hélicoptère je suis descendue à la Gorguette et j'ai découvert que pour empêcher toute escalade les fissures avaient été soigneusement bouchées avec des cailloux dans du mortier. Voir sur la photo suivante , à gauche au dessus des touffes de cryste marine. Même chose sur la droite

Le débarcadère de la Gorguette
fortifié en vain

Le Trou Carré du Cap Morgiou - Hauteur 3 mètres
-
En 1818 le rapport de l'attaque par les anglais de ces batteries laisse entendre que cette excavation en 1813 était l'emplacement de la construction éventuelle d'une tour à plusieurs étages pour le logement des 40 hommes prévus pour la garnison.
Une tour-modèle no 2, c'était le projet de Napoléon d'en avoir 200 en Europe. Seulement une dizaine seront finies en 1814 dont une en Pologne aui existe toujours. Les canons sont plaçés sur le toit.

Il n'en est toutefois pas question dans le décret du 17 Novembre 1810 qui ne mentionne que la batterie , le fourneau à réverbère et l'armement


Extraits du Décret du 17 Novembre 1810 - obtenu
grace au conservateur et à la sécrétaire du SHAT à Vincennes

Les pierres rejetées ensevelissent la petite vigie ronde qui pourrait
dater de 1614. Il y a d'autres constructions tout autour.. abris
temporaires ?
Il y
avait 14 batiments de commerce dans la calanque dont 10 seront emmenés
par les Anglais. Mouillage soit-disant
protégé non seulement par les batteries du Cap mais aussi par 2 canons
près de la cabane de la douane sur la plage, ordonnés
par le décret.
On peut penser qu'il y avait aussi quelques armes sur les 2 plateformes
aux deux bouts du mur.
Les anglais arrivent à pied de Sormiou, ils attaquent le fortin, et les bateaux dans la calanque restent au mouillage pendant tout ce temps?? C'est à désespérer!

Fortin de Morgiou, Surélevé et équippé de meurtrières peut-être en 181O.
Comme à la Vigie de Riou le mur est parfaitement intégré à la roche. Il
y avait parait-il un pont levis. Les rapports sont extrèmement pénibles
à lire:
Que faisaient les 40 soldats lorsqu'arrivent les 200 anglais
qui n'ont pas de canons, alors qu'ils sont derrière un mur comme
celui-là?

Cap Morgiou - Cliché Dr. Albert - Les pins ont
brulé récemment mais commencent à repousser ainsi que les chênes verts
La batterie Nord de Morgiou montre une surélevation de 50 cms ,
peut-être rajoutée seulement après les attaques de 1813 car la partie gauche
semble être de construction identique, comme si il manquait un pan
du renforcement.

Peu de tessons en surface, mais ceux des époques précédentes ont
peut-être fini dans le surélevement des épaulements en hauteur. A Morgiou quelques
bols de facture semblable si la taille est différente. le pied n'est pas
repris . un peu d'engobe jaune jetée sur un fond marron . Du culinaire
Vallauris mélé aux tuiles du magazin.
Juillet 2009: Des aquarelles encore
plus précises du projet en 1811 des batteries de Morgiou et après l'attaque des anglais
de 1813 elle fut remaniée et
l'arc fermé comme on le voit sur l'atlas de 1818 et sur la photo
ci-dessus.
Le fourneau à reverbère se trouvait à l'interieur de la batterie nord .
Aujourd'hui il y a des arbres à l'endroit.
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Projet de batteries , tour modèle avec muraille crenelée et fortin avec pont-levis sur la péninsule de Morgiou en 1811
S'il y avait eu des anglais en 1793 il aurait fallu les en déloger , et cela aurait été sans aucun doute mentionné dans un des rapports , comme c'est le cas pour Toulon.
LA BATTERIE DU CAP CAU
Batterie du Cap Caù, du Cap Cacaù
Au fortin de Cacaù qui date de la même époque le renforcement est semblable, pas très élévé, cabane "corps de garde"intégrée sol plat.
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J'ai trouvé un site www.ageofnelson.org qui tire des archives de la British Navy à l'époque des guerres du premier empire, le rapport suivant des attaques de Morgiou en 1813 par le Volontaire, l'Undaunted et le Redwing et le Repulse, avec beaucoup plus de détails que l'Atlas de 1818.
Les cartes anciennes viennent de la Bibliothèque Nationale , les photos aériennes de Google Earth, les aquarelles de l'Atlas des Batteries de 1818 des Archives des Bouches du Rhone. Les lettres de Napoléon sont mentionnées dans le Blocus anglais de 1804 à 1814 de Paul Gaffarel dont le grand-père était patron-pêcheur à Cassis lors de l'attaque de 1813. Son compte-rendu de l'attaque d'Août 1813 est plus localisé que le rapport anglais qui ignore les noms spécifiques des batteries de la Baie de Cassis.
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1813 Capt. Richard Hussey MOUBRAY, Mediterranean. On board of the
REPULSE
On 2 May the boats of REPULSE, VOLONTAIRE and UNDAUNTED brought out nine
laden vessels from the port of Morgion while marines from the same ships
were landed and blew up some batteries in the vicinity.
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Mon père que l'on voit sur cette photo de 1964 travaillant à la carte du
site. Il se tient à l'angle sud-ouest de la Fontaine qu'il venait de
finir de restaurer et de recouvrir. Sur sa droite, la barre rocheuse où
il cherchait la résurgence qui alimente le point d'eau jusqu'à l'emplir
de 6000 litres. C'est là qu'il découvrit le squelette ainsi qu'il le
raconte dans le récit qui suit et que l'on trouvera dans son intégralité
sous le titre de Fontagne
Mon père écrit:
A l’Est de la Fontaine, à 5 mètres environ, une barre de roche homogène clôt le vallonement sur une ligne Nord-Sud.
J’étais toujours à la recherche d’une arrivée d’eau de source hypothétique qui aurait pu justifier ce terme de Fontaine.
J’entrepris donc de déblayer la base de l’éboulis qui l’avait submergée, et duquel il semblait bien que l’on avait prélevé les
éléments du comblement de la cavité, ceux-là même que nous avions eu tant de mal à extraire lors de la découverte.
J’étais parvenu à 50cms de profondeur, ç’est-à-dire à 1 mètre environ du sommet de la barre, lorsque je découvris quelques petits ossements.
Je n’y prêtais pas attention tout d’abord. Mais le coup de pioche suivant fit sauter un os long. Surprise!
Il avait toutes les apparences d’un tibia. Prudemment j’avançais la fouille vers le Nord jusqu’à dégager les extrémités de deux fémurs.
Le lendemain je dégageais entièrement à la fourchette un squelette enseveli le long de la barre, les bras croisés sur le thorax dans une position habituelle de sépulture.
Il manquait la jambe droite et les os du pied gauche que j’avais éparpillés sans les remarquer, puisque la chance avait voulu, pour son integrité que je déterre cet inconnu en commençant par les pieds!
Il fut identifié par Mr. Charles, savant anthropologue du Museum de Paris: homme de 35 ans, 1.77m, de race macédonienne; enseveli depuis une époque difficile à préciser entre 400 et 700 ans avant nous.
Or Bouillon Landais dans son livre sur l’ile de Riou, nous apprend que les Turcs, Sarrazins ou Barbaresques faisaient alors des expéditions sur les iles et le littoral Sud.
En Mai 1527, les 3 gardiens de la Vigie de l’Ile et qui habitaient certainement au Monasterio quand ils n’étaient pas de garde à la tour du sommet, analogue aux tours sarrazines corses, furent massacrés par les Turcs.
Les dates semblent suggérer que l’un des Turcs , blessé et amputé de la jambe droite mourut au campement qu’ils avaient installé à la Calanque de la Fontaine hors de vue des guetteurs de la tour, et fut enterré là, sans vêtements, ni linceul , dont nous n’avons trouvé aucune trace."
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C'était en 1964..
En 2004 il parut sur "la Provence" un
article à sensation de 2 pages annonçant que le squelette trouvé
sur Riou dans les années 60 pourrait bien être St Exupéry! L'endroit
montré n'était pas le bon, et plusieurs détails étaient faux. Très
ennuyée à l'idée d'avoir le crane de St Ex dans mon armoire, je finis
par me convaincre que c'était impossible, car la gourmette trouvée par
Jean Claude Bianco prouvait que si elle avait été arrachée dans
l'accident, la main aurait dû être avec. Or mon père qui était
médecin, a bien noté qu'il manquait la jambe droite, mais il n'a rien
dit à propos de la main. Nous savions aussi que l'homme avait
une forte scoliose, qu'il était prognathe. Par la suite avec Luc nous
avons constaté sur mes photos qu'il ne portait pas trace des fractures au crane , ni au
bras, ce qui était le lot de St Ex.
Pour moi il redevint le pirate malchanceux de 1527, et je m'essayais à
lui redonner sur Photoshop une face avec de beaux yeux marrons, un nez
plutôt busqué et une barbe comme nos clients de Dubaï, en attendant
d'apprendre à reconstruire une face en argile.
En 2006 Hélène Desvals du CNRS qui travaillait sur un film de
vulgarisation sur la pierre de Cassis et la géologie des Calanques, me
dit qu'elle avait rencontré Luc Vanrell et qu'elle l'avait entendu dire
que le Dr Albert avait des notes sur sa trouvaille. Elle me donna ses
coordonnées et m'encouragea à le contacter.. finalement à l'occasion
d'une conférence sur les farots par Anne-Marie Durupt , nous avons fait connaissance . Encore
un incontournable!
Jean Courtin m'a dit de Luc qu'il connait bien puisqu'ils ont travaillé
à la grotte Cosquer ensemble : "il vous étonnera"... c'était peu
dire!
Dans l'affaire, je dois dire adieu à "mon turc", et j'en suis bien
marrie: Il était confortable, il allait avec le paysage, venu sur sa
fuste rapide, caché dans Fontagne, un pirate barbaresque enlevant
les guetteurs de la Vigie, et puis mourant, et enseveli le long de sa
dalle par ses camarades qui devaient emmener les 3 gardes pour en faire
des esclaves du Grand Turc. C'était il y a longtemps.. c'était exotique,
c'était de la fiction, c'était notre conclusion fictive basée sur le
rapport d'un "expert" anthropologue.
Ce qui est encore plus déconcertant c'est qu'aux inepties de
l'anthropologue se sont rajoutées celles du gardien de l'ile, ce qui
fait qu'on entend tout et n'importe quoi à propos de cette affaire. Le
crane du "Turc" n'a jamais été exhibé dans le cabanon de Fontagne bati
par mon père pendant les 4 ans du bail. Il n' y a pas eu 2 cranes. Il
n'est pas dans la construction en béton qui abrite la vasque et la
pompe. Au lieu d'une histoire de pirate du 16ème siècle, nous avons une
histoire assez sordide contemporaine.
Heureusement par un concours de circonstances assez rocambolesque ,
cette triste réalité est noyée dans le reste de l'histoire délirante de
la découverte de
Le 31 Juillet 1944, Antoine de St Exupéry rejoignait derrière les iles de
Riou, du Petit Conclu et du Grand Conclu, quatre épaves de bateaux et un avion
allemand, le Messerschmitt 109 d'Alexis Fürst von Bentheim tombé en
décembre 1943.. Le vrai triangle des Bermudes.
Ironie du sort, les 2 avions étaient pratiquement l'un sur l'autre, tout comme les deux
épaves romaines de l'autre coté du Grand Conclu

Luc Vanrell , plongeur émérite, détective déterminé, a été instrumental dans la résolution de l'énigme . Il raconte ses tribulations dans ce livre qui vient de sortir.. Travaillant à la Grotte Cosquer, il remarqua en sortant de l'eau, le chalut de Bianco et le Minibex dans les parages derrière Riou. Cela l'incita à aller mettre à l'abri du radar de Delauze les débris de "son" avion. Quelques jours plus tard, il lut dans le journal l'histoire de la découverte de la gourmette... pour le reste de l'histoire ...
A lire.. définitivement

Alexis zu Bentheim und Steinfurt
En recherchant St Exupéry, Luc Vanrell a retrouvé un pilote allemand mort le 2 décembre 1943. Une énigme qu'il a résolue avec la même persévérance et le même flair que l'autre . Le 12 rouge ou le 14 blanc? On dirait un jeu de hazard. Il faut donc suivre pas à pas les détails techniques qui ancrent cette histoire dans la réalité pour l'imposer en tant que vérité. Il raconte cela aussi dans son livre.

Les
rebondissements de son enquête et les grandes avançées sont toutes dues
à sa tenacité et à sa personnalité, qui fait des amis de ceux dont
il a besoin. C'est Jason et la Toison d'Or! Raoul Amari qui se confie,
Jack Curtis, l'Américain, pilote de P.38 qui le remet sur le droit chemin, et ceux qui rêvent de la
gloire attachée à tout ce qui touche à St Ex. Bien sûr il fantasme aussi
un peu lorsqu'il pense à ce que lui a dit Amari, mais lorsqu'il est
convaincu que le squelette n'est pas celui de St Ex, il persévère, et
grace à Lino von Gartzen, il résout 2 problèmes à la fois: il tire
l'inconnu de Riou de sa fuste et le place dans l'avion de chasse
allemand du Prinz Alexis Fürst zu Bentheim, et
cela les conduira à
retrouver Horst Rippert qui a abattu l'écrivain!
Pour une fois on peut dire: Incroyable, mais vrai!

Alors qu'il recherche le moteur du Lightning de St Ex, Luc Vanrell remarque une gorgone dans une étendue de sable..il en conclu qu'elle est attachée à quelque chose sous le sable qu'il écarte de la main et il découvre un moteur qu'il croit d'abord être celui d'un bateau car il a 6 cylindres., mais dessous il y en a une autre rangée, et il y a aussi un canon de 20mm qui tirait à travers le moyeu de l'hélice. Cela les conduira à identifier l'avion d'Alexis von Bentheim
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Photos et portrait - courtoisie de la famille von Bentheim |
Pour les deux hommes dont Luc nous raconte les derniers instants , les
Parques ont fait se croiser brièvement les fils de leurs destins avant
de les couper, sur fond de guerre dans un décor grandiose.
Lorsqu'en décembre 1943, 150 avions alliés viennent pour bombarder la base de sous-marins
allemands de Marseille, la Luftwaffe envoie en contre-feu trente
chasseurs. Première mission de combat pour 3 des pilotes qui ont un instructeur.
Les P38 contre-attaquent. Le 12 rouge est touché, il tente un
amerrissage . Ce type d'avion sombre dès qu'il touche l'eau. Les
instructions sont d'essayer d'éjecter pour ne pas mourir noyé.
Raoul Amari a dit à Luc Vanrell qu'il avait failli recevoir un cockpit
sur la tête. Faut-il en conclure qu'Alexis zu Bentheim a ouvert la
carlingue pour se préparer à sortir de l'avion?
Mais les pieds sanglés
dans les paloniers, l'armature du tableau de bord au-dessus des genoux
présente un autre traquenard:
Sa jambe droite arrachée au genou par le tableau de bord d'un
Messerschmitt 109 lorsqu'il a été ejecté lors de l'impact, Prinz Alexis
Fürst zu Bentheim
und Steinfurt est mort
à 22 ans
du traumatisme, exsangue, flottant entre le Conclu et Riou. Un jeune prince, mais avec une destinée bien autre que celle du
petit prince de St Exupéry.

Averti de la possibilité que son frère puisse être l'inconnu de
Riou mis à jour
en 1964 fortuitement par mon père, Christian
Fürst zu Bentheim
(à droite) a participé à l'identification
de l'ADN d'une vertèbre, et
s'est rendu sur le site en mer pour y laisser un ruban aux
armes de sa famille.
Bien avant les résultats de l'analyse ADN, nous savions qu'il
partageait avec son frère Alexis un affliction nommée Bruxisme
Nocturne, et que l'usure des molaires en est le résultat.
Il ne restait plus à Luc et à Lino que de mettre le point final
à l'histoire de St Exupéry. S'ils n'avaient pas le squelette ,
ils avaient l'avion et le bracelet! Il reste encore de nos jours 5 pilotes qui
étaient dans le sud de la France lorsque St Ex disparut.
Le 31
juillet 1944 avant midi, l'un d'eux, Horst Rippert, est
envoyé seul pour intercepter un Lightning qui vole à basse
altitude . Mission accomplie. Le même jour, écoutant les
messages radios des alliés, les allemands apprendront que St
Exupery, l'aviateur mythique, n'est pas rentré à sa base.
Ils garderont le silence pendant 63 ans.

Montage du DVD de laTangram : Duel dans les nuages
Horst Rippert s'apprêtant à tirer sur le F5 Lightning .
Cet avion était le plus rapide de l'époque et pouvait voler à
haute altitude, à condition de mettre un masque à oxygène. St Ex
n'avait pas d'armement à bord, remplaçé par les appareils
photos, n'aimait pas tout l'arnachement nécéssaire au vol en
altitude. De plus il cherchait des installations militaires à
photographier, donc il lui fallait voler bas.
Le mois d’avril 1965 fut exécrable: 22 jours de vent d’Ouest ou Nord-Ouest consécutifs!
Je mis à profit cette claustration forçée sur le continent pour étudier la pose d’une pompe et la protection de la vasque destinée aux animaux.

En souvenir de la sépulture du Turc je dessinais un petit édifice rappellant vaguement un tombeau.
Il fut construit en Mai et terminé à Pentecôte sous un orage violent.
(fin de citation)

Aujourd'hui la tombe est vide, la citerne ne sert à rien parce que non
entretenue, les massaliotes grecs sont devenus des massaliotes romains,
le pirate turc est devenu un pilote nazi.
Suite à la parution du livre de Luc, et sur son initiative, nous avons donné des interviews à la Provence et à des cinéastes allemands qui ont fait un documentaire sur St Exupéry, sur Horst Rippert, sur Alexis zu Bentheim et son frère Christian. Ces documents peuvent se voir aux adresses suivantes:
http://terra-x.zdf.de/ZDFde/inhalt/12/0,1872,1021580,00.html
http://www.laprovence.com/articles/2008/10/12/592001-Region.php
Le 31 juillet 2009, la ville de Marseille , capitale de
la culture oblige, récupèrera à son tour l'auteur/aviateur Antoine de St
Exupéry. Une plaque sera posée sur le Grand Congloué, commémorant les pilotes disparus par la folie des hommes.
C'est par curiosité que j'ai lu les bouquins de St Ex, pour savoir ce
qui aurait tellement enthousiasmé un Horst Rippert au point d'en faire
un mordu de l'aviation. C'est Pilote de guerre qui m'a le plus frappée.
La Corse est la revanche d'Arras! Ces missions de renseignements ,
ce n'est plus avec un détachement résigné qu'il devait les entreprendre.
Et la chance a tourné alors qu'il était beaucoup moins vulnérable qu'au
moment de la défaite.
Luc explique qu'entre les deux guerres les Allemands n'ayant pas de
pilotes comme ceux de l'Aéropostale s'enthousiasmèrent pour les Mermoz,
St Exupéry et lurent ses livres. Autre ironie du sort, après la guerre
qui fit de lui un Fürst, le cadet d'Alexis qui avait lui-aussi
fait partie de la Luftwaffe, continua à voler et nomma son avion
personnel "Antoine de St Exupéry" sans se douter qu'il lui devrait de
retrouver son frère.
Donc Marseille qui n'a rien à voir dans cette affaire va récupérer le
grand homme.. parce qu'il s'est fait descendre comme un lapin dans les
Calanques. On risque même de lui donner un musée éventuellement (On
devait aussi en faire un à l'emplacement où les fondateurs grecs de
Massalìa faisaient la fête.. on les a dotés d' un parking au lieu d'un
temple, et pas en marbre de Paros!)
Eh bien non, en définitive il ne sera pas mieux loti que nos fondateurs
phocéens, un simple mémorial sans doute.
Il y a 65 ans j'aurais pu assister aux deux évènements révélés par Luc,
de ma fenêtre.

Luc Vanrell et Jean-Claude Bianco
Cette plaque doit être posée sur le Grand Conclu.
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Les clés de l'énigme de la disparition de St-Ex: sa gourmette trouvée par Habib Benamor et Jean-Claude Bianco, et le P-38 Lightning trouvé et identifié par Luc Vanrell.

Et dans le Lacydon, comme il y a 2600 ans..pas loin du symposion où
on aurait dû leur offrir un banquet....
Le temps de mettre de l'eau dans des amphores à
Fontagne, je partirais bien pour Foça avec le bateau d'Ulysse!
On peut rêver non?!
Et demain?? Nous sommes à la fin de la route qui vient de Marseille. Là, aux Goudes
on se plaint à longueur de journée que tout a changé, que ce n'est plus
comme avant! Pensez donc: les Calanques vont devenir Parc National. Déjà
on vous casse les valentins parce que vous écrasez une plante que l'on
ne voit pratiquement pas si vous descendez un éboulis en courant.
Après on va vous interdire de chasser les lapins à la myxomatose! On va
vous empêcher de pêcher à la sortie de l'égout comme si la daurade du
restaurant n'était jamais allée y faire un petit tour! On parle
d'interdire la pêche au thon rouge, demain ce sera les chaluts que l'on
interdira. Quel manque de reconnaissance c'est bien un chalut qui a
remonté la gourmette à St Ex? Ils détruisent tout sur leur
passage, gaspillent le poisson ? Et c'est pour cela qu'il faudrait les
interdire??
Pourquoi pas? A Callelongue, sur le quai c'est interdit de pêcher,
de plonger, de
se baigner, c'est tout écrit sur le panneau d'acceuil.. et on vient
d'installer les poubelles sur le coté parking et sous l'acceuil! Encore
heureux, là, c'est presque comme avant :il y a encore des cabanons avec
les treillards.. Mais ça c'est pour le cinéma.. On a tourné des tas de
films içi, la preuve, il doit bien y avoir encore dans l'eau des
carcasses de citroens qui rataient le virage..
On n'a rien vu de la commémoration de St Exupéry . La cérémonie était au Frioul ?? Il est pas
tombé à Riou? Ils avaient peur d'attraper le mal de mer ? Où ils l'ont
vu la houle, il faisait beau temps! De toutes façons les héritiers
seront contents. Il va peut-être falloir acheter ses livres pour savoir
pourquoi on en fait un tel plat. Il était de Marseille? Non! Il habitait
içi? Non! En tous cas, ce pauvre Bianco, lui, il sait ce que ça lui a
couté toute cette histoire.: la prochaine fois il fera mieux de la
rejetter à la mer la gourmette, comme toutes les bordilles qu'on ramène dans les
filets!

Jean Claude Bianco, Luc Vanrell, Habib
Benamor,Lino von Gartzen : Hommage à St Ex
Alors comme ça à Marseille y a pas de héros? Peut-être c'est parce
qu'ils ont des pieds d'argile. Et parce que nous sommes des démocrates
de la première heure. Tous égaux, reduction au plus petit commun
dénominateur! Chercher la faille..et avec quelle hargne! rien, ni
personne n'y resiste.
Heureusement Elles sont là, les Calanques, immuables, imperturbables, à
tous les vents, à tous les soleils. Elles se méritent, mais quelle
récompense! Elles vous feraient presque oublier les hommes, jusqu'au
moment où un pan de mur vous rappelle que vous êtes seulement à
l'Est d'Eden.

Parlons donc d'un héros oublié ou presque! Dans les années 50 il y avait
sur la Placette aux Goudes la famille Christianini, le père, 2 fils,
leurs femmes, leurs enfants. L'ainé Gaston était un passioné de chasse
sous-marine..harpon et bouteilles au stade expérimental.. Il me semble
me souvenir qu'il était surtout amateur de daurades. En pêchant autour
du Grand Conclu qui n'est pas très loin des courants de l'égout qui à
l'époque était plus organique qu'aujourd'hui, donc plus poissoneux, il
découvrit un amas d'amphores. Malheureusement aux débuts de la plongée,
les risques n'étaient pas bien compris, ni le besoin de faire des
paliers. Il y avait un caisson à Toulon d'après ce que j'ai lu, mais
cela pris du temps avant qu'il soit transporté et admis. Il s'en tira,
si l'on peut dire, avec une paralysie des jambes.
Peu de temps après la Calypso vint s'amarrer à la pointe NE du Conclu,
et le capitaine Cousteau devint le pionnier de l'archéologie sous
marine, l'inventeur de l'Aqualung et la Superstar des films sous-marins.
Et notre héros?? pas aux oubliettes mais presque! De toutes façons que
connaissait-il des amphores romaines?? Fernand Benoit le conservateur en
chef supervisait les travaux archéologiques, mais ne plongeait pas.. Il
ne comprit jamais qu'il avait sur les bras 2 épaves romaines sombrées au
même endroit avec un écart de 100 ans.
Un après-midi, avec mes parents nous sommes allés regarder les
opérations de sauvetage. Une corde où l'on attachait les amphores tous
les 10 mètres environ les remontait rapidement vers la Calypso, un peu
comme on tire une ancre. mais elles cassaient en l'air !.. Une partie de
ce qui fut remonté est exposé au Musée des Docks Romains, et le nom de
l'inventeur??? M. Christianini !!
Gaston, lui surmonta partiellement sa paralysie, et pouvait marcher en
lançant sa jambe en avant depuis la taille. Il appella son bateau "Joie
de Vivre" acheta une combinaison, un appareil de plongée et continua à
se glisser dans l'eau où il pouvait oublier son handicap en s'adonnant à
sa passion de la pêche.
Sa femme, traumatisée, ne pouvait plus monter sur un bateau sans croire
que les vagues allaient engloutir l'embarcation.
Mais lui, je le revois encore traversant la Placette en combinaison,
harpon à la main, balançant son corps pour avancer, avec un sourire qui
allait d'une oreille à l'autre. Quelle fut sa récompense pour la
découverte de ces épaves romaines?? On lui donna royalement 2 amphores.
et puis on l'oublia! Dans un autre temps et un autre lieu on lui
éleverait une statue devant le musée de l'Archéologie sous-marine.
Extrait des écrits du Dr
Capitan
ou l'art de tirer des conclusions vraies de prémices fausses
... Actuellement, l'ile est absolument sèche. Il n'en a
vraisemblablement pas toujours été ainsi. Dans le fond de ce ravin
coulait certainement un ruisseau; C'est lui qui a déposé ce sable dont
on ne peut sans cela expliquer la présence. Ce n'est pas en effet un
sable éolien ni marin, et d'ailleurs l'existence de quelques coquilles
de mollusques d'eau douce montre bien qu'il s'agit d'un dépot alluvial.
On pourrait même supposer que c'est à cause de cela que cette ile, nous
le verrons plus loin, a été si fréquemment visitée par les populations
les plus différentes pendant un grand nombre de siècles. c'était
peut-être un point de ravitaillement, surtout en eau pure, que pouvaient
connaitre les navigateurs antiques.
C'est sur le flanc Est de ce ravin, au point indiqué par un carré sur
les figures 11 et 12 et sur un espace correspondant environ à 100 mètres
carrés,que nous avons receuilli nos silex dans les parties non
exploitées lors de l'extraction du sable.
En ce point ont passé nombre des populations d'époques très variées;
elles ont laissé dans les couches de terrain qui se superposent très
régulièrement, soit des silex pour les plus anciennes, soit des
fragments de céramiques fort nombreux pour les suivantes . Or, on sait
que l'analyse de ces débris de travail humain est extrèmement
instructive et permet de dater exactement les couches qui les
renferment.
Nous avons disposé sur un carton que nous présentons à l'Académie des
spécimens typiques de ces divers produits industriels rangés suivant
leur position stratigraphique qui est la suivante.
A.- A la surface du sol, dans un humus sableux,très peu épais, au milieu
d'une herbe rare, on trouve,en
grande quantité
( et même aussi en d'autres points de l'ile) des
fragments de céramique romaine. Ce sont généralement des débris
d'amphores ou de grands vases d'une terre rose, blanchâtre ou jaunâtre,
avec quelques paillettes de mica, et en général bien cuite. Les
specimens de poterie fine à couverte rouge ( dite samienne ) sont rares;
nous en avons recueilli deux échantillons, sans ornements, rappelant les
terres rouges de fabrication gauloise.
B. - Au-dessous, dans un sable éolien, nous avons recueilli ( mais
seulement dans notre ravin) toute une série de petits fragments de
poteries grecques caractéristiques, mais d'age trés différents. Il ya
d'abord des specimens de terre blanche, fine, soigneusement lustrée,
très bien cuite, parfois noire à l'intérieur, quelques fois avec
décor
géométrique brunâtre, d'autres sont rougeâtres très cuits avec petits
ornements coniques; il en est d'une terre grisâtre à couverte
gris-brun-rouge, d'aspect presque metallique. Ces diverses terres
provenant de petits vases, très bien tournés , rappellent absolument les
fragments céramiques mycèniens ; D'autres débris sont d'une terre jaune
, très fine, parfois à couverte noire brillante. Quelques uns montrent
des fragments de décoration par réserve du fond au moment de
l'application de la couverte noire. Ce sont donc des céramiques de la
belle époque grecque; vers le V° siècle av. J.C.
Enfin des débris de terres jaunes ou rougeâtres plus tendres à couverte
noire fragile semblent dater de la décadence grecque. Il y a donc dans
cette couche des specimens de céramique grecque depuis le 3°siècle
environ avant l'ère jusqu'aux périodes grecques préhistoriques
C. -Sous cette couche grecque nous n'avons plus retrouvé, toujours dans
le sable, que des débris d'une poterie mal cuite, ne semblant pas faite
au tour ou du moins étant mal tournée; la pâte jaunâtre ou rosée est
parsemée de petits fragments de quartz et de nombreuses paillettes de
mica blanc ; il ya des fragments de grands et de moyens vases. Ces
terres très particulières sont assez fréquentes aux environ de
Marseille, surtout dans les oppida où l'un de nous ( Arnaud d'Agnel )
les a fréquemment rencontrées avec son éminent collaborateur Clerc et
les considère avec lui comme étant ligures , c'est à dire l'oeuvre de
populations locales préhistoriques.
D . - En ce point, le sable fin où se trouvent toutes les poteries
précédentes cesse. On rencontre une couche de fragments calcaires
brisés. C'est dans ce milieu et même parfois s'enfonçant dans la couche
sous-ajacente, que nous avons recueilli nos silex égyyptiens, et jamais
dans les couches supérieures; leur position stratigraphique est donc
ainsi nettement définie et élimine toute cause d'erreur : ils ne peuvent
dater d'une autre époque que celle de la couche qui les contient .Ils y
étaient disséminés sans ordre. Cette constatation était extrèmement
importante. Nous l'avons faite avec tout le soin possible,
fouillant nous-mêmes, sans avoir
jamais eu d'ouvriers avec nous.
E. - Au dessous apparait une couche de sable noir brunâtre à éléments
assez grossiers. Au milieu de ce sable noir, avec des débris de charbon,
correspondant à des foyers cumme ceux que l'on rencontre assez souvent
sur nos côtes, il existe de nombreuses coquilles marines mais
appartenant exclusivement à deux espèces, comestibles encore de nos
jours, des patelles et les turbos; fait à noter aussi : toutes ces
coquilles sont d'assez forte taille. Certaines patelles sont même très
grandes.
Ces coquilles ont été apportées dans ces foyers, avec les fragments d'os
brisés ou fendus et les dents d'ovins ou de caprins que nous y avons
recueillies, par les préhistoriques qui ont aussi abandonné dans ces
kjoelkkenmoeddings ( débris de cuisine) des spécimens de leur industrie
en pierre. Ce sont de petites lames de silex quelquefois retouchées à
une extremité sous forme de grattoir ou de perçoir . Nous avons recueilli
aussi une sorte de petite scie en silex blanc bien retouchée sur les
deux faces et deux petites
haches polies en éclogite ( roche verte à grenats ).Tous ces outils en pierre sont absolument différents des silexs
égyptiens. Ils ont été tous importés puisqu'il n'y a dans l'ile que des
calcaires.
Enfin de nombreux fragments de poteries se trouvent aussi dans cette
couche.
C'est une terre brune ou rouge extrèmement grossière et mal cuite, non
faite au tour, parfois noire en dedans et contenant un grand nombre de
petits grains de quartz et de menus fragments calcaires, les bords en
sont ondulés et la panse parfois ornée de sortes de boutons saillants
disposés en séries horizontales. C'est absolument l'aspect des poteries
néolitiques.
La disposition et le contenu de cette couche sont exactement ceux que
l'on retrouve dans maints dépots analogues des côtes de Provence et, avec
quelques variantes d'industrie, sur les côtes de l'Océan, de la Manche
et jusqu'au Danemark.
Il est à noter que dans certains points nous avons recueilli des silex
egyptiens sous l'amas de coquilles et de silex autochtones il a pu y
avoir remaniement du sol antérieur par les nouveaux arrivants et
peut-être une certaine contemporanéité entre les deux populations. On
peut, en tout cas en déduire cette conclusion vraisemblable; c'est
qu'il ne s'est pas écoulé un temps très considérable entre l'habitat des
peuples des kjoekkenmoeddings et le passage des Egyptiens.
F .- Enfin sous cette couche sableuse noire, colorée par les foyers des
kjoekkenmoeddings,le sable du fond du vallon continue sur une épaisseur
qui, là où nous avons fouillé, sur le flan du ravin, n'est que de 0.50 à
l métre et qui certainement devait être plus considérable dans le fond
du vallon.
La superposition que nous avons observée à l'ile de Riou en ce coin de
ravin que nous avons fouillé pourrait donc être résumée de la façon
suivante.
|
Epaisseur Moyenne |
Nature du Terrain |
Epoques |
|
0m 10 |
Sol pierreux et sableux avec herbe rare , nombreux fragments de céramique provenant d'amphores et de vases; céramique à couverture rouge |
A |
|
0m 12 |
Sable fin. Débris de céramiques grecques de diverses époques depuis le III ème siècle avant J.C. jusqu'à l'époque mycénienne |
B |
|
0m 07 |
Sable fin. Débris de vases en terre pailletés de mica |
C |
|
0m 10 |
Fragments calcaires brisés : silex egyptiens |
D |
|
0m 20 |
Kjoekkenmoedding avec coquilles comestibles, os, silex taillés et fragments de poterie. Industrie autochtone |
E |
|
0m 50 |
Sable du fond du ravin |
F |
En gris, les tessons inserrés par l'abbé Arnaud d'Agnel.
De cet ensemble d'observations on peut donc déduire les faits suivants :
à une époque très reculée il existait dans le fond de ce vallon de l'ile
de Riou un petit cours d'eau qui, a donné naissance au sable qui le
remplissait, il y avait certainement de la végétation et probablement de
la faune; l'ile avait-elle sa forme et ses dimensions actuelles? Il est
bien probable que non. On sait que des mouvements de soulèvement et
d'abaissementont jusqu'à une époque relativement récente ont
profondément modifié la topographie des cotes de la Méditerranée en
Provence, comme aussi celle des cotes italiennes; la mer s'est tantôt
retirée assez loin des côtes et tantôt elle a envahi des points de la
cote situés aujourd'hui à plusieurs mètres au dessus de la mer. On peut
donc admettre qu'à certains moments l'ile de Riou a dû être notablement
plus étendue et que ,ainsi que nous le disions au début, son aspect
actuel n'indique que le sommet de la crête montagneuse qui constitue sa
charpente . Il est très possible que les premières populations qui sont
arrivées à Riou, les aborigènes néolitiques anciens qui ont laissé dans
leurs foyers et leurs amas de coquilles, les
misérables silex et la grossière
poterie que nous avons trouvés, soient venus de la côte de Provence à
pied sec ou n'aient eu qu'un court chenal à traverser.Ils y ont
habité comme dans les autres iles voisines, à l'ile Maïre par exemple et
sur quelques points de la côte de Provence, se nourrissant des moutons
ou des chèvres qui vivaient sur la montagne et surtout des coquilles
qu'ils ramassaient sur les plages. Plus tard, mais vraisemblablement pas
fort longtemps après, des navigateurs égyptiens sont venus à l'ile de
Riou, ils y ont séjourné plus ou moins longtemps et y ont abandonné les
produits de leur belle industrie sur le sable de la dune où avaient vécu
les néolitiques autochtones des kjoekkenmoeddings, ensuite les éboulis
ont recouvert leur silex
Comment ces Egyptiens étaient-ils venus à Riou? Etaient-ce des
navigateurs ayant relâché dans cette ile pour y faire de l'eau où
s'abriter de la tempête, ou bien, naufragés emportés là par les
courants et le gros temps, sont-ils venus finir leur vie à Riou ,?
Toutes les les hypothèses sont permises. Cependant il en est une
particulièrement vraisemblable et la voici : On peut se faire une idée
de la topographie ancienne de l'ile et de son voisinage en examinant la
carte particulière des côtes de France publiée par les ingénieurs
hydrographes de la marine; en effet si on veut bien regarder la
réduction que nous publions ci-dessus (fig. 12) on s'apercevra
facilement,en examinant les chiffres indiquant les profondeurs relevées
par les sondages, qu'au sud de l'ile de Riou on trouve des fonds de 42,
66, 82 mètres . Au nord de l'ile au contraire, entre elle et l'ile de
Calseraigne, on ne trouve plus que des profondeurs de 15, 13 et 10
mètres et même 3 mètres ( écueil du Milieu ). Entre l'ile de
Jaire et la côte : 17. 12. et même 2 mètres ( estéou de miet) Enfin entre l'ile de
Jaire et la côte : 11. 9. 6 mètres( plateau des chèvres) .Au contraire,
en dehors de ces points saillants, des profondeurs brusques de 20, 3O,
5O, 60 mètres et davantage - on peut donc admettre qu' à une époque indéterminée,
probablement quaternaire et aussi plus récente,
ces trois iles étaient réunies
entre elles et au continent. Ce n'étaient donc pas des iles, mais des
presqu'iles à pentes à pentes abruptes et à crêtes assez
élevées;. La Côte de Provence très déchiquetée se prolongeait
vraisemblablement, dans cette hypothèsee, jusqu'à Riou qui formait
l'extrème pointe du continent en ce point. Mais entre Riou et
Calseraigne devait exister une anse très bien abritée constituant un
excellent mouillage. Comme d'autre part c'était la première terre que
des navigateurs venant d'Egypte devaient rencontrer(??!),
il n'est pas étonnant que les Egyptiens se soient arrêtés précisément en
ce point; même observation pour les Grecs.Or c'est juste sur cette anse
que s'ouvre notre ravin. D'autre part et bien avant eux,les autochtones
néolitiques avaient pu venir à pied sec de la Provence.
Des érosions un peu actives et un abaissement maximum d'une quinzaine de
mètres ont suffi pour transformer les rivages déchiquetés de la Provence
en ce point ( comme ceux de la Bretagne actuelle) et les changer en îles
presentant l'aspect moderne. A quelle époque se sont produites ces
modifications? Il est bien difficile de le dire; ce serait dans notre
hypothèse, après la venue des autochtones, des Egyptiens, même des
Ligures dans la presqu'île de Riou.
Quoiqu'il en soit, ce que nous savons c'est sensiblement l'époque à
laquelle sont venus à Riou ces voyageurs lointains
Il est maintenant établi que le néolitique égyptien a duré jusqu'aux
premières dynasties, or c'est sensiblement vers le cinquième millienaire
avant l'ère que débutent les premières dynasties égyptiennes. Il
s'ensuit donc c'est avant ou vers 5000 que les Egyptiens sont venus à
Riou. Ce fait est gros de conséquences.
Ainsi les kjockkenmoeddings locaux, avons-nous vu, sont antérieurs ou au
moins contemporains des silex egyptiens, ils sont donc du même coup
datés. Mais alors on se trouve
terriblement loin de la chronologie classique des 2000 ans auxquels
pourrait remonter l'époque néolithique; il est vrai qu'il s'agit
là d'un très vieux faciès du néolithique, les kjoekkenmoeddings
remontant vraisemblablement à l'origine de cette période.
Longtemps après que les égyptiens eurent abandonné leurs silex sur les
flancs du petit ravin de Riou, des populations venues de la côte et que
faute de mieux on désigne sous le nom de Ligures, vécurent à Riou et y
laissèrent des débris de leurs céramiques pailletées de mica, si
spéciales que nous avons retrouvées. Puis à leur tour, et bien des fois
à des époques différentes des populations grecques vinrent à Riou et
abandonnèrent ces multiples et variés fragments de leurs céramiques
caractéristiques.
Enfin les Romains séjournèrent à l'ile de Riou et semblent avoir eu de
véritables installations de longue durée, tant sont abondants les
fragments céramiques que nous avons trouvés dans cette ile.
Il n'y a pas lieu de s'étonner de la présence exclusive de la céramique
dans ces gisements: la poterie est ce qu'il y a de plus fragile; une
fois brisée, on en abandonne les fragments. C'est aussi ce qu'on doit
surtout trouver en un point où vraisemblablement on venait chercher de
l'eau.
Les fragments d'autres objets en os ou en corne sont à l'ordinaire bien
moins fréquents. Ceux en bois ont disparu. Quant aux débris en métal,
ils sont toujours plus rares dans les couches qui peuvent en renfermer...
Rapport du Génie dans les commentaires de
l'Atlas des Batteries dréssé en 1818
L'orthographe est celle
du document - pas de point seulement des virgules
Batteries de Morgiou
Les attaques répétées qu'ont éprouvé ces batteries ont assez prouvé leur importance, si elles n'ont pas mieux rempli leur but, ce n'est pas que leur site n'est pas très favorable à une bonne défense, mais les travaux qui devaient seconder ce que leur position a d'avantageux étaient à peine commencés lorsque dans la nuit du 30 au 31 Mars 1813 l'ennemi débarqua dans l'anse de Sormiou au nombre de 2 à 300 hommes guidés par des gens du pays sans doute, il parvint à traverser les roches dont est herissée cette partie de la côte sur le sommet de la Montagne de la Grande Chandelle° d'où descendant sur le cap il força bientôt le petit poste chargé de défendre le pas du Renard et tomba sur les défenseurs de la batterie où se trouvait un détachement de 40 hommes d'infanterie, outre les Cannoniers, l'officier qui le commandait, le gardien de la batterie, un cannonier garde Côte et 16 soldats d'infanterie furent faits prisonniers, eurent encore 4 hommes bléssés, la batterie entièrement détruite, le fourneau à réverbère dégradé, les canons, leurs affuts et munitions furent jetés à la mer, les baraques incendiées etc...enfin l'ennemi captura 10 des 14 batiments formant un convoi mouillé en ce moment dans l'anse du port de Morgiou.
A peine avait-on réparé une partie des dégats causés par l'ennemi dans
cette batterie , les épaulements reconstruits allaient être réarmés que
l'ennemi s'attaqua de nouveau le 2 Mai à cette batterie, après une
canonnade il débarqua directement sur le Cap Morgiou par le débarcadère
de St Pierre et celui de la Gorguette, détruisit de nouveau les
épaulements, fit sauter ce qui restait du
fourneau à réverbère* et
s'empara de 6 batiments du commerce mouillés dans l'anse et d'un bateau
chargé d'agrès d'artilleries.
Pour prévenir le retour de semblables échecs on s'occupa de suite des
travaux indiqués dans la 2ème colonne de cet article. On avait également
projeté de barrer par un retranchement bastionné le passage étroit en
avant de l'emplacement choisi pour y établir une tour du modèle n°9.
Avec tous ces ouvrages les batteries de Morgiou auraient été sans
contredit les mieux défendues de toutes la côte et il me paraissait
entièrement superflu d'achever
cette tour dont les déblais par son emplacement
étaient faits en partie.
Je proposais en conséquence d'y substituer un corps de garde défensif
dans le genre de celui dont j'ai fait la description à l'article de la
batterie de Niolon, et qui beaucoup moins couteux, plus rapidement
construit, offrant plus de logement que la tour pouvait la remplacer
avec d'autant moins d'inconvénient qu'il est impossible de monter du
canon sur le cap pour l'attaque de ce réduit."
*un fourneau à réverbère est un fourneau où la chaleur est réverberée
par la voute du four. Le combustible est brulé dans une chambre
différente de celle des matières traitées. En 1775 la Marine Française
fait venir un maitre de forge britannique, William Wilkinson pour
construire un four à réverbère pour la fabrication d'artillerie en fonte
de fer: ce sera la fonderie d'Indret.
Il y avait donc une fonderie sur le Cap Morgiou en 1813 , Morgiou à la
pointe du progrès technique ?? Pas vraiment.. le four servait surtout à
chauffer les boulets au rouge avant de les envoyer sur les bateaux
anglais dans l'espoir de les voir s'embraser. Plusieurs batteries de la
côte
marseillaise en
étaient
équipées,
sur décret de Napoléon,
ainsi que le montre l'Atlas de 1818.

Cette construction pourrait être un four à
reverbère de fortune. Murs de 1m d'épaisseur, 1 mètre de profondeur lorsque la
voute était en place , la partie de droite de 60 cms de largeur ,celle
de gauche de plus de 1m formant un L.
Elle n'est pas entre les 2 batteries comme on pourrait s'y attendre mais
près de la tour.
°
La Grande
Chandelle se trouve de l'autre coté de la calanque de Morgiou, et
certainement pas entre Sormiou et le Pas du Renard. Toutefois en
regardant de près la carte réalisée par mon père du Massif de
Puget je vois qu'il y a une Candelle au Cancéou , en fait une aiguille
qui est bien, elle, sur le chemin du Pas du Renard en venant de Sormiou
qui est le chemin pris par les Anglais.
Il identifie aussi le
carré de pierres comme ruines du corps de garde, la tour qui en fait n'a
jamais été batie.
Le nombre d'Anglais est identique à celui qui attaque la batterie de
Cacaù en Août 1813 en débarquant de nuit dans Port-Pin et jettant là
aussi les canons à la mer.
Cela est aussi vérifié par les canons qui sont toujours dans l'eau. 5
à Cacaù ,
![]() |
|
|
Pointe Cacaù - Photo Jean-Claude Cayol |
Canon Premier Empire en fer - |
![]() |
|
| Celui-çi récupéré à la plage des Lecques par les marins pompiers de St Cyr serait du XVIIème Petit calibre |
Celui-çi en bronze , orné d'une salamandre daté de 1525 et sombra dans le port de Toulon en 1533 à bord de la nef de François 1er, la Grande Maitresse - son calibre est de 36 - le boulet pèse 36 livres |
HISTOIRE grande et petite
de Riou, Marseille et les Calanques
QUELQUES DATES tirées des Iles Côte à Côte et de Bouillon-Landais, de
Courtin
En jaune location de tessons
| Siècle | Date | Evénement | Tessons |
| -5600 | Cardial ancien - niveau de la mer à -30m Entrée de Cosquer déjà submergée . Riou est une presqu'ile, les fonds entre Plane et Riou sont à 20 m du niveau actuel | Sablière | |
|
-700 -350 |
Etrusques et Grecs et Massaliotes campent sur la Sablière Riou, vont au puits des chevres se ravitailler en eau |
Calemassane:Massaliete Puits des Chèvres:Etrusque Massaliete,Italique Sablière: Etrusque et Attique Fontagne: Mass |
|
| -600 | Fondation de Marseille par les Phocéens | ||
| -550 | Seconde émigration phocéene | ||
| -573 à-530 | Fondation de comptoirs phocéens à Emporion(Ampurias), Agatha (Agde), Rhodanousia (St Gilles du Gard), Heraclea et Theline(Arles) | ||
| -400 | Colonies militaires massaliotes à Olbia, Antipolis et Agathe à cause de violents conflits avec les indigènes | ||
|
-380 à -360 |
Pythéas écrit un ouvrage sur l'océan et un récit de son périple | ||
| -300 | Création de Taureis (Le Brusc) et Nikaia (Nice) à cause de conflicts avec les celto-ligures | ||
| -100-90 | Destruction d'Entremont la celte | ||
| -49 | Siège de Marseille par
Jules Cesar. Il ordonne la coupe d'un bois sacré près de la
ville, et coupe le premier arbre lui-même. Combats navals en
rade de Marseille et devant Tauroentum (Le Brusc); La ville
capitule, mais sera épargnée |
Arles lui construit 18 bateaux en 6 mois pour le siège et sera faite Cité Romaine | |
| -50 à +50 | Pêcheries de thon à Riou, Plane, Ile Verte et Embiez |
Puits
des chèvres: Mass, Ital Fontagne ; Mass, Punique Italique,Betique |
|
|
IVème siècle |
+300 | Itinéraire d'Antonin | Immadras Positio =Maïre Farot |
|
Vème siècle |
+400 | Christianisation de la ¨Provence ; Lazare évêque, Cassien qui fonde à sa demande St Victor pour les hommes et St Sauveur pour les femmes. | Les soeurs de St Sauveur seront propriétaires du massif des Calanques |
| +476 | Les Wisigoths à Marseille puis les Burgondes et les Ostrogoths | ||
| VIème | Peste tue le tiers de la population | ||
| +536 | Les Francs à Marseille- Le port reste actif jusqu'à la fin du VIIème siécle | ||
| XIIème | 1164 | Période Vicomtale - Evêque possède les faucons de la terre majeure jusqu'à la Colonne, et les Vicomtes , les faucons des Iles. | |
| 1165 | Mention de Pumachi (Pomègues) | ||
| 1182 | Mention de Sancti Stephanum (Ratonneau) | ||
| XIIIème | 1211 | Mention de Pumaguin (Pomègues) | |
| 1264 | La Ville paie des guetteurs sur la côte et les Iles dont Maïre et Riou (B1501 f°60 ADBdR) | ||
| 1295 | Première mention de la Vigie de Riou: registre de la cour des comptes Rubey | Philippe le Bel roi de France | |
|
XIV siècle |
30 Juin 1302 |
Réseau de farots entre
l'Espiguette(Crau) et la Turbie Farossium in loco de Masselha Veyra quod respondere debet ad insulam de Rieu |
|
| 1318 | Criée pour faire porter des pierres à Planier par tout bateau pêcheur | ||
| 23 Juin | 1326 |
Hughes de Conchis
Viguier à Marseille Robert de Millet fait l'inventaire des farots et vigies |
Robert le Sage, Comte de Provence, Roi de Naples |
| 1331 |
Chasse interdite à
Pomègue et Galiana et Riou (BB17 f°113 ACM) |
||
| 1347 | Grande Peste | ||
| 1348 |
Reine Jeanne jure
devant le pape Clément VI de ne jamais aliéner la Provence Collas de Morgils ; Collas de Sormil |
Oncle lointain du Dr
Albert par la famille Rogier, oncle de Grégoire XI |
|
|
1320,26, 29,1330 32,1362 |
Délibérations prises en
conseil à Marseille préconisent d'établir ou rétablir les farots
, en particulier à Riou (BB11 à 23 ACM) |
Guillaume de Sabran Seigneur de la Tour d'Aigues | |
| 1362 | Les pirates marseillais ayant arrêté en mer et dévalisé les navires chargés de blé pour le Souverain Pontife, Innocent VI menace de les excommunier , mais meurt avant de mettre sa menace à exécution | Etienne Albert, oncle lointain du Dr Albert , pape d'Avignon sous le nom d'Innocent VI | |
| 24Juin 1372 |
Magnifique Homme Jean
des Anins de Caramanique promet de payer les gardes , mais ne
fait rien Eglise de Marie de la Garde |
Reine Jeanne Menace des Catalans |
|
| 1376 | Grégoire XI retourne la papauté à Rome- s'arrête à Port Miou (tempête) et aux Embiez. Il n'a pas le pied marin. |
Oncle lointain du Dr
Albert par la famille Rogier |
|
| 1385 | Maïre a une tour et un farot ; L'insula de Rieu est précisée comme custodibus de Rieu CC194f°24 ACM | Cruche pisan rosé | |
| 1395 | Antonius Maurini, Laborator dal frati Francisco heremine de Nocheria de Neapolis , unam cavernalam siove balman de roca , sitam in territorio Massilie supra portum Massilie Veteris = Don de la grotte de St Michel à un ermite napolitain | Règne de Louis II, roi de Naples et de Sicile, de Jerusalem,Comte de Maine et de Provence, Duc d'Anjou | |
| 1397 Oct |
Dictam barchiam fuit
perfundata et distruicta BB129 A fol ADBdR Sur l'emplacement des farots de Riou et de MarseilleVeyre 351 E 396 f°208 ADBdR) |
||
|
XVème siècle |
20 février 1404 | Les syndics de Marseille demandent remboursement par notaire de la paye des gardes | |
| 1384 à 1464 | Pendant 80 ans la paie est en principe de 5 florins par garde et par mois avec des hauts et des bas | Pons de Rassaud Viguier | |
| 20 Avril | Augmentation à 4 florins 1/2 jusqu'à Mai 1527 | ||
| 20 Nov | 1423 | Les guetteurs annoncent l'arrivée de l'escadre d'Alphonse V, roi d'Aragon , qui attaque, pille et brule Marseille. Les "chiens de Catalans" emportent la chaine du port et les reliques de St Louis d'Anjou. Marseille a perdu 3/4 de sa population. | |
| 12 Oct | 1431 | Institution des Prudhommes Pêcheurs . Developpement du cabotage | |
| 1442 | Prix passé entre le Conseil de la Ville et un maçon pour la construction de maisons 4x3x3m de haut avec cave et citerne sur l'emplacement des farots.. in roduncula montis de Rieu | ||
| 1447 |
Jacques Coeur se fait
recevoir citoyen de Marseille. Son fondé de pouvoir est Jean de
Villages . Relance du commerce. Le Roi René emprunte 1220 florins aux Prudhommes pour construire le Fort St Jean pour les Templiers |
||
| 1451 |
18 falquetas, catre
traversas, C agus pour l'edification de cabanas (poutres
fourches et clous pour charpente) CC468 f°27 ACM |
||
| 1452 | Les Prudhommes ayant prété 1200 florins au Roi René pour la construction du fort St Jean sont remboursés par la cession du droit de pêche à Morgils | ||
| 1464 | 5 florins par mois par garde |
| 1472 | Vigie fermée l'hiver par économie. "Il a plu au conseil que les gardiens restent jusqu'à la Toussaint " | ||
| 1480 |
4 florins Echelle pour la Tour |
||
| 1481 | Rattachement de la Provence à la
France de Louis XI. Le Roi René qui meurt le 10 juillet 1480 lègue ses biens à son neveu Charles du Maine qui meurt le 11 décembre 1481 avec pour héritier Louis XI. Palamède de Forbin, gouverneur |
||
|
XVIème siècle |
Industrie du savon utilisant la soude végétale, l'huile d'olive et le procédé Leblanc | ||
| 6 Fév 1502 | Cristobal Colon dans une lettre aux roi et reine d'Aragon et de Castille mentionne Pomègue | ||
| 25 Jan 1516 |
Francois Ier est reçu à la Plaine (Campus Martius ou le Plan St Michel) Il fera construire le chateau d'If |
Bols pisans à
sgraffito |
|
| Mars 1522 |
Un bateau de 15 florins est acheté à
Barthemeu Florentin Une fuste est vue en Calla Serena (Plane ou Calseraigne) |
Céramique commune grise et brune | |
| 1524 | Charles Quint entre à Toulon et
Marseille Siège de Marseille par le Connétable de Bourbon pendant 40 jours à partir du 19 Août. Les gardes de Notre Dame et MarseilleVeyre sont retirés en Août et Septembre (ceux de Riou restent sur l'ile) Helion Castel, Petit Jean Baissanet, Antoine Baume |
||
| Juin 1527 | 8 fustes turques venues en razzia enlèvent les gardes , plus un lahut monté par des marins du quartier St Jean Valbella II 178 | ||
| 1533 | Henri II épouse Catherine de Médicis à Marseille | ||
| 1534 | es venguda una barqua de la Sieutat de Martegue que a vist dos fustas defora de Rieu Lettre de Cassis CC543 L471 ACA | ||
| 1540 | Seres Avisas que aud vespre pres de la yslas de Rieu las fustas au pres tres barcas Lettre de Marseille CC 549 L581 ACA | ||
| 1564 | Rhius in qua specula custodibus murita JR de Soliers Q50 | ||
| 5 Nov 1564 |
Charles IX accompagné de sa mère Catherine de Medicis est reçu à la Plaine | ||
| 1579 | Catherine de Medicis tient un colloque à Marseille destiné à réunir Ligueurs et royalistes | ||
| 1577 | Johan Pain Blanc, Baptistin Armelli et Honorat.. sont payés 24 florins pour 9 faulcons que ces gardes ont pris à Riou. Faucons niais (pris au nid) donc en avril ou mai |
Bol A Stecca
Pisan Lustre Métallique Valence Bleu ligure à pate blanche |
|
| 1580 | Peste qui tue le tiers de la population de Marseille | ||
| 1585 | Achat d'un liban (corde à puits) , soit une livre 17 sous devant servir aux gardes à prendre les faucons pour le grand prieur Henri d'Angoulème, gouverneur de la province | ||
| 1584 | Aymar de Champorcin - Herbages de Riou | ||
| 1589 | Vente des herbaiges et pasturgaiges du Frioul, Maïre et Riou (ACM BB 51 f°25 et 26) | ||
|
XVII siècle |
3 Nov 1600 | Marie de Médicis arrive à Marseille pour épouser Henri IV | |
| 1602 | 6 faucons sont pris pour le duc de Guise , gouverneur de la province |
Bols Frejus Cruches Huveaune |
|
| 1610 | Mort d'Henri IV - La famille Valbelle avec l'appui de la royauté monte en puissance à Marseille . Refus du Don gratuit | ||
| 1612 | JB de Village met des chèvres sur Riou. Cette famille amie de Jacques Coeur est influente à Marseille depuis le roi René. Louis XIII prend le pouvoir | ||
| 1614 | François de Caradet herbages Fortification du Cap Morgiou, du Cap Caù et du Chateau de Cassis pour resister aux incursions des pirates turcs |
||
| 20 juin 1617 | Lettre de Louis XIII aux consuls de Marseille pour les remercier de l'envoi de faucons | Batterie Four de Cqux , Double Tournois 1618. | |
| 8 Nov 1622 |
Louis XIII pêche le thon à Morgiou après avoir renouvellé le droit de pêche aux Prudhommes | ||
| 1628 | Peste | ||
| 1628 | Prix d'un faucon = 2 livres 45 sous | ||
| 1631 | Vigie de Rieuls a une tour surmontée
de fumée et de flammes. P.J. Bompar |
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| 1636 | 4 gardes à Riou - bateau halé à terre | Culinaire Biot-Vallauris à la Vigie, Citerne, | |
| Mai 1638 |
Pas de garde à Riou. On envoie Antoine FERRI , valet du premier consul de la ville pour les faucons | Poterie Huveaune sous la falaise entre les calanques du Monaterio | |
| Mai 1641 | On envoit Alexandre DROUIN | ||
| 1649 | Peste | ||
| Nov | 1655 | Des marins s'emparent d'une galère génoise pour donner la chasse à des pirates majorquins et la ramènent au port en piteux état. Sommés par Louis XIV de s'excuser en personne à Gènes les consuls envoient ceux de l'année précédente | |
| Oct | 1658 | Niozelles prend Marseille en main et continue de provoquer le roi | |
| 20 Jan | 1660 | Le gouverneur de Provence , le duc de Mercoeur entre à Marseille avec 7000 troupes et désarme les Marseillais | |
| 11 Fev | 1660 | Pose de la première pierre du Fort St Nicolas | |
| 2 Mai | 1660 | Louis XIV entre à Marseille par une brèche dans les murailles. | |
| 1661 | Raid des Arabes à Callelongue, et
aux Iles - aux Catalans, 60 esclaves sont pris |
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| Mai 1664 |
On envoit Jean DELPHIN et Claude ROUBERT pour les faucons | ||
| 1666 | Nicolas Arnoul fait édifier
l'Arsenal des Galères Construction de l'Hotel de Ville |
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| 1679/ 1707 |
Construction de l'Hospice de la Charité | ||
| Mars | 1669 | Colbert affranchit le port et accorde le monopole du commerce avec le Levant. | |
| 1689 | Il y a un seul garde à Riou | ||
| 1695 | Nicolas TARRUS et son fils
Louis sont payés 45 livres pour Juillet Août Septembre FERMETURE DE LA VIGIE de RIOU Vauban arme le Littoral (Batterie de St Cyr les Lecques) Marseilleveyre et Riou ? |
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XVIII siècle |
La conquête du monde , commerce avec le Pacifique, les Antilles, le Levant. Faïenceries, importation du café. | ||
| 1702/14 | Guerre de la succession d'Espagne. Les anglais sont devant Toulon | ||
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1715 | Mort de Louis XIV | |
| 27 mai | 1720 | Le Grand St Antoine est isolé provisoirement à Pomègues après la mort du huitième matelos | |
| 29 Mai | 1720 | les marchandises fines sont
déchargées à l'Infirmerie les balles de coton sont à Jarre |
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| 3 Juin | 1720 | Le Capitaine Chataud affirme sous serment que les morts sont dues à de mauvais aliments | |
| 1720 | Curés réfugiés à l'Aiglon. Pêcheurs, Equipage du Grand St Antoine sur Jarre (?) pendant la peste. Marseille perd le tiers de sa population | Cruches vertes Citerne Huveaune ,Monasterio | |
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1721 1722 |
La peste réapparait, le blocus sanitaire du port est repris | ||
| 1766 | Construction de la bastide du négociant Louis Borély | ||
| 1769 | Commerce avec l'Océan Indien | ||
| 1774 | Commerce avec la Mer Noire. Importation du Blé d'Ukraine | Culinaire Biot-Vallauris à la Vigie, Citerne, Four à Chaux, Beaume Fraiche | |
| 1er Oct | 1774 | Phare de Planier 23m de haut 8,5 de diamètre , 14 reverbères alimentés à l'huile d'olive | |
| 1774 | Mort de Louis XV | ||
| Juillet | 1792 | Le Chant de l'Armée du Rhin devient la Marseillaise | |
| Mars | 1793 |
Marseille, se révolte contre la Convention, est reprise par le général
Carteaux et déclarée Ville Sans Nom Entrée en guerre des Anglais |
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Août 8 sept 1793 |
Le capitaine d'artillerie Napoleone Buonaparte inspecte le littoral entre Marseille et Toulon, logeant à la Ciotat chez Monsieur Louis Ricard. | ||
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XIX siècle |
1804/1808 | Blocus de la cote Provencale par les Anglais | |
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Décret
17 Nov 1810 |
Napoléon fait construire une batterie au Cap Morgeon dotée
de 4 canons de 36, d'un mortier de 12 pouces , d'un obusier de 8
et d'un fourneau à réverbère. 2 pièces de 24 seront placées sur la droite du port |
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| 1812 | Batterie de la Mounine et de Marseilleveyre presque finies. Sentier aménagé entre Callelongue et Marseilleveyre | ||
| 30 Mars | 1813 |
200 Anglais débarquent à Sormiou attaquent la batterie de Morgiou font une vingtaine de prisonniers et jettent les 8 canons , affuts, à la mer, détruisent le fourneau à reverbère | |
| 2 Mai | 1813 | nouvelle attaque mais par le Cap. Par la Gorguette(au dessus de Cosquer) et par St Pierre (entre les deux batteries). | |
| Août | 1813 | 200 Anglais passant par Port-Pin attaquent la batterie de Cacaù, jettent les canons à la mer. Ils s'en prennent ensuite au Chateau de Cassis | |
| 1814 | FERMETURE de la VIGIE DE MARSEILLEVEYRE et de la VIGIE DU CAP GROS | ||
| 1815 | Terreur Blanche à Marseille. Massacres de Bonapartistes et de Mameluks | ||
| 1834 | Epidemie de Choléra | ||
| 1836 | Banque de Marseille | ||
| 1842 1845/53 |
Tentative de ré-armement
des batteries Construction des nouveaux ports de la Joliette |
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| Février | 1848 | Révolution - Barricades - Faillites - Epidemie de Choléra | |
| 1848 | Chemin de fer d'Avignon à Marseille | ||
| 1849 | Canal de la Durance Construction du Prado |
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| 1850 | Construction d'une cabane au Monasterio pour le contremaitre de la Sablière | ||
| 2 Déc | 1851 | Coup d'Etat de Napoléon III | |
| 1853 | Désarmement des batteries des Calanques, récupération du bronze et du fer par mer | ||
| 1853 | Exploitation de la Sablière par 4 ou
5 ouvriers d'après Chaumelin Pacage de Chèvres - Lapins - Lézards - Faucons Barques catalanes au Monasterio pour pêcher le corail 3 squelettes exhumés à la Sablière |
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| 1859 | Bouillon-Landais visite l'Ile : Ecrit l'Ile de Riou et les faucons | ||
| 1860 | Traité de libre-échange avec l'Angleterre signé par Napoleon III. Inauguration du Palais de la Bourse. | ||
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1862 1864 |
Percement de la Rue Impériale | ||
| 1884/85 | Epidémie de cholera (3000 morts) | ||
| 10 Février | 1886 | Location de l'emplacement d'une baraque et 296m2 et droit de chasse sur Riou à Bourelly par expertise | |
| 17 mars | 1886 | Pied à terre pour la pêche 15 m2 de la batterie Est de Marseilleveyre à Marius Giraud | |
| 30 Dec | 1886 | Logement de 148m2 et Pacage de 1301m2 à Gustave Bounin par adjudication sur le terrain de la batterie du Cap Croisette | |
| 17 Mars | 1887 | Logement de 150m2 du Corps de garde de la batterie de Marseilleveyre à Marius Bouze par expertise | |
| 17 Mars | 1887 | Logement de 12 m2 dans l'ancien magasin à poudre de la batterie de Marseilleveyre à Marius Bouze par expertise | |
| 17 mars | 1887 | Droit de chasse et pêche sur 77000 m2 de Jarre à Eugène Bouffier par expertise | |
| 1er Avril | 1888 | Droit de chasse et pêche sur 51000 m2 de Plane à Silvestre | |
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24 -08 1896 |
L'Etat loue baraque, terrain de 296m2, droit de chasse et de pêche à Mr. Louis Tronc , négociant, secrétaire du Casino de Nice, résident à Marseille. | ||
| 1897 à 1927 | Pipo Meïni gardien de l'Ile.
Les noms sur le mur de la terrasse de la baraque reconstruite
sont Tronc, Zaphirolos et Mirbelli. Treuil à Fontagne, Cabane pour pêcher les blades au bout Nord de Caramassane |
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27-10 1897 |
Décret affecte Riou, Jarre et Plane au Département de la Marine | ||
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XX siècle |
18 Oct 1903 | Naissance de Georges Prosper ALBERT à Thizy dans le Rhône | |
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10-07 1905 |
Renouvellement du bail 3,6,9 au même
Louis Tronc pour 35F 13 Rue Paradis Maison Viale, Marseille -Caution solidaire de Jules Pignet |
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| 1906 | Exposition Coloniale | ||
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1 Oct 1914 |
Renouvellement du Bail à Mme Veuve Tronc 3,6,9 pour 35F mêmes conditions (Caution solidaire de Mr Jules Marie Charles Pignet) | ||
| 1920 | Navette Marseille -la Plage d'Or de Riou avec passerelle au vivier | ||
| 1923 | Création de l'aéroport de Marignane | ||
| 1932 | Maison des Tronc, Tamaris, Vivier. Cliché Dr Albert | ||
| 12 Nov | 1942 | Entrée des troupes allemandes | |
| 24 Jan | 1943 | Expulsion des habitants des Vieux Quartiers suivie en fevrier par la destruction du coeur de Marseille par les Allemands | |
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Dec 2, 1943 |
Prince Alexis Fürst von Bentheim dans un Messerschmidtt 109 est abattu derrière le Conclu | ||
| 1943 | Cadavre d'un pilote étranger avec parachute flottant près du Conclu , trouvé par un couple habitant sur l'ile avec Raoul Amari qui a 10 ans. Il le racontera à Luc Vanrell des années plus tard. (1988) | ||
| 27 Mai | 1944 | Bombardement allié | |
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31 Juillet |
1944 11:00 | Le P.38 Lightning F-5B 223 de St Exupery disparait lors d'une mission de reconnaissance | |
| 1962 | Dr. Albert restaure la citerne du Pic qui fuit. Il réalise que le muret au milieu d'un éboulis est la Fons de Fontagne | ||
| Dec | 1963 | Bail accordé au G.E.A.R. par la Marine pour reboisement de l'Ile et travaux annexes | |
| 1964 | Restauration de la Fons - Découverte du "Turc" | ||
| Mars | 1964 | Carte de l'Ile au 1/2500ème - Découverte du "Silo" | |
| Fev | 1966 | Fin de la Carte de Riou | |
| 1968 | Fouilles Courtin dans la Sablière | Tessons Neolithiques, meules, haches,pots | |
| 1970 | Courtin fouille la Sablière | ||
| 1971 | Cabanon en parpaing construit par un type de Gardanne et la petite cabane qui restait au départ du sentier de la grotte sont dynamités. | ||
| 17 sept | 1973 | Ordre du Prefet Maritime Brasseur
Kermadec établissant Jean Throude gardien responsable de Riou
chargé de veiller au respect des consignes: pas de transistors,
pas de nudisme, pas de chasse, pas d'armes à feu; Pas de feux ni
de camping sauf autorisation exceptionnelle. Cas flagrant de "Fais ce que je dis , ne fais pas ce que je fais!" |
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| 1974 | Courtin - Escalon de Fonton: fouille de la Grande Sablière | ||
| 1977 | Courtin : fouille de la Grande Sablière | ||
| 1990 | Gantes : prospection au Monasterio et la Sablière | ||
| 1991 | Peintures de Cosquer révelées au public | ||
| 1992 | Conservatoire du Littoral propriétaire de l'Archipel de Riou | ||
| 1998 | Habib Benamor trouve dans les filets du chalutier l'Horizon une gourmette en argent au nom d'Antoine de St Exupery | ||
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XXI siècle |
2003 | Retour à Fontagne | |
| 2003 | 2734 L : Identification du F5B Lightning de St Exupery | ||
| Mai | 2006 | Website www.RiouetlescalanquesduDrAlbert.com | |
| Mars | 2008 | St Exupéry: L'ultime secret . Luc Vanrell and Lino von Gartzen révèlent que St Exupery a été abattu vers 11 heures du matin par Horst Rippert le 31 juillet 1944 | |
| Avril | 2008 | Les résultats de l'analyse d'ADN identifient le squelette de Fontagne comme étant celui du Prinz Alexis Fürst von Bentheim-Steinfurt | |
| Nov | 2008 | Jean-Claude Bianco , accusé de fraude par les héritiers de St Ex, est réhabilité et fait chevalier de la Légion d'Honneur. Il est le propriétaire du chalutier l'Horizon. | |
| 31 Juillet |
2009 | Hommage de la ville de Marseille à St Exupéry | |

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